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Réfer. : AL1304B
Auteur : Raymond Lulle.
Titre : La Clavicule.
S/titre : Clavicula.

Editeur : Xxxxx. Xxxxx.
Date éd. : 18xx .


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LA CLAVICULE DE RAYMOND LULLE DE MAJORQUE
Traité connu aussi sous le nom de Clef universelle,
dans lequel on trouvera clairement indiqué tout ce qui est nécessaire pour parfaire le Grand-OEuvre.
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Le présent traité: Clavicula seu Apertorium se trouve dans le Theatrum Chemicum et dans la Bibliotheca
Chemica Mangeti. Comme son nom l'indique, c'est la
clef de tous les ouvrages de Raymond Lulle.
(A.P)

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Nous avons appelé cet ouvrage Clavicule, parce que sans lui, il est impossible de comprendre
nos autres livres, dont l'ensemble embrasse
l'Art tout entier, car nos paroles sont
obscures pour les ignorants.
J'ai fait beaucoup de traités, très étendus, mais divisés et obscurs, comme on peut le voir
par le Testament, où je parle des principes de
la nature et de tout ce qui a trait à l'art, mais
le texte a été soumis au marteau de la Philosophie.
De même pour mon livre du Mercure des
philosophes, au second chapitre: de la fécondité
des minières physiques, de même pour
mon livre de la Quintessence de l'or et de l'argent,
de même enfin pour tous mes autres ouvrages
où l'art est traité d'une manière complète,
sauf que j'ai toujours caché le secret
principal. Or, sans ce secret nul ne peut entrer
dans les mines des philosophes et faire quelque
chose d'utile, c'est pourquoi avec l'aide et
la permission du Très-Haut auquel il a plu me
révéler le Grand-OEuvre, je traiterai ici de
l'Art sans aucune fiction. Mais gardez-vous de
révéler ce secret aux méchants; ne le communiquez

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qu'à vos amis intimes, quoique vous
ne dussiez le révéler à personne, parce que
c'est un don de Dieu qui en fait présent à qui
lui semble bon. Celui qui le possédera, aura
un trésor éternel.
Apprenez donc à purifier le parfait par l'imparfait. Le Soleil est le père de tous les métaux
et la Lune est leur mère, quoique la Lune reçoive
sa lumière du Soleil. De ces deux planètes
dépend le magistère tout entier.
D'après Avicenne, les métaux ne peuvent être transmués qu'après avoir été ramenés à
leur matière première, ce qui est vrai. Il te
faudra donc réduire d'abord les métaux en Mercure;
mais je n'entends pas ici le mercure vulgaire,
volatil, je parle du Mercure fixe; car le
mercure vulgaire est volatil, plein d'une froideur
flegmatique, il est indispensable qu'il soit
réduit par le Mercure fixe, plus chaud, plus
sec, doué de qualités contraires à celles du mercure
vulgaire.
C'est pourquoi je vous conseille, ô mes amis, de n'opérer sur le Soleil et la Lune qu'après
les avoir ramenés à leur matière première qui
est le soufre et le Mercure des philosophes.
O mes enfants, apprenez à vous servir de
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cette matière vénérable, car je vous en avertis
sous la foi du serment, si vous ne tirez le Mercure
de ces deux métaux, vous travaillerez
comme des aveugles, dans l'obscurité et dans
le doute. C'est pourquoi, ô mes fils, je vous
conjure de marcher vers la lumière, les yeux
ouverts et de ne pas tomber en aveugles dans
le gouffre de perdition.


