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Réfer. : AL1301
Auteur : Lintaut.
Titre : L'aurore, L'ami de l'aurore.
S/titre : Notes et introduction Bernard Biebel.

Editeur : Guy Tredaniel.
Date éd. : 1978 .




**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****



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L'A u r o r e,
suivie de
L'A m i d e l'A u r o r e

du docte HENRI DU LINTAUT sieur de Mont-Lion Docteur en médecine
avec 15 planches et 5 hors-texte
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Il a été tiré de cet ouvrage 2000 exemplaires numérotés de 1 à 2.000
Exemplaire N°
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Oeuvre Chimique

du docte Henri de Lintaut

L' A u r o r e suivie de
L' A m i d e l' A u r o r e

notes et introduction Bernard Biebel
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GUY TREDANIEL EDITIONS DE LA MAISNIE 19, rue du Val-de-Grâce 75005 PARIS
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CHEZ LE MEME EDITEUR
Oeuvre chimique, de Bernard le Trévisan.
Oeuvre chimique, de Geber.
Alchimie et Révélation chrétienne, par Séverin Batfroi.
Sainte Anne d'Alchimie, par Guy Béatrice.


DU MEME AUTEUR
Opuscule de la philosophie naturelle des métaux, de Denys Zécaire,
éditions de la Violette. Le Jardin des Richesses, de Georges Aurach, éditions Arma Artis.
La Génération et Opération du Grand Oeuvre, éditions R. Faloci.



(C) 1978, Guy Trédaniel, éditeur.
19, rue du Val-de-Grâce.
75005 PARIS.
USBN 2-85-707-025-X.

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A mon père:
Toedliche Lust.
Woran du nur Last hast, da ist Gott nicht verlohren Woran du nun hast, da ist der Tod gebohren.
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INTRODUCTION



« L'eau est un sujet pro- pre et convenable, sur quoi le feu ou esprit puisse é- tendre son action: aussi il l'a élue pour son domicile et demeure. »
(Blaise de Vigenère. Traicté du Feu & du Sel. Paris 1618.)


« Ce volume contient différents manuscrits sur l'alchimie assez mal écrits, mais que j'ai lieu de croire curieux. Ils ont appartenu
à Monsieur Hellot. »
« Le volume entier est de Linthault, son titre est l'Aurore, le même auteur a fait un commentaire sur le trésor des trésors de
Henri de Gamon (1). »
Telles sont les deux notes, -- l'une de monsieur Antoine-René Voyer, marquis de Paulmy d'Argenson, et l'autre de son secrétai-
re --, figurant au dos de la page de garde du manuscrit de l'Au-
rore.


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(1) La première des deux notes est du secrétaire de monsieur de Paulmy, tan- dis que la deuxième est tracée de la main même du marquis.

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Cet élégant volume, -- relié en plein veau fauve à tranches do- rées, et orné de fins filets d'or --, ne porte, en réalité aucun ti-
tre; seule, une stance dédicatoire (sur l'Aurore du sieur Henri de
Lintaut) signée Christ. de Gamon (Christofle de Gamon) et occu-
pant le folio D, laquelle accompagnée du titre de la deuxième
partie de l'ouvrage (L'Ami de l'Aurore) nous le laisse entendre.
L'Aurore, donc, suivie de l'Ami de l'Aurore, constituent un manuscrit, -- de 91 feuillets écrits dans la seconde partie du XVIIe
siècle --, conservé à la bibliothèque de l'Arsenal sous le numéro
3020.
Nous avons soigneusement recherché dans l'histoire de la bi- bliothèque de monsieur d'Argenson, l'origine de ce merveilleux
volume; mais la seule indication que nous pûmes obtenir, malgré
notre acharnée recherche, regarde son acquisition.
En 1766, fut vendue la bibliothèque de Jean Hellot, membre de l'Académie des Sciences. Ce savant mourut au commencement
de l'année, et dès le mois d'avril sa collection fut dispersée. Son
catalogue comprenait deux mille cent vingt volumes; la partie re-
gardant les Sciences, y étant fort importante. Monsieur de Paulmy
y fit faire des achats, mais nous n'avons reconnu avec certitude
que quatre de ces manuscrits venus de cette source: les numéros
2520, 2824, 2825 et 3020, qui sont tous des traités d'Alchimie. Il
est probable que d'autres ouvrages du même genre, qui se trou-
vent à l'Arsenal, ont appartenu à cet académicien, notamment le
manuscrit 3026 (2) qui, vraisemblablement, est le numéro 1815 de
monsieur Hellot. Mais cette origine n'est pas prouvée.
La vente des livres de feu monsieur Hellot, -- qui fut l'un des plus habiles chimistes et des plus illustres membres de l'Académie
royale des Sciences, à qui devons-nous la connaissance du phos-
phore de Kunkel --, commença le jeudi vingt-quatre avril à qua-
torze heures, rue d'Anjou, dans le quartier du Marais. Ainsi, le
lundi douze mai mille sept cent soixante-six furent vendus les ou-
vrages numérotés de 1776 à 1855 inclus, notre Aurore y figurant
sous le numéro 1809; ouvrages relatifs aux Sciences et Arts.


