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( 41 )
IV. Je descendis l'escalier d'une manière connue, & je rejoignis l'enfant. Nous
marchâmes encore quelques heures. J'aperçois
à quelques pas de nous, un homme
armé qui paraissait garder quelque
chose de précieux, dans une cassette sur
laquelle il était assis.

V. Mon petit conducteur m'apprit que je devais lui livrer bataille, le vaincre ou
périr. Pour ranimer mon courage, il sortit
du baume d'une boîte; il m'en frotta
les pieds, les mains, le front, &c.

VI. Après cette opération, je courus sur l'homme armé; mon bras l'eut bientôt
renversé; m'emparer de ses armes, &
l'en frapper, ne fut qu'un instant pour
moi. Mon premier mouvement fut d'ouvrir
la cassette; je ne fus pas peu surpris d'y
trouver le manteau que j'avais oublié dans
le pavillon; (voyez le N°. VI. du Chapitre
troisième.) Après m'en être couvert,
je revins à mon guide, & je lui rendis de
nouvelles actions de grâces.

VII. Nous marchâmes vers le labyrinthe que nous ne fûmes pas longtemps à découvrir.

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( 42 )
Près du mur, l'enfant me fit de
nouveau ses adieux; je fus encore seul.

VIII. Même embarras pour choisir entre les sept portes celle par laquelle je devais
m'introduire. Je me présente à la première
qui s'offre à ma vue.

IX. Je frappe, on n'ouvre point. J'appelle, personne ne répond.

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CHAPITRE VI.
I. Tandis que je me disposais à frapper de nouveau, je vis venir un vénérable
vieillard monté sur un chameau.

Il. Ce vieillard, & sa suite qui était assez nombreuse, vinrent à moi. L'un de
ses gens m'approcha, me remit une clef,
& me fit signe de leur ouvrir la porte.
J'obéis, tous entrèrent, & je les suivis.

III. Je refermai la porte, & je donnai la clef à celui qui me l'avait remise. Nous
nous rendîmes tous dans une grande place
triangulaire où étaient deux colonnes.

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( 43 )
IV. Le vieillard descendit de son chameau. On le conduisit près de la première
colonne, où il fut attaché, & mis à mort
dans le même instant.

V. Ce coup me frappa, & me fit frémir: je me vis, sans le vouloir, complice
d'un crime affreux. Ce qui m'épouvanta
le plus, ce fut lorsque ces meurtriers se
jetèrent sur moi, me saisirent, & me placèrent
sur le chameau.

VI. Dès qu'on m'eût placé sur cet animal, tous les hommes sortirent de la place,
& je restai seul avec le chameau. Je me
hâtai de remettre pied à terre pour secourir
le vieillard qu'on venait de frapper
à ma vue. Je coupai les liens qui l'attachaient
à la colonne. Je visitai ses blessures;
mais j'eus la douleur de voir que
tous mes soins seraient sans espoir.

VII. Je remarquai qu'il avait une marque distinctive à la boutonnière de son
habit: je crus devoir m'en saisir. Ce signe
me fit naître l'idée de faire de plus amples
perquisitions; mes recherches ne furent
point inutiles, je m'emparai de certains titres

@

( 44 )
qui me prouvèrent que ce vieillard
infortuné venait d'être la victime du fanatisme
& de la superstition.

VIII. Tandis que je parcourais les papiers dont je venais d'être en possession,
un lion furieux s'élança sur le chameau
qui était à mes côtés, & en eut bientôt
fait sa proie. Je crus devoir quitter la place,
& sans réfléchir sur la route que j'avais
à prendre, je suivis la première qui s'offrit
à ma vue.

IX. Je marchai pendant sept jours & sept nuits dans une fumée très épaisse;
j'étais comme enveloppé dans un nuage.
J'arrivai dans une place exactement ronde,
mais je ne pus point m'y arrêter; il
partait à chaque instant de son centre une
foule d'étincelles qui me forçaient de ne
pas quitter la circonférence du cercle.

X. Comme je me disposais à passer plus loin, un être, que je ne dois pas nommer,
m'abordant, me dit de lui remettre
mon manteau: j'obéis. Il le porta dans le
centre dont je viens de parler. Ce vêtement
fut réduit en cendres; on me les


@

( 45 )
remit renfermées dans un flacon; & l'on
m'avertit d'en avoir soin.

XI. Je continuai ma toute; mais telle était la vaste étendue de ce labyrinthe,
que je voyais toujours devant moi des
chemins qui semblaient ne devoir plus
finir. Enfin je vis une espèce de grotte que je n'osai visiter, lorsque j'entrevis un
lion vert à quelque distance de l'entrée:
quoique j'eusse bien envie de reposer, la
prudence m'engagea à passer plus loin.

XII Un figuier se trouve sur mon chemin, je prends trois figues; un oiseau de
proie me les dispute, je le mets à mort.

