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( 84 )
pas cru devoir en joindre une à cet ouvrage.

Je dois seulement ajouter une table des caractères du zodiaque qui ne se trouve
point dans les ouvrages modernes, c'est-
à-dire dans la table des caractères des chimistes
de nos jours. Les douze signes du
zodiaque prêtent leur caractère à douze
substances que les adeptes mettent beaucoup
en oeuvre, par exemple:

pict Le verseau signifie le sel de nitre. " Le cancer signifie le sel ammoniac. " Le capricorne signifie l'alun de plume. " La queue du dragon signifie le mercure. " Les gémeaux signifient l'orpiment. " La balance signifie le vitriol romain. " Le lion signifie l'or. " Le sagittaire signifie l'alun de roche. " Le scorpion signifie le soufre. " Le taureau signifie le bitume. " La vierge signifie l'arsenic. " Le bélier signifie l'antimoine.
Ces mêmes signes ou caractères du zodiaque, sont aussi employés quelquefois
pour désigner les douze portes qui conduisent
à l'oeuvre, c'est-à-dire qu'ils signifient

@

( 85)
les douze opérations de la chimie;
par exemple.

pict Le bélier marque la calcination. " Le taureau marque la congélation, " Les gémeaux marquent la fixation.
" Le cancer marque la dissolution. " Le lion marque la digestion. " La vierge marque la distillation.
" La balance marque la sublimation. " Le scorpion marque la séparation. " Le sagittaire marque l'incinération.
" Le capricorne marque la fermentation. " Le verseau marque la multiplication. " Les poissons marquent la projection.
La philosophie n'étant pas faite pour être cultivée par tous les hommes, les
adeptes durent se servir de différents
signes pour s'entendre entr'eux, &
ne pas divulguer leurs opérations. Ils
employèrent non seulement des mots qui
leur étaient propres, mais ils se servirent
encore dans leurs écrits d'autres lettres
que celles qui sont dans les alphabets ordinaires.
F 3
@

( 86 )
Voici l'alphabet qui est le plus
en usage parmi les frères de la R. C :.,
ainsi que parmi tous ceux qui publient des
secrets sur la philosophie occulte.

Alphabet des signes & planètes.
pict ou les poissons. . . . A.
" ou le capricorne . . . B.
" ou le verseau. . . . . C.
" ou le triangle . . . . D.
" le compas. . . . . . . E.
" la croix . . . . . . . F.
" ou le taureau. . . . . G.
" ou le sagittaire . . . H.
" l'étoile . . . . . . . I.
" . . . . . . . . . . . K.
" ou la balance. . . . . L.
" ou le Scorpion . . . . M.
" ou le soleil . . . . . N.
" ou la lune . . . . . . O.

@

( 87 )
pict ou le bélier . . . . . P.
" ou le carré. . . . . . Q.
" ou une ligne droite. . R.
" ou ligne oblique . . . S.
" ou les gémeaux . . . . T.
" ou la croix renversée. U.
" . . . . . . . . . . . X.
" . . . . . . . . . . . Y.
" . . . . . . . . . . . Z.

La science de la cabale chimique étant très étendue, il serait difficile de dire tout
dans cet ouvrage. J'ai seulement voulu
donner la clef des différents écrits qui ont
été publiés sur cette matière. Si l'on fait
bien attention à tout ce que j'ai dit, on
ne sera point embarrassé pour opérer. Mais
je le répète, ce Livre n'est point un de
ceux qu'on doit lire en courant. On verra,
en le méditant, que les sciences occultes
sont fondées sur des observations constantes
& certaines.

@

( 88 )
Comme tous les hommes ne sont point initiés dans la F. M., ni dans la société
des frères de la R. C., je veux cependant
rendre cet ouvrage utile à ceux qui,
sans connaître ses instituts, sont pourtant
amateurs de la chimie & de la médecine.

