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Réfer. : PH0300
Auteur : Bergerac, Cyrano de.
Titre : Histoire comique des Etats et empires...
S/titre : de la Lune et du Soleil.

Editeur : Jean Jacques Pauvert. Paris.
Date éd. : 1962 .
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**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****



Cyrano de Bergerac
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Cyrano de Bergerac, d'après une édition de ses Oeuvres.

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Cyrano de Bergerac



Histoire comique des Etat et Empire de la Lune et du Soleil





à Paris
Chez Jean-Jacques Pauvert
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(C) J. J. Pauvert et Club des Libraires de France, 1962

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Les Etat et Empire de la Lune et du Soleil texte établi et présenté par Claude Mettra et Jean Suyeux suivi d'une postface, d'un dictionnaire des personnages de tableaux chronologiques et de notes, illustré de gravures empruntées aux ouvrages scientifiques du temps
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PREFACE
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On pourrait s'étonner que les pensées profondes se trouvent dans les écrits des poètes plutôt que des
philosophes. La raison en est que les poètes écrivent
par les moyens de l'enthousiasme et de la force de
l'imagination : il y a en nous des semences de
science, comme dans le silex, que les philosophes
tirent au jour par les moyens de la raison et que
les poètes, par les moyens de l'imagination, font
jaillir et mieux briller. René Descartes
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De la vie de Cyrano, l'histoire ne nous livre rien ou presque rien. Quelques dates, quelques exploits,
puis la légende qui engloutit sous d'improbables
masques les saisons obscures d'une existence précocement
achevée. Entre la légende et l'oeuvre, s'ébauche
tout de suite un malentendu : quoi de
commun entre le gentilhomme au coeur ardent et
à l'arme prompte qui depuis plus d'un demi-siècle
symbolise au théâtre les vertus d'une race ancienne
et ce prophète, nourri de toutes les philosophies,
qui, à travers L'Autre Monde découvre à ses contemporains
aveugles tous les chemins de l'Invention.
Ce malentendu commence avec son enfance. Il naît
à Paris en 1619, dans cette rue Dussoubs que la
construction des Halles au XIXe siècle n'a pas éventrée,
dans une famille qui avait produit beaucoup
de « personnes recommandables dans la robe et dans
l'épée ». Sept enfants, une fortune modeste dont
les années n'amélioreront pas les entreprises, un
père âgé assez peu soucieux de l'éducation des siens,
des déménagements fréquents : rien pour inspirer

XIII
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à Savinien de Cyrano un goût particulier pour les
traditions familiales, rien non plus pour l'attacher
à un foyer apparemment mal cimenté.
Très jeune il a connu les ruelles de la capitale et les bateleurs du Pont-Neuf. Un peu plus tard, le
voici à la campagne, dans le fief de Bergerac à
quelques kilomètres de Chevreuse, sur les bords de
l'Yvette. Là, son père le place en pension chez un
curé de campagne qui accroît ses revenus en donnant
quelques rudiments d'instruction à de jeunes
enfants. Le curé est sans tendresse et Cyrano sans
soumission. Cyrano apprend à recevoir les coups,
mais ce n'est que pour endurcir sa volonté. Le temps
de les rendre viendra vite. Le latin que lui enseigne
le vieux prêtre n'est sans doute pas si mauvais
puisque, vers sa treizième année, son père, las des
disputes continuelles entre le maître et son élève, le
fait entrer au collège de Beauvais pour y poursuivre
ses humanités.
L'homme qui préside aux destinées du collège, c'est le savant Jean Grangier : il sait tout, dispute
de tout, se querelle avec la Sorbonne, avec ses régents
et avec ses élèves. Son avarice est proverbiale,
mais proverbiale aussi la fécondité de ses amours
ancillaires. Il a pour assurer l'ordre dans sa maison
ses piliers de classe et ses exécuteurs de justice latine
qui manient le fouet avec sûreté et dont Cyrano,
naturellement rebelle, doit éprouver maintes fois les
rigueurs. Il s'en vengera, dès sa sortie du collège, en
écrivant le Pédant joué dont Molière gardera le
souvenir en écrivant Les fourberies de Scapin. Mais
quelles qu'aient été les voies pédagogiques parfois
bizarres suivies par Grangier, il est certain que
Cyrano acquiert au collège de Beauvais une solide
culture humaniste où les poètes lyriques et les philosophes
anciens tenaient une large place. Et si déjà
dans les ruelles du Quartier Latin, il est connu pour

