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Réfer. : AL0400
Auteur : L. P. François Cambriel.
Titre : Cours de philosophie hermétique.
S/titre : ou d'Alchime en dix-neuf leçons.

Editeur : Imprimerie de Lacour et Maistrasse. Paris.
Date éd. : 1843 .


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COURS
DE PHILOSOPHIE HERMETIQUE
o u
D'A L C H I M I E
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-----------*O*----------- IMPRIMERIE DE LACOUR ET MAISTRASSE RUE S.-HYACINTHE-S,-MICHEL, 33. @

COURS
DE PHILOSOPHIE HERMETIQUE
o u
D'A L C H I M I E
en dix-neuf leçons,
Traitant de la théorie et de la pratique de cette science, ainsi que de
plusieurs autres opérations indispensables, pour parvenir à trouver et à faire la Pierre Philosophale, ou transmutations métalliques, lesquelles ont été cachées jusqu'à ce jour dans tous les écrits des philosophes-hermétiques,
SUIVIES DES EXPLICATION DE QUELQUES ARTICLES

DES CINQ PREMIERS CHAPITRES DE LA GENESE,

par Moïse; et de trois additions PROUVANT TROIS VIES EN L'HOMME, ANIMAL PARFAIT,
Ouvrage nouveau, curieux, et très nécessaire pour éclairer tous ceux qui
désirent pénétrer dans cette science occulte, et qui travaillent à l'acquérir;

OU CHEMIN OUVERT
A CELUI QUI VEUT FAIRE UNE GROSSE FORTUNE,
Par L.-P.-François CAMBRIEL,
De Saint-Paul de Fenouillet, département des Pyrénées Orientales; Né à la Tour de
France, le 8 novembre 1764; et ancien fabricant de draps, à Limoux, département de l'Aude;
Dominus memor fuit nostri; Et bene dixit nobis.
Ouvrage fini en janvier 1829, et du règne de Charles X,
roi de France, le cinquième.
Première Edition.
PARIS.
IMPRIMERIE DE LACOUR ET MAISTRASSE, rue Saint-Hyacinthe-Saint-Michel, 33. ---*O*--- 1843
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pict

L'auteur n'a pas cru devoir faire précéder d'une préface, ce Traité et Cours
d'alchimie, ni devoir dire les raisons qui
l'ont obligé à le rendre public.
Il n'a pas cru non plus devoir le dédier à personne; ne désirant pas, comme
nombre d'auteurs, se faire prôner ni
appuyer par le crédit de quelque grand
personnage.
A qui pourrait-il dédier cette clé d'alchimie, pour donner une marque
de sa reconnaissance? A un homme!...
il n'en a trouvé aucun qui ne fût incrédule,

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-- 6 --
dur, inhumain, fourbe et flatteur:
tous n'ont cherché qu'à le surprendre,
pour lui enlever le secret des secrets.
Il n'a toujours trouvé que des hommes peu portés à l'aider ou à lui être utiles,
pour finir son travail alchimique: il n'a
donc aucune marque de reconnaissance
à donner à personne.
Pour remplir justement et complètement ce devoir sacré de reconnaissance,
il doit dédier à Dieu, auteur de tout
don, ce présent trésor de philosophie
hermétique: science qu'il ne tient que
de lui seul.
Les envieux, après avoir lu cet ouvrage, se mettront en colère; parce qu'ils
n'auront pas pu parvenir eux-mêmes à
ce degré de bonheur, et ils croiront ne
pouvoir pas mieux se venger de leurs
infructueuses recherches qu'en invectivant
la créature favorisée et en faisant

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-- 7 --
passer la science hermétique pour fausse;
ils se dessécheront de rage! ils mourront!...
Et l'alchimie restera.
Mais le philosophe reconnaissant, qui a toujours mis sa confiance en Dieu, et
qui ne l'a obtenue qu'à force de persévérance
et de prières, l'en remerciera
et le bénira tous les jours de sa vie, de
ce qu'il a bien voulu lui donner une
aussi grande marque de son amour. De
l'avoir sorti de l'état d'humiliation, de
misère et de privations dans lequel il
était resté grand nombre d'années, et
de l'avoir fait triompher de tous ses
ennemis, ainsi que de tous les hommes
orgueilleux et parents incrédules qui
l'avaient complètement méprisé, abandonné
!
Si quelque amateur d'alchimie, après avoir attentivement lu les dix-neuf leçons
suivantes, en formant le cours

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-- 8 --
complet, le reconnaît pour un... (comme
il pourra en juger par la théorie et la
pratique que son ouvrage renferme) et
désire lui parler, qu'il veuille s'adresser
à l'imprimeur du présent, qui lui donnera
son adresse, ou à M. Rivet, rue Judas,
n° 8, Montagne-Sainte-Geneviève.

