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traitant de cette science, se servent de
plusieurs noms au lieu de ne se servir que
d'un seul pour exprimer la même chose. --
C'est ce qui fait qu'on s'égare en causant de
cette science, et qu'on finit par en douter. --
Quant à moi, j'y crois fermement par tout ce
que vous m'avez dit dans le temps. -- Je
lui répondis tout ce que je vous dirais pour
convaincre ces Messieurs de la vérité de la
pierre philosophale; vous l'oublieriez: je
vais vous écrire une lettre avec laquelle vous
vous défendrez, et vous en prouverez la réalité,
ainsi que les grandes vertus qu'elle a en
elle. -- Ce que je fis de suite.

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A M. de Gabriac, sous-préfet du Vigan, département
du Gard, présentement à Paris.
Paris, le 2 février 1820. « Monsieur,
» Vous trouverez ci-bas les termes techniques dont les philosophes hermétiques de tous
les pays se sont servis, et qu'ils ont généralement
reconnus entre eux pour désigner (quoique
en des langues différentes) le travail hermétique
et son produit, dit généralement
pierre philosophale, ou pierre occulte: et

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-- 38 --
autant que mes connaissances dans cette
science me l'ont pu permettre. Qui sont:
1° Pierre philosophale, ou pierre occulte; 2° Médecine des trois règnes, ou médecine universelle;
3° Transmutation métallique; 4° Or potable, ou panacée.
PREMIER ETAT.
Par le mot pierre philosophale, ou pierre occulte: ces mêmes chimistes, dans tous leurs
ouvrages traitant de cette science, ont entendu
désigner les matières et les opérations que
nécessite la chimie hermétique, dont le but
est d'obtenir, par un travail long et fatigant,
une poudre rouge (dans laquelle réside la
vertu de fixer le mercure), ou un or exalté:
comme serait l'eau-de-vie réduite et poussée
aux trois-six; eu égard au vin, son principe
ou véhicule.

DEUXIEME ETAT.
Cette poudre rouge a plusieurs noms et propriétés, et dans le deuxième état parfait
(qui est toujours, ainsi que nous l'avons dit,
un or exalté), prend celui de médecine des

@

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trois règnes, ou de médecine universelle: et
est généralement reconnue ainsi par tous les
philosophes hermétiques.

TROISIEME ETAT ET PREMIER EMPLOI.
Quand le commun des hommes parle de la pierre philosophale, on entend parler de la
transmutation métallique, ou de l'élévation
des métaux ordinaires en or parfait. -- Les
philosophes hermétiques ne désignent cette
opération, ou premier emploi, que par le mot
transmutation métallique. -- Et c'est toujours
cette même poudre rouge (qui alors
prend le nom de poudre de projection, ou de
médecine des métaux) qui est le principe et
le ferment de la transmutation métallique,
laquelle conserve toujours le nom de médecine
des trois règnes, ou de médecine universelle.
-- Cette opération ne demande qu'une
heure.

QUATRIEME ETAT ET DEUXIEME EMPLOI.
Dans le deuxième emploi elle prend le nom d'or potable et de panacée, ou de médecine

@

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universelle des animaux et des végétaux. -- Et
c'est toujours cette même poudre rouge (à un
degré connu aux seuls philosophes hermétiques),
qu'on délaye dans un demi-verre d'eau,
ou autre véhicule, et qu'on donne au malade
(ou qu'on verse sur la racine de la plante),
par la vertu de laquelle on parvient à le guérir
de quelque maladie qu'il se trouve attaqué:
ce qui paraît impossible quoique très vrai.
Dans ce quatrième état et deuxième emploi, le malade est guéri dans un jour ou un mois,
suivant la gravité de la maladie.
Cette divine panacée fait encore plus: elle met l'homme âgé décrépit, qui en use pendant
un temps connu aux seuls philosophes,
dans un état de santé et de force complètes;
elle lui rend sa jeunesse et sa fraîcheur, et
elle le rétablit dans un état parfait: c'est-à-
dire dégagé de tout germe de maladies.
Dans ce quatrième et même état, employée sur le végétal, certaines plantes poussent dans
vingt-quatre heures, feuilles, fleurs et fruits
en parfaite maturité: ce qui doit être regardé
comme un miracle de la nature.

@

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Donc les mots:
1° Pierre philosophale, ou pierre occulte;
2° Médecine des trois règnes, ou médecine universelle;

3° Transmutation métallique;
4° Or potable, ou panacée: sont les mêmes et désignent le travail et le produit du magistère
des philosophes hermétiques, ou du
grand oeuvre: la chose même et ses vertus.
Il n'est donc pas étonnant que les hommes qui ignorent le travail de l'alchimie confondent
les mots dont les adeptes se servent et
se serviront toujours pour désigner la pierre
philosophale et sa vertu dans le règne où
elle est employée. -- Cela ne peut être exactement
expliqué et désigné que par les vrais
philosophes hermétiques. -- Toute autre personne
(quoique très savante dans les autres
sciences) ne peut que s'égarer dans celle-ci,
de laquelle les philosophes hermétiques n'ont
écrit et parlé que par des énigmes, et d'une manière
toujours très obscure. -- Voilà, mon cher
2*
@

