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Réfer. : AL0002
Auteur : Anonyme.
Titre : La Clavicule de la Science Hermétique.
S/titre : écrite par un habitant du nord,.

Editeur : Pierre Mortier.
Date éd. : 1751 .


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L A C L A V I C U L E DE LA S C I E N C E HERMETIQUE ECRITE PAR UN HABITANT DU NORD, DANS SES HEURES DE LOISIR,
L'AN MDCCXXXII
pict
A AMSTERDAM, Chez PIERRE MORTIER, MDCCLI.
@

Lib. Sohar Tit. XVIII. Part. Collect.

§. 42.
Quicquid in supernis est, simile quid
habet inferius: & quicquid inferius
est, simile quid habet in mari &c.

ASCLEPIUS Cap. XIII.
Iterum ad hominem, rationemque redeamus, ex quo divino dono, homo animal
dictum rationale. Minus enim miranda,
et si miranda sunt, quae de homine
dicta sunt: Sed omnium mirabilium vincit
admirationem, quod homo divinam potuit
invenire Naturam, eamque efficere.

EDDA in Voluspa. 60. strophe.
Da munnu epter undursam leger Gullnar toplur i grase firmast Defs i ârdaga attur hofdu.
i. e.
Post haec mirabiles Aureae tabulae in herba reperientur Eorum qui has olim possederunt.

A 2 NA-
@

N A T U R A E
VIRGINI IMPOLLUTAE
E T
A R T I
HANC DUCEM SEQUENTI


Haec mea otia Vespertina humillime dico pulvisculus Paradisi
EGO, HOMO.
@

A
L A N A T U R E
VIERGE NON SOUILLEE

ET A
L' A R T,

QUI LA SUIT COMME SON GUIDE



Je consacre très humblement mes délassements du soir, moi, qui suis un grain de poussière du Paradis,
UN HOMME.
A 3
@


L E C T O R I
B E N E V O L O.
Videor mihi vocem tuam prope indignantis
audire ad conspectum hujus codicilli: Mirabere, nondum
oportunum nobis visum, hos rivos
claudere, quos ad nauseam usque antiqua
monumenta nobis propinarunt,
& tot libri chartaeque biberunt: Scilicet
ab aquilone, inquies, in hoc argumento
novi aliquid exspectabimus,
ubi jam pridem Heliconis fontes rigido
inalgescunt gelu? Inde Aegyptiorum
Isidi & obsoletis Sacris, nitor &
cultus velut postliminio restituendus est?
Si auctoris insuper nomina, otia &
negotia perpendis, quid non ab exspectatione
tua alienum & insolens
ju-
@


A U L E C T E U R
B E N E V O L E.
IL me semble que je vous entends
gronder à l'aspect de cette
brochure; vous êtes étonné
de ce que nous ne sommes pas
d'humeur de laisser tarir encore
une source, qui a fourni de quoi
remplir tant de papier & tant de
livres. Vraiment direz-vous,
c'est bien du Nord, où il y a
longtemps que les sources de l'Hélicon
sont prises par les glaces,
que nous devions attendre quelque
chose de nouveau sur cette
matière? C'est de-là sans doute
que doit venir à la Déesse des Egyptiens
Isis, & à ses anciens
Mystères le rétablissement de leur
premier lustre & de leur splendeur
ancienne. Si vous considérez
encore le nom, les amusements,
& les occupations de l'auteur,
combien ne serez-vous pas
A 4 trom-

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( 8 )
judicabis? Si tamen & ipse aequus
es, noli de causa nondum tibi satis
perspecta sententiam ferre. Habuit
olim Schythia suos Abarides & Xamolxides.
Si errorem appellas, non
eadem cum fabulosa antiquitate oberrare
chorda. Totum perlege & illud
fortassis Poetae usurpabis:





Felices errore suo, quos despicit arctos.
Neque enim adducor, ut credam, illud uberrimae Naturae cornu copiae,
adeo ab aliis exhaustum esse, ut quae
ceteris Alma Mater vocitetur, nobis
unis in hac plaga degentibus , noverca
ca
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( 9 )
trompés dans votre attente, &
combien ne jugerez vous pas cette
entreprise étrange? Si vous-
même êtes équitable, suspendez
votre jugement dans une cause de
laquelle vous n'êtes pas encore
assez instruit. La Scytie a eu autrefois
ses Abarides & ses Xamolxides.
Si vous prétendez que nous
sommes dans l'erreur, parce que
nous ne chantons pas la même
chanson que la fabuleuse antiquité:
lisez tout & vous direz peut-
être avec le Poète:

Felices errore suo, quos despicit arctos.
Car je ne puis me persuader que la corne d'abondance de la Nature
soit tellement épuisée qu'elle,
que d'autres ont appelé une bonne
Mère, nous soit, à nous qui
habitons ces climats, une Marâtre,
& qu'elle ne voulût pas que
A 5 nous

@

( 10 )
sit, a quibus nullo vel beneficio
vel merito agnosci voluerit. Fallor,
an sinus etiam nobis aperit suos, quos
si niveos, si lacteos & tepentes amas,
aude aliquid, infantum, more , studio,
affectu, simplicitate. Perlectis
his paginis, occurrent, opinor, nonnulla,
de quibus siluere alii. Si te
delectant & juvant, compos factus
sum voti mei & ad majora me erigunt.
Si displicent, ignosce candido
animo proximi mei studiosissimo.