Ayant employé un style assez figuré pour peindre les travaux philosophiques,
je vais m'expliquer beaucoup plus ouvertement
sur quelques secrets qui peuvent
intéresser tous les lecteurs. Je souhaite qu'on
n'en fasse pas mauvais usage. On ne doit
rechercher la santé que pour n'en jamais
abuser. Les richesses ne sont désirables que
pour en faire part aux pauvres, lorsqu'on
les a acquises.

Le morceau suivant est un petit recueil d'observations extraites des oeuvres
d'un chimiste arabe qui a fait sous mes
yeux des choses surprenantes. Il possédait
à fond la chimie, l'astrologie, & surtout
l'art de connaître les hommes. Il me donna
quelques leçons sur cette dernière science;
c'est par lui que j'ai connu tout le mérite
des ouvrages du médecin la Chambre, &


@

( 89 )
de ceux du fameux Lavater: ce dernier
est un citoyen de Zurich en Suisse; il
continue un ouvrage sublime sur l'extérieur
de l'homme, & les signes qu'on peut
en tirer pour juger ses moeurs comme son
caractère. Je me fais un devoir de placer
ici l'éloge de M. Lavater; quels que soient
ses détracteurs, c'est un observateur plein
de mérite. J'ai moi-même répété de ses
observations que j'ai trouvées très justes.

Je reviens au petit extrait de l'écrit que m'a communiqué le médecin arabe, lors
de mes voyages en Turquie.

Extrait d'un manuscrit arabe par M. Kers.
Ce petit recueil contient onze recettes, que j'ai divisées par numéro.

==========================================

I.
Composition du vinaigre philosophique.
+ PP.
On fait d'abord fermenter du miel, dont on tire ensuite l'acide.


@

( 90 )
On a d'autre part tiré l'acide de ce liquide qui reste après qu'on a retiré l'esprit
de vin.

On mêle ensuite ces deux acides en égale proportion avec de l'acide vitriolique;
en fermentant & s'unissant, ces trois
acides produisent le vinaigre philosophique.

Cette préparation, que les adeptes ont aussi appelée lait virginal, ou eau mercurielle,
est regardée comme le seul dissolvant
de tous les métaux. Aussi a-t-on
cherché à composer le vinaigre philosophique
en distillant, sublimant, calcinant
le nitre, la magnésie, le mercure, &c.
Tout simple que paroisse le procédé qu'on
a indiqué, on ne doit pas douter que le
vinaigre philosophique ne contienne des
parties mercurielles, puisque la planète
de mercure influe nécessairement sur toute
la matière, & qu'on trouve le mercure
dans tout.

*
@

( 91 )
==========================================

II.
Eau pour amollir tous les métaux.
Rx. Une once de sel ammoniac,
demi-once de nitre purifié, & deux onces de tartre.
Vous ferez bouillir le tout dans une livre d'eau, jusqu'à consomption d'un
quart.

Lorsque vous voulez amollir un métal, vous le faites rougir, & l'éteignez
dans cette eau.

==========================================

III.
SECRETS CHIMIQUES.
Liqueur qui a la vertu de changer en , & de guérir les maladies.
Prenez du mercure qui aura été neuf fois sublimé par le sel commun & le vitriol,

@

( 92 )
dissolvez-le dans de l'esprit de vin
très rectifié.

Distillez cette solution jusqu'à siccité. Ensuite en sublimant ce qui sera resté,
séparez le fixe du volatil.

Joignez-les de nouveau, répétez la sublimation, & ainsi jusqu'à trois fois.

Il vous restera une poudre rouge, si vous avez bien opéré, sans quoi recommencez
de nouveau.

Lorsque vous aurez cette poudre rouge, retirez-en avec soin la partie saline;
dissolvez la poudre dans l'eau dissolvante,
dont je donnerai plus bas la composition
(*).

Ayez d'une autre part une partie d'or que vous aurez dissous dans l'eau dissolvante.

