Début de l'ouvrage Texte précédent Texte suivant Fin de l'ouvrage Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfeseite Rückkehr. Flag Hjælp side Tilbage. Bandiera Guida Torna.
1 2 3 4 5 6

-- 183 --
La semence, en l'animal, ne se manifeste qu'à son âge parfait, et il se multiplie sans
cesser d'être le même; et dans sa multiplication
il ne fournit que l'excédent de sa santé,
de sa vertu, de lui-même. -- Dans sa vieillesse
l'animal n'ayant de force et de vertu que pour
lui-même, ne démontre pas alors, par des
volontés naturelles, l'existence ni la présence
de la deuxième vie et vertu multiplicative,
contenue dans sa semence; puisque alors elle
s'affaiblit et qu'elle tend à sa fin: comme dans
son enfance, elle tendait à son augmentation
et force.
La première vie végétative, et la troisième vie contenue dans la semence de l'animal parfait,
ne restent ensemble dans le même corps
que tout autant que le corps matériel jouit
complètement de cette première vie végétative;
laquelle, comme nous l'avons dit à la
quatrième leçon de ce présent Cours d'alchimie,
allie aussi (tant qu'elle est présente
dans le corps de l'animal parfait qui est l'homme)
l'âme céleste immortelle avec le corps terrestre
de ce même animal qui alors le rend
parfait. -- Privé de la première vie, le corps

@

-- 184 --
matériel est mort, et ne peut plus conserver
en lui, ni la semence contenant la troisième
vie multiplicative, puisque alors elle s'échappe,
elle fuit la mort, elle s'en sépare; ni la vie
divine, céleste, qui s'en sépare aussi.
Par tout ce que nous avons dit, nous croyons prouver qu'il y a une grande inimitié entre la
vie et la mort, et que, dans aucun cas, elles
ne peuvent habiter ensemble le même corps
matériel, et qu'il ne peut se faire entre elles
aucune union durable.
Dans les animaux imparfaits ou à instinct, qui n'ont que la première vie végétative seulement
ou esprit terrestre, cette deuxième vie
qui est contenue dans leur semence pour leur
propre multiplication, ne peut rester dans le
corps d'un cheval entier quand on l'abat. Alors
cet animal, privé de vie dans sa partie matérielle
et de chaleur élémentaire, ne peut conserver
la vie multiplicative contenue dans sa
semence. Elle s'échappe, elle se sépare du
corps mort, dans les reins duquel elle restait,
et cela se fait au moment qu'on lui ôte la première
vie.
On peut se convaincre de la vérité de ce
@

-- 185 --
que j'avance, si l'on réfléchit sur ceux qu'on
exécutait avant la révolution; que dans l'homme,
animal parfait, on s'apercevait toujours,
chez ceux qu'on pendait, que dans le même
moment qu'ils perdaient leur vie matérielle,
ou première vie, perdaient aussi leur semence
ou troisième vie. Elle s'échappait de leur corps;
ce qui a fait croire à certaines personnes que
de mourir de cette manière on souffrait moins.
Il arrive aussi qu'en l'homme fortement affaibli par une forte hémorragie ou par tout
autre événement, que sa semence, résultat et
superflu de la première vie matérielle s'échappe
de son corps affaibli; et cela peut lui
arriver plusieurs fois pendant la nuit, tant la
vie contenue dans la semence à de vertu; de
force; et ne peut rester unie avec le corps
matériel trop affaibli, ou détruit.
Il arrive aussi que chez les jeunes gens pleins de force, leur semence toute vie s'échappe
abondamment à la suite d'un songe ou
d'une conversation agréable.
Donc la semence ne dépend que d'elle- même, et ne peut rester dans un corps trop
affaibli, ni rester dans l'inaction dans un corps
8*
@

-- 186
plein de force; ce sont deux extrêmes qui la
forcent de s'échapper.