A U C T O R.
Ut
@

( 11 )
nous la reconnussions pour Mère
par aucun mérite, ni bienfait de
sa part envers nous. Je me trompe,
ou elle nous ouvre aussi son
sein; si vous l'aimez ce sein, blanc
comme neige, plein de lait, &
respirant une douce chaleur, risquez
quelque chose comme font
les enfants par des manières simples,
flatteuses, & pleines d'affection.
J'espère qu'en lisant ce peu
de pages vous trouverez des choses
dont d'autres n'ont pas parlé;
si elles vous amusent utilement je
croirai mes voeux accomplis; &
cela m'excitera à tenter quelque
chose de plus important: mais si
elles vous déplaisent, pardonnez
au zèle que j'ai d'obliger mon
prochain.

L'A U T E U R.
Le
@

pict


pict T colophonem operi suo eximio adderet altissimus, hominem creavit, eumque dotibus tam variis, tam insignibus cumulavit, ut ad similitudinem
suam fabricatum esse, ipse fateri
haud dubitaverit. Quot quantisque
eum in posterum, etiam rebellem
& inimicum prosecutus sit
beneficiis, quantisque apud eum fuerint
vita & salus mortalium, ut filio
suo unigenito in hominum gratiam
non pepercerit, abunde testatur scriptura,
sufficienter persuadet Christiana
Veritas. Haec sunt testimonia
omni exceptione majora. Sed cum
multa apprehendat fides, quae non
intelligit ratio, in hoc tamen conveniunt
ambo, quod homo sit omnium
creaturarum creatura nobilissima.
Tantum valuit hujus veritatis
vis & cognitio apud antiquos divina
revelatione orbatos, ut Aegyptiis
scientiarum avidissimis, praecipua fuerit
rit
@

pict


pict E Très-Haut pour mettre le comble à la création forma l'homme & le doua de qualités si différentes & si belles qu'il n'a pas hésité à avouer qu'il était fait selon
son image. L'Ecriture Sainte témoigne
& la Religion Chrétienne nous persuade
suffisamment de combien de bienfaits
Dieu l'a comblé dans la suite, quoiqu'il
fut rebelle & son ennemi; & qu'il n'a
pas même épargné son fils unique pour le
salut du genre humain. Ces témoignages
sont au-dessus de toute exception. Et quoique
la foi croie bien des choses que la raison
ne comprend pas, elle conviennent cependant
l'une & l'autre en ceci, que
l'homme est de toutes les créatures la plus
noble. Cette vérité est si claire, & a
fait tant d'impression sur les anciens, qui
n'étaient pas éclairés par la Révélation;
que les Egyptiens très avides des sciences
faisaient leur principale étude de l'art de
se connaître soi-même.

Les
@

( 14 )
cura, primariumque studium:
Noscere seipsos.
Qui ex Aegypto hauserunt sua dogmata Graeci, eundem canonem,
tanquam veram basin totius Sapientiae,
in Graeciam secum transtulerunt,
ac celebratissimi sui fani Delphici
foribus, simulque parietibus incidendum
curarunt:

Consule te ipsum, nosce temet Et ambula ab intra.
Longa deinceps rerum experientia
edocti de harmonia hominis cum universo,
eum compendium totius, vel
potius Microcosmum statuerunt. Haec
est clavis sigilli magni illius Hermetis,
cujus emblema, manus Sphaeram
vel parvum mundum tenens, cum
inscriptione:

Quod est superius, est sicut id, quod est inferius.
De Chymaeris alchymistici orbis, egregia
haec verba, in robur suorum
phantasmatum detorquentis & diripientis,
nulla mihi cura est. Sufficiat,
ciat,
@

( 15 )
Les Grecs, qui ont puisé leurs dogmes chez les Egyptiens, ayant rapporté dans
leur pays cette même règle qu'ils regardaient
comme la base de toute sagesse, ont
fait mettre sur les portes & les murailles
de leur fameux Temple de Delphes, ces
paroles

Consule te ipsum, nosce temet Et ambula ab intra.
Après qu'une longue expérience eut fait
apercevoir l'harmonie qu'il y a entre
l'homme & l'Univers, on l'a cru l'abrégé
du tout, ou plutôt le petit monde. C'est
là la clef du sceau de ce grand Hermès,
duquel l'emblème est une main, qui tient
une sphère, ou bien un petit monde avec
cette inscription