(*) Formule de l'eau dissolvante.
Rx. Du vitriol, du salpêtre, de chaque une livre; du sel ammoniac, une once; pulvérisez, & mettez
dans une cucurbite à long col; distillez à feu lent.
Vous prendrez une once de ce qui aura été distillé, à
quoi vous ajouterez deux gros d'or.

@

( 93 )
Confondez ces deux dissolutions, faites-les digérer & distiller.

Prenez ce qui restera dans le fond; calcinez-le au réverbère.

Ajoutez des fleurs de sel ammoniac ce qui aura été calciné; mêlez-le ensuite
avec de l'esprit de vin que vous distillerez.
Ce qui restera, vous donnera des cristaux.

Cette cristallisation, exposée à l'air, s'imbibera peu à peu de l'humidité de l'atmosphère,
& se changera bientôt en liquide.
C'est avec cette eau qu'on change
en , & qu'on tient le corps en santé.

Réduit en chaux par le mercure, vous laissez digérer le tout pendant un mois
dans de l'eau très pure.

pict
@

( 94 )
==========================================

IV.
TEINTURE HUMAINE,
O U
L E C O N T R E P O I S O N
DES ANCIENS.
Il faut arracher, entre les jours de St. Jean & de St. Jacques, la lune étant dans
son plein, la renoncule des alpes, mais
non pas celle des jardins: vous aurez aussi
de la racine de sanicle rouge. Prenez le
coeur & le foie d'une vipère que vous vous
serez procurée en vie; faites calciner ce
coeur & ce foie sur une pelle rouge, &
réduisez-les en poudres. D'autre part vous
ferez sécher les racines, vous les mettrez
de même en poudre subtile. Tenez ces
poudres séparées, & dans des flacons bien
bouchés.

La dose est d'un demi-gros de poudre de la vipère, sur un gros de poudre de
racine. Quelques anciens philosophes assurent
qu'une seule dose prise une fois dans
la vie, met à l'abri de toute crainte &
de toute surprise de poison.

@

( 95 )
==========================================

V.
La Lampe de Vie.
Quelques adeptes crurent avoir trouvé dans la préparation suivante, un moyen
infaillible de porter le pronostic dans les
maladies, c'est-à-dire de juger de la mort
ou de la guérison. Ils dirent donc avoir
composé une lampe dont la flamme est
plus ou moins vive suivant le bon ou le
mauvais état de la santé; cette lampe s'éteignant,
la personne meurt.

Celui qui veut avoir une lampe qui l'instruise sur son état même, prendra de
l'esprit rectifié, tiré de l'hydromel; il aura
aussi de son sang dont il tirera de même
l'esprit par la distillation: mêlant ces deux
esprits, il les distillera de nouveau. C'est
ce véhicule inflammable qui servira d'aliment
au foyer divinatoire.

*
@

( 96 )
==========================================

VI.
Poudre pour faire tomber les dents.
On prend des limaçons sauvages avec leurs coquilles, on les calcine, & les réduit
en poudre; on humecte cette poudre
avec du sang de grenouilles vertes; on
porphyrise le tout, on le fait sécher de nouveau.
C'est sans doute de cette poudre
que se servent quelques empiriques pour
arracher les dents sans aucun instrument
de chirurgie.

VII.
Sirop anti-apoplectique & anti-paralytique.

Prenez une demi-livre de vin blanc; six onces d'eau de roses; un gros de verre
réduit en poudre très subtile; six gros de
cannelle; infusez le tout ensemble, passez-
le; faites bouillir la colature avec du sucre
pour en faire un sirop selon les règles
de l'art.

La dose est depuis demi-once jusqu'à une once.
VIII.
@

( 97 )
==========================================

Description mystique du grand-oeuvre.
pict
L'explication de cette figure, est qu'il faut tirer le sel, ou les cristaux du plomb,
, les unir avec ceux de l'argent, .

Prendre ensuite ceux de l'étain, les unir avec ceux du vif argent.

