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Réfer. : AL0201D
Auteur : Albert le Grand.
Titre : Le Composé des Composés.
S/titre : Compositum de Compositis.

Editeur : Xxxxx. Xxxxx.
Date éd. : 18xx .


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LE COMPOSE DES COMPOSES D'ALBERT LE GRAND
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Le présent traité, traduit pour la première fois en français, se trouve au tome IV du Theatrum Chemicum,
page 825. Hoefer cite dans son Histoire de la
chimie plusieurs passages de ce traité. Deux de ces
passages ne se trouvent pas dans le Compositum de
Compositis, mais dans le Libellus de Alchimia (Theatrum
Chemicum, tome II).
Avec le traité De Alchimia, c'est le plus important des opuscules alchimiques d'Albert le Grand.
(A.P.)

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PREFACE

Je ne cacherai pas une science qui m'a été révélée par la grâce de Dieu, je ne la garderai
pas jalousement pour moi seul, de peur d'attirer
sa malédiction. Une science tenue secrète,
un trésor caché, quelle est leur utilité? La
science que j'ai apprise sans fictions, je vous
la transmets sans regrets. L'envie ébranle tout,
un homme envieux ne peut être juste devant
Dieu. Toute science, toute sagesse vient de
Dieu; c'est une simple façon de parler que de
dire qu'elle vient de l'Esprit-Saint. Nul ne peut
dire: Notre-Seigneur Jésus-Christ sans sous-
entendre: fils de Dieu le Père, par l'opération
du Saint-Esprit. De même cette science de vérité
ne peut être séparée de Celui qui me l'a
communiquée.
Je n'ai pas été envoyé vers tous, mais seulement vers ceux qui admirent le Seigneur dans
ses oeuvres et que Dieu a jugé dignes. Que
celui qui a des oreilles pour entendre cette communication
divine recueille les secrets qui
m'ont été transmis par la grâce de Dieu et qu'il
ne les révèle jamais à ceux qui en sont indignes.

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La nature doit servir de base et de modèle à la science, aussi l'Art travaille d'après la Nature
autant qu'il peut. Il faut donc que l'Artiste
observe la Nature et opère comme elle
opère.


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CHAPITRE I
DE LA FORMATION DES MÉTAUX EN GÉNÉRAL PAR LE SOUFRE ET LE MERCURE.
On a observé que la nature des métaux, telle que nous la connaissons est d'être engendrée
d'une manière générale par le Soufre et le Mercure.
La différence seule de cuisson et de digestion
produit la variété dans l'espèce métallique.
J'ai observé moi-même que dans un seul
et même vaisseau, c'est-à-dire dans un même
filon, la nature avait produit plusieurs métaux
et de l'argent, disséminés ça et là. Nous avons
en effet démontré clairement dans notre Traité
des minéraux que la génération des métaux est
circulaire, on passe facilement de l'un à l'autre
suivant un cercle, les métaux voisins ont des
propriétés semblables; c'est pour cela que l'argent
se change plus facilement en or que tout
autre métal.
Il n'y a plus en effet à changer dans l'argent que la couleur et le poids, ce qui est facile. Car
une substance déjà compacte augmente plus
facilement de poids. Et comme il contient un

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soufre blanc jaunâtre, sa couleur sera aussi
aisée à transformer.
Il en est de même des autres métaux. Le Soufre est pour ainsi dire leur père et le Mercure
leur mère.
C'est encore plus vrai, si l'on dit que dans la conjonction le Soufre représente le sperme
du père et que le Mercure figure un menstrue
coagulé pour former la substance de l'embryon.
Le Soufre seul ne peut engendrer, ainsi le père
seul.
De même que le mâle engendre de sa propre substance mêlée au sang menstruel, de même
le Soufre engendre avec le Mercure, mais seul
il ne produit rien. Par cette comparaison nous
voulons faire entendre que l'Alchimiste devra
enlever d'abord au métal la spécificité que lui
a donnée la Nature, puis qu'il procède comme
la nature a procédé, avec le Mercure et le Soufre
préparés et purifiés toujours en suivant
l'exemple de la nature.
Le Soufre contient trois principes humides. Le premier de ces principes est surtout aérien et igné, on le trouve dans les parties extérieures
du Soufre, à cause même de la grande volatilité
de ses éléments, qui s'envolent facilement

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et consument les corps avec lesquels ils
viennent en contact.
Le second principe est flegmatique, autrement dit aqueux, il se trouve immédiatement
placé sous le précédent. Le troisième est radical,
fixe, adhérent aux parties internes. Celui-
là seul est général, et on ne peut le séparer des
autres sans détruire tout l'édifice. Le premier
principe ne résiste pas au feu; étant combustible,
il se consume dans le feu et calcine la substance
du métal avec lequel on le chauffe. Aussi
est-il non seulement inutile, mais encore nuisible
au but que nous nous proposons. Le second
principe ne fait que mouiller les corps, il
n'engendre pas, il ne peut non plus nous servir.
Le troisième est radical, il pénètre toutes
les particules de la matière qui lui doit ses
propriétés essentielles. Il faut débarrasser le
Soufre des deux premiers principes pour que
la subtilité du troisième puisse nous servir à
faire un composé parfait.
Le feu n'est autre chose que la vapeur du Soufre; la vapeur du Soufre bien purifié et sublimé
blanchit et rend plus compact. Aussi les
alchimistes habiles ont-ils coutume d'enlever
au Soufre ses deux principes superflus par des

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lavages acides, tels que le vinaigre des citrons,
le lait aigri, le lait de chèvres, l'urine des enfants.
Ils le purifient par lixivation, digestion,
sublimation. Il faut finalement le rectifier par
résolution de façon à n'avoir plus qu'une substance
pure contenant la force active, perfectible
et prochaine du métal. Nous voilà en possession
d'une partie de notre OEuvre.


