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Réfer. : AL0004
Auteur : Anonyme.
Titre : Dictionaire Hermetique.
S/titre : contenant l'explication des termes.

Editeur : Laurent d'Houry.
Date éd. : 1695 .
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D I C T I O N N A I R E H E R M E T I Q U E,
C O N T E N A N T
L'EXPLICATION DES TERMES, Fables, Enigmes, Emblèmes & manières
de parler des vrais Philosophes.

Accompagné de deux Traités singuliers
& utiles aux Curieux de l'Art.
Par un Amateur de la Science.
pict
A PARIS,
Chez LAURENT D'HOURY, rue Saint Jacques, devant la Fontaine Saint
Séverin, au Saint Esprit.
-------------------------- M. D C. X C V.
Avec Privilège du Roi.
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pict

P R E F A C E
en manière
D'AVERTISSEMENT.
pict E t'avertis, Curieux Lecteur,
que tu ne dois rien attendre de médiocre ni de partagé de la Science Hermétique. Pour sa devise, TOUT
ou RIEN, & compte là-dessus.
Ce Tout est pour si peu de personnes,
qu'il vaut un miracle à
l'égard de celui qui le possède;
parce que ce Tout fait un trésor
si achevé, que le Maître en cet
Art voit la terre & toutes ses richesses sous ses pieds: au-dessus
de sa tête, il n'y a que le seul Empyrée
a ij
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P R E F A C E
qui soit capable d'entretenir
les désirs d'un homme de cette
élévation. Au contraire, le Rien
est le partage d'un nombre infini
de gueux & de charlatans, qui
après avoir désolé la plus grande
partie des familles, sont forcés de
souffrir le violent chagrin de se
voir traités avec mépris, & souvent
d'être exposés aux rebuts & aux
railleries les plus piquantes.
Fais encore réflexion sur le second avis que je ne dois pas te
refuser. Qu'il ne t'arrive jamais de
faire connaissance ni de contracter
habitude avec un demi-savant.
A la première occasion qu'il ouvrira
la bouche, plus peut-être
pour te surprendre qu'autrement;
réponds-lui fièrement, que s'il veut
contenter tes yeux & tes mains,
pour voir à loisir, & pour manier de
tous côtés les productions de son
Art, il a trouvé son homme; sans
quoi tu n'es pas d'humeur à l'écouter.

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P R E F A C E.
En effet, le seul esprit humain
n'est pas juge compétent sur
une matière si contestée: L'on sait
aussi qu'un Chimiatre ne peut alléguer
qu'une tirade de faibles raisonnements,
pour soutenir un amas
de termes de l'Art mal entendus,
& qu'il explique souvent à sa mode.
Mais si le gaillard s'aperçoit qu'il
ne réussit pas avec de si méchantes
drogues, il fera en sorte par
son caquet affilé, d'obtenir quelques
secrètes conversations, où il
ne manquera pas d'y abuser les
crédules, d'y escroquer les curieux,
& d'entretenir dans la suite
avec les uns & les autres un commerce
qui ne vaudra guères mieux
que celui d'un fourbe & d'un
trompeur.
Le troisième avis qui te touche encore de plus près que les deux
précédents; c'est que lorsqu'il te
prendra fantaisie de lire les Auteurs,
tu n'oublies pas de te servir
a iij
@

P R E F A C E.
d'un truchement fidèle: car
comme ces Philosophes ont acquis
ta créance, les idées que tu prendrais
chez eux, deviendraient à
ton égard ineffaçables. Or quelle
idée peut-on espérer d'un prétendu
Savant lorsqu'on est assuré qu'il
ne nous donnera jamais ni sens littéral,
ni enseignement bien démêlé.
N'est-on pas persuadé que
ces sortes de gens ne parlent tous
que par Emblèmes, par Fables
& par Enigmes ? Comment donc
aspirer par leurs secours au grand
Oeuvre, si l'on fait réflexion que
tous les habiles en ce métier tiennent
par tradition, de ne s'expliquer
jamais que de la manière la
plus embarrassée? Il est vrai que
lorsqu'on les entend discourir sur
la matière prochaine, sur la préparation
& sur les degrés du feu;
ce ne sont que des demi- mots, que
des termes tronçonnés: & comme
s'ils craignaient d'en dire trop, ou

@

P R E F A C E.
de s'expliquer trop clairement, ces
rusés Docteurs se mordent la langue
à toutes les syllabes, pour nous
faire comprendre qu'un Sage n'irait
pas plus loin.
Pourquoi ces détours & pourquoi ce manège ? Sans se fatiguer
à chercher des raisons, écoutons
un homme entendu, auquel on ne
put faire prendre le change. Ces
Messieurs, disait-il, extrêmement
jaloux de leur secret, veulent jouir
seuls de leur gloire; & dans la
crainte d'avoir des rivaux, ils tiennent
pour vérité constante, qu'on
ne peut goûter rien de plus tendre
ni de plus délicat dans leur fortune,
que de ne souffrir point de
compagnon.
Que cette conduite pourtant, Lecteur, ne te donne point de dégoût
sur ton entreprise. Une infinité de
gens mettent à la loterie, quoique
le gros lot ne soit que pour
un seul. Jason pendant l'épouvante

@

P R E F A C E.
de toute la Grèce, ne laissa pas
d'entreprendre le voyage de la
Colchide. En effet, par un je ne
sais quoi que lui fournit Médée,
ce hardi Cavalier revint à Athènes
avec la Toison d'Or. Ne désespère
donc pas du succès qui
peut t'arriver; car dans un siècle
aussi éclairé que celui où nous vivons,
tu pourras trouver quelqu'un,
qui avec moins de Poudre
qu'il n'en faut pour remplir une
tabatière, fera éclore plus de millions
de fin Or en trois ou quatre
instants, que le Soleil ne produira
de parfaits métaux pendant la durée
de l'Univers.
Mais je te vois dans l'étonnement, ami Lecteur: Je n'ai donc
garde d'étaler à tes yeux deux
autres avantages infiniment de plus
grand prix que l'Or dont tu
es ébloui. Je me contenterai de
te faire revenir à toi, pour te
faire recevoir dans un esprit calme

@

P R E F A C E.
le petit Dictionnaire que je te
donne. Le triple secret y est répandu.
Lis & relis, & fais un bon
usage de ce Livre; puisqu'il t'apprendra
sans peine si tu es véritablement
dans le chemin de parvenir
à la perfection du plus précieux
effort de l'Art & de la Nature:
c'est-à-dire, si tu dois t'attendre
de trouver le bonheur que tu souhaites
de posséder; ou bien si tu
ne feras pas mieux d'éviter le malheur
que tout homme sage doit
redouter, en cherchant inutilement
& avec de grands frais la
vérité & le secret d'une Science
qui paraît vaine aux yeux du vulgaire,
& qui ne peut être développée
de ses difficultés que par
de vrais philosophes, qui ne se rencontrent
que rarement.


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pict

N O M S D E S A U T E U R S
& des Livres dont on s'est servi pour cet Ouvrage.
Alanus,
Albert le Grand,
Alphidius,
Apulée,
Aristeus,
Aristote,
Arnaud de Villeneuve,
Artéphius,
Avicenne,
Basile Valentin,
Calid,
Clangor Buccinae,
Dastin,
Dorneus,
Garlandius,
Geber,
Guillaume de Paris,
Haly,
Hermès,
Hogelande,
Isaac Hollandais,
L'Abbé Sinésius,
La Fontaine des Amoureux,

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L'Hortulain,
La nouvelle lumière Chimique,
La Toison d'Or,
La Turbe des Philosophes,
Laurent Ventura,
Le Comte Trévisan,
Le Cosmopolite,
Le Grand Rosaire,
L'Inconnu,
Loüis des Comtes,
Margarita Novella,
Morien,
Nicolas Flamel,
Paganus,
Paracelse,
Philalèthe,
Pic de la Mirandole,
Poliphile,
Pontanus,
Rhasis,
Richard Langlois,
Ripleus,
Roger Bacon,
Saint Thomas,
Scala Philosoph.
Sendivogius,
Thomas Norton,
Zachaire,

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------------------------------ Extrait du Privilege du Roi.
PAR Grace & Privilege du Roy,
donné à Saint Germain en Laye le 2.
Decembre 1672. Signé, DALENCE: Il est
permis au Sieur CHARLES ANGOT Libraire,
d'imprimer plusieurs Traitez curieux de
Chymie, composez par les plus fameux
Auteurs anciens & modernes; sçavoir
les Livres d'Hermés, de Geber, d'Artephius,
de R. Lulle, d'Arnaud de Villeneuve,
Trevisan, Basile Valentin, &
autres sur la même matiere, en Prose
& en Vers, pendant le tems de neuf
années; avec défenses à tous Libraires
& autres d'imprimer lesdits Livres, sous
les peines portées par l'original du present
Extrait.