Ceux du fer, les unir avec ceux du cuivre.

De tous ces mariages l'on en fait un autre, & le soleil se trouve au centre.
G
@

( 98 )
==========================================

IX.
Opinion de Libavius sur l'or potable.
Cet auteur dit, Livre second, pag. 79, que les anciens qui ont tant parlé de l'or
potable, n'entendaient point par ce nom
une liqueur tirée de l'or. Il assure que ce
métal n'entrait pour rien dans les préparations
qui portaient ce nom. On entendait
par or potable une liqueur par excellence,
une liqueur rare, chère & précieuse.
Ils lui donnaient le nom de l'or
par la raison que ce dernier a toujours
été précieux & recherché.

Il appuie son opinion sur ce que les anciens regardaient l'usage interne des
métaux comme un poison: il est donc sûr,
ajoute-t-il, que, si l'or était regardé comme
nuisible, on n'en a pas dans ce temps
fait une liqueur pour prendre intérieurement.

*
@

( 99 )
==========================================

X.
Libavius attribue aux feuilles de chêne la vertu de guérir les vieux ulcères, comme
topique.

Cette assertion ne répugne ni à la théorie, ni à la pratique de la médecine.

==========================================

XI.
Etoile d'antimoine, ou Pentacle de Salomon.

Rx. De l'antimoine de Hongrie, une partie;
du tartre chalibé, deux parties; du tartre commun, quatre parties.
Mêlez le tout; fondez; ajoutez-y trois parties de tartre calciné. Répétez trois
fois l'opération. Laissez refroidir, & l'étoile
est faite. Il y en a qui portent cette étoile
en amulette pour se préserver de la contagion
& de l'apoplexie.

F I N. G 2
@

( 100 )
pict

P R E F A C E (*).
L'usage de joindre une préface à un livre, est de la plus haute antiquité: c'est
dans ces requêtes rogatoires plus ou moins
longues, que les auteurs demandent l'indulgence
du public. On voit que je ne
me conforme pas entièrement à cet usage;
je fais une préface, il est vrai, mais je
la mets à la fin de mon ouvrage. Ce n'est
point pour prier le lecteur de me lire jusqu'au
bout, que je lui adresse cette supplique;
ce n'est que pour lui demander
son opinion sur la matière que je viens de
traiter; c'est pour le prévenir que, s'il ne
m'a pas compris, il ne doit point pour
cela me juger défavorablement; qu'il me
lise de nouveau; qu'il se familiarise avec
les sublimes préceptes de la philosophie occulte;
j'ose l'assurer qu'il jouira dans un

(*) Il y a beaucoup de personnes qui me chicaneront sur ma préface, & sur mon originalité de la
placer à la fin de mon livre: on dira que ce n'est plus
alors une préface. Eh bien, nous l'appellerons postface.
@

( 101 )
temps du fruit de ses peines & de ses travaux.

Je dois prévenir les amateurs du merveilleux, que les sciences dont je traite,
exigent de grands sacrifices de la part de
ceux qui les cultivent: l'appât de la gloire
& de la fortune n'entrent pour rien dans
les recherches du vrai philosophe. Le vulgaire
ne croit la pierre philosophale impossible
à trouver, que parce que les adeptes
n'en ont jamais fait un objet de commerce.
Les fripons qui abusent le peuple,
en lui promettant des secrets, ne
sont point initiés dans les mystères d'Hermès.

Tous les arts ont eu leurs imposteurs, mais leurs pièges n'ont séduit que l'ignorance.
Ne doit-on pas penser que celui
qui possède le secret de faire de l'or, n'a
aucunement besoin de le vendre?

Dans la recherche des vérités & des merveilles de la nature, le philosophe doit
porter une âme pure exempte de désirs
criminels. On ne doit pas espérer de communiquer
G 3
@

( 102 )
avec d'autres êtres que les hommes,
si on ne se dégage pas d'une partie
de son enveloppe matérielle. L'ignorance
n'est autre chose que la punition de nos
crimes; on n'apprendra donc rien pendant
qu'on s'adonnera aux vices.