DE LA NATURE DU MERCURE.
Le Mercure renferme deux substances superflues, la terre et l'eau. La substance terreuse
a quelque chose du Soufre, le feu la rougit. La
substance aqueuse a une humidité superflue.
On débarrasse facilement le mercure de ses impuretés aqueuses et terreuses par des sublimations
et des lavages très acides. La nature
le sépare à l'état sec du Soufre et le dépouille
de sa terre par la chaleur du soleil et des étoiles.
Elle obtient ainsi un Mercure pur, complètement débarrassé de sa substance terreuse, ne
contenant plus de parties étrangères. Elle l'unit
alors à un Soufre pur et produit enfin dans le
sein de la terre des métaux purs et parfaits. Si
les deux principes sont impurs les métaux sont

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imparfaits. C'est pourquoi dans les mines on
trouve des métaux différents, ce qui tient à la
purification et à la digestion variable de leurs
Principes. Cela dépend de la cuisson.


DE L'ARSENIC.
L'Arsenic est de même nature que le Soufre, tous deux teignent en rouge et en blanc. Mais
il y a plus d'humidité dans l'arsenic, et sur
feu il se sublime moins rapidement que le
Soufre.
On sait combien le soufre se sublime vite et comment il consume tous les corps, excepté
l'or. L'Arsenic peut unir son principe sec à
celui du soufre, ils se tempèrent l'un l'autre,
et une fois unis on les sépare difficilement; leur
teinture est adoucie par cette union.
« L'Arsenic, dit Geber, contient beaucoup de mercure, aussi peut-il être préparée comme
lui. » Sachez que l'esprit, caché dans le soufre,
l'arsenic et l'huile animale, est appelé par les
philosophes Elixir blanc. Il est unique, miscible
à la substance ignée, de laquelle nous tirons
l'Élixir rouge; il s'unit aux métaux fondus,
ainsi que nous l'avons expérimenté, il les purifie,

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non seulement à cause des propriétés précitées,
mais encore parce qu'il y a une proportion
commune entre ses éléments.
Les métaux diffèrent entre eux selon la pureté ou l'impureté de la matière première, c'est-à-
dire du Soufre et du Mercure, et aussi selon le
degrés du feu qui les a engendrés.
Selon le philosophe, l'élixir s'appelle encore Médecine, parce qu'on assimile le corps des
métaux au corps des animaux. Aussi disons-
nous qu'il y a un esprit caché dans le Soufre,
l'arsenic et l'huile extraite des substances animales.
C'est là l'esprit que nous cherchons, à
l'aide duquel nous teindrons tous les corps imparfaits
en parfaits. Cet esprit est appelé Eau
et Mercure par les Philosophes. « Le Mercure,
dit Geber, est une médecine composée de sec
et d'humide, d'humide et de sec. » Tu comprends
la succession des opérations: extrais la
terre du feu, l'air de la terre, l'eau de l'air, puisque
l'eau peut résister au feu. Il faut noter ces
enseignements, ce sont des arcanes universels.
Aucun des principes qui entrent dans l'OEuvre n'a de puissance par lui-même; car ils sont
enchaînés dans les Métaux, ils ne peuvent perfectionner,
ils ne sont plus fixes. Il leur manque

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deux substances, une miscible aux métaux
en fusion, l'autre fixe qui puisse coaguler et
fixer. Aussi Rhasès a dit: « Il y a quatre substances
qui changent dans le temps; chacune
d'elles est composée des quatre éléments et
prend le nom de l'élément dominant. Leur essence
merveilleuse s'est fixée dans un corps et
avec ce dernier on peut nourrir les autres corps.
Cette essence est composée d'eau et d'air, combinés
de telle sorte que la chaleur les liquéfie.
C'est là un secret merveilleux. Les minéraux
employés en Alchimie doivent pour nous servir
avoir une action sur les corps fondus. Les pierres,
que nous utilisons, sont au nombre de quatre,
deux teignent en blanc, les deux autres
en rouge. Aussi le blanc, le rouge, le Soufre,
l'Arsenic, Saturne n'ont qu'un même corps.
Mais en ce seul corps, que de choses obscures!
Et d'abord il est sans action sur les métaux parfaits.
»
Dans les corps imparfaits, il y a une eau acide, amère, aigre, nécessaire à notre art. Car elle
dissout et mortifie les corps, puis les revivifie
et les recompose. Rhasès dit dans sa troisième
lettre: « Ceux qui cherchent notre Entéléchie,
demandent d'où provient l'amertume aqueuse