Ledit Sieur A N G O T a cedé son droit de Privilege à L A U R E N T D'H o u r y aussi Libraire à Paris.

Registré sur le Livre de la Communauté des imprimeurs & Marchands Libraires
de Paris. Signé, D. THIERRY, Syndic.

Achevé d'imprimer pour la premiere fois
le 26. May 1695.
DICTIONNAIRE
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pict

D I C T I O N N A I R E
H E R M E T I Q U E
A.
pict Bréviation. Ce terme vient du mot Abbrévier ou Abréger, ou bien gagner temps, qui est le sens littéral. Les Philosophes s'en sont servis lorsqu'ils
ont dit: La Pierre ne veut point d'abréviation.
C'est-à-dire, qu'il ne faut
point s'ennuyer du long travail, & qu'il
ne faut point prétendre l'avancer par
augmentation de feu, autrement on gâterait
l'ouvrage.
Abreuver le compôt; c'est imbiber la matière demeurée au fond de l'Oeuf Philosophal,
par celle qui est la plus subtile,
laquelle est montée au sommet du
vaisseau, & qui retombe d'elle-même ne
A.
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2 A B. A C.
pouvant monter plus haut. Les Sages
appellent autrement cette Opération,
Laver, ou Lavements.
Ablution. Les Philosophes ont ainsi nommé l'opération ou circulation de la
matière, lorsque de noire elle passe à
la blancheur. Autrement, Lavements du
Laton ou Leton qu'il faut blanchir. Voyez
Laton, ou Leton.
Acheloüs. C'est un fleuve humide: c'est-à-dire, que la matière Philosophale
qui était un corps dur, est devenue liquide.
Acier des Philosophes. C'est un des termes mystérieux de l'Art. C'est cette matière
dont on extrait le Mercure Philosophal,
laquelle ils appellent autrement Cahos.
V. Cahos. Ils l'appellent encore L'eau
de rosée de l'Equinoxe, quelquefois Le
menstrue du monde, ou leur menstrue.
Le Cosmopolite dit dans son Enigme,
Qu'il se trouve dans le ventre d'Ariès;
Et dans son Epilogue, Que l'eau Pontique
qui se congèle dans le Soleil & la
Lune, se tire du Soleil & de la Lune
par le moyen de l'Acier des Philosophes.
Toutes lesquelles manières de parler ne
sont qu'une même chose.
Accointer. Vieux mot qui signifie hanter
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A C. A D. 3
& se familiariser avec.... d'où vient
Accointance, familiarité.
Accordance, conformité, accord. Actif, agissant. Adapter, accommoder; dérivé du Latin Adaptare.
Adaptation. L'Adaptation des Philosophes est, lorsque la projection de l'élixir
au blanc ou au rouge est faite sur un
métal fondu ou réduit en forme mercurielle,
d'autant qu'il est de la même nature;
& pour cette raison il convient ou
a convenance avec l'élixir: ainsi Adaptation
veut dire, convenance ou similitude
de nature. En effet, quiconque voudrait
faire projection du blanc ou du rouge sur
une autre matière que sur une métallique,
il ne ferait ni or ni argent, d'autant qu'il
n'y a pas convenance de nature.
Addition de l'or Philosophal ou soufre citrin. C'est la rubification ou teinture
du Mercure, laquelle ne s'ajoute
point dans l'oeuvre, parce qu'elle
est contenue dans le Mercure; Et nous
entendons quelquefois par cette Addition
de l'or Philosophal, la projection de
l'élixir sur la matière convenable liquéfiée
ou échauffée.
Adduire, produire, alléguer; du Latin A ij
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4. A D. A F. A G. A I
Adducere.
Adulphur: c'est-à-dire, cendre ou sable.
Administrer, donner, fournir; du Latin Administrare.
Affermer, pour affirmer, affirmations. Afflamber & Emflamber; Inciter, enflammer. Il vient de Flambe pour Flamme:
on dit encore Flamber; du Latin
Flamma.
Affliction de l'Artiste par les esprits; infirmités, tristesses, & colères. C'est-à-
dire, que quand l'Artiste a laissé fuir ou
évaporer les esprits, l'opération ne peut
réussir. Autr. lorsque ses vaisseaux sont
rompus par une excessive chaleur &
que par conséquent les esprits sont brûlés.
Agazoph. C'est une opération divisée en deux parties, savoir en Periminel &
Adulphur. Voyez à leurs lettres.
Agent extérieur & intérieur. C'est le feu qui est l'Agent extérieur & qui excite
l'intérieur, lequel est le soufre de la
matière, Quelquefois c'est le Mercure
des Philosophes, à cause qu'il dissout les
corps sans corrosion & détérioration, &
les spiritualise.
Aigles des Philosophes. Par les Aigles,
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A I. 5
les Philosophes entendent l'eau qui aura
été autant de fois rendue aiguë ou rectifiée;
de sorte que chaque sublimation du
Mercure Philosophal est prise pour une
Aigle, & la septième suffit pour le Bain
du Roi. Une Aigle, ou deux, ou trois
commandent à Saturne, à Jupiter & à Venus:
ils commandent à la Lune depuis
trois jusqu'à sept; & quand il y a dix
Aigles, ils commandent au Soleil.
L'Aigle devenant le Lion. C'est lors que le Mercure Philosophal dissout le Soleil
& la Lune & les met en son ventre.
Autr. Quand le volatil dévore ou emporte
le fixe, ce qui se fait au commencement
du travail.
L'Aigle étendue: c'est le sel armoniac sublimé.
L'Aigle rouge fixe, ou Aigle volante: c'est le sel armoniac seulement.
L'Airain des Philosophes. Terme de l'Art qui signifie la même chose que
l'Or Philosophal, qu'ils appellent autrement
Laton, & quelquefois l'ouvrage
de la Pierre: Et quand ils disent que leur
Airain est fondu, c'est-à-dire qu'il est
parvenu au noir. Les choses ainsi entendues,
il faut dire que l'Airain est le
corps terrestre; Autr. l'ouvrage au blanc
A iij
@

6 A L.
autr. le Mercure Philosophal qu'ils disent
qu'il faut cuire; autr. l'Elixir parfait au
blanc ou au rouge.
Albar aeric: c'est le noir très noir, autrement le Leton qu'il faut blanchir; ou
bien c'est la matière de la Pierre qui contient
le Soleil, la Lune & le Mercure.
Albification, blanchissement ou blanchissage: action de blanchir.
Alchimie: mot composé de l'article Arabe Al, & de Chimie.
Aliment de la Pierre: c'est le feu continué: autr. l'eau la plus subtile laquelle
était montée au haut du vaisseau, & qui
retombe d'elle-même.
Alun des Philosophes: c'est la matière des Sages, lorsqu'elle est parvenue au
noir.
Alun sublimé: c'est lorsque la Pierre est arrivée au blanc parfait.
Alkasor des Philosophes: c'est la Pierre parfaite au rouge.
Alcooliser, ou réduire en Alcool: c'est- à-dire subtiliser; comme lorsqu'on pulvérise
quelque Mixte jusqu'à ce que la
poudre soit impalpable. On emploie
aussi ce mot pour exprimer un esprit
très pur: ainsi on appelle l'esprit de vin
rectifié, Alcool de vin.