-*:*-
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ABREGE DU GRAND OEUVRE.
----*O*----
Celui qui, par un travail un peu long et fatigant, pourra parvenir à extraire des métaux,
leur terre rouge feuillée: et saura, par
un moyen naturel (connu aux seuls philosophes
hermétiques), la joindre à l'eau mercurielle
purifiée, pour la rendre toute, terre fluidificante;
et que pour finir et compléter son
oeuvre, il pourra, par le moyen du feu, et par
sa vertu, congeler et rendre en pierre ces
deux eaux réunies: celui-là peut se vanter d'avoir
fait une grande découverte; d'avoir trouvé
une chose très précieuse, et d'une plus grande
valeur que tout l'or du monde, et que toute

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-- 10 --
autre chose: puisqu'il aura trouvé la médecine
universelle (principe de tout ce qui a vie)
avec laquelle il peut se tenir toujours en bonne
santé, et prolonger ses jours de beaucoup.
----- Les moyens de parvenir à obtenir cette précieuse découverte sont complètement montrés
et expliqués dans les dix-neuf leçons suivantes:
il faudra donc les lire, et les relire souvent,
et avec beaucoup d'attention.

--*O*--
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PREMIERE LEÇON.
-*:*-
En juin 1819, Louis-Paul-François Cambriel fit insérer, dans les Petites Affiches, un
avis, semblable à celui qui est à la fin du présent
traité, intitulé (Offre d'un grand bénéfice),
et il en reçut, en réponse la lettre dont
copie est ci-après:
Signée, E. B. K.
Paris, le 19 juin 1819.
« Monsieur,
» Une personne qui a quelques notions de chimie, ayant pris connaissance:

» 1° De l'avis inséré sous le n° 8056 des Petites Affiches du 18 courant, offre de faire la
somme demandée; mais elle y met pour condition,
que le bénéfice proposé, ne soit que du
remboursement du principal prêté: plus une
somme égale au principal: le tout à obtenir
dans deux ans;

» 2° Que l'auteur de la découverte énonce,
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-- 12 --
dans une lettre qu'il adressera à Mr E. B. K.,
chez le limonadier du café des Arts, n° 9, rue
du Coq-Saint-Honoré; l'objet précis de sa découverte,
ainsi que les principes chimiques sur
lesquels elle repose;

» 3° Le prêteur s'engage dès à présent, et il est prêt à mettre sous la meilleure forme ledit
engagement, pour la sûreté de l'auteur de
la découverte, et à ne pas faire maintenant, ni à
l'avenir, et sous aucun prétexte, aucune révélation,
aucun emploi de ladite découverte.

» Si sous ces clauses, l'auteur veut répondre à la personne susdite, il peut adresser sa lettre
comme ci-dessus: et si après les premières
ouvertures, les auteur et prêteur conviennent
entre eux des susdites propositions; ils
pourront se mettre en communication personnelle
et intime.

» J'ai l'honneur de vous saluer, » E. B. K. »
Copie de la lettre de Louis-Paul-François Cambriel à Mr E. B. K., qu'il a crû être un
philosophe hermétique, en réponse à la sienne
du 19, et par laquelle, il veut lui prouver,

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qu'il est dans le cas de remplir l'offre qu'il a
faite par les Petites Affiches.

Paris, le 24 juin 1819.
« Monsieur,
» Je m'empresse de répondre à la lettre que m'a fait l'honneur de m'écrire Mr E. B. K., et
je tâcherai (quoique n'ayant jamais appris la
chimie dans les écoles) de lui prouver la possibilité
de la transmutation métallique, tant
discréditée.

» Je crois que (si j'ai bien pris le sens de sa lettre) c'est tout ce qu'il exige de moi; du
moins quant à présent, sauf à remplir à notre
première vue toutes les autres conditions
qu'il pourrait désirer.

» L'objet et la découverte même, est comme je le dis ci-dessus, la pierre philosophale, à
laquelle je suis parvenu, avec l'aide de Dieu,
le secours d'un ami, et par un travail pénible
et continué pendant vingt-sept ans (1).


(1) Je commençai mes recherches alchimiques la même année que le général Buonaparte revint d'Egypte, et détruisit le Directoire
qui avait pris pour principe d'appauvrir et d'affaiblir la France, et
d'humilier les Français que ce grand homme, avant son départ pour

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-- 14 --
» Il s'agit de faire par un travail de vingt- quatre mois, une poudre rouge comme le coquelicot
ou poudre de projection qui, comme
la fleur à cailler le lait, opère sur le mercure


