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Réfer. : HS1900
Auteur : Read John.
Titre : De l'Alchimie à la Chimie.
S/titre : Through Alchemy to Chemistry.

Editeur : Arthème Fayard. Paris.
Date éd. : 1959 .


**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****
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DE L'ALCHIMIE A LA CHIMIE
PAR JOHN READ Traduit de l'anglais par Jacques Brécard

*
De la pierre philosophale au nobelium : ainsi pourrait être
aussi intitulé ce pittoresque
défilé de savants, de laboratoires
et de travaux, qui émerge de
la plus haute antiquité pour
aboutir à la seconde moitié du
XXe siècle. On se passionnera
à lire cette histoire, qui commence
dans l'antre mystérieux de
l'alchimiste et débouche sur l'immense
horizon de la chimie moderne,
des plastiques et des
transuraniens. L'auteur de cet ouvrage
est considéré comme "l'un
des savants les plus universels
de notre temps, car il est aussi
célèbre pour son oeuvre littéraire
que par ses recherches en
chimie". En 1949, son Introduction


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5e Edition Prix : 1.750 francs + T. L.
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D E L'A L C H I M I E A LA C H I M I E
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JOHN READ MEMBRE DE LA ROYAL SOCIETY
D E L'A L C H I M I E A LA C H I M I E
(THROUGH ALCHEMY TO CHEMISTRY
TRADUIT DE L'ANGLAIS PAR JACQUES BRECARD

Moult plaist à Dieu, procession S'elle est faicte en dévotion
NICOLAS FLAMEL 1413



LIBRAIRIE ARTHEME FAYARD 18 RUE DU SAINT-GOTHARD PARIS XIV
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Arthème Fayard, 18, rue du Saint-Gothard, faites-nous connaître votre nom
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(C) Librairie Arthème Fayard, 1959
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Aux nombreux collaborateurs amis qui ont travaillé, pensé et peiné avec moi en divers pays et sous maint climat.
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PREFACE
James Clerk Maxwell, un des plus grands physiciens du XIXe siècle, a écrit : « En matière de science, les
études ne deviennent supportables qu'à partir du
moment où l'on s'intéresse aux grands chercheurs et
à leur vie; mais c'est lorsqu'on commence à déceler
le processus du développement des idées que la recherche
scientifique devient vraiment passionnante. » Quelque
deux ou trois siècles auparavant, un poète,
John Donne, avait écrit que « si l'on veut donner à un
mystère une signification universelle, il faut d'abord
le rendre compréhensible aux simples mortels ».
Tout au long de la rédaction du présent ouvrage, l'auteur n'a jamais cessé de garder présentes à l'esprit
ces deux affirmations. Il n'y a, semble-t-il, aucune
raison pour que l'alchimie, et sa fille la chimie, demeurent
un domaine mystérieux et inaccessible au grand
public. Elles devraient être, au contraire, à la portée
de tout adolescent ou adulte, instruit et doué d'une
intelligence normale, et non pas seulement l'apanage
du professeur de chimie et de ses élèves. Chacun doit

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DE L'ALCHIMIE A LA CHIMIE
en effet pouvoir suivre l'évolution des idées, des découvertes
et des théories essentielles qui ont déterminé les
progrès de cette grande branche de la science, depuis
les temps les plus reculés jusqu'à nos jours; à la condition
de préciser, bien entendu, qu'il faut prendre grand
soin de ne pas se perdre dans un monde de détails
techniques et de particularismes.
Le profane est trop souvent incapable de s'intéresser intelligemment à la chimie, parce qu'il se sent rebuté à
la vue de longues files d'équations et de pages couvertes
de formules ou de symboles hermétiques. Certes, il
s'agit là de procédés d'écriture indispensables pour les
manuels et les monographies spécialisées, car on y
entre dans des détails qui exigent la figuration de
symboles compliqués, selon la méthode de sténographie
chimique moderne. Mais ces formules impressionnantes
ne sont pas nécessaires lorsqu'on se borne
à brosser un large tableau des origines et du développement
de cette science. L'époque actuelle fait ressortir
un besoin criant de connaissances scientifiques
exposées de façon intelligible. Jamais plus qu'aujourd'hui,
en effet, les gens -- hommes ou femmes, jeunes
ou vieux -- n'ont eu besoin de savoir comment la
science est née, comment elle s'est développée et ce
qu'elle fait; il leur faut aussi comprendre les conséquences
générales des nouvelles découvertes, les possibilités
qu'elles offrent et les pouvoirs qu'elles confèrent.
La chimie, en particulier, est capable, lorsqu'on la présente sous une forme convenable, d'exercer un puissant
attrait sur l'intelligence et l'imagination. Pour
notre part, nous nous sommes proposé de montrer
qu'elle est, parmi les diverses sciences, la plus romanesque
de toutes. Dans son histoire aux péripéties
variées, qui s'étend à travers d'innombrables générations

