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SEIZIEME LEÇON.
PREMIER CHAPITRE.
De tout ce dont on a besoin dans le travail.

-*:*-
Dans le travail pour faire la pierre philosophale nous avons toujours des fusions à faire,
des sels à employer pour purifier et fondre les
matières servant à l'ouvrage; des lavages, d'amalgames,
une pâte métallique qu'il faut amener
à sa perfection et blancheur: à quoi nous
parvenons par le moyen de très bon vinaigre
distillé.
Nous n'employons ordinairement que des mercures, et ceux qui peuvent convenir se
vendent. -- On peut se servir de ceux revivifiés
du cinabre, et même aussi de celui
qui pourrait s'extraire de l'antimoine. Nous
nous servons des corps ou des esprits qu'ils
contiennent. -- Nous employons des sels, des
soufres et des mercures, de fourneaux, de mortiers,
de creusets, de linges, de flacons, de
pelles et pincettes, de charbon de bois: on pourrait,

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-- 112 --
pour épargner, employer celui de pierre:
de beaucoup d'eau élémentaire. L'eau de rosée
ne peut nous servir, il nous suffit de la voir
descendre en pluie, et de la voir remonter en
air: mais il faut que les eaux employées
soient bien filtrées, bien claires et très dépurées.
Nous rejetons les crasses pour rendre
le tout bien net. Nous employons les métaux
qu'il faut toujours choisir purs, sains et vigoureux:
sans ces précautions on perd son
temps et son argent. Et dans toutes les opérations
et cours du travail nous avons besoin
de prendre beaucoup de patience, et de porter
aussi beaucoup d'attention à tout, ainsi
qu'au poids juste des matières qu'on y emploie.
Il faut enfin que la personne labourant au grand
oeuvre, se pénètre bien que l'ouvrage d'alchimie
ne peut se faire que par le moyen du feu,
et que lui-même n'est qu'un feu, et qu'il ne
doit y employer que de charbons, de sels et
de soufres pour faire les fusions et les dépurations
des matières dont il se servira.

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DEUXIEME CHAPITRE.
Des mariages des métaux, et de celui de Vénus
avec Vulcain.
Dans quelques leçons de ce présent cours d'alchimie nous parlons des alliances des métaux,
des mélanges, des amalgames et des mariages.
Nous parlons du mariage du fixe avec
le fuyant, du blanc avec le rouge, du faible
avec le fort, de l'or avec l'argent, de l'homme
rouge et de la femme blanche, et de celui
d'Apollon avec Diane: mais nous ne disons
rien du mariage de Vénus avec le boiteux
Vulcain. -- Et quoique tous les mariages ci-
dessus soient nécessaires pour parvenir à parfaitement
faire la pierre philosophale, le mariage
hermétique de Vénus avec Vulcain ne
l'est pas moins, puisque c'est de ce mariage
seul que doit naître un enfant essentiel qu'il
faudra rendre beau et parfait pour qu'il puisse
parvenir, par les grands avantages qu'il aura
acquis, à faire une alliance avec un de ses
parents ascendants, de laquelle naîtra notre
Isaac hermétique, lequel doit se multiplier à
l'infini. -- Pour faire les mariages dont nous
5*
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-- 114 --
parlons ci-dessus, nous avons uni un mâle avec
sa femelle, et il a été prouvé que la femelle porte
et fournit la matière, et que le mâle forme
cette matière par la vertu qui est en lui: et
ces deux vertus, de la femelle et du mâle,
ne sont qu'un feu, un esprit qui est dans les métaux
et minéraux, et qui en fait partie. --
Donc, quand les amateurs de la science hermétique
voudront travailler à faire ce mariage,
il faut qu'ils se pénètrent bien que Vénus
et Vulcain sont deux feux personnifiés
qu'il faudra extraire des métaux; et on ne se
trompera jamais dans cette opération si l'on
considère la manière dont le règne animal se
multiplie, et comment le père engendre son
enfant. -- Ce qui ne se fait pas par le mélange
de leurs chairs, mais bien par le mélange et
union (dans la même seconde) des deux feux
contraires en qualité que les deux chairs renferment.
-- Il faut donc dans le règne métallique
opérer de la même manière. -- Il ne faut
pas les matières des métaux, mais bien unir
les esprits séparés qu'elles renferment. -- Et
cet esprit, ce feu, que chacune d'elles renferme,
quand, par leur union, il en aura été

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-- 115 --
formé un troisième; ce dernier, étant devenu
première semence des métaux, sera enclin à
se multiplier. -- Et quoique nous parlions de
Vulcain, nous n'entendons pas qu'il faille, en
faisant ce mariage, y faire entrer aucune matière
inflammable, aucun charbon ardent. --
Il n'y faut employer que cette lumière, ce feu,
cet esprit vital (contenu en puissance dans les
métaux et minéraux, et en acte dans notre
élixir), lequel, par sa vertu, conserve et ranime
toutes les créatures affaiblies par la vieillesse
ou par le froid qui l'accompagne.
Cette lumière, ce feu ou cet esprit que l'on extrait des métaux et minéraux et que l'on
rend manifeste, il faut le ramasser, le rassembler;
et pour se bien conduire dans cette opération,
il faut imiter le créateur qui rassembla
la lumière dispersée pour en former le
soleil céleste; de même, il faut que les philosophes
hermétiques rassemblent cette lumière,
ce feu vital dispersé pour en faire leur soleil
hermétique, lequel, à la fin de la coction
du mercure philosophal, répandra de toutes
parts ses rayons lumineux: ce qui nous marquera
la fin de l'oeuvre.