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A L. A M. 7
Allégorie: terme Grec qui signifie que les paroles doivent être expliquées autrement
que dans leur sens naturel &
littéral; c'est-à-dire, lorsque l'on dit
une chose & que l'on en entend une
autre.
Allutel: c'est un vaisseau propre à sublimer une matière liquide.
Almagra: c'est le Leton. Amalgamer. Amalgamation: c'est corroder un métal par le moyen du mélange
du vif-argent ou Mercure qu'on met avec
lui. Autr. c'est mêler du Mercure avec
du métal fondu. Cette opération sert
pour rendre le métal propre à être étendu
sur quelques ouvrages, ou pour le
réduire en poudre bien subtile; ce qui
se fait en mettant l'Amalgame dans un
Creuset sur le feu: car le Mercure s'en
allant en l'air, laisse le métal en poudre
impalpable. Sur quoi il faut savoir que
le fer & le cuivre ne s'amalgament
point, mais bien les autres métaux
Amalgame d'or et d'argent: c'est l'union du Mercure avec le corps métallique
fondu de l'or & de l'argent.
Ame de la Pierre. Les Philosophes appellent ainsi ce qui est volatil sur le feu.
V. Corps & Esprit. Autr. L'Ame est appelée
A iiij
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8 A M. A N.
la vertu du corps & de l'esprit,
entrant, pénétrant, teignant & fixant
toutes, choses volatiles. Autr. L'air,
cause qu'elle est spirituelle.
Ame admirable: c'est la dissolution du parfait par le Mercure Philosophal.
Tirer l'Ame & l'esprit du corps: c'est dissoudre, calciner, teindre, blanchir,
baigner, laver, coaguler, &c. Et tout
cela ne signifie que la même chose, ou
l'opération de Venus.
Amender: ce que signifient ces mots, La nature s'amende en nature; nature
amende nature: c'est-à-dire, qu'il ne
faut point mêler les corps étrangers ou
d'une autre nature, parce qu'ils ne se
peuvent unir parfaitement & jusqu'à leur
intime, & qu'ils ne perfectionnent pas;
mais bien ceux qui sont de même nature,
comme un métal parfait perfectionne l'autre:
Et ce qui n'aura pas la nature métallique,
ne pourra pas le perfectionner,
mais plutôt le corrompre, ou du moins
le gâter & détériorer.
Amener, produire: raisons amenées, produites ou alléguées; il vient de mener,
du verbe Latin mino.
Androgyne, ou Hermaphrodite: c'est- à-dire, qui a les deux sexes, masculin &

@

A N. 9
féminin, unis ensemble.
Androgyne des Philosophes: c'est le mâle & la femelle unis dans le Mercure
Philosophal; c'est-à-dire, lorsque les
deux sexes de mâle & de femelle sont
joints en la couleur noire très noire,
qui est la putréfaction parfaite: alors
l'eau est convertie en terre, & les anciens
ennemis sont faits amis: car quand
la terre sera en air, elle sera blanche; &
lorsqu'elle sera devenue rouge, elle sera
feu; & alors la paix sera faite entre tous
les éléments, ou bien, entre les quatre
qualités, savoir froid, chaud, sec &
humide.
Animation. Animer, c'est verser une âme dans un corps: autr. c'est incorporer
le Mercure avec son esprit métallique,
afin de le rendre propre à recevoir
l'âme du Soleil & de la Lune, selon qu'il
a été préparé.
Animer manuellement le Mercure. Cette façon de parler ne signifie autre
chose, qu'incorporer le Mercure avec
son esprit métallique; laquelle Animation,
selon tous les Philosophes, n'est
que verser une âme dans un corps.
Anges. Quand les Philosophes parlent des Anges, ils entendent les natures

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10 A N.
transmuées en Anges; c'est-à-dire, lors
qu'elles sont faites spirituelles & subtiles:
aussi sont-elles alors de vraies teintures.
Angles. La chose qui a trois Angles en sa substance, & en a quatre en sa
vertu, & en a deux en sa matière, & en
a un en sa racine; c'est le Mercure Philosophal
qui contient les trois principes
de la nature, Sel, Soufre & Mercure;
& de plus la vertu des quatre Eléments
lesquels y sont contenus; & dans sa
matière lie le fixe & le volatil: Et un
dans sa racine, lequel est la matière éloignée
de la Pierre; & possède en outre toutes
les qualités dont nous venons de
parler.
Anneau du souverain lien. C'est le Mercure Philosophal dans lequel le Soleil
& la Lune des Sages sont compris &
unis & mariés,
Anneau d'or couvert d'argent. C'est la Pierre des Philosophes qui en son profond
est mâle & or, & en son manifeste
ou extérieur est argent ou femelle: ce
qui s'entend en son commencement, &
non pas quand elle est parfaite au rouge;
car quand elle est parfaite au rouge, la
blancheur de l'argent est alors cachée
sous la couleur de l'or.

@

A P. A R. 11
Apposition. Les Philosophes disent qu'il faut commencer par l'apposition du
Mercure citrin rouge, pour passer de la
couleur blanche à la rouge. C'est une façon
de parler des Sages; & la vérité est
qu'on n'y met aucune chose, d'autant
que la matière contient en soi tout ce
qui lui est nécessaire: mais on cuit seulement
la matière en augmentant le feu
lorsqu'il est nécessaire. Par cette façon
de parler, ceux la se trompent qui
croient qu'il faut mettre réellement un
Mercure de couleur citrine rouge.
Appareiller, Apprêter; Appareillés Apprêtés: il vient d'Appareil.
Arbre des Philosophes. Le grand Arbre des Philosophes est leur Mercure, qui
est leur teinture, leur principe & leur
racine; & quelquefois c'est l'ouvrage de
la Pierre. V. Pluie d'or.
Archée: c'est le Vulcain, ou la chaleur de la terre.
Arena: c'est la terre noire du noir très noir qu'il faut blanchir, autrement
dite le leton. C'est encore, le corps pur
& net.
Argent des Philosophes: c'est la matrice propre à recevoir le sperme & la teinture
du Soleil. Philalèthe l'appelle l'Or

@

12 A R.
blanc qui est plus cru, & qui est la semence
féminine dans laquelle l'or meurt,
autrement appelé le laton rouge, qui y
jette la sienne pour produire l'hermaphrodite
des Sages. En un mot, c'est le
Mercure des Philosophes; & quelquefois
ils entendent par leur argent, l'ouvrage
de la Pierre Philosophale.
Argent vif des Philosophes. Nous avons dit ci-dessus que c'est le Mercure des
Philosophes qu'ils voulaient cacher:
Quelques-uns l'ont appelé simplement
leur argent; mais d'autres plus hardis &
plus ouverts parmi les modernes, le nomment
leur argent vif, parce qu'il est vivant:
car le vif argent est bien différent
de lui, puisque c'est le commun. Or quand
on dit argent vif, c'est comme si on disait
argent vivant ou vivifié, lequel argent
vif est la racine des métaux: & la
raison pour laquelle les Sages l'appellent
quelquefois ainsi, c'est à cause que par
sa couleur, par sa vertu & par ses propriétés
il est semblable au Mercure minéral;
car il est blanc, transparent ou
clair, froid, humide, volatil & coagulable.
Autr. esprit volatil, qui est la
Lune au regard du Soleil. Autr. l'humidité
radicale de la Pierre.

@

A R. 13
Cuire l'Argent ou l'Argent vif des Philosophes: c'est-à-dire, cuire le Mercure
Philosophal: ou, cuire l'ouvrage au
blanc pour aller au rouge.
L'Argent vif des Philosophes exhalé: c'est ainsi que les Sages appellent l'ouvrage
de la Pierre, lorsqu'il n'y a plus
de noirceur.
Arguer, argumenter, raisonner; du mot latin Arguere.
Argus. V. Yeux d'Argus. Ariès, est l'un des douze Signes du Zodiaque, que nous appelons le Bélier
ou Mouton. Le Soleil entrant dans ce
Signe vers le 20. du mois de Mars fait
l'Equinoxe du Printemps, Ventre ou Maison
d'Ariès est un des termes mystérieux
de l'Art.
Arop: c'est la matière dont on fait la Pierre: ou bien, c'est la matière dont on
fait le magistère laquelle ne contient
qu'une seule chose.
Arse, brûlé: il vient du latin Arsus. Arsenic des Philosophes: c'est le Mercure des Sages: autr. la matière de laquelle
on tire le Mercure Philosophal:
autr. la matière des Hermétiques lors
qu'elle est venue au noir: autr. le soufre
ou semence masculine & agente.