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élémentaire. Nous leur répondrons: de l'impureté
des métaux. Car l'eau contenue dans
l'or et l'argent est douce, elle ne dissout pas, au
contraire elle coagule et fortifie, parce qu'elle
ne contient ni acidité ni impureté comme les
corps imparfaits. » C'est pourquoi Geber a dit:
« On calcine et on dissout l'or et l'argent sans
utilité, car notre Vinaigre se tire de quatre
corps imparfaits; c'est esprit mortifiant et dissolvant
qui mélange les teintures de tous les
corps que nous employons dans l'oeuvre. Nous
n'avons besoin que de cette eau, peu nous importe
les autres esprits. »
Geber a raison; nous n'avons que faire d'une teinture que le feu altère, bien au contraire, il
faut que le feu lui donne l'excellence et la force
pour qu'elle puisse s'allier aux métaux fondus.
Il faut qu'elle fortifie, qu'elle fixe, que malgré
la fusion elle reste intimement unie au métal.
J'ajouterai que des quatre corps imparfaits on peut tout tirer. Quant à la manière de préparer
le Soufre, l'arsenic et le Mercure, indiquée
plus haut, on peut la reporter ici.
En effet, lorsque dans cette préparation nous chauffons l'esprit du soufre et de l'arsenic avec
des eaux acides ou de l'huile, pour en extraire

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l'essence ignée, l'huile, l'onctuosité, nous leur
enlevons ce qu'il y a de superflu en eux; il nous
reste la force ignée et l'huile, les seules choses
qui nous soient utiles; mais elles sont mêlées à
l'eau acide qui nous servait à purifier, il n'y a
pas moyen de les en séparer; mais du moins
nous sommes débarrassés de l'inutile. Il faut
donc trouver un autre moyen d'extraire de ces
corps, l'eau, l'huile et l'esprit très subtil du
soufre qui est la vraie teinture très active que
nous cherchons à obtenir. Nous travaillerons
donc ces corps en séparant par décomposition
ou encore par distillation leurs parties composantes
naturelles, et nous arriverons ainsi aux
parties simples. Quelques-uns, ignorant la composition
du Magistère, veulent travailler sur le
seul Mercure, prétendant qu'il a un corps, une
âme, un esprit, et qu'il est la matière première de
l'or et de l'argent. Il faut leur répondre qu'à
la vérité quelques philosophes affirment que
l'OEuvre se fait de trois choses: l'esprit, le corps
et l'âme, tirées d'une seule. Mais d'autre part
on ne peut trouver en une chose ce qui n'y est
pas. Or, le Mercure n'a pas la teinture rouge,
donc il ne peut, seul, suffire à former le corps
du Soleil; il nous serait impossible avec le seul

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Mercure de mener l'OEuvre à bonne fin. La
Lune seule ne peut suffire, cependant ce corps
est pour ainsi dire la base de l'oeuvre.
De quelque manière qu'on travaille et transforme le Mercure, jamais il ne pourra constituer
le corps. Ils disent aussi: « On trouve dans
le Mercure un soufre rouge, donc il renferme la
teinture rouge. » Erreur! le Soufre est le père
des métaux, on n'en trouve jamais dans le mercure
qui est femelle.
Un matière passive ne peut se féconder elle- même. Le Mercure contient bien un Soufre,
mais, comme nous l'avons déjà dit c'est un soufre
terrestre. Remarquons enfin que le Soufre
ne peut supporter la fusion; donc l'Elixir ne
peut se tirer d'une seule chose.


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CHAPITRE II
DE LA PUTRÉFACTION
Le feu engendre la mort et la vie. Un feu léger dessèche le corps. En voici la raison: le
feu arrivant au contact d'un corps, met en mouvement
l'élément semblable à lui qui existe
dans ce corps.
Cet élément c'est la chaleur naturelle. Celle- ci excite le feu extrait en premier lieu du corps;
il y a conjonction et l'humidité radicale du
corps monte à sa surface tant que le feu agit au
dehors. Dès que l'humidité radicale qui unissait
les diverses portions du corps est partie, le
corps meurt, se dissout, se résout; toutes ses
parties se séparent les unes des autres. Le feu
agit ici comme un instrument tranchant. Quoiqu'il
dessèche et rétrécisse par lui-même, il ne
le peut qu'autant qu'il y a dans le corps une certaine
prédisposition, surtout si le corps est compact
comme l'est un élément. Ce dernier manque
d'une mixte agglutinant, qui se séparerait
du corps après la corruption. Tout cela peut se
faire par le Soleil, parce qu'il est d'une nature
chaude et humide par rapport aux autres corps.

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CHAPITRE III
DU RÉGIME DE LA PIERRE
Il y a quatre régimes de la Pierre: 1° décomposer; 2° laver; 3° réduire; 4° fixer. Dans le
premier régime on sépare les natures, car sans
division, sans purification, il ne peut y avoir
conjonction. Pendant le second régime, les éléments
séparés sont lavés, purifiés, et ramenés
à l'état simple. Au troisième on change notre
Soufre en minière du Soleil, de la Lune et des
autres métaux. Au quatrième tous les corps
précédemment extraits de notre Pierre, sont
unis recomposés et fixés Pour rester désormais
conjoints.
Il y en a qui comptent cinq degrés dans le Magistère: 1° résoudre les substances en leur
matière première; 2° amener notre terre, c'est
à dire la magnésie noire à être prochaine de la
nature du Soufre et du Mercure; 3° rendre le
Soufre aussi prochain que possible de la matière
minérale du Soleil et de la Lune; 4° composer
de plusieurs choses un Elixir blanc; 5° brûler
parfaitement l'élixir blanc, lui donner la couleur