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-- 116 --
Avant de commencer il faudra réfléchir sur tous ces différents mariages, et se bien fixer
pour ne pas faire le deuxième le premier, ni
le premier le deuxième; il faudra les faire et
les placer à leur rang, et suivre en cela l'ordre
qu'ont tenu et observé tous les philosophes
hermétiques. -- Ordinairement l'on commence
par celui de Vénus avec Vulcain, et
après (ou de suite si l'on veut) on continue
par celui de Diane avec Apollon; mais comme
ce dernier mariage a en lui quelque chose
d'indécent, à cause de la nudité complète et
nécessaire où doit se trouver Diane: nous ne
dirons pas la manière de le faire. Les philosophes
hermétiques reconnaissent trois Vulcains
nécessaires pour faire la pierre philosophale:
les uns y aident, et les autres en font
partie constituante. -- Le premier, c'est le
Vulcain métallique contenu dans les natures
nécessaires pour l'oeuvre, lequel se trouve
toujours garrotté et emprisonné dans les métaux,
et que nous devons rendre libre pour
qu'il puisse exercer sa puissance. Le deuxième,
c'est le Vulcain élémentaire humide formant
le principal cahos de notre oeuvre, lequel n'est

@

-- 117 --
reconnu par les philosophes hermétiques que
par le feu de contre-nature. Et le troisième,
c'est le Vulcain utile dans toutes les cuisines.
Ces trois feux sont nécessaires pour faire la
pierre philosophale. On ne peut pas s'en passer.
Vénus ne s'est pas mariée avec tous, un seul est son mari, et tous trois, comme parents
et alliés, ont facilité les deux mariages et
les aident à prospérer et à triompher des
ennemis jaloux de leur bonheur futur.
L'un est quelquefois destructeur: les autres, toujours conservateurs de leurs productions.
Et dans tout cela nous voyons que le bon est toujours uni avec le mauvais, qu'ils se suivent
et qu'ils ont besoin d'être ensemble quoique
ayant des qualités différentes, opposées.
-- C'est ici l'union du mal avec le bien, formant,
d'après Moïse, l'arbre de la science,
duquel doit sortir l'arbre de vie, ou la médecine
universelle.

@

-- 118 --
TROISIEME CHAPITRE.
Des changements à faire éprouver aux métaux parfaits.

L'or et l'argent qui sont des corps parfaits ne communiquent aucune vertu aux autres
métaux. -- Les corps imparfaits de ce règne
seulement peuvent s'amender et se multiplier
par l'union des vertus du mâle et de la femelle.
Ce qui n'arrive jamais aux corps parfaits:
ils sont parvenus à leur perfection; ils
ont passé et parcouru, ou ils ont été mis
à l'abri de toutes les imperfections des autres
corps: ils sont arrivés par la juste proportion
des trois principes à leur repos; ils ne peuvent
pas aller plus loin. -- Pour pouvoir les
pousser plus loin, d'or et d'argent ordinaires,
il faudra les rendre or et argent philosophiques.
-- Pour y parvenir on a des grandes
difficultés à vaincre, de grands travaux à faire,
et ce n'est que quand ils sont parvenus à cette
perfection qu'on peut tirer d'eux la semence,
ou première matière métallique qui est la
seule nécessaire pour faire la pierre philosophale.
Cependant il ne faut pas prendre ce
que je dis ci-dessus à la lettre: Les philosophes
sont souvent forcés de ne parler qu'obscurément;
c'est leur devoir.

@


DIX-SEPTIEME LEÇON.
Réunion de la théorie, ainsi que de toutes les opérations
nécessaires pour faire et finir l'oeuvre hermétique. --* En 19 parties.
-*:*-
I.
Le mercure qui est blanc en dehors, est très rouge à son extérieur, il est la matière des
métaux. Ce qui nous le prouve, c'est que par
la fusion, les corps ou métaux ne représentent
dans le creuset qu'un mercure, lequel se congèle
par le froid (1).

II.
Dans les métaux et minéraux, il y a deux feux: l'un se perd par la fusion, l'autre est un
feu qui ne les abandonne jamais; il reste toujours


(1) Le mercure n'est, dans son intérieur, qu'un or rouge fugitif. -- Je me suis convaincu de cela par un travail de vingt-sept ans,
pendant lesquels je l'ai vu, au moins cent fois, tout rouge comme
du sang de boeuf. -- Les philosophes hermétiques ont donc bien
raison de le nommer l'or rouge fugitif. -- Ceux qui ne travaillent pas
à la chimie hermétique, ne pouvant pas se convaincre de la vérité,
n'ont pas tort de croire le contraire.

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-- 120 --
avec eux, et en fait partie; il les conserve
et les met à l'abri d'être détruits par le
feu des cuisines. Ce feu n'est autre chose que
la vertu que leur communiquent le sel et le soufre,
en fixant leur mercure.

