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156 De l'admirable puissance
quadrature du cercle. Aussi les sages
ou doctes de maintenant ignorent
plusieurs cas, que les moyennement
doctes sauront au temps advenir.
Dont en toute sorte & manière que
ce soit, cette objection est vaine &
de nulle valeur. Ayant donc nombré
certaines choses touchant la puissance
de nature, & de l'art (afin que nous
concluons & assemblons beaucoup
de peu de cas, le tout des parties, les
choses universelles des particulières,
selon que nous voyons qu'il ne
nous est nécessaire d'aspirer à l'art
magique, & vu que nature & l'art
suffisent,) je veux maintenant poursuivre
par ordre chacune choses susdites,
& donner causes, & manière
particulièrement. En premier lieu je
considère, qu'aux poils des chèvres
& brebis, les secrets de nature ne sont
point enseignés de peur qu'un chacun
les entende, comme veut Socrate

@

de l'art, & de nature. 157
& Aristote. Lequel même dit au
livre des secrets, que celui la serait
infracteur du céleste sceau & cachet,
qui communiquerait les secrets de
nature & de l'art, ajoutant que plusieurs
maux adviennent à celui la qui
les révèle. D'avantage il dit, comme
est récité au livre des nuits Attiques,
de la collation ou comparaison
des sages, que c'est folie de donner
des laitues à un âne, vu que les
chardons lui suffisent. Et est écrit au
livre des pierres, que celui qui divulgue
les choses mystiques, ravale &
diminue la majesté des choses. Aussi
ne sont certains & stables les secrets,
que la tourbe ou multitude sait &
connaît, si nous avons égard à la
probable division du vulgaire, qui
toujours dit l'opposite des sages.
Que ainsi soit, cela qu'un chacun
voit & semblablement ce que voient
les sages, principalement renommés,
K ij
@

158 De l'admirable puissance
est vrai. Par quoi ce que plusieurs
voient, c'est à savoir, ce que
le vulgaire voit pour le regard de telle
chose & telle, il faut que ce soit
chose fausse ( le parle du vulgaire, lequel
l'on sépare d'avec les sages en
ce mot, vulgus.) Car quant aux communes
conceptions de l'esprit, le dit
vulgaire s'accorde bien avec les sages,
mais quant aux propres principes
& aux conclusions des arts &
sciences, il discorde, se travaillant en
près apparences, en sophismes, subtilités
& en choses desquelles les doctes
n'ont soin & cure. Le dit vulgaire
donc erre & faut, tant en
choses propres que secrètes. Au moyen
desquelles (comme dit est) il est
séquestré d'entre les sages, mais quant
est pour le regard des communes, il
est compris sous la loi de tous, &
n'y a différence d'icelui avec les sages.
Or est il que les choses communes

@

de l'art, & de nature. 159
sont de petite valeur, & ne sont proprement
à suivre, fors que pour les
particulières & propres. Mais pour
dire qui aurait été la cause ou raison
que toutes gens de savoir n'ont déclaré
leur secret, & qu'ils ont usé
d'obscurité, ç'a été pour ce que le vulgaire
se moque des secrets de sagesse
les méprise, & ne sait ou peut juger
des choses très dignes: & d'autre
part, si quelque chose d'excellence
tombe en sa notice, il la reçoit de fortune
& par accident, & en abuse en
diverses manières au dommage des
personnes & de la communauté. Par
quoi il est fol & bien bête, qui écrit
quelque secret, s'il n'est celé & caché
du vulgaire: & si à grande peine se peut
entendre des vertueux sages. La
vie desquels ainsi certes a été des le
commencement, & ont mussé au vulgaire
les secrets de sagesse en diverses
sortes & manières. Car aucun les
K iij
@

