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Réfer. : AL2601
Auteur : Claude Lablatinière d'Ygé.
Titre : Anthologie de la Poésie Hermétique.
S/titre : Préface et explications des
planches par Eugène Canseliet.
Editeur : Dervy-Livres. Paris.
Date éd. : 1976 .




**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****



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ANTHOLOGIE DE LA POESIE HERMETIQUE
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Collection " Histoire et Tradition "
Claude LABLATINIERE d'YGE'

A N T H O L O G I E D E L A P O E S I E H E R M E T I Q U E
Préfaces et Explication des planches par Eugène CANSELIET

Edition nouvelle, illustrée de cinq figures
et augmentée d'une étude relative au VERITABLE SAVINIEN de CYRANO BERGERAC
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DERVY - LIVRES 6, rue de Savoie 75006 PARIS
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OUVRAGES DU MEME AUTEUR

Nouvelle Assemblée des Philosophes chymiques.
Aperçus sur le grand-oeuvre des Alchimistes.
Préface d'Eugène Canseliet. Eds 1954 et 1972.
Dervy-Livres - Paris.


(C) by Dervy-Livres, septembre 1976 N°I. S. B. N. 2-85076-031-5
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PREMIERE PLANCHE
C'est ici la page de titre du manuscrit 3020 de la bibliothèque de l'Arsenal. Le volume rassemble 91 feuillets
écrits au XVIIe siècle, et il comporte de très curieuses figures.
Nous en exécutâmes autrefois, pour notre usage, une copie d'un
faire tout autre mais fidèle, duquel notre image donne une juste
idée.
En un décor qui est en même temps terrestre et maritime, la Vierge des alchimistes présente l'étoile sur le soleil; ainsi
l'astre des sages se cache-t-il sous elle -- latet sol in sidere.

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Au tome II des Demeures Philosophales, Fulcanelli, examinant l'un des caissons du plafond de Dampierre-sur-Boutonne,
conclut avec clarté, afin que fût bien établie, la correspondance
avec la pratique au laboratoire:

« On comprend sans peine que l'étoile, -- manifestation extérieure du soleil interne, -- se représente chaque fois qu'une
nouvelle portion de mercure vient baigner le soufre indissous,
qu'aussitôt celui-ci cesse d'être visible pour reparaître à la
décantation, c'est-à-dire au départ de la matière astrale. »

Sur l'écusson maintenu par la jeune fille, on voit de quelle puissance peut se charger la main de gloire que l'artiste a
laborieusement et patiemment acquise.

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AUX F. DE LA FRATERNITE D'HELIOPOLIS QUI DATE DE TOUJOURS
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« ... IMITEZ-LES DONC, ET LORSQUE vous aurez vu son étoile, suivez-la jusqu'à son
berceau; et vous verrez un bel enfant que vous
nettoierez pour en mieux connaître la beauté.
Honorez cet enfant royal, ouvrez votre trésor et
lui offrez de l'or, et après sa mort il vous
donnera sa chair et son sang, d'où vous tirerez
une médecine souveraine et nécessaire dans les
trois règnes de ce monde. »

(PHILALETHAE, Introitus.)
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PREMIERE PREFACE

UNE ANTHOLOGIE DES POETES HERME- tiques, voilà bien une réalisation de Claude
d'Ygé, non moins excellente qu'originale, car il
n'est pas à notre connaissance qu'un recueil de
ce genre ait jamais paru.
Pourtant, de quelle union magnifique et fidèle l'alchimie et la poésie ne montrent-elles
pas l'exemple; ce prestigieux accord du son et
du vocable avec les réactions insoupçonnées de
la matière, prise par ses amours minérales, dans
un ballet suave, qui fit encore désigner la
science secrète par la poétique périphrase d'Art
de Musique.
Assurément, ce n'est pas sans cause que de Cyrano Bergerac émailla de fragments de
portées, notées en plain-chant, son Histoire
Comique des Etats et Empires de la Lune. Mais,
plus encore, du point de vue qui est le nôtre ici,
convient-il de signaler les Chansons Intellectuelles
sur la Résurrection du Phénix, par le
fameux Rose-Croix Michel Maier, qui ne négligea
pas de donner, alternativement, à ses
poèmes hermétiques, les timbres de voix réservés
à la musique de son temps.