III.
Les métaux ont donc un feu que Vulcain ne peut détruire, et sur lequel il n'a aucun
pouvoir; l'or et les autres métaux ne sont conservés
que par lui; si c'était autrement, les
métaux une fois fondus ne seraient plus propres
à être forgés. Il faut donc que ce feu ou
esprit qui est en eux, les mette à l'abri du feu
destructeur.

IV.
Il est donc prouvé que le feu de fusion ne peut pas détruire la vertu et fixité du mercure
que le métal contient; elle résiste à toute attaque.
Le métal a de plus, en lui, une âme immortelle
qu'il apporte des mines, et qu'il conserve,
la seule nécessaire.

V.
La pierre philosophale ne peut se faire que des seuls métaux ou minéraux; rien d'autre n'y

@

-- 121 --
entre, si ce n'est des aidants: attention. Et il
faut que les métaux servant à la faire, redeviennent
eau mercurielle. Ce qui fait dire aux
philosophes hermétiques, qu'il faut que l'eau
remonte vers sa source, et que l'enfant rentre
dans le ventre de sa mère, qui est le mercure.
Et ce mercure, cette eau, n'est que le produit
du second mariage; et dans ce second mariage
l'eau sert de véhicule à la forme, et par leur
union constituent la première matière, ou semence
des métaux.
C'est donc alors qu'on a enté à l'arbre principe ou mercure, cette branche, qui étant une
même chose, mais non de même qualité,
communique par cette union à l'arbre matière,
la vertu masculine qui lui manquait.

VI.
La science hermétique ne s'explique jamais clairement, tous les philosophes n'en ont écrit
et parlé que par des figures et allégories; certains
en ont caché même les principes, tant
ils ont craint de porter préjudice. S'ils s'étaient
expliqués clairement, ils auraient détruit l'ordre
6
@

-- 122 --
général établi, ils auraient mis le désordre
dans les quatre parties du monde.

VII.
Celui qui a trouvé la clef essentielle de l'oeuvre, ne peut s'égarer dans le travail, et il
est assuré de l'amener à perfection; pourvu
toutefois qu'il connaisse et qu'il se dirige par
l'addition alchimique.

VIII.
La pierre philosophale ne se trouve point par hasard; une fois qu'on l'a faite, on ne peut
jamais oublier les principes dont on s'est servi,
ni les opérations manuelles pour y parvenir.

IX.
Le mercure sert de vase, de matière et de nourriture; le soufre teint, colore et échauffe,
et le sel fixe le tout: et cette opération ne se
fait qu'ensemble, et par leur réunion; ils s'aident
mutuellement. C'est la vertu des trois
principes; laquelle ils ne peuvent exercer que
quand ils sont réduits de puissance en acte: ce
qui n'est que, lorsqu'ils sont revenus en mercure,
leur principe.

@

-- 123 --
X.
Les philosophes hermétiques donnent à leur pierre différents noms, ce qui n'est qu'à cause
des différentes opérations par lesquelles on la
fait passer pour arriver à sa perfection.
On peut se convaincre qu'ils disent vrai, si on considère les différents noms qu'on donne
à l'homme: comme foetus, enfant, petit garçon,
jeune homme, homme à marier, vieux, vieillard,
caduc, etc., et c'est toujours de l'homme
dont on parle: noms avec lesquels la pierre
philosophale et son travail a quelque rapport.

XI.
Toute semence sortie du règne métallique, a âme et vie. Pour avoir cette âme, cette vie
dont on ne peut se passer, il faudra ouvrir
(par le moyen du feu et de sel nitre ou autre)
le métal ou minéral qui la contient: Et en opérant
ainsi, on peut obtenir la preuve, ou le
chemin de la vérité que l'on cherche. Alors
étant parvenus à ce point, il nous sera facile,
en nous laissant diriger par l'étoile solaire qui
se sera présentée, de ne pas nous égarer, et
d'arriver (comme firent les trois mages) au

@

-- 124 --
berceau de notre belle enfant, et d'en pouvoir
tirer ce que nous désirons.

XII.
La pierre philosophale ne se fait et ne peut se faire que de mercure, lui seul suffit; mais
il le faut doubler, ou féconder. Et ces deux
mercures joints, qui sont le fondement de notre
oeuvre, avant leur union, sont nommés
par certains philosophes, les deux fumées
blanches, l'une qui monte et l'autre qui descend;
et ces deux fumées sont un vent, dans
le ventre duquel notre enfant philosophique
prend naissance, pousse son germe, s'en nourrit
et s'y parfait.
Voilà pourquoi tous les philosophes hermétiques s'accordent sur la matière, sur le temps,
sur la matrice, sur les mercures, et sur les
corps servant à notre oeuvre. Toute autre eau
ou tout autre chose d'un règne étranger, ne
saurait être admis pour le travail. On parle
quelquefois de la rosée de mai, et quoique
cette rosée ait une grande vertu et réjouisse le
philosophe quand il la voit descendre, il ne
faut pas pour cela les prendre à la lettre.