Ce qui est en haut est le même que ce qui est en bas.
Je ne m'embarrasse pas des rêveries des
Alchimistes, qui font violence à ces paroles
pour les faire servir à confirmer
leurs chimères. Il suffit que leur grand
B chef
@

( 16 )
maximum illorum principem
ex intimis Naturae penetralibus haec
hausisse. Unde idem in ASCLEPIO:

Propter hoc, o Alclepi, magnum miraculum Est homo, animal adorandum & honorandum.
Hanc hominis praerogativam convellere quis forsitan tentaverit, argumento
miserae sortis humanae, multorum
aliorum in tribus Naturae regnis,
tam qua victum & amictum,
quam quoad spirituum vitalium, sensuum
&c. vigorem longe inferioris,
adeo ut ex notitia mei ipsius, nihil
aliud proficiendo ediscere possim,
quam summam meam imperfectionem,
immo omnium in me calamitatum
colluviem. Verum an haec
objectio & consideratio, scopo axiomatis
nostri repugnet, an vero utilitas
ejus in Theologia & Philosophia
Morali potius inde elucescat, nunc
mihi non est fermo. Liceat in proposito
meo huic quaestioni, quaestione
praevia obviam ire. Quis te
docuit te miserrimum creaturarum
esse?
@

( 17 )
chef a puisé ceci dans les Mystères les
plus cachés de la Nature. D'où vient que
le même dit dans Asclépius

C'est pour cela ô Esculape, que l'homme est un grand Miracle, un animal qu'on doit honorer & adorer.
On pourrait s'aviser quelquefois de vouloir disputer cette prérogative à l'homme,
en alléguant le sort misérable des humains,
inférieur de beaucoup à celui des autres
animaux dans les trois règnes de la Nature,
tant par rapport à la manière de vivre
& au vêtement, qu'à la force ou vigueur
des esprits vitaux, des sens, &c.
de sorte que si je tourne les yeux sur moi-
même, je n'apprends autre chose si ce n'est
à reconnaître mon imperfection extrême,
& que je suis menacé de voir fondre sur
ma tête un déluge de maux; mais je ne
prétends pas décider si cette considération
est opposée au but de notre axiome, ou
bien si son utilité se manifeste davantage
dans la Théologie & dans la Philosophie
morale. Qu'il me soit permis d'aller au
devant de cette question par une autre que
voici: Qui vous a enseignez que vous êtes
B 2 de

@

( 18 )
esse? Nimirum recta tua ratio & vis
nostri Canonis. Si haec tuam miseriam
aperit tibi, conservatio tui, te
contra aerumnas tuas remedia quaerere
jubet. Ergo regula mea commodo
& saluti est. Si recta ratio? dic
mihi penes quam creaturam, praeter
hominem, hanc rectam rationem invenis?
Ergo creatura, recta ratione
praedita, omnium praestantissima est.
Alioquin venerabilis haec antiquitas
de dignitate hominis vix judicavit ex
partibus ejus corporeis, terrestribus
& elementaribus, quas quotidiana
experientia docuit innumeris calamitatibus
esse obnoxias & elementa elementis
reddenda; sed ex admirando
nexu & concursu virtutum superiorum
in homine, tanquam in centro
suo. Reliqua animantia, duabus tantum
partibus, corpore scilicet organico
& spiritu vitali composita videbant.
Tertium quid in homine concernentes,
post fata superstes, modo
animam, modo ignem coelestem,
nunc genium, nunc mentem nominarunt.
De ejus origine & Patria,
divina luce privati, varia somniarunt,
a reliquis tamen creatis toto
coelo
@

( 19 )
de toutes les créatures la plus misérable?
C'est sans doute votre raison & la force
de notre règle. Mais si la force de notre
règle vous dévoile votre misère, la conservation
de vous-même vous ordonne de
chercher des remèdes contre cette même
misère; par conséquent ma règle vous est
utile & salutaire. Mais si c'est la raison,
dites-moi, dans quelle créature excepté
l'homme trouvez-vous la raison?
Par conséquent la créature douée de raison
est la plus excellente de toutes. La
vénérable antiquité ne jugeait pas de l'excellence
de l'homme par les parties corporelles,
terrestres, & élémentaires,
qu'une expérience journalière nous apprend
être sujettes à des calamités sans nombre,
& que ce qui vient des éléments leur doit
être rendu; mais elle en jugeait par la
connexion admirable & le concours des
vertus supérieures & inférieures qui se
trouvent dans l'homme, comme dans leur
centre. Ces grands hommes voyant que
les autres animaux n'étaient composés que
de deux parties: d'un corps organisé &
de l'esprit vital, ont remarqué dans l'homme
une troisième chose, qui subsistait après
la mort, & qu'ils nommait tantôt
âme, tantôt feu céleste, ou bien génie
B 3 ou

