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Réfer. : AL1409
Auteur : Montesinos Christian.
Titre : Dictionnaire raisonné de l'Alchimie et des Alchimistes.
S/titre : L'Alphabet d'Hermès.

Editeur : Editions de la Hutte. Bonneuil en Valois.
Date éd. : 2010 .


**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****
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Dictionnaire raisonné de l'alchimie et des alchimistes
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Dans la collection « Alchimie »


Le Vrai et Vieux Chemin de nature de Hermès-Trismegiste (1782)
Anonyme, Jean Solis

Lettre d'un philosophe à son ami sur le grand oeuvre (1680) Claude Limojon de Saint-Didier, Bernard Husson

Le Testament de Raymond Lulle (c. 1300) le Pseudo-Raymond Lulle, Anonyme, Bernard Renaud de la Faverie


La Moelle de l'alchymie (1660) Eyrénée Philalèthe, Bernard Husson, Bernard Renaud de la Faverie, Jean Solis

Symphonie Alchimique Pierre Séa, Laure de Neith, préface de René Lachaud



Dictionnaire raisonné de l'alchimie et des alchimistes (C) 2010 Editions de La Hutte EAN : 9782916123325
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Christian Montésinos
Dictionnaire raisonné de l'alchimie et des alchimistes
- L'alphabet d'Hermès -
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Editions de La Hutte BP 8 60123 Bonneuil-en-Valois Site Web : www.editionsdelahutte.com Adresse e-mail : contact@editionsdelahutte.com
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S'il est une science mystérieuse, c'est
bien l'alchimie. Cette science attira
tant d'hommes, qu'ils fussent hommes
d'Eglise, médecins, juristes, philosophes,
pauvres ou riches, célèbres ou inconnus,
que son attrait en constitue un des premiers
mystères. De nos jours encore le
nombre de ses disciples, s'ils sont discrets,
est toujours aussi grand. La littérature
consacrée à cette science antique
est plus qu'abondante : elle est immense.
En 1906, parut le catalogue de Ferguson,
liste partielle de 1 179 auteurs et de
4 678 ouvrages. Encore son travail était-il
fort incomplet et il n'est que de compulser
les recueils de traités alchimiques et
leurs auteurs pour voir combien en sont
absents. Si l'on ajoute à cela les manuscrits
et traités anonymes, la liste donne
proprement le vertige. Un catalogue
moderne recense plus de 1 000 auteurs
à ajouter aux précédents. Le chiffre de
100 000 traités ou manuscrits et études
n'est pas surestimé !

Comment expliquer une telle prolifération,
un tel attrait ? Mais quels sont donc
les secrets de cette discipline pour attirer
tant d'hommes et pour que tant d'autres
y aient consacré leur vie entière ? S'agit-il
de faire de l'or ? S'agit-il d'obtenir la
vie éternelle ? De posséder des pouvoirs
nouveaux ?

L'alchimie interpelle le curieux. Plus que
l'or, elle exerce son pouvoir fascinant
parce qu'elle ouvre les portes de la Nature

***

| tout entière et propose une vision universelle | et symbolique de la connaissance. | | | Elle est la science occulte tout entière, | l'arcane universel, le sceau de l'absolu, le | ressort magique des religions, | et c'est pourquoi on l'a appelée | l'Art sacerdotal ou sacré. | | Magophon
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AVANT-PROPOS

L'art alchimique a fait l'objet de nombreux
traités, dont un gros dictionnaire
que rédigea Dom Antoine-Joseph
Pernety sous le titre Dictionnaire Mytho-
hermétique (1). Ce livre est davantage une
compilation de mots et de scènes mythologiques.
Véritable empilement de synonymes,
il éclaire assez mal le sujet, à mon
goût. Bien sûr on peut aussi consulter
L'Alchimie expliquée sur ses textes classiques
du grand Eugène Canseliet (2) mais
cet ouvrage, des plus savants, n'est pas
destiné aux novices contrairement à ce
que laisse entendre son titre.

L'antique science ne pouvant s'aborder
ex abrupto, l'ouvrage comprend une
première partie générale, introduisant à
l'alchimie. Il y est exposé, en quelques
lignes les grands thèmes symboliques au
sein desquels l'alchimie puise ses images
et concepts.

Que ceux qui tiendront dans leurs mains
cet ouvrage ne s'imaginent pas découvrir
le moyen de faire de l'or ou encore de
boire l'élixir de longue vie ! Nul auteur
n'a eu cette folie de dévoiler les arcanes
de la Philosophie hermétique. La science
alchimique ne s'apprend pas dans les
livres. Elle commence par un long travail
sur soi-même. Cette pierre à obtenir,

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1. Edité en 1787 à Paris chez Delalain l'aîné, libraire rue
Saint-Jacques.
2. Chez Jean-Jacques Pauvert en 1972 à Paris.

***

| nous en sommes la matiera primera | et nul ne peut cueillir la Toison d'or s'il | n'est animé que par l'envie et s'il est l'esclave | de ses sens. | | L'alchimie fait partie de ces sciences | curieuses, teintées de mystères et dont | l'étude se révèle des plus difficiles si | l'on ne peut tout d'abord accéder à des | connaissances de bases fiables. Elle offre | une telle diversité de textes, de croyances, | d'aspects, de concepts, d'auteurs et d'avis | que la navigation dans ses arcanes est | des plus périlleuses pour celui qui cède | au chant des sirènes. (Jason ne se fit-il pas | attacher au mât de son vaisseau afin de | n'y point succomber ?) On y trouve en | effet des écueils, des récifs, des mirages, | des mers inconnues, des pilotes peu | sûrs (Mathurin Eyquem du Martineau | n'écrivit-il pas Le Pilote de l'onde vive (3) | et des cartes incomplètes. Il semble | même que les meilleurs auteurs aient, | comme à plaisir, tronqué leurs livres de | l'indispensable. C'est ainsi que des traités | forts habiles étudient sous nos yeux | une discipline dont on ignore jusqu'au | commencement. Ajoutons à cela que | cette science de très haute Antiquité a | traversé les siècles et les civilisations en y | empruntant tout ce qui pouvait la servir, | tant dans son développement que dans | ce qu'elle a toujours de secret et de mystérieux. | | ---------- | 3. Le Pilote de l'onde vive, ou le secret du flux et reflux de la | mer et du point fixe. A Paris chez Jean d'Houry, sur le quai | des Augustins à l'image Saint-Jean et chez l'auteur rue | neuve, Saint-Méderic à l'enseigne de la ville de Calais, 1678.
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Dictionnaire raisonné de l'alchimie et des alchimistes

La question aussi fondamentale
de savoir si l'alchimie a eu ou a des résultats,
n'est même pas résolue. Quant à son
objet d'étude il varie selon les experts.
S'agit-il d'une science morale, religieuse,
matérielle ?...Vise-t-elle à l'amélioration
de l'homme? A la réalisation de la pierre
philosophale ou de l'élixir de longue
vie ? Son but est-il l'ascèse et l'élévation
spirituelle ou la maîtrise de la matière ?

