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Réfer. : AL2311
Auteur : Egidius de Vadis.
Titre : Dialogue entre la Nature et le fils de la Philosophie.
S/titre : Préface de Bernardus G. Penotus a Portu.

Editeur : Editions Dervy. Paris.
Date éd. : 1993 .




**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****



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Dialogue entre la Nature et le Fils de la Philosophie
Egidius de Vadis
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Les Classiques de l'Alchimie
Collection dirigée par Geneviève Dubois
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Dialogue entre la Nature et le Fils de la Philosophie
Egidius de Vadis
Préface de Bernardus G. Penotus a Portu
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Editions DERVY 91, boulevard Saint-Germain 75006 PARIS
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(C) Editions Dervy, 1993 ISBN 2-85076-609-7
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SUR LES SOURCES
Ce dialogue entre la Nature et le Fils de la Philosophie fut imprimé pour la première
fois à Francfort en 1595 chez Io. Saurium,
petit in-octavo.
Son éditeur, Bernard-Gabriel PENOT DU PORT, en fait l'introduction, tandis que son
auteur, Egidius DE VADIS, nous renseigne,
dans la lettre qu'il adresse à son ami
N.S.P.D., sur l'époque où il l'aurait rédigé:
le 17 juillet 1521, soit soixante-quatorze ans
avant sa parution.
FERGUSON, dans son catalogue Bibliotheca Chemica, laisse entendre, sans preuve,
qu'Egidius DE VADIS pourrait être le pseudonyme
de PENOT, car nous ne savons rien sur
DE VADIS, et un peu plus sur PENOT.
LENGLET-DUFRESNOY, dans son Histoire de la Philosophie Hermétique parue en 1742, nous
dit que ce dernier est « mort à l'hôpital pour
avoir pratiqué la Science Hermétique ».
Et l'Abbé MIGNE, dans son Dictionnaire des Sciences Occultes de 1848, précise que
Bernard PENOT « était un alchimiste réduit à

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8 DIALOGUE ENTRE LA NATURE
l'hôpital, qui avait coutume de dire qu'il ne
souhaitait rien à ses plus mortels ennemis
qu'un peu de goût pour l'alchimie ».
Tandis que Fernand HOEFER, dans son Histoire de la Chimie, rajoute: « La médecine
chimique eut aussi ses martyrs, G. Bernard
PENOT, de Sainte-Marie, en Guienne, avait
employé toute sa fortune, qui était considérable,
à répandre les idées de PARACELSE et à
chercher lui-même une médecine universelle.
Il fut réduit par son opiniâtreté à la dernière
misère et mourut rongé de vermine dans un
hôpital de l'étranger, à Yverdun en Suisse.
Nous avons de lui plusieurs traités de peu
d'intérêt ».
Huit au total, dont LENGLET-DUFRESNOY nous fournit la liste, au tome III de son
ouvrage:
- Bernard. PENOTUS, a Portu, S. Mariae de Denario Medico, quo decem medicaminibus,
medendi omnibus morbis internis via
docetur cum pluribus aliis tractatibus de
Remedius specificis, de materia Lapidis Philosophorum,
in-4° Bernae 1607, et in-8°
1608.
- Idem - de vera praeparatione, dosi et usu medicamentorum chimicorum tractatus varii,
in Theatro Chimico et Francofurti, apud Io.
Rhodium, in-8°.

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ET LE FILS DE LA PHILOSOPHIE 9
- Apologia Bernardi PENOTI, ad Joh. Michelii sciptum, cum Lapidis Physici materia,
signis et igne multiplici, in-8° Francofurti
1606.
- Bern. Gabrielis PENOTI, Libellus de Sale nitro, item de viribus Auro potabilis, ejusque
præparatione.
- Bernardus G. PENOTUS, Quæstiones et Responsiones Philosophicae.
-Idem - Regulae seu Canones Philosophici. - Idem - Extractio Mercurii ex Auro. - Idem - Dialogus de Arte Chemica.
Le texte que nous vous présentons ici est pour la première fois traduit en français
depuis sa parution, au XVIe siècle.
C'est Pierre-Jean JOUBERT DE LA SALETTE qui en a effectué la traduction d'après le latin
du Theatrum Chemicum de 1659, tome 2,
page 86.
Nous en avons également une version dans la Bibliotheca Curiosa Chemica de Jean-
Jacques MANGET, tome 2, page 326, parue
en 1702.
Il s'agit d'un dialogue dans lequel la Nature entretient le Fils de la Philosophie
des Arcanes du Monde. C'est une figure de