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@

Préface
d'alchimistes et remonte jusqu'à un passé extrêmement
lointain, ses actuels chercheurs pourraient
puiser, s'ils savaient le découvrir, un héritage dont la
valeur humaine et humaniste est immense.
Le présent ouvrage constitue la suite d'une série consacrée au développement d'un thème central; les
trois précédents volumes étaient intitulés Prélude à la
Chimie (1936), L'Alchimiste dans la Vie, la Littérature
et l'Art (1947), enfin L'Humour et l'Humanisme en
Chimie (1947). Qu'il nous soit permis de rappeler ici
ce que nous affirmions dans ce dernier essai : « Si l'on
étudie convenablement la chimie, cette science historique
peut, sans difficulté, prendre rang parmi ce que
l'on appelle les humanités et exercer une grande
influence sur l'éducation et la culture des peuples.
Bien plus, le point de vue toujours plus spécialisé du
savant adonné à la recherche scientifique pourra se
trouver élargi, s'il sait aussi concentrer son intérêt sur
les aspects largement humanistes de la science. »
C'est dans le même esprit que nous nous sommes exprimé, en présidant une réunion de la section de
Chimie de la British Association en 1948; nous y affirmions,
entre autres, « qu'il ne devrait y avoir aucun
antagonisme entre les arts et la science, tant dans les
écoles qu'en dehors d'elles. Ces études sont complémentaires
».
Et nous ne saurions mieux préciser notre pensée qu'en citant l'admirable éditorial du Times du 11 Août 1956 : « Quand les savants d'aujourd'hui regardent en
arrière, ils n'y cherchent plus guère l'explication d'une
suite de révolutions, survenues dans tous les domaines
du savoir humain et tendant toutes à rompre avec le
passé; ils veulent bien plutôt y voir une évolution progressive
vers une vérité qu'ils ne parviennent jamais à

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.............................................................









I
LES ORIGINES
DE LA NATURE DES CHOSES
O N peut dire que l'histoire de la chimie, sous une
forme rudimentaire, se confond en quelque sorte avec celle de la civilisation. Aux tout premiers âges de
son évolution, l'homme, en tant qu'individu capable
d'observer et de réfléchir, a dû se faire une opinion, si
vague fût-elle, sur la nature du monde matériel qui
l'environnait. Il arpentait un sol ferme, pataugeait dans
les rivières, affrontait les vents, et bientôt il découvrit
comment faire du feu. Dès lors il prit conscience des
quatre éléments : la terre, l'air, le feu et l'eau, auxquels
s'ajoutèrent quantité d'autres espèces de matériaux
avec lesquels il entra peu à peu en contact. Il découvrit
que ceux-ci pouvaient servir à de nombreux usages,
soit à leur état naturel, soit après avoir subi divers
traitements. Il s'aperçut que le feu, tout d'abord considéré
avec une crainte superstitieuse, pouvait être
contrôlé et utilisé avantageusement pour deux raisons :