@

14 A R. A S. A T.
Quelques uns entendent par ce nom le
sel qui est le lien du Soufre & du Mercure,
& qui sont tous trois les principes
de la nature & de tous les mixtes.
Arsenic des Philosophes non urent ou incombustible: c'est la Pierre des Hermétiques
parfaite au blanc.
Aruncula major: c'est la matière de la Pierre des Sages.
Assation. Les Philosophes appellent Assation, la couleur noire ou putréfaction
de la matière de la pierre: ils lui
donnent encore divers noms. V. Sublimation.
A tant: Ancien terme qui veut dire, de sorte que.
Atalante. Sous la Fable d'Atalante les Anciens ont caché notre Eau mercuriale,
isnelle & fugitive, de laquelle le
cours est arrêté par les pommes d'or jetées
par Hypomène, qui ont les soufres
fixants & coagulants.
Athanor: c'est le fourneau des Philosophes, plus propre pour leur ouvrage
que tout autre; c'est pourquoi par excellence
on l'appelle le fourneau des Philosophes,
ou le fourneau philosophique. Ce
mot d'Athanor est tiré de l'Arabe, &
signifie une tour dans laquelle l'on met

@

A T. A U. A Y. A Z. 15
du charbon pour entretenir le feu continuel
dans un fourneau qui y est joint:
il vient aussi du mot grec ἀθάνατος
immortel.
Atrop: c'est un terme Arabe qui signifie plomb. V. le Plomb des Philosophes.
Attrempance d'Alphidius: c'est le Mercure Philosophal, parce qu'il contient
en soi les quatre éléments tempérés
ou prêts de le devenir.
Atténuer, mette en poudre. Matière ou substance atténuée: c'est-à-dire, dégagée
de toute terrestréité, ou autrement
subtilisée. Ce qui se dit encore d'une matière
réduite en poudre subtile.
Aubins, blancs d'oeufs : du latin Album. Augment, augmentation: du latin Augmentum.
L'Automne des Philosophes, ou le temps des moissons: c'est lorsque leur ouvrage
est entièrement accompli.
Aimant, est un terme mystérieux de l'Art, Le Cosmopolite & Philalèthe s'en
sont servis.
Aimant des Philosophes: c'est la matière de laquelle on tire ou on extrait
le Mercure Philosophal.
Azinaban: c'est-à-dire, les fèces qui
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16 A Z. B A.
sont rejetées comme un vomissement
qui est l'impur séparé du pur de la matière.
Azot: c'est le commencement & la fin: autr. les quatre éléments. Le Mercure
Philosophal est ainsi appelé, parce
qu'il suffit seul; & ainsi est le commencement
& la fin de l'ouvrage, d'autant
qu'il contient tout ce qui lui est nécessaire.
Azot blanchissant le leton: c'est le Mercure Philosophal, ou l'argent vif
des Sages: autr. le compôt quand il est
arrivé à la noirceur.
Azot & le feu te suffisent: c'est-à-dire, que le feu & l'azot, qui est la matière
préparée, ou le Mercure Philosophal bien
purgé, suffisent à l'Artiste, n'ayant besoin
que de cela pour conduire l'ouvrage
ou l'oeuvre des Philosophes à sa dernière
perfection.

B.
B Ailler, vieux mot qui signifie donner: il est en usage au Palais.
Bain marin. Il se fait dans un chaudron ou un autre vaisseau, lequel est
d'ordinaire une cucurbite ou courge de
verre,
@

B A. 17
verre, de terre ou de cuivre, où l'on met
quelque chose pour distiller ou pour digérer.
On l'appelle Bain Marin, parce
que le vaisseau que l'on met dedans, y
baigne comme dans une mer. Quelques-
uns l'appellent Bain Marie, voulant dire
qu'il a été inventé par Marie la Prophétesse;
mais vrai semblablement le mot
Marie a été corrompu & pris pour
Marin.
Bain Marie des Philosophes: c'est le fourneau Philosophal, & non celui des
Chimistes & Distillateurs: autr. le Mercure
Philosophal dans lequel le Roi &
la Reine se baignent.
Ce que les Philosophes appellent Bain c'est une matière réduite en forme liquide
ou d'eau; comme quand on veut
faire projection sur un métal, il faut
qu'il soit fondu: & c'est ce qui s'appelle
Bain, ou réduction en forme mercurielle,
où le Roi & la Reine se baignent,
(qui sont le Soleil & la Lune)
parce qu'il est une eau liquide.
Le Baigner des Philosophes, c'est quelquefois cuire la nature jusqu'à ce qu'elle
soit parfaite: autr. c'est lorsque les circulations
se font dans l'oeuf; les Philosophes
disent que le Roi & la Reine se
B
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18 B A. B E.
baignent dans la fontaine, d'autant qu'ils
y sont naturellement contenus: Autr. Ce
dire est pour le temps auquel se fait la
distillation du Mercure Philosophal.
Basilic des Philosophes: c'est la Pierre au blanc ou au rouge parfait, qui de sa
vue tue le Mercure; c'est-à-dire projette
sur le Mercure, le tue, l'arrête & le
fixe, & agit de la même manière que le
basilic qui tue de sa vue l'objet auquel
il s'attache: & c'est parler par similitude,
comparaison ou convenance.
Quand les esprits sont battus ils s'épanouissent facilement: c'est-à-dire, élevés
& fortement poussés par le feu.
Baume universel de la nature: c'est l'élixir parfait au blanc ou au rouge, qui
font des merveilles ou choses surprenantes
dans les trois règnes de la nature,
végétal, minéral & animal: je veux dire
qui les perfectionnent & en font une
médecine rare & peu connue.
Bembel: c'est le Mercure Philosophal, & quelquefois l'ouvrage de la Pierre des
Sages; & ils prennent souvent l'un pour
l'autre.
Benibel: c'est le Mercure hermétique qu'il faut cuire.
La Bête venimeuse des Sages, & leur
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B L. 19
serpent; c'est la Pierre Philosophale lors
qu'elle est sublimée: & ce, par similitude;
d'autant que comme le serpent se glisse
insensiblement & par son venin tue, de
même la Pierre étant parfaite entre &
pénètre le métal imparfait & le tue:
c'est-à-dire, lui ôte son premier être
imparfait & sa volatilité, & le teint &
fixe au blanc ou au rouge parfait. V.
Serpent.
Blanche fumée, blanc esprit, & âme admirable: c'est la dissolution du parfait
par le Mercure Philosophal. Autr. c'est le
Mercure des Sages lui-même, parce qu'il
monte comme une fumée & ressemble à
du lait.
Blancheur des Philosophes. La Blancheur est dite par les Philosophes, vie &
résurrection; & la noirceur, mort. La
blancheur témoigne que les éléments précédents,
savoir l'eau & la terre, sont
faits éléments de l'air représentés par ladite
blancheur; & lorsqu'elle paraît,
c'est en ce moment que se fait l'union
du soufre & du Mercure, du mâle &
de la femelle, du fixe & du Volatil &
quand la Pierre est au blanc parfait, alors
le fixe a surmonté la nature du volatil, &
il n'y a plus d'humide superflu.
B ij
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20 B L. B O. B R.
La Blancheur Capillaire de N. Flamel: c'est lorsque le régime de Jupiter est
achevé, & qu'il paraît de petits filaments
blancs comme les cheveux.
Le Blanchir des Philosophes: c'est cuire la nature jusqu'à ce qu'elle soit parfaite.
Le Bois de vie: c'est le Mercure Philosophal, que j'ai dit ci-devant être le grand
arbre des Sages, & lequel étant vivant
donne la vie aux substances ou corps
morts.
Le Boiteux: le Vulcain, autrement la chaleur de la terre, que Paracelse appelle
l'Archée.
Boritis. Les Philosophes appellent de ce nom leur Mercure, lorsqu'il est parvenu
au noir très noir & qu'il est épaissi.
Autr. le leton qu'il faut blanchir.
Boue ou Limon: c'est lorsque la matière est devenue comme de la poix fondue,
& ensuite devient très noire.
Brasser: c'est-à-dire, agiter. Bref, Brièveté. L'Oeuvre ne veut point de Brièveté: c'est-à-dire, qu'on ne doit point s'ennuyer
de la longueur du temps, ni précipiter
ou prétendre avancer l'Oeuvre par
l'augmentation du feu, (si ce n'est lors
qu'elle sera nécessaire) autrement on gâterait

@

B R. C A. 21
tout; d'autant que c'est plutôt la
nature qui agit en l'Oeuvre que le feu
externe, qu'on ne doit employer que pour
mettre celui de la nature en mouvement,
& doit au contraire être très doux &
léger.
Broyer, c'est quelquefois cuire la nature jusqu'à ce qu'elle soit parfaite.
Brûler, en Latin Assare: c'est cuire la matière, la calciner, sublimer, & un
nombre infini de noms que vous trouverez
en ce Livre.