@

-- 125 --
XIII.
Par le mariage du roi avec la reine, les métaux sont séparés des matières hétérogènes,
et sont dépurés de leurs soufres impurs. Par
cette opération, le composé se trouve en partie
dépuré de tout alliage mauvais, que la nature
y avait introduit. Cependant ces soufres impurs
étaient nécessaires pour former les matières
servant à notre oeuvre; le mâle et la femelle.
Quand l'enfant animal vient dans le
monde, ne vient-il pas avec beaucoup de saletés?
Ces saletés ont été nécessaires pour le
former dans la matrice de sa mère. Voilà
pourquoi les philosophes hermétiques observent
que la forme ou agent cesse de travailler
la matière passive, quand il a fini de la former
ou qu'il l'a fixée, et qu'il ne cesse son mouvement
et action, que quand il y a infusé sa vertu:
alors il s'en sépare, et ne fait pas partie matérielle
du produit; sa vertu seule y reste. --
Le feu corrosif nous en fournit un exemple,
lequel cesse d'agir quand il a réduit tout en
cendres, et qu'il n'a plus de matière combustible
à travailler.

@

-- 126 --
XIV.
Toute chair née de la terre métallique sera dissoute, et (1) retournera en terre, afin que
le sel terrestre qui est en elle, et qui en fait
partie essentielle, aidé par une chaleur extérieure,
puisse faire produire un nouveau germe
à cette terre nouvelle: car s'il ne se faisait pas
une nouvelle terre, nous ne pourrions pas obtenir
un nouveau germe, sans lequel il ne peut
y avoir une nouvelle et parfaite naissance, ni
multiplication en l'oeuvre d'alchimie.

XV.
Les métaux parfaits ne portent pas toujours avec eux la vertu vitale et multiplicative; ce
qui est parfait par la nature en reste quelquefois
à ce point. Il faut donc laisser les métaux
parfaits pour faire la pierre philosophale, et
ne prendre que ceux qui sont en chemin pour
y arriver, je veux dire, l'or et l'argent philosophiques.



(1) La dissolution de la chair métallique, doit être faite de manière qu'elle conserve son esprit vital; à quoi on parviendra, en la
faisant par elle-même, et par son moyen ou vertu.

@

-- 127 --
XVI.
Tout fut créé parfait par l'auteur de toutes choses. -- L'imperfection n'est que le résultat
de la malédiction que Dieu répandit sur la
terre, et à tout ce qu'elle contient et produit,
à cause du premier péché.

XVII.
La fin que le philosophe hermétique se propose en travaillant à la pierre philosophale,
c'est d'obtenir un produit dans lequel réside
la vertu de fixer et de teindre le mercure des
métaux, et de les pousser jusqu'à la perfection
de l'or fin, ou une médecine pour les guérir,
de même qu'aux animaux et végétaux, des
maladies que la nature n'a pu les dégager ou
les exempter, ainsi que de celles qu'ils acquièrent
par une mauvaise manière de vivre; et
cette guérison ne se fait qu'en augmentant en
eux leur esprit vital, qui alors les fait vivre
sans aucune indisposition.

XVIII.
La terre fluidificante, que le philosophe labourant doit extraire des métaux, quand elle

@

-- 128 --
est dépurée des parties grossières, doit être
jointe à la matière universalissime qui lui servira
de véhicule. Alors par cette opération
deviendra première matière ou première semence
du règne métallique, et contiendra la
forme, l'âme, et sera appelée l'esprit universel
de l'alchimie. Et cette première matière ou
première semence (quoique parfaite) ne pourra
manifester sa vertu, ni produire son germe,
que par le moyen de la putréfaction, laquelle
lui communiquera et y ajoutera la facilité de se
multiplier à l'infini.

XIX.
Par la réunion des trois principes, et par l'action de leurs différentes vertus et qualités,
est produite la première fermentation, laquelle
introduit dans la semence qui en est le résultat,
(alors devenue première semence), le moyen
de parvenir au deuxième degré, qui est la putréfaction;
laquelle lui donne et lui communique
le pouvoir de se développer, de produire
son germe et de manifester la vie qui était cachée
dans les premières natures, servant à sa
confection.

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DIX-HUITIEME LEÇON.
PREMIER CHAPITRE.
L'homme peut se rendre presque immortel par l'usage de
la médecine universelle; et attendre sur la terre, jusques à l'avènement de Jésus-Christ, qui viendra pour juger les vivants et les morts.
-*:*-
A la quatrième leçon de ce présent Cours d'alchimie et à la deuxième note, j'ai démontré
que l'homme avait deux vies en lui qui le
rendaient parfait et le différenciaient des autres
animaux: l'une terrestre et végétative, et
l'autre céleste et immortelle. -- Ce qui m'a
obligé de rapporter une résurrection ou empêchement
de mourir en la personne du sieur
Candy, mécanicien de la ville de Lyon; et
duquel j'ai donné l'adresse, pour que les incrédules
puissent se convaincre de la vérité
de ce que j'ai avancé.
Mais comme cette résurrection n'a été opérée que par la vertu de la médecine universelle
qui lui fut administrée par M. Leriche,
maréchal-ferrant et philosophe hermétique,