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DE L'ALCHIMIE A LA CHIMIE
il provoquait certains changements dans la
nature des choses matérielles et il constituait une
agréable source de chaleur.
On a souvent appelé l'homme un animal pensant. Il est également doué d'une insatiable curiosité. A
l'état primitif, son existence consista surtout à lutter
pour se procurer de la nourriture, s'abriter contre les
intempéries et se protéger des nombreux dangers qui
le menaçaient. Mais lorsque cette lutte pour la vie lui
laissa quelque répit, il s'efforça d'appliquer ses rudimentaires
capacités de raisonnement à définir le caractère
des choses et des phénomènes qu'il découvrait jour
après jour. Puis il rassembla ses observations pour y
mettre de l'ordre, et tenta de les classer dans un cadre
général pouvant leur convenir. Finalement, ses idées,
d'abord confuses, se développèrent au cours des âges
jusqu'à produire ce que nous considérons aujourd'hui
comme les théories primitives de l'humanité.
La plus ancienne intégration de cette sorte qui soit digne d'intérêt, dans les annales ancestrales de la
science, émane sans doute d'un mode de pensée primitif
fondé sur le contraste entre deux éléments opposés :
on l'a appelé la « Doctrine des Contraires ». Ainsi, il est
significatif qu'au premier chapitre de la Genèse, la
Bible nous décrive la transformation du chaos universel
en une création ordonnée, par la séparation des
opposites : le jour et la nuit, la lumière et l'obscurité,
l'eau et la terre. Bien plus, l'univers conçu par l'ancienne
religion de la Mésopotamie était soumis au contrôle
de Baal, Dieu Père, et d'Astaroth, Déesse Mère.
Baal, Dieu du Soleil, était un principe chaud, actif,
léger, immatériel et positif, cependant qu'Astaroth,
Déesse de la Lune, était froide, passive, lourde, matérielle
et négative. Osiris et Isis occupaient des situations

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@

Les origines
semblables dans la cosmologie et la religion
de l'Egypte ancienne.
La Doctrine des Contraires trouva beaucoup plus tard une expression plus raffinée dans la plus ancienne
des théories fondamentales de la science physique,
celle que l'on est convenu d'appeler la « Théorie des
Quatre Eléments ». Quoiqu'on l'ait souvent attribuée
au grand philosophe grec Aristote (350 av. J.-C.),
cette théorie date d'une époque beaucoup plus ancienne,
car on en a décelé les éléments essentiels en Egypte et
dans l'Inde plus de mille ans auparavant. En Extrême-
Orient, la conception chinoise des Cinq Eléments
(Wu-Hsing) lui est incontestablement apparentée;
elle était, en effet, basée de même sur la Doctrine des
Contraires et remonte, elle aussi, à la plus haute
antiquité.
La théorie d'Aristote reposait sur l'existence supposée de quatre propriétés ou qualités élémentaires.
Celles-ci formaient deux paires d'opposites : le chaud
et le froid, le sec et l'humide. En combinant ces paires,
comme le montre le diagramme de la figure 1, on obtient
les quatre corps simples fondamentaux communément
appelés les quatre éléments : la terre, l'air, le feu et

pict

FIG. 1. -- Les Quatre Qualités et les Quatre Eléments.
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DE L'ALCHIMIE A LA CHIMIE
l'eau. Tous les matériaux existant au monde étaient
considérés comme composés de ces éléments, associés
en proportions différentes selon les cas. D'autre part,
Aristote estimait que les quatre éléments étaient aussi
incorporés à une prima materia : celle-ci n'acquérait
une existence matérielle qu'à partir du moment où
elle pouvait permettre à un élément de passer dans
un autre, par un processus de transmutation.
Ainsi donc, planant derrière ces quatre éléments,
il y en avait un cinquième, indistinct et mal défini.
Aristote l'appela l'éther, l'élément des étoiles; les
Néo-Platoniciens l'appelèrent logos, autrement dit le
Verbe, Dieu, ou la Raison; quant aux philosophes du
Moyen Age, ils l'appelèrent la quinta essencia, c'est-à-
dire le cinquième être, ou quintessence, que l'on a parfois
confondu en alchimie avec la pierre philosophale.
La théorie aristotélicienne a dominé la pensée scientifique jusqu'à l'époque de Robert Boyle, au milieu
du XVIIe siècle. Elle présentait un intérêt particulièrement
important parce qu'elle impliquait la possibilité,
pour un élément, de se changer ou de se transmuer
en un autre. Pour donner un exemple de cette
conception, on remarquait que l'eau, élément froid
et humide, pouvait être transmuée, par l'action de
la chaleur, en air, élément chaud et humide, grâce au
remplacement de la qualité du froid par celle du chaud.
Exprimé en termes modernes. il va sans dire que ce
processus de la vaporisation est considéré comme
purement physique. L'eau solidifiée (glace), l'élément
liquide, l'eau gazeuse ou vaporisée (vapeur), sont les
différentes formes physiques d'une même substance,
et l'on ne saurait interpréter les changements qui surviennent
entre ses trois formes comme des transmutations
de matière.