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(2) Le manuscrit référencé sous ce numéro, est composé de deux traités d'Alchimie: la nature à découvert par le chevalier inconnu, suivi de L'Ecole
transmutatoire des philosophes, par Planis Campy.

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Page du manuscrit de l'Aurore conservé aujourd'hui à la bibliothèque de l'Arsenal sous le n° 3020

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Tout ce que nous entreprendrons donc, remontant le temps à l'affût de quelque trace, se montrera vain et inutile. Et puis, à
quoi bon cette sophistication intellectuelle, ce besoin inofficieux de
savoir à qui appartint ceci, et à quelle date. Ce n'est que perte
inutile d'un précieux temps, l'Alchimie, -- Grande Dame ne se
laissant facilement conquérir --, demandant une vie entière d'étu-
de et de travail assidu.
Nous dirons donc, et ceci objectivement, que Henri du Lintaut composa son Aurore après mille six cent dix, date à laquelle fut
imprimé son commentaire sur le Trésor des Trésors de Christofle
de Gamon (3). Une note paraphée, -- de la plume de Du Lin-
taut -- située à la fin du Discours bref sur la main des Philoso-
phes -- affirmera notre proposition:

« Afin donc de suivre l'ordre, nous commencerons par le vulgaire, lequel est l'entrée et la première clef de la Science, comme nous avons suffisamment prouvé en nos com- mentaires sur le Trésor des Trésors du sieur de Gamon. »
L'écriture peu soignée, résultant d'une calligraphie assurément rapide, ainsi que les figures d'exécution naïve, concourent à nous
faire tenir pour les minutes de l'auteur, le présent volume; le
philosophe aura sans doute préféré que son traité ne parusse
point.
Nous nous rappelons, encore aujourd'hui, notre premier con- tact avec le précieux texte, se montrant, en regard de l'écriture,
rebutant et indéchiffrable. Nous prîmes, tout premièrement, le
soin d'étudier l'écriture, analysant trait par trait, la façon dont
l'Adepte traça ses lettres, nous familiarisant, au bout du compte,
avec la calligraphie, et, surtout, avec la forme.
Il ne nous aura pas fallu moins d'une année, pour réaliser notre décision: déchiffrer entièrement ce texte; mais bien plus
d'une fois s'installa l'envie de renoncer, à laquelle aurions-nous


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(3) Commentaire de Henri de Linthaut, sieur de Mont-Lion, docteur en Mé- decine, sur le Trésor des Trésors de Christofle de Gamon, revu et augmenté par
l'auteur. A Lyon, chez Claude Morillon, imprimeur de Madame la Duchesse de
Montpensier. 1610, avec privilège du Roi.

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plié, si, dans le moindre recoin de notre chef à penser n'étaient
encore encrées les graves paroles de notre défunt père (éprouvant
envers l'Aurore et son créateur, une gracieuse sympathie, une
grande obligation envers ce don inouï) disparu -- à notre gré --*
bien trop tôt, laissant, pour nous, un millier de notes tirées de sa
plume, un travail appliqué et resté inachevé.
Quelle douleur funeste ! Inexorable perte, pour un jeune être que celle de son père ! Jamais, de notre mémoire, ne s'effacera
l'image de cet homme, entièrement retranché de l'ignoblerie du
monde extérieur, ne vivant que pour le seul bénéfice de la con-
naissance, ayant abandonné pour toujours le besoin imbécile des
plaisirs terrestres. De lui avons-nous reçu, très tôt, l'enseignement
de certaines recettes spagiriques, que nous pratiquions à ses côtés,
apprenant ainsi à manipuler et nous familiariser avec les instru-
ments du laboratoire. Toujours garderons-nous son image, portant
avec soi la désolation, ainsi que le son de sa voix profonde lors-
qu'il nous parlait:

« Vois-tu, je ne pense pas que ce cher du Lintaut ait pu ja- mais envier aucun des philosophes, son Aurore se montrant un véritable puits de science; et qui possédera la deuxième partie de son traité, aura de quoi travailler à ses fins sans qu'il ne lui soit besoin d'autre ouvrage. Mais hélas, vu l'état dans lequel j'ai trouvé son manuscrit, il me semble peu pro- bable qu'on y parvienne un jour. »
Il est certain, que sans ce ressouvenir du passé, l'échec eut été de la partie; mais quelle motivation celle guidée par le sub-
conscient d'un individu ! Ce désir manifeste, argumenté par la
seule matérialisation de l'image consciente, allié au solide lien
qu'est la FOI, celle qui guide l'individu au travers du pénible dé-
dale, surmontant l'obstacle dangereux de la mélancolie, réparant
le dommage de l'erreur tragique et rallumant le désir incompara-
ble d'aboutir ! Voici, maintenant, plus de deux années qu'est en
notre possession la copie manuscrite -- élaborée de notre dex-
tre -- sur laquelle le temps usé à l'étude ne se compte plus. Mais,
bien que d'aspect direct et sympathique, et d'un sens dédié au se-

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L'A u r o r e du Docte
H e n r i d u L i n t a u t

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SONNET SUR L'EXCELLENCE DE LA DIVINE PHILOSOPHIE

Qui voudra conquérir cette gloire du monde Devienne Philosophe et il en jouira Car la philosophie en tout le conduira, Au comble des vertus dont la nature abonde De lui la nuit d'erreur où vainement se fonde L'aveugle opinion elle dissipera Et de la vérité le jour éclaircira L'esprit Le tirant hors du corps de la machine ronde, corporel Donc lui faisant voir ce bien tant désiré du monde Des Sages anciens, qui rend l'homme assuré, De vivre bien heureux plus qu'on ne saurais croire, Et lui montrant encore qu'à ce prix les auras D'autres biens ne sont rien, tout cela n'être pas Du monde universel; avoir l'honneur et gloire.
Comme le beau lever de la vermeille Aurore Ote le voile ombreux vide aérien, Découvrant peu à peu le globe terrien, Par ses rayons dorés dont le ciel elle honore. Aussi quand la clarté du haut le savoir décore, L'esprit développé du brouillard ancien, De vulgaire doctrine, il voit tout et n'est rien Tant secret peut-il être au monde qu'il ignore D'imposture et d'erreur la tombe le refuit Comme font les Hiboux, le Soleil chasse nuit. Et ne peut supporter l'ardeur de sa science, Il marche à sa main dextre ayant longueur de jours, Richesse et honneur en la gauche, et toujours Suit pour guide assuré l'astre de Sapience.
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SUR L'AURORE DU SIEUR
HENRI DE LINTAUT: STANCES