-- 42 --
monsieur et ami, ce que je puis vous dire pour
éclaircir et bien appliquer à chaque état et
emploi de la pierre philosophale ses noms
propres (ainsi que les vertus de la médecine
universelle) confondus généralement par tous
les hommes.
Je vous salue,
L. CAMBRIEL.
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@


QUATRIEME LEÇON.
De la fermentation métallique, de ses besoins, et des
grands avantages qu'elle produit.
-*:*-
Sans la fermentation, la semence des métaux n'acquerrait pas la vertu de se multiplier:
elle est donc indispensable. -- C'est elle
qui, dans le règne végétal, développe et manifeste
la vertu vitale et végétative: sans cette
vertu aucun des deux règnes végétal et animal
ne pourrait ni naître, ni se multiplier. --
Le règne minéral n'y parvient que par l'aide
et le secours de l'artiste, dont il ne peut se
passer, n'ayant pas de mouvement visible.
Il faut donc que l'artiste, labourant à l'oeuvre
d'alchimie, ne manque pas à la fermentation,
et ne croie pas pouvoir s'en passer. -- Il doit
se convaincre que tout sperme, toute semence,
de quelque règne qu'ils soient, ne peuvent
produire leurs semblables, et pousser leur
germe qu'à l'aide de la putréfaction qui met la
semence à même de pouvoir le développer. --

@

-- 44 --
Il faut que l'artiste examine le grain de blé et
des légumes, qui quoique mis dans la terre,
qui est leur matrice, leur mère: s'ils ne s'y
gonflent et ne s'y pourrissent pas, jamais leur
germe vital ne poussera, ne se manifestera
pour produire leurs semblables et les multiplier.
Un homme savant feu l'abbé Sausse,
chapelain de Louis XVIII, roi de France, dont
je fis la connaissance, travaillait depuis plus
de 30 années à la pierre philosophale: il était
comme le plus grand nombre des chercheurs
qui se figurent toujours avoir réussi ou espèrent
d'y parvenir. Cet abbé était parvenu à
rassembler beaucoup de rayons du soleil céleste,
ayant la couleur et sécheresse de la
forme métallique. Surpris d'une pareille ressemblance
avec le livret d'or du Trévisan;
je ne pus m'empêcher de lui témoigner
mon étonnement de sa découverte; le reconnaissant
pour le plus avancé de tous ceux qui
travaillaient à découvrir la pierre philosophale,
et celui qui s'en était le plus approché:
de quoi il fut très satisfait.
En homme vrai, je ne pus m'empêcher de lui dire: Mon cher abbé, c'est parce que vous

@

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avez trouvé cela, que vous ne parviendrez pas
à finir la pierre philosophale. -- Et pourquoi
non, me répondit-il, si comme vous le dites,
j'ai déjà les rayons solaires, qui sont la forme
et le mâle, sans lesquels on ne peut féconder
la matière féminine pour parvenir à faire la
pierre philosophale. -- Je lui dis, vous vous
trompez: -- Et pour vous convaincre, mon
cher abbé, que vous êtes dans l'erreur, faites
bien attention à ce que je vais vous dire. --
La pierre philosophale ne peut se faire sans le
mâle et la femelle métallique (et des aidants)
qui en sont les deux natures. -- Mais il faut,
comme au règne animal, que ces deux natures
opèrent conjointement, et unissent leurs feux
dans la même seconde pour produire l'enfant
aurifique qui doit sortir d'elles; et que de l'union
de leurs semences, il résulte un troisième
produit que nous nommerons humide radical;
après qu'il aura été nettoyé de ses impuretés
et qu'il aura acquis par la fermentation
la vertu désirée, sans laquelle la semence
masculine et la matière féminine restent froides
et engourdies, et ne peuvent manifester
la vie qui est en elles; ni cette vertu multiplicative

@

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qui n'est visible aux philosophes
hermétiques que par les yeux de l'esprit, de
l'imagination.
Ce que je vous dis, mon cher abbé, vous contrarie; mais je me suis fait un devoir de
dire la vérité, et je ferai toujours de même.
Pour vous donner une preuve de ce que je vous dis, et de la sincérité de mes observations
je vais vous en faire un tableau plus facile.
Supposons qu'un homme se fut mis dans l'esprit de pouvoir parvenir à engendrer son
semblable, en s'y prenant autrement que l'on
ne doit s'y prendre naturellement, et que
pour y parvenir il fut allé à Versailles chercher
et se procurer de la semence masculine,
laquelle il aurait bien reçue et mise dans une
bouteille. -- Et que pour se procurer la matière
ou semence féminine, il fut allé la chercher
à Fontainebleau. -- Et qu'ayant porté à
Paris et dans son logement, les semences des
deux natures, il se fut figuré en obtenir un
enfant par leur réunion seule sans cette vertu
indispensable, essentielle pour l'engendrement,
qui ne peut, comme nous l'avons déjà