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( 20 )
coelo distare judicabant ex operationibus
ejus, inter quas intellectum,
volendi arbitrium, rectam rationem,
sapientiam, amorem veritatum, utpote
Mathematicarum, quae fallere
nesciunt, ac reliquas notiones quae in
bruta non cadunt, numerabant. Sicque
ex effectu & operatione de existentia
animae certi, de essentia &
migratione post fata incerti, quorundam,
imprimis Heroum ac Magorum,
animas, albo Deorum ac
semi Deorum suorum inscripserunt.
Nos vero pleniori ab ipso auctore
imbuti hujus rei informatione, praeter
rationes has, quae cum gentilibus
nobis communes sunt, quotidie
cernimus novas & indubitatas ejus
operationes per fidem salvisicam,
quam apprehendit anima Christiana
& cujus notitia in bruta cadere non
potest.


Nam si hoc tertium nobis a creatore directe & per habitum tributum
non fuisset, haud magis aptus esset
homo, ac reliqua viventia terrae, de
DEO
@

( 21 )
ou esprit. Privés de la Révélation ils se
sont formés différentes idées sur la patrie
& l'origine de l'homme, qu'ils ont jugés
différer totalement du reste des Créatures,
par ses opérations; parmi lesquelles ils
comptaient l'intelligence, la volonté, la
saine raison, la sagesse, l'amour pour les
vérités mathématiques, qui ne peuvent
tromper, & par les autres notions, qui
ne se rencontrent pas dans les Brutes. De
cette manière ils se sont assurés de l'existence
de l'âme; mais comme ils étaient incertains
de son essence, & de ce qu'elle
devenait après la ruine du corps, ils ont
placé quelques âmes au nombre des Dieux
& des Demi-Dieux, surtout celles des
Héros & des Sages. Mais nous qui sommes
mieux instruits de ces choses par l'Auteur
même de l'âme, nous connaissons non
seulement les raisons que connaissaient les
Païens, mais nous y découvrons encore
tous les jours par la Foi de nouvelles, &
de plus sûres opérations: Foi que l'âme
Chrétienne conçoit mais que les Brutes
ignorent entièrement.
Si le Créateur ne nous avait pas accordé cette Ame directement & habituellement,
l'homme ne serait pas plus propre
que les autres animaux à avoir quelques
B 4 idées

@

( 22 )
DEO quidquam cogitare, vel Evangelium
& Christianas veritates recipere,
etiamsi millies ipsi praedicarentur.
Hoc ipsum indicat in homine
quicquam delitescere, quod per notiones
postea, tanquam e somno, resuscitatur.
Si hoc non esset, injuste
ab aequo judice ad aeternas poenas
damnaretur homo propter neglectum
eorum, quorum notitiae, aeque ac
bos, herba vel faxum incapax fuisset.
Injuste a creditore petitur ratio
ejus rationis, quae nunquam concredita
suit. Si vero semel concreditum
sua in posterum culpa perdit ac
negligit, debitor summo jure hoc
modo amissi poenas luere debet, nisi
intervenerit gratia creditoris. Huic
soli creaturae aeternum quid ab aeterno
opifice collatum est.
Per hoc a caeteris animalibus tantum differt homo, anima rationali
& immortali praeditus, ut non inter
sed super animalia omnia censeri mereatur.
Per hoc subjectionem & inferioritatem
suam, simul ac dominium
& praecellentiam hominis agnoscunt
& venerantur reliqui elenentorum
Cives. Cui accedit recta
ratio
@

( 23 )
idées de Dieu, ou à recevoir l'Evangile &
les vérités de la Religion Chrétienne,
quand on les lui prêcherait mille fois. Cela
même fait voir qu'il y a dans l'homme
quelque chose de caché, qui se réveille
comme d'un sommeil par les notions qu'on
lui présente. Si cela n'était pas, l'homme
serait condamné injustement par le Juge
équitable à des peines éternelles pour avoir
négligé des vérités qu'il était aussi incapable
de connaître que l'est le boeuf, l'herbe ou
la pierre. Ce serait de même injustement
qu'un Créditeur redemanderait le remboursement
d'une somme qu'il n'aurait pas prêtée.
Mais si un Débiteur perd ou néglige
par sa faute la somme qui lui a été confiée,
c'est à bon droit qu'il en est puni, à moins
que le Créditeur ne lui fasse grâce. C'est
à cette Créature seule que le Créateur éternel
a confié quelque chose d'éternel.
L'homme diffère donc des autres animaux en ce qu'il est doué d'une âme raisonnable
& immortelle; de sorte qu'il mérite
plutôt d'être mis au-dessus d'eux que
d'être compté parmi eux. Par-là les autres
habitants des éléments connaissent, &
la sujétion & l'infériorité de l'homme;
& sa domination & son excellence. A
quoi se joint la saine raison, entends qu'elle
B 5 le