@

-- 130 --
demeurant au faubourg Saint-Antoine, à Paris;
avant que le corps dudit Candy décédé eût
totalement perdu la vie terrestre végétative
ou première vie, laquelle unissait l'âme divine
immortelle avec son corps matériel, dans lequel
cette première vie la retenait encore quoique
décédé. J'ai cru devoir bien réfléchir si, en
continuant d'employer cette même médecine
universelle dans le même corps ressuscité, on
ne pourrait pas le faire vivre bien plus longtemps
encore.
Et après avoir bien examiné tout ce qui peut se faire d'avantageux, par l'emploi, à
temps opportun, de cette divine médecine ou
panacée, je me suis convaincu que l'homme
qui avait été créé à l'image et à la ressemblance
de Dieu, par conséquent parfait et
immortel comme lui, pouvait parvenir par
l'usage de cette médecine universelle (principe
de vie et ennemie de la mort) à conserver
en lui cette immortalité pendant plusieurs
siècles; se tenir toujours en bonne santé, et
aller même jusqu'à l'avènement de Jésus-
Christ, pour être jugé sur la terre avec tous
les vivants et les morts.

@

-- 131 --
Voici comment j'ai pu me convaincre de cette vérité:
« Dieu tout puissant, embrassant le passé, le présent et l'avenir, en créant l'homme à son
image et à sa ressemblance, a voulu le rendre
parfait; et il n'a pu être parfait qu'en le créant
immortel, sans cela l'homme n'eût pas été
distingué, ni différent des autres animaux: ce
qui n'entrait ni dans la volonté ni dans le plan
du Créateur.
» L'homme ayant donc été crée parfait et immortel, n'a perdu ce grand avantage (à
cause du premier péché) que dans sa partie
matérielle le composant; aussi, ce n'est que
dans cette partie seulement qu'il a été condamné
aux souffrances, aux privations et à la
mort. Alors il n'est resté en lui que l'âme divine,
qui soit immortelle; laquelle, comme je l'ai
dit et prouvé à la deuxième note de la quatrième
leçon, ne quitte le corps matériel,
périssable, que quand ce dernier n'a plus en
lui de vie végétative ou première vie: laquelle
fait l'union de l'âme divine avec la matière.
» L'homme avant de subir la mort corporelle à laquelle il a été condamné, peut, par

@

-- 132 --
l'usage de la médecine universelle, éloigner
de lui cette mort et prolonger ses jours en
bonne santé pendant plusieurs siècles; mais
quoi qu'il ait ce grand avantage, il doit finir
un jour; et ce n'est qu'après avoir fini et subi
la condamnation que le premier péché lui a
méritée: qui est la mort corporelle ou séparation
élémentaire, laquelle l'homme (dans
le corps matériel duquel il reste toujours un
peu de chaleur, qui est la fin de son principe
vital ou première vie) ne peut se dispenser
de subir, puisque Dieu l'a voulu ainsi et que
son fils unique, Jésus-Christ, s'y est soumis.
C'est alors seulement que l'homme, qui a payé
le tribut auquel son corps matériel a été condamné,
est remis au même point de perfection
dont il avait été déchu, et se trouve en chemin
et en liberté de pouvoir jouir de cette immortalité
que le Tout-Puissant lui avait donnée
en le créant. -- Il pourra donc alors, étant
revenu à la vie par le même moyen qui fut
employé en faveur du sieur Candy de Lyon,
éloigner la mort et prolonger ses jours bien
plus encore par l'usage de cette divine médecine

@

-- 133 --
universelle prise à propos (1); à quoi il
parviendra par le moyen de la première vie
(qui unit les extrêmes) à laquelle la médecine
universelle communique, donne et continue
le moyen de pouvoir retenir l'âme divine,
immortelle, dans son corps matériel. -- Mais
pour le rendre à la vie après qu'il est mort
et qu'il a subi la séparation élémentaire, on
doit avant opérer et employer la médecine
universelle sur le corps mort, comme a fait
M. Leriche, philosophe hermétique, quand
il a ressuscité le sieur Candy; lequel ayant
subi la mort corporelle, pourrait (s'il avait
de la médecine universelle pour pouvoir en


(1) La vertu de la médecine universelle, que le philosophe hermétique tire des métaux et minéraux, dans lesquels Dieu l'a mise,
est si grande, qu'elle est inappréciable par le pouvoir qu'elle a de
rendre l'homme presque immortel sur terre, en tenant toujours les
éléments qui l'ont constitué dans une égale température, et en fortifiant
et augmentant sa vie terrestre végétative, ou première vie, par le
moyen de laquelle première vie l'union du corps terrestre avec l'âme
céleste est maintenue. Les amateurs de la chimie hermétique qui
cherchent dans les autres deux règnes, cette médecine universelle;
travaillent inutilement; ils s'abusent: et s'ils parviennent à tirer
quelque chose de ces deux règnes, ce ne peut être qu'un produit
que le feu peut détruire. -- L'or et l'argent seuls, étant indestructibles,
peuvent leur donner l'objet désiré.