@

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dit, y être introduite que par la fermentation,
laquelle ne se manifeste qu'après l'union des
deux semences mises dans la même seconde,
dans la matrice de leur règne (1).
C'est donc la fermentation qui ajoute à cette confection ou compost; cette vertu générative
et multiplicative qui ne peut y être ajoutée
que de cette seule manière. -- Alors seulement
cette réunion des deux semences se
nomme première matière.
Convaincu par mon observation qu'il était dans l'erreur, et qu'il était bien loin d'avoir
ce qu'il désirait; il me pria, me supplia de lui
dire et lui donner le moyen de pouvoir parvenir
à bien faire cette réunion, pour obtenir
cette vertu que l'on ne peut avoir autrement.
Je lui répondis que j'étais venu pour le voir,
que je ne lui demandais aucun de ses secrets,
et que je ne pouvais pas lui donner le mien.


(1) On reconnaît la fermentation bonne et véritable dans le règne métallique, par l'odeur forte qui s'en exhale. Et dans le
règne animal, elle se manifeste chez les femmes nouvellement fécondées,
par une envie de cracher, et quelquefois de vomir continuelles;
par des faiblesses et des maux d'estomac, occasionnés par
les vapeurs qui s'élèvent dans leur matrice; enfin, par une indifférence
totale d'elles-mêmes et de tout goût précédent.

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Ce qui le désola et le dégoûta pendant plusieurs
mois du travail alchimique.
Je lui dis; cependant, travaillez toujours, ne vous écartez jamais du règne métallique,
suivez la nature qui, toute puissante qu'elle
est, ne peut rien faire, rien produire dans aucun
des trois règnes sans la vertu fermentative
qui est un des moyens dont elle se sert:
lequel, dans le règne animal seulement (après
avoir donné aux natures l'existence, la vie
temporelle, la seule que la nature leur donne),
(2) les facilite, les aide, et les met à même de


(2) L'homme a deux vies en lui: la première, terrestre et végétative (de laquelle je traite), par conséquent sujette à périr: elle
lui vient de ses père et mère.
La deuxième, céleste, divine; par conséquent éternelle, comme son auteur.
La première finit un jour par la séparation des mêmes éléments qui l'ont produite; ce que je nomme mort corporelle, ou cessation
de vie visible.
La deuxième, que l'auteur de toutes choses envoie à la créature après qu'elle a été conçue et formée dans la matrice humaine, par
la vertu de la semence masculine, est immortelle. Elle part de ce
foyer de lumière pour venir s'unir à ce corps nouvellement formé;
et pour le faire participer à la gloire céleste, comme créature formée
à l'image et à la ressemblance de Dieu; et pour nous faire des
petits Dieux, sans cependant que cette séparation de lumière et don

@

-- 49 --
pouvoir d'elles-mêmes parvenir à se multiplier.
Ce qui n'arrive pas de même aux autres
deux règnes, puisqu'ils ont besoin d'être
aidés par l'homme. C'est donc la fermentation


de Dieu diminue en rien sa puissance, sa vertu, sa perfection.
Elle est comme une bougie allumée qui ne perd jamais de sa clarté,
quoiqu'elle donne et communique sa lumière à un million d'autres
bougies; qui comme la première, peuvent la communiquer, la
multiplier à l'infini. Telle est l'idée que j'ai pu me faire de la Divinité,
laquelle étant toute lumière n'en perd jamais une étincelle,
quelques dons qu'elle en fasse.
La première vie de l'homme est un esprit terrestre, la deuxième vie est un esprit céleste. Toutes les deux constituent par leur réunion
un corps animal parfait. Et quoique le corps de l'homme soit
animé célestement, il est condamné à finir. Cependant le corps matériel
de l'homme ne laisse pas que de garder toujours en lui une
petite partie de cette immortalité que Dieu accorda à la nature humaine
lors de la création; et que nous n'avons perdue que par la
première désobéissance; laquelle petite partie d'immortalité se
montre (quand le corps de l'animal parfait ou imparfait est mis
dans la terre), par la production que tout corps mort manifeste à
par l'effet de la corruption, soit en vers qui ont vie, soit en herbes,
dont d'autres animaux se nourrissent, ce qui a donné naissance à
la métempsycose. L'une ne peut être sans l'autre dans le corps
d'un animal parfait. L'immortelle ne quitte le corps de l'animal parfait
et ne se sépare pas de loi tant que celui-ci garde en lui une
petite partie de cette vie terrestre, végétative ou première vie, qui
est le résultat et production du deuxième degré de la fermentation
ou de la putréfaction des semences qui la contenait; et un esprit produit
3
@