Flottant sans cesse entre deux principes toujours agissant sur le globe, l'homme
est, il est vrai, bien embarrassé pour se
déterminer en faveur du bon. Celui qui
naît dans l'erreur, ne connaîtra pas la vérité
sans peine. Celui dont on trompe l'enfance,
ne saurait être bien instruit dans
un âge avancé.

Les ténèbres dont la providence nous entoura, doivent servir à nous rendre la
vérité plus chère, dès que nous l'avons
trouvée. Mais cela nous dicte ce que nous
avons à faire, lorsque nous sommes parvenus
à être initiés dans les mystères de la
nature. Jamais philosophe n'osa publier
ouvertement ses travaux ni ses succès,
jamais adepte ne s'entretiendra avec tous
les hommes. La connaissance des hauts
mystères troublerait l'ordre de la société,
si elle était publique. Le commun des hommes

@

( 103 )
abuserait des bontés du ciel; &, comme
le premier des hommes, on ne tarderait
pas à être puni d'avoir voulu manger
du fruit défendu: la science du bien & du
mal est le partage de celui qui ne doit
point en abuser.... [ Ces propositions sont
claires & vraies, mais elles ne sont point
à portée de tous les lecteurs. Je me suis
expliqué dans mon Apocalypse sur la naissance
de l'homme, sur sa demeure dans
le paradis terrestre, sur sa chute, & ses
misères actuelles; le vrai philosophe y
verra quels sont les moyens que nous laissa
la divinité pour rentrer dans notre premier
état. ]... Levez les yeux au ciel, &
voyez.

Quoiqu'on ne puisse rédiger la théorie & la pratique de nos mystères, au point
de les rendre faciles à chacun; il nous est
permis de publier les moyens de se faire
initier dans la classe des élus. Ces moyens
sont une disposition sincère de fuir le mal,
& de découvrir la vérité: croit-on qu'il
soit facile de saisir ce point de vue? Sans
cesse entouré de pièges & de tentations, l'homme ne voit pas le bien où il est;

@

( 104 )
le but où il court n'est qu'une colonne
de fumée, qu'espère-t-il gagner en la serrant
dans ses bras? science de nos jours,
philosophie à la mode, tu n'es qu'une
suite d'erreurs, c'est par toi que l'homme
doit se rappeler qu'il n'est qu'un homme!

La volupté, la mollesse, les plaisirs de l'amour sont les barrières placées entre le
vrai & le faux. Pour parvenir, il faut partir
du bon principe.

Les astrologues & les géographes se servent de points, de lignes & de chiffres
pour faire leurs démonstrations; je ferai
de même. Soit donné un point connu pour
arriver à trois; tirons une ligne de ce
point, & prolongeons la ligne jusqu'à l'arrivée
du but désiré; si la ligne est absolument
droite, nous trouverons trois, si
au contraire elle est oblique, nous formerons
quatre, nombre qui nous donnera
toujours la somme de douze: le cercle
doit son origine aux erreurs de ce genre,
on tourne autour de soi sans pouvoir s'élever.
Ce calcul est un des premiers travaux
des frères de la R: C.:, Cette opération

@

( 105 )
les conduit à tirer les connaissances
les plus sublimes de la théorie des
nombres.

Quelques lecteurs seront encore arrêtés dans les propositions que je viens de démontrer;
elles sont cependant bien claires
& bien intelligibles. Mais je reviens à la
nécessité où sont les adeptes de s'élever
au-dessus des passions & des erreurs du
vulgaire.