XIII. J'arrache neuf plumes à l'oiseau, je les arrange dans ma chevelure; & je
poursuis ma carrière.

==========================================

CHAPITRE VII.
I. Je découvre un palais dont la porte était ouverte, je m'y présente. Nombre
de valets m'approchent, & me disent
qu'ils sont prêts à me donner tout ce que

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( 46 )
je pourrais désirer; le repos, leur dis-je
assez brusquement: on m'apprit qu'il était
impossible de le trouver dans le pays que
je parcourais. On me tint de tels discours
que je me repentais presque d'avoir pénétré
dans le labyrinthe.

II. Le maître de la maison ne tarda pas à paraître; il m'interrogea sur mes
événements. Après quelques questions nécessaires,
il me conduisit dans une chambre
où je vis des trésors immenses.

III. Frappé de la quantité d'or qui était dans cet appartement, j'eus la faiblesse
d'en désirer une partie; mon souhait
ne fut pas achevé que l'or, le maître,
les valets, le palais, tout disparut.

IV. A cette révolution magique, il se fit un changement involontaire dans toute
ma personne; l'émotion fut générale,
parce que je ne m'y attendais point. Tout
mon être fut à la fois agité par l'admiration,
la crainte & la frayeur: dans ces
différents mouvements, les plumes que j'avais
arrangées dans ma chevelure (Voyez
le N°. XIII. du Chap. VI.) tombèrent,

@

( 47 )
& en touchant la terre, se changèrent en
colonnes d'une masse énorme; il y en avait
neuf; leur arrangement était tel que je me
trouvais renfermé entr'elles sans pouvoir
en sortir.

V. Ces colonnes étaient couvertes d'inscriptions; j'y lis de choses merveilleuses.
J'apprends de grandes vérités; & je bénis
le Très Haut de tout ce qu'il opère pour
mon instruction.

VI. Une seule inscription fut inintelligible pour moi; je la lus & relus sans la
comprendre. Les efforts que je faisais alors
pour en trouver le sens, étaient bien inutiles,
car j'avais encore d'autres mystères
à connaître avant que d'être au rang des
élus.

VII. Le temps, que je devais rester entre ces colonnes, était fixé. J'avais trop
à méditer, pour murmurer contre ma captivité.
L'aurore parut un jour plus brillante
qu'à l'ordinaire, la chaleur de l'air fut plus
forte, les colonnes ne purent soutenir l'ardeur
des rayons du soleil; & comme la

@

( 48 )
glace se fond dès que l'hiver finit, ma
prison disparut de même, & je fus libre.

VIII. D'après la lecture des inscriptions dont je viens de parler, je savais quelle
route je devais prendre. Mes pas se tournèrent
vers l'Orient.

IX. Trois pas en avant, d'autres de côté, quelques-uns en arrière, voilà ma
marche.

X. Je tombe, & me relève. Je continue & j'arrive.

XI. Je crois être au bout de l'univers. J'aperçois une petite voûte qui me découvre
un pays brillant; je me courbe pour
regarder sous l'arc. Quand j'ai vu, je
meurs d'envie de passer.

XII. Une main invisible me place un bandeau sur les yeux; je me baisse, & passe
sous la voûte.

XIII. Le trajet fini, le bandeau tombe. J'aperçois à mes côtés l'enfant qui m'avait
servi de guide (Voyez les Chap I.,
VI.,
@

( 49 )
IV. & V. ) Il était placé à ma droite.
J'avais pour assistant à ma gauche le vieillard
que j'avais vu mettre à mort quelque
temps auparavant. (Voyez le N°. IV.
du Chap. VI.)

XIV. Silence, me dirent les deux assistants, lorsque j'allais prendre la parole
pour leur témoigner la joie que j'avais de
me retrouver avec eux: je me conformai
donc à leur marche sans mot dire.

XV. Nous arrivons dans l'enceinte où l'on est à portée de voir de plus près le
chandelier à sept branches. Mes conducteurs
rompent le silence pour me faire une
leçon à ce sujet. Je n'avais pas encore vu
la lumière d'aussi près.

XV. Le vieillard m'enseigna la science des nombres. Nous calculâmes le nombre
trois; j'appris celui de sept, & je trouvai
le nombre neuf.

XVII. On m'enseigna l'usage du compas: j'essayai de mesurer & de partager les
douze signes du Zodiaque. Le monde planétaire
n'eut plus rien de voilé pour moi,
C
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( 50 )
car le temps de la première opération était
venu.

==========================================

CHAPITRE VIII.
I. Je suis transporté jusques dans la demeure du soleil; nous sommes toujours
trois.

II. Ce n'est plus avec des hommes que je converse: êtres tout dégagés de la matière,
mes maîtres font ceux qui forment
la chaîne qui lie la créature au créateur.
Dépositaires des plus grands secrets de la
nature & de l'art, ces génies me font tout
voir.

III. Un de ces génies s'unit à moi pour ne plus me quitter: je m'abandonne entièrement
à lui. Il me demande compte des
cendres du manteau qui avait été brûlé
quelque temps auparavant. (Voyez le N°.
X. du Chap. VI.)

IV. Nous nous rendons dans le laboratoire, le seul qui existe; là tout est prêt
à toute heure.

@

( 51 )
V. On jette les cendres dans un creuset: le feu agit, & la matière n'est plus
elle. Pendant que Saturne devait livrer bataille
à quelques satellites, mon génie me
conduisit dans un bâtiment peu distant du
laboratoire.