160 De l'admirable puissance
ont cachés par caractères & charmes:
& plusieurs autres par énigmes
& choses figurées, comme dit Aristote
au susdit livre des secrets, ô Alexandre
je te veux montrer le plus
grand secret des secrets, & plut à la
divine providence t'aider à le cacher,
& à parfaire le propos de l'art de cette
pierre, qui n'est point pierre, & est
en chacun homme, & en chacun lieu
& en chacun temps, & qui s'appelle
le terme ou la fin de tous les Philosophes.
Et trouve-l'on en plusieurs
livres & en diverses sciences (comme
dessus est dit) innumérables choses
obscurcies par telles paroles, & manières
de parler, que personne n'entendrait
sans quelque docteur. Tiercement,
je dis, que les sages ont caché
les secrets sous ombre & espèce d'écriture,
savoir est tant seulement par
lettres consonantes, que personne ne
pourrait lire s'il ne savait la signification

@

de l'art, & de nature. 161
des dictions, comme on dirait,
Que les Hébreux, Chaldéens, Syriens
& Arabes écrivent, & aussi les
Grecs. Pour raison de quoi il y a
moult grande occultation entr'eux,
& notamment entre les Hébreux, gens
de haut savoir. Car Aristote dit
d'eux au livre ci devant mentionné, que
DIEU leur aurait donné toute sagesse,
avant ce qu'ils eussent été philosophes,
& que des Hébreux toutes
nations ont eu commencement de
philosophie. Ce que Albumasar au
livre appelé Introductorij maioris, enseigne
& monstre manifestement, & les
autres philosophes, & aussi Iosephe
au VIII. livre des antiquités. Quartement
se fait occultation par mixtion de
lettres de divers gère ou espèce. Même
le moral astronome ainsi cacha sa
sagesse, pour l'avoir écrite par lettres
Hébraïques, Grecques, & Latines,
en même ordre d'écriture. Quintement,
K iiij
@

162 De l'admirable puissance
les philosophes ont couvert
& caché les secrets par autres lettres
que celles là, qui se font par les gens
de leur pays, c'est à savoir, par lettres
étranges & d'autres nations, qu'ils
feignent pour leur volonté. Et c'est
le plus grand empêchement, duquel
Artephius ait usé en son livre
des secrets de nature. Sextement, se
font figures non point de lettres,
mais de Géométrie, lesquelles, selon
la diversité des points, & notes,
ont la puissance des lettres: & d'icelles
figures semblablement le dit Artephius
a usé en sa science. Septièmement, y a
plus grand artifice de cacher des secrets
lesquels on baille en l'art notoire,
qui est l'art de noter & écrire par
telle brièveté que nous voulons, &
par telle vélocité que désirons. Ainsi
donc plusieurs secrets sont écrits
aux livres latins, & ai estimé qu'il était
nécessaire de toucher ces occultations,

@

de l'art, & de nature. 163
par ce que pour la magnitude
des secrets, j'userais peut-être
d'aucune de ces manières, à fin
que du moins en cette affaire j'aide
le studieux, ainsi qu'il me sera possible.
Je dis donc que je veux exposer
par ordre les choses que j'ai
narrées ci devant, & que partant je
veux dissoudre l'oeuf philosophal, &
chercher (qui est le commencement
à autres choses) les parties ou offices
d'homme philosophique. Qu'on broie
donc le sel diligemment avec
ses eaux, & qu'on le purifie d'autres
eaux broyées, & que par divers
broiements on le froisse fort avec
sels, & qu'on le brûle par plusieurs
brûlements, à fin qu'il se face pure
terre libre des autres éléments, laquelle
je pleige pour la grandeur de ma
longitude, être digne d'un chacun
(qu'on entende s'il est possible, que
sans doute ce fera chose composée

@

164 De l'admirable puissance
d'éléments, & pour autant partie de
la pierre, qui n'est point pierre,
qui est en tout homme, & en tout
temps de l'an, ce qu'on trouvera en
son lieu ) après qu'on prenne de l'huile
comme caillé de fromage & visqueux
pour la première fois insécable,
auquel toute la vertu ignée soit
divisée & séparée par dissolution,
(or elle se dissout en eau aiguë de
tempérée ignité avec feu lent ) & qu'on
le cuise jusques à ce que sa graisse ainsi
que celle de chair se sépare par distillation,
& qu'il ne sorte aucune
chose de l'onctuosité, qui est la noire
vertu en laquelle l'urine se distille:
& après qu'on le cuise en vin aigre,
jusques à ce (qui est cause d'adustion)
qu'il se dessèche en braise, & que l'on
ait la dicte noire vertu. Mais si l'on ne
se soucie d'icelle, que l'on recommence,
& qu'on veille & prenne garde à
ce que je dis, d'autant que la locution