l'Egypte, avait laissés couverts de gloire. -- Après trois ans passés
environ, ce grand homme étant arrivé à Paris par miracle, fit cesser
le mal, toutes nos défaites, et rejeta avec usure, sur tous nos ennemis
coalisés, les humiliations dont ils nous avaient abreuvés pendant
son absence. -- Il fut nommé premier consul, monta une forte armée,
et redonna à la France, que le malheureux Directoire avait
réduite à deux doigts de sa perte, sa première gloire, et comme nation
le premier rang. -- Il traversa le mont Saint-Bernard avec la
forte armée qu'il avait rassemblée au camp de Dijon, attaqua et détruisit
l'armée autrichienne à la bataille de Marengo. -- Victorieux
comme il l'avait toujours été, treize ou quatorze places fortes d'Italie
lui furent remises, et nous, Français, nous fumes pour la deuxième
fois maîtres de ce beau pays. -- Après cette grande victoire, je me
rendis pour la deuxième fois à Paris pour y continuer mon ouvrage
alchimique, et j'y restai assez longtemps pour être témoin du grand
amour et confiance que les Français avaient pour ce grand général,
dont la majeure partie la portèrent jusqu'à le proclamer empereur
des Français, titre dont il s'était rendu digne. -- Je fus présent à
son couronnement, à son mariage avec Marie-Louise d'Autriche,
j'y étais aussi pendant que ce général (valeureux comme il n'y en a
jamais eu) a remporté nombre de victoires sur les armées de Prusse,
d'Autriche et de Russie, et mis les Français à un si haut point de
gloire, que la France, qui avait été vendue, trahie par le Directoire,
fut si agrandie par lui-même que ses limites allaient depuis Naples,
Trieste, Venise, Rome, Gènes, jusques et y compris la Hollande, et à

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vulgaire chauffé dans un creuset, le même effet
que la fleur à cailler fait sur le lait: et dans
une heure, une pincée de cette poudre rouge
comme une prise de tabac mise dans ledit creuset


un tel point de prospérité et de gloire, que toutes les nations désiraient
d'être nos alliées et nos amies, et souhaitaient faire partie de
ce vaste empire. -- Triomphante et richissime, la France n'avait
été portée à ce haut point de triomphe que par le courage, le talent
et l'amour que ce grand général portait aux Français, et auquel
ils devaient leurs richesses, et qu'une trop forte ingratitude envers
lui nous prouve combien le Français est léger et peu reconnaissant.
-- Il avait comblé de fortune la ville de Paris, et quand les ennemis
coalisés se sont présentés sous ces murs, c'est cette même
ville qui l'a abandonné. -- Il n'a été trahi en France que par ceux
qu'il avait trop comblés de biens, et par les Anglais chez lesquels
il s'était rendu, et ce par l'abus des lois établies dans ce pays, qu'ils
n'auraient jamais transgressées et desquelles le plus pauvre matelot
anglais aurait joui, furent méconnues par cette nation en faveur de
l'homme qui s'était mis avec trop de confiance entre leurs mains, et
que par suite de cet abus fut déporté à l'île de Sainte-Hélène, où il y
fut continuellement maltraité par le gouverneur Udson Low, et dans
laquelle il a fini ses jours! -- Mon désir à moi est que Dieu le récompense
de tout le bien qu'il nous a fait, ainsi que de celui qu'il avait
l'intention de nous faire. -- Amen.

La veuve du marquis Duchilau, ancien amiral de France, m'a raconté plusieurs fois l'anecdote suivante:
» Lorsque l'empereur Napoléon se rendait en Angleterre, accompagné de plusieurs de ses généraux, il crut prudent de les laisser
pendant 48 heures, et de se rendre, sans leur faire part de son dessein,

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-- 16 --
(dans lequel on aura mis quatre livres de
mercure), le caillera ou le fixera et le réduira
en or le plus fin à vingt-quatre carats et plus,
ce qui paraîtra extraordinaire, même impossible,
quoique naturel et très vrai.


avec un seul d'eux dans une campagne où s'était retiré le marquis
Duchilau, ancien amiral de France.
Ce dernier fit quelque difficulté de le recevoir, à cause des Bourbons auxquels il tenait beaucoup; mais, voyant que Napoléon persistait
à vouloir lui parler, il y consentit.
Etant ensemble, l'Empereur lui dit: Honnête amiral, la confiance que j'ai en vous m'a fortement porté, avant de me rendre en
Angleterre, à venir vous consulter pour savoir de vous, qui avez
combattu pendant nombre d'années cette nation et qui la connaissez
parfaitement, si je dois me mettre ou non entre leurs mains, et si
on me fera jouir de l'avantage de leurs lois, notamment de celle de
l'habeas corpus? c'est ce que je désire savoir; j'ai laissé mes amis
pour venir vous consulter sur ce que je dois faire: parlez-moi franchement.
-- En homme franc, lui dit l'amiral, je vous dirais que
vous ne devez pas vous rendre chez des gens qui abuseront de
votre confiance. Vous êtes leur ennemi, ne comptez pas sur leur générosité;
renoncez à votre projet, tel est mon conseil: je ne saurais
vous en donner un meilleur. -- Que ferai-je donc! où dois-je me
rendre, dites-le-moi? -- Il faut vous rendre à Bordeaux. Je vais
vous donner une lettre pour un capitaine de vaisseau; c'est un
homme qui me doit la vie; sans moi, il aurait été pendu. Changez
de costume et rendez-vous promptement chez lui. Je le charge de
vous conduire en pleine mer et de vous mettre dans le premier vaisseau
que sans doute il trouvera; lequel vous transportera en Amérique,