XIV
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son indiscipline et son humeur batailleuse, il l'est
aussi pour la vigueur de son esprit et la curiosité de
son intelligence.
Vers 1637, il a achevé ses humanités. Tant d'années passées sous la férule universitaire appellent
une compensation et, comme rien ne retient Cyrano
dans l'humble logement du Faubourg Saint-Jacques
auquel les incertitudes du sort ont condamné sa
famille, il se livre tout entier à Paris, à ses rues et
selon le terme d'un de ses proches « à ses verrues ».
Il boit, fréquente assidûment la rue Glatigny dite
Val d'amour, à cause des dames qui y marchandent
le plaisir, joue, parcourt la ville endormie pour y
faire peur aux bourgeois ou falsifier les enseignes,
provoque le guet, fait des dettes et se lie à cette
bohème littéraire qui, autour de Tristan l'Hermite
et de Saint-Amant, cultive le souvenir de Théophile
et de son lyrisme impie. En même temps pourtant,
il n'abandonne ni ses amis ni ses études. Son camarade
d'enfance, celui qui restera jusqu'au bout le
compagnon sans défaillance de ses gloires et de sa
misère, Henri Le Bret, est là pour lui servir de
bonne conscience, pour recoudre les liens souvent
brisés entre son père et lui et pour lui prêter asile
quand l'aurore le trouve sans logis et sans fonds.
Et s'il néglige de suivre régulièrement les cours de
l'Université et de se limiter à un domaine particulier
du savoir, c'est qu'il souhaite trouver lui-
même son bien là où il le pressent. Il semble à cette
époque s'être livré à d'immenses lectures, à une sorte
de défrichement totalement anarchique de tout ce
que la culture et aussi la mode du siècle offrait à son
avidité.
Vint un jour où le visage de ses compagnons de débauche lui apparut sans charmes, où les ténèbres
enfumées des tavernes de Sainte-Geneviève lui semblèrent
porter plus de tristesse que de dépaysement.

XV
............................................................





L'Autre
Monde
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I. Les Etats et Empires de la Lune
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La lune était en son plein, le ciel était découvert, et neuf heures du soir étaient sonnées, lorsque,
revenant de Clamart près Paris, où Monsieur de
Cuigy le fils, qui en est seigneur, nous avait régalés
plusieurs de mes amis et moi, les diverses pensées
que nous donna cette boule de safran nous défrayèrent
sur le chemin, de sorte que les yeux noyés
dans ce grand astre, tantôt l'un le prenait pour une
lucarne du ciel par où l'on entrevoyait la gloire des
bienheureux, tantôt un autre assurait que c'était la
platine " où Diane dresse les rabats d'Apollon ; un
autre, que ce pouvait bien être le soleil lui-même,
qui s'étant au soir dépouillé de ses rayons, regardait
par un trou ce qu'on faisait au monde quand
il n'y était pas. « Et moi, leur dis-je, qui souhaite
mêler mes enthousiasmes aux vôtres, je crois sans
m'amuser aux imaginations pointues dont vous
chatouillez le temps pour le faire marcher plus vite,
que la lune est un monde comme celui-ci, à qui le
nôtre sert de lune. » Quelques-uns de la compagnie
me régalèrent d'un grand éclat de rire. « Ainsi peut-