Belle Aube Dieu te garde, Dieu te garde, belle Aurore, Qui de tes doigts rosés, posant un riche atour Sur ton chef blondoyant que mainte perle honore, Fais sur notre horizon reluire un nouveau jour !
Mille petits Zéphyrs, qui du pourpre agréable De ta divine bouche, halènent gracieux, Dissipent de notre air un amas effroyable De nuages obscurs qui nous *sillaient les yeux.
Ceux des âges passés, qui par dessous maints voiles Chiches, faisaient paraître une morne clarté, Sentant à ton beau jour libérer leurs étoiles Cachant pour jamais leurs sombres obscurités.
Du bord de l'orient tu nous tends charitable Une brillante main qui nous soulève aux Cieux, Et nous baille la clef, qui seule et véritable, Ouvre les magasins de tes biens précieux.
Des doigts étincelants de cette main sacrée, Passent de ceux des Rois les gemmeuses beautés, Car de leurs clairs joyaux la lumière dorée Sont des astres luisants les insignes clartés.
Mon docte de Lintaut qui le monde redore, De ces siècles derniers le Phoebus non pareil Est le Soleil brillant qui fait naître l'Aurore. Et toi belle Aurore enfantant le Soleil
Mais puisses-tu longtemps nous ravir d'allégresse, Etre aux Sages lumière; aux fous obscurité, Et puisse en ton Auteur, un comble de liesse Disputer la victoire avec l'Eternité.
Christ. de Gamon.
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ORAISON
O Dieu tout puissant puisqu'il t'a plu par ta bonté Infinie nous révéler ce Saint et admirable Se- cret de la nature, nous te supplions très humblement qu'il te plaise ne nous laisser tant enivrés de tes biens et aveugler en ces ténèbres mortelles qui nous estimions d'être parvenus à ce grand et merveilleux effet de n'avoir pas notre seul labeur et capacité sans connaître que tu nous l'as révélé, et si tu ne nous eusses poussés et élevés nos *loeurs à toi et fait la grâce de nous le communiquer par ton Saint Esprit que nous n'y eussions jamais atteint ne nous permettez aussi de nous tant enorgueillir, que nous osions seulement penser que ce bien soit venu de nous, par ce que notre condition est tant imbécile, que nous sommes totalement indignes, mais fais nous reconnaître que nous fussions toujours demeurés en ténèbres sans pouvoir parvenir à cette Connaissance, ni Jouir des merveilleux effets de cet admirable Secret, si par ta pitié coutumière tu ne nous eus Il- luminés des rais de ta Divine clarté, veuillez aussi à ton fils très puissant que jouissant de trésors incro- yables de cette grande Science et en nous maintenant sains et dispos par ses vertus merveilleuses nous ne venions à perdre notre esprit et qu'enflés de vaine gloi- re nous ne nous élevions si haut que blasphémant contre ta Sainte majesté nous pensions plus n'avoir à faire de toi vivants sans aucune nécessité, ainsi que font les superbes glorieux qui en leur prospérité ne reconnaissent ta grandeur et ta majesté s'ils ne tombent en extrême nécessité, au milieu desquelles désespérés de ton salut, et voyant que ne leur peut venir secours que de ta seule puissance pour le der- nier refuge invoquent ton Saint nom pour les déli- vrer des misérables calamités qui les oppressent, mais au contraire fait nous cette grâce qu'au milieu de tant de prospérités et d'abondants trésors que tu nous as départis par ton Incroyable largesse à toute heure, de Coeur et de bouche nous reconnaissions les
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avoir reçues de ta main, afin que nous t'en rendions sans cesse louange et gloire, ayant toujours cela de- vant nos yeux, que tout ainsi que tu as créé en un moment toutes choses de rien, tu peux aussi en un clin d'oeil réduire tout en rien et nous dépouiller de toutes ces copieuses richesses et effacer de notre mé- moire cette Divine Science, laquelle toutefois notre Dieu, nous vous prions de nous conserver, finale- ment nous maintenir en la jouissance des très abon- dantes richesses de cette Sainte Science, nous faisant la grâce de les employer à ton Saint Service, et se- lon tes saints Commandements, en Aumônes, à nourrir et vêtir les pauvres, à délivrer les pauvres Chrétiens esclaves d'entre les mains de ses ennemis et en défendre les pauvres veuves et orphelins, et entre autre chose notre Dieu, qu'il te plaise prendre ce livret en ta sainte protection afin qu'il ne tombe entre les mains des maudits vicieux et ambitieux qui ne de- mandent les richesses que pour appauvrir les simples gents, et entretenir leurs damnables voluptés, mais fait le tomber en mains de tes serviteurs qui en sau- ront user selon ta sainte Volonté et qu'ils nous ai- dent à chanter tes louanges et émerveillements, par ton fils notre Seigneur Jésus Christ qui est l'Unité du Saint Esprit, vit et règne avec toi es siècles;
Ainsi soit-il.
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D.O.M.A. (1)
DE L'ANTIQUITE MAJESTE, NOBLESSE ET UTILITE DE NOTRE DIVINE ET SACREE PHILOSOPHIE