@

( 24 )
ratio tanquam radiusculus deperditae
imaginis divinae. Hunc per lapsum
protoplastorum maxime adumbratum,
& quasi in agone relictum, notitiâ
sapientissimae Naturae reficere &
excolere indefesso studio incumbebant
veteres illi Magi Chaldaei, Aegyptii
ac Hebraei. Noverunt enim hi Adamum
quidem ex Eden pulsum &
ejectum, sed nusquam invenerunt
Eden e terris sublatum & deletum,
quin potius aditum ejus, quamvis
strictissime, ibi custodiri Palatii instar,
cujus portae arctissime clausae, non
tollunt existentiam ipsius aedificii vel
opum ibi reconditarum. Suam igitur
Isidem, Naturam, adiverunt,
eamque tot divitiis, tanta sapientia,
ubertate & benignitate refertam offenderunt,
ut in stuporem quasi versi,
unice se ejus studio & cognitioni
dederint. Cumque castissima haec
virgo haud facile arceat veros suos
procos, dummodo venia Parentis,
constanti animo & fine praevio amore
spurio, Aristotelis nimirum, Logicarum
ac Scholasticarum subtilitatum,
sese ipsi totos voveant, indefessis suis
officiis, adeo ejus gratiam aucupati
sunt,
@

( 25 )
est un faible rayon de l'image divine
perdue. Les anciens Philosophes Chaldéens,
Egyptiens & Hébreux ont fait tous
leurs efforts pour réparer par la connaissance
de la très sage nature ce rayon que la chute
de nos premiers Pères avaient laissé presque
comme éteint. Ils savaient qu'Adam
avait été chassé d'Eden, mais ils n'ont
trouvé nulle part qu'Eden fut ôté de dessus
la terre, bien au contraire ils savaient
que l'accès en était gardé très soigneusement,
comme d'un Palais dont les portes
sont bien fermées, ce qui ne prouve cependant
pas que l'édifice n'existe plus ou
que les trésors cachés n'y sont plus. Ils
se sont donc adressé à leur Isis, la Nature,
& la trouvant pourvue de tant de
sagesse, de richesses & de générosité, ils
en furent tellement étonnés qu'ils ont fait
leur unique étude de la connaître. Et
comme cette Vierge chaste ne rebute pas
aisément ceux qui l'aiment véritablement,
pourvu qu'ils la recherchent après en avoir
obtenu la permission de son Père, &
qu'ils ne soient pas animés d'un faux &
fol amour pour Aristote & les subtilités
logiques & scolastiques, mais se dévouent
entièrement à elle; ils ont su
gagner tellement ses bonnes grâces, par
des
@

( 26 )
sunt, ut ipsa illis semitam rectam indicaverit
adeundi & visitandi intima
sua arcana: nullam sibi aliam stipulans
mercedem, quam laudes maximi
sui Auctoris, prudentiamque & silentium
amasiorum suorum.
Quousque beati ac ter beati illi veteres hac via olim pervenerint,
pleni sunt omnes libri, plenae Sapientium
voces, plena eruditorum
scripta. Stupenda eorum rudera,
quae adhuc supersunt, testes sunt palpabiles,
neque opes, neque vires,
neque cunctas nostras doctrinas Mathematicas,
Architectonicas, Mechanicas,
Statuarias, Astronomicas,
Physicas, Chymicas, Magicas &c.
Scientiarum illud pristinum culmen
attingere, nedum aequiparare posse.
Dubitans, vel plura de hoc scire desiderans,
adeat Herodotum, Platonem,
Democritum, Josephum, Pancirollum,
Morhossium, Borrichium
& alios.
Ne vero medium hoc inter hominem & naturam ( quod magnam Catenam
vocaverunt) Divinaeque illae
scientiae, tantis curis & laboribus ab
ipsis quaesitae & comparatae, cum ipsis
sis
@

( 27 )
des caresses constantes, qu'elle-même leur
a enseigné le sentier véritable pour visiter
& pénétrer ses secrets les plus cachés,
sans exiger d'autre récompense que des
louanges pour son grand Auteur, & la
prudence & le silence dans ses Amants.
Tous les Livres & les écrits des heureux & trois fois heureux sages & savants
anciens font voir jusques où ils sont parvenus
par cette voie, & les monuments
merveilleux, qui nous restent encore, témoignent
d'une manière palpable que ni
nos richesses, ni nos forces, ni tout notre
savoir dans les Mathématiques, l'Architecture,
les Mécaniques, la Sculpture,
l'Astronomie, la Physique, la Chimie, la
Magie, &c. ne sauraient atteindre au
point de sublimité où était parvenue anciennement
la science, bien moins lui être
comparés. Quiconque en doute ou bien
désire d'en savoir davantage peut consulter
Hérodote, Platon, Démocrite,
Joseph, Pancirolle, Morhoff, Borrichius
& nombre d'autres.
Mais afin que ce milieu qu'il y a entre l'homme & la nature qu'ils ont nommé
la grande chaîne, & cette Science Divine
qu'ils s'étaient acquise par tant de soins
& de peines ne se perdit pas avec eux &
ne
@

