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dans cette eau que le grain fixe est mis, pour
qu'il s'y putréfie, et qu'il y pousse son germe.

Observation.
Lorsque j'ai traité des trois principes, sel, soufre et mercure, je n'ai pas entendu parler
de ceux dont nos deux natures sont formées
par la nature; mais bien de ceux (quoique les
mêmes) qui dans le cours du travail, (à commencer
du premier mariage, jusques au
deuxième, ou pour mieux dire, jusqu'à l'eau
double) forment la terre feuillée; d'où est
produite la terre des feuilles.

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NEUVIEME LEÇON.
PREMIER CHAPITRE.
Première nature ou feu chaud.
-*:*-
Le mâle a toujours été regardé, par tous les philosophes hermétiques, pour la première
nature sans laquelle la matière froide, ou la
femelle, ne pourrait être fécondée. -- Il faut
donc le choisir sain et vigoureux; il est de
très grand prix quand aucune imperfection
ne diminue pas en lui la quantité de vertu
prolifique, ou d'esprit formateur nécessaire
pour travailler la matière menstruelle minérale
et pour la faire parvenir à la perfection
désirée. -- Il faut ouvrir ce mâle, sans cependant
le tuer (parce que rien de mort ne
peut servir à notre oeuvre), et tirer de lui son
sang ou cette forme et cet esprit, ou feu naturel
chaud duquel nous ne pouvons nous
passer. -- On y parvient facilement, mais non
sans peine. Notre mâle est rude et bien souvent
intraitable; mais nous parvenons à l'adoucir
en lui donnant une femelle belle, jeune

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et tendre, à laquelle il se rend. C'est un
amoureux passionné pour le beau sexe; la lui
promettre et la lui donner, c'est le seul moyen
d'adoucir en lui ce qu'il a de rude et de farouche:
il est indomptable sans cela. -- Différent
de l'homme, il est amoureux même
dans l'âge décrépi; et le sperme chaud qui
est en lui ne diminue pas de force ni de vertu,
quelque vieux qu'il soit. On peut donc le
prendre à tout âge, pourvu qu'il soit beau,
bien fait et dégagé de son rude poil. Il faudra
lui donner une femme: parce que rien dans
le monde ne vient d'un mâle sans l'union avec
sa femelle. C'est de cette deuxième nature que
nous allons traiter au chapitre suivant.

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DEUXIEME CHAPITRE.
Seconde nature, ou feu froid et humide.
La femelle a été regardée, par tous les philosophes hermétiques, pour la deuxième
nature (elle contient le feu innaturel froid);
ses qualités sont d'être froide et humide,
quoique chaude par tempérament; ses menstrues
sont très corrosives. -- Il faut la choisir

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belle, brillante, peau blanche. -- Quoique
très amoureuse, elle est bien souvent indifférente
et volage. -- Ce défaut, qui est naturellement
trop attaché en elle, ne lui permet
pas bien souvent de s'unir à son époux; elle
le repousse. -- Délicate comme nos petites
maîtresses; pleine de prétentions et d'orgueil,
le mari qu'on veut lui donner ne saurait lui
plaire: mais en l'habillant et le rendant beau,
elle se laisse approcher. -- Et quoique il y ait
entre eux un amour naturel et aimantin, on
ne saurait parvenir à les unir, si Vulcain, qui
est l'entremetteur de nos beaux mariages, ne
se trouvait humilié et son amour-propre blessé
de ne pas réussir à faire ce beau lien; duquel,
comme de celui de Déjodée, il en doit naître
les plus agréables et les plus beaux enfants.
-- Il faut donc qu'il use de finesse, qu'il leur
ménage une, et même plusieurs entrevues; à
quoi il parvient par quelques petits mensonges
pardonnables à celui, qui comme Vulcain, a
d'aussi bonnes intentions. -- Il parvient à unir
nos beaux époux et a soin de ne leur laisser
que ce qu'ils ont de plus beau en vêtements,
et les allie si fortement que de leurs vertus

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opposées (froide et chaude), il en fait un produit
qui est de très grand prix, et duquel le
philosophe hermétique et expérimenté sait
tirer le plus grand parti pour l'ouvrage philosophique.
-- Vulcain, quoique boiteux (étant
mal accoutumé en fait de femmes, ayant
épousé Vénus la plus belle), devient un être
à craindre; il pourrait fort bien se rendre
amoureux de l'objet allié et mettre la division
dans notre beau ménage. -- Pour donc prévenir
ce malheur, le philosophe labourant a
soin de ne jamais le laisser seul: soit avec la
femme, soit avec le mari. Cette précaution
n'est pas la précaution inutile, si l'on veut la
paix et si l'on veut être certain que notre
époux puisse se convaincre d'être le père de
l'enfant que sa femme mettra au monde, et
qu'il puisse aussi être assuré que son enfant,
pour lequel il a sacrifié son existence entière,
jouira non d'une vie valétudinaire, mais bien
de la longue, vigoureuse et puissante vie qu'il
lui a donnée et communiquée en le formant.
-- Parce que, comme je l'ai dit ci-dessus, elle
est très volage, et cela lui sied un peu; cela
ranime les soins de son mari; cela lui donne