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seule qui la procure cette vertu, et qui facilite
à la forme métallique renfermée dans les métaux
(après qu'elle en est extraite et mise dans
sa propre terre ou matrice), le moyen de manifester
le pouvoir que Dieu lui a donné de
féconder la matière féminine, de la faire croître
et de la faire multiplier. Mais il faut distinguer
le degré de cette fermentation, et
pour ne pas s'en écarter dans le travail, il
faudra bien réfléchir sur ses trois différents
degrés; lesquels sont très bien expliqués dans
le 3e volume des Fables égyptiennes et grecques
dévoilées, par Pernety.
La note ci-dessus me fait naître le désir de voir rendre par le gouvernement une ordonnance
qui défendit expressément d'enterrer
personne sans que la putréfaction du corps se
fut manifestée. Alors on serait bien convaincu


par les éléments, lequel sert de milieu entre le corps matériel
humain, et l'âme divine qui lui, donne la perfection. C'est donc cet
autre esprit terrestre (que l'on nomme, dans tout animal imparfait,
instinct), qui unit le corps matériel, périssable, avec
l'âme divine, éternelle: le haut avec le bas, le céleste avec le terrestre,
ce qui ne se voit que dans le règne animal, et en l'homme
seulement. Les autres animaux n'ayant que la vie négative, et esprit
terrestre, ou instinct, sont privés de cet avantage.

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-- 51 --
que les éléments terre et eau qui constituaient
le corps, se sont séparés de ceux air et feu
qui l'animaient, et qu'il n'y a plus en lui de vie
terrestre, végétative, laquelle servait de lien
et unissait le corps matériel périssable avec
l'âme immortelle, divine, ainsi qu'il a été dit
ci-dessus.
Par cette précaution l'homme ne serait pas exposé à être enterré vivant: ce qui arrive
quelquefois à ceux qui meurent subitement
par quelque attaque d'apoplexie ou autre.
On a vu des hommes qu'on a exhumés vivre encore plusieurs années en bonne santé,
ainsi que d'autres qui, ayant été enterrés vivants,
ont été trouvés s'étant rongé et mangé
les poings.
Il y a 80 ans que dans un hôpital de village, un malade qu'on crut trépassé et sur lequel on
avait jeté le drap, fut visité six heures après
par une dame charitable qui lui jetait de l'eau
bénite dessus: celui-ci lui dit: qu'elle bonne
âme vous envoie ici pour me rendre à la vie!...
Ce qui étonna beaucoup la dame charitable.
Une autre résurrection ou empêchement de mourir moins ancienne est arrivée au sieur

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-- 52 --
Candy, lyonnais, lors de son premier voyage
à Paris, il était âgé alors de 18 ans, et avait
une danseuse de l'Opéra pour maîtresse: une
maladie le prend, il devint si mal que les assistants
le voient mort. -- Sa bonne amie, désolée
de sa perte, va trouver M. Leriche, maréchal-ferrant
et philosophe hermétique, rue
du Faubourg-Saint-Antoine, près l'Abbaye,
qu'elle savait avoir fait revenir d'autres personnes
à la vie; le sollicite, le prie de venir
donner ses soins, ses secours à son ami décédé;
il le lui promet et se rend de suite à la maison
du mort. Etant au moment de monter
l'escalier, une personne qui le descendait lui
dit: M. Leriche, il est inutile de monter, il
est mort depuis six heures. -- Puisque je suis
ici, répondit M. Leriche, je vais monter; ce
qu'il fit: vit le cadavre, le toucha et le trouva
froid dans toutes les parties de son corps, sauf
au creux de l'estomac où il trouva encore un
peu de chaleur: alors il dit, il y a encore de
l'espoir. -- Vite, il fait faire un grand feu, prépare
le tout, donne ses soins, chauffe le corps
et l'oint en entier de la médecine universelle
dissoute dans de l'esprit de vin, et une heure

@

-- 53 --
et demi après avoir opéré de même, présente
un miroir à la bouche du prétendu mort, lequel
fut couvert et taché de son haleine et
souffle: ce qui lui fit dire, il vivra. -- Fait
chauffer le lit, et quand le malade eut donné
une plus forte marque de retour à la vie, il l'y
fit mettre dedans. -- Continue à lui administrer
intérieurement un peu de la médecine
universelle qu'il lui fit avaler, et l'homme
qu'on eût enterré dix-huit heures après fut
rétabli en vie. Depuis il se porte bien, et aucune
maladie sérieuse ne l'a atteint. Il a 84 ans,
et il habite pour la deuxième fois Paris depuis
40 ans. Son corps sans doute fortifié par
la médecine universelle, fut mis et se tient
encore dans un état de santé parfaite (1). On
peut se convaincre de la vérité de ce que j'avance
en se transportant place du Chevalier-


(1) Le corps du sieur Candi, par la grande vertu de la médecine universelle, fut si fortement dépuré de tout germe de maladies,
et tellement fortifié, que dans les deux voyages qu'il fit en Turquie
et en Egypte, quelques années après, il y fut atteint deux fois de
la peste (ayant été mis avec des pestiférés), et qu'il en fut guéri
sans prendre aucun remède. Il a encore tous ses cheveux noirs,
quoique âgé de quatre-vingt-quatre ans.