Cette troisième vie ou semence est pleine de feu, et dans l'âge de la plus grande force
de l'animal parfait, et quelquefois même dans
sa vieillesse, porte trop souvent ce même animal
à la jouissance charnelle, et lui fait oublier
les souffrances passées, les craintes de sa
suite pour s'y livrer de nouveau, tant est grande
la force de son feu, de sa vertu. -- Alors cette
semence pleine de vie qui porte l'homme,
animal parfait à la jouissance, l'oblige, quoique
à regret, quelquefois, à remplir en cela
la volonté du créateur, qui, en le bénissant
en la personne d'Adam, lui a dit: Croissez et
multipliez (1).


(1) Lorsque le Tout-Puissant signifia au premier homme: Croissez et multipliez, il lui fit connaître sa volonté suprême, l'ordre d'amour
naturel, et il insinua à la nature, à l'homme à venir, l'amour
mutuel des deux sexes: amour dont il était lui-même le principe, la
volonté.
Et nous sommes si fortement enclins à exécuter cet ordre divin, que les hommes en général manquent souvent aux autres Commandements
de Dieu, mais jamais au premier, tant Adam, le premier
homme, fut imbu fut pénétré de cette volonté divine, de ce

@

-- 187 --
Aussi, je croirais pouvoir dire (mais que je ne puis pas bien affirmer) que, lorsque N. S.
Jésus-Christ a parlé aux hommes en leur défendant
la jouissance charnelle, n'a pas entendu
la leur défendre complètement. -- Il a voulu
porter l'homme à n'en jouir qu'avec raison,
comme de toute autre chose; ce qui lui a fait
dire: Dans votre manger et dans votre boire,
soyez sobre; ne détruisez point votre corps,
n'altérez point votre santé; servez-vous de
toute la raison que j'ai mise en vous. Vous
êtes de petits Dieux sur la terre, rendez-vous
donc, dans toutes vos actions, dans tous vos actes
dignes de ce beau titre. Vous avez été créés
immortels et quoique le premier péché vous
ait privé de jouir sur la terre de ce grand avantage,
j'ai laissé en vous une étincelle de moi-même
pour que vous fussiez immortels, et pour
que vous fussiez aussi toujours ressemblants à
votre Père céleste, votre créateur, qui, quoique
ingrats envers lui de tous les avantages dont
il vous a comblés, vous aime toujours.


premier ordre; que ses descendants n'ont cessé de s'y conformer que
quand ils n'ont plus eu la force, le moyen de le pouvoir remplir.

@

-- 188 --
Il arrive aussi quelquefois aux jeunes gens pleins de feu, et ayant de troisième vie au-
delà de ce qu'il leur en faut pour se maintenir
tranquilles, que l'idée seule de la jouissance,
le tableau d'un objet chéri et désiré, sans autre
chose que cette idée, que ce tableau, porte
leur semence à s'échapper de leur corps matériel;
tant cette semence a de vie, de feu, de
force et d'inclination ou penchant à se multiplier.
Je n'avance rien qu'on ne puisse prouver; et c'est ce qui doit convaincre l'homme qu'il
n'est parfaitement en bonne santé et dans toute
sa force et pleine puissance, que quand son
corps matériel est plein de cette vie multiplicative,
produite du superflu de sa vie végétative
ou première vie, et que les éléments,
comme nous l'avons dit, qui l'ont constitué,
sont parfaitement d'accord entre eux, et que
ceux air et feu l'emportent sur les autres en
force et pouvoir.
Aussi, les animaux parfaits qui ont leur commencement ou naissance, leur prospérité,
leur grande force ou milieu; leur décadence