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En l'occurrence, le terme d'anthologie apparaît véritablement topique, puisque, étymologiquement,
selon le grec même, il peut s'agir de
cueillir des fleurs ou d'en disserter. Que ce soit
les corolles multicolores et parfumées de la
poésie ou celles plus obscures et plus discrètement
odorantes de l'hermétisme, nous retiendrons
surtout l'instante recommandation des
vieux adeptes de demeurer soucieux de ne pas
les brûler, Expression sibylline, moins inexplicable
et saugrenue que significative et pertinente,
qui éveille l'idée d'une infinie délicatesse,
dans le constant effort à l'inspiration. C'est ce
culte attentif qui donne à l'art du poète et de
l'alchimiste son faux air de candide rêverie et
d'oisiveté ineffable. L'un et l'autre semblent les
amants, à la fois craintifs et passionnés, de la
même femme immensément belle, qui les
contraint, inexorable, à une perpétuelle adoration.
En ce lieu, nous revient en mémoire ce qu'il importe de comprendre de la plaisante boutade
placée, par Hugo, dans la bouche de Pierre
Gringoire, de Notre-Dame de Paris; personnage
amusant, issu de la romantique fantaisie du
génial poète: « et voyant que je n'étais bon à
« rien, je me fis de mon plein gré poète et
« compositeur de rythmes ». On voit ce que
Victor Hugo, -- de qui le côté occultiste
n'échappe plus à personne, -- entendait par
rythmique, lorsque, quelques lignes plus loin, il
ajoute: « cette sophie des sophies. »
Ne jetons pas la pierre au rimeur famélique, nécessiteux et fantasque. Avant lui, François
Villon avait fait bien pis, qui, néanmoins, nous
laissa ses deux Testaments. Peut-être pourrait-on
reprocher à Claude d'Ygé son existence capricieuse,
mais digne, d'incorrigible bohême, imprévu

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DEUXIEME PREFACE
Nascuntur poetae, fiunt oratores.
Il y aura vingt-huit années, le 9 août, que nous reçûmes, de Claude Lablatinière d'Ygé,
une lettre datée du 8 et dont voici l'alinéa
premier:
« Veuillez trouver ci-jointes les épreuves de votre préface que je vous demanderai de bien
vouloir me renvoyer avant 6 jours, à moins
d'un empêchement. »
Il va sans dire que connaissant déjà bien la nécessité de ne point retarder toute « fabrication »
en cours, nous confiâmes à la poste le
soir même, les cinq pages reçues au courrier du
matin. Les étés étaient encore très beaux, selon
qu'en témoigne dans la lettre susdite, la
proposition du début de cette phrase pénultième:
« J'espère que votre travail quotidien vous laisse respirer par ces chaleurs, et que toute
votre famille se porte le mieux du monde? »

Evidemment, l'idée de Madame Madeleine Renard était bonne, que nous fissions une

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seconde préface, pour son édition de l'Anthologie
de la poésie hermétique, laquelle dote ce
travail d'un vêtement nouveau. Mieux valait,
en effet, que notre texte original subsistât, dont
rien n'est à changer, quoiqu'il en eût déplu
énormément à Jean Reyor, c'est-à-dire à Marcel
Clavelle. Cet occultiste attendit un trimestre
avant que sa hargne éclatât, méchante et maladroite,
dans Etudes traditionnelles qui étaient
alors soumises, sans conditions, à l'islamisme
guénonien.
Certes pouvait-on reprocher à notre auteur, qu'il n'eût pas tenu compte que certains de ses
extraits avaient été translatés du latin? A la
réflexion, nous ne le pensions pas, car, le plus
souvent, aux siècles XVI, XVII et XVIIIe, les
traducteurs étaient eux-mêmes alchimistes, et
transmettaient parfaitement la pensée poétique,
en même temps que sa portée au niveau du
laboratoire.
Dans Le Figaro littéraire, du 1er janvier 1949, André Billy, avec sa gentillesse accoutumée
à notre égard, fit son Propos du Samedi,
d'une très intelligente appréciation, et non pas
sans y évoquer notre ami commun Pierre
Geyraud (anagramme de Guyader) qui fut
critique à L'Oeuvre d'avant la dernière guerre,
puis, hélas! le papa crucifié de la ténébreuse
affaire des J3.