VI. Il s'agissait encore d'une expiation pour pouvoir parvenir au terme désiré.
Je vois mettre plusieurs hommes à mort;
leur sang coulait dans un bassin, où je
fus couché & condamné à passer deux
heures & demie.

VII. Je sortis du bain, mais j'étais autre que lorsque j'y étais entré. Retournons
au laboratoire, me dit le génie,
voyons si tu pourras t'y introduire.

VIII. Je suis à la porte, mes efforts pour y pénétrer sont inutiles. Autre expiation
à faire: nouvelle & dernière préparation.

==========================================

CHAPITRE IX.
I. Prenons la sphère à la main; fouillons dans les astres, afin de pouvoir terminer
le grand oeuvre.
D 2
@

( 52 )
II. Nous faisons de grands efforts pour ouvrir le Livre; l'éclair se montre, la foudre
éclate, le charme cesse, & le Livre
est ouvert. Chef-d'oeuvre de l'intelligence
céleste, ce Livre ne contenait que des
énigmes pour moi; mais j'avais déjà tant
vu, que mes yeux furent bientôt au fait
de saisir la vérité, quoique cachée dans
le labyrinthe des hiéroglyphes.

III. Je découvre les secrets, & la sagesse du plus grand des Rois. Les langues
anciennes me deviennent familières; & je
rougis de l'erreur où j'avais été jusqu'alors.

IV. Quelques années se passèrent dans l'étude & le silence; mon génie ne m'avait
point quitté. Il était temps de retourner
à la pratique; mais il fallait quelque
chose de plus pour pouvoir rentrer dans
le laboratoire sans courir le risque d'y
perdre la vie.

V. Le jour se cacha, j'eus peur. Mon génie me prit par la main; il guida mes
pas vers une grosse pierre sur laquelle était
une lampe qui ne donnait qu'une faible
lueur.


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( 53 )
VI. A côté de ta lampe était une coupe vide; je pris la lampe & la coupe. Je fis
quelques pas pour me rendre près d'une
fontaine, où il était dit que je boirais.

VII. Je laissai la coupe près de la fontaine: je gardai la lampe pour guider mes
pas mal assurés.

VIII. Un vaste bassin se présente, il était plein d'une matière liquide, ce n'était
pas de l'eau, car elle était blanche
& brillante comme l'argent. Mon génie
me jeta dans le bassin.

IX. J'y restai trois jours, en comptant comme les philosophes. La lampe fut
consumée; mais je n'avais souffert aucun
mal. Au sortir de ce bain, nous primes
le chemin du laboratoire; le jour reparut
dans tout son éclat; je ne devais plus revoir
les traces du père des ténèbres.

X. En entrant dans le laboratoire, nous vîmes avec regret que le feu s'était éteint,
& que l'opération n'était qu'à peine commencée.
Mars n'avait point paru; Jupiter
était encore intact; Vénus était libre,
D 3
@

( 54 )
&c. &c. On remit du charbon dans
le fourneau, le creuset rougit de nouveau;
& nous nous disposâmes à terminer l'oeuvre.

XI. Il fallut moi-même subir l'épreuve des épreuves. Nous passâmes dans un salon,
où quelques cyclopes donnaient aux élus
ce qu'on doit appeler des bains de feu:
tout était prêt.

XII. Je fus mis dans cet élément liquide & destructeur; tout mon être semblait prendre
une autre forme. Il ne me resta de
l'enveloppe matérielle que ce qu'il en faut
pour tenir à l'homme.

XIII. Je ne suis plus le même; je rentre dans le laboratoire; les substances
s'unissent & se séparent à ma volonté. Le
rouge paraît, le vert le détruit, le blanc
triomphe, le rouge revient à mon choix,
& la nature n'a plus d'atelier secret.

XIV. Voilà ce que j'ai vu, ce que j'ai fait, & ce que tout homme laborieux
& constant peut répéter. On trouvera comme
moi, des sentiers dans les endroits les
plus sauvages.

@

( 55 )
XV. Celui, qui m'a conduit dans mes travaux, m'a laissé le choix d'instruire mes
semblables, ou de jouir tout seul du fruit
de mes veilles. J'ai préféré le premier parti;
je n'ai cependant pu le faire qu'aux conditions
connues; mais ces conditions ne
peuvent arrêter que l'homme peu accoutumé
à la recherche des grandes choses.
J'ai fait mes efforts pour me faire entendre,
il en faudra peu pour me comprendre.


Fin de l'Apocalypse hermétique.

@

pict

C O M M E N T A I R E
SUR LA
REVELATION PRECEDENTE,
OU
INTERPRETATION
R A I S O N N E E
DE L'APOCALYPSE HERMETIQUE.
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La Société des philosophes inconnus n'est point bornée par une nation, un
royaume, ou autres lieux particuliers; elle
est répandue dans tout l'univers. Un institut,
qui fut dicté par la raison, qui est
éclairé par la religion, & que suit la vertu,
doit être connu de tous les hommes.
Les protecteurs sont inutiles pour être
admis dans cette secte choisie: les grandeurs
ne sont rien; l'homme n'y est
qu'homme, mais il y est vraiment homme.