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du cinabre, et partir de là, pour faire l'Elixir
rouge.
Enfin il y en a qui comptent quatre degrés dans l'OEuvre, d'autres trois, deux seulement.
Ces derniers comptent ainsi: 1° mise en oeuvre
et purification des éléments; 2° conjonction.
Remarque bien ce qui suit: la matière de la Pierre des Philosophes, est à bas prix; on
la trouve partout, c'est une eau visqueuse comme
le mercure que l'on extrait de la terre. Notre
eau visqueuse se trouve partout, jusque
dans les Latrines, ont dit certains philosophes,
et quelques imbéciles prenant leurs paroles a
la lettre, l'ont cherchée dans les excréments.
La nature opère sur cette matière en lui enlevant quelque chose, son principe terreux, et
en lui adjoignant quelque chose, le Soufre
des Philosophes, qui n'est pas le soufre
du vulgaire, mais un Soufre invisible, teinture
du rouge. Pour dire la vérité, c'est l'esprit
du vitriol romain. Prépare-le ainsi: Prends du
salpêtre et du vitriol romain, 2 livres de chaque;
broye subtilement. Aristote a donc raison quand
il dit en son quatrième livre des météores: « Tous
les Alchimistes savent que l'on ne peut en aucune
façon changer la forme des métaux, si on

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ne les réduit auparavant en leur matière première.
» Ce qui est facile comme on le verra
bientôt. Le Philosophe dit qu'on ne peut pas
aller d'une extrémité à l'autre sans passer par
le milieu. A une extrémité de notre pierre philosophale
sont deux luminaires, l'or et l'argent,
à l'autre extrémité l'élixir parfait ou teinture.
Au milieu l'eau-de-vie philosophique, naturellement
purifiée, cuite et digérée. Toutes ces
choses sont proches de la perfection et préférables
aux corps de nature plus éloignée. De
même qu'au moyen de la chaleur, la glace se
résout en eau, pour avoir été jadis eau, de
même les métaux se résolvent en leur première
matière qui est notre Eau-de-vie. La préparation
est indiquée dans les chapitres suivants. Elle
seule peut réduire tous les corps métalliques
en leur matière première.


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CHAPITRE IV
DE LA SUBLIMATION DU MERCURE.
Au nom du Seigneur, procure-toi une livre de mercure pur provenant de la mine. D'autre
part, prends du vitriol romain et du sel commun
calciné, broye et mélange intimement.
Mets ces deux dernières matières dans un large
vase de terre vernissé sur un feu doux, jusqu'à
ce que la matière commence à fondre et à couler.
Alors prends ton mercure minéral, mets-le
dans un vase à long col et verse goutte à goutte
sur le vitriol et le sel en fusion. Remue avec
une spatule de bois, jusqu'à ce que le mercure
soit tout entier dévoré et qu'il n'en reste plus
trace. Quand il aura complètement disparu, dessèche
la matière à feu doux pendant la nuit.
Le lendemain matin, tu prendras la matière
bien desséchée, tu la broyeras finement sur une
pierre. Tu mettras la matière pulvérisée dans
le vase sublimatoire nommé aludel pour la sublimer
selon l'art. Tu mettras le chapiteau et
tu enduiras les jointures de lut philosophique,
afin que le mercure ne puisse s'échapper. Tu
placeras l'aludel sur son fourneau et tu l'y luteras

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de façon qu'il ne puisse s'incliner et qu'il
se tienne bien droit; alors tu feras un petit feu
pendant quatre heures pour chasser l'humidité
du mercure et du vitriol; après l'évaporation
de l'humidité, augmente le feu pour que la
matière blanche et pure du mercure se sépare
de ses impuretés, cela pendant quatre heures;
tu verras si cela suffit en introduisant une baguette
de bois dans le vase sublimatoire par
l'ouverture, supérieure, tu descendras jusqu'à
la matière et tu sentiras si la matière blanche
du mercure est superposée au mélange. Si cela
est, enlève le bâton, ferme l'ouverture du chapiteau
avec un lut pour que le mercure ne puisse
s'échapper et augmente le feu de telle sorte
que la matière blanche du mercure s'élève au-
dessus des fèces, jusque dans l'aludel, cela pendant
quatre heures. Chauffe enfin avec du bois
de manière à obtenir des flammes, il faut que
le fond du vase et le résidu deviennent rouges;
continue ainsi tant qu'il restera un peu de substance
blanche du mercure adhérente aux fèces.
La force et la violence du feu finiront par l'en
séparer. Cesse alors le feu, laisse refroidir le
fourneau et la matière pendant la nuit. Le lendemain
matin retire le vase du fourneau, enlève

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les luts avec précaution pour ne pas salir
le Mercure, ouvre l'appareil; si tu trouves une
matière blanche, sublimée, pure, compacte, pesante,
tu as réussi. Mais si ton sublimé était
spongieux, léger, poreux, ramasse-le, recommence
la sublimation sur le résidu en ajoutant
de nouveau du sel commun pulvérisé; opère
dans le même vase sur son fourneau, de la
même manière, avec le même degré de feu
que plus haut. Ouvre alors le vase, vois si le
sublimé est blanc, compact, dense, recueille-le
et mets-le soigneusement de côté pour t'en servir
quand tu en auras besoin pour terminer
l'OEuvre. Mais s'il ne se présentait pas encore
tel qu'il doit être, il te faudrait le sublimer une
troisième fois jusqu'à ce que tu l'obtiennes pur,
compact, blanc, pesant.
Remarque que par cette opération tu as enlevé au Mercure deux impuretés. D'abord tu
lui as ôté toute son humidité superflue; en second
lieu tu l'as débarrassé de ses parties terreuses
impures qui sont restées dans les fèces;
tu l'as ainsi sublimé en une substance claire.
demi-fixe.
Mets-le de côté comme on te l'a recommandé.