16

..........................................................







II
L'APPARITION DE L'ALCHIMIE
NAISSANCE ET EXPANSION DE L'ALCHIMIE
QUAND, où et comment l'alchimie est-elle née?
On ne saurait le dire, mais son nom même semble indiquer que ses sources se situent en Egypte
et en Arabie; en effet Khem était jadis le nom de
l'Egypte, et al est l'article défini arabe. C'est pourquoi
l'Egypte -- ou Khem -- le pays au sol noir, la terre
biblique de Cham, a été souvent considérée comme
ayant donné naissance à l'alchimie, l' « art du pays
noir ». Il est certain que les Egyptiens de l'Antiquité
étaient maîtres en arts nombreux et variés, tels que la
teinture, la peinture sur verre, l'émaillage et la métallurgie,
et qu'ils ont ainsi acquis quelques notions rudimentaires
de chimie.
D'autre part, on a quelquefois supposé que l'alchimie était plutôt née en Orient, en Chaldée ou même en
Chine. Les Chaldéens étaient des astrologues remarquables,
et ils associaient le soleil, la lune et les planètes

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DE L'ALCHIMIE A LA CHIMIE
non seulement aux destinées humaines, mais aussi
aux métaux qu'ils connaissaient. En Extrême-Orient,
dans l'ancienne Chine, des notions d'alchimie ont
trouvé place dans le système religieux fort compréhensif
et dans la philosophie connus sous le nom de
Taoïsme. Beaucoup plus tard, au IIe siècle de notre
ère, Wei-Po-Yang, que l'on a appelé le « père de
l'alchimie chinoise », écrivit le premier ouvrage chinois
entièrement consacré à l'alchimie; il y décrivait la
préparation de la « Pilule d'Immortalité », équivalent
chinois de l'« Elixir de la Vie » de l'alchimie occidentale.
Ainsi donc, l'origine de l'alchimie est une question fort controversée; mais si l'on s'en tient aux preuves
que nous possédons, il semble qu'elle ait vu le jour
parmi les adroits artisans du Moyen-Orient, experts
en métallurgie; partie sans doute de Mésopotamie,
elle s'est répandue en Occident, atteignant l'Egypte
et la Grèce, ainsi qu'en Orient, par les grandes caravanes
qui se rendaient dans l'Inde et en Chine.
Au milieu de ce tissu fort embrouillé d'hypothèses concernant les origines de l'alchimie, nous savons
cependant qu'au VIe siècle avant Jésus-Christ il y eut
de grands échanges d'idées et de courants philosophiques,
provenant de Perse, de Syrie et de Grèce.
Le théâtre de ces échanges, portant surtout sur la
nature des choses, était l'antique cité de Harran, en
Syrie, dont le souvenir a depuis longtemps disparu.
Les artisans sabéens de Harran étaient experts en
métallurgie et en nombreuses autres techniques, qui
nécessitaient une grande connaissance des matériaux
constituant la base de la chimie primitive. Plus tard,
ces éléments et ces idées furent coordonnés en Egypte
hellénique où, dans les premiers siècles de l'ère chrétienne,
furent rédigés les plus anciens traités d'alchimie