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comme une espèce d'autorité sur lui, qui cependant
doit finir par être cédée en entier au
mari: parce qu'il est de principe fondamental
que la forme doit l'emporter sur la matière, et
c'est même de droit. Et pour que tout cela se
fasse avec ordre et que tout soit bien observé,
et que le produit soit de bon acabit et de
bonne espèce, il faudra avant tout faire laver
nos métaux dans un vinaigre très aigre, ou, à
défaut, dans de l'urine du vieux Saturne ou
bien dans celle d'un jeune enfant; dans laquelle
ils se plairont et se dépouilleront de leur péché
originel, et seront rendus plus propres à devenir
et à se montrer parfaits.

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DIXIEME LEÇON.

De la pierre des philosophes et de la pierre philosophale.

-*:*-
Deux pierres, commencement et fin de l'ouvrage philosophique, embrouillent tellement
les amateurs de cette science qu'ils ne savent
pas laquelle des deux est la bonne; ils s'en
forment mille idées. -- Pour ne pas les tromper
dans leurs recherches et en même temps
leur rendre facile le moyen d'y parvenir, je
leur dirai que l'une et l'autre sont nécessaires
et qu'on ne peut pas s'en passer. La première,
qui est la pierre des philosophes, nous trace
le chemin pour arriver à la pierre philosophale,
et ne s'en sépare point; elle est le principe de
l'ouvrage d'alchimie, comme l'autre en est la fin.
J'y ajouterai, pour éclaircir ce que j'en ai écrit ci-dessus et pour aider les amateurs labourant
dans la science hermétique, que la
pierre des philosophes est si nécessaire pour
faire la pierre philosophale, qu'on ne peut s'en
passer et qu'on ne peut y suppléer par autre
chose.

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Il faut donc que le philosophe labourant, fasse comme le serrurier qui est obligé de
faire une clé pour ouvrir la serrure qu'il doit
faire en même temps. -- De même le philosophe
labourant doit imiter le serrurier; il
doit commencer par faire une clé pour ouvrir
la serrure hermétique; et cette clé essentielle,
qui n'est autre chose que la pierre des philosophes
du premier ordre, quand elle sera
bien faite, lui servira et le mettra à même de
pouvoir visiter tous les cabinets intérieurs
(cachés aux commençants et amateurs de
l'alchimie), et lui procurera le moyen d'ouvrir
et de fermer à volonté, ou de se représenter
la partie la plus secrète de la philosophie:
et alors il parviendra bien plus
facilement à faire la pierre philosophale, à
laquelle seule il vise.
Il faut donc, je le répète, qu'il fasse comme le serrurier: qu'il commence son ouvrage
alchimique par cette clé, qui, quoique n'étant
faite d'aucun métal (mais bien de l'union
et confusion, ou mélange des quatre qualités
des éléments métalliques), lui devient indispensable
pour y réussir.

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Il est vrai qu'il est très difficile de trouver cette clé essentielle, et qu'il n'y a que les
vrais adeptes qui la reconnaissent et la trouvent
bien plus facilement quand ils veulent
s'en servir, que ceux qui en sont les amateurs:
quoique ceux-ci passent souvent leur vie entière
à la chercher par une lecture continuelle
des livres hermétiques. -- Toute autre personne,
quoique possédant de grandes connaissances,
s'y trompera toujours: tant la nature
l'a si fortement cachée dans ses cabinets.
Réfléchissez sur ce que j'ai dit ci-dessus, et n'employez jamais de principes ni de matières
d'un règne étranger à celui que vous voulez
élever et pousser à sa perfection.

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ONZIEME LEÇON.
PREMIER CHAPITRE.
De la sublimation et lessive hermétique.
-*:*-
La sublimation, selon Geber, philosophe hermétique, est l'élévation qui se fait par le
feu d'une chose sèche: en sorte qu'elle s'attache
au vaisseau. Comme il n'y a que les
philosophes qui comprennent Geber et qui,
par leurs connaissances, voient ce qu'il a voulu
dire dans ce peu de mots; que d'ailleurs ils
connaissent et ont tenu dans leurs mains la
chose sèche et le vaisseau: ce n'est donc pas
à eux qu'il a caché cette opération de l'alchimie;
mais bien aux commençants.
Pour leur parler avec moins de finesse, je leur dirai que la sublimation est une opération
par laquelle le philosophe (à l'exemple
de la femme qui fait la lessive) nettoie, lave,
purifie, sépare et dégage enfin son linge philosophique
de toutes saletés, hétérogénéités et
ordures, et le dispose par ce travail à recevoir

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la perfection. -- Sa perfection consiste à le
rendre bien blanc, si le linge est fond blanc:
ou bien à le rendre rouge, si le linge a été
naturellement teint de cette couleur. -- Si le
teinturier (je veux dire le philosophe) a bien
su connaître l'heure et le moment de lui communiquer
et lui unir l'une de ces deux couleurs,
et même toutes les deux en même
temps, le résultat ne peut être que blanc
ou rouge.