@

de l'art, & de nature. 165
ou manière de parler est difficile. Or
l'huile dissout, & en eaux aiguës,
& en huile commun, qui opère plus
expressément, voire en huile aigu
d'amandes sur le feu, tellement que
l'huile se sépare, & que l'esprit occulte
demeure, & en partie des animaux,
& en soufre & arsenic. Même
les pierres, auxquelles y a huile
de superflue humidité, ont terme de
leurs humeurs, pour ce en partie
qu'il n'y a véhémente union, vu que
l'un se pourrait dissoudre de l'autre,
pour la nature de l'eau, qui est sujette
à liquéfaction de l'esprit, laquelle
est moyenne entre ses parties &
l'huile. Dissolution donc être
faite, il demeurera humidité pure en
esprit, comme bien fort mêlée des parties
sèches, qui se meuvent en icelle,
laquelle toutefois le feu, qui est appelé
des philosophes, soufre fusil,
résoudrait. Aucune fois l'huile, aucune

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166 De l'admirable puissance
fois l'humeur aéré, aucune fois substance
conjonctive (que le feu ne sépare
point ) aucune fois le camphre,
qu'on le lave. C'est l'oeuf des amoureux
de science, ou plutôt le terme
& la fin du dit oeuf. Et voilà, qui
est parvenu à nous de ces huiles. Et
est celui la réputé entre les huiles de
Chenesvé, lequel se sépare de l'eau,
& de l'huile, dans lequel il se purge.
Davantage l'huile se corrompt ( comme
on sait ) le broyant, ou froissant
avec choses séchantes ( comme sont
le sel, l'ancre ) & le brûlant ( toutefois
passion se fait du contraire) après
il se sublime, jusques à ce qu'il soit
séquestré ou privé de son oléagineité
, & l'eau est comme soufre
ou arsenic, aux minérales. Il se
peut préparer tout ainsi qu'iceux:
néanmoins meilleur est qu'il se cuise
en eaux tempérées en ignité, jusques
à ce qu'il se purge, ou devienne

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de l'art, & de nature. 167
blanc. Certes il se fait autre salutaire
concoction en feu sec ou humide,
& (selon que le fait se porte assez
bien ) ou le distille derechef, jusques
qu'il se rectifie, de la rectification
duquel les plus derniers signes
sont, blancheur & sérénité cristalline.
Mêmement cette huile devient
blanc du feu, se nettoie, reluit de sérénité,
& merveilleuse splendeur (ores
que les autres en deviennent noirs)
& quand la matière en cette mode ou
façon a été arse, elle se congèle. De
l'eau & de la terre d'icelui il s'engendre
vif argent même elle est comme vif argent
en minérales. Mais pour dire, la
pierre de l'air, qui n'est point pierre,
se met en une pyramide, c'est à dire,
un grand bâtiment carré, large par le
bas, & aigu par le haut, à la façon de la
flambe du feu) en lieu chaud, ou
bien en un ventre de cheval ou de
boeuf, & se mue en fièvre aiguë.

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168 De l'admirable puissance
Par quoi, quand elle vient d'icelle
fièvre en dix, & de dix en vingt & un,
afin que les lies & bourbes des huiles
se dissolvent en son eau, devant qu'elle
soit séparée, qu'on itère dissolution
& distillation par plusieurs fois, & jusques
à ce qu'elle soit rectifiée. Et ce
est la fin de cette intention. Néanmoins
sachez qu'après qu'on aura
tout accompli ou parachevé, il faudra
recommencer. Mais je veux chercher
un autre secret. Que l'on prépare
argent vif, mortifiant icelui avec
vapeur d'étain par marguerites,
avec vapeur de plomb par la pierre
Iberus, après qu'on le broie avec
choses dessicantes & acres, & choses
semblables (comme il est dit) &
qu'on le brûle: en après qu'on l'élue
en l'air, tant qu'il vienne à union
de douze, & à rougeur de vingt &
un, & jusques à ce que l'humidité
d'icelui se corrompe. Et n'est possible