@

-- 189 --
ou leur fin; ne jouissent d'une bonne santé
que quand les éléments sont bien unis et que
l'un ne l'emporte pas sur l'autre, et ne passent
de cette vie terrestre à l'éternelle que
quand ces mêmes éléments qui ont constitué
leur corps ne sont plus en harmonie, et que
les grossiers, terre et eau ont le dessus sur
ceux air et feu.
Je crois avoir prouvé par tout ce que j'ai dit, que la semence de l'animal vient de son
sang; que ce sang se blanchit et se perfectionne
dans ses reins; qu'elle a une vie à elle, indépendante
(quoique contenue dans le corps
de l'animal) de celle de l'animal même, que
j'ai nommée à la 4e leçon de ce présent cours
d'alchimie première vie végétative; que l'une
est produite de la force et de l'excédent de
l'autre, et que cette semence contenant la troisième
vie, quitte quelquefois le corps la contenant,
et s'en sépare, sans que la première
vie végétative cesse d'être.
Par tout ce que j'ai dit, je crois avoir prouvé que l'homme, animal parfait, a trois vies en
lui.

@

-- 190 --
La première: terrestre et végétative, le formant
et l'animant;

La deuxième: céleste, divine, immortelle,
le rendant animal parfait et le différenciant des autres animaux;
Et la troisième: dans sa semence pour sa
propre multiplication.

--------
DEUXIEME ADDITION
En dehors de l'Alchimie; faisant suite aussi de la deuxième
note de la quatrième leçon, traitant de la semence de la femelle, de sa vertu; de sa perfection; et de ses écarts.
Le sang menstruel de la femelle du règne animal est sa matière, sa semence. Ce sang,
qui est toujours le plus pur, coule goutte à
goutte et se rassemble dans sa matrice; quand
il y est en grande abondance, il est force d'en
sortir pour faire place à un nouveau volume:
ce qui se nomme les purgations ou menstrues.
-- Ce sang menstruel matériel conserve presque
toujours sa couleur rouge; et pendant les
trente jours qu'il reste dans la matrice, quoique

@

-- 191 --
très pur et doux, à force d'être augmenté de
nouveau, contracte, par le moyen de la fermentation
qu'il ne peut se dispenser d'éprouver
(à cause du mélange du nouveau avec
l'ancien), la vertu corrosive qui forme sa
perfection pour la multiplication de son espèce,
et devient, dans la matrice de la femelle,
quelquefois plus corrosif chez les unes que
chez les autres. Dans certaines femelles (à
cause de la force du tempérament) ce sang
très pur qui se rassemble peu à peu dans leur
matrice, de doux qu'il est au commencement,
au lieu de s'arrêter à la causticité seule nécessaire
pour le rendre parfait, s'exalte et dépasse
quelquefois le deuxième degré de la fermentation:
alors il s'écarte et dépasse le degré de
perfection auquel la nature l'avait destiné.
Dans cet état, au lieu de représenter un sang
menstruel corrosif et de couleur rouge, il se
présente sous une forme blanchâtre un peu
gluante, et s'approche de la couleur de la
semence du mâle: alors il s'éloigne par cela de
la perfection que cette matière ou sang menstruel
doit avoir pour se multiplier. -- Ce
sang dans cet état d'imperfection, ayant acquis

@

-- 192 --
un fort degré de feu, porte la femelle et lui
communique un grand penchant pour la jouissance:
alors la femelle, dans le moment de
coït, pousse hors de sa matrice et avec une
grande force ce même sang blanchi et dénaturé,
qui, n'étant plus propre pour la multiplication,
ne laisse pas que de porter fortement
les femelles qui sont dans ce cas à la jouissance
multipliée. Ce qui nous démontre que la femelle
qui a trop de force et d'embonpoint, et
son tempérament poussé jusques à ce degré-là,
ne fait jamais d'enfants. -- Ce sont les femelles
faibles, pâles, maigres et pas abondantes en
menstrues, qui sont les plus propres à la multiplication
de leur espèce.