Il me semble ici fondamental de préciser
que la notion même de dictionnaire, relativement
à l'alchimie, est fort différente
de celle que l'on peut avoir communément.
Il ne saurait en ce domaine être
question d'un glossaire avec, en face de
chaque mot, une définition stricte, une
« traduction ». Bien des auteurs ont
employé des mots avec un sens qui leur
était propre et très souvent différent de
celui entendu par un autre, si bien qu'il
est illusoire de s'imaginer étudier un
texte avec, en regard de chaque mot du
texte, une « traduction ». Si la chose
était possible il y a longtemps que l'alchimie
ne serait plus un mystère. Ainsi du
seul mercure nous pourrions en donner
une infinité de sens ou d'emplois qui
en outre seraient contradictoires. Les
alchimistes ne se sont jamais groupés
en confrérie, n'ont jamais rationalisé ou
normalisé leurs approches, ils sont avant
tout des individualistes oeuvrant en
secret. Le cheminement de l'alchimiste
est une épopée personnelle avec en regard
une vision personnelle des mystères de la
nature. Il faut alors, pour étudier cet
art, être dans une démarche de rassemblement,
rechercher les points communs,
les grands axes, réunir les oppositions

***

| apparentes pour obtenir la « substantifique | moelle » et encore que nous puissions | aboutir à une telle synthèse, si la | chose fut seulement possible, il resterait | des ombres impénétrables car propres à | des individualités dont nous ne percerons | jamais les profondeurs intimes. | | Enfin, la notion même d'alchimiste est | des plus floues, parce que nous rangeons | sous ce mot des personnes très dissemblables | tant dans leurs pratiques que | dans leurs démarches ou contextes sociologiques | et historiques. | | On classe souvent aujourd'hui, et à tort, | comme alchimistes des hommes qui, en | réalité, ne se considéraient pas comme | tels. Ceci est particulièrement vrai pour | les époques antérieures ou contemporaines | de l'alchimie dite classique. Avant | que la science moderne arrive à sa maturité, | les disciplines étaient imbriquées | et les concepts s'interpénétraient. Il en | résulta des oeuvres originales, fécondes, | mais plus tournées vers une interprétation | globale des mystères de la nature | sous l'égide de la philosophie. La médecine, | la « chymie », l'astronomie étaient | reliées par la philosophie et bien des | hommes pratiquaient l'alchimie comme | Monsieur Jourdain faisait de la prose | sans le savoir. L'exemple de Paracelse est | à cet égard révélateur. Il ne se considérait | pas comme alchimiste tel que nous l'entendons, | mais se considérait comme un | curieux de nature, comme un médecin, | comme un « minéralogiste » et comme | un naturaliste. Ses écrits tiennent de | toutes ces disciplines sans réellement privilégier | l'une ou l'autre.
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A





pict

Gravure tirée du Traité de l'Azoth de Basile
Valentin.

ABAKA
Contraction résumant les trois composantes
de l'esprit humain selon la religion
des anciens Egyptiens. La formule
sera reprise dans l'expression « abracadabra
», formule des mages antiques,
puis des magiciens, analogue à la formule
hébraïque abracadabra.

ABAM
Pour quelques auteurs, le plomb. Abam
est à rapprocher d'Abba (« père » en
indo-européen et d'où dérive le vocable
« abbé »).

ABEILLE
Parfois utilisée pour désigner l'ouvrière
du Grand Oeuvre, c'est-à-dire l'alchimiste.

***

| L'image s'appuie en outre sur la | couleur solaire de l'oeuvre de l'abeille, | le miel, véritable or potable, mais, plus | encore, sur la production de Gelée royale, | variante de l'Aurum potabile, c'est-à-dire | de l'or potable. Cette image est peu fréquente, | et pourtant elle était utilisée à | Ephèse (> Apollon). | | ABELLIO (Raymond) (1907-1986) | De son vrai nom Soulès Georges, cet | écrivain français, ingénieur des Ponts et | Chaussées, né à Toulouse et mort à Nice, | mena des recherches ésotériques. Il est | l'auteur, entre autres ouvrages, de Les | Yeux d'Ezéchiel sont ouverts (1949) et La | Bible, document chiffré (1950). | | ABIME | Du grec abismos. Autre forme du Chaos | primordial, c'est-à-dire de la matière | première. Seul Dieu peut contempler | l'abîme. | | AB INDAGINE | > Hagen. | | ABOU AL-FARDJ | > Grégorius. | | ABOU ALI IBN AINA (ABU ALI AL | HUSAYN IBN SINA) | > Avicenne. | | ABOULAFIA ABRAHAM (1240-1300) | Kabbaliste et alchimiste arabe andalou, | auteur présumé du Creuset par l'argent
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B





pict
Gravure tirée de Azoth de Basile Valentin.

BA
C'est le second constituant du tripode
spirituel de l'homme chez les Egyptiens,
avec l'Akh et le Ka. Les Egyptiens
le représentent par un oiseau à tête
d'homme ou par un jaribu. Son hiéroglyphe
alchimique est la licorne. C'est
l'équivalent, incomplet de l'âme, chez les
chrétiens. Le Ba est un principe spirituel
qui survit dans l'au-delà et qui assure le
lien entre les représentations sacrées du
défunt (le Ka) et le monde des esprits.

BAAL-BERITH
Doit être regardé comme un personnage
prototype de la mythologie et du symbolisme
hermétique. Berith signifie 1 élu, k
voyant, le devin, et également alliance.
Le mot tire son origine d'une souche
plus ancienne : il dérive de l'assyro-babylonien
« Barû ». Par un processus assez
commun en linguistique, le sens premier
s'est d'abord précisé et limité à un seul

***

| personnage, puis s'élargissant pour désigner | les demi-dieux. | | BACHELARD (GASTON) 1884-1962 | Ce philosophe français est né à Bar-sur- | Aube. Il fut professeur à la faculté des | lettres de Dijon puis fut nommé titulaire | de la chaire d'histoire et de philosophie | des sciences à la Sorbonne. | Il publia, entre autres, un traité éclairant | l'alchimie sous un jour particulier, La | Psychanalyse du feu, qui parut en 1937. | | BACON FRANCIS (SIR) 1561-1626 | Savant anglais qui s'attacha à promouvoir | une chimie rationnelle, mais il | tenait cependant pour possible la transmutation. | L'art consiste, selon lui, en une | connaissance des formes et des matières. | | -- Novum Organum (reprint Oxford, | 1869). | | BACON (ROGER) (DOCTOR | MIRABILIS) (1214-1294) | Contemporain d'Albert le Grand, moine | franciscain anglais né à Gloucester dans | le comté de Somerset et qui fit une partie | de ses études à Oxford. Ce fut un authentique | savant. Théologien, philosophe, on | le surnomma le « Docteur admirable ». | Il voua à l'alchimie un véritable culte | tout en étant un homme d'Eglise entier | et passionné. Il rangeait l'alchimie dans | les sciences expérimentales. Ses conceptions | sont celles de l'Art sacré et disait | avoir obtenu de l'or que ni l'art de l'alchimie | ni celui de la nature pouvait produire. | L'allusion à l'alchimie mystique
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C





pict
CABALA MINERALIS
Petit traité composé exclusivement de
dessins dont l'auteur serait Simeon Ben
Cantara. Le Cabala minéralis est une
« traduction » alchimique de la Genèse.
Les planches de ce petit recueil (moins de
vingt planches) inspirèrent de nombreux
disciples d'Hermès.

CABALE
L'alchimie est, pour de nombreux
auteurs, un art cabalistique et Arthépius
dans son Livre d'Arthépius, déclare :

***

| image | Une des planches du Cabala mineralis. | | « Est-ce qu'on ignore que notre Art est | un Art cabalistique ? » (> Kabbale). | | CABALE CHRETIENNE | Système combinatoire inspiré des traditions | chrétiennes et platoniciennes et des | travaux de Pic de la Mirandole. On trouve | chez le pseudo-Lulle dans son Opera chemica | une table de correspondance entre | les lettres de l'alphabet latin et les opérations
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D





pict
Gravure et texte tirés du Traicté de l'Azoth
de Basile Valentin. Le travail alchimique
s'accomplit par l'équerre et le compas.