@

( 57 )
Les recherches dont on s'occupe, sont de détruire le mensonge, & de connaître
la vérité. Pour y parvenir, on fixe
la nature, on voit ses oeuvres, on réfléchit
sur la marche uniforme du grand tout.

Seul, l'homme est incapable de faire les sublimes efforts qui sont nécessaires
pour voir: il se trompera, s'il cherche des
guides dans ses semblables. Le célèbre
Emmanuel de Swedenborg a donné de grands
préceptes à ce sujet; il serait inutile de
les répéter, je renvoie à ses ouvrages:
mais je préviens qu'il faut savoir les lire.

Il existe une liaison entre les êtres matériels & les êtres spirituels, Pour se convaincre
de cette vérité, on n'a qu'à réfléchir
sur tous les êtres créés, & la chaîne
qui les lie. Le règne végétal est lié au minéral,
comme l'animal l'est au végétal par
des corps que les naturalistes ne savaient
où classer. L'homme est enfin lié à son
auteur par des êtres intermédiaires que
l'on a nommés différemment selon les lieux
& les temps.

On ne se dégage de la matière qu'en
@

( 58 )
dépouillant le superflu de l'être. Le nombre
n'est plus le même, il est alors plus
parfait. Il serait hors de propos de nier
cette vérité par la seule raison qu'on ne
pourrait la concevoir. Tant d'adeptes ne
se sont pas trompés pour avoir la satisfaction
de nous conduire à l'erreur. Je vais
m'expliquer plus ouvertement.

L'Apocalypse hermétique offre, à celui qui en saisit le sens, toutes les vérités
dont on s'occupe dans ces cercles délicieux
connus sous le nom de F. M:..

Ce n'est point pour flatter les profanes que je publie ce Livre; il n'est fait que
pour ceux qui aiment & cherchent le vrai.
Les élus sont rares; l'Apocalypse hermétique,
ou plutôt philosophique, a donc
besoin de Commentaire. Que le savant à la
mode, que l'homme du jour n'entende rien
à mon discours! qu'il me traite de rêveur,
& me confine aux petites maisons, je ris
de sa sottise, & je sais l'art de me suffire
à moi-même! Voir le mal, & faire le bien,
voilà ma devise.

Moïse nous a laissé des écrits qu'on révère
@

( 59 )
à juste titre; son Livre est le seul
utile; mais il faut savoir lire les Livres sacrés.
L'homme qui voudra s'instruire, n'a
qu'à comparer la bible entre elle; il n'a
qu'à méditer sur les cérémonies sacrées des
peuples qui ne sont plus, comme sur celles
de ceux qui existent. Ce point est difficile,
il est encore plus important.

Quoique dans les ténèbres, l'homme court après la lumière; l'envie qu'il a de
la connaître, prouve qu'elle existe. L'adepte
n'est point un extravagant de faire
des recherches; l'idée qu'il a du sublime,
prouve que le sublime existe. Plusieurs ont
trouvé le but; ils n'ont point osé le montrer;
ou si ces hommes rares ont parlé,
ils se sont servis d'un langage mystique.

Ce qui surprendra le plus dans l'Apocalypse hermétique, c'est que celui qui
l'entendra, y trouvera les sept degrés d'expiation
connus dans la F. M., & même
parmi tous les chrétiens. Il y verra la vérité
de quelques passages qui sont épars dans
les Livres saints du grand Salomon.

L'intelligence de l'Apocalypse précédente
@

( 60 )
lui démontrera des vérités que l'auteur
d'un livre intitulé, Des erreurs & de
la vérité, n'a fait que soupçonner.

On trouve, dans l'Apocalypse hermétique, une relation exacte de la réception,
& conduite des philosophes inconnus: tous
les secrets des F. M. y sont dévoilés.
La transmutation des métaux & la médecine
universelle y sont montrés dans tout
leur jour. Enfin c'est vraiment le manuel
d'un adepte.

Pour hâter les travaux de ceux qui cherchent la vérité, je crois ici pouvoir
joindre une explication abrégée des premières
connaissances nécessaires à l'intelligence
des grandes opérations. Je ne trahis
aucune société, & je prie tout lecteur de
ne point abuser de la complaisance de ceux
qui se sont expliqués sur les mystères.

Paracelse, Van Helmont, Libavius, Levinius, Cardan, Porta, Scaliger, Wecker,
Mizalde, Gesner, Garzias, Acosté, Monarden,
&c., &c., ont écrit comme Basile,
Valentin, le Cosmopolite, & d'autres;
mais plusieurs n'entendent point ces ouvrages,

@

( 61 )
& les trouvent aussi obscurs que
le système de St. Martin.

Cela vient de ce qu'on n'a aucune connaissance préliminaire, lorsqu'on cherche
à finir le grand oeuvre. Les auteurs ne
s'étant expliqués que par paraboles, comment
les entendre, si on n'est du tout point
initié?

Les planètes ne sont pas seulement, pour les adeptes, les globes qui tournent
autour du grand astre. Mars donne quelquefois
son nom au fer, d'autres fois au
soufre.