--------
@

-- 193 --
TROISIEME ADDITION
Faisant aussi, suite de la deuxième note de la quatrième
leçon, et comme la première et la deuxième (aussi en dehors de l'Alchimie) : traitant de l'union des deux semences, du mâle, et de la femelle; formant la semence première du règne animal: et de ses résultats parfaits, ou imparfaits.
--------
Le feu naturel contenu dans la semence du mâle et le feu innaturel contenu dans celle de
la femelle, par leur grande force, sont tous
les deux si enclins à se multiplier, qu'il
portent souvent l'homme et la femme à s'unir
charnellement. Alors, dans ce combat d'amour,
dans cette union charnelle, on pourrait dire
qu'il y a défi, désir de vaincre, de se surpasser
en force pour procréer leur semblable.
Par l'union de ces deux semences, qui ont un feu chacune contraire en qualité, est formé
un compost qui devient première semence,
ou le cahos du règne animal. Ce cahos ou première
semence contient le feu de contre nature,
et n'acquiert parfaitement la vertu de se
multiplier que par la fermentation; et cette
fermentation ne se manifeste, ne s'opère
qu'après que la femelle, pendant son union,
8
@

-- 194 --
a reçu dans sa matrice le feu naturel formateur
que le mâle lui injecte lequel s'unit avec
son sang menstruel et forme le compost, et les
esprits vitaux qui étaient contenus séparément
dans chaque nature sont, par leur union, fortement
augmentés dans ce compost ou cahos.
-- Alors la forme, ou feu naturel du mâle ou
semence masculine, est dissoute et dévorée
par la vertu corrosive de la semence menstruelle;
et le germe animal n'en est produit,
quelques jours après, que par la vertu et effet
de la putréfaction du compost contenant le feu
de contre nature formé par le mélange des
deux feux contraires en qualité. Ce qui alors
occasionne à la femelle des maux d'estomac
et de crachements, et démontre que le germe
animal se développe et que le produit qui doit
en résulter ne peut être que parfait. -- Mais
si, au contraire, la fermentation des deux
semences formant le compost ou cahos animal
est poussée au troisième degré, qui est la corruption,
par sa trop grande action, le compost
produit par l'union des deux semences est
détruit, ainsi que le germe qu'il devait produire:
et le résultat n'est alors qu'un faux

@

-- 195 --
germe, une masse charnelle non propre à
rien, se nourrissant et s'augmentant, comme
l'enfant qui en devait naître, du même sang
menstruel dont il a été produit. Alors la nature
a dépassé ses bornes, s'est égarée et a suivi
une mauvaise route.

--------
Abrégé de ce qui a été dit dans les trois additions précédentes,
traitant de trois vies en l'homme, animal parfait.
--------
L'homme animal imparfait n'est animal parfait que quand il a reçu deux animations: la
première terrestre, l'autre céleste.

La première terrestre, qui le fait animal imparfait et lui donne la première vie, est un
esprit élémentaire.

La deuxième, qui le fait et le rend animal parfait et lui donne la deuxième vie, est un
esprit céleste; et cet esprit céleste ne peut
s'unir et s'allier à la matière, ou corps terrestre,
qu'après que celui-ci, corps terrestre,
a reçu la première vie terrestre qui est un

@

-- 196 --
esprit élémentaire, lequel esprit facilite l'union
de ces deux extrêmes. Et cette deuxième animation
ou deuxième vie n'est envoyée par
Dieu, à l'animal imparfait que pour l'animer
célestement, le rendre animal parfait, digne
de lui, et le différencier des autres animaux
qui n'ont en eux que la première vie matérielle
ou esprit élémentaire.
Et cette deuxième animation ou deuxième vie, qui a rendu l'homme d'animal imparfait,
animal parfait, n'a pu s'opérer que par un
moyen ou milieu, qui n'est que par la vertu
et pouvoir de l'esprit terrestre élémentaire ou
première vie de l'animal imparfait; lequel,
tenant comme esprit terrestre élémentaire du
haut et du bas, a pu allier et unir les extrêmes:
l'esprit céleste avec le corps terrestre. -- Cette
alliance et union de la matière ou du corps
terrestre, avec l'esprit ou âme céleste, n'a pu,
comme je l'ai dit, s'opérer que par l'esprit
terrestre ou première vie. Quand cette union
a été faite. l'homme animal parfait a réuni
deux vies; lesquelles n'ont été produites en
lui que par l'union du corps terrestre avec

@

-- 197 --
l'âme ou esprit céleste. Et ces deux vies ou
ces deux esprits réunis en forment toujours
ou en produisent aussi une troisième vie en
lui; laquelle est dans sa semence pour sa propre
multiplication: alors l'homme animal parfait
a trois vies en lui.

