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Réfer. : AL0020
Auteur : Anonyme.
Titre : L'aurore à son lever.
S/titre : traduction et préface Bernard Gorceix.

Editeur : Arma Artis. Neuilly sur seine.
Date éd. : 1982 .




**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****



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L'AURORE A SON LEVER
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La vraye Chimie... suit pas à pas
le train de l'évangile.

Hesteau de Nuysement, « Traittez du Sel et de l'Esprit du Monde, La Haye, 1639, p. 97.
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Editions ARMA ARTIS
B.P. 236
92205 NEUILLY sur SEINE CEDEX

c ARMA ARTIS
Tous droits réservés pour tous pays.
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l'aurore
à son lever
%
traduction et préface Bernard GORCEIX

Arma Artis
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« Qu'elle est celle qui surgit comme
l'aurore, belle comme le lune, resplendissante
comme le soleil...?

Cantique des Cantiques, 6, 10.
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PROLOGUE
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Le texte en prose poétique, que nous présentons ici et que nous
traduisons du latin et de l'allemand,
se situe au carrefour de deux drailles
fort originales de la transhumance
spirituelle: la tradition alchimique
et la tradition sapientiale. Le culte
de la Sagesse divine, après avoir
fleuri en Egypte et en Mésopotamie,
s'épanouit dans l'Ancien Testament.
Les livres dits sapientiaux,
des Proverbes à l'Ecclésiastique,
dégagent la transcendance de l'amie,
« comme une épouse de Dieu »:
elle participe à la nature divine;
elle préside à la création et au
gouvernement du monde; elle guide
le croyant. Aussi bien les Eglises
d'Orient que les mystiques d'Occident
préservent et développent
les intuitions de l'hypostase qui,
dans les Evangiles, s'incarne en

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- II -
Jésus. Citons seulement ici: les
commentaires de Maître Eckhart
et de Suso; la théosophie de Jacob
Böhme, la mystique baroque allemande;
les sophiologies du XIXe
siècle.
Il est remarquable qu'une seconde tradition, dont les origines remontent
pour une part également à
l'Egypte, hellénistique du moins,
noue des liens très étroits avec la
vénération de Sophia. Lorsque l'alchimie
en effet, aux XIIe et XIIIe
siècles, passa, grâce aux Arabes,
de l'Orient à l'Occident, du Midi
au Nord, elle sut très vite s'enrichir
des éléments les plus féconds
de l'orthodoxie chrétienne. Un des
témoignages les plus précieux et les
plus précoces de cette rencontre, de
cette symbiose, de cette osmose,
nous est donné par un petit traité
alchimique qui porte un double
titre: L'Aurore à son lever, et:
Aurore, heure d'or. Le traité date
selon toute vraisemblance de la
deuxième moitié du XIIIe siècle.
Dans deux manuscrits, et dans
l'édition originale, le texte est
attribué à Thomas d'Aquin.

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- III -
L'Aurore ne nous conquiert pas seulement par sa spiritualité. Elle
est aussi un beau texte littéraire.
Sur un ton savamment orchestré
de célébration hymnique, et par
l'emploi du récit allégorique, l'anonyme
fait alterner, en une chrestomathie
habilement programmée, les
passages scripturaires et les extraits
d'oeuvres alchimiques. Le parallèle
est constant entre les deux structures,
l'alchimique et la sapientiale.
L'auteur signale clairement
son intention; sept chapitres sur
douze se concluent par un bref
épilogue dont voici l'ouverture:
« Que celui qui a des oreilles entende
ce que dit l'esprit de la doctrine aux
fils de la discipline ... » Le sens ne
fait guère de doute: la « doctrine »
désigne le dogme et l'enseignement
chrétiens; la « discipline » désigne
l'alchimie, que l'auteur nomme également:
« philosophie », ou encore:
« science de la nature ».
Quelques mots tout d'abord, nécessaires, à propos de l'histoire du texte,
de sa datation et de son attribution,
de sa composition et de son titre.