Le mot d'Azoc ou d'Azoth est le nom du Mercure, qui s'appelle aussi lait virginal.

Il ne faut pas confondre les métaux du vulgaire avec ceux des philosophes: les
uns sont morts, les autres vifs.

On distingue dans l'art, le mâle & la femelle; ce sont deux principes, l'un est
le soufre, & l'autre le mercure: on les
conjoint pour qu'ils forment un germe.

@

( 62 )
La correspondance des métaux entr'eux est une connaissance que doit avoir celui
qui s'applique à l'étude de Rose Croix.
Pour entendre cette correspondance, il
faut considérer la position des planètes, &
faire attention que Saturne est le plus haut
de tous, auquel succède Jupiter, puis
Mars, le Soleil, Venus, Mercure, &
enfin la Lune. Les vertus des planètes
ne montent point, mais elles descendent;
les élus savent que Mars se change en
Venus, & non pas Vénus en Mars. On
voit clairement, en réfléchissant sur cette
correspondance, que la nature tient son laboratoire
ouvert, & qu'elle ne cherche
rien à cacher à l'oeil philosophe.

Pour parvenir à l'exécution de l'oeuvre, il faut suivre la même route que le grand
architecte employa à la création des mondes:
c'est l'art de débrouiller le chaos.

Ce sont la composition, l'altération, la mixtion & l'union qui, faites dans les règles
de l'art, donnent le fils légitime du
soleil, & produisent le phoenix sans cesse
renaissant de ses cendres.

@

( 63 )
La putréfaction découvre de grandes choses, sans elle point d'opérations.

Le feu philosophique est le feu dont se sert la nature: il y en a de trois espèces
qui sont le naturel ou le masculin, l'innaturel
ou le féminin, enfin le feu contre nature
qui corrompt le composé & délie ce
que la nature avait lié.

On trouve à toute heure & en tout lieu la matière qui sert à l'oeuvre; on la
cherche pourtant spécialement dans la nature
métallique.

La terre vierge n'est pas si rare qu'on pense; c'est une erreur de la chercher dans
la profondeur de la terre. Toutes les qualités
de terre en donnent de la vierge,
lorsqu'on leur a fait subir les opérations
convenables.

Les deux Dragons qui se font sans cesse la guerre, sont l'eau & le feu. Il s'agit
de les mettre en action l'un & l'autre, un
autre élément s'y joint, & la magnésie
complète le mélange.

@

( 64 )
On passe douze portes pour trouver la pierre philosophale:
1°. La calcination. 2°. La dissolution secrète. 3°. La séparation des éléments. 4°. La conjonction matrimoniale. 5°. La putréfaction. 6°. La coagulation. 7°. L'incinération. 8°. La sublimation. 9°. La fermentation. 10°. L'exaltation. 11°. La multiplication. 12°. La projection.
Ces douze entrées sont dépeintes dans l'Apocalypse hermétique, & dans les Livres
sacrés. On n'a qu'à lire avec attention,
on verra clairement à l'aide de ce
Commentaire que l'homme peut faire de
grandes choses.

Lorsqu'il est question de clef, on entend un menstrue.

Dans l'oeuvre, il y a le Septentrion, le Midi, le Levant & le Couchant. Le
Levant
@

( 65 )
Levant c'est le blanc, le Midi, c'est le
rouge, & le Couchant est le commencement
du noir.

Si ce que je viens de dire ne satisfait pas tous les lecteurs, j'en suis fâché; je
n'ai plus qu'un avis à donner dans ce commentaire;
mais qu'on y fasse attention,
cet avis est bien utile. Toute la combinaison
philosophique se réduit à faire d'un
deux, & de deux un, rien de plus; c'est
là le nombre mystérieux de trois qui cache
celui de sept, & qui ne saurait passer
celui de neuf.

Il me semble entendre quelques lecteurs, peu faits pour les hautes sciences,
s'écrier, en lisant ce Commentaire, que
l'explication n'est pas plus claire que l'Apocalypse.
Celui qui se croira en droit
de me faire des reproches, peut renoncer
à la lecture de ce livre, comme à l'espoir
de pratiquer la philosophie occulte. Je suis
sûr de m'être rendu intelligible à ceux qui
ont médité les ouvrages des maîtres qui,
avant moi, ont parlé des secrets de la
nature.
E
@

( 66 )
Avant que de chercher à être initié, il faut avoir lu les ouvrages d'Hermès. Il
faut connaître le passage de la mer rouge.
On doit avoir étudié le sentier chimique de
Paracelse, le Vade mecum de Raimond
Lulle, & les Observations de Trévisan, & la
Physique restituée.

Comme la lecture de ces ouvrages est très difficile, j'ai cru devoir joindre à mon
Apocalypse une clef pour l'intelligence des
écrivains philosophes: je vais expliquer,
par des mots usités, le langage des adeptes;
ainsi leurs termes mystiques, & leurs
hiéroglyphes ne rendront plus rebutants
ni obscurs des ouvrages qui sont le dépôt
des connaissances de l'homme.