--------
@
@

TABLE.
DES DIX-NEUF LEÇONS DONT EST COMPOSE CET OUVRAGE
HERMETIQUE.
Ainsi que de tout ce que chaque leçon contient. Suivies des
explications de quelques articles des cinq premiers chapitres de la Genèse. Et de trois additions; traitant d'une troisième vie en l'homme; animal parfait.
-*:*-
INTRODUCTION. Page 5 ABREGE DU GRAND OEUVRE. 9
PREMIERE LEÇON.
Lettre de M. EBK à L.-P.-F. Cambriel; et une
autre lettre de L. Cambriel, en réponse à M. M. EBK, traitant de la théorie et de la
pratique de l'alchimie; avec deux notes, par
lesquelles il annonce de quelle manière il est
parvenu à trouver les opérations pour parfaitement
connaître la science hermétique. 11
DEUXIEME LEÇON.
Explication d'un hiéroglyphe placé à l'une des trois
portes de l'église Notre-Dame de Paris; représentant toutes les opérations de l'oeuvre hermétique; avec deux notes. 29
@

-- 200 --
TROISIEME LEÇON.
Lettre écrite à M. de Gabriac, sous préfet du Vigan,
département du Gard, alors à Paris; et les raisons qui l'ont faite écrire: laquelle traite de tous les avantages de la médecine universelle. 36
QUATRIEME LEÇON.
1. De la fermentation métallique, de ses besoins,
et des grands avantages qu'elle produit; avec deux notes. 43
CINQUIEME LEÇON.
1. Des principes visibles, nécessaires, composant
un des cahos. 55 2. Des trois manières d'opérer pour faire l'oeuvre
hermétique. 56 3. D'où il faut partir pour commencer le travail
d'Alchimie. 58 4. Des deux Voies, sèche et humide. 59 5. Des opérations nécessaires pour parvenir à bien
faire la séparation, et réunion des principes pour l'oeuvre. 60
SIXIEME LEÇON.
1. Montagne philosophique. 63 2. Des cahos métalliques contenant les principes
de l'oeuvre. 64
@

-- 201 --
3. Aigles volants de l'oeuvre. 65 4. Conduite et proportions à garder pendant le
travail. 66
SEPTIEME LEÇON.
1. Des éléments principiants, et des éléments principiés.
68 2. Des corps et des esprits nécessaires pour faire
l'oeuvre. 69 3. Des feux en général et des sublimations. 71
HUITIEME LEÇON.
1. Traité du sel premier principe, par ordre de
travail. 72 2. Traité du soufre, deuxième principe. 74 3. Traité du mercure, troisième principe. 75 4. Observation sur le tout. 76
NEUVIEME LEÇON.
1. Première nature, ou feu chaud. 77 2. Seconde nature, ou feu froid. 78
DIXIEME LEÇON.
1. De la pierre des philosophes, et de la pierre philosophale.
82
ONZIEME LEÇON.
1. De la sublimation et lessive hermétique. 85 2. Des feux intérieurs, d'un des derniers cahos. 86
@

-- 202 --
DOUZIEME LEÇON.
1. De la terre feuillée, et de la terre des feuilles. 88