DAIMOS
Au sens premier, signifie divinité en
grec. Par restriction, le sens ne s'appliqua
plus qu'aux serviteurs de Satan, aux
puissances infernales, les démons. On
notera que daïmos présente une homophonie

***

| avec diamant et donc avec Adam | (adamas), l'homme est ange et démon. | | DAME | La Dame est par excellence le sujet alchimique | et l'adjectif « notre », placé devant | s'emploie dans le même sens que pour les | matières et principes alchimiques (notre | mercure, notre soufre, etc.). La conquête | de la Dame par le Chevalier est une | affaire d'honneur et des symboles. Tel | saint Georges, le prétendant doit d'abord | effectuer un parcours d'apprentissage | jusqu'à l'adoubement, puis affronter | une série d'épreuves au cours desquelles | il doit vaincre le dragon, lutter contre | le feu, livrer des combats... Il porte au | bout de sa lance les « couleurs » de la | Dame. Cette Dame est celle des cathédrales | et celle de Dante (Dame Béatrice) | (> Notre-Dame). | | DAME BLANCHE | Populairement la Dame blanche est une | fée ou toute apparition bienfaisante. Elle | reprend en fait le mythe de la Dame par | excellence, la Dame de Vertu. | | Fée bienfaisante de la mythologie du | Vexin, pays du bélier. Elle symbolise la | pureté alchimique à laquelle on ne peut | accéder qu'après avoir vaincu le Dragon | de Nature. Seule la Dame blanche peut | approcher la licorne, animal alchimique | par excellence, représentant l'âme-esprit | de la matière. C'est également l'Isis alchimique, | la Virgo singularis, l'initiatrice.
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E





pict
Michael Maïer, l'entrée au jardin alchimique
(Atalanta Fugiens).

EAU
L'eau est un des éléments les plus fréquemment
cités, avec le soufre le sel et
le mercure, dans les traités alchimiques.
Suivant les opérations, symboliques ou
opératives, l'eau recouvre divers sens au
titre desquels on note, lors de la première
partie de l'oeuvre, des expressions comme
eau ardente, eau élevée, eau exaltée, eau
du monde, eau de l'art, eau de fontaine,
eau première, eau simple, et, au cours des
phases suivantes, comme eau double,
eau pesante, eau de vie, eau de talc, eau
divine, eau étoilée, eau feuillée, eau de
vie métallique, puis eau des nuées, eau
sulfureuse, eau vénéneuse, eau d'or, eau
du Phlegton... L'eau alchimique n'est
pas l'eau ordinaire. On peut dire, sans
jeu de mots, qu'elle a été mise à toutes
les sauces. En donner une définition
alchimique précise est impossible tant

***

| les auteurs lui attribuent des propriétés, | parfois contradictoires, et tant les | sens qu'elle peut recouvrir sont variés. | Quelques points communs se dégagent | cependant. L'eau alchimique est lustrale, | baptismale, et source de jouvence. Elle | est féminine, réceptive. On désignait en | chimie ancienne par eaux, toutes sortes | de liquides. L'eau est souvent regardée | comme le mercure : « notre eau ne | mouille pas les mains », disent bien des | auteurs. C'est une clef, c'est-à-dire un | principe pouvant ouvrir la matière et la | plupart de ces eaux ne représentent en | fait que des acides liquides ou secs et pour | une autre signification, la Rosée céleste, | l'eau universelle. On trouvera ci-dessous | quelques exemples d'eaux alchimiques. | L'eau, lors de la première étape par voie | humide, représente des acides, lors de la | seconde étape, le solvant minéral et, lors | de la troisième et dernière étape, l'énergie | céleste... | | EAU AIGUISEE | Ouvrir la matière, démembrer, nécessite | une lame tranchante. On nommait ainsi | le dissolvant (eau mercurielle) nommé | encore clef, mercure dissolvant au sens | second. Au sens premier, il s'agit tout | simplement de l'eau mouillée, c'est-à- | dire commune ! | | EAU AISGUE | Littéralement, eau mélangée d'eau. | Autre nom du mercure dissolvant.
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F





pict
Fixation du mercure. (Figures hiéroglyphiques
d'Abraham le Juif.)

FABLE(S)
Ce mot avait autrefois un sens différent
de celui actuel. Aux XVIIe et
XVIIIe siècles, on désignait par fables
des récits allégoriques. La mythologie
grecque était dite composée de fables,
de même pour les récits religieux de
l'Egypte. Le mot « légende » était
réservé aux textes chrétiens « à lire ».
La Vie des Saints par Jacques de Voragine
était donc fort différente dans l'esprit des

***

| « temps modernes » des fables. Dom | Pernety s'inspira des Fables grecques et | égyptiennes et, partant de leurs caractères | allégoriques, y vit des récits alchimiques. | Il pécha par excès car, si ces mythologies | sont allégoriques, elles se rapportent | pour leur plus grand nombre à des piliers | archétypaux de l'humanité. | | FABRE (PIERRE JEAN) (1588-1658) | Médecin et alchimiste. Il suivit ses études | à la faculté de médecine de Montpellier | où ses idées en faveur de Paracelse lui | furent reprochées. Il s'installa pour exercer | à Castelnaudary, mais il effectua de | nombreux voyages dans toute l'Europe | où il fut en son temps assez renommé. Il | a laissé de nombreux traités dont l'explication | des travaux d'Hercule à la lumière | de l'alchimie dans un ouvrage, Hercules | pio-chymicus, qu'il fit paraître à Toulouse | en 1634. Dom Pernety s'engouffra dans | la voie ouverte par Fabre et écrivit les | Fables grecques et égyptiennes dévoilées. | Sendigovius s'inspira également de | Fabre. Fabre prétend avoir réalisé une | transmutation qu'il nous relate dans son | Alchymiste Christianus. La chose eut lieu | le 22 juillet 1627 en présence de trois | témoins dont deux religieux de l'ordre | des Capucins et « le sire de Sérignol, | magistrat plein d'équité... ». Il développa | un certain nombre de concepts | qui furent ensuite repris, dont celui de | la Passion du Christ comparée au Grand
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G





pict
La terre mère, Gée. Gravure tirée d'Atalanta
fugiens de Michel Maïer (Oppenheim, 1618).
« G »
Lettre utilisée en symbolisme hermétique
et maçonnique. Lettre initiale,
c'est-à-dire qui initialise, qui initie, celle
par qui les choses commencent, en gardant
à l'esprit que ce symbole est écrit
en capitale, et non en cursive. Capitale,
lettre de tête, lettre essentielle, que les
Latins nommaient monumentale, destinée
à être portée sur les monuments.

Sa forme n'est pas le fruit du hasard.
L'écriture revêt un caractère sacré. Ce
qui est écrit est voulu par Dieu, tel est,
entre autres, le sens de la formule « c'est
écrit ». Si le nom de Dieu est imprononçable,
celui de ses manifestations peut
être dit. La lettre G dans son étoile à cinq
branches devient un pentagramme, un
pentacle, lui-même dans la lumière, la
puissance de ce pentacle étant accessible
par nos cinq sens.

***

| Cette lettre G désigne, pour l'alchimiste | opératif, la galène qui est un sulfure | de plomb. Le mystère réside ici | dans la double nature de cette galène, | pierre pesante, composée de Soufre et de | Plomb, lequel Soufre est le soufre solaire, | le souffle divin, alors que le plomb | évoque Saturne, la vieillesse et la mort. | Voici donc, dans cette galène, l'union de | la vie éternelle et de la mort. Fulcanelli | dit, à propos du dissolvant universel : | | « ... Ce symbole offre la même signification$ | que la lettre G, septième de l'alphabet,$ | initiale du nom vulgaire du sujet$ | des sages, figurée au milieu d'une étoile$ | radiante... »$ | | La plupart des antiques religions reconnaissent | une terre mère, comme Geb | chez les Egyptiens, Gée chez les Grecs, | ou encore Gaia. La superposition des | phonèmes est parfaite entre G et Gée. | Cette terre matrice est déifiée. Elle est | notre génitrice, l'origine de toutes choses | matérielles du monde d'en bas. Fécondée | par le ciel, elle porte les fruits de l'union | des contraires. Dieu établit son alliance | entre la terre des hommes et le Ciel par | son signe d'arcature. La voûte des cathédrales | représente cette alliance par ses | arches aux sommets desquelles est représenté | le Sol Invictus irradiant sa lumière, | clef des mystères et clef de la voûte étoilée. | La forme monumentale de la lettre G | nous rappelle cette terre nourricière, | cette matrice universelle. Elle est alors | gravide, pesante, porteuse de l'Homme.
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H





pict
Hermès. Gravure du Viridarium chymicum
de Stolcius von Stolzenberg (Francfort,
1624).