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-- 17 --
» Pour faire cette poudre rouge de projection, il faut (ce qui paraîtra impossible à tout
homme, quand il jugera de l'alchimie comme
en juge le commun des hommes) parvenir à
force de travail à mollifier et à rendre en eau,
par une solution naturelle, une pierre, qui,
quoique composée de deux, même de trois,
n'est toujours qu'une, et laquelle par une destruction
réitérée: lavages, sublimations, mêmes
distillations, donne le soufre rouge ou
corps fixe, coagule essentiel (ou le livret d'or
du Trévisan, philosophe hermétique) qui se réduit
en eau par ladite solution. -- Ce qui nous
donne l'eau double, l'eau animée, le rébis


vous seulement. C'est un homme discret, vous n'avez rien à
craindre; il fera tout pour moi, en reconnaissance du service que
je lui ai rendu: c'est le seul moyen de vous mettre à l'abri des Anglais,
qui ne suivront aucune loi en votre faveur.
Napoléon reçut avec plaisir ce conseil et quitta l'amiral, très décidé à le suivre. S'il l'avait suivi, que de désagréments il se fût
épargné. Sans doute, ceux qui l'accompagnaient crurent trop à la
générosité anglaise et le portèrent à s'en aller à Londres, comptant
toujours sur l'entière exécution de leurs lois. »
Français crédules et confiants, fiez-vous à cette nation! comptez sur la générosité anglaise!... C'est à Sainte-Hélène qu'on vous en
donnera des preuves! c'est dans cette île que le gouverneur en a fait
complètement jouir l'empereur Napoléon.
1*
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-- 18 --
des philosophes hermétiques, enfin le mercure
philosophal.
» Mais on ne peut parvenir à acquérir cette eau divine qu'en mettant le corps fixe dans sa
propre terre ou molle montagne, dont parle
Sendivogius autre philosophe hermétique (bien
préparée par un long et pénible travail), et
après avoir beaucoup souffert par le feu des
cuisines. -- Alors seulement on est parvenu à
faire remonter l'eau vers sa source et à faire
rentrer l'enfant dans le ventre de sa mère.
» La fable nous apprend que Vulcain, surprit dans son filet Mars et Vénus en adultère.
-- Si le philosophe hermétique ne fait pas
comme Vulcain, et s'il ne l'emploie pas dans
son opération, jamais il ne parviendra à obtenir
la pierre des philosophes, dont il ne saurait
se passer.
» Il fut donc qu'il tende son filet, et qu'il sache profiter du seul moment propice pour
surprendre et attraper les adultères, parce
qu'il doit savoir qu'il n'y a qu'une heure pour
cela, laquelle passée il ne faut pas en attendre
une autre à sa place (dit Zachaire, autre philosophe
hermétique de France) Alors on n'attrape

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-- 19 --
plus rien, et les amoureux se détruisent
et s'évaporent.
» Quand une fois l'eau animée est faite, et qu'elle a acquis sa perfection par l'union des
éléments principiants, et le pouvoir de revenir
en terre par la vertu qu'elle a acquise, produite
aussi de l'union qui s'est opérée naturellement
des éléments principiés, contenus et cachés
dans les natures, et par l'alliance du feu
naturel avec le feu innaturel, laquelle alliance
nous a procuré l'eau tant désirée, renfermant
en elle un troisième feu, nommé feu
de contre nature, portant avec lui tous les
principes de la vie, acquise et manifestée par
l'effet de la fermentation; enfin l'eau double
et la réunion première des eaux supérieures
avec les eaux inférieures contenues dans les
métaux. -- Et comme tout dans ce monde manifeste
ses qualités par l'odeur qui s'en exhale,
que la rue et la rose répandent une odeur différente,
que l'ail et l'oignon répandent une
odeur très forte, de même notre eau répand
aussi une odeur très forte qui annonce sa perfection
et sa fin, ce qui nous réjouit. Et c'est
alors et à ces signes que nous sommes convaincus

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-- 20 --
que cette eau parfaite nous donnera
dans l'espace de neuf mois l'enfant tant désiré
qui viendra avec des joues très vermeilles, et
qui chassera dans une heure la lèpre des métaux
(après qu'il aura pris un peu de force) en
les rendant semblables à lui et éclatants comme
lui.
» C'est là la véritable poudre de projection, qui, à sa sortie rendra des services bien plus
grands en guérissant les créatures malades, et
leur rendant la vigueur de la jeunesse C'est là
le véritable ennemi de toutes les maladies dont
l'homme se trouve attaqué, soit par celles produites
par sa mauvaise manière de vivre, soit
par celles qu'il apporte en naissant ou originelles,
lesquelles ne nous viennent ainsi qu'aux métaux
qu'à cause de la première désobéissance. Ce
qui ne serait pas, si notre première mère, Eve,
s'était contentée de ne manger que du fruit de
l'arbre de vie, au lieu de manger et de s'unir
à celui qui devait la conduire à la mort.
» Cet arbre de vie qui porte de si bon fruit, n'est produit que de cet arbre double, nommé
l'arbre de la science et d'alliance, du bien
et du mal ou composé de deux, l'un bon, l'autre