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10 DIALOGUE ENTRE LA NATURE
style qui est fréquemment utilisée dans la littérature
alchimique, comme a pu le faire
CYLIANI, qui, au XIXe siècle, dans son Hermès
Dévoilé, nous raconte l'apparition de la Nymphe,
symbolisant l'esprit de la Nature, qui
ouvre enfin les yeux du Philosophe désespéré.
C'est ce que se propose ce très intéressant traité, qui s'adresse également au débutant
désireux de comprendre la leçon sur le poids
de l'Art et celui de la Nature et d'entrevoir la
nature des éléments, comment ils se combinent
entre eux pour donner naissance à toute
chose qui vit, meurt et se réduit de nouveau
à son essence première.

Quant au traducteur, qu'il soit remercié ici de l'intérêt qui le conduisit à nous faire
connaître ce petit ouvrage.
Pierre-Jean JOUBERT DE LA SALETTE est né à Grenoble en 1762. C'est en entrant très
jeune comme officier dans le régiment de La
Fère qu'il put en sortir très tôt.
Il s'était conduit fort brillamment pendant les guerres de la révolution, et mérita ainsi le
grade de général de brigade, puis celui d'inspecteur
de l'artillerie.
Il prit sa retraite de bonne heure pour se consacrer à ses deux passions: la musique et

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ET LE FILS DE LA PHILOSOPHIE 11
l'alchimie. Ses biographes, sans doute soucieux
de sa réputation, ou tout simplement
par ignorance, relatèrent exclusivement ses
recherches dans le domaine musical, où il fut
surtout connu pour avoir inventé un nouveau
système de notation musicale, qui
consistait à substituer des lettres aux notes.
En 1810, il publia chez Goujon à Paris, en deux volumes, Considération sur les divers systèmes
de la musique ancienne et moderne et sur le
genre enharmonique des Grecs, avec une dissertation
préliminaire relative à l'origine du chant
de la lyre et de la flûte attribuée à Pan.
Dans la biographie universelle des musiciens, FETIS dit que « cet ouvrage est fort
rare, parce qu'il ne s'en est pas vendu vingt
exemplaires, et que le reste de l'édition a été
mis au papier ».
Il s'intéressa également à l'Art d'accorder les instruments à clavier et soutint le principe
de l'égalité des demi-tons. Ses théories furent
violemment attaquées par le savant DE
PRONY dans le Bulletin des Sciences Technologiques
de 1825.
Il se lia d'amitié avec CHAMPOLION- FIGEAC, le frère de l'égyptologue, qui était
l'éditeur de ses livres et qui avait créé à Grenoble
la Société Asiatique et la Société des

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12 DIALOGUE ENTRE LA NATURE
Sciences, dont il était membre. Et c'est à
celui-ci, lorsqu'il disparut en 1832, qu'il
légua sa bibliothèque, dans laquelle se trouvaient
des commentaires du cours que dispensait
l'alchimiste ETTEILA sur le livre de
Thot ainsi que ses très nombreuses traductions
des auteurs hermétiques. Notamment
ce petit opuscule, que nous vous laissons
découvrir.
Geneviève DUBOIS
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PREFACE
par Bernard-Gabriel PENOT DU PORT

Qui recommande au Lecteur bienveillant un esprit de sincérité, avec de l'intelligence et de
l'industrie dans le travail, ainsi qu'une bonne
santé.

Je sais très bien que plusieurs personnes condamneront dans cette nouvelle édition la
publication des trésors et des mystères de la
Nature, en répétant cette maxime de l'Evangile:
« Ne jetez pas de perles aux pourceaux...
» et encore celle-ci: « Nous n'écrivons
pas cela pour tout le monde, mais pour
nous et les nôtres seulement... » et: « Nous le
séparons du vulgaire par un mur épais et une
forte serrure... ».
D'autres ne raisonnent pas ainsi, mais ils assurent que le temps n'est pas encore
venu de publier ces choses. Il s'en trouve
quelques-uns, car aujourd'hui l'envie de