HAGEN ( JOHANNES VON) (1424-1475)
Moine de l'ordre des Chartreux et
dont les traités d'occultisme influencèrent
l'abbé Tritheim et Agrippa de
Nettseheim.

HALLEUX (ROBERT)
Historien des sciences, philologue, né à
Villers en Belgique, en 1946. Il est professeur
à l'université de Liège et directeur
du Centre d'histoire des sciences et techniques
de l'université de Liège. Il a tout
particulièrement étudié les Papyrus de
Leyde et d'autres écrits ésotériques dans
le cadre des ses travaux d'historien et
philologue. Son oeuvre est fréquemment
citée et compulsée par les spécialistes
de l'hermétisme. Citons parmi les plus
importants :

-- Le problème des métaux dans la science
antique (1975).

***

| -- Johann Kepler, L'Etrenne ou la neige | sexangulaire (1978). | -- La Métallurgie des métaux non ferreux | dans l'Antiquité (2 vol., 1979). | -- Les Textes alchimiques (1980). | -- Représentations anciennes du savoir | chimique et alchimique (en collaboration | avec P. Laszlo, 1981). | -- Alchimistes grecs I. Papyrus de Leyde, | Papyrus de Stockholm. Fragments de | recettes (1983). | -- Indices chemicorum graecorum. | Papyrus Leidensis. Papyrus Holmiensis | (1985). Georg Agricola, Bermannus, Un | dialogue sur les mines (1991). | | HAPPES | Chimie ancienne, forge, métallurgie. | Pinces en forme de demi-cercle, destinées | à saisir des corps chauds ou des récipients | (cornues, etc.). | | HARFORETUS | Un des personnages de la Visio arislei. Il | redonne vie à Tabrithius, par des fruits. | Harforetus semble être une réminiscence | d'Anubis car l'on peut traduire son nom | en Horusféro, je porte Horus, ou encore | par Horus artifex, faiseur d'Horus par | l'art. | | HARTLIB (SAMUEL) (1600-1662) | Ce fut le pivot d'un cercle de savants | anglais qui se fixèrent pour but de rassembler, | d'unifier et de diffuser les connaissances.
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I





pict
Irisations lors de l'apparition de la queue-de-
paon. (Extrait d'une gravure du Splendor
Solis de Salomon Trismosin.)

IATROCHIMIE
« Ce nom désigne les méthodes de préparation des remèdes que les grands médecins des XVIe et XVIIe siècle confectionnaient dans leur propre laboratoire, selon les principes spagyriques » (Alexander Bernus).
***

| IBIS | Les Egyptiens firent de l'ibis un oiseau | sacré et tricéphale. Cette triple capitation | avait pour but de signifier les trois | principes religieux et mystiques qui formaient | la nature et l'âme de la nature. | | IBN AINA | > Avicenne. | | IBN AL-ARABI (MUHYI AL-DIN) | (1165-1240) | Philosophe et mystique musulman, | adepte de la doctrine de l'unité de l'Être | et qui inspira considérablement les soufistes | qui le nommèrent « Chaykh alAkbar | », c'est-à-dire Maître suprême. | | IBN RACHID (AVERROES) (1126- | 1198) (IBN RACHD) | Savant arabe né, selon certains, en 1120, | et, selon d'autres, en 1126. Il enseigna la | médecine et la philosophie à Cordoue | et traduisit l'oeuvre d'Aristote. On lui | prête de nombreux écrits alchimiques | (> Averroes). | | ICARE | On a vu dans la légende de la chute | d'Icare une allusion à la précipitation | alchimique, c'est-à-dire la retombée de | résidus sur les parois du vaisseau lors de | la volatilisation. | | IGNE CANDENTI | Expression de chimie ancienne. Signifie | littéralement porter à l'incandescence et
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J





pict
Jubé de l'Eglise, tombeau de Brou.

JACQUES COEUR (1395-1456)& Jacques Coeur qui fut grand argentier de
Charles VII, à compter de 1440, se fit
construire à Bourges un palais qui reste
un des plus beaux joyaux de l'architecture
de son époque. La tradition alchimique
attribue à Jacques Coeur l'origine
de sa fortune à l'art alchimique, ce qui
sans doute motiva Fulcanelli quant à son
étude sur cette demeure philosophale.
Rabelais n'y va pas par quatre chemins,
et dans son Gargantua nous dit : « ainsi
se fait Jacques Coeur riche ». Celui qui
fut considéré comme un adepte s'était
choisi pour devise : « A vaillans Cuers,
riens impossible » et pour emblème une
coquille Saint-Jacques, certainement
en honneur de son saint Patron, et
comme par allusion, en sus, au chemin
de Compostelle, coquille associée à un
coeur.

***

| JAMBLIQUE (250-330) | Philosophe grec (Iamblikos), néoplatonicien | qui fut l'élève de Porphyre. On | le nomma Maître d'Abammon (père | d'Amon ?). Il créa une école platonicienne | en Syrie. Il nous a laissé de nombreux | traités à connotations alchimiques | comme Les Mystères de l'Egypte antique. | | « On prête au divin Jamblique...$ | des pouvoirs extraordinaires. Lorsqu'il était$ | en prière son corps s'élevait du sol à$ | plus de dix coudées, sa peau, et ses vêtements$ | baignaient dans une belle lumière$ | d'or »$ | (cité par Christianne Rebisse, in revue$ | Rose-Croix, n° 188).$ | | JANUS | Janus était le dieu à deux faces, deux | visages. Il symbolisait la dualité des | choses, et leur relativité, et surtout, le | regard tourné vers les portes qu'il garde. | On en fit le cryptogramme de l'androgyne | alchimique. Janus était à Rome le | gardien des portes, portes tout à la fois | de la ville et du temps. Il regarde en face | de lui dans les deux directions opposées | de l'axe du monde, de l'axe du temps. | Comme les deux Saint-Jean, Saint-Jean | d'hiver et Saint-Jean d'été, il est gardien | des solstices c'est-à-dire du Sol stare, du | soleil fixé, parce que, aux périodes solsticiales, | le soleil ne paraît plus, durant | quelques jours, modifier sa course apparente. | Il symbolise alors la perpétuation | des cycles et le retour assuré au point
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K





KA
Désigne l'énergie vitale de l'être chez les
anciens Egyptiens. Associé à l'AKH, et au
BA. Il forme avec eux l'esprit, l'intelligence
humaine et universelle, l'âme. Les
hommes, comme les dieux, peuvent avoir
plusieurs Ka. Ré en possédait quatorze.

KAABA
C'est la pierre noire de La Mecque,
le bétyle de l'Orient, le palladium du
monde islamique. La Kaaba, selon la
tradition de l'Islam, fut apportée par
l'ange Gabriel à Abraham. Dans son
culte initial elle était une pierre tombée
du ciel, à l'image de la plupart des bétyles
de l'Antiquité. On dit que, à l'origine,
elle était d'une blancheur éclatante,
mais que, au contact des croyants, elle se
chargea de leurs fautes jusqu'à devenir
noire. C'est « la Noire », la Pierre angulaire
première. Des historiens byzantins
rapportent qu'au lieu où se trouve la
pierre s'élevait un temple possédant une
antique statue byzantine, une madone
nommée Anâhita, ou encore Astarté,
Aphrodite, l'étoile du matin, la Nubile
qui, selon Blochet, se traduit littéralement
par « la fille aux seins bien développés ».
Chargée de tant de symboles, cette
Nubile devait inspirer les alchimistes et
ils en firent leur matière première, qu'ils
disent souvent être la Vierge qui produira
le lait d'abondance, la Vierge qui se baignera
nue dans la fontaine mercurielle.