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@

L'apparition de l'alchimie
parvenus jusqu'à nous; ceux-ci furent grandement
influencés par les philosophies néo-pythagoricienne
et néo-platonicienne.
Avec l'ascension, au VIIe siècle, de la puissance musulmane, qui absorba Alexandrie et les autres
centres de la culture grecque, l'ensemble des connaissances
et des idées, en matière d'alchimie, devint
l'apanage de l'Islam, tant en Syrie qu'en Perse. En
fait, l'alchimie avait une double fin; d'une part elle
était essentiellement pratique et intimement liée aux
arts, à l'artisanat et à la médecine; d'autre part,
c'était un confus agrégat de mysticisme mal défini et
d'expressions hermétiques. Tout au long de l'époque
médiévale, l'alchimie conserva ces deux principaux
aspects.
Voilà donc comment, jusqu'à la chute du califat, au XIIIe siècle, toutes ces idées philosophiques et cette
technologie scientifique primitive, provenant des
antiques civilisations du Proche-Orient, de la Perse,
de l'Inde et de la Grèce, se sont accumulées, puis ont
été héritées et développées par les alchimistes musulmans.
Dans le même temps, les ouvrages grecs suscitaient
l'enthousiasme et on les traduisait en arabe.
C'est seulement vers le XIIe siècle que toutes les connaissances
amassées par les alchimistes musulmans, qui
les avaient d'abord puisées à ces diverses sources puis
accrues par leurs propres travaux, ont commencé à
s'infiltrer en Europe occidentale, principalement par
l'Espagne et à la faveur des traductions latines des
textes arabes.
Dans une des plus anciennes parmi ces traductions, intitulée Liber de compositione alchemiae, c'est-à-dire :
Livre de la composition de l'Alchimie, le traducteur,
Robert de Chester, écrivit en 1144 : « Attendu que

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**** A T T E N T I O N ****

Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.
**** A T T E N T I O N ****






LEXIQUE
Nombreux sont les termes qui se trouvent expliqués dans le texte. D'autre part, on n'a pas jugé nécessaire d'inclure dans
cette liste des mots et noms peu usuels qui figurent dans les
dictionnaires ordinaires.

Air déphlogistiqué: oxygène.
Air fixe: gaz carbonique, à cause de sa présence (à l'état de
combinaison) dans la chaux, etc... Air inflammable: hydrogène.
Air phlogistiqué: azote.
Antimoine: Exactement : antimoine métallique. Mais alchimiquement:
stibite (sulfure naturel d'antimoine). Aqua vitae: alcool concentré par distillation; c'est aussi de
cette façon que l'on appelle le whisky... Asymétrique: non symétrique; le miroir en donne une image
non superposable, comme un gant ou un soulier. Athanor: fourneau alchimique à combustion lente, utilisé
spécialement pour chauffer le vase scellé d'Hermès. Atome de carbone asymétrique: atome de carbone qui est
rattaché à quatre différentes sortes d'atomes ou groupes d'atomes.
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DE L'ALCHIMIE A LA CHIMIE
Dextrogyre: adjectif s'appliquant à une substance lorsqu'elle
dévie vers la droite le plan de polarisation d'un faisceau de lumière polarisée qui la traverse. Fixation: processus par lequel une substance volatile est
transformée en une substance non volatile, qui est capable de « subir et d'alimenter le feu ». Formule moléculaire: expression chimique montrant le
nombre des diverses sortes d'atomes dans la molécule de la substance intéressée. Exemples : C21H22O2N2, pour la strychnine. C10H16O, pour le camphre. Formule développée: représentation d'une molécule, montrant
comment les atomes qui la composent sont liés les uns aux autres (en somme, une sorte de plan de la molécule). Lévogyre: adjectif s'appliquant à une substance lorsqu'elle
dévie vers la gauche le plan de polarisation d'un faisceau de lumière polarisée qui la traverse. Lumière polarisée: lumière dans laquelle les vibrations sont
contenues dans un plan (plan de polarisation). Macromolécule: très grosse molécule, souvent composée de
milliers d'atomes. Magnésie: exactement: oxyde de magnésium. Mais alchimiquement
: terme vague qui représente des substances diverses, telles que pyrites, pyrolusite, magnétite, et peut-être aussi la magnésie elle-même. Monovalent: terme appliqué à un atome (par exemple à
celui de l'hydrogène) ayant une valence de 1. Optiquement actif: déviant, ou faisant tourner, le plan de
polarisation de la lumière. Polarimètre: instrument servant à mesurer la rotation du
plan de polarisation de la lumière provoquée par une substance optiquement active. Projection: la dernière opération de la transmutation, dans
laquelle une petite quantité de la pierre philosophale (poudre de projection) était jetée sur le métal en fusion (plomb, etc...) pour le transmuer en argent ou en or. Régule d'antimoine: antimoine métallique cristallin.