J'avertis encore qu'il faut, pour bien entendre l'Apocalypse hermétique, connaître
les ouvrages de Moïse, de Salomon,
&c. Les Livres saints contiennent
tous les préceptes de religion, ceux de
morale, & ceux de philosophie, mais il
ne faut pas s'en tenir à la lettre.


@

pict

L E L A N G A G E
D E S
A D E P T E S.
O U
D I C T I O N N A I R E
ABREGE DE PHILOSOPHIE,
Avec l'explication des Mot, & des Hiéroglyphes.
C'est avec ambiguïté que tous les artistes ont parlé de leurs connaissances;
cette conduite était nécessaire, d'autant
plus que tous les hommes ne sont pas
faits pour la vérité, ni tous les yeux pour
la lumière. Sans manquer aux engagements
que contractent les philosophes inconnus,
j'ai entrepris de dévoiler des vérités; je
fais tout mon possible pour rendre mes
oeuvres utiles. J'aurais cependant peu fait
E 2
@

( 68 )
pour les curieux, si je ne joignais à mon
Apocalypse un Dictionnaire des mots reçus
dans la philosophie secrète.

On trouve dans cet écrit le nom des choses, le secret des caractères, & le mot
des énigmes qui sont le désespoir de quelques
curieux Je souhaite qu'on n'abuse
point des effets de ma condescendance;
la philosophie occulte est un labyrinthe où
doit se perdre le vulgaire; au lieu d'y
cueillir des fruits, le savant ordinaire n'y
doit rencontrer que des épines. Quelque
attrayante que soit cette étude, elle est
suivie de beaucoup de dangers.

A.
Acetum philosophorum, eau mercurielle,
ou lait virginal qui dissout les métaux. Aniadin, signifie longue vie.
Annus philosophicus, c'est le mois commun.
Alchaest, c'est une préparation du mercure.
Amianthus, c'est la salamandre.
Alembroth c'est la clef de l'opération des
philosophes. Andena, c'est l'acier oriental.
Aqua coelestis, c'est le vin sublimé.

@

( 69 )
Aquila spagyricorum, sel ammoniac.
Atramentum, le vitriol.
Aqua solvens, vinaigre distillé.
Atimad alcophil nigra, c'est l'antimoine.
Alcharit, ou Zaibach, c'est le vif-argent.
Almisadir, le vert-de-gris.
Aremaros, le cinabre.
Asmarcech, la litharge.
Alcitram, l'huile de genièvre.
Alcaligatam, de la momie jointe à un sel
alcali. Aloeani, c'est le changement de la forme
superficielle des métaux. Alartar, cuivre brûlé.
Aniada, signifie les influences des astres.
Alcubrith, le soufre.
Azimar, le minium.
Alabari, du plomb.
Aes hermetis, le lion vert.
Ahot, c'est le lait.
Acureb, le verre.
Alfusa, la tutie.
Antimum, c'est le miel le plus pur.
Aes philosophorum, l'or des philosophes,
& non le vulgaire. E 3
@

( 70 )
B.
Barnabas, le salpêtre tiré d'un endroit où
l'on a jeté souvent de l'urine. Baurat, signifie tout sel.
Botri, une grappe de raisin.
Berillus, miroir de cristal dont on se sert
pour des opérations magiques. Botin, vinaigre térébenthiné.

C.
Cafa, camphre.
Calena, salpêtre.
Chaos, l'air, selon Paracelse.
Claretta, blanc d'oeuf.
Cotoronium, liqueur.
Cortex maris, vinaigre philosophique.
Cabet, limaille de fer.
Comindi, gomme arabique.
Calchiteor, marcassite.
Carbones coeli, les étoiles.
Cauda vulpis rubicundi, le minium de plomb.
Cydar, Jupiter.
Cebar, l'aloès.
Cristi pabalum, urine d'un petit enfant.
Copher, bitume.
Catina, l'alun.

@

( 71 )
Coteritium, liqueur qui corrode tous les
métaux, excepté l'or. Cor minerale, l'or.

D.
Dragantium, le vitriol.
Denoquor, le borax.
Deraut, l'urine.
Diatessadelton, mercure précipité.
Dulcedo saturni, l'âme du plomb.
Daura, l'ellébore; d'autres entendent l'or.
Dovertallum, la génération qui se fait des
éléments. Duelech, pierre qui se forme dans le corps
humain.
E.
Elkalei, l'étain.
Ezeph, de l'or.
Edir, l'acier.
Elqualiter, le vitriol vert.
Ezimar, fleurs de cuivre.
Epar, l'air.
Elome, l'orpiment.
Encarit, de la chaux.
Ephodebuths, nom de la pierre philosophale,
lorsqu'elle est finie.
@

( 72 )
Elephas spagirice, l'eau forte.
Evestrum, signe qui présage l'avenir.

F.
Flos sectae croae, la fleur de Safran.
Foenix, la pierre physique.
Foedula, la mousse.
Fons philosophorum, le bain-marie.
Fedeum, le safran.
Fida, l'argent.
Filius unius Dei, la pierre philosophale.
Fel draconis, le mercure tiré de l'étain.
Facinum, du cuivre.
Flos maris, blanc de baleine.