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être, leur dis-je, se moque-t-on maintenant dans
la lune, de quelque autre, qui soutient que ce
globe-ci est un monde. » Mais j'eus beau leur
alléguer que Pythagore, Epicure, Démocrite et,
de notre âge, Copernic et Képler, avaient été de
cette opinion, je ne les obligeai qu'à rire de
plus belle.
L'invitation Cette pensée cependant, dont la hardiesse biaisait
au voyage à mon humeur, affermie par la contradiction, se
plongea si profondément chez moi, que, pendant
tout le reste du chemin, je demeurai gros de mille
définitions de lune, dont je ne pouvais accoucher :
de sorte qu'à force d'appuyer cette croyance burlesque
par des raisonnements presque sérieux, il s'en
fallait peu que je n'y déférasse déjà, quand le
miracle ou l'accident, la Providence, la Fortune, ou
peut-être ce qu'on nommera vision, fiction, chimère,
ou folie si on veut, me fournit l'occasion qui m'engagea
à ce discours.
Etant arrivé chez moi, je montai dans mon
cabinet, où je trouvai sur la table un livre ouvert
que je n'y avais point mis. C'était celui de Cardan ;
et quoique je n'eusse pas dessein d'y lire, je tombai
de la vue, comme par force, justement sur une
histoire de ce philosophe. Il dit, qu'étudiant un soir
à la chandelle, il aperçut entrer, à travers les portes
fermées, deux grands vieillards, lesquels après beaucoup
d'interrogations qu'il leur fit, répondirent
qu'ils étaient habitants de la lune, et disparurent *.
Je demeurai si surpris, tant de voir un livre qui
s'était apporté là tout seul, que du temps et de la
feuille où il s'était rencontré ouvert, que je pris
toute cette enchaînure d'incidents pour une inspiration
de faire connaître aux hommes que la lune est
un monde. « Quoi ! disais-je en moi-même, après
avoir tout aujourd'hui parlé d'une chose, un livre
qui peut-être est le seul au monde où cette matière
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se traite si particulièrement, voler de ma bibliothèque
sur ma table, devenir capable de raison,
pour s'ouvrir justement à l'endroit d'une aventure
si merveilleuse ; entraîner mes yeux dessus, comme
par force, et fournir ensuite à ma fantaisie les
réflexions, et à ma volonté les desseins que je fais.
-- Sans doute, continuais-je, les deux vieillards qui
apparurent à ce grand homme, sont ceux-là mêmes
qui ont dérangé mon livre, et qui l'ont ouvert sur
cette page, pour s'épargner la peine de me faire la
harangue qu'ils ont faite à Cardan. -- Mais,
ajoutais-je, je ne saurais m'éclaircir de ce doute, si
je ne monte jusque-là ? -- Et pourquoi non ? me
répondais-je aussitôt. Prométhée fut bien autrefois
au ciel dérober du feu. »
A ces boutades succéda l'espérance de faire réussir
un si beau voyage. Je m'enfermai, pour en venir à
bout, dans une maison de campagne assez écartée,
où après avoir flatté mes rêveries de quelques
moyens proportionnés à mon sujet, voici comme
je me donnai au ciel.
Je m'étais attaché tout autour de moi quantité La rosée
de fioles pleines de rosée*, sur lesquelles le soleil aérienne
dardait ses rayons si violemment, que la chaleur
qui les attirait, comme elle fait les plus grosses
nuées, m'éleva si haut, qu'enfin je me trouvai au-
dessus de la moyenne région. Mais comme cette
attraction me faisait monter avec trop de rapidité,
et qu'au lieu de m'approcher de la lune, comme je
prétendais, elle me paraissait plus éloignée qu'à
mon partement, je cassai plusieurs de mes fioles,
jusqu'à ce que je sentis que ma pesanteur surmontait
l'attraction, et que je redescendais vers la terre*.
Mon opinion ne fut point fausse, car j'y retombai
quelque temps après, et à compter l'heure que j'en
étais parti, il devait être minuit. Cependant je
reconnus que le soleil était alors au plus haut de
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l'horizon, et qu'il était là midi. Je vous laisse à
penser combien je fus étonné : certes je le fus de si
bonne sorte, que ne sachant à quoi attribuer ce
miracle, j'eus l'insolence de m'imaginer qu'en
faveur de ma hardiesse, Dieu avait encore une fois
recloué le soleil aux cieux, afin d'éclairer une si
généreuse entreprise.
La Nouvelle Ce qui accrut mon étonnement, ce fut de ne point
France connaître le pays où j'étais, vu qu'il me semblait
qu'étant monté droit, je devais être descendu au
même lieu d'où j'étais parti. Equipé pourtant
comme j'étais, je m'acheminai vers une espèce de
chaumière, où j'aperçus de la fumée ; et j'en étais
à peine à une portée de pistolet, que je me vis
entouré d'un grand nombre d'hommes tout nus. Ils
parurent fort surpris de ma rencontre, car j'étais le
premier, à ce que je pense, qu'ils eussent jamais vu
habillé de bouteilles. Et pour renverser encore toutes
les interprétations qu'ils auraient pu donner à cet
équipage, ils voyaient qu'en marchant je ne touchais
presque point à la terre. Aussi ne savaient-ils
pas qu'au moindre branle que je donnais à mon
corps, l'ardeur des rayons de midi me soulevait avec
ma rosée, et sans que mes fioles n'étaient plus en
assez grand nombre, j'eusse été possible à leur vue
enlevé dans les airs. Je les voulus aborder ; mais
comme si la frayeur les eût changés en oiseaux, un
moment les vit perdre dans la forêt prochaine.
J'en attrapai un toutefois, dont les jambes sans
doute avaient trahi le coeur. Je lui demandai avec
bien de la peine (car j'étais tout essoufflé), combien
l'on comptait de là à Paris, et depuis quand en
France le monde allait tout nu, et pourquoi ils me
fuyaient avec tant d'épouvante. Cet homme à qui
je parlais était un vieillard olivâtre, qui d'abord se
jeta à mes genoux ; et joignant les mains en haut
derrière la tête, ouvrit la bouche et ferma les yeux.
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Il marmotta longtemps entre ses dents, mais je ne
discernai point qu'il articulât rien : de façon que
je pris son langage pour le gazouillement enroué
d'un muet.
A quelque temps de là, je vis arriver une compagnie de soldats tambour battant, et j'en remarquai
deux se séparer du gros pour me reconnaître. Quand
ils furent assez proches pour être entendus, je leur
demandai où j'étais. « Vous êtes en France, me
répondirent-ils ; mais quel diable vous a mis en cet
état ? et d'où vient que nous ne vous connaissons
point ? Est-ce que les vaisseaux sont arrivés ? En
allez-vous donner avis à monsieur le gouverneur ?
et pourquoi avez-vous divisé votre eau-de-vie en
tant de bouteilles ? » A tout cela je leur repartis,
que le diable ne m'avait point mis en cet état ;
qu'ils ne me connaissaient pas, à cause qu'ils ne
pouvaient pas connaître tous les hommes ; que je
ne savais point que la Seine portât des navires à
Paris ; que je n'avais point d'avis à donner à Monsieur
le maréchal de L'Hôpital ; et que je n'étais
point chargé d'eau-de-vie. « Ho, ho, me dirent-ils,
me prenant par le bras, vous faites le gaillard ?
Monsieur le gouverneur vous connaîtra bien, lui ! »
Ils me menèrent vers leur gros, où j'appris que
j'étais véritablement en France, mais en la Nouvelle
de sorte qu'à quelque temps de là je fus
présenté au vice-roi. Il me demanda mon pays, mon
nom et ma qualité ; et après que je l'eus satisfait,
lui contant l'agréable succès de mon voyage, soit
qu'il le crût, soit qu'il feignît de le croire, il eut
la bonté de me faire donner une chambre dans son
appartement. Mon bonheur fut grand de rencontrer
un homme capable de hautes opinions, et
qui ne s'étonna point, quand je lui dis qu'il fallait
que la terre eût tourné pendant mon élévation puisque
ayant commencé de monter à deux lieues de