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CHAPITRE I
DIFFERENCES DU MERCURE VULGAIRE ET DU MERCURE PHYSIQUE.
Nous disons: le mercure vulgaire ne peut pas être le Mercure des Philosophes, par quelqu'artifice
qu'on l'ait préparé; car le mercure
vulgaire ne peut tenir au feu qu'à l'aide d'un
Mercure étranger corporel qui soit chaud, sec,
et plus digéré que lui. C'est pourquoi je dis
que notre Mercure physique est d'une nature
plus chaude et plus fixée que le mercure vulgaire.
Notre Mercure corporel se convertit en
mercure coulant, ne mouillant pas les doigts;
quand il est joint au mercure vulgaire, ils
s'unissent et se joignent si bien à l'aide d'un
lien d'amour, qu'il est impossible de les séparer
l'un de l'autre, de même de l'eau mêlée à
de l'eau. Telle est la loi de la nature. Notre
Mercure pénètre le mercure vulgaire et se mêle
à lui en desséchant son humidité flegmatique,
lui enlevant sa froideur, ce qui le rend noir
comme du charbon et le fait enfin tomber en
poussière.
Remarque bien que le mercure vulgaire ne
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peut être employé à la place de notre Mercure
physique, lequel possède la chaleur naturelle
au degré voulu; c'est même pour cela que notre
Mercure communique sa propre nature au
mercure vulgaire.
Bien plus, notre Mercure, après sa transmutation, change les métaux en métal pur,
c'est-à-dire en Soleil et en Lune, ainsi que nous
l'avons démontré dans la seconde partie de
notre Pratique. Mais il fait quelque chose de
plus remarquable encore, il change le mercure
vulgaire en Médecine pouvant transmuer les
métaux imparfaits en parfaits. Il change le mercure
vulgaire en vrai Soleil et en vraie Lune,
meilleurs que ceux qui sortent de la mine. Notez
encore que notre Mercure physique peut
transmuer cent marcs et plus, à l'infini, tout
ce que l'on aura, de mercure ordinaire, à moins
que celui-ci ne vienne à manquer.
Je veux aussi que vous sachiez autre chose, le Mercure ne se mélange pas facilement et jamais
parfaitement à d'autres corps, si ceux-ci
n'ont été auparavant ramenés à son espèce naturelle.
C'est pourquoi lorsque tu voudras unir
le Mercure au Soleil ou à la Lune du vulgaire,
il te faudra d'abord ramener ces métaux à leur

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espèce naturelle qui est le mercure ordinaire
cela à l'aide du lien d'amour naturel, alors le
mâle s'unit à la femelle.
Aussi notre Mercure est-il actif, chaud et sec, tandis que le mercure vulgaire est froid, humide,
passif comme la femelle qui est retenue
à la maison dans une chaleur tempérée jusqu'à
l'obumbration. Alors ces deux mercures deviennent
noirs comme charbon; c'est là le secret
de la vraie dissolution. Puis ils se joignent
entre eux de telle sorte qu'il devient impossible
de les séparer jamais. Ils se présentent alors
sous forme d'une poudre très blanche, et ils
engendrent des enfants mâles et femelles par
le vrai lien d'amour. Ces enfants se multiplieront
à l'infini selon leur espèce; car d'une once
de cette poudre, poudre de projection, élixir
blanc ou rouge, tu feras des Soleils en nombre
Infini et tu transmueras en Lune toute espèce
de métal sorti d'une mine.


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CHAPITRE II
EXTRACTION DU MERCURE DU CORPS PARFAIT.
Prends une once de chaux de Lune coupellée, calcine-la selon la façon décrite à la fin de
notre ouvrage sur le Magistère. Cette chaux
sera ensuite réduite en poudre fine sur une
plaque de porphyre. Tu imbiberas cette poudre,
deux, trois, quatre fois par jour avec de
la bonne huile de tartre préparée de la manière
décrite à la fin de cet ouvrage; puis tu feras
sécher au soleil. Tu continueras ainsi jusqu'à
ce que ladite chaux ait absorbé quatre ou cinq
parties d'huile, la quantité de chaux étant prise
pour unité; tu pulvériseras la poudre sur le
porphyre comme il a été dit, après l'avoir desséchée,
car alors elle se réduit plus facilement
en poudre. Lorsqu'elle aura été bien porphyrisée,
on l'introduira dans un matras à long col.
Vous y ajouterez de notre menstrue puant fait
avec deux parties de vitriol rouge et une partie
de salpêtre; vous aurez auparavant distillé ce
menstrue par sept fois et vous l'aurez bien rectifié
en le séparant de ses impuretés terreuses,
si bien qu'à la fin ce menstrue soit complètement
essentiel.