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DEUXIEME CHAPITRE.
Des feux intérieurs contenus dans un des derniers cahos.

Nous avons traité dans un chapitre précédent des trois feux; de la manière de les
diriger et de les unir: mais comme nous
n'avons pas tout dit et que nous ne nous
sommes pas assez étendus, nous y ajouterons
le chapitre suivant. Les philosophes hermétiques
reconnaissent trois feux dans leur ouvrage,
lesquels ne sont visibles qu'aux yeux
de l'imagination: par conséquent spirituels.
Le premier est le feu naturel masculin, formateur,
agent. -- Le second est le feu innaturel

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féminin, matériel, patient. -- Et le
troisième est le feu de contre-nature, produit
par l'union des deux premiers, toujours disposé
à se putréfier à une chaleur convenable:
par conséquent à procréer l'enfant philosophique.
-- Et l'on peut dire que ces trois feux
sont ensemble contenants et contenus; et qu'ils
ne peuvent être sortis d'autre part que du
soleil et de la lune, pour par leur union, les
soins et travail de l'artiste, former et composer
la pierre des philosophes du premier
ordre, de laquelle ils sont seuls les principes.
Ce troisième feu est le feu philosophique; il
est minéral et pas toujours égal; il est l'âme
de notre pierre philosophale, étant composé,
comme il est dit ci-dessus, des deux feux
joints.

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DOUZIEME LEÇON.
De la terre feuillée et de la terre des feuilles.

La terre des feuilles est tout ce que le philosophe labourant se propose d'obtenir; parce
que cette terre renferme en elle tout ce qu'il
faut pour l'oeuvre, et que le sel, le soufre et le
mercure en sont la base et le fondement, et
que la purification et le dégagement des superfluités
de la terre feuillée s'est opérée par
les aigles volantes de Philalèthe, et les proportions
des principes constituant le mercure
philosophal y ont été observées par le conseil
du Cosmopolite.
Il faut donc aspirer premièrement à posséder la terre feuillée, puisqu'elle contient tout et
que nous pouvons tout avoir par elle, et que
c'est aussi par elle que nous obtenons la terre
des feuilles tant désirée. -- Mais pour y parvenir,
nous avons beaucoup de travail à faire,
de souci et de chagrins à supporter; beaucoup
d'erreurs à réparer, et beaucoup d'opérations
à recommencer avant que de parvenir à la fin.

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Aussi, ce n'est pas sans une grande raison que
les philosophes hermétiques ont dit: qu'heureux
et très heureux était celui à qui Dieu
donnait les connaissances nécessaires pour
découvrir le travail et les opérations de la
science hermétique, puisque ce don était une
très grande marque de son amour et que rien
au monde ne pouvait lui être comparé.
Cette terre feuillée ne se trouve pas sur la terre: il faut que le philosophe la rende manifeste
en la créant, ou pour mieux dire en
la sortant de là où elle est. -- Notre père
Hermès nous en donne le moyen, quand il
nous dit que c'est la terre qui a été ramassée.
La nature ne peut pas nous la donner d'elle-
même; il faut que l'homme favorisé de Dieu
y mette les mains, et que ce produit divin soit
le résultat de son travail (avec lequel seul il
parviendra à faire la terre des feuilles). -- Les
métaux et les minéraux, les sels, les soufres
et les mercures y concourent mutuellement
et s'aident de même; l'artiste dépure, dégage,
unit, broie, sépare, distille, pulvérise, amalgame,
pétrit et est dans son ouvrage (qui est
aussi celui de la nature) comme un général
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d'armée, plein de zèle et de courage, se portant
partout où sa présence se trouve nécessaire,
soit pour encourager, soit pour changer
les ordres donnés ou pour tout autre travail
que le moment exige.
Vulcain n'y joue pas le plus petit rôle, puisqu'il est trop souvent la cause de la joie
ou du souci de l'artiste; mais en l'amadouant
et se tenant toujours auprès de lui, on en tire
ce qu'on désire; quoiqu'il soit notre ami,
quand nous sommes présents, nous devons le
craindre; il est comme les hommes d'aujourd'hui
qui donnent toujours tort à l'absent et
qui l'abandonnent: il faut donc ne pas le
quitter.
Les vases, et la manière de les placer, contribuent beaucoup à la réussite; et la saison,
quand il faut unir notre mâle avec sa femelle,
n'y contribue pas moins. Tout ce que je dis
doit être observé, ainsi que de prendre bien
soin que nos jeunes époux entrent tout nus
dans leur lit, pour que rien d'impur ne puisse
salir n'y empêcher leur progéniture.
Leur chambre à coucher doit être divisée en quatre parties: dont trois pour les parents