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Paris, j'étais tombé par une ligne quasi perpendiculaire
en Canada.
Et pourtant Le soir, comme je m'allais coucher, il entra dans
elle tourne... ma chambre, et me dit : « Je ne serais pas venu
interrompre votre repos, si je n'avais cru qu'une
personne qui a pu trouver le secret de faire tant de
chemin en un demi-jour, n'ait pas eu aussi celui de
ne se point lasser. Mais vous ne savez pas, ajouta-
t-il, la plaisante querelle que je viens d'avoir pour
vous avec nos Pères ? Ils veulent absolument que
vous soyez magicien ; et la plus grande grâce que
vous puissiez obtenir d'eux, est de ne passer que
pour imposteur. Et en effet, ce mouvement que
vous attribuez à la terre est un paradoxe assez
délicat ; et pour moi je vous dirai franchement, que
ce qui fait que je ne suis pas de votre opinion, c'est
qu'encore qu'hier vous soyez parti de Paris, vous
pouvez être arrivé aujourd'hui en cette contrée,
sans que la terre ait tourné ; car le soleil vous ayant
enlevé par le moyen de vos bouteilles, ne doit-il
pas vous avoir amené ici, puisque selon Ptolémée,
et les philosophes modernes, il chemine du biais que
vous faites marcher la terre ? Et puis quelle grande
vraisemblance avez-vous pour vous figurer que le
soleil soit immobile, quand nous le voyons marcher
? et quelle apparence que la terre tourne avec
tant de rapidité, quand nous la sentons ferme dessous
nous ? -- Monsieur, lui répliquai-je, voici les
raisons à peu près qui nous obligent à le préjuger.
Le soleil Premièrement, il est du sens commun de croire
et que le soleil a pris place au centre de l'univers,
l'univers puisque tous les corps qui sont dans la nature ont
besoin de ce feu radical, qui habite au coeur du
royaume pour être en état de satisfaire promptement
à la nécessité de chaque partie, et que la cause
des générations soit placée au milieu de tous les
corps, pour y agir également et plus aisément : de
16
+@

pict

**** A T T E N T I O N ****

Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.
**** A T T E N T I O N ****