Tous les livres des philosophes, ceux des législateurs, commencent par prouver
la nécessité de se dépouiller du vieil Adam
pour mériter les privilèges promis au nouveau.
Ces préliminaires indispensables ont
un but réel; il n'y a tant d'ignorants que
parce qu'on les a méprisés. L'homme, dépouillé
de l'homme, voit les choses bien
différemment; alors la nature se montre
sous un autre aspect; il la suit dans ses
merveilles; elle le conduit dans son laboratoire;
& la végétation, la minéralisation ne sont plus des énigmes.

On voudrait tout savoir sans faire aucun sacrifice: on ne saurait tenir au ciel

@

( 106 )
à la terre en même temps. Je prie cependant
le lecteur de ne point outrer cette
proposition, car, prise à la lettre, elle produirait,
un enthousiaste, un fol, un sauvage,
& non pas un philosophe.

Les excès en tout genre sont dangereux. Portons, pour nous en convaincre,
les regards dans ces sociétés connues sous
le nom de F. M.: La plupart de ceux
qui s'y font introduire n'ont en vue que
quelques plaisirs qu'ils s'y promettent;
d'autres espèrent y apprendre des secrets;
quelques-uns n'y attendent que les plaisirs
de la table.

Trompés dans leur espoir, c'est à des sots qu'on doit l'invention des plates sottises
qu'on débite sur les F. M. Les uns
disent qu'ils s'entretiennent avec le diable,
d'autres soutiennent qu'il n'y a point de
secret, & que cet institut n'est qu'un moyen
pour mettre les hommes curieux à contribution.
J'ai même connu des frères qui
se plaignaient d'avoir été dupes, & de
n'avoir rien appris dans ces sociétés.

Ceux gui se plaignent à cet égard, sont
@

( 107 )
vraiment nés pour les ténèbres. Lorsque
le temple s'ouvre à un profane, on ne lui
parle point, il est vrai, des secrets mais
on lui montre des hiéroglyphes qu'il ne
tient qu'à soi d'étudier. Celui qui a regardé
ces allégories comme ne pouvant
avoir aucun sens, peut & doit cesser de
paraître en loge.

Les allégories d'usage dans la F. M. peuvent non seulement dégoûter quelques
personnes peu faites pour le sublime; elles
sont encore la cause de quelques erreurs
plus préjudiciables à celui qui les embrasse.
Un enthousiaste qui contemple les hiéroglyphes,
les interprète suivant son genre
d'enthousiasme; s'il cherche la médecine
universelle, il en voit la clef dans tout ce
qui s'offre à ses yeux; s'il veut connaître
la transmutation des métaux, il la voit
écrite autour de lui; s'il croit pouvoir conserver
avec les anges, il s'imagine se trouver
au ciel, quand il aura monté l'échelle
de Jacob. Enfin chacun monte son cheval
d'opinion, on prend sa raison sous le
bras, & l'on court la poste dans des terres
inconnues.

@

( 108 )
Ce n'est point ainsi qu'on cherche la vérité. Le philosophe ne se décide à suivre
une route que lorsqu'il soupçonne où elle
doit le conduire: il faut méditer longtemps
avant que de se décider. La vérité existe,
elle est une; trois la démontrent; sept y
conduisent; elle est le produit de neuf...
Autre source d'embarras pour le vulgaire.

Lecteur, qui que tu sois, ne t'abandonne à l'étude des sciences occultes que
pour avoir la satisfaction de connaître le
vrai principe. Aies toujours devant les
yeux les misères de l'homme, ses vertus,
ses vices & son espoir. Je n'ai point écrit
pour t'égarer. Si tu ne vois qu'une simple
fable dans ce livre, abandonne-en la
lecture, il n'est pas fait pour toi. Si tu en
découvres le sens, la vérité sera ta récompense,
mais n'en fais jamais mauvais usage;
n'écoute ni l'intérêt ni l'ambition; le
vrai philosophe n'en a pas besoin.


Fin de la Préface.

@

pict

T A B L E
Raisonnée des Matières contenues dans ce Livre.
(On ne doit espérer de tirer aucun parti de ce livre, si on n'étudie pas cette table avant
que de le parcourir.)