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du-Guet, n° 6, ou ledit ressuscité demeure. --
On le trouvera exerçant le métier de mécanicien,
et on saura du sieur Candy lui-même
la vérité; il se fera un plaisir de la raconter,
il y ajoutera même des choses très curieuses
et relatives à ma narration concernant M. Leriche,
maréchal-ferrant et philosophe hermétique,
ainsi que le motif qui causa la mort du
fils de ce dernier.
Si le corps du sieur Candy eût été sans une petite partie de cette vie terrestre, végétative,
la vie céleste n'y eût pu rester, et la médecine
universelle qui lui fut administrée par le philosophe
n'eût rien opéré: parce qu'il est de
principe fondamental que la vie n'opère que
sur la vie en l'augmentant, et jamais sur un
corps mort, par conséquent privé de cet esprit
terrestre, élémentaire, ou première vie.

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CINQUIEME LEÇON.
Des principes visibles nécessaires pour l'oeuvre, de la
destruction desquels on compose un des cahos.
-*:*-
PREMIER CHAPITRE
I. Le sel, le soufre et le mercure métalliques. -- Ils doivent être purifiés par eux-*
mêmes.

II. Le mâle, la femelle, et le sel nitre fondant et dépurant. -- Lisez avec sagesse.

III. La pierre des philosophes ou leur composé. Fondement de la pierre philosophale. --
Détruisez, dépurez et unissez, alors vous
aurez la pierre des philosophes.

IV. Le cahos humide, ou tous les éléments seront confondus. -- Desséchez-le; faites-*
les sortir par ordre, et faites-en une nouvelle
pierre.

La matière première de la pierre philosophale ne s'obtient que par l'union des esprits
contenus dans les corps métalliques: je veux

@

-- 56 --
dire que la perfection de la chose qui pourra
parfaire toutes choses vient de l'union et de
la purification des esprits contenus dans les
productions laissées imparfaites par la nature.
-- C'est donc dans les corps parfaits que tu
trouveras, si tu sais ouvrir les métaux, cette
semence première contenant l'esprit universel
de la pierre philosophale. -- Que Vulcain
soit de la partie, il te sera utile; mais
cependant méfie-t-en, car il pourrait abuser
de ta confiance si tu la lui accordais entièrement;
sois donc très réservé avec lui.

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DEUXIEME CHAPITRE

Des trois manières d'opérer, nécessaires pour parvenir à parfaire
l'oeuvre hermétique.
On parviendra à finir cette divine oeuvre, en suivant exactement les trois manières suivantes
d'opérer:

La première consiste à réduire une pierre, ou l'or philosophique, en eau: parce que dans
toute génération les semences de tous les trois
Règnes, ne représentent qu'humidité et tiennent

@

-- 57 --
plus de l'élément de l'eau, que des trois
autres;

La deuxième consiste à parfaitement dépurer le produit des matières, principe; de
toute saleté;

Et la troisième consiste à faire la coction du mercure philosophal dans un vaisseau rond
à long col, hermétiquement fermé, par élixation
et assation.

Quand les métaux philosophiques, le soleil et la lune, seront réduits en eau mercurielle
et qu'on aura bien nettoyé cette eau de toutes
fèces, on la mettra en digestion dans un athanor
et on y administrera le feu convenable,
en se conformant à la troisième manière
d'opérer. -- Tout consiste donc à réduire les
métaux philosophiques en eau, et puis, par
une longue digestion, à réduire cette eau en
pierre, d'où elle a pris son origine: voilà
sa fin.

@

-- 58 --
TROISIEME CHAPITRE.
D'où il faut partir pour commencer le travail d'alchimie.

La meilleure manière de procéder, pour arriver avec moins de difficulté à trouver la
pierre philosophale, c'est de partir d'un principe
connu, pour pouvoir arriver à l'inconnu
que nous cherchons: qui est la médecine
universelle et la poudre de projection; et ce
sera toujours en vain qu'on travaillera pour y
arriver, si l'on part d'un principe inconnu.
Il faudra donc partir d'un bon chemin, qui est le principe connu, pour pouvoir arriver
au but inconnu auquel on désire parvenir.
-- Le bon chemin n'est guère suivi. Plusieurs
de ceux qui travaillent à la pierre philosophale
se figurent qu'ils y arriveront sans connaître
les principes nécessaires, ou les deux
serpents hermétiques qui seuls contiennent et
sont la base de la semence première des
métaux. -- Le connu, sont le mâle et la femelle
métalliques; l'inconnu, c'est la médecine
universelle et la poudre de projection.
-- Et c'est où veulent arriver les chercheurs,
sans prendre aucune peine: à quoi ils ne parviendront

@

-- 59 --
jamais, tant qu'ils ne partiront
pas du principe connu qui est le seul moyen
pour pouvoir arriver à l'inconnu, qui est
l'ouvrage fini.