Tableau chronologique
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VIE POLITIQUE, RELI- VIE SCIENTIFIQUE
GIEUSE ET SOCIALE

1619 Vanini est brûlé à Toulouse Képler : Harmoniae Mundi.
pour hérésie.

1620 Le Suisse Burgi invente les
tables de logarithmes.

1621 Création de la Compagnie des
Indes Occidentales.

1623 Naissance de Pascal.

1624 Entrée de Richelieu au Con-
seil du Roi.

1625 Création par saint Vincent de
Paul de l'ordre de la Mission.

1626 Création à Paris du Jardin des
Plantes.

1627 Fondation de la Compagnie du
Saint-Sacrement.

1628 Harvey découvre la grande
circulation du sang.
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ARTS ET SPECTACLES VIE DES LETTRES

Rubens : Les filles de Leu- Naissance de Cyrano de Ber-
cippe. gerac.

Francis Bacon : Novum Orga-
num.

Naissance de Molière. Oeuvres de Théophile de Viau.
Naissance de La Fontaine.

Alexandre Hardy : Théagène Charles Sorel: Histoire co-
et Chariclée. mique de Francion. Théophile
de Viau : Elégies et sonnets.

Vélasquez : Les buveurs Lettres de Guez de Balzac.
Gassendi : Contre Aristote.

Bergeries de Racan.


Mort de Théophile de Viau.


4e et 5e parties de l'Astrée
d'Honoré d'Urfé.

Tyr et Sidon : tragi-comédie Descartes en Hollande.
de Jean de Shelandre. Saint François de Sales : En-
tretiens spirituels.
@

VIE POLITIQUE, RELI- VIE SCIENTIFIQUE
GIEUSE ET SOCIALE

1629 Edit d'Alès mettant fin à la Galilée : Les lois du mouve-
lutte contre les protestants. ment des astres.

1630 Hiver de famine en France. Mort de Képler.


1631


1632 Galilée : Dialogues sur les
deux plus grands systèmes
du monde.


1633 Bataille de Lutzen. Mort de Deuxième procès de Galilée.
Gustave-Adolphe.

1634

1635 Guerre franco-espagnole. Les Création de l'Academia Pari-
Français s'installent à la Gua- siensis, première ébauche d'une
deloupe. Académie des Sciences.

1636 Fondation de l'Université Mersenne propose sa théorie
Harvard. des animaux machines. Gali-
lée : Discours sur la science
nouvelle.
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ARTS ET SPECTACLES VIE DES LETTRES

Mélite, de Corneille.



: Quatre
dialogues.


Théophraste Renaudot fonde
la Gazette.


Rembrandt : La leçon d'ana-
tomie.
Publication des chansons gri-
voises de Gaultier-Garguille.

Traduction française des Son-
ges de Quevedo-Saint-Amand :
Paris ridicule.


Première réunion de l'Acadé-
mie française.

Médée, de Corneille.



Le Cid, de Corneille. Naissance de Boileau.
@

VIE POLITIQUE, RELI- VIE SCIENTIFIQUE
GIEUSE ET SOCIALE

1637 Les premiers esclaves africains
arrivent en Amérique du
Nord. Soulèvements paysans
en Gascogne et en Périgord.

1638

1639

1640 Les jésuites interdisent l'en- Pascal : Essai sur les Coniques.
seignement du cartésianisme
dans leurs collèges.

1641

1642 Mort de Richelieu. Fondation Naissance de Newton. Mort de
de Montréal. Galilée. Pascal : Invention de
la machine à calculer.

1643 Mort de Louis XIII. Régence
d'Anne d'Autriche. Mazarin
dirige les affaires de l'Etat.
Rocroi.

1644 Toricelli : Invention du baro-
mètre. Mersenne : Théorie du
télescope.
@

ARTS ET SPECTACLES VIE DES LETTRES

Création à Venise du premier Descartes : Discours de la mé-
théâtre lyrique permanent. thode.
Marianne, de Tristan L'Her-
mite.

Tristan L'Hermite : Le pro-
menoir des deux amants.

Naissance de Racine. Cyrano blessé à Mouzon,
Champagne.