G.
Gasard, le laurier.
Glutem, fiel de taureau.
Gazar, le galbanum.
Gersa, la céruse.
Gruma, le tartre.
Grillen, le vitriol.
Guarini, ce sont des hommes vivant de
l'influence du ciel. Guma, l'argent.
Gibard, médecine tirée des minéraux.
Glacies dura, le cristal.

@

( 73 )
H.
Henricus rubeus, le vitriol calciné au rouge
Haro, une espèce de fougère.
Hycohy, le sang d'un jeune homme sain.
Horison, le mercure de l'or.
Hal, le sel.
Hel, le miel.
Horizontis, or potable.
Hunt, Jupiter.
Hernec philosophorum, l'orpiment, mais
non pas le commun. Hager archtamach, la pierre d'aigle.

I.
Ignis leonis, l'élément du feu.
Jarin, le vert-de-gris.
Jaspa, l'herbe de la trinité.
Illeadus, la première matière de toutes
choses. Ipcacidos, la barbe du bouc.
Ignis aethereus, la pierre infernale.

K.
Kakima, terre métallique.
Kaib, lait de vinaigre.
Kist, l'opopanax.
Kibrit, soufre puant.
Kibris, chef & père de la lumière.

@

( 74 )
L.
Laoc, l'étain.
Luben, l'encens.
Lulfar, les perles.
Latro, le mercure.
Lot, l'urine.
Lapis infernum, la pierre ponce.
Liab, vinaigre.
Lameré, soufre.
Leo viridis, vitriol.
Lydia, la pierre de touche.
Laser, le benjoin.
Lustum, la graisse de lait.
Liquor aquilegius, le vin distillé.
Limbus, le monde universel.
Labos balsamum, la liqueur où quelque
métal enflammé est éteint. Laxa chimolea, sel qui naît sur les pierres.

M.
Magnesia philosophorum, l'argent uni au
mercure & rendu fluide. Magnalia, les oeuvres du grand architecte.
Mensis philosophicus, le temps de la digestion
chimique qui est de quarante jours. Magoreum, médicament magique.

@

( 75 )
Manna mereurtalis, mercure précipité en
eau forte, puis élevé par le feu. Meliboeum, le cuivre.
Mercurius laxus, le turbith minéral.
Martach, la litharge.
Madic, le petit lait.
Malaribric, l'opium.
Maz, la myrrhe.
Maruch, l'huile.
Merdasengi, plomb calciné & réduit en
poudre. Mercurii astrum, la sublimation.
Majus noster, la rosée des philosophes.
Magnesia lunarii, le régule d'antimoine,
qu'on appelle aussi le plomb des philosophes. Magnesius magnensis, poudre philosophale
faite avec le sang humain.
N.
Nastac, ou Nostoch, une gelée qu'on trouve
dans la belle saison, après la pluie; elle est transparente, verdâtre. On croit que c'est une déjection des étoiles..... erreur. Nitriales, les pierres calcaires.
Necrolium, un médicament qui préserve
des maladies.
@

( 76 )
Nectat, préparation qui se fait avec du
vin blanc & du vin rouge. Nostros, on s'en sert pour désigner les espèces
de feux. Nepsis, étain.

O.
Obrizum, or calciné & de couleur de châtaigne.
Otap, sel ammoniac rougi avec eau de
vitriol rouge. Oabelcora, une cucurbite.
Ophirisi, liqueur du soleil.
Orizon aeternitatis, les influences célestes.
Osemutum, le fil de fer.
Oriseum precipitatum, le safran d'or.
Oriseum foliatum, l'or en feuilles.

P.
Pratium viride, les fleurs du cuivre.
Presmuchim, la céruse.
Pater metallorum, le soufre.
Propolix, la cire vierge.
Pissasphaltos, le bitume.
Pentacula, amulettes, certains signes qu'on
porte pour guérir, ou se préserver des
maladies.
@

( 77 )
Pili zenii, les petits poils blancs qui sont
autour de la cuisse du lièvre. Pauladada, terre sigillée qu'on trouve en
Italie. Pietra vini, crème de tartre.
Primum vegetabile, tartre.
Plecmum, le plomb.
Parthenium, la camomille romaine.
Phoenix, la pierre physique.

Q.
Quartura, l'or le plus pur.
Quemli, le plomb.
Quiamos vena terrae, la couperose.
Quebrit, le soufre.
Quebricum, l'arsenic.

R.
Rabeboya, la patience dans le grand oeuvre.
Rebis, la première matière des philosophes.
Ramich, la noix de galle.
Rebona, la fiente brûlée.
Rusatagi, la calcination du cuivre.
Racari, le sel ammoniac.
Recham, le marbre.
Riastel, le sel commun.
Raib, une pierre quelconque.

@

( 78 )
Rosa mineralis, arbre végétal des philosophes
produit par une sublimation de l'or avec le mercure. Reboli, liqueur tirée de momie.