Titre de l'Ouvrage. . . . . . Pag. 1

On ne s'apercevra de la juste dénomination du livre qu'après l'avoir lu avec attention.
Les lecteurs, à la mode porteront sur
cet objet le jugement que bon leur semblera;
j'ose assurer qu'il ne leur appartient pas de
dépriser cet ouvrage.

Introduction. . . . . . . . pag. 3

Fausse opinion du vulgaire sur le nombre des vérités faites pour l'homme. Ce morceau
n'est pas long, ni difficile à comprendre.

Sciences occultes. . . . . . pag. 7

Connaissance de l'homme; vains efforts de quelques-uns; succès de plusieurs. Philosophie
connue Philosophie occulte. Laboratoire
de la nature, avec des portes sûres
pour y pénétrer. Explication des ouvrages

@

110 Table.
écrits par les adeptes, les chimistes & les
philosophes. Cette première partie de ce Livre
est une préparation à l'intelligence de
l'Apocalypse hermétique qui est seule le grand
Livre de la nature. Méthode d'étudier les
anciens & d'expliquer leurs allégories sacrées.
Merveille de la végétation; palingénésie
admirable. Palingénésie des minéraux.
Palingénésie des animaux. Nécessité du calcul:
science des nombres.

Apocalypse hermétique. . . . pag. 24.

Chapitre premier.
Seconde vie de l'homme. Moyens pour sortir des ténèbres. Erreur nouvelle, dont on
est bientôt puni. Construction d'un édifice
qu'on peint sous des ruines dans un style
figuré. Première expiation par l'eau. L'homme
purifié est conduit par un enfant; cet enfant
n'a pas été celui d'un homme. Première
intelligence avec les êtres intermédiaires entre
nous & la divinité, Réflexions sur le nombre
trois; le blanc, le vert & le bleu. Papillon,
ou plutôt messager indicateur; c'est
la correspondance qui nous lie aux autres
animaux, qui ont aussi leur intelligence. Seconde
expiation. On voit les portes; on s'arrête;
on se rend digne d'être initié dans le
temple.

@

Table. 111
Chapitre II.
L'homme remplace un autre homme; marche de la nature. Il fut purifié par l'eau;
s'étant souillé de nouveau, on lui impose un
autre genre d'expiation. Lecture d'un livre
singulier, mais qui est le fruit de l'irréligion.
Le soleil se lève. La porte s'ouvre. L'aspirant
est entouré d'armes. Il fut dépouillé
pour le vêtir autrement. Repas qui ne se fait
qu'une fois par an; bruit qui se fait pendant
qu'on se nourrit du pain de vie.p. 31.

Chapitre III.
Allégories qui représentent les plus hauts mystères; elles portent elles-mêmes leur explication.
Curiosité punie par une faiblesse; image
des désordres de l'amour. Chambre de
pénitence. Autel des sacrifices; livre qu'on
ne lit pas encore. Quatrième degré d'expiation.
p. 33.
Chapitre IV.
Fureur des éléments producteurs & destructeurs des formes. Animaux utiles à l'homme;
combat nécessaire. Nouvelle apparition
du guide céleste, preuve d'un grand sacrifice
connu par quelques peuples. Serpent utile;
secret de la médecine. p. 37.