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-- 21 --
mauvais; l'un fixe, l'autre fuyant; l'un
dur, l'autre cassant; l'un blanc, l'autre rouge;
l'un mâle, l'autre femelle; enfin matière et
forme. -- Et tout cela cependant ne fait qu'un,
et n'est produit que d'un; mais en lui sont les
deux natures, les trois principes, les quatre
qualités, et contient aussi en lui le principe
universel, cet esprit divin dont le Tout-Puissant
s'est servi pour former et créer toutes choses,
qui, lors de la séparation du premier cahos
dont il faisait partie, et d'après l'ordre et
volonté du Tout-Puissant se mouvait sur les
eaux inférieures, et ne demandait qu'à exécuter
et à remplir la bénédiction et volonté du
Créateur: croître et multiplier.
» Mais avant que d'obtenir ce cher enfant, il faut que notre oeuvre passe par toutes les
couleurs, que la putréfaction fasse paraître la
noire (marque certaine de la réussite), et que
la blanche, la verte, la jaune et la rouge se
succèdent, et que dans l'intervalle de l'apparition
de toutes ces couleurs, et avant la deuxième
et dernière réunion des eaux supérieures des
métaux avec les eaux inférieures (qui avant
étaient séparées par le firmament des philosophes

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-- 22 --
hermétiques), la rosée de mai vienne humecter
notre embryon et le disposer à cette
parfaite réunion, d'où résultera la médecine
universelle ou panacée et la poudre de projection.
» Voilà, mon cher monsieur, ce qu'un philosophe hermétique peut écrire de sa science
pour répondre à l'honneur de votre lettre.
» J'y ajouterai cependant que, si on ne sait pas unir les corps parfaits par le nombre mystérieux
des philosophes (1) l'ouvrage ira fort
mal, et il y aura ou trop, ou trop peu de sécheresse,
et le mariage (pour former cette union)
n'étant pas fait selon les règles de la nature, le
produit ne remplira jamais les désirs du philosophe
labourant, il y sera donc pour la perte
de son argent, de sa peine et de son temps.
» Si ce que j'ai dit est un peu trop obscur, et qu'on ne puisse pas bien se fixer pour commencer,
qu'on fasse le dur mol et le mol dur.
» Ou bien: qu'on prenne la terre fixe ou l'or mâle, et qu'on lui fasse des ailes pour la réduire
en eau volatile; puis, que par un long


(1) Ce nombre n'est qu'un assemblage de V à C et V.
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-- 23 --
temps on parvienne à fixer cette eau volatile,
et à la rendre en terre comme nous l'enseigne
notre père Hermès (à quoi on parviendra en
lui administrant une chaleur au même degré
qu'est celle de l'homme).
» Ou bien, qu'après une longue coction on parvienne à lui couper les ailes et à l'empêcher
de voler, alors on verra la fin de son ouvrage,
et il ne faudra qu'en augmenter la quantité
et la vertu, à quoi on parviendra en la remettant
plusieurs fois dans la même terre d'où
elle a pris naissance.
» Les désirs du philosophe labourant seront alors accomplis, puisqu'il possédera tout.
» Et si Dieu, très bon et très grand, donne à l'homme (comme j'en suis convaincu par
moi-même) (1) une aussi grande marque de


(1) Jamais je ne serais parvenu à trouver les opérations nécessaires et indispensables pour faire la pierre philosophale, et me
procurer la médecine universelle (moi qui ne connaissais rien en
chimie). Si Dieu, qui dans tous les temps de ma vie, m'a donné
des marques de son amour, ne m'avait inspiré en trois différentes
fois, et à quatre années de distance d'une inspiration à l'autre, la
manière de bien faire l'opération alchimique que j'ignorais, et que je
n'aurais jamais pu trouver de moi-même, si une voix forte (qui toujours
était précédée d'un fort coup de vent à mon oreille droite), et

@

-- 24 --
son amour, qu'il l'en remercie toujours, qu'il
lui en rende de continuelles actions de grâce,
et qu'il tâche de s'en rendre toujours digne par
une bonne conduite, en tendant une main secourable