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Epanouissement de la chimie organique
Sel ammoniac: chlorure d'ammonium (originellement appelé
« sel arméniaque » parce qu'on le trouvait en Arménie; plus tard changé en sel ammoniac parce qu'on le confondait avec le natrum, ou carbonate hydraté de sodium, trouvé près du temple de Jupiter Ammon, en Libye). Spagirite: médico-chimiste, ou iatrochimiste, ou encore chimiatre.
Disciple de Paracelse. Sublimé: substance solide obtenue par la condensation, sur
une surface froide, d'une vapeur provenant directement d'un solide chauffé (mais sans fusion). Tartre: substance déposée par le vin dans les tonneaux et
consistant en bitartrate de potassium (crème de tartre). Tétravalent: terme appliqué à un atome (principalement de
carbone) ayant une valence, autrement dit une capacité de se combiner à d'autres atomes, égale à 4. Trivalent: terme appliqué à un atome (par exemple à celui de
l'azote) ayant une valence de 3 par rapport à l'hydrogène. Valence: capacité que possède un atome d'un élément de se
combiner à d'autres atomes; elle s'exprime numériquement et en petits nombres entiers. Exemple : la valence de l'atome de carbone est 4; il peut donc se combiner, soit avec 4 atomes monovalents d'hydrogène (c'est alors le méthane CH4), soit avec deux atomes monovalents d'hydrogène et un atome bivalent d'oxygène (c'est le cas du formaldéhyde CH20), et ainsi de suite. Vif-Argent: mercure, parfois considéré par les alchimistes
comme « vivifié »; appelé aussi « argent mobile ». Vitriol: nom donné autrefois à des corps cristallins brillants,
comme le vitriol bleu (sulfate de cuivre) et le vitriol blanc (sulfate de zinc). On appelait aussi l'acide sulfurique « huile de vitriol ».
279
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TABLE DES ILLUTRATIONS
Pages.
FIG. 1. -- Les quatre Qualités et les quatre Eléments. 15 -- 2. -- La formule du Crabe........................ 34 -- 3. -- Le serpent Ouroboros....................... 45 -- 4. -- Le Triangle alchimique..................... 46 -- 5. -- Le Pélican alchimique...................... 58 -- 6. -- Quelques symboles de l'ancienne chimie..... 70-71 -- 7. -- L'acrostiche du Vitriol.................... 74 -- 8. -- Le bain des Philosophes.................... 76 -- 9. -- Page de titre de Dernières Volontés et Testament de Basile Valentin................. 87 -- 10. -- Mélancolie. -- 11. -- Conception numérique de la pierre philosophale...................................... 107 -- 12. -- Un alchimiste et son aide au travail.......... 119 -- 13. -- Les premiers souffleurs....................... 120 -- 14. -- Sendivogius fabrique de l'or. -- 15. -- Anagramme de Roger Bacon sur la poudre à canon.................................... 135 -- 16. -- Paracelse. -- 17. -- La leçon de chimie au Jardin du Roi. -- 18. -- Robert Boyle. -- 19. -- L'appareil de Mayow........................... 169 -- 20. -- Un laboratoire de Chymie en 1747.
281
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DE L'ALCHIMIE A LA CHIMIE
Pages.
Fig. 21. -- Joseph Black.
-- 22. -- Appareil de Scheele pour recueillir l'hydrogène...................................... 192 -- 23. -- Joseph Priestley. -- 24. -- Lavoisier. -- 25. -- L'expérience de Lavoisier (mercure).......... 204 -- 26. -- Quelques symboles de Dalton.................. 220 -- 27. -- John Dalton. -- 29. -- Jöns Jacob Berzélius. -- 30. -- Dimitri Ivanovitch Mendeléeff. -- 31. -- Une partie de la Table périodique des éléments..................................... 232 -- 32. -- Justus von Liebig............................ 245 -- 33. -- Le laboratoire de Liebig à Giessen en 1842 .. 247 -- 34. -- Friedrich August Kékulé. -- 35. -- Schéma original de l'anneau du benzène, par Kékulé.................................... 258 -- 36. -- Représentations plane et tétraédrique du méthane................................... 267 -- 37. -- Configurations moléculaires des deux formes optiquement actives de l'acide lactique.... 269
282