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CHAPITRE V
DE LA PRÉPARATION DES EAUX D'OU TU TIRERAS L'EAU-DE-VIE
Prends deux livres de vitriol romain, deux livres de salpêtre, une livre d'alun calciné. Ecrase
bien, mélange parfaitement, mets dans un
alambic en verre, distille l'eau selon les règles
ordinaires, en fermant bien les jointures, de
peur que les esprits ne s'échappent. Commence
par un feu doux, puis chauffe plus fortement;
chauffe ensuite avec du bois jusqu'à ce que l'appareil
devienne blanc, de telle sorte que tous
les esprits distillent. Alors cesse le feu, laisse
le fourneau refroidir; mets soigneusement cette
eau de côté, car c'est le dissolvant de la Lune;
conserve-la pour l'OEuvre, elle dissout le
argent et le sépare de l'or. Elle calcine le Mercure
et le crocus de Mars; elle communique à
la peau de l'homme une coloration brune qui
s'en va difficilement. C'est l'eau prime des philosophes,
elle est parfaite au premier degré. Tu
prépareras trois livres de cette eau.

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Eau seconde préparée par le sel ammoniac.
Au nom du Seigneur, prends une livre d'eau prime et y dissous quatre lots de sel ammoniac
pur et incolore; la dissolution faite, l'eau a
changé de couleur, elle a acquis d'autres propriétés.
L'eau prime était verdâtre, elle dissolvait
la Lune. était sans action sur le Soleil; mais
dès qu'on lui ajoute du sel ammoniac, elle prend
une couleur jaune, elle dissout l'or, le mercure,
le Soufre sublimé et communique une forte coloration
jaune à la peau de l'homme. Conserve
précieusement cette eau, car elle nous servira
dans la suite.


Eau tierce préparée au moyen du Mercure sublimé.
Prends une livre d'eau seconde et onze lots de Mercure sublimé (par le vitriol romain et
le sel) bien préparé et bien pur. Tu verseras
peu à peu le Mercure dans l'eau seconde. Puis
tu scelleras l'orifice de la fiole, de peur que
l'esprit du Mercure ne s'échappe. Tu placeras
la fiole sur des cendres tièdes, l'eau commencera
aussitôt à agir sur le Mercure, le dissolvant

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et se l'incorporant. Tu laisseras la fiole
sur les cendres chaudes, il ne devra pas rester
un excès d'eau et il faudra que le Mercure sublimé
se dissolve entièrement. L'eau agit par
imbibition sur le Mercure jusqu'à ce qu'elle
l'ait dissous.
Si l'eau n'a pu dissoudre tout le mercure, tu prendras ce qui reste au fond de la fiole, tu
le dessécheras à feu lent, tu pulvériseras et tu
le dissoudras dans une nouvelle quantité d'eau
seconde. Tu recommenceras cette opération
jusqu'à ce que tout le mercure sublimé se soit
dissous dans l'eau. Tu réuniras en une seule
toutes ces solutions, dans un vase de verre,
bien propre, dont tu fermeras parfaitement l'orifice
avec de la cire. Mets soigneusement de
côté. Car c'est là notre eau tierce, philosophique,
épaisse, parfaite au troisième degré. C'est
la mère de l'Eau-de-vie qui réduit tous les
corps en leur matière première.


Eau quarte qui réduit les corps calcinés en leur matière première.
Prends de l'eau tierce mercurique, parfait au troisième degré, limpide, et mets-la putréfier

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dans le ventre du cheval en une fiole à long
col, propre, bien fermée, pendant quatorze
jours.
Laisse fermenter, les impuretés tombent au fond et l'eau passe du jaune au roux. A ce moment
tu retireras la fiole et tu la mettras sur
des cendres à un feu très doux, adaptes-y un
chapiteau d'alambic avec son récipient. Commence
la distillation lentement. Ce qui passe
goutte à goutte est notre eau-de-vie très limpide,
pure, pesante, Lait virginal, Vinaigre très
aigre. Continue le feu doucement jusqu'à ce
que toute l'eau-de-vie ait distillé tranquillement;
cesse alors le feu, laisse le fourneau se
refroidir et conserve avec soin ton eau distillée.
C'est là notre Eau-de-vie, Vinaigre des philosophes,
Lait virginal qui réduit les corps en
leur matière première. On lui a donné une infinité
de noms.
Voici les propriétés de cette eau: une goutte déposée sur une lame de cuivre chaude la
pénètre aussitôt et y laisse une tache blanche.
Jetée sur des charbons, elle émet de la fumée;
à l'air elle se congèle et ressemble à de la glace.
Quand on distille cette eau, les gouttes ne passent
pas en suivant toutes le même chemin,