Celui qui par l'assistance Divine a son ange tant favorable et son Ciel si bien disposé et propice de découvrir ce vrai Toison d'or et Science Royale, n'avouera pas que l'origine d'icelle se doive répéter d'un Aros, d'une Marie Prophétesse, ou de Hermès trismégiste etc. Certainement il sera contraint de confesser avec moi, qu'il nous faut monter plus haut rechercher un nouveau rapport par lequel nous puissions loger la première source de cette rivière, se fondant en plusieurs ruisseaux de tout féconds et regorgeant de rares et braves secrets, lesquels étant comme sans fin, ne peuvent avoir été reconnus que par ceux qui ont été doués d'une longue vie et saine; comme Adam, Henoch, mathusalem et aucuns de leurs suc- cesseurs. Car ceux-ci: ayant été en doctrine en la connaissance de la lumière de la nature par le père même de la lumière, ont sans doute eu la parfaite connaissance de ce bel art ou Philosophie: laquelle sitôt que le venin conçu d'Adam et laissé pour hé- ritage à sa postérité, commence à enfanter mille pé- chés et vices exécrables, commençant alors ainsi à s'étendre, perdit son beau lustre et enfin d'être plongée en ces ténèbres où nous la voyons aujourd'hui enveloppée. Adam donc notre pre- mier père ayant été instruit de Dieu en toutes Scien- ces, a été le premier très savant en cette principale partie de la Sacrée Philosophie, car comment eut-il

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(1) Ces quatre lettres, que nous retrouverons en tête de la presque quasi-* totalité des chapitres, sont les initiales des mots latins: Deo Optimo Maxima;
louange dédicatoire se traduisant par: A Dieu très bon et très grand.

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sommeillé en l'universel pouvoir que la très savante nature, laquelle comme unique physionomiste remar- qua, et toute notre troupe animale que Dieu mit de- vant lui, leur imposant à chacune son nom selon l'instinct qu'il voyait au centre intérieur de leur coeur, et comme vrai juge savant connaissait et pro- nonça le courage du lion, la cruauté du tigre la vo- racité du loup, vitesse du cerf, et ruse du renard et je n'eus alors su juger le naturel des métaux leur pouvoir et ce à quoi Dieu les avait destinés ? Ce qu'on pourrait tirer d'eux pour parvenir aux misères dont nature et toutes créatures se menaient déjà avec toute la postérité ? Celui qui se tût qu'il fut exilé de ce bienheureux séjour de Paradis su de bonne heure prévenir à la faim le chaud et le froid par les états qu'il enseigna à Caîn et Abel eu été si négligent de ne se pourvoir des remèdes contre les fâcheux assauts et minantes invasions des maladies. Et celui qui entre tous les animaux choisit aussitôt la partie propre pour la commandée propagation de son espèce eut manqué à l'élection antidotaire et mé- dicinales meilleures, les ignore entre la vertu minérale végétale et animale. Peut-être que non ! mais nulle- ment jaloux de sa progéniture, la voulant créer (com- me Esaü fit à Jacob) tous les droits dus à sa race, et ainsi la reléguer jusqu'au temps d'Hermès tris- mégiste ou de Job, lequel comme nous dit son livre n'a pas été ignorant en la Génération des métaux quand il allègue:
Job « Habet argentum venarum suarum principia 2 cl. 2. 1. (egressus suos) Et Auroloeus est quo conflutur. Fer- rum de terra tollitur, et lapis (solutus) in oes vertitur (conflatur et oes effonditur). »
Il y a de l'apparence: car il ne l'eût pu faire si le dit Adam n'eût enseigné cette Science à ses en- fants, et ceux ci à leurs fils, et aussi descendu par Caba- le jusqu'à cet excellent personnage Hermès le trois fois grand, lequel premier a commencé de la prati-
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quer, ne se voulant, y peut être ses devanciers (Sa- ges) comme Hénoch et d'autres, amuser à un si petit Genesis exercice, mais avec Youbal enseigner à chanter faire 4-17 de la cithare et violons, ou avec Youbal Caïn apprendre 21-22 toute sorte d'ouvrages par la *malléation du cuivre et du fer (2): ce serait trop attribuer à ce premier hom- me fraîchement fait et continuellement fomenté d'une vive resouvenance de l'être qu'il avait devant sa chute, avait tout su: non; mais il avait fait plutôt cela attribuer à la déclinante perfection ar- rêtez-vous la dessus; quant à moi, quittant du tout l'envie et en disputer, aime mieux croire: que non de l'extérieure connaissance, mais de l'Intérieur d'Adam (3) procède notre Philosophie, tant la prati- que Théorie, de façon que Dieu créant les semences végétatives minérales et animales avec leur vertu pro- pagative infinie, infusa aussi en icelui la semence Généralissime de toutes Sciences, laquelle les surve- nants ont relevé de lui, et nous relevons d'eux. Ne