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Alors on lutera parfaitement le matras, on le mettra au feu de cendres, avec quelques charbons,
jusqu'à ce que l'on voie la matière bouillir
et se dissoudre. Enfin l'on distillera sur les
cendres jusqu'à ce que tout le menstrue ait
passé et l'on attendra que la matière soit froide.
Quand le vase sera complètement refroidi. on l'ouvrira, et la matière sera placée dans un
autre vase bien propre muni de son chapiteau
parfaitement luté. On placera le tout sur des
cendres dans un fourneau. Le lut étant sec, on
chauffera d'abord doucement jusqu'à ce que
toute l'eau de la matière sur laquelle on opère
ait passé dans le récipient. Puis on augmente
le feu pour dessécher complètement la matière
et exalter les esprits puants qui passeront dans
le chapiteau et de là dans le récipient. Lorsque
vous verrez l'opération arrivée à ce point, vous
laisserez refroidir le vaisseau en diminuant
peu à peu le feu. Le vase étant froid, vous en
retirerez la matière que vous réduirez en poudre
subtile sur le porphyre. Vous mettrez la
poudre impalpable ainsi obtenue dans un vase
de terre bien cuit et bien vitrifié. Puis vous
verserez par dessus de l'eau ordinaire bouillante,
en remuant avec un bâton propre, jusqu'à

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ce que le mélange soit épais comme de la moutarde.
Remuez bien avec la baguette jusqu'à
ce que vous voyiez apparaître quelques globules
de mercure dans la matière; il y en aura
bientôt une assez grande quantité selon ce que
vous aurez employé de corps parfait, c'est-à-
dire de Lune. Et jusqu'à ce que vous en ayez
une grande quantité, versez de temps en temps
de l'eau bouillante et remuez jusqu'à ce que
toute la matière se réduise en un corps semblable
au mercure vulgaire. On enlèvera les impuretés
terreuses avec de l'eau froide, on séchera
sur un linge, on passera à travers une
peau de chamois. Et alors vous verrez des choses
admirables.


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CHAPITRE III
DE LA MULTIPLICATION DE NOTRE MERCURE.
Au nom du Seigneur. Amen. Prenez trois gros de Lune pure en lamelles ténues; faites-en un amalgame avec quatre gros
de mercure vulgaire bien lavé. Quand l'amalgame
sera fait vous le mettrez dans un petit
matras ayant un col d'un pied et demi.
Prenez ensuite notre Mercure extrait ci-dessus du corps lunaire, et mettez-le sur l'amalgame
fait avec le corps parfait et le mercure vulgaire;
lutez le vase avec le meilleur lut possible
et faites sécher. Ceci fait, agitez fortement le
matras pour bien mélanger l'amalgame et le
mercure. Puis placez le vase où se trouve la
matière dans un petit fourneau sur un feu de
quelques charbons seulement; la chaleur du
feu ne doit pas être supérieure à celle du soleil
lorsqu'il est dans le signe du lion. Une chaleur
plus forte détruirait votre matière; aussi continuez
ce degré de feu jusqu'à ce que la matière
devienne noire comme du charbon et
épaisse comme de la bouillie. Maintenez la
même température jusqu'au moment où la matière

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prendra une couleur gris sombre; lorsque
le gris apparaîtra, ou augmentera le feu d'un
degré et il sera deux fois plus fort; on le maintiendra
ainsi jusqu'à ce que la matière commence
à blanchir et devienne d'une blancheur
éclatante. On augmentera le feu d'un degré et
l'on maintiendra ce troisième degré jusqu'à ce
que la matière devienne plus blanche que la
neige et soit réduite en poudre plus blanche
et plus pure que la cendre. Vous aurez alors
la Chaux vive des Philosophes et sa minière
sulfureuse que les Philosophes ont si bien
cachées.