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TABLE DES MATIERES
PREACE .............................................. 9
I. -- LES ORIGINES
De la nature des choses................................. 13 De l'utilisation des choses............................. 20
II. - L'APPARITION DE L'ALCHIMIE
Naissance et expansion de l'alchimie.................... 27 La nature de l'alchimie................................. 30 La théorie « soufre-mercure »........................... 35 Représentations alchimiques de la théorie soufre-mercure 37 La Table d'Émeraude d'Hermès............................ 41 Les tria prima de Paracelse............................. 44
III. - LA PIERRE PHILOSOPHALE
Pourquoi l'alchimie? ................................... 49 Comment on prépare la pierre philosophale .............. 52 A la poursuite du Grand Oeuvre.......................... 55 Le vase d'Hermès ....................................... 59
IV. - LE LANGAGE DES ALCHIMISTES
Les symboles de l'alchimie ............................. 67 Enigmes alchimiques .................................... 73 Les images d'Abraham.................................... 77 Une épopée alchimique .................................. 81 Le « puissant roi » de l'alchimie....................... 85 Les douze clefs de Basile Valentin ..................... 86
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DE L'ALCHIMIE A LA CHIMIE
V. -- EN SUIVANT LA TRAME ALCHIMIQUE
La religion............................................ 91 La mythologie ......................................... 96 Le mysticisme saturnien ............................... 101 Nombre, harmonie et musique ........................... 104
VI. - LE MONDE VARIE DES ALCHIMISTES
Les pseudo-alchimistes ................................ 113 Travailleurs dans le feu .............................. 118 Les fils d'Hermès ..................................... 125 La tradition pratique ................................. 131
VII. -- A LA CROISEE DES CHEMINS
Paracelse ............................................. 143 Les Paracelsiens ...................................... 149 Comment se poursuivait la tradition pratique .......... 159 « Chymie totalement scientifique » .................... 166
VIII. - LE CHANT DU CYGNE DE L'ALCHIMIE
L'alchimie et la révolution scientifique .............. 171 La théorie du phlogistique ........................... 175 A l'âge d'or du phlogistique ......................... 180 Précurseurs d'un nouvel âge ........................... 184 La fin et le commencement ............................. 201
IX. -- A LA SOURCE DE LA CHIMIE MODERNE
Interrègne ............................................ 209 La théorie atomique ................................... 212 Les premiers fruits de la théorie atomique ............ 225 Classification et nature des éléments ................. 229
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Table des matières
V. - EPANOUISSEMENT DE LA CHIMIE ORGANIQUE
Les innombrables rameaux de la chimie moderne.......... 237 Les débuts de la chimie organique ..................... 241 La structure moléculaire organique .................... 248 Chimie dans l'espace................................... 250 Envoi.................................................. 273 Lexique ............................................... 277
Table des illustrations................................ 281
285
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ACHEVE D'IMPRIMER LE 16 MARS 1959, DANS LES ATELIERS DE L'IMPRIMERIE FIRMIN-DIDOT, MESNIL-SUR-L'ESTREE (EURE), POUR LE COMPTE DE LA LIBRAIRIE ARTHEME FAYARD.
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Dépôt légal : N. 2048 1er trimestre 1959. 5578
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directe à la chimie organique,
ouvrage de vulgarisation scientifique
à la portée de tous, a
remporté le Prix Cortina européen
d'un million de lires et,
depuis lors, a fait l'objet de
nombreuses traductions. Ce livre-
ci, dont le but essentiel est le
même, mais dans un autre domaine,
fait défiler sous nos yeux
en un brillant cortège, les idées
maîtresses et les protagonistes
de " la plus romanesque de toutes
les sciences ".

Ce récit coloré et captivant plaira autant à l'élève qu'au
maître, au spécialiste qu'au
profane. De nombreuses
illustrations ajoutent à l'agrément
de ces pages, dans lesquelles -
selon l'expression d'un critique
américain faisant allusion à un
précédent ouvrage de l'auteur -
"on trouvera une quantité remarquable
de questions intéressantes,
exposées de la plus
heureuse façon par un esprit
supérieur ".

De l'Alchimie a la Chimie: le conte de fées de la science!



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Imprimé en France Imp. du Carré, Paris

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pict

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