(2) La Genèse nous rapporte dans l'histoire de Caïn et de ses descendants que Youbal, -- frère de Yabal -- fut le père de tous ceux qui manient la lyre.
L'ancêtre des musiciens, -- ceux qui pratiquent l'Art de Musique --, Youbal (de
qui se rapproche le mot hébreux Yöbél) désigne le bélier. C'est au son de la cor-
ne de bélier, -- jadis utilisée en guise de cor ou trompette -- qu'était annoncée
l'année jubilaire.
Toubal-Caïn, est le père de tous ceux qui travaillent le fer et le bronze. Caïn, -- de l'hébreu Qayin --, désigne le forgeron.
(3) Il s'agit ici du premier Adam, -- (du latin adamas) signifiant fait de terre rouge, -- premier être de la nature, que Dieu créa à son image le sixième jour.
Cet homme -- tel que nous le rapporte la genèse (1 v ; 27) fut créé mâle et fe-
melle, c'est-à-dire hermaphrodite. Adam (du grec Α δ α μ α ς, c'est-à-dire acier)
est la substance adamas que Platon appelle en son Timée: noeud de l'or.
Ce scion d'or, acier, -- identification du Cahos de l'Art ou Ciel terrifié --, re-
présente les principes procréateurs des métaux, soit soufre () et mercure ()
réunis. Ce n'est qu'après les avoirs séparés, rendus féconds, et reconjoints, -- ne
servant en ce prime état à rien --, qu'ils donneront naissance à l'enfant, devant
lors, -- tel nous l'enseigne l'auteur du Psautier d'Hermophile, -- être nourri du
sang du père, et du lait de sa mère.
Ce n'est donc point sans raison ni fondement, si notre adepte nous indique l'intérieur d'Adam pour origine de la philosophie. Nous conseillerons au lecteur,
d'étudier vivement à ce sujet, l'enseignement porté par Fulcanelli au chapitre du
Mythe alchimique d'Adam et Eve. (Les demeures philosophales, tome 1, page
297, chez J. J. Pauvert avec trois préfaces d'E. Canseliet.)

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**** A T T E N T I O N ****

Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.

**** A T T E N T I O N ****



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GLOSSAIRE

A

Adiouster : ajouter.
Ains : mais.
Apertement : manifestement, clairement.
Apprisent, aprins : verbe apprendre.


B

Bailler : donner.
Buandière : femme qui fait la lessive.


C

Caduque : épileptique.
Calmande : étoffe de laine lustrée d'un côté.
Chapon : croûton de pain frotté à l'ail que l'on mettait dans les
bouillons. Chevretin : chevrotin (peau de chevreau).
Chiche : parcimonieux, avare.
Coe : abréviation de comme.
Conquester : conquérir.
Cramoisy : rouge, honteux.
Crocus martis : safran, partie fixe de mars.
Crusol : creuset.
Cuider : croire, penser, imaginer.


D

Delien : délié, subtil, pénétrant.

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Deplegmer : retirer le flegme.
Dextre : droit.
D.O.M.A. : initiales de Deo Optima Maxima: A Dieu très bon,
très grand. Duement : convenablement.
Dulcifier : tempérer, corriger l'acidité ou l'amertume de certaines
substances. Dulcorer : dulcifier.


E

Ergo : donc, conséquemment.
Estoupé : bouché avec de l'étoupe (chanvre, lin ou matière sem-
blable), calfeutré. Examiné : mort.


F

Fengible : frangible.
Foeces : fèces (excréments, crasse).
Fomenté : échauffé, réchauffé.


I/J

Ingrès : propriété pénétrante (de la pierre).
Jaçoit que : quoique.


L

Ladre : lépreux.
Loeurs : leurres .
Luter : sceller.