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ascendants, et la quatrième pour leur lit qui
doit être composé de terre et d'eau; et les
draps doivent être faits des feuilles d'argent
que les aigles volantes auront portées dans
leur bec, et qui, par leur union, formeront
lesdits draps dans lesquels nos jeunes époux
seront bien enveloppés. Serait-ce une fatalité
pour l'artiste, que d'avoir une femelle pour
premier enfant, au lieu d'un mâle qu'il désire
(1).
Dans l'ouvrage de Dieu notre créateur, le mâle fut avant la femelle, et elle ne fut faite
et créée que d'une partie du mâle; dans le
nôtre, qui est en petit l'image du grand
oeuvre de Dieu, toute la femelle peut se réduire
en mâle si l'on veut.
Dans son grand ouvrage Dieu créa la femme de l'homme; dans le nôtre, qui en est une
petite image, la femme devient homme selon
la volonté de l'artiste. Comme il fut de la
volonté de Dieu de faire la femme de l'homme,
Dieu les créa immortels; notre ouvrage ou


(1) Ici je n'entends parler que de la poudre de projection, que je personnifie, comme devant servir à transmuer les bas métaux en
argent ou en or.

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son produit, qui sont les enfants hermétiques,
le sont aussi. Dieu leur ordonna de croître
et de se multiplier; les nôtres croissent et se
multiplient à l'infini, ce qui prouve que notre
ouvrage vient de Dieu et touche d'un bout le
ciel et de l'autre la terre: il est donc terrestre
et céleste. Attachez-vous donc, hommes incrédules,
à posséder un aussi grand trésor;
puisque en le possédant vous n'avez plus rien
à désirer sur la terre. Travaillez, cherchez,
ne vous rebutez pas et ne sortez pas du règne
que vous voulez élever: parce que rien ne
s'amende que dans son semblable et avec lui-
même, jamais avec un autre.
Si vous découvrez une partie de ce que je dis ci-dessus, vous pourrez y parvenir; mais
ce ne sera pas sans beaucoup de peine: si
vous n'êtes pas décidés à en prendre, ne
commencez pas à chercher. Cette science ne
s'acquiert pas sans peine; vous y parviendrez
et l'obtiendrez avec moins de difficultés, si
vous savez le moyen et le lieu où vous pourrez
trouver la terre rouge feuillée, ou bien
d'où il faut la sortir pour par elle en faire la
terre des feuilles: et cette dernière ne saurait

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se faire sans la première; quand on l'a, la
disposition seule suffit; et, jointe avec sa mère,
elle vous donnera l'eau double: la bonté de
laquelle vous reconnaîtrez à l'odeur forte qui
s'en exhalera, ainsi qu'à l'amour qu'elle a
pour sa dite mère avec laquelle elle se plaît,
s'unit et se marie naturellement. L'expérience
démontrera, à l'artiste labourant, la vérité de
ce que j'avance.

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TREIZIEME LEÇON.
PREMIER CHAPITRE.
Des semailles des philosophes, et du temps propre
à les faire.
-*:*-
De même que les laboureurs des champs, le philosophe hermétique est obligé de travailler
la terre philosophique pendant cinq
mois, pour la disposer et préparer à recevoir
le grain formateur. -- Cette préparation et
disposition ne peut se faire qu'en amendant
cette terre par un long travail, et en en ôtant
toutes les superfluités qui la rendent hydropique
et vénéneuse. Le temps le plus propre
pour faire ces semailles, est le même que celui
du laboureur des champs, ou tout autre temps
qui nous donnerait une chaleur ou température
égale.

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DEUXIEME CHAPITRE.
Solution de la terre philosophique.
La solution est la réduction de la terre des philosophes, en eau. Mais avant de dire la

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manière de la faire, examinons ce qui suit.
L'océan élémentaire nourrit le poisson qu'il
tient dans son sein; de même l'océan philosophique,
cette mer des sages, nourrit aussi
le poisson des philosophes. Si tu peux parvenir
jusque-là, la solution te sera aussi facile
à faire, comme il te serait facile de réduire
la glace en eau d'où elle a été formée.
Par cette opération (qui n'est qu'une liquéfaction des corps) les esprits métalliques se
poussent au plus haut degré de perfection:
l'un en donnant et communiquant sa vertu et
ignité; et l'autre en la recevant; et ces esprits
étant homogènes, ils s'amendent tellement par
cette union, qu'ils sont réduits de puissance en
acte, et sont tout à fait dégagés des liens qui
les tenaient garrottés et les empêchaient d'agir.
C'est ici que l'on peut prouver et bien démontrer aux incrédules, combien est grand
le pouvoir que Dieu a donné à l'homme philosophe
hermétique; puisqu'il imite et fait de
même que son père, Dieu tout puissant: Qui
convertit petram in stagna aquarum, et rupem
in fontes aquarum.

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TROISIEME CHAPITRE.
De la nourriture et des naissances de l'enfant hermétique.