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CHAPITRE IV

PROPRIETE DE LA CHAUX DES PHILOSOPHES.
Cette Chaux convertit une quantité infinie de mercure vulgaire en une poudre très blanche
qui peut être réduite en argent véritable
quand on l'unit à quelqu'autre corps comme
la Lune.





CHAPITRE V

MULTIPLICATION DE LA CHAUX
DES PHILOSOPHES.
Prends le vaisseau avec la matière, ajoutes-y deux onces de mercure vulgaire bien lavé et
sec; lute avec soin, et remets le vaisseau où
il était d'abord. Règle et gouverne le feu selon
les degrés un, deux et trois comme ci-dessus,
jusqu'à ce que le tout soit réduit en une poudre
blanche; tu pourras ainsi augmenter ta
Chaux à l'infini.

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CHAPITRE VI

REDUCTION DE LA CHAUX VIVE EN VRAIE LUNE.
Avant donc préparé une grande quantité de notre Chaux vive ou minière, prends un creuset
neuf sans son couvercle; mets-y une once
de Lune pure et lorsqu'elle sera fondue ajoutes-y
quatre onces de ta poudre agglomérée en
pilules. Ces petites boules pèsent chacune le
quart d'une once. On les jette une à une sur
la Lune en fusion, tout en continuant un feu
violent jusqu'à ce que toutes les pilules soient
fondues; ou augmente encore le feu pour que
tout se mélange parfaitement; enfin on coulera
dans une lingotière.
Tu auras ainsi cinq onces d'argent fin, plus pur que le naturel; tu pourras multiplier ta
minière physique à ton gré.


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CHAPITRE VII

DE NOTRE GRAND-OEUVRE AU BLANC ET AU ROUGE.
Réduisez en Mercure, comme il a été dit plus haut votre Chaux vive tirée de la Lune.
C'est là notre Mercure secret. Prenez donc quatre
onces de notre chaux, extrayez le Mercure
de la Lune comme vous l'avez fait plus haut.
Vous recueillerez au moins trois onces de Mercure
que vous mettrez dans un petit matras à
long col comme il a été dit. Puis faites un amalgame
d'une once de vraie Soleil avec trois onces
de mercure vulgaire et mettez-le sur le Mercure
de la Lune. Agitez fortement pour bien mélanger.
Lutez le vaisseau avec soin et mettez-le
dans le fourneau, en réglant le feu au premier,
second et troisième degré.
Au premier degré, la matière deviendra noire comme du charbon; on dit alors qu'il y a
éclipse de Soleil et de Lune. C'est la véritable
conjonction qui produit un enfant, le Soufre,
plein d'un sang tempéré.
Après cette première opération, on continue par le feu du second degré jusqu'à ce que la

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matière soit grise. Puis on passe au troisième
degré jusqu'au moment où la matière apparaît
parfaitement blanche. On augmente alors le feu
jusqu'à ce que la matière devienne rouge comme
du cinabre et soit réduite en cendres rouges.
Tu pourras réduire cette Chaux en Soleil très
pur, en faisant les mêmes opérations que pour
la Lune.


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CHAPITRE VIII

DE LA MANIERE DE CHANGER LA SUSDITE PIERRE EN UNE MÉDECINE QUI TRANSMUE TOUTE ESPECE DE MÉTAL EN VRAIE SOLEIL.. ET VRAIE LUNE ET SURTOUT LE MERCURE VULGAIRE EN MÉTAL PLUS PUR QUE CELUI QUI SORT DES MINES.
Après sa première résolution notre Pierre multiplie cent parties de matière préparée, et
après la seconde, mille. L'on multiplie en dissolvant,
coagulant, sublimant, fixant notre matière
qui peut ainsi s'accroître indéfiniment en
quantité et en qualité.
Prenez donc de notre minière blanche, dissolvez-la dans notre menstrue puant, qui est
appelé vinaigre blanc dans notre Testament, au
chapitre où nous disons: « Prends du bon vin
bien sec, mets-y la Lune, c'est-à-dire l'Eau verte
et C, c'est-à-dire du Salpêtre... » Mais ne
nous égarons pas; prenez quatre onces de notre
Chaux vive et faites dissoudre dans notre menstrue,
vous la verrez se résoudre en eau verte.
D'autre part dans treize onces de ce même
menstrue puant vous dissoudrez quatre onces