@

-- 134 --
alimenter son corps) vivre en bonne santé, et
prolonger ses jours jusques à l'avènement de
Jésus-Christ (1).
Si donc les hommes peuvent se rendre presque immortels dans ce monde, qui n'est
qu'un passage pour nous rendre à l'autre, ils
ne doivent pas douter (comme font grand
nombre) que nos corps matériels seront glorifiés
et rendus semblables au corps de Jésus-
Christ, dont nous sommes les membres, et que
nous jouirons éternellement de la gloire de
Dieu notre créateur, et de le voir face à face:
ce qui n'arrivera que quand l'homme aura
entièrement satisfait à la justice divine.
Pour donc bien prouver et bien baser que l'homme peut parvenir à prolonger ses jours,
même après sa mort, il faut le considérer de
deux manières, ou comme ayant été créé deux
fois:


(1) Ce que j'avance ici ne doit étonner personne, puisque il est reconnu par tous les philosophes hermétiques, que la médecine universelle
est ennemie de la mort, étant de même nature et pureté
que l'âme céleste. Ce sont deux soeurs immortelles, sorties du même
principe, et qui ont reçu du Créateur de grands avantages. L'une,
de rendre l'homme parfait; et l'autre, de pouvoir le tenir
toujours sur la terre en bonne santé.

@

-- 135 --
Par la première, il doit être considéré comme sortant des mains de Dieu qui, pour
le rendre parfait, immortel et ressemblant à
lui-même, le créa des plus purs éléments;
l'anima par son souffle; lui unit une âme immortelle,
une étincelle de lui-même et lui
donna pour demeure le paradis terrestre, correspondant
au paradis céleste. Mais l'homme
ne pouvant pas se multiplier lui seul, Dieu lui
donna une femme qu'il sortit de lui-même.
Alors ces deux êtres premiers, sortant de la
même racine, ne furent qu'une même chair
composée de la même matière élémentaire,
et ne formèrent qu'un seul et même corps;
et ce corps, pour remplir le plan du Créateur,
reçut cette bénédiction, cet ordre: « Croissez
et multipliez. » Mais par une fatalité dont il
n'est pas possible à l'homme de se rendre
compte, le premier homme manquant d'expérience
se rendit coupable par le péché:
péché qui fut plutôt le produit de la méchanceté,
que de l'amour; de la bonté et croyance,
que de l'ingratitude.

Par la deuxième, alors s'étant rendu coupable
@

-- 136 --
par le péché, il doit être considéré
comme étant déchu de l'immortalité corporelle
et condamné à la mort, ou séparation
élémentaire; par conséquent à quitter cette
terre frappée de malédiction, et sur laquelle
il devait rester éternellement.
Par la première, le premier homme n'avait pas en lui de vie terrestre végétative ou première
vie, pour unir son corps matériel avec
l'âme céleste; il n'en avait pas besoin, puisque
son corps avait été formé des éléments incorruptibles
et avait été animé par Dieu, par
conséquent parfait et immortel; et que tout
ce qu'il aurait mangé était de même très pur,
comme les principes dont il avait été créé.
Aussi, dans cette première perfection humaine,
on n'aurait pas pu distinguer la matière de la
forme, puisque l'âme ou la vie céleste et
immortelle qui lui avait été donnée par le
Créateur était de même principe et avait la
même pureté que la matière qui avait servi à
la formation de son corps, et à laquelle la vie
céleste qui l'animait avait été et restait unie
sans la nécessité d'un esprit mitoyen.

@

-- 137 --
Par la deuxième, après sa chute l'homme fut maudit, ainsi que sa postérité; et il fut
condamné au travail, aux souffrances, aux
maladies et à la mort corporelle. Et ce ne fut
qu'alors, que son corps matériel déchu fut
distingué et en dessous de l'âme immortelle
que Dieu lui avait donnée; laquelle, à cause
de sa grande et parfaite pureté, ne pouvait
plus rester unie avec un corps dégradé et
souillé par le péché. Mais pour que l'âme
divine, immortelle, put rester unie avec le
corps matériel déchu de sa pureté; et que
l'homme, en se multipliant par l'engendrement,
put conserver la perfection et le pouvoir
de se rendre presque immortel sur la terre par
la vertu de la médecine universelle. L'homme
corporellement reçut une vie nouvelle produite
par la putréfaction des semences contenues
dans les éléments dont il était composé,
mais périssable, que j'ai nommée vie terrestre
végétative, ou première vie (1), par


(1) Cette deuxième vie, que le premier homme reçut de son Créateur après avoir péché, devint première vie terrestre végétative
dans tous ses descendants, et forma en lui une deuxième perfection
humaine. Elle ne lui fut donnée qu'après s'être rendu indigne de
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par le moyen de laquelle son corps matériel déchu
put être toujours uni avec l'âme divine immortelle.
Par ce deuxième don, Dieu laissa
en l'homme pécheur par faiblesse, l'immortalité
dont il l'avait revêtu et comblé; sans
laquelle il n'aurait pas été parfait, ni digne
de son Créateur.
Il est donc prouvé que l'homme a deux vies en lui: l'une mortelle et l'autre immortelle,
et qu'il réunit aussi en lui un corps matériel
périssable, une vie terrestre végétative et une
vie céleste immortelle: ce qui le rend parfait.
Tant que la vie terrestre ou première vie, qui n'est qu'une chaleur, un feu élémentaire,
reste dans le corps de l'homme décédé (laquelle
ne l'abandonne que quand son corps
est tout à fait froid dans toutes ses parties),
l'âme divine immortelle en fait encore partie.


la première, qui le rendait parfait et immortel sur la terre; laquelle
formait sa première perfection, et le rendait presque égal à son
Créateur. Les descendants du premier homme, naissant par engendrement
dans le premier péché dont il s'était rendu coupable par faiblesse,
n'ont pu jouir que du deuxième don, et n'ont pu se multiplier
que dans l'imperfection, je veux dire par le moyen de la
putréfaction des semences contenues dans la matière, que le premier
péché avait rendue sujette à la corruption, à la mort.