Comme l'enfant animal se nourrit dans le ventre de sa mère de la même matière ou sang
menstruel dont il a été formé, de même aussi
l'enfant métallique se nourrit dans le ventre
du mercure qui est sa mère, sa propre terre:
de ce même mercure qui a servi à sa formation.
Et cet enfant, qui dans sa première naissance
n'est produit que des seuls métaux
parfaits, ne peut être ni ne peut se rendre
visible qu'après avoir ôté à son père (qui est
un vieillard sain et vigoureux) toutes ses forces,
et l'avoir fait succomber, en lui enlevant toute
sa vertu prolifique et s'en être emparé. Aussi,
dans cet engendrement, il faut que le père
(plein d'amour pour son enfant, duquel il fait
toujours partie essentielle) disparaisse; que
sa forme corporelle soit changée en spirituelle,
pour qu'il ne fasse pas partie de l'arbre généalogique
hermétique. -- Il faut enfin qu'il
devienne principe de lui-même; qu'il rentre
dans la matrice minérale, pour s'y nourrir du
même sang menstruel dont il a été formé

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(ou bien de ce même sang qui l'a détruit pour
en faire un autre lui-même), et qu'il y croisse
en force et en vertu: ce qui nous préparera
la deuxième naissance de l'enfant métallique
hermétique. Voilà le seul moyen pour parvenir
à posséder cet enfant désiré; lequel se présentera
plein de force, de vertu et avec une joue
toute blanche et l'autre toute rouge, et nous
procurera la fortune, la santé, la jeunesse, une
très longue vie et un bonheur parfait que nul
sur la terre ne pourra nous ravir. Ce que je
dis, ci-dessus, doit convaincre et bien persuader
les amateurs de la science occulte; que
pour parvenir à la fin de l'ouvrage hermétique,
il faut que le philosophe labourant sache
faire deux mariages, et que de ces deux mariages
il ne soit produit que deux naissances
et un seul enfant. S'il sait faire les deux alliances
qui sont indispensables, il pourra avoir
l'enfant hermétique; lequel, comme je l'ai dit,
aura eu deux naissances. Alors seulement, il
sera reconnu par tous les adeptes pour un
véritable disciple d'Hermès.
5
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QUATORZIEME LEÇON.
PREMIER CHAPITRE.
Chapitre de comparaison.
-*:*-
Notre terre, ou mercure philosophal; pendant et après sa coction, peut être comparée
au globe terrestre créé par Dieu tout-puissant.
-- De la nôtre, comme de celle du créateur,
il s'en élève des vapeurs au commencement
qui, se condensant, forment des nuages
qui obscurcissent et voilent pendant toute leur
durée la clarté solaire qui doit sortir d'elle.
Mais il en sera autrement de ces deux terres
(dont la nôtre n'est qu'un très petit échantillon,
et un abrégé de la première), quand le
créateur voudra mettre fin à ce monde terrestre
et corruptible. -- Alors il la purifiera
et lui rendra sa première beauté et clarté, de
manière que la terre redeviendra diaphane
comme elle était dans son commencement, et
dans la même perfection qu'elle était au sortir
de ses mains, ou avant qu'elle eût été maudite
à cause du premier péché. -- De même

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notre terre qui est l'image et l'abrégé de ce
grand monde, quand elle sera parvenue à la
rougeur du coquelicot ou pavot des champs,
qui annoncera sa perfection et la preuve qu'elle
contient en elle la vie, laquelle elle aura le
pouvoir de communiquer à toutes les productions
des trois règnes et de les en faire jouir (en
augmentant en elles leur esprit vital affaibli ou
dissipé, qui seul pouvait les maintenir dans
un état parfait de vie), ne laissera plus élever
aucune vapeur, et il ne se formera plus de nuages
dans notre globe; et toute obscurité cessera,
lorsque par la coction elle sera poussée
à sa perfection, clarté et pureté parfaites (1),
ce qui lui donnera une toute puissance et le
pouvoir de purifier, perfectionner et conserver
les productions des trois règnes de la nature.


(1) Notre oeuvre alchimique qui n'est composée que par des eaux métalliques, lesquelles étant réduites en terre fixe et indestructible,
nous montre le passé et l'avenir, et nous prouve qu'elle est l'image
et la figure de ce que Dieu fera de l'univers à la fin des temps, puisque
alors s'exécutera la promesse que le Tout-Puissant a faite et que
nous attendons, qui est de faire de nouveaux cieux et une nouvelle
terre où la justice fera sa demeure, laquelle n'aura pas de fin.
Ceci est annoncé par saint Pierre dans sa deuxième épître, article 13. chapitre 3.