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de mercure vulgaire bien lavé, et dès que la
dissolution sera achevé, vous mélangerez les
deux solutions; mettez-les en un vase bien
scellé, faites digérer au fumier de cheval pendant
trente jours, puis distillez au bain-marie
jusqu'à ce qu'il ne passe plus rien. Redistillez
au feu de charbon afin d'extraire l'huile et
alors la matière qui restera, sera noire. Prenez
celle-ci et distillez pendant deux heures sur les
cendres dans un petit fourneau. Le vase étant
froid, ouvrez-le et versez-y l'eau qui a été distillée
ci-dessus au bain-marie. Lavez bien la
matière avec cette eau. Puis distillez le menstrue
au bain-marie; recueillez toute l'eau qui
passera, joignez-la à l'huile et distillez sur les
cendres, comme il a été dit. Recommencez
cette opération jusqu'au moment où la matière
restera au fond du vaisseau, noire comme du
charbon.
Fils de la science, tu auras alors la Tête de corbeau que les Philosophes ont tant cherchée,
sans laquelle le Magistère ne peut exister. C'est
pourquoi, ô mon Fils, remémore-toi la divine
Cène de Notre-Seigneur Jésus-Christ qui est
mort, a été enseveli, et le troisième jour est revenu
à la lumière sur la terre éternelle. Saches-

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bien, ô mon Fils, que nul être ne peut vivre
s'il n'est mort tout d'abord. Prends donc ton
corps noir, calcine-le dans le même vaisseau
pendant trois jours, puis laisse refroidir.
Ouvre-le et tu trouveras une terre spongieuse et morte, que tu conserveras jusqu'à ce qu'il
soit nécessaire d'unir le corps à l'âme.
Tu prendras l'eau qui a été distillée au bain- marie, tu la distilleras plusieurs fois de suite,
jusqu'à ce qu'elle soit bien purifiée et réduite
en une matière cristalline.
Imbibe donc ton corps qui est la Terre noire avec sa propre eau, l'arrosant peu à peu et
chauffant le tout, jusqu'à ce que le corps devienne
blanc et resplendissant. L'eau qui vivifie
et qui clarifie a pénétré le corps. Le vaisseau
ayant été luté, tu chaufferas violemment
pendant douze heures, comme si tu voulais
sublimer le mercure vulgaire. Le vase s'étant
refroidi, tu l'ouvriras et tu y trouveras ta matière
sublimée, blanche, c'est notre Terre Sigillée,
c'est notre corps sublimé, élevé à une
haute dignité, c'est notre Soufre, notre Mercure,
notre Arsenic, avec lequel tu réchaufferas
notre Or, c'est notre ferment, notre chaux vive
et il engendre en soi le Fils du feu qui est
l'Amour des philosophes.


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CHAPITRE IX

MULTIPLICATION DU SOUFRE SUSDIT,
Mets cette matière dans un fort matras et verse par-dessus un amalgame fait avec la
Chaux vive de la première opération, celle que
nous réduisions en argent. Cet amalgame se
fait avec trois parties de mercure vulgaire et
une partie de notre Chaux; vous mélangerez
et vous chaufferez sur les cendres. Vous verrez
la matière s'agiter, augmentez alors le feu et en
quatre heures la matière deviendra sulfurée et
très blanche. Lorsqu'elle aura été fixée, elle
coagulera et fixera le Mercure; une once de
matière changera cent onces de Mercure en
vraie Médecine; elle opérera ensuite sur mille
onces et ainsi de suite à l'infini.