@

112 Table.
Chapitre V.
Escalier à sept marches; c'est de là qu'on voit les erreurs & les vains efforts de l'ignorance.
Soldat armé; combat dont le succès
n'est pas douteux pour l'homme courageux;
le fanatisme & la superstition tombent
sous les coups du juste. Baume nécessaire
aux aspirants; c'est de là qu'est venu
l'usage de se frotter le front, les mains, &c.,
dans de certaines circonstances. Manteau
retrouvé. Nouveau départ du guide céleste,
représenté sous la figure d'un enfant. On
voit les sept portes; on frappe, efforts inutiles.
pag. 40
Chapitre VI.
Arrivée des profanateurs du temple; innocent mis à mort: peinture de nos moeurs.
Les deux colonnes. Mystères & bijoux passant
de main en main, & changeant de
maîtres sans changer d'usage. Réception, grade
sublime. Marche du nouvel homme. Rencontre
du lion vert. Travaux du grand
oeuvre. Allégorie du figuier; enlèvement de
trois figues disputées par un oiseau de proie,
l'emblème de celui qui ne cherche la vérité
que pour en abuser. Découverte d'un nombre
utile. Plumes nécessaires dans un autre
temps. pag. 42.
Chapitre
@

Table 113
Chapitre VII. Palais enchanté, source d'erreur, vils désirs de l'homme; cette allégorie peint l'enthousiasme
& les folies des faux adeptes qui
ne travaillent que par avarice. Les neuf colonnes
formées par la dépouille du méchant;
elles sont cependant la base du vrai temple;
on lit des inscriptions utiles; une seule ne
s'explique que par la réussite du grand oeuvre.
Les colonnes tombent; la saison change;
& l'étoile indique par sa marche la route
qu'il faut suivre. Carrière connue, mais peu
courue. Chute du voyageur. Passage de la
voûte. Résurrection du vieillard mis à mort
en commençant l'oeuvre. Chandelier à sept
branches, c'est lui qui porte la lumière à tout
le globe; son influence agit sans cesse. Autre
calcul des nombres connu. Invention du
compas; usage & vertus des signes du zodiaque.
p. 47.
Chapitre VIII.
Habitation du Soleil; on s'entretient avec des êtres tout à fait dégagés de la matière.
Le nouveau reçu montre son manteau
qu'il avait dans un autre temps réduit en
cendres. On entre dans un laboratoire de
chimie; mais on n'est admis à la pratique
de l'art, qu'après d'autres expiations. Epreuves
du sang, qui n'est pas suffisante.p. 50.
H
@

114. Table.
Chapitre IX.
Connaissance de tous les astres. Le grand Livre s'ouvre. Épreuve terrible pour être
initié en entier. Épreuve du mercure. Oubli
de ses devoirs; le feu s'éteint dans le laboratoire;
nouveaux embarras, nouveaux soins;
un instant de perdu coûte la peine de recommencer.
Le grand oeuvre s'avance; les planètes
prennent leur place. Épreuve du feu,
expiation non moins nécessaire que les précédentes.
Formation d'un nouvel homme.
Produit du travail; vérité découvertes.p. 51.

Commentaires de l'Apocalypse Hermétique. . . . . . . . . . . . . . . p. 56.
Cette partie de l'ouvrage a été publiée pour rendre l'Apocalypse, plus intelligible.
On y explique les écarts de quelques alchimistes,
& les livres de quelques philosophes.
Interprétation de Swedenborg, de Moïse & de l'opinion des Martinistes. Eclaircissements
nécessaires pour l'intelligence des livres
qui traitent des sciences occultes.

Le Langage des adeptes, ou Dictionnaire de philosophie occulte. p. 66.

Les philosophes ayant pour la plupart fait usage d'un langage particulier, il faut

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Table. 115
un Dictionnaire pour aider ceux qui se destinent
à l'étude des sciences occultes.

Extrait d'un manuscrit arabe. . p. 89.

On dévoile dans cet extrait quelques secrets pour les personnes qui ne pourront
pas parvenir à la connaissance des hauts
mystères. On peut se convaincre par expérience
de la certitude des recettes qu'on y trouve.

Préface, ou Post-face. . . . . p. 100.
On donnera le nom qu'on voudra à cette partie du livre qu'on a cru devoir mettre la
dernière; il suffit d'annoncer au lecteur qu'elle
est aussi utile que les autres, & qu'elle sert
de même de commentaire à l'Apocalypse hermétique.


F I N.
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