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14 DIALOGUE ENTRE LA NATURE
médire est infinie, qui ont à m'objecter de
quel droit je découvre ces mystères, n'en
étant pas l'auteur. D'autres enfin demandent
que je prouve à quels signes on peut
connaître la vérité de l'Art pour qu'on puisse
avoir quelque confiance en ce que je dis.
Je savais et j'étais convaincu d'avance que, lorsque je publierais ces pages, il y aurait des
gens sans humanité qui emploieraient la
ruse, le ridicule ou tout autre moyen pour en
empêcher l'impression. Plusieurs même les
dénigrent déjà en aboyant contre elles, mais,
quoique leurs cris aillent jusqu'à la folie, je
ne pense pas qu'il y ait rien à faire à leur
égard.
C'est une action très louable, tant envers Dieu qu'envers le prochain qu'on incite à la
piété, que rien ne soit ôté, en les publiant, ni
à la grandeur de la majesté de Dieu, ni aux
bonnes oeuvres du prochain qui pourraient
être détournées si ces pages étaient cachées,
ou empêchées si elles étaient interprétées de
travers ou troublées si elles étaient éditées
avec peu de soin.
Mais, pour ne pas devenir prolixe, je réponds d'abord aux objections.
Ces hommes rapportent et interprètent les passages de l'Evangile comme s'ils étaient les
seuls dignes de ces dons de Dieu de posséder

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ET LE FILS DE LA PHILOSOPHIE 15
ces perles, et que les autres fussent des porcs
indignes de ces biens. Aussi, nous qui les
publions, nous sommes des voleurs et des
dissipateurs de biens. Mais écoutez, je vous
prie:
Nous, qui sommes véritablement les fidèles dispensateurs des mystères de Dieu, nous
communiquons ces choses à ceux qui sont
animés de l'amour de Dieu et de la charité
envers le prochain et qui ambitionnent avec
joie la connaissance des secrets mystères.
Et ceux au contraire qui les envient sont de véritables pourceaux; parce qu'à la
manière de ces animaux, ils mêlent aux
excréments les meilleurs fruits, dont ils sont
très avides, et ils sont très envieux à l'égard
de ceux qu'ils citent en ne voulant pas les
voir publiés, car, selon eux, les auteurs de ces
traités n'ont pas écrit pour le public, mais
pour eux seulement.
ARISTOTE, dont la physique avait ainsi été publiée, ne répondit-il pas à ALEXANDRE, roi
des Macédoniens, comme si elle ne l'avait
pas été ? Et les livres d'ARISTOTE n'en ont
pas moins été imprimés.
Que dirons-nous du prophète arabe, le roi très expérimenté GEBER: n'a-t-il pas laissé
un écrit de cette manière:

.................................................
.................................................

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Egidius de Vadis à son ami N.S.P.D.

Ne soyez pas surpris, ô le plus excellent des hommes, qu'ignorant toute science
j'entreprenne un ouvrage si fort au-dessus de
mes forces; car la vertu a tant de pouvoir
que non seulement elle exalte pour les choses
qu'on ne connaît pas un ardent amour et un
grand désir, mais elle fait souhaiter même
aux ignorants les plus engourdis d'approfondir
toutes les sciences.
Parmi tous ceux-là, je ne dois pas, comme les amis ont coutume de le dire, vous oublier,
vous qui êtes tellement doué de vertu que je
ne pourrais agir sans divulguer d'abord aux
hommes d'honneur, d'ailleurs en-dessous de
vous, la vertu qui est innée en vous.
Je doute qu'il y ait, toute adulation mise à part, parmi les vivants, quelqu'un à qui, j'en
prenne Dieu à témoin, elle puisse être mieux
attribuée.

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24 DIALOGUE ENTRE LA NATURE
J'en vois plusieurs qui, par une manière brillante de parler ou d'écrire, s'attribuent de
grands honneurs, quoiqu'ils ne montrent
d'ailleurs que de belles paroles ou de pures
fables et des choses frivoles. Ils ne font pas
comme les élus, mais comme les enfants ou
les jeunes gens. Si quelqu'un présente des
promesses et de l'or, ils ne prisent point l'or,
qui est d'un grand prix et d'une grande
valeur, et lui préfèrent les pommes et les
noix, qui lui sont inférieures. C'est la Grâce
préférée à Achille.
Si quelqu'un dissertait sur les secrets de la Nature en se servant de mots affectés et
recherchés qui, loin d'appartenir à cette
chose-là, ne sont que des bavardages, il serait
sans aucun doute comme celui qui ne touche
qu'à la coquille de noix sans en goûter le
fruit.
C'est pourquoi leur manière de parler est comparable avec cela. Assez d'éloquence, et
trop peu de sagesse.
Si je les blâme, c'est autant en raison de leur ignorance pour la barbarie de leurs discours,
qu'ils qualifient eux-mêmes de balbutiements
ou de solécismes. Autant ils veulent
parler de la coquille avec des mots élégants,
autant je me complais à la douceur intérieure
de la noix, quoique sans ornements.