Corneille : Horace. Cyrano blessé au siège d'Arras.



Polyeucte, de Corneille. Mlle de Scudéry : Ibrahim ou
l'illustre Bassa. Descartes : Mé-
ditations métaphysiques.

La Mothe Le Vayer : De la
vertu des païens.


Fondation par Molière de Tristan L'Hermite : Le page
l'Illustre Théâtre. disgracié.



Milton : Aeropagitica.
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VIE POLITIQUE, RELI- VIE SCIENTIFIQUE
GIEUSE ET SOCIALE


1645

1646 Naissance de Leibnitz

1647 Naissance de Denis Papin

1648 Traité de Westphalie. La Expériences de Pascal au Puy
Fronde. Exécution de Charles de Dôme.
Ter d'Angleterre.

1649 Siège de Paris par le roi.

1650

1651 Alliance du Parlement de Invention de la machine pneu-
Paris et des princes. Exil de matique.
Mazarin.

1652 Louis XIV reprend Paris.

1653 Rentrée de Mazarin à Paris.

1654 Ruine de l'empire hollandais
au Brésil.

1655 Les Anglais à la Jamaïque.
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ARTS ET SPECTACLES VIE DES LETTRES

Mlle de Scudéry : Le Grand
Cyrus.

Rotrou : Saint Genest. Traduction française de La vie
est un songe, de Calderon.

Le Nain : Portrait dans un
intérieur.

Philippe de Champaigne : La Cyrano écrit : L'Autre Monde.
Mère Angélique.

Cyrano : Le Ministre d'Etat
flambé.

Mort de Descartes.

Scarron : Le roman comique.
Cyrano : Lettre contre les
frondeurs.

Cyrano entre au service du duc
d'Arpajon.

Molière : L'Etourdi. Saint-Amant : Moïse sauvé.
Dassoucy : Poésies et lettres.

Guinault : Renaud et Armide. Mort de Guez de Balzac.


Mort de Cyrano de Bergerac.
@

Indications bibliographiques





La seule édition critique des oeuvres de Cyrano de Bergerac est celle de Frédéric Lachèvre, publiée en deux volumes d'abord
par les Editions Champion en 1921, puis par les Editions Garnier
en 1933. Cette édition est précédée d'une notice bio-bibliographique
intéressante, malgré le parti pris évident de Frédéric
Lachèvre de ne voir en Cyrano de Bergerac que le fruit fantaisiste
d'un libertinage impie.
Le libertinage érudit dans la première moitié du XVIIe siècle,
de René Pintard, est un ouvrage fondamental pour qui veut
connaître le courant intellectuel dans lequel s'insère l'oeuvre de
Cyrano. Cette oeuvre a été présentée de deux manières très différentes,
suivant que l'on veut la considérer comme un prolongement
de la quête spirituelle de la Renaissance, et c'est
l'objet de la remarquable étude de Luciano Erba : La magie
dans l'oeuvre de Cyrano de Bergerac, Milan, 1959, ou comme
une préfiguration du matérialisme encyclopédique : c'est la thèse
que défend H. Weber dans sa préface de L'Autre Monde, Paris,
Editions sociales, 1960.
On consultera avec profit la thèse de P.A. Brun : Savinien
de Cyrano de Bergerac, Paris, 1893, l'article de P. Juppont :
« L'oeuvre scientifique de Cyrano de Bergerac », Mémoires de
l'Académie des Sciences de Toulouse, 1907, ainsi que l'ouvrage
de Jules Duhem : Histoire des idées aéronautiques avant Montgolfier,
Paris, 1943.

353
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Sur la contribution de Cyrano de Bergerac à la science-fiction, il faut souligner l'intérêt de l'ouvrage de Jean-Jacques
Bridenne : La littérature française d'imagination scientifique,
Paris, 1950, et du même auteur : Cyrano de Bergerac et la
science aéronautique, Revue des Sciences humaines, 1954.

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Tables
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Table des illustrations






EN COULEURS :
Couverture et page 127 : Astronome, gravure
extraite de la Sélénographie de Hevelius,
1647, exemplaire mis en couleurs
pour être offert à Louis XIV. Bibliothèque
Nationale, cliché B. N.

En dépliant : Carte de la lune, extraite
de la Sélénographie. Cliché B. N.

EN NOIR

Frontispice : Portrait de Cyrano de Bergerac,
d'après une édition de ses Oeuvres.