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CHAPITRE X

FIXATION DU SOUFRE MULTIPLIE.
L'on prendra le soufre multiplié, on le placera dans un matras et l'on versera par-dessus
l'huile qui avait été mise de côté lors de la
séparation des éléments.
On versera de l'huile jusqu'à ce que le Soufre soit mou. Puis on mettra fondre sur les
cendres, en chauffant au second et troisième
degré, jusqu'à la blancheur inclusivement.
Alors on ouvrira le vaisseau et l'on trouvera
une plaque cristalline, blanche. Pour l'essayer,
mets-en un fragment sur une plaque chaude.
et s'il coule sans produire de fumée il est bon.
Alors projettes-en une partie sur mille de mercure
et celui-ci sera complètement transmué
en Argent. Mais si la médecine avait été infusible
et n'avait pas coulé, mets-la dans un creuset
et verse dessus de l'huile, goutte à goutte,
jusqu'à ce que la médecine coule comme de la
cire, et alors elle sera parfaite et transmuera
mille parties de mercure et plus à l'infini.


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CHAPITRE XI

REDUCTION DE LA MEDECINE BLANCHE EN ELIXIR ROUGE.

Au nom du Seigneur, prends quatre onces de la lame susdite et dissous-la dans l'Eau de
la Pierre, que tu as conservée. Lorsque la dissolution
sera achevée, mets fermenter au bain-
marie pendant neuf jours. Alors prends deux
parties en poids de notre Chaux rouge et ajoute-les
dans le vaisseau, tu mettras fermenter
de nouveau neuf jours. Ensuite tu distilleras au
bain-marie dans un alambic, puis sur les cendres,
en réglant le feu au premier degré jusqu'au
moment où la matière deviendra noire.
C'est là notre seconde dissolution et notre seconde
éclipse du Soleil avec la Lune, c'est là le
signe de la vraie dissolution et de la conjonction
du mâle avec la femelle.
Augmente le feu jusqu'au second degré, de façon que la matière devienne jaune. Ensuite
on élèvera le feu au quatrième degré jusqu'à ce
que la matière fonde comme de la cire et qu'elle
soit d'une couleur hyacinthe. C'est alors une

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matière noble et une médecine royale qui guérit
promptement toutes les maladies; elle transmue
toute espèce de métal en or pur meilleur
que l'or naturel.
Maintenant rendons grâces au Sauveur glorieux qui dans la gloire des cieux règne un et
trois dans l'éternité.


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CHAPITRE XII

RESUME DU MAGISTERE.
Nous avons démontré que tout ce que renferme ce traité est véritable, car nous avons vu
de nos propres yeux, nous avons opéré nous-
même, nous avons touché de nos propres
mains. Maintenant nous allons sans allégories
et brièvement résumer notre OEuvre.
Nous prenons donc la Pierre que nous avons dite, nous la sublimons avec l'aide de la nature
et de l'art, nous la réduisons en Mercure. A
ce Mercure on ajoute le Corps blanc qui est
d'une nature semblable, et on cuit jusqu'à ce
qu'on ait préparé la vraie minière.
Cette minière se multipliera à votre gré. La matière sera de nouveau réduite en Mercure,
que vous dissoudrez dans notre Menstrue jusqu'à
ce que la Pierre devienne volatile et séparée
de tous ses éléments. Enfin on purifiera
parfaitement le corps et l'âme. Une chaleur naturelle
et tempérée permettra ensuite de réussir
la conjonction du corps et de l'âme. La pierre
deviendra minière; on continuera le feu jusqu'à
ce que la matière devienne blanche, nous

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l'appelons alors Soufre et Mercure des Philosophes;
c'est alors que par la violence du feu,
le fixe devient volatil, en tant que le volatil se
sera débarrassé de ses principes grossiers et se
sera sublimé plus blanc que neige. On jettera
ce qui reste au fond du vaisseau, car ce n'est
bon à rien. Prenez alors notre Soufre qui est
l'huile dont on a déjà parlé et vous le multiplierez
dans l'alambic jusqu'à ce qu'il soit réduit
en une poudre plus blanche que neige.
On fixera les poudres multipliées par la nature
et par l'art, avec de l'Eau, jusqu'à ce qu'à l'essai
par le feu, elles coulent sans fumée comme de
la cire.
Il faut alors ajouter l'eau de la première solution; tout s'étant dissous, on y mettra quelque
chose de jaune qui est l'or, on unira et on
distillera tout l'esprit. Enfin on chauffera au
premier, second, troisième et quatrième degré
jusqu'à ce que la chaleur fasse apparaître la
vraie couleur hyacinthe, et que la matière fixe
soit fusible. Tu projetteras cette matière sur
mille parties de mercure vulgaire et il sera transmué
en or fin.