--------
QUATRIEME CHAPITRE.
Des deux voies: sèche et humide.
Quand les philosophes hermétiques parlent de deux voies, pour faire l'oeuvre, ils n'entendent
pas qu'il faille en choisir une des
deux, comme font beaucoup d'amateurs qui
se figurent que l'une est plus longue que
l'autre. -- Mais bien, ils montrent que l'ouvrage
doit se commencer par la voie humide,
en réduisant les métaux philosophiques en
eau; et qu'il faut le continuer et le finir par
la voie sèche, en réduisant cette eau (qui est
devenue première semence) en pierre. -- A
quoi on parvient par le moyen du feu extérieur
qui aide et excite le feu intérieur, ou
de contre-nature, et le met à même de réduire
cette eau en pierre, en la desséchant
par sa chaude vertu.
Mon but, en faisant ce Cours d'alchimie,
@

-- 60 --
n'a pas été de mettre les amateurs dans l'erreur;
différent dans ma manière d'écrire, de
celle de mes prédécesseurs, je ne présenterai
pas deux voies, comme ils ont fait, ou bien
deux chemins différents pour arriver au même
résultat: mais bien un seul. -- Et quoique
les philosophes disent qu'il y a deux voies ou
moyens pour y arriver, il ne faut pas cependant
prendre pour vrai tout ce qu'ils disent:
ils ont des raisons pour parler ainsi; ils ne
peuvent ni ne doivent s'expliquer clairement,
parce que la science doit être tenue cachée.
Moi-même je la cache aussi; et quoique cela,
je suis très convaincu que je m'explique trop
clairement: ce qui me fait craindre qu'un
jour mes semblables me feront des reproches
de ce que j'ai écrit.

--------
CINQUIEME CHAPITRE.
Des opérations nécessaires pour parvenir à bien faire la
séparation, et réunion des principes pour l'oeuvre.
La fusion les mariages, la pulvérisation, la distillation, le pétrissage, la trituration, la
purification, le blanchiment, la sublimation

@

-- 61 --
et la calcination, ainsi que la séparation et
réunion des principes, ne désignent pas toujours
une entière opération de l'oeuvre; mais
bien une partie, et sont indispensables pour
parvenir à la bien finir. -- Donc le vaisseau,
le mâle et la femelle, le corps et l'esprit, la
chose sèche qui doit être ramassée et ce qui
doit la contenir, ne sont pas toujours des
choses séparées : les philosophes hermétiques
savent les unir et les séparer suivant le besoin
du moment. Mais parce que le travail est trop
long en faisant les opérations ci-dessus séparément;
et qu'on pourrait l'abréger de beaucoup
en faisant deux opérations en même
temps, et qu'on pourrait l'abréger encore
davantage en en faisant trois ou quatre par une
seule (à quoi je suis parvenu, après avoir
travaillé long temps pour en trouver le moyen
qui m'a bien réussi). J'invite ceux qui travaillent
et cherchent à découvrir cette belle
science, à trouver ce moyen; et s'ils y parviennent,
alors il leur sera facile de faire
parfaitement le magistère. -- Mais il faut qu'ils
fassent attention que les chaux, métaux, sels,
esprits et soufres, que pendant quatorze ans

@

-- 62 --
j'ai quelquefois préparés et purifiés séparément
(ce qui m'obligeait à me servir de plusieurs
fourneaux en même temps), ne se
séparent et ne s'évaporent pas; je les avertis
de ne faire sous le vase, les contenant, qu'un
feu qui convienne aux différentes matières y
réunies. -- Voilà le seul moyen d'abréger, et
de le bien faire.

--------
@


SIXIEME LEÇON.

PREMIER CHAPITRE.

Montagne philosophique.
-*:*-
Il est essentiel de la voir ou de se la représenter, et plus encore d'y pouvoir monter.
-- Il faut donc que, pour pouvoir achever
l'ouvrage hermétique (qui est un don de Dieu),
le philosophe parvienne à y faire monter,
promener et sauter ses aigles volants. C'est
sur cette montagne, que les aigles ou oiseaux
hermétiques se dépouilleront de leurs mauvaises
plumes et y acquerront un plumage
tout blanc, un peu doré en dedans. Amenons-
y donc nos oiseaux; faisons-les-y monter par
gradation, et ne permettons pas qu'ils s'éloignent
les uns des autres. Si nous parvenons
à pouvoir leur faire parcourir ladite
montagne jusqu'à son sommet et à les en faire
descendre lentement, nous serons bien près
de la fin de notre ouvrage (puisque alors
seulement ils seront parvenus à blanchir

@

-- 64 --
parfaitement leurs ailes, qui serviront de draps
et de lit dans lequel doivent coucher les époux
hermétiques Apollon et Diane), et notre
bonheur n'en sera que la suite et la fin; c'est
par la patience et à l'aide de Dieu qu'on y
parviendra.

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DEUXIEME CHAPITRE.
Des cahos métalliques contenant les principes de l'oeuvre.