( 28 )
perirent ac oblivioni traderentur,
columnis, marmoribus, tabulis, lapidibus
& libris (per hieroglyphica
tamen & literas suas sacras, ut profanum
vulgus modeste arcerent, solerti
vero & digno artis filio paterent)
posteris consignare valde soliciti
erant. Sed haud secus ac maxima
regna, integraeque nationes &
urbes, ita sua quoque habuere fata
scientiae, ingravescentibus libidine
regnandi, discordiis & bellis, exulabant
Philosophi, inter Patriae ruinas
sepulta sunt ingeniorum monumenta,
blandaque Natura quasi vidua, sua
se involvebat virtute. Successit ignorantia,
oblivio, barbaries, ferocitas
cum contemtu ac odio optimarum
artium ac scientiarum. De Diocletiano
traditur, eum in Aegypto
omnes Magorum Libros, quos injuriae
temporum adhuc superstites reliquerant,
mandato publico in unum,
sub poena capitis, collectos, comburi
& penitus deleri jussisse, ne ex eorum
supellectili & doctrina, tamquam
ex promptuario inexhausto, gens in
seditiones pronissima, novis semper
muniretur opibus, quibus toties eam
antea
@

( 29 )
ne tombât dans l'oubli, ils ont eu grand
soin de la transmettre à la postérité, sur
des colonnes, sur le marbre, le bois, la
pierre & dans des livres en caractères
hiéroglyphiques & sacrés, afin que les
dignes Fils de l'art en fussent seuls instruits
& le vulgaire exclus. Mais les
sciences ont subi le même sort, que de
grands Royaumes, des Villes & Nations
entières. L'envie de régner a fait naître
la discorde & les querelles; les Philosophes
furent alors exilés, les monuments du
génie ensevelis sous les ruines de la patrie,
& la nature devenue veuve, pour
ainsi dire, se renferma dans sa propre
vertu. A ceci a succédé l'ignorance, l'oubli,
la barbarie, la férocité avec le mépris
& la haine pour les arts & les sciences.
L'Histoire rapporte que l'Empereur
Dioclétien ordonna, sous peine de la vie,
de recueillir tous les livres des sages d'Egypte,
qui avaient échappé aux injures
du temps & de les détruire & brûler, afin
que ce peuple extrêmement enclin à se
révolter ne puisât pas de nouveau dans
ces livres des richesses, dont les prédécesseurs
de ce Prince l'avaient si souvent dépouillé.
Mais
@

( 30 )
antea exui & spoliari curaverunt autecessores
Cum vero in hoc communem cum veritate habeat sortem Sapientia, ut
ad tempus quidem premi, nec tamen
penitus opprimi ac deleri possit,
etiam invito fato, tanta remanserunt
vestigia pristini ejus fastigii, quum
Arabes seculis sequentibus Aegyptum
intrarent, ut horum Reges,
Principes ac Proceres sibi denuo devinctos
reddere coeperit. Interea
nonnullis quidem Grajorum, Latinorumque,
saltem primis illis Christianismi
aevis, haec Eleusinia sacra ex
Aegypto allata, adire contigit, sed
adeo paucis, ut praeter unum aliumve,
& illum quidem egregium Magistrum,
vix nomina ceterorum tristia
horum imperiorum fata nobis reliquerunt.
Arabes vero & Saraceni
harum scientiarum dotibus aucti,
non solum dominiis potentissimorum
regnorum, verum etiam copia maximorum
Philosophorum brevi annorum
spatio inclaruere. In hujus rei
fidem adsunt superba in Murcia &
Granada, alibique a Barbaris Ottomannis
nondum diruta monumenta.
Testes
@