TREIZIEME LEÇON.
1. Des semailles des philosophes, et du temps
propre à les faire. 94 2. Solution de la terre philosophique. 94 3. De la nourriture, et des naissances de l'enfant
hermétique. 96
QUATORZIEME LEÇON,
1. Chapitre de comparaison. 98 2. Différence du premier cahos, et ce qu'il contenait,
avec lequel Dieu créa le monde; De celui des philosophes. 100 3. De la vie cachée dans les éléments métalliques
composant les corps parfaits. 105
QUINZIEME LEÇON.
1. L'existence de la très Sainte Trinité est prouvée
et démontrée réelle par l'alchimie. 107
SEIZIEME LEÇON.
1. De tout ce dont on a besoin dans le travail. 111 2. Des mariages des métaux, et de celui de Vénus
avec Vulcain. 113 3. Des changements à faire éprouver aux métaux
parfaits. 118
@

-- 203 --
DIX-SEPTIEME LEÇON.
1. Réunion de la théorie, ainsi que de toutes les
opérations nécessaires pour faire et finir l'oeuvre hermétique, en dix-neuf parties. 119
DIX-HUITIEME LEÇON.
1. L'homme peut se rendre presque immortel par
l'usage de la médecine universelle, et attendre sur la terre jusqu'à l'avènement de Jésus-Christ, qui viendra pour juger les vivants et les morts. 109 Deuxième Chapitre. 140 Troisième Chapitre. 142
DIX-NEUVIEME LEÇON.
1. Première lettre. Deuxième lettre. Lettres écrites
à deux personnes marquantes. Troisième; offre faite à plusieurs de leur faire faire un grand bénéfice; précédée du motif qui l'a fait faire. 145
--------
Fin de la table des dix-neuf leçons, suivies des
explications de quelques articles des cinq premiers chapitres de la Genèse; et de trois additions prouvant une troisième vie en l'homme, animal parfait. 156
@
@

-- 205 --
Nous ajouterons à tout ce que nous avons écrit dans cet
ouvrage d'Alchimie, plusieurs extraits essentiels composés par les philosophes mes prédécesseurs: ils seront utiles aux amateurs, commençants, à travailler à l'Alchimie ou science occulte.
-*:*-
I.
Fils de la science, si vous voulez faire la conversion ou la transmutation des corps, d'imparfaits
en parfaits, si cette transmutation se
peut faire par quelque matière que ce puisse,
il faut nécessairement qu'elle se fasse par
les esprits. -- Hermès.

II.
L'âme ou teinture des métaux est très nécessaire pour l'oeuvre. Pour se la procurer, il
faut ouvrir les métaux et saisir par un rets fin
cette âme qui en sortira. -- Hermès

III.
Toute chose au commencement de laquelle vous n'aurez point vu la vérité, est tout à fait
trompeuse et inutile. -- -- Morien .
@

-- 206 --
IV.
On ne fera point le magistère si on ne sait pas réduire le soleil et la lune en un seul corps.
-- Morien.

V.
Cette pierre est enveloppée de plusieurs couleurs qui la cachent; mais il n'y en a qu'une
seule qui marque sa naissance et son entière
perfection. Connaissez qu'elle est cette couleur
et n'en dites jamais rien. -- Hermès.

VI.
Mon fils, prenez l'or mâle, submergez-le dans son sang menstruel, et séparez-le de sa
rouille qui le tue, et rendez-le vivant et libre;
puis, continuez et l'aidez à se tirer d'une seconde
affliction après l'avoir tiré d'une première.
Alors vous vous serez fait un ami qui
vous sera très reconnaissant. -- Hermès.

VII.
La pierre que l'on extrait du soleil et de la lune, par un moyen tout naturel, et que l'on
rend visible et palpable, est une pierre que
l'on doit honorer. Elle est cachée dans les cavernes

@

-- 207 --
ou dans le profond des métaux parfaits;
sa couleur la rend éclatante; elle a une vie qu'elle
manifeste à l'artiste, qui lui sert de sage-femme.
Son éclat et sa beauté démontrent parfaitement
que c'est une âme ou un esprit sublime,
et une mer ouverte, sur laquelle le philosophe
doit voyager, et faire attention de ne pas faire
naufrage s'il veut parvenir à jouir de tous les
biens qu'elle renferme en elle. -- Hermès.