Les rayons lunaires reçus en chambre noire,
d'après Hevelius. XVI

Un oeuf plein de rosée attiré par le soleil.
Robert Fludd : Utriusque cosmi historia,
1617. 16

Machine volante, gravure du XVIIe siècle. 20

Fusées, gravure de la Pyrotechnie de Hanzelet.
22

La machine à fusées, gravure des Oeuvres
de Cyrano de Bergerac. 26
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Le Paradis terrestre. A. Kircher : Arca
Noë, 1675. 28

Le parachute de Fausto Veranzio : Machinae
novae, 1615. 32

L'arche de Noé. A. Kircher : Arca Noë. 37

Colombe magnétique. A. Kircher : Magnes,
sive de artu magnetica, 1641. 44

Machine à nettoyer les volcans. A. Kircher :
Mundus subterraneus, 1664. 48

Cyrano et le démon de Socrate, gravure
d'une édition des Oeuvres. 52

Frontiscipe et page de titre du livre de
Godwin : The man in the moon, 1638. 60

Ville roulante. Schweighard : Speculum
sophicum rodo-stauroticum, 1618. 96

Une page du manuscrit de Cyrano de Bergerac.
98

Horloge hydraulique. Salomon de Caus :
Raisons des forces mouvantes, 1615. 102

Lampes perpétuelles. Voyages, de B. de
Monconys, 1665. 104

Automate musical. A. Kircher : Musurgia
universalis, 1650. 108

Le feu central. A. Kircher : Mundus sub-
terraneus. 116

L'Etna. A. Kircher : Mundus subterraneus. 123

Cyrano de Bergerac, gravure d'une édition
de ses Oeuvres. 132

Les phases de la Lune. A. Kircher : Ars
magna lucis et umbrae, 1646. 142
@

Machine volante. François Lana : Terzi
prodromo, 1670. 158

L'icosaèdre, gravure d'une édition des
Oeuvres. 162

La création, d'après Robert Fludd. 170

Système cosmique, d'après Robert Fludd. 174

Le soleil. A. Kircher : Mundus subterraneus.
182

Costume de théâtre pour un divertissement
de la Cour, XVIIe siècle, Bibliothèque Nationale,
photo Giraudon. 186

Dessins de Berain pour le ballet de Circé,
1694, Archives nationales, document Archives
photographiques. 188

Gravure de la Bibliotheca chemicae curiosae,
de Manget, 1702. 192

Gravure extraite de Elementa chimiae, de
Barchusen, 1718. 194

Cyrano et l'autruche blanche, gravure
d'une édition des Oeuvres. 222

Les pôles. A. Kircher : Mundus subterraneus.
238




Les documents dont l'origine n'est pas indiquée ont
été photographiés à la Bibliothèque Nationale par
René-Jacques.

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Table des chapitres




Préface IX I. Les Etats et Empires de la Lune.
L'invitation au voyage, 12. La rosée aérienne, 13. La Nouvelle France 14. Et pourtant elle tourne..., 16. Le soleil et l'univers, 16, Les desseins de Dieu, 20. L'air infini, 20. Le mouvement du monde, 21. L'agonie de l'univers, 21. Le rêve de voler, 22. Le bonheur de voler, 24. De la terre à la lune, 24. Le paradis terrestre, 25. Les printemps éternels, 26. Histoire d'Elie, 28. L'ascension d'Enoch, 29. Le déluge, 30. La femme et la lune, 31, La révélation, 32. A la recherche de la parfaite philosophie, 32. L'ascension alchimique, 33. L'arbre de vie, 35. La jeunesse éternelle, 36. L'arbre de science, 36. La lune flamboyante, 37. L'ascension spirituelle, 3. L'arbre de savoir, 40. Les habitants de la lune, 41. Les divertissements du peuple, 42. Le démon de Socrate, 43, Magiciens et libertins, 44. Tristan L'Hermite, 45. La métempsychose, 46. Les mystères de la sensation, 47. Le langage musical, 48. Le langage musculaire, 49. La métamorphose, 50.Les fumées nourricières, 51. Des lits de fleurs, 53. Les comptes de
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Dieu, 55. Un petit Espagnol, 56. L'existence du
vide, 58.. Tout est en tout, 58, La plume et la robe,
59. La matière en mouvement, 61, Les partis pris
de la matière, 61. L'unité de la matière, 63. Les
atomes de feu, 64. Les bêtes du roi, 66. Disgrâce de
l'homme, 67. Les définitions de l'homme, 68. Les
théologiens dans la cité, 69. Comment guerroient les
Séléniens, 70. Les ennemis complémentaires, 72.
La perversion des femmes, 74. Les chemins du nominalisme,
75. Les vérités révélées, 77. Contre les
vieillards, 79. Le gouvernement de la jeunesse, 80,
L'irrespect dû aux parents, 81. Un état pire que la
mort. 84. Les voluptés interdites, 85. L'âme du
chou, 87. Les plantes intellectuelles, 89, Le physionome,
91. La cironalité universelle, 92, Les villes
mobiles, 95. La création du monde, 97. L'atomisme
universel, 98. Le miracle des dés, 99. L'usage des
sens, 101. Une émission de petits corps, 103. Les
lampes perpétuelles, 105. La connaissance secrète,
106. Les livres parlants, 107. La mort infamante,
108. Vampirisme et nécrophagie, 109. Eloge du
nez, 111. Noblesse phallique, 111. Le sexe et
l'épée, 112. L'âme immortelle, 113. Le pourceau et
l'évêque, 115, L'imagination salvatrice, 116. L'être
et son double, 118. Les âmes interverties, 120. Les
amusements de Dieu, 121. L'Antéchrist, 122. Retomber
au monde, 123.