*
Bien que Claude d'Ygé n'eût jamais oeuvré de ses mains, il déplorait d'autant plus le
menaçant bouleversement des saisons, qu'il en
avait parfaitement saisi la cause qui demeure,
désespérément, irrémédiable et affligeante. Nul
doute qu'il ne se fût attelé au Grand Oeuvre

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INTRODUCTION
NOUS PENSONS QU'IL N'EST PAS INUTILE en tête de ce modeste livre à la gloire des
« philosophi per ignem », de préciser au lecteur
« profane » le sens exact du mot Hermétisme.
En effet durant cette fin de « Kali-yuga »
cet âge noir où tout est confusion, l'Hermétisme
lui-même n'a pas échappé aux mauvais
traitements des hommes: à leur orgueilleuse
incompréhension de l'occulte véritable.
Aussi pour la plupart le qualificatif « Hermétique » est devenu synonyme d'obscur, de
mystérieux, d'incompréhensible. L'Hermétisme
(1) est une des branches principales de l'Arbre
de la connaissance, d'origine gréco-égyptienne,
il est spécifiquement occidental et constitue
l'essentiel de l'ésotérisme chrétien et islamique.
C'est pourquoi jusqu'à la renaissance, décadence cachée sous le mot de réforme, les vieux
maîtres utilisèrent la « cabale hermétique »,
langue des oiseaux, gaie-science, ou gai-savoir.
Ce qui est généralement oublié, c'est que
l'idiome auquel les auteurs empruntèrent leurs

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termes est le grec archaïque, langue mère
d'après la pluralité des disciples d'Hermès. Car
le français provient du grec, ne l'oublions pas;
n'en déplaise aux latinistes, le français est
véritablement hellénique (2 et 3).

La plupart des auteurs alchimiques utilisèrent le symbolisme de la mythologie Gréco-
Egyptienne pour masquer au profane ignorant
et timoré l'exposé de leur doctrine, et le fruit
de leur labeur sous le voile d'énigmes et de
paraboles (4).

Voilà bien ce qui explique et justifie le titre que nous avons choisi pour cette anthologie.
Car les auteurs des poèmes qui y sont inclus
sont tous de vrais « fils d'Hermès », lesquels
ont employé le langage hermétique et la
« forme » poétique. Tandis que de nos jours,
dès que l'oeuvre d'un « poète » est obscure,
bizarre, aussitôt on découvre à ce dernier des
filiations mystérieuses, alors que bien souvent il
a simplement utilisé comme « support » d'inspiration
poétique des textes hermétiques:
Gérard de Nerval est un exemple frappant. S'il
fallait sans plus de preuve considérer comme
initié ou adepte tout écrivain dont l'oeuvre
contient des textes cabalistiques, mythologiques,
alchimiques; ou construits sur le symbolisme
des correspondances et des nombres, il y aurait
fort à faire. Car la plupart du temps, ces auteurs
ont voulu simplement donner une atmosphère
originale à leur oeuvre. Ce ne sont pas les textes
les plus alourdis d'ornements, qui sont les plus
lourds de sens. Ainsi Les Voyages dans l'autre
Monde, de M. Savinien de Cyrano Bergerac,
sont l'oeuvre d'un véritable philosophe et
alchimiste, alors que le second Faust, de Goethe,
est dû à l'érudition et au talent de cet écrivain

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LA TABLE D'EMERAUDE D'HERMES TRIMEGISTE (1), PERE DES PHILOSOPHES


IL EST VRAI SANS MENSONGE, CERTAIN, et très véritable, que ce qui est en bas, est
comme ce qui est en haut, et ce qui est en haut,
est comme ce qui est en bas, pour perpétrer les
miracles d'une chose.
Et comme toutes les choses ont été, et venues d'un, par la méditation d'un: ainsi
toutes les choses ont été nées de cette chose
unique par adaptation. Le Soleil en est le Père,
et la Lune la Mère. Le vent la porte en son
ventre, et la Terre est sa nourrice. Le Père de
tout le Telesme de tout le monde, est ici. Sa
force ou puissance est entière, si elle est
tournée en terre, tu sépareras la Terre du feu,
le subtil de l'épais doucement avec grand
engin. Il monte de la Terre au ciel, et derechef
descend en Terre, et reçoit la force des choses
supérieures et inférieures. Tu auras par ce
moyen la gloire de tout le monde. Et pour ce
toute obscurité s'enfuira d'avec toi. En
ceci est la force forte de toute force. Car elle
vaincra toute chose subtile, et toute chose
solide pénétrera. Ainsi le monde est créé. De
ceci seront et sortiront d'admirables adaptations,
desquelles le moyen en est ici. Et à cette
occasion je suis appelé Hermès Trismégiste,
ayant les trois parties de la Philosophie de tout
le monde.
Il est complet ce que j'ai dit de l'opération du Soleil.