( 31 )
Mais comme la Sagesse a cela de commun avec la Vérité, qu'elle peut bien
être persécutée pour un temps, mais non
pas tout-à-fait opprimée ni détruite, il
est resté malgré sa mauvaise fortune,
tant de traces de son ancien lustre que
lorsque les Arabes sont entrés en Egypte
dans les siècles suivants, elle a su
s'attacher leurs Rois & leurs Princes.
Quelques Grecs & Latins, du moins
dans les premiers siècles du Christianisme,
lorsque les Mystères de Cérès furent
apportés d'Egypte, eurent en attendant
le bonheur de s'approcher d'elle; mais ils
ont été si peu en nombre, qu'excepté l'un
ou l'autre, & cet excellent maître même,
les noms des autres sont à peine connus.
Les Arabes & les Sarrasins, enrichis
de cette science, se sont non seulement
rendus maîtres de grands Royaumes, mais
sont encore devenus illustres en peu de temps
par le grand nombre des Philosophes qu'ils
ont eu: c'est de quoi les monuments superbes,
qui subsistent encore dans les Royaumes
de Grenade & de Murcie; &
ailleurs, où la barbarie des Turcs les a
épargnés, font foi: témoins les auteurs les
C plus
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( 32 )
Testes quoque sunt optimae notae
Auctores ad nos tandem transmissi.
In horum autem Librorum lectione maxime dolendum, hanc gentem
adeo indulsisse genio invidiae sibi soli
sapiendi, ut paucissimi simplicis naturae
viam indigitaverint, quin potius
tirones studio in devia abduxerint,
falsa supponendo, quae naturam plus
evertunt, quam adjuvant & emendant.
Cumque notissimum ipsis fuerit,
quantum auri sacra fames mortalia
pectora cogat, ut magis allicerent,
simul ac repellerent inquisitores
a via universali Naturae, mea opinione
vera & unica, ad infinitas particulares
deflectentes, ad regnum Minerale
& Metallicum unice se contulere,
clamantes quod aurum sine auro
nunquam fieri possit, ut ex bove
non nisi bos, ex equo equus &c.
Quod quidem fundamentum verissimum,
nam aurum sine semine auri
conficere, impossibile quoque Naturae
est: hoc vero philosophice solvere,
& in semen redigere sine nostro
medio & accurata trutina Naturae,
maximo quoque philosopho impossibile
erit. Hoc opus, hic labor, in
hoc
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( 33 )
plus respectables qui le confirment par leurs
témoignages.
Il est déplorable que ce peuple ait été si envieux que de vouloir seul posséder la
Sagesse, en sorte qu'un petit nombre d'entr'eux,
bien loin d'indiquer dans leurs livres
le chemin simple de la nature, a
supposé, pour en détourner ceux qui la
voulaient connaître, des faussetés qui la
détruisent plutôt qu'elles ne l'aident & ne
la redressent. Et comme ils n'ignoraient
pas que la soif insatiable de l'or possède
l'homme, ils se sont attachés uniquement
dans la vue de l'attirer davantage & de
le faire sortir, en même temps, du chemin
simple de la nature, qui selon moi est
le seul véritable, pour le jeter dans une
infinité d'autres chemins particuliers, ils
se sont, dis-je, attachés uniquement au
règne minéral & métallique, soutenant que
l'or ne pouvait se faire sans or, tout
comme d'une vache provenait une vache,
& d'un cheval un cheval, &c. Les fondements
de cette règle sont très véritables;
car il n'est pas possible à la nature de produire
de l'or sans semence d'or, & il ne
sera de même pas possible au plus grand
Philosophe de le dissoudre philosophiquement,
& de le réduire en semence d'or,
C 2 sans

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( 34 )
hoc medio adquirendo, quod tibi
introitum monstrabit ad occlusum
Regis Palatium. Hoc summo studio
reticuere Arabes, eorumque discipuli
& asseclae, nostrorum temporum
Philosophi: & licet hinc inde aureas
quasdam nobis sparserint sententias,
unoque ore clament: Stude Naturae,
hanc tamen tot larvis, tegminibus,
vestibusque induerunt peregrinis, ut
vix ac ne vix quidem ab Hermete
ipso dignosceretur. Cum tantis viris
in arenam prodire, eorumque argumenta
convellere, mihi non est scopus.
Quin potius cautionem & calliditatem
eorum in occultandis secretis
Naturae maxime veneror. Salva
tamen eorum venia, licitum sit mihi,
oro, hac vice asseverare, quod quamdiu
horum vestigiis inhaeseris, in libris
eorum tibi patefactis, nunquam
ad optatum scopum pervenire potes.
Non rectam viam tendis quae te non
ad almae Naturae domicilium ducit,
sed potius te inde directe abducit.
Unum tamen tibi subministrabo consilium,
si tantum a te ipso impetrare
potes, ut perlectis nonnullis candidissimis
Auctoribus, firmiter in animo
mo
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( 35 )
sans notre moyen, & sans la balance de
la nature. Mais voici l'embarras, c'est
de trouver le moyen de nous procurer l'entrée
de ce Palais royal & fermé. Les
Arabes ont eu grand soin de nous le cacher,
en n'en disant rien, & leurs disciples
& partisans, les Philosophes de
notre siècle, ont fait de même: car quoi
qu'ils débitent de côté & d'autre des sentences
dorées en disant unanimement, attachez-vous
à la Nature, ils l'ont
néanmoins tellement déguisée en la masquant
& la revêtant d'habillements étrangers,
qu'à peine Hermès lui même pourrait-il
la reconnaître. Je n'ai pas dessein
de rompre une lance avec ces grands hommes,
ni de réfuter leurs arguments, au
contraire, je fais beaucoup de cas de leur
adresse & de leur précaution à cacher les
secrets de la nature. Qu'il me soit cependant
permis de dire, cette fois, que
tant que vous suivrez les traces marquées
dans leurs livres, vous n'atteindrez jamais
le but que vous vous êtes proposé.
Quiconque ne vous conduit pas directement
au domicile de la Nature, ne tient pas
le vrai chemin, mais vous en écarte. Je
veux cependant vous donner un conseil,
pourvu que vous pussiez obtenir de vous,
C 3 qu'a-