2. Les Etats et Empires du Soleil.
Naissance d'une légende, 129. Lunaires, antilunaires,
131. Un commerce magique, 132. L'attirance
de la Bête, 135. L'obsession nocturne, 136.

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Un palais de chaleur et de lumière, 138. La mémoire du songe, 140. Les cernes de Belzébuth, 141. Le grand livre de la gueuserie, 143. Au centre de la mort, 145. Le prix de la liberté, 147. Archers et truands. 148. L'haleine des tyrans, 151. La fuite vers la prison, 153. Dans la gueule noire des serpents, 255. La machine à vide, 160, Les étages du ciel, 162. L'exaltation du feu, 164. La mécanique céleste, 166. L'invention du monde, 167. Comme un soleil mort, 168. Des îles suspendues, 169. La langue matrice, 170. La cuisson des mondes, 172. Tout est chemin pour les pieds légers, 175. L'homme invisible, 177. Suspendu dans le vague des cieux, 179. Les grandes plaines du Jour, 182. Le rameau d'or, 184. L'opéra alchimique, 186. Le génie du voyage, 189. Les métamorphoses de l'amour, 190. Etre oiseau, être fleur, être pierre, 192. Les enfants de la lumière, 193. L'imaginaire et son double, 195. L'enchanteur, 196. Histoire des oiseaux, 197. L'hermaphrodite, 199. Les oiseaux de la justice, 200. Le sucre et l'arsenic, 201. L'honneur d'être singe, 203. Le pain du roi, 205. Le gouvernement du bonheur, 207. La mort triste, 208. L'âme noire de la magie, 211. Les supplices solaires, 214. Mort il y a mille siècles, 216. Les mouches, 217. La répartition du corps, 218. Les arbres divins, 220. La Grèce prophétique, 222. Les saisons de l'amour, 225. Les arbres amants, 226. Les chemins de la passion, 228. Les amours errantes, 230. La fontaine dévorante, 231. Le bûcher de l'amour, 234. La purification du feu, 235. Les soupiraux du ciel, 237. Bêtes à feu, bêtes à glace, 239. Les souffles antagonistes, 242. La mort du feu, 244. Les philosophes du soleil, 246. L'âme du monde, 248. L'être et le néant, 249. Les eaux du soleil, 252. Les cinq ruisseaux de la sensation, 252. La Mémoire, 256. L'Imagination, 257. Le Jugement, 258. La mort
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réparatrice, 258. La mort philosophique, 259. Les
stigmates du bien et du mal, 261. La nuit des
condors, 262.Le pays des Amants, 265. Une maison
de plaisance, 267. La connaissance secrète, 271.

Annexes
L'homme et l'espace 275

Notes 279

Cyrano de Bergerac : L'homme et son
siècle 307

Dictionnaire des personnages 311

Tableau chronologique 343

Indications bibliographiques 353

Table des illustrations 357
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Achevé d'imprimer le 15 janvier 1962 sur les
presses de l'Imprimerie Savernoise, à Saverne, pour
le texte, et de l'Imprimerie Moderne du Lion, à
Paris, pour les illustrations, pour le compte de
Jean-Jacques Pauvert, éditeur à Paris.



















N° d'éditeur : 301.
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