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L'homme peut donc (par le moyen de cette première vie qu'il conserve encore dans son
corps après avoir subi la mort corporelle ou
séparation élémentaire à laquelle il a été condamné)
revenir à la vie, en se servant de la
médecine universelle que Dieu a mise dans
les métaux et minéraux, laquelle a la vertu
de communiquer, d'augmenter et de continuer,
à la vie terrestre végétative ou première vie
(qui n'abandonne le corps matériel, comme
je l'ai dit, que quand il est tout à fait froid
dans toutes ses parties), le pouvoir de retenir
dans ledit corps matériel de l'homme l'âme
divine immortelle: ce qui ne pourrait être,
si la médecine universelle ne tirait pas son
origine des plus purs éléments non sujets à la
corruption (desquels le premier homme fut
composé); ce qui la rend égale à l'âme divine.
Toutes les deux, comme nous l'avons dit, sont
deux soeurs qui sortent de la même source et
de la volonté de la même puissance; et c'est
cette parenté qui donne à la médecine universelle
le moyen de maintenir, continuer et
d'augmenter la vie terrestre végétative ou première
vie aux corps humains qui sont au

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moment de la perdre, en alliant et unissant
les extrêmes et en accordant les contraires:
les matières et les esprits les composant.

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DEUXIEME CHAPITRE.
Pour bien opérer, il faut avoir soin, avant le total refroidissement du corps matériel,
d'aider et d'augmenter par la médecine universelle
cette première vie terrestre et chaleur,
ou feu élémentaire qui reste dans le corps de
l'homme; et en lui en administrant à propos
la quantité suffisante, il ne sera pas difficile
d'y parvenir et par là le faire vivre toujours.
Ce qui sera aussi facile à faire, comme il est
facile d'empêcher une lampe ardente de s'éteindre;
à quoi on parvient en lui fournissant
continuellement l'huile suffisante qui lui sert
de nourriture et lui conserve la vie.
Il faut donc, quand l'homme a rendu son dernier souffle et qu'il a subi la mort corporelle
à laquelle il a été condamné, ne pas
attendre que son corps soit totalement froid
pour pouvoir le rappeler à la vie; il faut de
suite l'oindre plusieurs fois et extérieurement

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de la médecine universelle dissoute dans de
l'esprit de vin, et lui en donner aussi un peu
intérieurement qu'on dissoudra dans un véhicule
moins fort. Cette opération, pour être
bien faite, doit se faire devant un grand feu
et à l'abri du vent; il faut aussi que le corps
de l'homme, imbibé et oint de médecine dissoute,
se sèche plusieurs fois par le moyen de
la chaleur du feu auprès duquel on le mettra
et l'entourera, et jusqu'à ce qu'il donne une
marque visible de retour à la vie on opérera
de même. Puis on le mettra dans un lit bien
chaud, et quand il aura recouvré complètement
la vie il pourra se conserver toujours
vivant et en bonne santé, en prenant de la
médecine universelle de temps en temps:
par ce moyen il se conservera toujours vivant
et dans un état de santé, de jeunesse et de
force complètes. C'est le moyen que Dieu accorde
à l'homme philosophe hermétique pour
se conserver sur la terre jusqu'à l'avènement
de Jésus-Christ; ce qui est une marque très
grande de son amour pour la créature.

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TROISIEME CHAPITRE.
Pour se bien convaincre de la possibilité de pouvoir faire revivre ou ressusciter l'homme
et de le tenir longtemps vivant sur la terre,
il faut bien réfléchir sur la difficulté qu'ont
certains animaux de mourir, et d'autres, quand
ils sont morts, de facilité à revenir à la vie.
Voici des exemples qui viennent à l'appui de mon système:

« Les cigales meurent et reviennent ou se reproduisent de leur graine. Les cigales quand
elles ont cessé de chanter pendant l'été meurent
quelques jours après; leur corps se dessèche
et tombe sur terre en plusieurs morceaux,
lesquels s'y mêlent par le moyen de la
charrue, et ces morceaux sont leur graine de
laquelle elles reprennent vie dans la terre qui
leur sert de matrice. L'hiver passé, elles en
sortent petites et blanches, végètent et noircissent;
et quand elles sont grosses, elles
montent sur les arbres et sur les oliviers,
chantent pendant quinze jours de suite et
meurent quelques jours après.
« Les serpents sont très difficiles à mourir. »
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« Les polypes, d'après Réaumur le naturaliste, quoique partagés en plusieurs parties,
vivent également dans toutes les parties ou
morceaux. »
« Les mouches, quoique mortes dans l'eau, reviennent à la vie en les couvrant de sel marin
pilé fin. On a vu sur le port au vin, à Paris,
une grande quantité de mouches qu'on venait
de sortir d'un tonneau plein de vin arrivé
nouvellement d'Espagne, et qu'on avait laissées
sur ledit tonneau reprendre la vie quelques
heures après le moyen de la chaleur du
soleil qui les ressuscita; elles étaient cependant
mortes depuis trois mois au moins. »
« Les crapauds, quoique percés au milieu du ventre, vivent encore plusieurs jours. »
« Au sixième volume du Dictionnaire philosophique de Voltaire, article Polypes,
page 175, on y trouve: Regardez le colimaçon
qui marche un mois, deux mois entiers,
après qu'on lui a coupé la tête; et auquel
ensuite une tête revient garnie de tous les
organes que possédait la première. »
Si donc dans certains insectes, reptiles et autres animaux il y a un double principe de
vie, ce qui les approche de l'immortalité,