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M

Mander : contraction de quémander (mendier).
Marmoriser : passer au marbre.
Matelas : matras (vase de verre).
Membrures : membres.


N

Nre : abréviation de notre.


O

Oeillarder : regarder, voir.
Orrez : verrez.
Oyer : voir.


P

Parabilement : très habilement.
Pélican : vaisseau circulatoire.
Peregrine : étranger, éloigné.
Pernicieux : dangereux, nuisible.
Phes : abréviation de philosophes.
Phie : abréviation de philosophie.
Phique : abréviation de philosophie.
Plegme ou phlegme: flegme, humeur aqueuse de la matière.
Potentat : (latin potens), puissant.
Pourmener : se mener par, promener.


R

Résidences : résidus.

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Revifier : revivifier, réincruder.
Rubin : rubis.


S

Scrupule : ancien poids de 24 grains.
S'enchailler : se morfondre.
Sigiller : luter.
Subiect : sujet.
Subministrer : administrer.
Subtilié : rendre subtil.
Supine : (forme latine) infini.


T

Taie : tache.
Tiercelet : composition chimique de charlatan se disant savant
dans l'art hermétique. Trinal, trine : triple.
tt : abréviation de tant.


U

Uniforme : chaotique.


V

vre : abréviation de votre.

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VALEURS DES POIDS
X livre M marc o z once G z dragme ou gros D x scrupule ou denier G grain
1 livre = 2 marcs 1 marc = 8 onces 1 once = 8 gros 1 gros = 3 scrupules 1 scrupule = 24 grains
1 livre = 500,00 g 1 marc = 250,00 g 1 once = 31,25 g
1 gros = 3,91 g
18 grains 54/125 = 1,00 g
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TABLEAU DES PRINCIPAUX SYMBOLES CHIMIQUES (avec leur explication)
Acier, fer, mars # Camphre Aimant # Cancer ou écrevisse 69 Air # Capricorne signe céleste Airain # Cendres gravelées Alambic # Cendres Alun commun # Cendres communes Alun de plume # Céruse Amalgame # Chaux Année # Chaux vive Antimoine # Cimenter Aquarius (verseau) # Cinabre Argent ou Lune # Cire Argent vif, mercure # Coaguler Aries (bélier) # Couperose blanche Arsenic # Corne de cerf Atrament, vitriol rougi # Cornue Azur # Creuset # Cristal Bain # Cuivre, Vénus Bain marie # Cuivre brûlé, ou Oes ustum Bain vaporeux
Balance signe céleste
Borax # Digérer Briques en poudre # Distiller
Calciner # Eau
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Eau forte # Mercure précipité Eau régale # Métaux (les sept) Eau-de-vie # Mois Esprit de vin # Mort Esprit Estain, Jupiter # Nitre ou salpêtre # Nuit Feu Fixer # Or, soleil Feu de roue # Orpiment Farine de briques Fer, Mars # Plomb, Saturne Filtrer # Poissons signe céleste Fleurs d'airain # Poudre Fleurs d'antimoine # Précipiter # Purifier Gomme # Quinte essence Heure
Huile # Réalgar # Rétorte ou cornue Jour Jumeaux signe céleste # Sable Jupiter # Safran de Mars # Safran de Vénus Laton, laiton # Sagittaire signe céleste Limaille de fer # Salpêtre Lion signe céleste # Saturne Litharge # Savon Luter # Scorpion signe céleste Lit sur lit ou stratum super # Sel alkali
stratum # Sel ammoniac, ou armoniac * # Sel marin ou commun Magnésie # Sel gemme Marcassite # Soleil Mèche # Soude Mercure sublimé # Soufre
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Soufre vif, sel # Verre Soufre noir # Vert de gris Soufre des philosophes # Vierge signe céleste Sublimer # Vin Stratification # Vin rouge # Vin blanc # Vinaigre Talc # Vinaigre distillé Tartre # Vitriol Terre # Vitriol blanc Taureau signe céleste # Vitriol bleu Tête morte
Tutie # Urine
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ACHEVE D'IMPRIMER PAR L'IMPRIMERIE CH. CORLET 14110 CONDE-SUR-NOIREAU


ISBN 2-85-707-025-X N° d'Impression: 2183 Dépôt légal: 2e trimestre 1978
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