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de l'art, & de nature. 169
que son humidité se sépare pour
l'amour de la vapeur (comme l'huile
devant dit) par ce qu'elle est véhémentement
mêlée en ses parties sèches:
& ne constitue point terme
ou fin, ainsi qu'il est dit & récité
des métaux dessus dits en ce chapitre.
Que veux je dire? On sera déçu
& abusé, si l'on n'entend bien les significations
de ces termes & vocables.
Or il est temps de traiter obscurément
le troisième chapitre,
afin qu'on entende la clef de l'oeuvre,
qu'on quiert & cherche. Aucune
fois l'on met le corps calciné
( & cela se fait à fin que l'humeur
en icelui se corrompe par
sel, & sel armoniac, & vin aigre ) &
quelquefois l'on le cimente de vif
argent, & on le sublime des dits sel,
sel armoniac, & vin aigre, jusques
ce qu'il soit en poudre. Par ainsi les
clefs de l'art, sont congélation, résolution,

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170 De l'admirable puissance
incération, projection (&
est ici la fin & le commencement)
toutefois purification, distillation,
séparation, sublimation, calcination,
inquisition coopèrent: & alors on
se peut reposer. Or il y a six cens &
deux ans des Arabes passés, que l'on
me pria d'aucun secrets. Qu'on preuve
donc la pierre, & qu'on la calcine
avec lente décoction, & qu'on la
broie fort, sans toutefois choses aiguës:
& que sur la fin on entremêle
un peu d'eau douce, & qu'on compose
médecine laxative de sept choses
(si l'on veut) ou de six, ou de cinq, ou
de combien il plaira (toutefois mon
esprit se contente de deux) desquelles
la meilleure sera en six, qu'en autre
proportion, ou environ, comme
l'expérience peut enseigner le désireux,
faut néanmoins résoudre l'or
au feu, & le couler mieux. Mais si on
me veut croire, on prendra une chose,
se, c'est
@

de l'art, & de nature. 171
c'est à savoir le secret des secrets,
de nature, qui peut choses merveilleuses.
Qu'on mette donc de
deux ou de plusieurs, ou du phoenix
(qui est singulier animal ) l'or au feu
& qu'on l'incorpore par véhément
mouvement, auquel si on ajoute
liqueur chaude quatre ou cinq fois,
on aura le dernier propos, mais en après
nature céleste se vient à débiliter
& s'affaiblit si on y verse eau chaude
trois ou quatre fois. Par quoi l'on
divisera le faible du fort en divers
vaisseaux (si l'on me croit) & évacuera
l'on ce qui est bon. Davantage
on mettra ou ajoutera de la poudre,
& exprimera l'on diligemment
l'eau qui est demeurée ( car assurément
elle amenera les parties indivisibles
de la poudre ) & pour ce on amassera
à par soi cette eau, d'autant
que la poudre desséchée d'icelle, a
vertu ou puissance de médecine en
l
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172 De l'admirable puissance
corps laxatif. Qu'on face donc
( comme devant est dit ) jusques à
tant que l'on vienne à distinguer le
fort du faible, & que par trois ou
quatre ou cinq, ou plus de fois, on
ajoute la poudre, & qu'on face
toujours en une même manière. Et
si on ne peut opérer avec eau chaude,
on fera violence. Que si pour aiguité
ou tendreur de médecine elle
vient à se rompre, après ce que l'on
aura mis de la poudre, l'on ajoutera
cautement plus de l'or & du mol.
Au contraire, si pour l'abondance de
la poudre elle se rompt, l'on mettra
plus de médecine. Et si pour la force
de l'eau, on la rincera avec un pilon,
& amassera l'on la matière tant bien
qu'il sera possible, & l'on séparera
l'eau petit à petit ( & retournera en
état) laquelle eau on séchera, joint
quelle contient poudre & eau de
médecine, qu'il faut incorporer comme