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DEUXIEME CHAPITRE.
Différence du premier cahos et ce qu'il contenait (avec
lequel Dieu créa le monde), de celui des philosophes hermétiques.
Le premier, pour être créé, n'eut besoin que de la volonté du Tout-Puissant, qui le composa
de deux contraires: du repos et du
mouvement.
Et le mouvement produisant la chaleur, principe de vie de tout ce qui devait être créé
lors de la séparation de ces deux contraires
formant le premier cahos, manifesta les quatre
éléments contenant la lumière créatrice
non multipliée, ainsi que leurs qualités contraires
(1), desquelles qualités: froideur,


(1) Nous sommes obligés de reconnaître ou à distinguer trois lumières qui n'en forment presque qu'une.
I.
La première est la lumière divine, éternelle, non multipliée, par laquelle tout a été créé.

II.
La deuxième est la lumière élémentaire, engendrante, multipliante, principe de vie de tout mixte.

III.
La troisième est la lumière solaire éclairant le monde, et conservant
@

-- 101 --
chaleur, humidité et sécheresse, chacun était
élémenté; et qui, jusques à la création, n'avaient
été qu'en puissance dans le cahos, furent
en acte.


et nourrissant tout ce qui a été produit par les éléments ou
deuxième lumière. Elle facilite et provoque, ou pour mieux dire,
excite le feu élémentaire intérieur des natures et l'oblige à se multiplier.
-- Cette troisième lumière n'est pas chaude par elle-même,
sa véritable qualité ou vertu n'est que mouvement, puisque ce n'est
que par les rayons que le soleil darde continuellement vers la terre,
qu'il échauffe et conserve la vie à tout.
Il n'a été formé que par l'assemblage des parties éparses de la première lumière divine, qui n'est elle-même (comme je crois l'avoir
prouvé dans le tableau fidèle des perfections du Tout-Puissant) que
mouvement.
De la troisième lumière solaire, ou de ses rayons multipliés ou rassemblés par le moyen d'une lunette, est produit le feu corrosif des
cuisines ou le Vulcain destructeur.
Ce feu corrosif ne peut être que le résultat d'une multiplication des rayons joints de la lumière du soleil, qui alors ont perdu la vertu
douce de conserver et donner la vie, pour prendre le désavantage de
détruire ce que les mêmes rayons de la lumière du soleil ont fait produire
aux éléments. -- Alors on pourrait comparer ce degré de feu
destructeur (pour se rendre moins obscur) au 3/6 ou esprit de vin
rectifié produit lui-même de l'eau-de-vie, eu égard au vin son véhicule
qu'ou boit à pleins verres sans faire de mal, à ce même 3/6 ou
esprit rectifié qu'ou ne peut boire qu'en très petite quantité à cause
de la force corrosive qu'il a acquise par la réunion des particules d'esprit
que le vin contenait. Alors nous serons obligés de distinguer la

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-- 102 --
Le cahos des philosophes hermétiques est une suite de cette première volonté par laquelle
Dieu accorde à sa créature le moyen
de composer ce cahos. Ce qui ne saurait et ne


lumière principe ou chaleur invisible contenue dans le feu vital élémentaire
que nous ne voyons que par ses effets ou vertus, du feu destructeur
corrosif, qui, à ce degré de multiplication, s'est rendu visible
et palpable.
Et tout cela nous prouvera que le bien et le mal sont toujours réunis, et qu'ils sortent du même principe, du même chaos; que la vie
et la mort occupent le même corps, et ne sont que le résultat du mouvement
et du repos, qui, par le combat de leurs qualités différentes,
conservent ou détruisent tous les mixtes contenant presque toujours
ces deux extrêmes, ces deux ennemis.
Le feu vital élémentaire qui est le véhicule de la lumière première de la vie se trouve partout. Ce qui paraît mort à nos yeux contient
bien souvent la vie, la lumière; elle est emprisonnée dans tous les
corps produits par la nature: les métaux la contiennent, les végétaux
et les animaux de même; mais elle n'agit ou n'opère pas également
dans chaque règne.
Dans le règne minéral, cette lumière ou feu vital s'y trouve garrotté, emprisonné, et y est très abondant et forme sa semence; et
ne se rend manifeste à l'artiste, dans l'ouvrage d'Alchimie, que par
l'union de la forme de ce règne avec sa matière; et n'exerce son
pouvoir, sa vertu, qu'après avoir été dégagé de toutes les impuretés
que la nature y avait mêlées.
Ce même feu et lumière, ou la vie des semences, dans le règne végétal, y est en petite quantité; il ne se manifeste que par la naissance
et croissance des produits de ce règne.