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( 36 )
tuo deleas omnem appetitum adeundi
& visitandi cruda Metalla,
etiam mineralia cujuscunque sint generis,
eorum vero loco si ad solas
generationes Naturae earumque examina,
etiam tui ipsius te unice applicare
statuas, certo persuasus esse
potes, te regiam ingressum esse viam.
Hic est meus processus. Si quicquam
in eo prosecerim tuum est judicare
ex sequenti mea de hac re opinione,
cujus te sine larva, sed candidissimo
animo, participem nunc reddam. Si
tibi non arridet, tuum erit meliorem
investigare, eademque integritate, si
placet, mihi retribuere. Saltim mea
via te non inducet, Philosophorum
more, in sumtuosos & inanes labores,
cum praeter ordinarium tuum
victum & amictum, vix duorum vel
trium Imperalium impensam excedat


Materia mea nec est animalis, nec Mineralis, sed ex omnibus participans,
universalis & plus quam ulla
alia in mundo res, per sympathiam
Microcosmica nominari potest &
me-
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( 37 )
qu'après que vous aurez lu quelques auteurs,
dont la sincérité est avérée, vous
effaciez sérieusement de votre esprit toute
envie de visiter les métaux crus & les
minéraux de toute espèce; & si vous vous
appliquez au contraire uniquement aux générations
de la Nature, & à en faire
l'examen, vous pourrez être bien persuadé
que vous êtes entrés dans la voie royale.
Voici ce que j'ai trouvé par mes recherches:
vous jugerez vous-même par l'opinion
où je suis sur ce sujet, & que je
vas vous communiquer sans détour, si j'ai
avancé ou non. Si mon opinion ne vous
plaît pas, cherchez-en, je vous prie, une
meilleure & m'en faites part avec la même
franchise. La route que je vous indiquerai
ne vous engagera pas du moins
à faire de grands frais, ni des travaux
inutiles à la manière des Philosophes; vu
qu'outre les dépenses ordinaires, que vous
êtes obligé dé faire pour votre entretien,
il ne vous en coûtera pas plus de deux ou
trois écus.
Ma matière n'est ni animale, ni végétable, ni minérale, mais elle participe
à tous les trois. Elle est universelle &
plus fréquente dans le monde que toute autre
chose quelconque. Elle doit être nommée
C 4 mée

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( 38 )
meretur, semper & ubique, tam in
ultima Thule, quam in medio curiae
Romanae, tam die quam nocte, tam
aestate quam hyeme, tam levissimo
quam maximo discrimine haberi,
nec illa ullus mortalium carere potest.
Nunquam in quiete, semper
in actu & motu. Nunquam in propatulo,
semper in occulto. Minera
ejus profunda est, & Cimmeriis velata
tenebris: nam latet in angustiis
& visceribus terrae, clausa, unde ab
artifice repente educitur & manifestatur

Agnoscit originem suam e terra, e coelo vitam. Unde animata non
mortua. Mercurius hic quidem vulgi,
sed nequaquam vulgaris. Hic est
fluidus frigidus, meus fluidus calidus.
Ille non nisi innumeris ferme rebus
& laboribus sero & aegre depuratur,
meus unico & proprio. Hic meus
non nisi in unico corpore quiescit &
reperitur, licet omnia sub coelis viventia
habeat aemula. Eundem colorem
in fine, ac in principio recipit,
licet per infinitos medios summe
exaltatum: Ex infinitis coalescit, inde
de
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( 39 )
par sympathie microcosmique, & elle
le mérite. On la trouve toujours & partout,
tant au fond des Indes, qu'au milieu
de Rome, tant de jour que de nuit,
en Eté comme en Hiver. On peut l'avoir
avec très peu & beaucoup de danger, &
aucun mortel ne peut s'en passer. Elle
n'est jamais en repos, mais toujours en
action & en mouvement, jamais exposée
mais toujours cachée à la vue. La mine
où elle se trouve est profonde & couverte
d'épaisses ténèbres, car elle est renfermée
dans des lieux étroits & les entrailles de
la Terre, d'où ma matière est tirée &
manifestée subitement par l'artiste.
Son origine est de la Terre & sa vie du Ciel. De-là vient qu'elle est animée
& non pas morte. Ce Mercure est bien
du vulgaire, mais nullement commun. Le
commun est un fluide froid, le mien est
un fluide chaud. Il faut bien des choses
& des travaux pour épurer celui-là, tandis
que le mien n'exige qu'un seul travail
& qui m'est propre. Le mien ne réside &
ne se trouve que dans un seul corps, quoique
tout ce qui vit sous le ciel en soit jaloux.
Il a la même couleur à la fin, qu'il
avait au commencement, quoiqu'il soit infiniment
exalté. Il se forme d'une infinité
C 5 nité

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