que pour la première fois j'ai fort bien entendue, étant dans mon lit
à sept heures du matin (réfléchissant sur mon ouvrage que je ne pouvais
continuer) ne m'était venue redresser en me disant: Il faut s'y
prendre de telle manière. Je suivais l'inspiration, et l'opération que
j'ignorais se faisait parfaitement bien.
Cette inspiration qui fut la première, ne me vint qu'après avoir été consulter les trois plus grands chimistes de Paris, qui ne purent
me donner le moyen que je leur demandais. -- Cela m'arriva dans
la maison de madame la veuve Brocard, rue des Boucheries-Saint-*
Germain à Paris.
La deuxième inspiration, fut précédée comme la première, par un fort coup de vent à mon oreille droite: ce fut en plein midi, et
dans le fond d'une diligence, entre Lyon et Paris, ou je me rendais
pour y continuer mon ouvrage alchimique. -- Je fus averti de
cette manière: Tu te trompes, les livres hermétiques disent comme
cela.
Et la troisième inspiration, qui fut plutôt une vision, vint m'éclairer quatre ans après dans la maison de madame la veuve Maçon,
rue Mazarine, n° 60, au jeu de paume. -- L'opération et la perfection
du travail que je faisais se présenta devant mes yeux, et mon
odorat, par l'odeur forte qui s'en exhalait, me prouva (comme il est
dit dans Nicolas Flamel de Paris) qu'elle était bonne et bien faite, et
me donna la conviction que j'étais parvenu à la fin de la première
partie de mon ouvrage alchimique ou de la pierre du premier ordre,

@

-- 25 --
à tous ceux qui en auront besoin et
qui le mériteront. -- Loué soit Dieu tout puissant
qui n'abandonne jamais celui qui met sa
confiance en lui.

ce qui me réjouit beaucoup. J'ai donc raison de dire, que je suis convaincu
par moi-même de l'amour que Dieu accorde à ses créatures.
Pour convaincre ceux qui me liront, que je n'écris aucun mensonge dans ce présent Traité d'alchimie, je joindrai à la note ci-dessus
une autre grande marque d'amour que Dieu a eu la bonté de
m'accorder pendant mon enfance, de laquelle je n'ai parlé à personne,
et que je crois être obligé de faire connaître à mes semblables.
-----------* Tableau fidèle des perfections de Dieu, créateur de l'univers, et principe premier de mouvement, par conséquent de la vie, de tout
ce qui a été créé, mis à la vue des hommes par sa créature.
Louis-Paul-François CAMBRIEL.
Plusieurs de ceux qui liront ce tableau, pourront et croiront avoir le droit de dire que ce tableau n'est pas fidèle comme je le dis.
Comment ledit Cambriel a-t-il pu supposer et se convaincre de la vérité des perfections du Tout-Puissant? A-t-il été au ciel? Quelque
esprit céleste l'a-t-il instruit? Cela ne paraît pas possible.
Je répondrai à ces observations que je dis la vérité, mais que je ne veux pas dire comment je l'ai apprise cette vérité.
A une époque de ma vie, Dieu qui m'a toujours donné des marques de son amour, a voulu que je fisse le tableau fidèle de ses perfections
corporelles quant à la vue, mais spirituelles quant à lui.
Il a voulu que j'en fusse convaincu moi-même, pour pouvoir convaincre 2
@

-- 26 --
» Si par ma présente réponse (quoique très embrouillée et très claire en même temps) j'ai
pu satisfaire la personne qui a eu la bonté de
m'écrire, qu'elle veuille me répondre et me


ceux qui me liront, que Dieu est comme l'homme, comme
sa créature.
Nous sommes donc, comme il est dit dans les Ecritures-Saintes, créés à l'image et à la ressemblance de Dieu, et nous devons nous en
glorifier, et ne pas en douter par trois raisons: la première, parce
que l'enfant ressemble toujours en tout à son père; la deuxième,
parce que nous avons été créés immortels comme lui; et la troisième,
parce que notre corps est plus parfait dans son intérieur que dans
son extérieur, et que nous avons eu en nous un corps immortel, lequel
n'est devenu mortel que par la première désobéissance, une âme
immortelle, faisant partie de la divinité même, et un esprit terrestre,
alliant l'âme céleste au corps terrestre formant la créature, et
unissant par sa médiocrité le haut avec le bas, le céleste avec le terrestre.
DIEU EST d'une taille et corpulence comme pourrait être l'homme le plus parfait, ayant six pieds six pouces de taille, proportionné
dans toutes les parties qui le composent, mais toujours en plus de
perfections que l'homme le plus parfait que je lui compare.
Il est majestueux, sa peau est de la couleur de la flamme d'une bougie; ses pieds, ses genoux, ses cuisses, ses mollets sont si parfaits,
que quoique j'en dise, je serai toujours en dessous pour en pouvoir
représenter la perfection.
Les ongles de ses pieds sont d'une beauté incomparable, le plus bel ivoire ne peut pas leur être comparé.
Les mollets de ses jambes sont si beaux, si parfaits, et comme il
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-- 27 --
donner son adresse, ainsi que le jour et l'heure
auxquels je pourrai avoir une conférence philosophique
avec elle; par ce moyen, il me sera
facile d'aplanir les doutes qui pourraient rester