***

| KABBALE | (Qabbalah en hébreu.) Le mot signifie | « tradition », « transmission ». Inspirée, | entre autres, des études de Rabbi Siméon | Bar Yochai, la Kabbale vise à la compréhension | des mots, à l'accession à leurs | sens divins par l'emploi des 10 séphirot | (les nombres en hébreu) et des 22 lettres | de l'alphabet hébraïque, formant les 32 | « Sentiers mystérieux et divins ». Ce système | porte la marque de l'Egypte antique | qui utilisait des hiéroglyphes possédants | plusieurs sens : un sens vulgaire, un sens | religieux et, enfin, un sens ésotérique | connu de la seule caste des prêtres. Dans | la kabbale, l'étude de la valeur numérale | des lettres et des mots conduit à la | révélation. Nous n'entrerons pas ici plus | avant dans la Kabbale tant cette discipline | a fait l'objet d'études. Nous retiendrons | qu'en dehors de cette Kabbale | traditionnelle, fut édifiée une Kabbale | chrétienne, décriée par les talmudistes. | Plus proche de nous, Fulcanelli-Dujols | utilisa la cabale phonétique l'employant | avec une très grande connaissance des | langues. L'application qu'il en fit est | aujourd'hui un des piliers de l'analyse | alchimique. L'alchimie kabbalistique | prétend que cette science remonte à la | plus haute Antiquité, et pour tout dire | à la Genèse, à la création de l'univers | par Dieu (Elohim ou Yahvé selon les | deux récits parallèles de la Genèse). Une | intelligence primordiale, émanant d'elle- | même, par la puissance du verbe crée le
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L





pict
Gravure tirée du Traité de la Pierre philosophale
de Lambsprinck.

LABARUM
à l'origine étendard impérial des armées
de Rome. L'empereur Constantin y fit
inscrire le Chrisme après sa victoire sur
Maxence à Ponte Milvius. La légende
rapporte que, lors de cette bataille,
Constantin vit dans le ciel ce signe et
qu'une voix se fit entendre et disait « In
hoc signo vinces » c'est-à-dire : sous ce
signe tu vaincras. Ayant mis sa confiance
en Dieu, il remporta la victoire. Dès lors
le labarum prit une dimension symbolique
que l'alchimiste exploite puisque
le chrisme est formé de la superposition
des lettres grecques chi en forme de croix
et de lettre rho, en forme de P et peuvent
alors se lire Pierre et Croix, creuset.
Au Moyen à ge, on fit du labarum de
***

| Constantin le symbole de la résurrection | en y ajoutant un agneau (> Chrisme). | | LABORATOIRE | L'alchimiste exerce son art au laboratoire, | c'est-à-dire qu'il travaille (labor) | et prie (ora). L'adepte prétend que sans | prières le travail n'est que ruine. | | LABOUREUR | L'alchimiste se dit agriculteur céleste. Il | est aussi laboureur, parce qu'il laboure | le ciel et surtout parce que le mot signifie | également travail et prière (labor et | oratio). | | LABUJARDIERE | Cet initié aurait légué à Prague sa | poudre de projection à Richtausen | (> Richtausen). | | LABYRINTHE | Le labyrinthe de Dédale est regardé | comme un symbole hermétique. Il représente | les difficultés à vaincre pour parvenir | à la lumière. Pour ce, le fil d'Ariane | est nécessaire. On représenta sur le sol | de quelques cathédrales un labyrinthe | formé de lignes concentriques, ou disposées | en octogone, voire à angles droits. | Le labyrinthe de Chartres est fort différent | de celui de Dédale au sein duquel | se tenait le Minotaure, puisqu'il suffit | de l'emprunter pour en trouver l'issue | par un long cheminement. Il est formé | d'entrelacs blancs et noirs qui conduisent | le pèlerin à son centre. Nul égarement
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M





pict
Mercure et chronos (Livre des figures d'Abraham
le Juif, attribué à Nicolas Flamel).

MADATHANUS (HENRICUS,
HADRIAN VON MYNSICHT)
Alchimiste rosicrucien auteur de l'Aureum
saeculum redividum (in Musaeum
hermeticum).

MAFEK
Un des anciens noms de l'émeraude, issu
de l'égyptien qui désignait ainsi, d'une
façon générale, tous les minéraux verts.

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| MAGES | Magiciens, maîtres (> Epiphanie). | | MAGISTERE | Oeuvre alchimique. Le Magistère est | l'oeuvre réalisée. On distingue le Petit | Magistère (obtention symbolique d'argent | et le Grand Magistère (obtention de | l'or). Par extension, le magistère devint la | totalité du processus alchimique, c'est-à- | dire commençant par la recherche de la | matière première pour aboutir à la production | de la Pierre philosophale, puis | augmentation de celle-ci (multiplication | du « germe » et enfin projection de la | poudre obtenue. Le mot fut repris par les | chimistes pour désigner des substances | obtenues par synthèse. | | MAGISTERE D'ANTIMOINE | Peroxyde d'antimoine. | | MAGISTERE DE PLOMB | Carbonate de plomb. | | MAGNESIE | Oxyde de magnésium, identifié comme | tel par Eilhard Marggraf (1709-1782), | apothicaire et chimiste allemand. | | MAGNESIE (NOTRE) | La matière première est souvent désignée | ainsi et pour éviter toute confusion, | les alchimistes y ajoutent le qualificatif | de notre (> Notre). Des auteurs n'hésitent | pas à y voir un minerai de fer, une | magnétite. L'idée n'est pas si étrange | compte tenu des nombreuses allusions à
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N





pict
Après la Nativité, les mages sont avertis,
en songe, de ne pas retourner chez Hérode.
(Cathédrale Notre-Dame d'Amiens.)

NAINS
Dans la plupart des contes et légendes
occidentales les nains sont regardés
comme les gardiens de la terre. Ils travaillent
dans des mines et extraient des
métaux et pierres précieuses. On leur
attribue un caractère facétieux et imprévisible.
Coiffés d'un bonnet rouge, imité
du bonnet phrygien, ce sont parfois
des métallurgistes. Ils sont regardés par
les alchimistes comme les métaux eux-
mêmes. Le conte de Blanche-Neige est
d'ailleurs une allégorie alchimique de
tout premier plan. Au nombre de sept,
comme les métaux, leurs questions sont
symboliques des vertus et vices prêtés
aux métaux. Blanche-Neige, la Dame de
vertu, subira la mort apparente, délivrée
par la pomme de connaissance. C'est
après avoir oeuvré avec les sept métaux
qu'elle pourra renaître à une vie nouvelle.

***

| Le costume attribué par l'imagerie | populaire aux nains est très inspiré | de la tenue des mineurs du Moyen Age, | notamment pour la coiffe. | | NATIVITE | > Epiphanie. | | NATRON | De Natroum, ville où l'on exploitait ce | sel qui servait à la momification. On en | fit un sel symbolique, puisqu'il permettait | la vie éternelle de la momie. | | NATRUM ACETICUM | Acétate de soude, encore nommé terre | foliée minérale. | | NATURE | Pour le philosophe alchimiste, la nature | est le grand tout universel façonné par | le divin. La nature est un livre écrit par | Dieu. Ce tout se suffit à lui-même et se | plaît en lui, ce que les alchimistes expriment | par « nature s'esjouit en nature » | (la nature se plaît en nature), formule | reprise d'Ostanes et que M. Berthelot, | dans sa collection des alchimistes grecs, | citera. Seule la nature peut vaincre la | nature, mais cette nature n'est pas celle | que nous concevons aujourd'hui, elle | est l'expression du grand tout et de | l'harmonie universelle. Elle contient en | elle les forces nécessaires à son parfait | achèvement, mais par la seule voie de sa | puissance. La nature est encore regardée | comme l'état primordial, idée que développa
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O





pict
Sixième figure du Traité de la Pierre philosophale
de Lambsprinck (Francofurti, 1625).