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nous ne devons pas douter que dans l'homme
créé à l'image et à la ressemblance de Dieu il
y ait aussi un principe d'immortalité bien plus
grande encore, sans lequel, comme je l'ai dit,
la créature humaine ne pourrait être parfaite,
ni ne pourrait se rendre presque immortelle
sur terre. Il en est de la possibilité de l'immortalité
humaine, aux yeux d'un très grand
nombre d'hommes judicieux, comme de beaucoup
d'autres avantages donnes à l'homme;
desquels ils doutent complètement: par la
seule raison que ces avantages n'ont pas été
démontrés en leur présence.
Les hommes, en général, ne croient que ce qu'ils voient, et grand nombre sont très portés
à se persuader qu'il leur est permis de douter
de tout ce qu'ils ne voient pas: c'est une
incrédulité que beaucoup d'hommes s'obstinent
à garder; et quelques grandes connaissances
qu'ils aient, on pourrait leur dire qu'ils n'ont
pas toujours raison de douter de tout. Ils jugeraient
bien plus sainement, s'ils croyaient
que l'homme peut parvenir à tout quand
Dieu, qui l'a créé, le permet. Quid retribuam
domino, pro omnibus quae retribuit mihi!

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DIX-NEUVIEME LEÇON.
Lettres écrites à deux personnes marquantes et offre faite à
plusieurs de leur faire faire un grand bénéfice.
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PREMIERE LETTRE.
Paris, le 26 août 1823.
A MONSIEUR, A LUI-MEME
« Monsieur,
» Une découverte extraordinaire, à laquelle les hommes en général n'ajoutent aucune
croyance, sur laquelle il a été écrit un
grand nombre de volumes, et au travail et recherche
de laquelle beaucoup de savants, d'hommes
riches se sont trop souvent livrés en vain:
reconnue par les uns, rejetée par les autres, enfin
la pierre philosophale et la médecine universelle.
-- Voilà, monsieur, ma découverte
que je désire finir, et que mon peu de moyens
pécuniaires me met dans le cas de ne pas pouvoir.
» Plusieurs personnes avec qui j'en ai parlé, m'ont promis de fournir l'argent nécessaire;
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quelques jours de réflexion ou de mauvais conseils
donnés, ont suffi pour ne pas le faire. --
D'autres s'en sont dégoûtés d'après le conseil
des personnes auxquelles ils en avaient fait
part. -- Enfin il en a été de même avec d'autres
qui, ayant de la fortune et de grands noms,
portés par leurs connaissances naturelles à
croire à la possibilité de la transmutation métallique,
non seulement m'ont offert le peu d'argent
qu'il faut, mais bien au-delà; et quoique
cela je n'ai pu rien faire avec eux à cause de
leurs trop hautes prétentions qu'ils portaient
jusqu'à exiger de moi que je leur montrerais
cette divine science; et quelque raison que je
leur aie donnée pour leur prouver que je ne
pouvais, ni ne devais donner à personne une
science que je ne tenais que par inspiration divine,
ils ont toujours persisté à la vouloir.
» Si vous, monsieur, qu'une colossale fortune met dans le cas de ne pas tenir à l'argent,
voulez m'aider par des petites avances, je ne
vous offrirai pas comme aux autres de l'argent,
n'en ayant pas besoin; mais je vous offrirai
quelque chose de plus précieux que tout l'or
du monde; la médecine universelle, la panacée,

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tant pour vous que pour vos enfants avec
laquelle vous entretiendrez votre vie et votre
santé, et vivrez cinquante années de plus sans
aucune infirmité par l'usage de cette divine
médecine que je vous offre de bon coeur, et
en reconnaissance de la confiance que vous
m'accorderez, et que le temps vous prouvera
que je mérite.
» Si mon offre vous plaît, répondez-moi, je vous prie et croyez-moi, monsieur, votre très
humble serviteur, » Louis CAMBRIEL. »
« P.S. Je vous préviens, monsieur, que ma démarche et mon offre qui peut paraître insidieuse
à certains hommes, ne vous sera jamais
faite par personne, quelque nombre d'années
que vous puissiez vivre.
» Ceux qui ont le bonheur de posséder cette divine médecine, n'ont besoin de l'argent de
personne. -- Moi seul me trouve (quoique possesseur
d'un aussi grand secret) obligé par mes
besoins à faire cette grande offre, et qu'après
une mûre réflexion, vous ne refuserez pas, je
crois.
» Le dit. »
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