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-- 103 --
peut se faire sans la réunion des contraires
(du froid et du chaud) en une seule masse
par le nombre mystérieux des alchimistes:
sans cependant que les vertus contenues séparément
dans les corps employés perdent
rien par cette réunion qui, au contraire,
s'augmentent infiniment.
Le premier cahos contenait les quatre éléments destinés à être les principes premiers de
toutes les productions ou mixtes des trois règnes
de la nature, ayant les vertus nécessaires


Et dans le règne animal, ce feu, principe de vie, cette lumière, y est abondant; et comme il y est aussi le principe de la multiplication
de ce règne (comme aux deux autres): Alors, s'il est faible, il
y est gouverné; s'il est fort, il y est gouvernant, à cause de sa grande
force et vertu, en portant l'animal à la jouissance multipliée; et par
là, le poussant à sa propre destruction.
Tout ce que nous avons dit ci-dessus, nous prouve que de la lumière première, ou lumière divine éternelle, rassemblée, et non multipliée,
qui était, et qui est toujours principe premier de mouvement,
fut produit et formé le soleil Céleste, qui n'est lui-même que
mouvement; et que ce n'est que par le mouvement des rayons qu'il
darde vers le globe terrestre, que la chaleur de l'atmosphère est produite;
et cette chaleur produite continuellement par le mouvement,
son principe, fut, est, et sera toujours le principe de tout
mixte, ou de tout ce qui a ou prend vie dans les trois règnes de la
nature. Sans cette chaleur, point d'être vivant: point de produit.

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(qu'ils ne tenaient que du mouvement, principe
des premiers principes) (1) pour les conserver
et les multiplier, et par ce moyen,
maintenir et continuer toujours la création.
Le nôtre, ou le cahos des philosophes hermétiques, contient aussi les quatre qualités
des éléments, les mêmes principes, et renferme


(1) Les vertus que les quatre éléments contiennent, et qu'ils communiquent à tous les mixtes, ne peuvent être que les vertus et propriétés
du mouvement, qui fut le premier principe voulu par le
créateur.
Jusques à la création, le repos seul, avait exercé son empire sur tout ce qui avait pu exister; et rien ne pouvait naître, ni croître.
Le mouvement qui fut le principe des premiers principes, changea
tout: entrava et s'opposa à l'empire que Le repos avait exercé, et par
le moyen des quatre éléments, Communiqua la Chaleur; la vie.
Ce qui alors engagea entre lui, et le repos, un combat produit de leurs qualités opposées qui doit durer autant de temps que le monde
créé; l'un ne voulant point céder à l'autre; et devant (pour le
maintien de l'ordre de la nature); se toujours contester, ne jamais
s'accorder, -- et c'est ce combat qui établit le véritable mouvement
perpétuel; si souvent cherché par les hommes; et jamais trouvé
par aucun.
Tout fut donc par la vertu de la chaleur créé vivant. La première faute changea cette première perfection, et assujettit la matière créée
à devoir rentrer dans le repos, ou mort, d'où elle avait été sortie par
la vertu de la chaleur, produite par la force du mouvement: et ce
fut alors, que commença le temps, qui a précédé l'éternité.

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aussi en lui tout ce qui est nécessaire
pour la confection de l'ouvrage philosophique:
mais a besoin des mains de l'artiste et
d'un long travail pour pouvoir complètement
purifier les principes métalliques qui l'ont
composé, et par ce moyen parvenir à pouvoir
le dégager des liens qui le tenaient garrotté et
l'empêchaient d'agir: c'est-à-dire pour pouvoir,
par la purification et réunion, le rendre de
puissance en acte, de l'état de repos à celui
de mouvement. Le moyen d'y parvenir est
détaillé dans les chapitres précédents.

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TROISIEME CHAPITRE.
De la vie cachée dans les éléments métalliques composant
les premiers corps parfaits.
Comme les éléments passibles et agents, renfermés dans les corps métalliques servant à
l'oeuvre, ne peuvent être réunis qu'après avoir
été parfaitement dépurés de toutes leurs fèces,
il faudra avant tout les purifier séparément,
et les nettoyer de tout ce qu'ils ont de mauvais
en eux. Alors, n'étant plus garrottés par
les fèces et se trouvant dégagés et libres, il

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sera très facile d'en faire la parfaite union
sans laquelle on ne pourrait faire l'oeuvre
hermétique. -- Alors ces éléments purifiés étant
devenus esprits vivants, et aidés par la chaleur
solaire, ou autre, acquièrent le grand avantage
de donner, de continuer, d'augmenter et
de rendre la vie aux corps matériels qui l'ont
perdue: et par la fermentation, celui de la
manifester dans notre mercure et de l'y augmenter
par la putréfaction. Alors nous devons
croire que la fermentation la manifeste, cette
vie, que la putréfaction la produit et l'augmente,
et que la corruption la produit.(*)


(*) Note du traducteur. Les deux derniers mots 'la produit' sont rayés sur le document et 'la detruit' a été ajouté à la
plume sur la ligne du dessous.