OBELISQUE
Du grec, obelos. Au sens vulgaire, c'est
une stèle, une pierre dressée. On y vit une
représentation phallique sacrée, comme
la Verge d'Aaron. Certains obélisques
étaient l'image de la Verge d'or (la virga
aurea). Les obélisques d'Egypte sont
autres. Ils sont des liens entre le ciel et la
terre. Ils représentent à la fois le monde
d'en bas (monde minéral et figé) et le
monde d'en haut : le soleil. Ils s'inscrivent
dans les préceptes de la Table d'émeraude.
La pointe était recouverte d'or
afin que le sommet étincelle. L'obélisque
devient alors semblable à un rayon solaire
figé. Placés par deux à l'entrée du temple,
ils sont le symbole de la porte ouverte au
palais de l'esprit.

***

| OCEAN | Monde de l'eau et du sel, monde des | contraires apparents. Le ciel et l'eau | s'y retrouvent et se reflètent l'un dans | l'autre. L'océan est le ciel liquide qui | permet la navigation alchimique, navigation | qui se fait par le champ des étoiles | (campus stellae). Le navigateur établit sa | route par les étoiles. | | OCCIDENT | Allégorie de la troisième phase de | l'oeuvre. Ã l'occident le ciel flamboie | tandis qu'au zénith le ciel baigne de blancheur | et que l'orient est dans les ténèbres. | On retrouve les trois couleurs de l'oeuvre | (> Orient). | | OCCULTE (SCIENCE) | Si l'alchimie est une science occulte, elle | ne l'est pas dans le sens ordinaire. Nulles | pratiques infernales. Selon l'adepte, | elle n'est occulte qu'au commun, mais | elle est dévoilée à l'Initié. Cette science | cachée est celle des Philosophes anciens. | Le monde ne peut se comprendre par | les simples yeux. C'est l'intelligence et | la sagesse qui en ouvrent les mystères. | Elle n'est accessible qu'aux âmes élevées | au-dessus des biens de ce monde. | Elle recherche ce que la foule dédaigne | et repousse ce qu'elle adule. L'alchimie | est occulte en ce que son objet échappe | à la raison ordinaire et que sa matière | première est elle-même cachée, enfin, | son modus operandi est voilé sous des | allégories
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P





pict
Gravure tirée du Traité de la Pierre philosophale
de Lambsprinck.

PACHAMAMA
> Quetzalcoatl.

PAIN
Pain de vie, froment. C'est en alchimie,
avec le vin, une des formes de l'expression
du dualisme. Le pain était déjà partagé
dans les rites égyptiens. Jésus, dans
la Passion, se compare et devient le pain
de vie. Les différentes étapes qui conduisent
à l'obtention du pain fournissent
des allégories aux disciples d'Hermès,
dont la première, et non des moindres,
est celle de la culture du blé et de sa résurrection
au centuple. Les pains sont multipliés
par le Christ et sont à l'image de la
Pierre qui se multiplie.

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| PALINGENE MARCEL | Pseudonyme de Pier Angelo Manzolli, | poète hermétique italien du XVIe siècle. Il | est l'auteur du Zodicus Vitae (Zodiaque | de la vie humaine) qui fut publié pour la | première fois en 1556, en latin. Manzolli | fut condamné, posthumément, à être | brulé ! Manzolli prit le pseudonyme de | Palingène, par allusion à la palingénésie. | | PALINGENESIE | Du grec, signifiant nouvelle naissance. | C'est le terme le plus élevé de l'alchimie | selon certains hermétistes. La palingénésie | est la doctrine stoïcienne du cycle | éternel des événements. | | PALISSY (BERNARD) (1510-1590) | Céramiste, potier, savant, géomètre, | écrivain français, né à Agen. Il s'initiera | à la céramique à Saintes et travaillera | à la recherche de production d'émaux | de 1536 à 1556, gardant sa technique | secrète. Il exécutera de nombreuses | commandes pour le connétable Anne | de Montmorency dont il fit la connaissance | en 1548. Il s'enfuira à Sedan après | la Saint-Barthélemy en 1572 et y restera | jusqu'en 1574 puis sera de nouveau persécuté | comme hérétique, emprisonné | de 1586 à 1587 puis condamné à être | pendu et brûlé par la Ligue en 1588. S'il | échappa à la sentence, il fut embastillé et | y décédera deux plus tard, victime de la | faim et de mauvais traitements. On a fait | de lui, à tort, un alchimiste, en raison de
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Q





pict
Les quatre éléments. Gravure du Viridarium
chymicum de Stolcius von Stolcenberg
(Francfort, 1624).

QUADRAGESIME
(Nom féminin.) Carême. Dans la
Somme des offices, Maître Prevost disait, à
propos de la quadragésime : « Le monde
est divisé en quatre parties et l'année en
quatre saisons, et il y a quatre éléments
et quatre complexions. » Si le jeûne du
Christ dans le désert dura quarante
jours, la purification de la Vierge Marie
eut lieu quarante jours après la nativité
du Seigneur. Cette fête est la chandeleur.
On y retrouve de nombreux éléments du
rite isiaque. Par imitation, l'alchimie y
voit une longue coction sur soi-même.

QUADRATURE DU CERCLE
Elle symbolise l'opposition entre la
figure sans côtés et le carré à quatre faces.
On disait de mercure qu'il était à la fois
rond et carré, comme un hermaphrodite

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| géométrique qui réunit en lui sous une | forme parfaite les quatre éléments. Cette | particularité fut prêtée à Hermès dans les | Papyri graecae magicae, encore nommés | Papyrus de Kerash et qui furent traduits | par E. Budge (Londres, 1938). | | QUALITE | La qualité alchimique ne doit pas être | regardée comme une propriété, mais | comme la possession d'un degré de | puissance. | | QUASIMODO | Le nom vient de l'expression rituelle de | l'introït de la messe du premier dimanche | après Pâques : quasimodo geniti infantes, | signifiant « comme des nouveaux-nés ». | L'octave de Pâques était nommée semaine | en blanc car l'on avait pris coutume de | faire quitter à cette période aux nouveaux | baptisés leurs vêtements blancs. Cette | tradition trouve un écho alchimique | avec l'oeuvre au blanc mais plus encore | par le fait que, lors de cette période, on | brisait en quelques régions des poteries | (ouverture de l'oeuf), coutume reprise | aux anciens usages des Grecs et des | Romains. Quasimodo venait clôturer le | cycle pascal. Victor Hugo, dans Notre- | Dame de Paris, appelle un de ses personnages | Quasimodo, symbole de la matière | première alchimique qui se définit ainsi | « Moi, je suis quelque chose d'affreux, ni | homme ni animal, un je ne sais quoi plus | dur, plus foulé aux pieds et plus difforme
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R





pict
Gravure tirée du Traité de la Pierre philosophale
de Lambsprinck.

RABELAIS FRANÇOIS (1483-1553)
Celui qui prit le pseudonyme d'Alcofribas
Nasier et se donnait le titre
d'Abstracteur de Quintessence est né
en Touraine à La Devinière, près de
Chinon, d'Antoine Rabelais, avocat de
son état. Ses années d'enfance et de premières
études sont peu connues. Il entre
chez les Franciscains en 1510, à Fontenay-
le-Comte, puis chez les Bénédictins au
monastère de Maillezais, ordre savant
dont se réclamait Basile Valentin.