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ET LE FILS DE LA PHILOSOPHIE 25
Ils s'en tiennent à l'extérieur, et moi, je perçois clairement l'extérieur et l'intérieur.
Ainsi donc, ma confiance en vous est si grande que ces pages devraient être imprimées
en votre nom. Agréez d'un front joyeux
mon offre, quoique modeste, aimez-moi en
retour comme à l'ordinaire.

de la Bibliothèque Royale de Richemont, le 17 juillet 1521
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PREFACE DE L'AUTEUR

Comme je m'étais exténué de fatigue depuis plusieurs années à pénétrer les secrets
de la Nature, j'examinais enfin plus soigneusement
les routes irrégulières, détournées ou
directes, les sentences, les allégories et les
proverbes qui m'avaient occupé, car les Philosophes
sont si sentencieux et ne se contentent
pas d'une seule idée. Ils présentent tant
d'ambages qu'il paraît que personne ne peut
se flatter de parvenir à la fin désirée. Ce qui
me fit penser qu'il valait mieux lutter avec la
mort contre les esprits follets et combattre
avec la Nature.
Les Philosophes ayant surtout dit « La Nature t'instruira... », l'ayant donc interrogée
et consultée de mille et mille manières,
Dieu voulant bien m'inspirer, elle m'apparut
enfin, mais revêtue et parée de tant de
diverses manières qu'au premier abord je ne

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28 DIALOGUE ENTRE LA NATURE
fus pas peu stupéfait en la considérant. Car
toutes les langues des hommes ne suffiraient
pas pour expliquer ses diverses formes. Elle,
cependant, voulant me donner quelque
consolation, me tint cet obligeant discours:
«Ne crains, rien, mon Fils, car je suis, dit-
elle, la Nature que tu as cherchée avec tant
de soin et te suis envoyée par ordre de Dieu.
Prends donc courage et réjouis-toi, car je te
rendrai heureux de deux manières. Premièrement
en ce que tu sais combien Dieu est
miséricordieux envers toi, qui es un vil
pécheur, puisqu'il te rend digne de me voir
avec les yeux de ton corps, quoique tu sois
sans expérience et très faiblement instruit
dans les sciences. Secondement, je te donnerai
des satisfactions bien consolantes en
répondant à toutes les choses dont tu peux
douter. Interroge-moi donc comme il te
plaira, et je te découvrirai tout ce qu'il t'est
permis de connaître ».
A moi, ô bonne et divine Nature ! Pardonnez-moi, je vous en conjure, si mes balbutiements
ne sont pas dignes de vous rendre
grâce. Car, comme vous le disiez tout à
l'heure, je suis très peu instruit dans les
lettres. Je poursuivrai néanmoins, et je rends
grâce à Dieu qui, par son immense libéralité,

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ET LE FILS DE LA PHILOSOPHIE 29
vous met à ma disposition; et ensuite je vous
interrogerai sur toutes mes incertitudes. Et
elle me dit: « Poursuis, mon Fils, ne tarde
pas à revenir sur ce que tu as connu: je vais
attendre la fin de la prière... ».

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PRIERE

O Seigneur Dieu tout puissant, Père, Fils, Esprit Saint, accordez à Votre serviteur,
quoiqu'il en soit indigne, de Vous connaître,
de Vous désirer par-dessus tout, de vivre
selon Vos saintes lois et d'accomplir le cours
de cette présente vie.
Je crois fermement, je confesse authentiquement que Vous êtes la source et l'origine
du bien universel, de tout désir honnête, de
la connaissance de toute opération et d'une
persévérance raisonnable, car Vous avec créé
le premier homme parfait dans ses natures et
suffisamment doué de science; Vous avez
donné à Vos serviteurs BETSALEEL et OHOLIAB
la connaissance de toutes opérations sur
la fabrication des métaux. Vous avez donné
une conduite à Votre serviteur SALOMON et
Vous avez inspiré les sublimes «Demandez
et vous obtiendrez, frappez et l'on vous
ouvrira ».