Les alchimistes, pour ne pas s'égarer dans le long travail du grand oeuvre, sont obligés
à reconnaître et composer plusieurs cahos, et
à se diriger d'après le nombre. Et c'est presque
toujours de leur destruction, composition et
coction d'un seul que doit sortir leur élixir
(leur médecine); lequel ne peut être parfait
s'il ne réunit en lui les quatre qualités des
éléments, ni nous donner cette médecine divine,
qu'après avoir passé par toutes ses couleurs,
dont chacune marque la dénomination
d'un élément particulier dont il doit être
composé. -- Les premiers se composent de
la destruction des corps ou métaux parfaits,
du soleil et de la lune, qui, dans cette opération,

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doivent être détruits séparément, et les
autres, après avoir été réunis en un seul corps.
Les seconds se composent de la parfaite purification des premiers et de leur union
avec leur esprit. -- Les premiers sont ordinairement
secs, chauds. -- Les seconds sont
presque toujours humides. Et c'est de leur
parfaite purification, alliance et réunion des
quatre qualités des éléments, que dépend la
réussite de notre ouvrage hermétique.

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TROISIEME CHAPITRE.
Aigles volants de l'oeuvre.
Nous diviserons les aigles volants en plusieurs parties.

Les premiers comme préparatoires,
Les seconds comme essentiels,
Et les troisièmes comme finales: par conséquent indispensables.

Par ce détail nous pourrons parvenir à convaincre les amateurs labourant à l'oeuvre,
comme nous le sommes nous-mêmes, que
l'ouvrage de l'alchimie ne saurait parvenir à
3*
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sa perfection sans ces trois manières d'opérer.
-- Elles doivent donc être égales, progressives,
fortes, faibles, longues et lentes. -- Enfin, il
faut que le philosophe hermétique, labourant,
se pénètre bien que la réussite de son ouvrage
alchimique en dépend.

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QUATRIEME CHAPITRE.

Conduite et proportion à garder pendant la pratique.

En employant les matières, on fera bien attention à la quantité, qualité et pureté; et
on suivra par entier, demie, fraction, etc.,
augmentations, additions, lavages, regrattements
des crasses, et on n'emploiera que de
l'eau pure, nette et l'on fera sécher la pâte
blanche au soleil et sur du papier bien blanc
et très propre.
On fera beaucoup d'attention aux détonations que notre matière occasionnera par la
séparation des principes (séparation nécessaire)
que le feu fera faire, et on aura soin
de ne le pousser toujours que jusques à la
fusion, ou bien quelquefois à la parfaite siccité

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de la matière restant dans le vase à
l'opération: c'est essentiel. Et on se rendra
compte de la perte, diminution, ou augmentation
de la matière restante par le moyen
des balances dont on ne pourra pas se passer
et qui doivent être toujours en permanence.

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SEPTIEME LEÇON.
PREMIER CHAPITRE.
Des éléments principiants et des éléments principiés.

-*:*-
Les philosophes hermétiques, différents des philosophes de l'école et des chimistes, n'admettent
et ne reconnaissent que quatre éléments:
la terre, l'eau, l'air et le feu; et sont
convaincus que ce sont les éléments principiants.
De ces quatre éléments principiants,
il en résulte les éléments principiés, ou les
trois principes, qui sont: le sel, le soufre et
le mercure. Et de ces trois réunis, le mercure
parfait, ou la première matière des métaux.
De ces trois principes (qu'il nous arrive souvent de toucher avec nos mains), la nature
en forme les deux natures; le mâle et la femelle,
et ces deux derniers, dans quelques
opérations du travail hermétique, manifestent
le sel et le soufre métalliques, dont ils sont
composés; et joints avec le mercure, ils sont
le fondement de notre oeuvre. -- Ils sont donc

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seuls suffisants pour procréer leurs semblables,
et pour les multiplier à l'infini, ainsi que Dieu
l'a voulu. Dans ces deux natures, qui contiennent
les principes de notre oeuvre, se trouvent
les qualités et les vertus des quatre éléments
principiants, de même que celles des trois
principes, ou des éléments principiés.
Ces deux natures n'existant plus, ayant changé de forme, ne font plus partie de l'arbre
généalogique hermétique, de même que dans
la Genèse, Caïn et Abel sont mis dans l'oubli,
quoiqu'ils aient été très nécessaires, ayant été
reconnus pour le fondement et la souche de
la postérité humaine. Les nôtres le sont aussi
de la postérité métallique et alchimique...
Quelle injustice de les oublier?

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DEUXIEME CHAPITRE.
Des corps et des esprits nécessaires pour faire l'oeuvre.

Sans les corps métalliques, nous n'aurons jamais l'âme ou les esprits vitaux nécessaires.
C'est donc des corps qu'il faudra les sortir, et
pour les sortir, il faudra les ouvrir: et par

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cette opération nous nous convaincrons de la
vérité de la science.
Sans l'extraction des esprits contenus dans les premiers corps, qui en les sortant par l'aide
de Vulcain, en forment quelquefois un nouveau:
l'union essentielle et parfaite desdits
esprits principes, qui y sont cachés, d'avec
ceux qui en sont séparés, ne se ferait jamais,
et la première matière des métaux nous manquerait.
Il faudra donc, pour obtenir cette première matière des métaux, réduire tous les nouveaux
corps en esprits, en eau, et par ce moyen
nous cacherons, à tous ceux qui en sont indignes,
le moyen de trouver et de voir la vérité
de l'alchimie et puis nous corporifierons ces
esprits réunis.
Détruisez, formez, purifiez et unissez. Ce sera donc par l'union des esprits tirés des
corps parfaits, que nous parviendrons à faire
les miracles d'une seule chose, comme nous
l'a montré notre père Hermès.