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mais les uns passent ici, les autres là. Elle n'agit
pas sur les métaux comme l'eau forte, corrosive,
qui les dissout, mais elle réduit en Mercure
tous les corps qu'elle baigne, ainsi que tu le
verras plus loin.
Après la putréfaction, la distillation, la clarification, elle est pure et plus parfaite, débarrassée
de tout principe sulfureux igné et corrosif.
Ce n'est pas une eau qui ronge, elle ne dissout
pas les corps, elle les réduit en Mercure.
Elle doit cette propriété au Mercure primitivement
dissous et putréfié au troisième degré de
la perfection. Elle ne contient plus ni fèces ni
impuretés terreuses. La dernière distillation les
a séparées, les impuretés noires sont restées
au fond de l'alambic. La couleur de cette eau
est bleue, limpide, rousse; mets-la de côté. Car
elle réduit tous les corps calcinés et pourris en
leur matière première radicale ou mercurielle.
Lorsque tu voudras avec cette eau réduire les corps calcinés prépare ainsi les corps.
Prends un marc du corps que tu voudras, Soleil ou Lune; lime-le doucement. Pulvérise
bien cette limaille sur une pierre avec du sel
commun préparé. Sépare le sel en le dissolvant
dans l'eau chaude; la chaux pulvérisée retombera

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au fond du liquide; décante. Sèche la
chaux, imbibe-la trois fois d'huile de tartre, en
laissant chaque fois la chaux absorber toute
l'huile; mets ensuite la chaux dans une petite
fiole; verse par-dessus l'huile de tartre, de façon
que le liquide ait une épaisseur de deux
doigts, ferme alors la fiole, mets-la putréfier
au ventre du cheval pendant huit jours; puis
prends la fiole, décante l'huile et dessèche la
chaux. Ceci fait, mets la chaux dans un poids
égal de notre Eau-de-vie; ferme la fiole et laisse
digérer à un feu très doux jusqu'à ce que toute
la chaux soit convertie en Mercure. Décante
alors l'eau avec précaution, recueille le Mercure
corporel, mets-le en un vase de verre; purifie-le
avec de l'eau et du sel commun, dessèche
selon les règles, mets-en un linge fin et
exprime-le en gouttelettes. S'il passe tout entier,
c'est bien. S'il reste quelque portion du
corps amalgamé, venant de ce que la dissolution
n'a pas été complète, mets ce résidu avec
une nouvelle quantité d'eau bénite. Sache que
la distillation de l'eau doit se faire au bain-
marie; pour l'air et le feu, on distillera sur les
cendres chaudes. L'eau doit être tirée de la
substance humide et non d'ailleurs; l'air et le

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feu doivent être extraits de la substance sèche
et non d'une autre.


Propriétés de ce Mercure.
Il est moins mobile, il court moins vite que l'autre mercure; il laisse des traces de son corps
fixe au feu: une goutte placée sur une lame
chauffée au rouge laisse un résidu.


Multiplication du Mercure philosophique.
Lorsque tu auras ton Mercure philosophique, prends-en deux parties et une partie de
la limaille mentionnée plus haut; fais un amalgame
en broyant le tout ensemble jusqu'à
union parfaite. Mets cet amalgame dans une
fiole, ferme bien l'orifice et place sur les cendres
à un feu tempéré. Tout se résoudra en
Mercure. Tu pourras ainsi l'augmenter à l'infini,
car la somme de volatil dépassant toujours
la somme de fixe, l'augmente indéfiniment en
lui communiquant sa propre nature et il y en
aura toujours assez.
Maintenant tu sais préparer l'eau-de-vie, tu en connais les degrés et les propriétés, tu connais
la putréfaction des corps métalliques, leur
réduction à la matière première, la multiplication
de la matière à l'infini. Je t'ai expliqué

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@

clairement ce que tous les philosophes ont caché
avec soin.


Pratique du Mercure des sages.
Ce n'est pas le mercure du vulgaire, c'est la matière première des philosophes. C'est un élément
aqueux, froid, humide, c'est une eau permanente,
c'est l'esprit du corps, vapeur grasse,
Eau bénite, Eau forte, Eau des sages, Vinaigre
des philosophes, Eau minérale, Rosée de la
grâce céleste; il a bien d'autre noms encore, et
bien qu'ils soient différents, ils désignent tous
une seule et même chose qui est le Mercure
des philosophes; il est la force de l'alchimie;
seul il peut servir à faire la teinture blanche et
la rouge, etc.
Prends donc au nom de Jésus-Christ, notre M... vénérable, Eau des philosophes, Hylè primitive
des sages; c'est la pierre qu'on t'a découverte
dans ce traité, c'est la matière première
du corps parfait, comme tu l'as deviné. Mets
ta matière dans un fourneau, en un vaisseau
propre, clair, transparent, rond, dont tu scelleras
hermétiquement l'orifice, de sorte que
rien ne puisse s'échapper. Ta matière sera placée

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@

sur un lit bien aplani, légèrement chaud;
tu l'y laisseras un mois philosophique; tu maintiendras
la chaleur égale, tant que la sueur de
la matière se sublimera, jusqu'à ce qu'elle ne
sue plus, que rien ne monte, que rien ne descende,
qu'elle commence à pourrir, à suffoquer,
à se coaguler et à se fixer, par suite de
la constance du feu.
Il ne s'élèvera plus de substance aérienne fumeuse et notre Mercure restera au fond, sec,
dépouillé de son humidité, pourri, coagulé,
changé en une terre noire, qu'on appelle Tête
noire du corbeau, élément sec terreux.
Quand tu auras fait cela, tu auras accompli la véritable sublimation des Philosophes, pendant
laquelle tu as parcouru tous les degrés
précités: sublimation du Mercure, distillation,
coagulation, putréfaction, calcination, fixation,
dans un seul vaisseau et un seul fourneau comme
il a été dit.
En effet, quand notre pierre est dans son vaisseau, et qu'elle s'élève, on dit alors qu'il
y a sublimation ou ascension. Mais quand ensuite
elle retombe au fond, on dit qu'il y a distillation
ou précipitation. Puis lorsqu'après la
sublimation et la distillation, notre Pierre commence