S.
Sactin, le vitriol.
Salipit, le cuivre.
Saphiricum anthos, liqueur tirée de l'Argent
& du saphir, pour guérir les maladies du cerveau. Senco, le plomb.
Sibar, le mercure.
Sezur, l'or.
Samech, le tartre.
Sira, l'orpiment.
Sal amarum, l'argent vulgaire, non pas
celui des philosophes. Scarelum, l'alun de plume.
Serpens, ou Lacerta viridis quae propriam
caudam devoravit, c'est toute la liqueur de vitriol rejetée sur le caput mortuum. Sphacte, storax liquide.
Stomoma, la limaille de fer.
Sanguis hidroe, huile de vitriol.
Siella terrae, le talc.
Sagani spiritus, les quatre éléments.
Sagani sapientiae, le sel marin.

@

( 79 )
Sol in homine, le principe vital dans l'homme.
Scirona, la rosée d'automne.
Serpheta, réduction d'une pierre en liqueur.
Stennarmater metallorum, ce qui engendre
les métaux. Saldini, les hommes engendrés par l'élément
du feu. Sylo, le monde en général.

T.
Thisma, la veine des minières.
Teneriabin, espèce de manne.
Trachsat, le minéral sortant de la terre.
Temeinchum, l'argent des philosophes.
Terra fidelis, l'argent.
Tiffocom, le vif argent.
Tinctura microscomi, magistère de sang
humain, dont on se sert pour faire la lampe de vie. Titar, le borax.
Tin, le soufre.
Tersa, l'écume de mer.
Ticcalidar, la moutarde.
Tecolithus, pierre qui se trouve dans les
éponges. Tinchar viriditatis aeris, eau composée de
tous sels.
@

( 80 )
Terra sancta, antimoine vitrifié.
Terra saracenica, l'émail.
Triceum, le miel.
Tiri nostri ab aquila rapti, le mercure rendu
fixe.
V.
Visci de Botin, la térébenthine.
Umo, l'étain.
Vastior, le safran.
Uvornas, le vinaigre des philosophes.
Undenae, les esprits aériens.
Unitas trithemii, le ternaire uni par la
destruction du binaire. Vergiliae, herbes printanières.
Viltrum philosophorum, l'alambic.
Vitriola metallica, les sels des métaux.
Visqualcus, le gui d'arbre.
Virgutta fossorum, la baguette qui indique
les trésors. Urina vini, l'urine d'un ivrogne.

X.
Xilocassia, la cannelle.
Xylobalsamum, parties de macis & de
souchet. Xenecthum, le premier menstrue vierge.
Xeni
@

( 81 )
Xeni nephidei, cet esprit qui indique à
l'homme les merveilles de la nature. Xispimum, le vinaigre.
Xistum, le vert de gris en poudre.
Xenecdon, pentacle ou amulette dans laquelle
on met l'image d'une constellation.
Quelque ridicule que puisse sembler cette amulette, je vais donner la manière de la
faire, & parler des vertus qu'on lui attribue.

On prend un morceau de parchemin, qu'on coupe en triangle, d'un pouce &
demi; on le tient exposé à l'air pendant
trois nuits. On écrit ensuite quatre X à
côté l'une de l'autre sans ponctuation;
on fait au-dessous la figure d'un ours,
d'un dragon, ou autres signes qui soient
au firmament. On colle enfin ce parchemin
sur un taffetas cramoisi, & on le recouvre
avec du satin jaune, Ce pentacle
se porte sur le creux de l'estomac pour
prévenir les indigestions, les coliques &
la migraine. On le porte attaché contre
le poignet gauche, pour guérir les fièvres.
F

@

( 82 )
On le tient sur la tête nue pour le mal caduc, & autres maladies des nerfs.

Y.
Yelion, le verre.
Yharit, le changement du leton en argent.
Ygropissos, le bitume.
Yercia, la poix.
Ysir, préparation particulière du mercure
réduit en pierre. Ycar, médecine quelconque.
Ydrocecum, le mercure.
Yride, l'orpiment.

Z.
Zemech, pierre d'azur.
Zenith juvencularum, le premier sang
menstruel d'une fille. Ziniat, le ferment.
Zonnetignomi, fantôme.
Zancres, l'orpiment.
Zarsrabar, le mercure.
Zaidir, Venus.
Zerès, le vitriol.
Zipar, la rhubarbe.
Zafaram, limaille de fer brûlée dans un
vaisseau de cuivre.
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( 83 )
Zarca, l'étain.
Zimax, l'airain.
Zitter, marcassite.
Zinsifar, le cinabre.
Zithum, la bière.
Zenexton, amulette qu'on croit capable de
préserver de la peste.
A l'aide de ce petit dictionnaire, on pourra lire très couramment les écrits des
alchimistes, qui se sont très souvent servis
d'une expression différente pour désigner
le même mot. On ne trouve les
opérations impossibles que par la raison
qu'on prend, dans les recettes des adeptes,
des substances pour d'autres, faute
de s'entendre.

Une autre difficulté qui se présente, en lisant les anciens auteurs, c'est la connaissance
des divers caractères dont les
philosophes chimistes se sont servis pour
désigner les matières qu'ils mettent en
usage. Mais on trouve de ces tables de
caractères à la tête de tous les livres de
chimie; il est facile de s'en procurer une,
& de faire une étude particulière sur cet
objet. Ces tables n'étant pas rares, je n'ai
F 2
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