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TROISIEME CHAPITRE.
Des feux en général et des sublimations.
Il y a trois feux intérieurs, et trois feux extérieurs, ou trois manières de les employer
ou de s'en servir, et deux de les unir.
Il y a aussi trois sublimations, ou trois manières de les faire.
Il y a aussi trois manières de diriger les feux.
De leur union et de leur direction et emploi, dépend la réussite de l'ouvrage hermétique.

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HUITIEME LEÇON.

PREMIER CHAPITRE.

Traité du sel, premier principe, par ordre de travail.

-*:*-
Le sel, qui est généralement reconnu pour être le premier principe dans notre oeuvre, se
trouve toujours invisible, ou n'est vu que par
les yeux de l'imagination, quoique réel, excepté
que, par un coup de maladroit (et au moment
de sa formation), l'artiste ne le rende visible;
il nous est toujours plus favorable quand il est
invisible. -- Mais ce qu'il y a de difficile à
comprendre, c'est que, de trois principes essentiels,
dont deux sont toujours visibles et
palpables, le sel, ne l'étant pas, et ne devant
pas l'être, puisqu'il n'est produit que de la
destruction corporelle de ses frères, soit mis
au premier rang, joue (quoique se tenant toujours
caché derrière le rideau philosophique,)
le premier rôle, et devienne l'objet indispensable
de notre oeuvre; il le faut ainsi, puisqu'il
est reconnu pour principe fondamental,

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dans toutes les opérations philosophiques; que
de deux, il en doit toujours être produit un
troisième, qui devient lui-même premier, et
alors il est dépositaire des vertus de ses père
et mère, pour les représenter au besoin.
Ce sel ne peut être mieux représenté, que comme celui qui pousse sur la terre, et qu'on
voit bien souvent dans les caves quand on y
descend, qui n'est qu'un nitre propre à la fabrication
de la poudre à canon.
N'allez pas croire pour cela que celui dont je traite soit le nitre commun, ni le sel marin,
ni le sel de tartre; celui dont je traite,
quoique végétal, animal et minéral, tient plus
à ce dernier règne, puisqu'il en est la base, et
qu'il est toujours incombustible: avantage que
n'ont pas les autres sels. -- Il faut donc le
trouver incombustible et propre à se réduire
en eau mercurielle, d'où il est tiré; parce qu'il
est aussi de principe fondamental, que pour
parvenir à la transmutation métallique, il faut
que les principes corporels servant à notre
oeuvre, redeviennent ce qu'ils étaient avant;
c'est-à-dire, qu'il faut qu'ils changent de forme
et redeviennent eau.
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Il faut donc travailler la matière jusqu'à ce que nous en ayons extrait ce sel invisible, qui
n'est qu'un esprit métallique, qu'il faudra dégager
de ses impuretés, pour qu'il conserve
en lui cet amour pour ses frères, et ne puisse
pas devenir ingrat de la vertu qu'il aura de
fixer; avantage qu'il ne tiendra que d'eux. --
Ce ne sera donc que quand il sera réduit en
mercure, qu'il pourra manifester sa vertu.
Alors, de concert avec le soufre et le mercure,
avec lesquels il devra être uni, il pourra être
regardé comme étant en chemin d'acquérir
par la coction, le pouvoir d'exercer sa puissance;
laquelle la poudre de projection dont
il fera partie essentielle, contiendra parfaitement.

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DEUXIEME CHAPITRE.
Traité du soufre, deuxième principe: par ordre de travail.

Le soufre a été regardé pour le deuxième principe dans l'ouvrage d'alchimie; ses vertus
sont de donner à la matière liquide, la forme
et la couleur. -- Il est d'un rouge terne, et tacheté
de blanc; il se réduit facilement en poudre,
à cause de sa sécheresse, mais travaillé

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jusqu'à plus qu'il ne faut, il redevient métal,
malléable.
Malheureux est l'artiste, quand il le pousse à ce point, qui est la preuve de son ignorance, de
son peu d'expérience et la perte de son temps.
Dans cet état il ne peut nous être utile, ayant
repris la forme corporelle, qui lui a fait perdre
la vertu et l'avantage de pouvoir revenir dans
ses premiers principes. -- Ce sont des esprits
liquides, qu'il nous faut (mais non des corps)
ou des produits les ressemblant et pouvant le
devenir.

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TROISIEME CHAPITRE.
Traité du mercure; troisième principe: par ordre de travail.

Le mercure, qui est reconnu pour le troisième principe dans notre oeuvre, pourrait
être mis le premier puisque ce n'est que par
lui que le philosophe hermétique parvient à
ouvrir le métal, et à rendre l'invisible visible,
et que ce n'est aussi que par son moyen,
que l'union des autres deux principes se fait. --
C'est donc lui qui reçoit les autres deux, et
qui les nourrit; c'est lui qui est le vase dans
lequel ils se baignent: il est donc eau; et c'est

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