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(1) La personnalité fort obscure d'Hermès Trismégiste, ne permet pas de savoir si l'homme appartient à la fable ou à
l'histoire. (Ἐρμη̑ς, base, fondement.) Le Mercure est bien le
fondement de l'oeuvre. On nous dit que la Table est verte, --
ainsi que la rosée du printemps, appelée pour cette raison
« Emeraude des philosophes ». Ce mercure vert servant pour les
trois oeuvres, on le qualifie de triple, d'où l'épithète Trismégiste
(Τρισμεγιστος, trois fois le plus grand ou sublime)
ajoutée au nom d'Hermès.
Ainsi la Table d'Emeraude prend le caractère d'un discours prononcé par le mercure des sages sur la manière dont s'élabore
l'oeuvre philosophal. Ce n'est pas Hermès qui parle, mais bien
« l'Emeraude des philosophes », ou la Table isiaque elle-même.

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PSEUDO-BARUCH
APOCALYPSE
... ET JE DIS A L'ANGE: « QUEL EST CET oiseau? » Et il me dit: « C'est le gardien de la
terre habitée. » Et je dis: « Seigneur, comment
est-il le gardien de la terre habitée? Apprends-
le moi. » Et l'ange me dit: « Cet oiseau court
aux côtés du soleil et, éployant ses ailes, il en
reçoit les rayons enflammés; et s'il ne les
interceptait point, la race des hommes ne
pourrait vivre, non plus qu'aucune autre espèce
animale, mais Dieu a commis l'oiseau (à cette
tâche). »

Et l'oiseau étendit ses ailes et je vis sur son aile droite des lettres gigantesques, comparables
à une aire d'une capacité de quatre mille
boisseaux; et c'étaient des lettres d'or. Et
l'ange me dit: « Lis ces lettres. » Et je lus; et
voici ce qu'elles disaient: « Ni la terre ne
m'engendre ni le ciel: ce sont les ailes du feu
qui m'engendrent. » Et je dis: « Seigneur, quel
est cet oiseau et quel est son nom? » Et l'ange
me dit: « Phénix est le nom qu'il porte. » (Et
je dis): « Et que mange-t-il ? » Et il me dit:
« La manne du ciel et la rosée de la terre... »

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LACTANCE
(Lactantius, Lucius Coelius ou Coecilius Firmianus.)


Apologiste chrétien, mort à Trèves sur 325. La date de sa naissance est inconnue; on sait seulement qu'il mourut fort
vieux.


POEME SUR LE PHENIX
Il est, en Orient, un site fortuné
Où du ciel éternel s'ouvre la porte immense.
Le Soleil en ce lieu, se lève non l'hiver,
Ni l'été, mais aux jours lumineux du printemps.
Un plateau déploie là ses plaines découvertes:
Nul tertre n'y surgit, nul vallon ne s'y creuse,
Mais les monts de chez nous, que nous jugeons
si hauts, De deux fois six coudées ce plateau les dépasse.
Quand l'univers flambait, brûlé par Phaéton,
Ce lieu seul demeurait à l'abri de ces flammes;
Et lorsque le déluge eut recouvert le monde,
Il émergea des eaux deucalionéennes.