C.
C Admie: c'est la matière étrangère. Cahos & tombeau dont l'esprit doit sortir: c'est lorsque la matière est devenue
comme de la poix fondue & très
noire; parce qu'alors les éléments &
les principes de la nature y sont contenus
confusément. Le Cahos est encore la
matière de laquelle on extrait le Mercure
Philosophal: & quelquefois les Sages
l'appellent leur Lune.
Calcination. CALCINER: c'est rendre une chose solide, comme est une pierre
ou un métal, en poudre & en menues
parties, qui se désunissent par la privation

@

22 C A.
de l'humidité qui unit ces parties, &
n'en fait qu'un corps: & cette privation
se fait par l'action du feu, ou des
eaux fortes.
Calcination ou solution des Philosophes: c'est lorsque la noirceur paraît
& que la matière se calcine: Autr. C'est
lorsque la putréfaction & corruption de
la matière se fait; ce qui arrive par circulation
& ablution, que l'on pousse par
la continuation du feu.
La Calcination est la purgation de la Pierre. Le signe de la parfaite Calcination
est la congélation du Mercure, &
la congélation est une fixation des esprits,
Autr. c'est cuire la matière ou
la nature jusqu'à ce qu'elle soit en sa
perfection, ce qui se fait par la continuation
du feu. V. Lavements, Sublimation.
Le Vaisseau Calcinatoire, ou bien dans lequel se fait la Calcination de la Pierre;
c'est l'Oeuf Philosophal, ou le Fourneau
des philosophes car les Sages pour cacher
leur intention, disent quelquefois
l'un pour l'autre.
Calciner le Tartre par le vin: c'est-à- dire par l'eau-de-vie extraite du vin.
Calidité, chaleur; du latin Caliditas.
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C A. C E. 23
Cambar. Les Philosophes appellent ainsi leur matière, lorsqu'elle est parvenue
au noir très noir & qu'elle est
épaissie.
Capillaire, ressemblant à des cheveux; du latin Capillaris.
Carsufle. Voyez, Corsufle. Cémenter: c'est une manière de purifier l'or; elle se fait en stratifiant ce métal
avec une pâte dure composée d'une
partie de sel armoniac, deux parties de
sel commun & quatre parties de bol ou
de briques en poudre, le tout ayant été
malaxé avec une quantité suffisante d'urine.
Cendres. Ne méprisez pas la Cendre: car en icelle est le diadème de nôtre Roi
& l'argent vif. C'est la noirceur, le
leton, le plomb des Philosophes; dans
laquelle cendre est le Roi, qui avec le
temps sortira de ce sépulcre & de ces ténèbres,
& régnera avec puissance sur
tous les ordres de la nature. Autr. C'est
lorsque la matière est réduite en poudre
& qu'elle est calcinée: alors il n'y a
plus de noirceur, d'autant qu'il n'y a
plus d'humide superflu.
Cération. Les Philosophes appellent ainsi le passage de la couleur noire à la

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24 C E. C H.
blanche, qu'ils nomment autrement
ablution ou lavements: Autr. c'est l'imbibition
qui se fait par la circulation.
Cercle. On lit Cercle capillaire dans Flamel.
Le premier Cercle des Philosophes, c'est le premier ouvrage ou la première opération
pour faire la Pierre: Autr. l'animation
du Mercure. V. Animation.
La Chaleur du Soleil des Philosophes: c'est celle du feu de lampe qui est égale.
Chameaux: c'est l'ouvrage Philosophique. Changer les natures. V. Nature. Changer les espèces des métaux en autre nature. Les vrais Philosophes n'ont jamais
entendu changer les métaux en autre
nature; ce qu'Aristote a dit être impossible
s'ils n'étaient premièrement réduits
en leur première matière: mais ils
ont entendu par ce mot de changer, les
perfectionner par art; c'est-à-dire, améliorer
par le secours que vous donnez à
la nature par l'argent vif, & non pas
par le vif-argent. C'est pourquoi ceux
qui parlent de ce changement entendent
mal les Philosophes, parce qu'ils ne prétendent
pas les faire passer de la nature
métallique à une autre espèce & nature.
Le Cha-
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C H. 25
Le Chapelet végétable: c'est un raisin dont les grains ressemblent à ceux des
Chapelets.
Le Chariot de Phaëton: c'est l'eau mercuriale antimoniale: ou bien, c'est le
Mercure Philosophal ainsi nommé.
La Chartre des Philosophes: c'est-à- dire, la prison des Sages, qui est le fourneau
Philosophal: autr. l'oeuf Philosophal
qui contient la matière, qu'on pourrait
à bon droit nommer le cachot.
Chaudelet un peu chaud, diminutif de Chaud.
La Chaux vive des Philosophes: c'est du Mercure Philosophal & du soufre
de métal amalgamés ensemble.
Le Chef d'oeuvre de la nature & de l'art: c'est l'or Philosophal; c'est-à-
dire, l'élixir parfait au rouge.
La chose qui a le chef rouge, les pieds blancs & les yeux noirs, est tout le magistère.
C'est l'ouvrage parfait de la Pierre,
où ces trois couleurs sont les principales
& celles qui durent plus longtemps;
la noire est la première, la blanche
la seconde, & la rouge est la dernière.
Vêtir la Chemise azurée: c'est-à-dire, faire projection sur une matière métallique
C
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26 C H. C I.
fondue ou en fusion.
Le Chêne creux contre lequel Cadmus perça le serpent avec sa lance. C'est lors
que l'opération de la Pierre se fait; le
feu est la lance, l'oeuf est dans de la cendre
de Chêne: C'est pourquoi ils l'appellent
Chêne creux; le serpent est le
Mercure, & l'Artiste est Cadmus.
Chibric des Arabes: c'est l'huile radicale & philosophique du soufre,
Chien d'Arménie: c'est le soufre, appelé autrement lion, dragon sans ailes,
sperme masculin ou mâle.
Chienne de Corascène: c'est le Mercure, dragon ailé ou sperme féminin, femelle.
Cibations, ou Lotions: c'est la même chose. V. Lotions.
Ciboule: c'est un vaisseau de verre ainsi nommé.
Le Ciel des Philosophes: c'est l'or, & quelquefois le tartre des Philosophes:
ou bien encore, c'est le Mercure préparé
qui réduit les métaux en sa nature
en vivifiant leur Mercure mortifié, & en
séparant d'avec lui l'agent extérieur qui
est son soufre vitriolé: autr. c'est le
soufre qu'ils appellent ciel en terre,
mâle & femelle, même terre & eau:
autr. le Mercure philosophal.