est tout esprit, je voyais à travers comme à travers le cristal le plus
clair.
Mais ce qu'il y a de plus beau dans toute cette beauté de perfections réunies, c'est l'arrangement des muscles qui le forment. Ils sont
arrangés comme des petites poires, de trois en trois, deux haut et un
bas ou au milieu des deux premiers, et dans chaque muscle on ne
voit qu'un mouvement continuel de rayons de lumière gazeux, qui se
croisant dans tous les sens et sans se séparer, montant et descendant,
forment et font apparaître un million de perfections dans l'intérieur
de chaque muscle.
De cette manière, que le Tout-Puissant, d'après mon idée, mon jugement, d'après ce que j'ai vu, est tout mouvement, sans cependant
se bouger, tout perfections, tout vie.
Il est principe de mouvement, par conséquent principe de la vie de tout ce qui a été créé, et de tout ce qu'il voudra créer encore. Telle
est mon idée sur les perfections de Dieu, et on ne pourra se faire
un tableau plus fidèle, plus vrai de ce que j'avance, qu'en examinant les
perfections intérieures de sa créature, de ses enfants.

D'après le tableau fidèle des perfections de Dieu, nous ajouterons trois mouvements.
Le premier mouvement est Dieu même, créateur de l'univers. Il est le principe premier de la chaleur, et la chaleur le principe de
la vie de tout.
Le deuxième est le mouvement élémentaire. Il est multipliant, et
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(que je n'ai pu éclaircir par la présente), et
parvenir à fixer son opinion sur celui qui a
l'honneur d'être son très humble serviteur,

» Louis CAMBRIEL. »

aidé par les rayons solaires ou troisième mouvement, il met en fermentation
toutes les semences des trois règnes, et ne se manifeste
que par leurs productions et croissance; il participe et dépend du
premier, il sera tant que le monde durera.
Le troisième mouvement est le mouvement des rayons du soleil, aidant et fortifiant toute créature affaiblie par la vieillesse.

Le premier mouvement est éternel comme Dieu, son principe. Les deux autres en dépendant ne seront que tout autant que le Créateur tout puissant le voudra. Ce qui fixera la fin des temps et le
commencement de l'éternité.

Le froid, produit du repos, est l'opposé des deux derniers mouvements; il est le principe de la mort, et la démontre partout où il
domine.

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pict
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DEUXIEME LEÇON.
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Passant un jour devant l'église Notre-Dame de Paris, j'examinai avec beaucoup d'attention
les belles sculptures dont les trois portes sont
ornées, et je vis à l'une de ces trois portes un
hiéroglyphe des plus beaux, duquel je ne m'étais
jamais aperçu, et pendant plusieurs jours
de suite j'allai le consulter pour pouvoir donner
le détail de tout ce qu'il représentait, à
quoi je parvins. -- Par ce qui suit, le lecteur
s'en convaincra, et mieux encore en se transportant
de lui-même sur les lieux.

A l'une des trois grandes portes d'entrée de l'église Notre-Dame, cathédrale de Paris, et
sur celle qui est du côté de l'Hôtel-Dieu, se
trouve sculpté sur une grosse pierre au milieu
de ladite porte d'entrée, et en face du Parvis,
l'hiéroglyphe ci-dessus, représentant le plus
clairement possible (pour ceux qui savent expliquer
les hiéroglyphes) tout le travail, et le
produit ou le résultat de la pierre philosophale.

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-- Cet hiéroglyphe y a été sculpté lors
de l'érection de cette très belle église, fondée
par Guillaume, évêque de Paris, et que je vais
expliquer le mieux qu'il me sera possible pour
me rendre utile, et aider les amateurs de la
philosophie hermétique, et me faire connaître
à mes semblables.

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I.
Au bas de ce hiéroglyphe, qui est sculpté sur un long et gros carré de pierre, se trouve
au côté gauche de l'Hôtel-Dieu, deux
petits ronds pleins et saillants, représentant les
natures métalliques brutes ou sortant de la
mine (qu'il faudra préparer par plusieurs fusions
et des aidants salins).

II.
Du côté opposé sont aussi les deux mêmes ronds ou natures, mais travaillées ou dégagées
des crasses qu'elles apportent des mines,
lesquelles ont servies à leur création.

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III.
Et en face du côté du Parvis, sont aussi les deux mêmes ronds ou natures, mais perfectionnées
ou totalement dégagées de leurs crasses
par le moyen des précédentes fusions.
Les premières représentent les corps métalliques qu'il faut prendre pour commencer le
travail hermétique.
Les deuxièmes travaillées, nous manifestent leur vertu intérieure, et se rapportent à
cet homme qui est dans une caisse, lequel étant
entouré et couvert de flammes de feu, prend
naissance dans le feu.
Et les troisièmes perfectionnées ou totalement dégagées de leurs crasses, se rapportent
au dragon babylonien ou mercure philosophal,
dans lequel se trouvent réunies toutes les vertus
des natures métalliques.
Ce dragon est en face du Parvis et au-dessus de cet homme qui est entoure et couvert de
flammes de feu, et le bout de queue de ce
dragon tient à cet homme, pour désigner qu'il
sort de lui et qu'il en est produit, et ses deux
serres embrassent l'athanor pour désigner qu'il