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QUINZIEME LEÇON.
L'Existence de la très sainte Trinité est prouvée et
démontrée réelle par l'alchimie.
-*:*-
Dans les trois traités que j'ai faits séparément de chaque principe principié, et qui sont nécessaires
pour l'oeuvre, je n'ai pu faire de
leur vertu et puissance une grande différence.
Différents en forme, en couleur, ils ne le sont
pas en pouvoir: leur puissance est presque la
même. -- Ils sont tous trois sortis d'une même
racine, et ne s'en séparent pas: aussi, ils ne
peuvent pas agir séparément, et ils ont besoin
d'être réunis pour pouvoir exercer et démontrer
à l'artiste qui les a dépurés, la vertu et le
pouvoir qu'ils tiennent des quatre éléments
métalliques. Dans tous ses ouvrages Dieu s'est
représenté ternaire, par conséquent, tel qu'il
est..., de même aussi que dans toutes les productions
de la nature (laquelle n'est que sa
volonté), et notamment dans l'oeuvre et produit
hermétique qui est la représentation en
petit de l'ouvrage du grand Dieu, où il y est

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très fortement reconnu par tous les adeptes.
Le sel, le soufre et le mercure sont trois principes
distincts; et réunis, ils ne forment qu'un
mercure qui contient les vertus de tous trois.
Il doit donc être regardé comme réunissant en
lui la volonté, la puissance et la vertu du soufre
et du sel métalliques: comme Dieu le père
réunit en lui la volonté et la puissance de Dieu
le fils, et de Dieu le Saint-Esprit, qui, quoique
distingués en trois personnes, ne sont jamais
séparés, et ne font toujours qu'un seul Dieu
tout-puissant (1), de même que le sel, le soufre


(1) Il me semble, qu'au lieu de dire trois personnes en Dieu, on eût peut-être mieux dit: les trois perfections divines; les trois qualités
d'un Dieu unique.
Le Père, le Fils et le Saint-Esprit sont trois essences personnifiées trois choses qui n'en font qu'une; trois perfections en Dieu,
procédant d'un seul et même principe; lesquelles forment la divine
Trinité: parce que de l'une de ces trois viennent les deux autres;
existent par elle; se confondent en elle et ne s'en séparent point:
parce que l'unité en Dieu ne saurait former, en même temps, trois
personnes séparées et lui: mais bien, trois qualités; trois vertus;
trois bienfaits.
Et comme le créateur de toutes choses s'est manifesté ternaire dans tous les mixtes, ou productions des trois règnes de la nature, je n'ai
pu me donner à moi-même une plus forte preuve de l'existence de
la très Sainte-Trinité; qu'en me disant (ainsi que je le vois prouvé

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et le mercure, quoique trois principes
quelquefois séparés dans le travail hermétique
ne font qu'un seul mercure par leur réunion.
Ce qui nous assure, nous prouve et nous démontre

dans le travail d'Alchimie) que le mercure parfait est le fondement;
le premier principe visible et la première qualité dans le règne minéral,
lequel contient les deux autres principes, sel et soufre;
lesquels par leur union ne forment qu'un mercure, qui est la racine
à laquelle se rattachent et se trouvent réunies les trois qualités différentes.
Alors, l'on peut comparer le mercure métallique parfait, fondement de ce règne; au Père, comme créateur: le sel métallique ayant
la qualité de fixer; au Fils, comme rédempteur: et le soufre métallique
ayant la vertu colorante, ou de teindre; au Saint-Esprit,
comme sanctificateur. Et tout cela nous prouvera, nous démontrera,
que ces trois qualités, ces trois bienfaits, ces trois perfections, ou
ces trois personnes, toujours réunies en Dieu, sont et forment, la
perfection des perfections divines; et non trois Dieux, opérant, ou
exerçant séparément la toute puissance d'un Dieu unique.
C'est donc lui-même, qui est Dieu le père, Dieu le fils, Dieu le Saint-Esprit.
Dans Saint-Jean l'Evangéliste, on trouve:
CHAPITRE XX. -- Verset 22
Jésus-Christ dit à ses apôtres, après avoir soufflé sur eux: recevez le Saint-Esprit; mes paroles sont esprit et vie, et sont les mêmes
que celles de mon père, qui m'a envoyé.

CHAPITRE X. -- Verset 30
Mon père et moi sommes une même chose.
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l'existence de la sainte Trinité, laquelle
se manifeste dans toutes les productions
des trois règnes de la nature par le sel, le soufre
et le mercure que presque tous les mixtes
contiennent et qui en sont les principes constituants.



CHAPITRE XII. -- Verset 45
Qui me voit, voit celui qui m'a envoyé.
CHAPITRE XIV. -- Verset 10, 11, 9, 24
Si je fais les oeuvres de mon père, vous devez croire que le père est en moi, et que je suis dans le père.

CHAPITRE VIII. -- Verset 29
Celui qui m'a envoyé est avec moi, et ne m'a point laissé seul, parce que je fais toujours ce qui lui est agréable.

CHAPITRE VIII. -- Verset 16
Si je juge, mon jugement est véritable, parce que je ne suis point seul: mais moi et mon père, qui m'a envoyé.

CHAPITRE XVI. -- Verset 28
Je suis sorti de mon père, et je suis venu dans le monde; maintenant je quitte le monde, et je retourne à mon père.
Alors il est prouvé par ce qui est dit ci-dessus: que le verbe procède du père, et le Saint-Esprit, du verbe: et que le verbe est la
parole du père; et le Saint-Esprit, la parole du père et du fils.

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