Il entreprit des études universitaires en
1526 et commença à voyager. Il séjourna
à Paris de 1528 à 1530 où il reprit l'habit
séculier et obtient deux enfants d'une
veuve. Il se rendit ensuite à Montpellier,
alors déjà célèbre université, et y obtint

***

| son titre de bachelier en médecine le | 1er décembre 1530. Le reste de sa vie se | passa en voyages, séjours et retraites. | Il obtint le titre de docteur en médecine | en 1537. Il décède à Paris le 9 avril | 1553 après avoir résigné ses deux cures | de Meudon et Saint-Christophe-du- | Jambert. Nous ne trouvons pas dans sa | vie de faits extraordinaires : point de | transmutations ni même de déclarations | chymiques. Il ne laisse que des ouvrages | que les amoureux de science tiennent en | haute estime et dont nous donnerons ci- | après quelques extraits relus à la lumière | de l'Art sacerdotal. Nous devons tout | d'abord lire dans La Vie très horrifique | du grand Gargantua (1), la vie très aurifique | de la pierre du géant (Gargantua | en provençal). Dans le prologue de l'ouvrage, | Rabelais annonce la couleur : | | « Beuveurs très illustres (> Abreuver,$ | Aiguiser), et vous Verolez très précieux$ | (vérole ou véritable huile ou encore huile$ | de verre, vitriol), car à vous, non à aultres,$ | sont dediez mes escriptz... le dict entre$ | semblable es silènes... mais au-dedans$ | l'on réservait les fines drogues comme$ | baulme (à rapprocher du vieux français$ | balmes, les roches, il s'agit ici d'un jeu$ | de mot) parce que, le voyans au dehors$ | et l'estimans par l'extériore apparence,$ | n'en eussiez donné un coupeau d'oignon,$ | tant laid il estoit de corps et ridicule$ | en son maintien (c'est ici à peu de$ | | ---------- | 1. La Vie très horrificque du grand Gargantua, père de | Pantagruel, jadis composée par M Alcofribas, Absteracteur de | quintessence MDXLII/ On les vend à Paris chez Fraonçoys | Juste, Devant Notre-Dame de Confort.
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S





pict
Planche 12 du Splendor Solis.
SABELLICUS (GEORGES)
Curieux personnage qui vécut en
Allemagne au XVIIe siècle et qui se faisait
passer pour le chef des alchimistes... Il
aurait repris le pseudonyme de Faustus.

SABINE STUART DE CHEVALIER
Une des rares femmes alchimistes avec
mademoiselle de Martinville. Elle était
d'origine écossaise et prétendit avoir
dévoilé les secrets de Basile Valentin.

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| -- Clef du Sanctuaire philosophique (Paris, | Quillau, 1781). Ou encore nommé | Discours philosophique. | | SABLIER | Symbole par excellence du lien entre le | monde d'en haut et le monde d'en bas, | par un passage étroit, reprenant en cela | la Table d'émeraude. Fréquemment présent | dans les gravures alchimiques il symbolise | bien plus que le temps. Si l'oeuvre | demande patience (sapience), le sablier | nous rappelle également la nécessité de | travailler au feu de sable, dit feu sec, et | il représente le travail sur soi et sur la | matière, le sable du désert des mystiques, | la mort minérale. Le feu de sable est | encore le flux céleste que distille le temps. | On peut encore voir dans le sablier le | solve coagula, exprimé par la séparation | continue du sable. Sa forme évoque deux | triangles reliés par la pointe. On le voit | associé à la faux de Chronos-Saturne. | Selon le pseudo-Flamel, le sablier est utilisé | pour indiquer le moment où l'or sera | rétrogradé. | | SACROBOSCO (JEAN DE)(1195-1236 | 1256 ?) | Esotériste et astronome d'origine | anglaise (John Holywood) et qui s'installa | à Paris. Il est l'auteur du Traité de | la Sphère, manuscrit rédigé en latin et | qui est regardé comme le premier grand | livre d'astronomie populaire. Le manuscrit | fut maintes et maintes fois recopié
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T





pict
Planche de la Toyson d'or de Salomon
Trismosin.

On y retrouve tous les thèmes majeurs de la
réalisation de l'oeuvre : d'en haut à gauche
et dans l'ordre jusqu'en bas et à droite :
la reine blanche, l'enfant, l'androgyne,
le lion vert, les sept métaux, le pélican,
l'arbre aux oiseaux, l'arbre lunaire, l'arbre
solaire, l'adepte (confondu ici avec le médiateur
salin), l'or et, enfin, l'argyropée et la
chrysopée.

La quête de la Pierre philosophale est également
comparée à la navigation qu'entreprendra
Jason en vue d'obtenir la Toison d'or.
Salomon Trismosin illustrera d'ailleurs un
de ses traités de l'écu du vitriol serti dans une
allégorie consacrée à la Toyson d'or.

***

| TABLE D'EMERAUDE | Texte censé avoir été trouvé dans le tombeau | d'Hermès et gravé sur une table en | émeraude. D'autres légendes disent que | cette table fut découverte par Apollonius | de Tyane dans une des chambres souterraines | de la grande pyramide... | | La première apparition attestée de ce | texte remonte au VIIIe siècle apr. J.-C., | dans un traité arabe, Le Livre des secrets | de la création, ce texte étant repris d'un | original grec du VIe siècle. La Table | d'émeraude est sans aucun doute le | traité alchimique le plus court qui soit, et | le plus connu de tous. Les alchimistes le | regardent comme le texte le plus complet | et le plus sûr et le citent sous son vocable | latin. On le trouve dans la plupart des | ouvrages traitant d'alchimie. Son origine | est éminemment symbolique et reprend | le mythe de la connaissance transmise | par les dieux. Tout comme Lucifer porte | une émeraude au front et symbolise la | transmission de la connaissance aux | hommes (Lucifer signifie porte-lumière | (du latin lux, « lumière » et fero, « je | porte »), Hermès livre aux hommes ses | secrets. L'émeraude est de couleur verte | et cette couleur sera associée à l'initiation | (cierges verts du rite isiaque, langue | verte, sinople héraldique). Le Saint Graal | lui-même, but de la quête chevaleresque | ayant été taillé dans une émeraude | d'une seule pièce (selon une des versions | légendaires), quant à la bohémienne
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U





pict
Union du roi et de la reine. (Gravure tirée du
Rosarium philosophorum, 1550.)

UBERTIN DE CASALE (1259-1328)
Ce théologien italien, franciscain fut
accusé d'hérésie, bien qu'il défendît la
pauvreté réclamée par les Evangiles dans
son Tractactus de altissima paupertate
Christi et apostolorum ejus qu'il rédigea
en 1323. On lui doit un traité où l'alchimiste
peut voir les images développées
sur l'arbre de vie (Arbor vitae cruxificae
Jesu) qu'il écrivit en 1305.

ULMANUS (ULMANNUS)
Moine franciscain, probable auteur
du livre hermétique de la Très Sainte
Trinité, rédigé entre 1415 et 1419. Il
aurait pris comme pseudonyme François
Epiméthée.

ULSTADE PHILIPPE
Auteur du Ciel des philosophes.

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| « Le ciel des philosophes où sont contenus$ | les secrets de nature & comme$ | l'homme se peut tenir en santé, & longuement$ | vivre, composé par Philippe$ | Ulstade, extrait des livres de Arnauld de$ | Villeneuve, du grand Albert, Raymond$ | Lulle, Jehan de la Roche tranchée, &$ | plusieurs autres bons auteurs, de nouveau$ | traduit du Latin en Français,$ | auquel livre ont été ajoutées les figures,$ | pour donner plus intelligence, avec la$ | table de ce qui est contenu audit livre.$ | Avec Privilège du Roi. »$ | | Ulstade enseigna la médecine à Fribourg | (1950). | | ULRICH DE MAYENCE (1485-1558) | Médecin dont on ignore le lieu de naissance. | On sait qu'il voyagea beaucoup, à | l'instar de tous les lettrés de son temps. Il | se disait « initié » et fit partie du cercle | ésotérique de Catherine de Médicis. Il | fut, pense-t-on, le « Maître » de Michel | de Nostre-Dame, dit Nostradamus. Il | créa une société secrète, l'Ecclesia de | Kataugues, dont on sait peu de chose | tant l'accès en était fermé, mais dont | l'Inquisition s'efforça d'en rechercher | les membres ou supposés tels. Michel de | Nostre-Dame fit partie de cette société | qui avait, pense-t-on, pour insigne une | croix esquissée en fleur de lys, assez | analogue à celle des Saintes-Maries-de- | la-Mer, croix que l'on nomme « croix | de Kataugues ». Il rédigea un traité des | plus fameux et réputés, l'Arbor Mirabilis | (l'Arbre admirable) qui est regardé
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V





pict
Combat des volatiles. (Gravure tirée
du Traité de la Pierre philosophale de
Lambsprinck.)