VIII.
La pâte ne peut être fermentée sans levain. De la terre fixe faites-en de l'eau, jusqu'à ce
que l'élixir en résultant devienne ferment,
comme la pâte devient levain par le levain
que l'on a mêlé avec elle.

IX.
Lorsque le pur laiton est cuit par un fort feu, et qu'il paraît luisant comme sont les yeux du
poisson, alors on doit espérer qu'en cet état il
pourra retourner à sa nature première.

X.
La première opération du magistère c'est l'accouplement; la seconde, la conception; la

@

-- 208 --
troisième, la grossesse; la quatrième, l'enfantement
ou accouchement; la cinquième, la
nourriture. S'il n'y a point d'accouplement,
il n'y aura point de conception; n'y ayant point
de conception, il n'y aura point de grossesse;
n'y ayant point de grossesse, il n'y aura point
d'accouchement. L'ordre de cette opération
ressemble à la production de l'homme. --
Morien.

XI.
Sachez que le magistère a besoin d'être créé et fait deux fois, et que ce sont deux actions,
et deux opérations tellement liées l'une avec
l'autre, que quand l'une est achevée, l'autre
commence, et tout s'achève en elle.

XII.
Il n'y a qu'une seule première et principale substance, qui est la matière du magistère;
que cette matière se fait un; que cet un est
fait avec elle, et que l'on n'y ajoute ni n'en
ôte quoique ce soit. -- Morien.

XIII.
La pierre, quoiqu'elle naisse de la destruction
@

-- 209 --
des métaux, elle leur est antérieure, puisqu'elle
est la matière dont tous les métaux ont
été formés. Le secret de l'art consiste à savoir
extraire des métaux cette première matière ou
germe métallique qui doit végéter par la fécondité
de l'eau de la mer philosophique.

XIV.
Il faut que l'humidité des corps parfaits, qui est la première matière de laquelle ils ont
été faits, revienne et paraisse, et que ce qui
est caché soit rendu apparent et manifeste.
C'est là ce qu'on appelle réincruder les corps,
c'est-à-dire les décuire et les ramollir jusqu'à
ce qu'ils soient dépouillés de leur corporalité
dure et sèche; d'autant que ce qui est sec n'est
ni entrant ni tingent, n'ayant de teinture que
pour soi seulement. Et on ne parvient à ce ramollissement
qu'après avoir uni le fixe avec
le fuyant par le moyen de la première eau
dissolvante, et après avoir fait et composé
un des premiers chaos, et avoir rendu
Cambar manifeste.
9*
@

-- 210 --
XV.
Les corps du soleil et de la lune étant dissous par notre eau, sont appelés argent vif.
Or, cet argent vif n'est point sans soufre, ni
le soufre sans la nature des luminaires, c'est-à-
dire du soleil et de la lune, parce que ces luminaires
sont, quant à la forme, les principaux
moyens ou milieux par lesquels la nature
passe pour parfaire et pour accomplir sa
génération. Et cet argent vif s'appelle le sel
honoré animé, et engrossé, et feu, parce
que ce sel n'est qu'un feu, et le feu n'est qu'un
soufre, et le soufre n'et qu'un argent vif qui
a été tiré du soleil et de la lune par notre
eau, et réduit en une pierre de haut prix. Je
veux dire que c'est la matière des luminaires,
laquelle a été altérée, changée et élevée d'une
condition vile et basse à une haute noblesse.
Remarquez que ce soufre blanc est le père des
métaux; et leur mère, que c'est notre mercure,
la mine d'or, l'âme, le ferment, la vertu
minérale, le corps vivant, la médecine parfaite,
notre soufre et notre argent vif. C'est-à-dire qu'il

@

-- 211 --
est le soufre du soufre, l'argent-vif de l'argent
vif, et le mercure du mercure.

XVI.
L'or contient tous les métaux en perfection; c'est lui qui les vivifie, parce que c'est lui qui
est le ferment de l'élixir; et ce dernier ne
peut être parfait sans avoir passé par toutes
ses couleurs.