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C I. C L. 27
Circulant, environnant; du latin circueo ou circumeo.
Circulation. CIRCULER, tourner en cercle ou en rond; du latin circulo.
Circulation: c'est une opération par laquelle on fait circuler une liqueur ou
essence dans un vaisseau bien bouché,
ou dans deux vaisseaux qui se tiennent
ou qui entrent l'un dans l'autre; ce qui
se fait par le moyen de la chaleur, ou
dans le fumier de cheval échauffé de lui-
même, ou dans le Bain Marin: autr.
c'est un mouvement qu'on donne aux
liqueurs dans un vaisseau de rencontre,
ou bien qui est scellé hermétiquement
en excitant par le moyen du feu les vapeurs
à monter & à descendre. Cette
opération se fait pour subtiliser les liqueurs,
& pour ouvrir quelque corps
dur qu'on y a mêlé.
La Circulation de la roue philosophique: c'est recommencer les opérations
qui ont déjà été faites, après avoir fait
les imbibitions qui dissolvent la matière;
& c'est le droit chemin des multiplications
de la Pierre.
Clarté. Après ténèbres vous aurez clarté. On entend par ce mot ténèbres,
la noirceur qui paraît après quarante-
C ij
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28 C L. C O.
deux jours de travail au plus tard, &
après cette couleur vient la blancheur,
que les Philosophes appellent clarté.
Clef. La putréfaction qui se fait quand la couleur noire paraît, est une des clefs
de l'oeuvre: car si elle ne paraît au plus
tard après quarante-deux jours de travail,
il est certain que votre ouvrage ne
vaut rien. En effet, c'est le vrai principe
& comme l'assurance certaine que
la chaleur due & proportionnée à la
corruption lui a été administrée; & c'est
la première partie de l'ouvrage philosophal.
Clerc, Savant. Clibaniquement: c'est-à-dire, selon la proportion du fourneau; du mot grec
κλίβανος, qui signifie un four.
Clouer: c'est-à-dire, fermer ou clore; afin que je leur cloue la bouche, Trévisan:
pour que je leur ferme; Il vient
de clore.
Coagulation: c'est la réduction que l'on fait d'une chose coulante & fluide dans
une substance solide, par la privation
de son eau, ainsi que l'a défini Geber
dans sa Somme. Telle est la coagulation
du lait.
Coagule, présure; c'est ce qui fait
@

C O. 29
cailler le lait: du latin coagulum.
Coaguler, cailler; du latin coagulare. Le coaguler des Chimistes, c'est donner une consistance aux choses liquides,
en faisant consumer une partie de leur
humidité sur le feu, ou bien en mêlant
ensemble des liqueurs de différente nature.
Le coaguler des Philosophes, c'est cuire la nature jusqu'à ce qu'elle ait acquis
sa dernière perfection.
Le vaisseau coagulatoire ou de coagulation des Philosophes: c'est l'oeuf Philosophal
ou la coagulation de la Pierre se
fait par la coction.
Cohober: c'est réitérer la distillation d'une même liqueur, l'ayant reversée sur
la matière restée dans le vaisseau. Cette
opération se fait pour ouvrir les corps
& volatiliser les esprits; & le cohober
des Philosophes se fait de lui-même, par
la nature, sans ouvrage de mains.
Colère. Par ce mot les Philosophes entendent le trop de feu qui brûle & gâte
tout l'ouvrage, & qui fait rompre les
vaisseaux par la violence qui est faite aux
esprits.
Colliger, recueillir, ramasser; du latin Coligere.
C iij
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30 C O.
Combustion, brûlement, action du feu qui brûle; du latin Combustio.
Commandement des Philosophes: c'est- à-dire, ordonnance, injonction, ou conseil.
Commixtion: Quelques Philosophes appellent commixtion lorsque la couleur
noire paraît, ou que la putréfaction
ou corruption de la matière se fait;
c'est-à-dire, du Mercure Philosophal qui
contient le fixe & le volatil, le mâle
& la femelle qu'ils disent alors se joindre:
autr. ils l'appellent le mariage Philosophique.
Compar ou Compagnon. Cette façon de parler des Sages, est une distinction
secrète par laquelle nous apprenons que
le Mercure Philosophal travaille seul
dans l'opération, jusqu'à ce que le noir
très noir & resplendissant apparaisse; le
Soleil qui est ce compar ne paraît point,
mais il commence d'agir. Ils appellent
encore compar le fixe qui a été volatilisée
par la partie volatile, & tous deux
se fixent en la couleur blanche. Ils appellent
encore quelquefois de ce nom,
le soufre qui est le compagnon du Mercure.
Compiler, ramasser, amasser dans un
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C O. 31
tas, entasser, piler; du latin compilare.
Complexion: c'est lorsque la matière est devenue très noire, & que les natures
se mêlent parfaitement & retiennent
les qualités les unes des autres.
La Composition naturelle & la Décomposition: c'est un ouvrage de la nature,
qui est un assemblage des parties ou union
des unes avec les autres; & la décomposition,
qui est le contraire, est un ouvrage
de l'Art, c'est une division des
parties.
La Composition des Philosophes n'est pas de plusieurs choses; elle n'est point
ouvrage manuel, mais seulement un changement
se nature, parce que la nature
se dissout, se sublime, se blanchit, &c.
d'elle-même, par sa seule vertu.
Compôt des Philosophes. Les Philosophes appellent leur matière nôtre compôt,
lorsqu'elle est devenue noire,
d'autant qu'elle contient leur Soleil &
leur Lune & les quatre Eléments.
Concaves, concavités. Concéder, accorder; du latin Concedere. Confection, composition; du latin Confectio. C iiij
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32 C O.
La Congélation & la solution du corps & de l'esprit se font en même temps.
Le Congeler des Chimistes: c'est laisser figer ou prendre consistance par le froid
à quelque matière qu'on avait auparavant
mise en fusion; comme lorsqu'après
avoir fait fondre par le feu un métal
dans un creuset, on le laisse refroidir;
ou bien lorsqu'on laisse refroidir
de la cire, de la graisse ou du beurre:
Cette congélation est chimique, mais
non pas philosophique.
Le Congeler des Sages. La Congélation des Sages est proprement un endurcissement
des choses molles & une fixation
des esprits volatils: & c'est ce que veut
dire Hermès, que sa force est entière si
elle est encore réduite en terre, d'autant
que tout le magistère ne consiste qu'à
faire une vraie solution & une parfaite
congélation.
Congeler, teindre & fixer, sont trois choses qui se font par une même opération,
& non par diverses, ni en divers
temps, ni en divers vaisseaux, non plus
qu'avec plusieurs drogues, comme croient
les ignorants: autr. c'est réduire ou convertir
en terre. V. l'article ci-après.
Congrégation, assemblée, société; du
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C O. 33
latin Congregatio.
Convertir les éléments: c'est dissoudre & congeler, faire le fixe volatil & le
volatil fixe, l'eau terre, la terre air, &
l'air feu; ce qui se fait successivement
dans l'opération ou travail de la Pierre:
d'où il est évident que la séparation ou
la conversion des éléments n'est pas vulgaire,
mais philosophique, V. Changer
la nature.
Conjonction ou Conception. Cela se fait lorsque la noirceur paraît, & que dans
la putréfaction les natures se mêlent parfaitement,
en sorte qu'elles tiennent les
unes des autres; c'est en ce temps que
ce fait la conception du jeune Roi.
Contrition Philosophale: c'est-à-dire, rupture ou rompre; ce qui se fait non
pas avec les mains, mais avec le feu.
Coopérer, travailler conjointement avec quelqu'un; du latin Cooperari.
Coopération, l'action ou travail qui se fait conjointement avec un autre; du
latin Cooperatio.
Copulation: c'est l'action par laquelle le mâle s'accouple avec la femelle.
Corail rouge: c'est l'ouvrage de la Pierre au rouge, ou la Pierre parfaite au
rouge.