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32 DIALOGUE ENTRE LA NATURE
Ainsi donc, Vous, Dieu clément, mon conservateur et mon protecteur, je Vous supplie
et Vous implore afin que Vous illuminiez
mon intelligence pour que je puisse Vous
demander les choses qui sont à la gloire et à
la louange de Votre Nom très saint. Qu'il ne
déplaise à Votre divine bonté, je Vous en supplie,
que moi, indigne pécheur, je demande à
Votre miséricorde que Vous daigniez m'éclairer
sur la connaissance des choses naturelles.
Et, comme on ne peut Vous connaître directement,
mais par Vos glorieux effets, accordez-moi,
ô Dieu très clément, la faculté de
connaître et ainsi d'accomplir Vos oeuvres
efficacement, avec ornement, sans être
détourné par le monde ou les esprits malins,
avec un coeur immuablement permanent et
fixe en Vous. De manière à ce que toutes Vos
oeuvres se fassent en louanges et en l'honneur
de Votre très saint Nom pour la
rédemption des captifs, pour le soutien des
veuves et de tous les fidèles indigents, par
l'intervention de Notre Seigneur JESUS-
CHRIST, Votre Fils, qui vit avec Vous et règne
avec Vous dans les siècles des siècles.
Amen.
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CHAPITRE I

Dans lequel la Nature enseigne au Fils de l'Art quelle est la matière de la Pierre en disant
que de la fin de l'intention résulte le principe de
l'oeuvre.

Le Fils: « Après avoir, ô divine Nature, rendu des actions de grâce à mon Dieu pour tous ses
bienfaits, je vous interrogerai si vous daignez
me répondre ».
La Nature: « Propose, mon Fils, avec l'aide de Dieu je répondrai à tes doutes. »
Le Fils: « Puisque j'ai trouvé grâce devant vous, dites-moi, je vous en conjure, ô Divine,
pourquoi les Philosophes ne nomment pas
dans leurs livres la matière dont leur pierre
est engendrée. J'ai lu plusieurs de leurs traités,
je ne me rappelle pas cependant avoir
compris qu'aucun d'eux l'ait nommée. »
La Nature: « Apprends, mon Fils, que tous les Philosophes l'ont nommée à découvert dans leurs

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34 DIALOGUE ENTRE LA NATURE
livres; mais, comme ils ne parlent que pour
les Philosophes et en leur nom, ceux qui ne
sont pas initiés de la philosophie n'aperçoivent
pas comment ils la nomment. Et leur
subtilité ne consiste que dans la folie et la
grossièreté des ignorants. Ecoute mes discours,
et je te montrerai comment ils la nomment
de vive voix. Ne connais-tu pas la sentence
d'ARISTOTE, qui dit: "Les actes des
actifs sont disposés dans le patient: donc la
forme n'agit que selon la disposition de la
matière". Conçois cela. »
Le Fils: « Ensuite, ô Divine. » La Nature: « Tu vois déjà comment ils la nomment; car si tu dis ce que tu veux faire, tu verras
clairement, tu concevras et tu examineras
soigneusement ce que tu cherches, parce que
de la fin qu'on se propose résulte nécessairement
son principe. »
Le Fils: « J'ai l'intention de produire le Soleil et la Lune. »
La Nature: « Remarque d'abord comment tu as nommé les principes de ton opération, en
exprimant ton intention, qui est de produire

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ET LE FILS DE LA PHILOSOPHIE 35
l'Or et l'Argent, qui doivent être eux-mêmes
le principe de ton opération: comme si tu
avais dit vouloir produire un homme, tu
aurais en même temps nommé ton agent. De
cette manière, il ne te manquerait que le
patient convenable à cette opération, car, de
même qu'il n'est pas possible de produire un
homme sans homme, on ne produit pas de
l'or ou de l'argent sans or et sans argent; car
tout semblable produit son semblable. »


**** A T T E N T I O N ****

Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.

**** A T T E N T I O N ****



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Cet ouvrage a été achevé d'imprimer par l'Imprimerie Sagim sur système Variquik à Courtry en octobre 1993 pour le compte des Éditions Dervy


Imprimé en France Dépôt légal: octobre 1993 N° d'impression: 526
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Ce Dialogue entre la Nature et le Fils de la Philosophie est pour la première fois traduit en français.
Ce remarquable petit traité, attribué à Egidius de Vadis, fut édité en 1595 à Francfort par l'alchimiste
Bernard-Gabriel Pénot du Port, qui nous laissa
également huit ouvrages sur l'Art. Il s'agit d'un discours
initiatique dans lequel la Nature, personnifiée,
engage l'alchimiste à réfléchir sur le magistère en prenant
son oeuvre en exemple et en observant comment
elle gouverne par la mesure et la proportion des éléments.
L'apprenti comprendra ainsi l'origine de toute génération, approchera la matière qui lui est nécessaire
et recevra la réponse à sa question: « Comment
obtenir la Lune et le Soleil philosophiques? »
C'est une chance pour tout fils de la Doctrine que les Anciens aient pensé à lui.


Prix: 79 F
9 782850 766091 ISBN 2-85076-609-7

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