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- IV -
A la différence de nombreux traités alchimiques,.l'Aurore eut un
destin relativement secret: nous
ne la consignons pas d ans les grand es
anthologies du XVIe au XVIIIe
siècles. Nous n'en possédons qu'un
imprimé, avant l'époque moderne,
celui de Johannes Rhenanus à
Francfort en 1625. Le silence
ne signifie pas l'oubli. L'éditeur
de la célèbre anthologie bâloise de
la fin du siècle de Paracelse, l'Artis
Auriferae ..., Conrad Waldkirch,
que connaissent tous les amateurs,
publie seulement . un commentaire
filandreux; motif invoqué: il refuse
de reproduire ce qu'il appelle sans
ambages « une profanation des mystères
chrétiens »! La rareté des
imprimés est compensée par une
tradition manuscrite relativement
riche: La Bibliothèque Nationale
de Paris possède une belle copie
du XVe siècle vraisemblablement,
très soignée, très lisible, en provenance
de la bibliothèque de l'abbaye
de Saint-Germain-des-Prés; il existe
également des manuscrits de l'Aurore,
complets ou fragmentaires, à
Vienne, Venise, Zurich, Leyde, Bologne,

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CHAPITRE PREMIER

TRAITE DU BIENHEUREUX THOMAS D'AQUIN:
L'AURORE, HEURE D'OR DEBUT DU TRAITE INTITULE: L'AURORE A SON LEVER
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Avec elle, avec la Sagesse du Midi, me sont venus tous les biens, avec
cette Sagesse qui crie par les. rues,
qui sur les places publiques élève sa
voix, qui au milieu de la cohue clame,
qui sur le seuil des portes de la ville
discourt ainsi : « Venez vers moi,
acceptez l'illumination, et rien ne
troublera vos opérations. Vous tous
qui me désirez, vous serez comblés
de mes richesses. Venez donc, mes
fils, écoutez-moi, c'est la science de
Dieu que je vous enseignerai ».
Quel sage comprend cette Sagesse,
dont Alphidius dit que les hommes,
que les enfants la frôlent sur les
chemins, sur les places, que quotidiennement
les bêtes de somme,
les troupeaux la piétinent dans les
immondices? Senior écrit : « Rien
n'est plus vil d'aspect, rien plus
précieux de nature. Dieu lui-même

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- 2 -
a refusé qu'on lui fixât un prix ».
D'elle Salomon veut faire sa lumière,
quand il la place au-dessus
de toute beauté et de tout salut.
Il ne l'a pas comparée aux vertus
de la pierre précieuse; tout or, par
comparaison, n'est que sable médiocre,
et l'argent n'est que boue.
Ce n'est pas sans raison: son acquisition
est préférable au trafic de
l'argent et de l'or le plus pur; son
fruit est plus précieux que les richesses
du monde, et rien de ce que
tu désires ne lui est comparable.
Sa droite recèle longévité et santé,
sa gauche gloire et richesses infinies.
Ses voies, de belles et louables
opérations, ni méprisables, ni difformes.
Ses chemins ne se hâtent
point: ils ont la lenteur et l'assiduité
du labeur qui persévère. Elle est
arbre de vie: lumière perpétuelle
pour ceux qui l'appréhendent. Qui
la détient détient le bonheur, car
la science de Dieu jamais ne périra,
comme en témoignent les propos
d'Alphidius: « L'inventeur de cette
science aura nourriture légitime
et sempiternelle ». Quant à Hermès
et les autres, voici ce qu'ils affirment:

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- 3 -
un homme qui détiendrait
durant une vie de mille ans cette
science, et qui chaque jour devrait
nourrir sept mille hommes, jamais
ne connaîtrait le manque. Senior
le confirme: « Etre aussi riche
que le possesseur de la pierre d'où
l'on tire le feu, c'est pouvoir donner
ce feu à qui le désire, dans la quantité
désirée et au moment désiré,
sans la moindre privation ». Aristote
exprime des souhaits identiques
dans son deuxième livre sur l'âme:
« Tous les corps constants par nature
sont limités dans leur volume et dans
leur croissance; le feu, quant à lui,
croît à l'infini, pour peu qu'on le
nourrisse ». Heureux l'inventeur de
cette science, celui vers qui afflue la
prudence de Saturne ! Sur tes
chemins, songe à elle, elle conduira
tes pas. Senior dit : « Le sage la
comprend, celui dont le jugement
est subtil et ingénieux, pour peu
que le traité sur les agrégations
clarifie les esprits. L'esprit s'anime,
il suit son désir: heureux qui réfléchit
sur mon propos ». Salomon
ajoute : « Mon fils, fixe-la à ton
cou, inscris-la sur la tablette de

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- 4 -
ton coeur, et tu trouveras. Dis à la
Sagesse: « Tu es ma soeur, et donne
le nom d'amie à la prudence! » La
réflexion à son propos est un
acte parfaitement naturel, un acte
subtil qui la porte à la perfection.
Celui qui lui consacre ses veilles
vite sera à l'abri du souci. Claire
elle est pour ceux qui détiennent
l'intelligence: jamais elle ne fane
ni ne passe. Facile elle paraît à
qui la connaît, car elle s'enquiert
elle-même de ceux qui en sont
dignes, tout à l'entour, car elle
leur apparaît dans la joie par tous
les chemins, elle les devance de
toute sa prévoyance. Son prologue,
c'est la nature la plus authentique,
la nature qui ignore la fraude.

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DEUXIEME CHAPITRE

CE QU'EST LA SAGESSE
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Si donc trônes et sceptres des rois vous plaisent, pour éternellement
régner, aimez tous la lumière
de la science, et poursuivez les
recherches, vous tous qui vous
distinguez par votre connaissance
de la nature. C'est pour vous que le
sage scrute la Sagesse de tous les
anciens: ses loisirs, il les consacre
aux prophètes. Il pénètre aussi
dans les détours des paraboles,
il cherche le sens caché des proverbes,
il se préoccupe du secret
des paraboles. Or, ce qu'est la
science et comment elle est faite,
je vous l'exposerai sans rien vous
cacher: elle est un don, un sacrement
de Dieu, une chose divine
que les propos symboliques des
sages cachent de mille manières.
Aussi mettrai-je sa science en lumière,
aussi ne fuirai-je pas la vérité,

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- 8 -
aussi refuserai-je de faire route
avec l'envie qui dessèche. En effet
j'ai suivi ses traces depuis l'origine,
en ignorant cependant qu'elle était
la mère de toutes les sciences, elle
qui me précédait. D'innombrables
dignités elle m'a fait don, elle que
j'ai apprise sans rien feindre, elle
que, sans envie, je communiquerai,
sans dissimuler la vérité. Pour tous
elle est un inépuisable trésor, que
dissimule son inventeur, en s'écriant
dans la joie: « Jérusalem, réjouis-
toi, vous tous qui m'aimez, assemblez-vous,
entrez en liesse, car le
Seigneur Dieu a eu pitié de ses
pauvres ». Senior lui aussi dit:
« Il est une pierre sur laquelle le
connaisseur pose les yeux, une pierre
surtout qu'il évite de jeter aux
ordures. Cette médecine chasse le
dénuement, pour l'homme, après
Dieu, elle est la meilleure ».


**** A T T E N T I O N ****

Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.

**** A T T E N T I O N ****



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TABLE DES MATIERES

Prologue I-XLIV
Chapitre 1 .................... 1
Chapitre 2 .................... 7
Chapitre 3 .................... 11
Chapitre 4 .................... 15
Chapitre 5 .................... 19
Chapitre 6 .................... 23
Chapitre 7 .................... 31
Chapitre 8 .................... 37
Chapitre 9 .................... 43
Chapitre 10 ................... 55
Chapitre 11 ................... 67
Chapitre 12 ................... 75

Table des matières. ........... 83

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Imprimé en France. Imprimerie Jouve, 18, rue Saint-Denis, 75001 Paris. N° 9780. Dépôt légal: Février 1982.
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