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34 C O.
Corbins: c'est l'ouvrage philosophique. Corbeau. Que veut dire la tête du Corbeau qui est lépreuse, laquelle il faut
descendre sept fois comme Naaman,
dans le Fleuve du Jourdain, pour la
guérir? Ce sont les imbibitions ou lavements
de la Pierre, qui se font par
la continuation du feu; les distillations
& cohobations de la matière la plus subtile
qui retombe sur la plus noire, la
plus terrestre & la plus épaisse restée au
fond du vaisseau, c'est-à-dire de l'oeuf
philosophique.
La Corne d'Amalthée: c'est la richesse & abondance des biens, lorsqu'on est
parvenu au blanc parfait.
Corps. Les Philosophes appellent Corps, non-seulement ce qui a les trois
dimensions, largeur, longueur & profondeur,
mais encore tout ce qui peut
soutenir le feu, ce qu'ils nomment autrement
fixe; comme ils appellent Ame
tout ce qui de soi est volatil sur le feu;
& Esprit, ce qui retient le corps &
l'âme, & les conjoint & unit ensemble,
en sorte qu'ils ne peuvent plus être
séparés.
Autrement, ils appellent Corps la terre noire, obscure & ténébreuse que

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C O. 35
l'on blanchit ; Ame, l'autre moitié divisée
du corps qui donne l'âme végétative
capable de multiplication. Ils nomment
Esprit la teinture & la siccité, qui
comme un esprit a la vertu de pénétrer
toutes choses métalliques.
Ils appellent aussi Corps la substance fixe, ignée, résistante au feu; l'Esprit est
en lui la subtiliation de la parfaite purgation
qui a été une fois toute spirituelle:
Ainsi l'on dit que l'Ame est la
vertu de l'un & de l'autre, parce qu'elle
est de force à entrer, à teindre & à fixer
toutes choses volatiles.
Le Corps imparfait: c'est la terre, que les Sages disent être la mère de
tous les éléments.
Le Corps immonde: c'est le plomb ou Saturne, que les Philosophes nomment
autrement affrop ou attrop.
Le Corps pur et net: c'est le Jupiter ou étain, que les Sages appellent autrement
Arena.
Corps mort: c'est lorsque la matière est devenue noire; car la noirceur s'appelle
mort & ténèbres.
Corsufle ou Carsufle c'est le Mercure Philosophal, & quelquefois l'ouvrage de
la Pierre des Sages.

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36 C O.
Couleur Thyrienne: c'est-à-dire, de la véritable pourpre, qui est le sang
d'un poisson qu'on pêchait dans la Mer
du Levant aux environs de la Mer de
Thyr.
Couleur noire. Elle signifie la dissolution de la matière Philosophale, ou la putréfaction
& corruption.
Couleur verte. Elle veut dire que la Pierre est animée & qu'elle végète.
Couleur blanche. Cette couleur témoigne que la fixation des esprits s'approche,
& qu'il n'y a plus d'humide superflu.
Couleur rouge. Elle signifie que la Pierre approche de sa dernière perfection: ainsi
ce qui cause la diversité des couleurs,
c'est la diversité des digestions.
Couleur citrine. Les Philosophes appellent cette couleur leur or; & celle
qui suit après, la fleur de leur or.
Couper la tête au Corbeau: c'est-à- dire, blanchir; le glaive nu ou l'épée signifient
le feu; Ainsi c'est par la continuation
du feu que se fait cette opération,
& que le Corbeau se blanchit: c'est-
à-dire, la matière des Sages lorsqu'elle
est parvenue à la noirceur.
Couronne Royale: c'est la pierre complète,
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C O. C R. C U. 37
ou parfaite au rouge.
Coutumiers, qui ont accoutumé. Crachat de la Lune: c'est la matière de la Pierre Philosophale: autr. le Mercure
des Hermétiques.
Crible: c'est le fourneau philosophique dit Athanor: autr. c'est l'oeuf philosophique,
dans lequel la matière de la
Pierre des Sages étant élevée par la
chaleur du feu & ne pouvant monter
plus haut, descend goutte à goutte, comme
si elle passait par un crible.
Crisol: c'est-à-dire, un creuset; du latin Crucibulum.
Crocus: c'est la Pierre parfaite au rouge.
Croix. Les Philosophes, aussi bien que les Chimistes, entendent par une
Croix le creuset.
La Cucurbite des Sages: c'est le fourneau Philosophal, & non pas la Cucurbite
ordinaire des Chimistes & des
Distillateurs: autr. c'est l'oeuf Philosophal.
Cuider, penser, estimer, avoir opinion que quelque chose soit.
Cuire. Qui ne sait cuire l'air, ne sait rien en cet Art: c'est-à-dire, changer
l'eau en air, & l'air en feu.

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38 D E.
D.
D Ealbation: c'est toujours cuire ou continuer le feu; & après que la
noirceur est passée, la couleur blanche
paraît: ce qui s'appelle aussi lotion ou
lavement.
Débouter: c'est-à-dire, chasser, mettre dehors, exclure, renvoyer rudement;
terme du Palais.
Déceptes, tromperies; en latin Deceptio: Il vient de Décevoir, tromper,
abuser.
Déceveurs, trompeurs, affronteurs. Décorer, orner, embellir; du latin Decorare.
Décoction, cuisson; du latin Decoctio. Décuire, signifie proprement perdre sa cuisson; ainsi l'on dit qu'un Sirop
s'est décuit lorsqu'il a perdu une partie
de sa cuisson & qu'il est devenu plus
liquide. Mais Zachaire prend ce mot
pour cuire; du latin Decoquere, comme
on dit décoction pour cuisson.
Décomposition: c'est la dissolution & séparation des parties les unes d'avec
les autres; c'est proprement le métier

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D E. 39
de l'Artiste, pour purifier la matière de
ses hétérogénéités. V. Dissoudre.
Déluge. Sous le Déluge & la génération des animaux, les Anciens ont entendu
la génération & distillation des
soufres.
Dents; ce que signifie, les dents du Dragon que Jason sema, dont il naquit
des soldats qui s'entre-tuèrent. Ce sont les
deux Dragons de Flamel, le fixe & le
volatil, qui se tuent l'un l'autre, & qui
sont la matière de la Pierre des Hermétiques.
Dénudation philosophique: c'est lors que la noirceur paraît, & que la Matière
de la Pierre se putréfie. Les Sages
lui donnent divers noms.
Désespérations, désespoir. Délier le corps: c'est de dur qu'il est, le faire mol, fluide & coulant: autr.
c'est la putréfaction & dissolution de la
matière ou Mercure Philosophal V. Sublimation.
Dépouiller: c'est réduire le féminin en Mercure, & avec lui les matières
assemblées; la première action consiste
en cette opération.
Dérompre: c'est-à-dire, dissoudre. Dessécher: c'est cuire la nature jusqu'à,
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40 D E.
ce qu'elle soit parfaite.
Dessous: Que veut dire, ce qui est dessous est semblable à ce qui est dessus,
& ce qui est dessus à ce qui est dessous ?
C'est le Mercure Philosophal qui contient
le fixe & le volatil; le fixe est
dessous, & le volatil dessus: & après le
travail, le fixe & le volatil ne sont plus
qu'un; & comme au commencement un
seul a été, ainsi en cette matière tout
viendra d'un seul & retournera à un
seul: ce qui s'appelle convertir les éléments.
V. Convertir les éléments.
Mettre le dessus dessous & le dessous dessus: c'est changer les natures, c'est-
à-dire les éléments, ou faire sec ce qui
est humide, & ce qui est corps le faire
esprit. V. Changer ou convertir les natures,
ou les éléments.
Destruction des Philosophes: c'est la noirceur qui arrive après quarante ou
quarante-deux jours: autr. c'est la putréfaction
& dissolution de la matière,
ou du Mercure Philosophal. V. Sublimations.
Détonation: c'est un bruit qui se fait quand les parties volatiles de quelque
mélange sortent avec impétuosité. Ce
bruit s'appelle aussi fulmination.
Due,
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D E. D I. 41
Due, matière due, requise, nécessaire. Dévoyer, ôter du chemin, détourner: du mot de voie, chemin, faire fourvoyer.
Digestion. La Digestion se fait quand on laisse tremper quelque corps dans un
dissolvant convenable sur une très lente
chaleur pour le ramollir.
Dissolvants: ce que c'est. Le soufre & le Mercure sont les Vrais Dissolvants
des métaux. Tous les esprits sont Dissolvants:
c'est pourquoi la matière de la
pierre étant réduite en esprit, dissout
tous les corps, quelques durs qu'ils
soient.
La Dissolution de l'or. Elle se fait par le Mercure cru, & la seule crudité du
dit Mercure est cause de la dissolution
& pour faciliter cette dissolution, on
met un peu de Lune avec lui; car l'humidité
de la Lune y en nécessaire, à
cause de la trop grande siccité & compaction
de l'or, qu'elle tempère par la froideur
& humidité: & la sécheresse du Soleil
aide à la congélation de la Lune.
La Dissolution des Philosophes: c'est cuire la nature jusqu'à ce qu'elle soit en
sa perfection: autr. c'est réduire un corps
D
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42 D I.
en sa première matière, qui est eau.
Dissoudre: c'est rendre quelque matière dure en forme liquide par le moyen
d'une liqueur: Cette opération s'appelle
aussi décomposition; & lorsqu'on remet
la matière en corps, recomposition. V.
Solution.
Dissoudre le soufre & le soufre du soufre, par le vin naturel & l'eau commune:
c'est-à-dire, le vitriol lavé par
l'eau commune.
Dissoudre le soufre fixe de Jupiter: c'est-à-dire, le dissoudre avec l'esprit de
nitre.
Distillation. On appelle quelquefois Distillation la filtration, qui se fait en
diverses manières; c'est pourquoi voyez
Filtration.
Distillation des Sages. Les Philosophes appellent quelquefois de ce nom la couleur
noire & la putréfaction de leur matière,
qui étant ramollie & liquéfiée, se
circule dans le vaisseau. Autr. c'est quelquefois
cuire la nature jusqu'à sa perfection.
Distiller en montant: c'est distiller à la manière ordinaire, lorsque l'on met le
feu sous le vaisseau qui contient la matière
que l'on désirait échauffer.