XVII.
Le laiton est une partie principale de l'eau permanente, et il est sa teinture. Et, sachez
que les temps de la terre sont dans l'eau, et
que l'eau se fait toujours jusqu'à ce que vous
mettiez la terre sur elle.

XVIII.
Le soufre a en lui deux différentes substances: sa partie inflammable doit être séparée
et détachée de celle qui ne l'est pas, ainsi
que les fèces ou impuretés terrestres.

XIX.
Il faut ôter au mercure une substance terrestre, impure, et une humidité ou aquosité
superflue et volatile, lesquelles s'évaporent

@

-- 212 --
au feu sans s'enflammer (et qui ont été unies
aux principes de leur composition; et c'est la
terrestreité de leur soufre et l'impureté de leur
argent-vif: les autres impuretés ne surviennent
à cette première mixtion, ou premier
mélange de leurs principes, qu'après). Cette
opération ne peut se faire que par la sublimation,
le feu élevant et consumant tout ce
qui est volatile. Il n'y a aussi que sa moyenne
substance toute seule qui soit utile, qui a la
propriété de ne se point brûler ni se consumer
au feu, et qui fixe ce qui a été uni de volatil
en elle, et empêche les corps auxquels elle
s'unit, d'être brûlés, puisqu'elle demeure et
persévère dans le feu.

XX.
Gardez donc l'argent-vif qui se fait dans les lieux ou cabinets intérieurs, c'est-à-dire dans
les principes des métaux qui en sont composés,
et dans lesquels il est coagulé; car c'est
là cet argent-vif que l'on dit être de la terre
qui reste.

XXI.
Cette pierre s'appelle la pierre des sages,
@

-- 213 --
qu'il faudra mettre dans un feu humide, dans
lequel ses vertus se multiplieront.

XXII.
Je dis de plus que le soufre teint et fixe, et qu'il est contenu et renfermé, et qu'il se
fait par l'union des teintures.

XXIII.
Les soufres qui conviennent à notre oeuvre sont célestes et terrestres. Le mâle est le ciel
de la femelle, et la femelle est la terre du
mâle; ils ont besoin l'un de l'autre; car le
médiocre est le meilleur, parce qu'il n'y a que
les choses médiocres et tempérées qui s'unissent.

XXIV.
Les biens que vous renfermez en vous, ô notre élixir, sont inappréciables, divins; et
c'est en vous seul que les philosophes hermétiques,
mettent leur espoir.

XXV.
Le magistère ne se découvre, ni ne s'obtient ni par violence, ni par menaces, et qu'il

@

-- 214 --
n'y a que ceux qui aiment Dieu qui puissent
l'acquérir; car Dieu ne révèle cette divine et
pure science qu'à ses fidèles serviteurs, qui ne
doivent le confier à personne. -- C'est un don
de Dieu qu'il ne donne qu'à qui il lui plaît,
lesquels doivent s'humilier devant lui, en lui
en donnant de continuelles marques de gratitude,
de soumission et d'amour. Ils doivent
se convaincre toujours qu'ils ne tiennent un si
grand bien que de lui seul, et n'en user que
selon les ordres de sa sainte volonté, et la tenir
toujours secrète dans leur coeur, lorsqu'ils
l'auront découverte.

XXVI.
Ces secrets doivent être cachés à tous les méchants.


FIN.
---------------------------------------------------*
PARIS. - IMPRIMERIE DE LACOUR ET MAISTRASSE fils, rue St-Hyacinthe-St-Michel, 33.
@

-- 215 --


----*O*----
Tous les volumes de cet ouvrage hermétique, non signés par l'auteur, seront censés être
contrefaits. ----*O*----
pict
@

Début de l'ouvrage Texte précédent Texte suivant Fin de l'ouvrage Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfeseite Rückkehr. Flag Hjælp side Tilbage. Bandiera Guida Torna.