Là verdoie le bosquet du Soleil et, plein d'arbres,
Un bois sacré que pare un feuillage immortel.
On n'y voit point venir les pâles maladies,
Ni la triste vieillesse et la mort sans merci,
Ni la crainte ou le meurtre et l'âpre amour du
gain.
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On n'y connut jamais Vénus et ses fureurs;
Là, nul deuil douloureux, point de noire indigence,
Ni les amers soucis, ni la faim criminelle.
Là, jamais de tempête et jamais d'ouragan,
Jamais de gel couvrant de givre blanc la terre
Point de nuage sombre étendant sa toison,
Point d'averse tombant de la voûte du ciel.
Mais au centre jaillit une source d'eau vive,
Limpide et toujours calme, abondante en eaux
douces, Qui, débordant soudain au cours de chaque mois,
Inonde le bosquet douze fois par année.
Là des arbres dressés sur leurs fûts élancés,
Portent des fruits bien mûrs qui ne tombent
jamais. Dans ces bois vit l'oiseau unique, le phénix,
Unique, mais toujours recréé par sa mort.
Illustre satellite, il sert Phébus son maître,
Fonction qu'il reçut de la Nature-Mère
C'est lui qui marque aussi les heures qui
s'envolent, Nuit et jour, par des sons qui ne trompent jamais.
Il est prêtre des bois et gardien du bosquet,
Et le seul qui connaisse, ô Phébus, tes arcanes.
Lorsqu'il a parcouru les mille ans de sa vie,
Que sa longue existence a rendu lourd son corps,
Afin de recréer son ère déclinante,
Délaissant le séjour de son heureux bosquet,
Anxieux de renaître, il quitte ces lieux saints
Et gagne notre monde où la mort est maîtresse.
Vif en dépit des ans, il s'envole en Syrie
Qui reçut de l'oiseau son nom de Phénicie.
Survolant les déserts, il atteint la forêt
Qui cache en ses ravins un bois plein de
mystère. Lors il élit, dressant sa cime, un haut palmier
A qui l'oiseau donna son nom grec de Phoinix.

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Nul animal méchant ne se glisse en ses branches,
Ni les serpents luisants ni les oiseaux rapaces.
Eole alors enferme en ses outres les vents,
De peur qu'à leur contact l'air pur ne se ternisse,
Et qu'un nuage, au ciel, formé par le Notus,
Ne masque le soleil et ne nuise à l'oiseau.
Celui-ci se construit son nid ou son sépulcre.
Car s'il meurt, c'est pour vivre, et c'est lui qui
se crée. Il va chercher alors dans la riche forêt
Les parfums d'Arabie et les sucs d'Assyrie,
Ceux qui viennent de l'Inde et ceux que le
Pygmée Cueille dans son pays, et ceux de la Sabée:
Le cinname et l'amome au souffle parfumé,
Il les assemble avec les feuilles balsamiques;
La casse a l'odeur douce et l'acanthe embaumée,
Et les larmes d'encens tombant en lourdes
gouttes, Il les joint aux épis encore tendres du nard,
Avec la panacée et l'essence de myrrhe.
Il installe en ce nid son corps qui va changer,
Et sur ce lit de vie il se livre au repos.
Au premier rougeoiement de l'aurore naissante
Dont les rayons rosés font pâlir les étoiles,
Douze fois il se plonge en une onde sacrée,
Douze fois il répand l'eau vive autour de lui.
Il s'enlève et s'installe au sommet du grand
arbre Qui domine à lui seul le bosquet tout entier,
Et, tourné vers Phébus et ses aubes nouvelles,
Il attend ses rayons et l'astre qui se lève.
Puis, lorsque le soleil heurte le seuil splendide
Et que point le reflet de la prime lumière,
L'oiseau commence alors un chant religieux,
Appelant par sa voix les nouvelles clartés.
Ni Philomèle, ni la flûte harmonieuse
De leurs sons cirrhéens n'égalent ses accents

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**** A T T E N T I O N ****

Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.