VAENIUS (OTTO)
Artiste et alchimiste qui fut au service de
l'archiduc Albert comme intendant de la
monnaie. Il fut page à la cour d'Ernest de
Bavière, prince-évêque de Liège, lequel
était épris d'alchimie. Il fut condamné
par l'Inquisition en 1625.

VAGABOND
Variante du symbolisme du Pèlerin tour
à tour mercure et alchimiste lui-même.


VAISSEAU
Le symbolisme alchimique du vaisseau
est large. Au sens premier c'est le
récipient de la coction, puis par extension
l'athanor, c'est-à-dire le fourneau.

***

| Il désigne aussi le creuset si l'on suit la | voie sèche. Au sens allégorique c'est la | nef, tant des fous, que de la cathédrale | que celle du vaisseau Argos qui mena | Jason et ses compagnons à la quête de la | Toyson d'or. L'art alchimique est dit art | de navigation. | | VALBELLE (MARQUIS DE) | Le Marquis, si l'on s'en tient aux | mémoires de la comtesse Adhemar, | aurait assisté à la transmutation d'un | écu de six livres en argent par le comte | de Saint-Germain. Celui-ci lui rendit en | lieu et place une pièce en or. La comtesse | Adhemar entra en possession de la pièce | mais elle lui fut volée en 1788. | | VALENTIN ( ?-160) | Gnostique chrétien d'origine égyptienne. | Il se rendit à Rome et y resta | de 138 à 160. Il professa une doctrine | gnostique qui connut alors une grande | influence à tel point qu'il brigua le siège | d'évêque de Rome, sans l'obtenir toutefois. | Ses thèses furent combattues par | Irénée et Tertullien. Valentin nous intéresse | par sa philosophie religieuse où le | salut ne s'adresse qu'à des initiés, thèse | chère à Julius Evola, l'hermétiste italien | du XXe siècle. Le système théogonique de | Valentin paraît fort complexe et Reinach | le qualifie d'« effroyablement compliqué ». | Irénée nous dit à ce propos : « Les | valentiniens ont aussi leurs mystères | d'Eleusis protégés par leur inviolable
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W





WAELTI-WALTERS (JENNIFER)
-- Alchimie et littérature. Etude de :
Portrait de l'artiste en jeune singe de
Michel Butor (Denoël, Paris, 1975).

WAGNER (R.L.)
-- Sorcier et Magicien. Contribution à
l'histoire du vocabulaire de la magie
(Droz, Paris, 1939).

WAITE (ARTHUR EDOUARD)
Editeur anglais qui se passionna d'alchimie
et réédita quelques grands textes
classiques. Il rédigea lui-même quelques
traités.

-- The holly Kabbalah (London, 1929).
-- The real history of the Rosicrucians
(London, 1887).
-- The hermetic museum restored and
enlarged (London, 1893 et 1953, 2 vol.).

On lui doit une étude consacrée à
Philalète (Thomas Vaughan).

-- The Works of Thomas Vaughan ;
Eugénius Philalethe (A.E. Waite,
London, 1919).

WECKERUS JEAN-JACQUES (1528-
1586)
Médecin français né à Bâle. Rédacteur
des 7 et 8e livres des Secrets d'Alexis
Piémontais (Alexii Pedemontani), ce
dernier serait en fait l'alchimiste Jérôme
Ruscelli.

***

| WEIDAN | Alchimie extérieure dans le taoïsme, | opposée au neidan, alchimie intérieure. | | WEIGEL (VALENTIN) (1533-1588) | Il tenta de réunir les courants spirituels | de son époque, dont la magie et l'alchimie, | en prônant une vie intérieure religieuse | axée sur la transformation et la | régénération de l'homme, en s'inscrivant | dans la philosophie de l'alchimie | spirituelle. | | -- Azoth et Ignis (Amsterdam, 1787). | | WEI-PO-YANG (IIe SIECLE APR. J.-C.) | Si Lao Tseu, avec le taoïsme, peut être | considéré comme un des fondateurs de | l'alchimie chinoise, c'est Wei-po-yang | qui est regardé comme le père de l'alchimie | chinoise classique. On lui doit | en effet le premier traité chinois entièrement | consacré à l'art hermétique où il | évoque l'équivalent de l'Élixir de longue | vie, une pilule d'immortalité. Le titre | de père de l'alchimie chinoise est en fait | assez disputé et selon les commentateurs, | on cite Lao Tseu ou Pao-Putzu ou encore | Tsou-Yen... | | WELLING (GEORGES VON) | (GREGOIRE ANGLIUS SALLWIGT) | (1655-1725) | Minéralogiste et philosophe. Il fut directeur | des Mines et devint l'alchimiste en | titre du margrave de Karlsruhe. On lui | doit Opus mago-cabalisticum (Francfort,
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pict
Gravure tirée d'Aurora Consurgens.
L'hermaphrodite est encore nommé Y.

XANTHOSIS
Oeuvre au jaune (du grec xanthos), dans
l'alchimie alexandrine. La xanthosis
désigna par la suite la chrysopée ou toute
teinture d'or.

***

| XERION | Une des très nombreuses appellations de | la poudre de projection. | | Y | Hiéroglyphe de l'androgyne alchimique, | de l'hermaphrodite, du rebis. C'est aussi | le symbole de la vie et de la victoire sur la | mort alchimique. Michel Maïer déclara | que c'était le symbole d'Albert le Grand. | | YANG | Soufre ou plomb dans l'alchimie taoïste. | | YGE (CLAUDE D') | Disciple d'Eugène Canseliet. | | -- La Nouvelle Assemblée des philosophes | Chymiques (1954). | | YIN | C'est dans l'alchimie taoïste le mercure, | le principe féminin, le serpent, le dragon, | le tigre. | | Ysis | > Isis. | | YVETEAUX (JEAN VAUQUELIN DES) | (1651-1716) | Poète normand, écrivain, alchimiste | et cabaliste. Il étudia les rapports entre | la mythologie grecque et l'alchimie. Il | nous a laissé divers textes dont une interprétation | alchimique du Cantique des | Cantiques de Salomon.
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BIBLIOGRAPHIE
1. TRAITES ALCHIMIQUES

AEGIDIUS DE VADIS
-- Dialogue de la Nature (Dialogus inter Naturam et filium philosophiae)
(Francofurti, 1595) et in Theatrum Chemicum. AGRICOLA GEORGES
-- De natura fossilium (1546). -- De re metallica (Bâle, 1546). -- De re metallica libri XII quibus officae instrumenta machinae describuntur (Basilae in officina Frobeniana, 1561). -- De animantibus subteraneis liber De ortu et causi subterraneum libV, de natura eorum quae effluunt ex terra libV (a Joane Sigfrido, 1614). AGRIPPA CORNELIUS
-- De occulta scienta (1529). -- De incertitudine et vanitae scientiarum et artum atque excellenta verbi Dei declamation (1544, S.l.n). -- Della Vanita delle Scienze (tradotto per H. Lodovico Domeichi, Venetia, 1574). -- De occulta philosophia (libri tres SI ; Nn 1533). -- Opera omnia in duos tomos concine digesta (Lugdini, 1600). -- Le philosophe occulte, divisé en trois livres (trad. du latin par A. Levasseur ; Lahaye R.C. Alberts, 1727). ALAIN DE LILLE
-- De lapide philosophico (1599). -- De planctu naturae. ALBERT LE GRAND
-- De Alchemia. -- Liber octo capitularum de lapide philosophorum. ANDRAE JOHANN VALENTIN
-- Les Noces chymiques de Christian RosenKreuz (1459).
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