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y est ou qu'il doit y être mis en digestion, et
sa tête se termine et se trouve dessous les pieds
de l'évêque.
Il ne faut pas croire que ce soit un cadavre dans une bière, si c'était ainsi il serait couché
à plat, au lieu que celui-ci est presque
droit et est entouré et couvert de flammes de
feu (1).
Je dirai donc que de cet homme qui a pris naissance dans le feu, et par le travail des aigles
volantes représentés par plusieurs fleurs
formées de quatre feuilles jointes dont est entouré
le bas de sa caisse, et... est produit le
dragon babylonien dont parle Nicolas Flamel,
philosophe hermétique de la ville de Paris; ou
le mercure philosophal.
Ce mercure philosophal est mis dans un oeuf de verre et cet oeuf est mis en digestion ou en
longue coction dans l'athanor, ou fourneau terminé


(1) Il faut que je fasse observer à tous ceux qui voudront pénétrer dans ce qui est caché en cet homme, que sur la caisse dans laquelle
il est entouré et couvert de flammes de feu, sont sculptés en
long les quatre éléments, et au côté droit ou derrière la même caisse
sont sculptées aussi en long les natures qui les contiennent. -- Il
est donc produit de ces deux natures qui contiennent les quatre
éléments.

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en rond ou voûte, sur laquelle voûte sont
placés les pieds de l'évêque, et dessous lesquels
(comme je l'ai dit) se trouve la tête du dragon
(1). -- De ce mercure il résulte la vie représentée
par l'évêque qui est au-dessus dudit
dragon.
Et pour prouver que c'est réellement cela, je dirai que si c'était un évêque (et non une
ressemblance ou démonstration de la vie), on
l'aurait placé de manière que ses pieds fussent
posés à plat et sur un terrain plat, et non sur
la voûte ou dôme qui couvre l'athanor. -- Il
est donc représenté comme sortant de l'athanor
ou fourneau de lampe, dans lequel le mercure
philosophal a été mis en digestion.
Cet évêque porte un doigt à sa bouche, pour dire à ceux qui le voient et qui viennent prendre
connaissance de ce qu'il représente... Si
vous reconnaissez et devinez ce que je représente


(1) Autour de cet athanor (qui est porté sur quatre colonnes et ou est cramponné le dragon babylonien) se trouve sculpté en long
les deux natures, et dessous les trois principes, et devant la quintessence
des quatre éléments, et le mercure philosophal (représentés
par ce dragon qui les contient), lequel par leur union en a été
produit.

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-- 34 --
par ce hiéroglyphe, taisez-vous!... N'en
dites rien! -- Il a donc représenté tout ce qui
était nécessaire, ainsi que toutes les opérations
manuelles pour pouvoir parvenir à faire la pierre
philosophale; mais il n'a rien représenté de ce
qui regarde la multiplication de cette divine
pierre. -- Comme lui je me tairai, je n'en dirai
rien.
Je dirai seulement que le résultat de l'ouvrage de l'alchimie est la vie même, et que cette
vie est représentée (comme il est dit ci-dessus)
par l'évêque qui est placé sur la voûte de l'athanor.
La pierre philosophale (qui n'est aujourd'hui regardée que comme une folie aux yeux d'un
trop grand nombre d'hommes) ne peut se faire
que par la réunion du sang (ou des esprits métalliques)
contenu dans les natures. Pour l'obtenir,
il faudra (comme il est dit par Nicolas
Flamel) égorger, assassiner plusieurs innocents
(1), pour tirer d'eux, et le pousser de puissance
en acte, ce sang vital dont nous avons besoin,
lequel nous devons mettre (après qu'il


(1) Je parle des métaux ayant vie.
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aura été séparé et bien dépuré de ses parties
charnelles ou terrestres) dans des bouteilles à
long col, pour parvenir à obtenir de lui la panacée
et la poudre de projection que nous désirons,
laquelle nous ne pourrons posséder qu'après
avoir égorgé plusieurs innocents.

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TROISIEME LEÇON.
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M. de Gabriac, sous-préfet du Vigan, département du Gard, étant à Paris, allait chaque
soir à la société de M. le ministre, le
comte de Cases. Là se trouvaient réunis plusieurs
solliciteurs de places, et en attendant
de les obtenir, ils s'entretenaient toujours de
la pierre philosophale et des moyens de grossir
leur fortune; goût que le besoin fait naître
chez tous les hommes. Il me fit part de
leur conversation, et me dit: Il n'y a que vous
qui puissiez me dire les preuves que je dois
fournir pour me défendre, et pour prouver à
l'un, l'existence de la pierre philosophale; à
l'autre, qui n'en doute pas, ce que c'est que la
transmutation métallique; l'or potable, et
autres termes qui nous embrouillent, et qui
portent le plus grand nombre de cette société
à douter de la vérité de cette science. -- Puisque
la vérité n'est qu'une, et qu'en lisant les
livres hermétiques, on y voit que les philosophes

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