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@

à pourrir et à se coaguler, c'est la putréfaction
et la coagulation; finalement quand
elle se calcine et se fixe par privation de son
humidité radicale aqueuse, c'est la calcination
et la fixation; tout cela se fait par le seul acte
de chauffer, en un seul fourneau, en un seul
vaisseau, comme il a été dit.
Cette sublimation constitue une véritable séparation des éléments, d'après les philosophes:
« Le travail de notre pierre ne consiste qu'en
la séparation et conjonction des éléments; car
dans notre sublimation l'élément aqueux froid
et humide se change en élément terreux sec et
chaud. Il s'ensuit que la séparation des éléments
de notre pierre, n'est pas vulgaire, mais
philosophique; notre seule sublimation très
parfaite suffit en effet à séparer les éléments;
dans notre pierre il n'y a que la forme de deux
éléments, l'eau et la terre, qui contiennent virtuellement
les deux autres. La Terre renferme
virtuellement le Feu, à cause de sa sécheresse;
l'Eau renferme virtuellement l'Air à cause de
son humidité. Il est donc bien évident que si
notre Pierre n'a en elle que la forme de deux
éléments elle les renferme virtuellement tous
les quatre.

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@

Aussi un Philosophe a-t-il dit: « Il n'y a pas de séparation des quatre éléments dans notre
Pierre comme le pensent les imbéciles. Notre
nature renferme un arcane très caché dont on
voit la force et la puissance, la terre et l'eau.
Elle renferme deux autres éléments, l'air et le
feu, mais ils ne sont ni visibles, ni tangibles,
on ne peut les représenter, rien ne les décèle,
on ignore leur puissance, qui ne se manifeste
que dans les deux autres éléments, terre et
eau, lorsque le feu change les couleurs pendant
la cuisson.
Voici que par la grâce de Dieu, tu as le second composant de la pierre philosophale, qui
est la Terre noire, Tête de corbeau, mère, coeur,
racine des autres couleurs. De cette terre comme
d'un tronc, tout le reste prend naissance.
Cet élément terreux, sec, a reçu dans les livres
des philosophes un grand nombre de noms, on
l'appelle encore Laton immonde, résidu noir,
Airain des philosophes, Nummus, Soufre noir,
mâle, époux, etc. Malgré cette infinie variété
de noms, ce n'est jamais qu'une seule et même
chose, tirée d'une seule matière.
A la suite de cette privation d'humidité, causée par la sublimation philosophique, le volatil

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@

est devenu fixe, le mou dur, l'aqueux est
devenu terreux, selon Geber. C'est la métamorphose
de la nature, le changement de l'eau en
feu, selon la Tourbe. C'est encore le changement
des constitutions froides et humides en
constitutions bilieuses, sèches, selon les médecins.
Aristote dit que l'esprit a pris un corps,
et Alphidius que le liquide est devenu visqueux.
L'occulte est devenu manifeste, dit Rudianus
dans le Livre des trois paroles. L'on
comprend maintenant les philosophes quand ils
disent: « Notre Grand-Oeuvre n'est autre
qu'une permutation des natures, une évolutions
des éléments. » Il est bien évident que
par cette privation d'humidité nous rendons
la pierre sèche, le volatil devient fixe, l'esprit
devient corporel, le liquide devient solide, le
feu se change en eau, l'air en terre. Nous avons
ainsi changé les vraies natures suivant un certain
ordre, nous avons permuté leurs natures.
Que Dieu soit éternellement béni! Amen.
Passons maintenant avec la permission de Dieu à la seconde opération qui est le blanchiment
de notre terre pure. Prends donc
deux parties de terre fixe ou Tête de corbeau:
broye-la subtilement et avec précaution en un

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@

mortier excessivement propre, ajoutes-y une
partie de l'Eau philosophique que tu sais (c'est
l'eau que tu as mise de côté). Applique-toi à les
unir, en imbibant peu à peu d'eau la terre sèche,
jusqu'à ce qu'elle ait étanché sa soif; broye
et mélange si bien, que l'union du corps, de
l'âme et de l'eau soit parfaite et intime. Ceci
fait, tu mettras le tout dans un matras scellé
hermétiquement pour que rien ne s'échappe,
et tu le placeras sur son petit lit uni, tiède,
toujours chaud pour qu'en suant il débarrasse
ses entrailles du liquide qu'il a bu. Tu l'y laisseras
huit jours, jusqu'à ce que la terre blanchisse
en partie. Tu prendras alors la Pierre,
tu la pulvériseras, tu l'imbiberas de nouveau
de Lait virginal, en remuant, jusqu'à ce qu'elle
ait étanché sa soif; tu la remettras dans la fiole
sur son petit lit tiède pour qu'elle se dessèche
en suant, comme ci-dessus. Tu recommenceras
quatre fois cette opération en suivant le même
ordre: imbibition de la terre par l'eau jusqu'à
union parfaite, dessiccation, calcination. Tu
auras ainsi suffisamment cuit la terre de notre
pierre très précieuse. En suivant cet ordre:
cuisson, pulvérisation, imbibition par l'eau,
dessiccation. calcination, tu as suffisamment purifié