**** A T T E N T I O N ****



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BIBLIOGRAPHIE
Adam Marcelle. -- « Cyrano de Bergerac a son mystère », compte rendu
d'une conférence de Claude d'Ygé -- L'Age Nouveau -- Avril 1939. Aldington Richard -- « Les Etats et Empires de la Lune et du
Soleil. » (Traduction précédée d'une judicieuse introduction. Edition curieuse et intéressante). Londres 1923. Brun Pierre. -- Savinien de Cyrano Bergerac, 1893.
Coubertin Frédy de. -- Nouvelle Revue, 1er Juin 1898.
Dujarric-Descombes. -- Sté archéologique du Périgord, 1889.
Flammarion Camille. -- Les Mondes imaginaires et les mondes réels,
Paris, Didier, 1872. Forestié Em. -- Henry Lebret et Cyrano de Bergerac, Montauban, 1890.
Gautier Théophile. -- Les Grotesques, 1844.
Gourmont Rémy de. -- « Collection des plus belles pages », Mercure de
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Jal. -- Dictionnaire critique de Biographie et d'Histoire, 1864.
Juppont Pierre: -- L'oeuvre scientifique de Savinien de Cyrano, 1907.
Mémoire de l'Ac. des Sces. Toulouse. Lachèvre Frédéric. -- Les oeuvres Libertines de Cyrano de Bergerac,
Parisien (1619-1655). Paris, Champion, 1921, 2 vol. Br in 8°. Lacroix Paul. -- « Bibliothèque Gauloise », 1855.
Magne Emile. -- Erreurs de documentation de la pièce Cyrano de
Bergerac, 1898. Les Ménagiaza. Editions 1695 et 1729.
Mme Quivogne de Montifaud, dite (Marc de). -- Voyages fantastiques de
Cyrano Bergerac Jouaust, Libr. des Bibliophiles. Paris.1875. Moréré Louis. -- Grand Dictionnaire historique, 1759.
Moréré Auguste. -- Société historique du Périgord, 1875.
Nicéron, le Père. -- Tome XXXVI, Mém. pour servir à l'hist. des
Hommes illustres dans la République des Lettres, 1736. Nodier Charles. -- Bonaventure des Periers et Cyrano de Bergerac, 1841.
Perrens F. T. -- Les Libertins en France au XVII° siècle, 1899.
Rochas A. de. -- Revue scientifique, 21 février 1891.
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the Institut of French Studies, New-York, 1936. Simond (Charles). -- Cyrano de Bergerac. Louis Michaud, éditeur,
Paris. The retrospective Review, London, 1820.
Vifs Auguste. -- Conférence sur la « Mort d'Agrippine », 13 Novembre
1872.
173
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Canseliet E. -- Deux Logis alchimiques. Schemit. Paris 1945.
Fulcanelli. -- Le Mystère des Cathédrales. Schemit. Paris 1926. --
Omnium. Paris 1957. -- Jean-Jacques Pauvert. Paris 1964. Fulcanelli. -- Les Demeures Philosophales. Schemit. Paris 1930.
-- Omnium. Paris 1959. -- Jean-Jacques Pauvert. Paris 1965. d'Ygé Claude. -- Anthologie de la Poésie Hermétique. Paris. Montbrun
1948.
Revue: Les Cahiers d'Hermès: Eugène Canseliet. « Cyrano de Bergerac
Philosophe hermétique », p. 65. n° 1. Mai 1947.
Manuscrits: de « L'Autre Monde », du « Pédant Joué », et des « Lettres »
entrés à la B. N. le 29 Avril 1890, légués par M. Devilla d'Epernay. (Nouvelle Acquisition: Fr 4557 - in 4°, et 4558 - in 8°.)
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TABLE DES MATIERES
Aux F. de la Fraternité d'Héliopolis ........ 7 Préface, par Eugène Canseliet ............... 9 Deuxième préface ............................ 13 Introduction, par Claude d'Ygé .............. 19
Textes:
La Table d'Emeraude d'Hermès Trismégiste.. 23 Pseudo-Baruch ............................ 25 Jean de Meung, dit Clopinel .............. 33 Nicolas Flamel ........................... 37 Jean de la Fonteine ...................... 47 Basile Valentin .......................... 55 Jean Aurelle Augurel ..................... 61 Jacques Gohori ........................... 67 Guy Le Fèvre de la Boderie................ 79 François Brouart, dit Beroalde de Verville 83 Michel Maier.............................. 89 Christofle de Gamon ...................... 101 Salomon Trismosin ........................ 107 Eirenée Philalèthe ....................... 113 Clovis Hesteau ........................... 119 Madethon (Adrien von Mynsicht) ........... 127 Esprit Gobineau de Montluisant ........... 129
Conclusion, par Claude d'Ygé ................ 131
Bibliographie des ouvrages cités ou à
consulter ................................ 135 Le Véritable Savinien de Cyrano Bergerac et
l'Hermétisme de « L'Autre Monde » ........ 141 Les Etats et Empires de la Lune et du Soleil. 155 Bibliographie relative à Savinien de Cyrano . 173
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TABLE DES PLANCHES
Couverture. Le Lion Vert ou Vitriol des
Philosophes et son hiéroglyphe ...........
I. L'Etoile du Matin ou la Vénus des Sages. 7 II. La Dame des pensées du Chevalier errant. 78 III. La précipitation est oeuvre diabolique . 78 IV. La Toison qui attire la Rosée du Ciel .. 100 V. « Note ce chêne » observa Nicolas Flamel 132

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Achevé d'imprimer par l'Imprimerie CH. CORLET, 14110 Condé-sur-Noireau
N° d'Imprimeur: 476 - Dépôt légal: 4e trimestre 1976.
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I.S.S.N. 0397-3042
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