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CHAPITRE XIII

CALCINATION DE LA LUNE POUR L OEUVRE.
Prenez une once de Lune fine coupellée et trois onces de mercure. Amalgamez, en chauffant
d'abord l'argent en lamelles dans un creuset
et en y ajoutant ensuite le mercure; remuez
avec une baguette tout en continuant à bien
chauffer. On mettra ensuite cet amalgame dans
du vinaigre avec du sel; on broyera le tout
avec un pilon dans un mortier de bois, tout en
lavant et enlevant les impuretés. On cessera
quand l'amalgame sera parfait. Puis on lavera
avec de l'eau ordinaire chaude et limpide, puis
on passera à travers un linge bien propre.
Ce qui restera sur le linge étant la partie la plus essentielle du corps, on le mélangera avec
trois parties de sel, en broyant bien et en lavant.
On calcinera enfin pendant douze heures. On
recommencera à broyer avec du sel, et cela par
trois fois, en renouvelant chaque fois le sel.
Alors on pulvérisera la matière de manière à
obtenir une poudre impalpable; on lavera à
l'eau chaude jusqu'à ce que toute saveur salée
ait disparu. Enfin on passera à travers un filtre

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de coton, on desséchera, et l'on aura la Chaux
blanche. On la mettra en réserve, pour s'en
servir lorsqu'on en aura besoin, de peur que
l'humidité ne l'altère.


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CHAPITRE XIV

PROCEDE POUR PREPARER L'HUILE DE TARTRE.
Prenez du bon tartre, dont la cassure soit brillante, calcinez-le au fourneau à réverbère
pendant dix heures; ensuite vous le mettrez sur
une plaque de marbre après l'avoir pulvérisé et
vous le laisserez dans un lieu humide, il se résoudra
en un liquide huileux. Lorsqu'il sera entièrement
liquéfié, on le passera à travers un
filtre de coton. Vous le conserverez soigneusement,
il vous servira à imbiber votre chaux.


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CHAPITRE XV

MENSTRUE PUANT POUR REDUIRE NOTRE CHAUX VIVE EN MERCURE, APRES L'AVOIR DISSOUTE LORSQU'ELLE AURA ETE DEJA IMBIBEE D'HUILE DE TARTRE.
Prenez deux livres de vitriol, une livre de salpêtre et trois onces de cinabre. On rougit le
vitriol, on le pulvérise, puis on ajoute le salpêtre
et le cinabre, on broye toutes ces matières
ensemble, et on met dans un appareil distillatoire
bien luté.
On distille d'abord à feu lent, c'est de toute nécessité, comme le savent ceux qui ont fait
cette opération. Cette eau distillera en abandonnant
ses impuretés qui resteront au fond
de la cucurbite et vous aurez ainsi cet excellent
menstrue.


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CHAPITRE XVI

AUTRE MENSTRUE POUR SERVIR DE DISSOLVANT A LA PIERRE.
Prenez trois livres de vitriol romain rouge, une livre de salpêtre, trois onces de cinabre,
broyez toutes ces matières ensemble sur le marbre.
Puis mettez-les dans un grand et solide
matras, ajoutez-y de l'Eau-de-vie et mettez-le
pendant quinze jours dans du fumier de cheval.
Ensuite on distillera doucement pour que toute
l'eau passe dans le récipient. Puis on augmentera
le feu jusqu'à ce que le chapiteau soit porté
au blanc; on laissera ensuite refroidir. On
enlèvera le récipient que l'on fermera parfaitement
avec de la cire et on le conservera. Remarquez
que ce menstrue doit être rectifié sept
fois, en rejetant chaque fois le résidu. Après
cela seulement il sera bon pour l'oeuvre.


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