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la Tête de corbeau, la terre noire et fétide,
tu l'as conduite à la blancheur par la puissance
du feu, de la chaleur et de l'Eau blanchissante.
Recueille ta terre blanche et mets-la soigneusement
de côté, car c'est un bien précieux, c'est
la Terre foliée blanche, Soufre blanc, Magnésie
blanche, etc. Morien parle d'elle lorsqu'il dit...
« Mettez pourrir cette terre avec son eau, pour
qu'elle se purifie et avec l'aide de Dieu vous
terminerez le Magistère. » Hermès dit de même
que l'Azoth lave le Laton et lui enlève toutes
ses impuretés.
Dans cette dernière opération nous avons reproduit la véritable conjonction des éléments,
car l'eau s'est unie à la terre, l'air au feu. C'est
l'union de l'homme et de la femme, du mâle
et de la femelle, de l'or et l'argent du Soufre
sec et de l'Eau céleste impure. Il y a eu aussi
résurrection des corps morts. C'est pourquoi
le philosophe a dit: « Que ceux qui ne savent
pas tuer et ressusciter abandonnent l'art » et
ailleurs: « Ceux qui savent tuer et ressusciter
profiteront dans notre science. Celui-là sera le
Prince de l'Art qui saura faire ces deux choses.
» Un autre philosophe a dit: « Notre Terre
sèche ne portera aucun fruit, si elle n'est profondément

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imbibée de son Eau de pluie. Notre
Terre sèche a une grande soif, lorsqu'elle a
commencé à boire, elle boit jusqu'à la lie. » Un
autre a dit: « Notre Terre boit l'eau fécondante
qu'elle attendait, elle étanche sa soif, puis
elle produit des centaines de fruits. » On trouve
bien d'autres passages semblables dans les
livres des philosophes, mais ils sont sous forme
de parabole, pour que les méchants ne puissent
les entendre. Par la grâce de Dieu, tu possèdes
maintenant notre Terre blanche foliée toute
prête à subir la fermentation, qui lui donnera
le souffle. Aussi le Philosophes a dit: « Blanchissez
la terre noire avant de lui adjoindre le
ferment. » Un autre a dit: « Semez votre or
dans la Terre foliée blanche... et elle vous donnera
du fruit au centuple. Gloire à Dieu. Amen.
Passons à la troisième opération qui est la fermentation de la Terre blanche. Il nous faut
animer le corps mort et le ressusciter, pour
multiplier sa puissance à l'infini, et le faire
passer à l'état de l'Elixir parfait blanc qui change
le Mercure en Lune parfaite et véritable. Remarque
que le ferment ne peut pénétrer le
corps mort que par l'intermédiaire de l'eau qui
fait le mariage et sert de lien entre la terre

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blanche et le ferment. C'est pourquoi dans
toute fermentation, il faut noter le poids de
chaque chose. Si donc tu veux mettre fermenter
la Terre foliée blanche pour la changer en
élixir blanc renfermant un excès de teinture,
il te faut prendre trois parties de Terre blanche
ou Corps mort folié, deux parties de l'Eau-de-
vie que tu as mise en réserve et une partie et
demie de ferment. Prépare le ferment de telle
sorte qu'il soit réduit en une chaux blanche
ténue et fixe si tu veux faire l'élixir blanc. Si
tu veux faire l'élixir rouge, sers-toi de chaux
d'or très jaune, préparée selon l'art. Il n'y a
pas d'autres ferments que ceux-là. Le ferment
de l'argent est l'argent, le ferment de l'or est
l'or, ne cherche donc pas ailleurs. La raison
en est que ces deux corps sont lumineux, ils
renferment des rayons éclatants qui communiquent
aux autres corps la vraie rougeur et blancheur.
Ils sont d'une nature semblable à celle
du Soufre le plus pur de la matière, de l'espèce
des pierres. Extrais donc chaque espèce de
son espèce, chaque genre de son genre. L'oeuvre
au blanc a pour but de blanchir, l'oeuvre
au rouge de rougir. Ne mêle pas surtout les
deux OEuvres, sinon tu ne feras rien de bon.

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Tous les Philosophes disent que notre Pierre se compose de trois choses: le corps, l'esprit
et l'âme. Or, la terre blanche foliée c'est
le corps, le ferment c'est l'âme qui lui donne
la vie, l'eau intermédiaire c'est l'esprit. Réunis
ces trois choses en une par le mariage, en les
broyant bien sur une pierre propre, de façon
à les unir dans leurs plus infinies particules, à
en former un chaos confus. Quand tu auras
fait un seul corps du tout, tu le mettras doucement
dans une fiole spéciale, que tu placeras
sur son lit chaud, pour que le mélange se coagule,
se fixe et devienne blanc. Tu prendras
cette pierre blanche bénite, tu la broieras subtilement
sur une pierre bien propre, tu l'imbiberas
avec un tiers de son poids d'eau pour
abaisser sa soif. Tu la remettras ensuite dans
la fiole claire et propre sur son lit tiède et
chaud pour qu'elle commence à suer, à rendre
son eau et finalement tu laisseras ses entrailles
se dessécher. Recommence plusieurs fois jusqu'à
ce que tu aie préparé par ce procédé notre
très excellente Pierre blanche, fixe, qui pénètre
les plus petites parties des corps très rapidement,
coulant comme l'eau fixe quand on la
met sur le feu, changeant les corps imparfaits

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