@

de l'art, & de nature. 173
poudre. Or qu'on ne s'endorme
point en ce lieu: car il y est contenu
un moult utile & grand secret.
Mais si on savait bien ordonner
les parties d'un petit arbrisseau brûlé,
ou d'un faulx, & de plusieurs choses,
naturellement garderont union,
& qu'on ne mette cela en oubli, par
ce qu'il sert, & est profitable à plusieurs
choses. Or on mettra trinité
avec union amollie ou fondue, &
proviendra, comme je crois, chose
semblable à la pierre appelée des
Latins Iberus. Et sans doute, qu'on
mortifie ce qui est à mortifier par la
vapeur de plomb, on trouvera le
plomb, si l'on l'espreint du mort, &
qu'on ensevelisse le mort au four de
circulation. Qu'on tienne ce secret
car il n'est pas sans utilité, & on fera
le semblable avec vapeur de marguerite,
ou avec la pierre dite des Latins
Tagus: & toutefois on ensevelira le
l ij
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174 De l'admirable puissance
mort, comme j'ai dit. Or les ans des
Arabes, savoir est passés, je réponds
à la pétition d'aucun en cette manière,
il faut avoir médecine qui dissolve en chose molle, & soit ointe
en icelle, & qu'elle pénètre en son
terme deux, & soit mêlée avec elle,
& ne soit point cerf fugitif, & qu'elle
transmue icelle, mais soit mêlé l'esprit
par la racine, & soit par la chaux
du métal fixe, or l'on estime que fixation
préparé, quand le corps & l'esprit
se mettent en leur lieu, & se subliment,
& qu'il se face autant de fois,
que corps soit fait esprit, & esprit
soit fait corps. Qu'on prenne donc
des os d'Adam, & de la chaux
sous même poix, six choses y a à la
pierre petralle, & cinq à la pierre d'union,
& qu'on broie cela avec l'eau
de vie, de laquelle le propre est de
dissoudre toutes autres choses, par
façon qu'elle soit dissoute en icelle,

@

de l'art, & de nature. 175
& brûlée ( or signe d'incération est,
que médecine coule sur le feu bien
ardent) en après qu'on la mette en
même eau en lieu humide, ou que
l'on la suspende en vapeurs d'eaux
moult chaudes & liquides, puis que
l'on la congèle au soleil, finalement
on prendra du sel pierre, & convertira
l'on argent vif en plomb, & derechef
on lavera tant le plomb, & le
mondifiera l'on tant, que la dite
chaux soit prochaine à argent. Alors
on opérera comme devant est dit.
Item on fera boire ainsi tout cela.
Mais toutefois on prendra du sel
pierre, lu, ru, vo, po, vir, can, vtri, & du
soufre, & ainsi l'on fera tonnerre
& coruscation, & conséquemment
artifice. Sur ce néanmoins qu'on
voie & considère, si je parle point en
énigme, & en sens couvert, ou bien
selon sens littéral. Certes aucun ont
autrement estimé, & n'ont été de
l iij
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176 De l'admirable puissance
cet admis. Même il m'a été dit,
qu'on doit tout résoudre la matière,
de laquelle on aura d'Aristote aux
lieux vulgaires & célèbres, pour l'amour
de quoi je n'en veux parler.
Or quand on aura ces choses-là, alors
on aura plusieurs simples & égaux,
& sera l'on cela par choses contraires,
& par diverses opérations, lesquelles
j'ai ici appelées les clefs de
l'art. Et Aristote dit que égalité de
puissance contient action & passion
de corps, ce que aussi dit Averroès,
en réprouvant Galien. Or cette médecine
est estimée la plus simple
qu'on puisse trouver, & la plus pure,
& qui est bonne contre fièvres &
passions de l'âme & des corps, & qui
est de meilleur prix & marché que
nulle autre qu'elle quelle soit. Qui
récrira ces choses aura la clef qui ouvre,
& que personne ne clôt: & quand
il l'aura clause personne n'ouvrira.
F I N. F I N.

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