@

D I. D O. D R. 43
Distiller en descendant. Cela se fait lorsqu'on met le feu sur la matière que
l'on veut échauffer: l'humidité étant alors
raréfiée, la vapeur qui en sort ne pouvant
suivre la pente qu'elle a de s'élever,
elle se précipite & descend au fond
du vaisseau; ce qui est violent & contre
nature.
Division. Voyez Séparation. Don céleste: c'est la matière de la Pierre.
Double, copie: Doubler, copier. Doulens, affligés; du latin Dolens. Dragon dit simplement: c'est le feu qui dévore toute corruption élémentaire:
Autr. le Mercure.
Le Dragon ailé: C'est le Mercure ou sperme féminin, & le volatil qui est froid
& humide, & est eau.
Le Dragon sans ailes: c'est le soufre; autrement appelé le sperme masculin, &
le fixe qui est chaud & sec.
Les deux Dragons dits simplement: c'est le Mercure sublimé corrosif, & l'antimoine.
Le grand Dragon est des quatre éléments. C'est le Mercure Philosophal, qui
est composé des quatre éléments.
Le Dragon dévorant sa queue: c'est la D ij
@

44 D R.
terre coagulée, humectée & desséchée,
qui est son eau mercurielle qu'elle boit
par les circulations, humectations & dessiccations.
Le Dragon igné, le sang duquel s'incorpore avec la saturnie végétable: c'est
le Mercure Hermétique.
Le Dragon qui veillait toujours à la garde de la Toison d'or: c'est le Mercure,
qu'il est mal aisé d'endormir; c'est-à-dire,
qu'il est difficile de l'arrêter & le fixer.
Le Dragon fut endormi par Jason, par l'invention que lui en donna Médée.
C'est-à-dire, que le Mercure, par les
soins de l'Artiste, de volatil qu'il est naturellement,
devient fixe & une médecine
admirable, par le moyen de laquelle
Médée (qui veut dire médecine) fit rajeunir
Aeson; parce que l'un des effets
de la Pierre Philosophale est de conserver
la santé & prolonger la vie.
Dragon dévorant: C'est le Mercure des Philosophes, qui dévore; c'est-à-dire,
qui dissout tous les corps.
Dragon volant: c'est le même. Le Dragon qui a trois gueules; c'est encore la même chose: & ces gueules sont
le Sel, le Soufre & le Mercure, que

@

D R. D U. E A. 45
les Philosophes estiment être les trois
principes de la nature qu'il contient.
Le Dragon est mort: c'est-à-dire, que le Mercure Philosophal, ou la matière
de la Pierre Philosophale est parvenue à
la couleur noire, qui signifie mort & ténèbres.
Le sang du Dragon: c'est la teinture de l'antimoine.
Duenech: c'est le noir très noir épaissi; autrement appelé, le laton ou leton
qu'il faut blanchir par la continuation
du feu.
Duzama: c'est l'Ouvrage de la Pierre ses Sages.

E.
E Au-forte ou de séparation. Les anciens Philosophes ne connaissaient
pas les Eaux fortes, parce qu'elles n'ont
été inventées qu'environ l'année 1300.
d'où il est aisé de conclure qu'ils n'en
ont jamais fait aucun usage, quoi qu'en
disent les Sophistes, qui se servent de
diverses drogues dans la plupart de leurs
entreprises Chimiques. Ils n'ont garde
d'en tirer ce qu'ils prétendent, parce
que ces Eaux ne peuvent être de vrais

@

46 E A.
dissolvants; d'autant que ce sont des corrosifs,
qui gâtent & altèrent les substances
métalliques: ce qui fait que les habiles
du temps ne s'en sont point servis.
Mais bien du dissolvant, qui se glissant dans la matière par un écoulement
d'amour, fait que de l'union de ce dissolvant
avec les plus parfaits métaux, l'on
en voit éclore ce qu'ils en peuvent souhaiter
conformément à toutes les règles
de l'Art. De là vient aussi, que la corruption
qu'il cause dans l'Ouvrage est le
principe de la prochaine génération; ce
que les Eaux-fortes, par la raison des
contraires, ne peuvent faire espérer:
d'où l'on doit juger certainement, que
ceux qui travaillent avec le secours des
Eaux fortes, ne méritent pas le nom de
Sectateurs d'Hermès.
Eau de départ: c'est l'Eau forte commune. Eau des Sages ou des Philosophes: C'est le Mercure Philosophal; Autr. la
matière de la Pierre lorsqu'elle est dissoute:
en ce sens elle se trouve partout.
Eau de mer ou Eau salée des sages: c'est le Mercure Hermétique; ainsi appelé
parce qu'il y a plus d'eau que de

@

E A. 47
terre, qu'il participe de la nature du feu,
& qu'il acquiert la subtilité, l'amertume
& la saleté ou puanteur.
Quelques demi Savants ont cru que c'était vraiment l'eau de la mer, à cause
de ce que nous avons remarqué ci-dessus:
mais qu'ils se souviennent que les Philosophes
ne parlent pas vulgairement dans
leurs Livres, où ils s'expliquent toujours
par énigmes ou par similitudes; & qu'ils
se sont plus étudiés à cacher la matière
& sa préparation, que beaucoup d'autres
choses nécessaires à savoir, sans lesquelles
pourtant on ne peut réussir. On
l'appelle autrement Eau de Mercure.
Eau de nuée: C'est le même; parce qu'il s'élève en haut en vapeur, & fait
une espèce de nuée, laquelle après descend
sur la terre.
Eau de vie des Philosophes: c'est le Mercure Hermétique, qui tue le corps,
puis le fait revivre lui inspirant la jeunesse;
& non l'eau-de-vie faite de vin,
que les anciens Philosophes ne connaissaient
pas. Autrement, l'élixir au blanc
projeté sur un métal imparfait, qui le
rend blanc & de sa nature, quelque solide
qu'il fût auparavant.
Eau Pontique: c'est la même qu'on
@

48 E A.
qu'on nomme ainsi, parce qu'elle est
plus âcre que le Mercure de l'or minéral,
d'autant qu'il n'est pas digéré. Les Philosophes
donnent encore ce nom à leur
Mercure, qu'ils appellent autrement
Vinaigre très aigre.
Eau céleste & élémentaire: c'est le Mercure des Sages, qui est une eau qui dissout
le Soleil & la Lune sans corrosion &
sans bruit.
Eau de feu ou ignée: c'est le même; parce qu'il contient la chaleur terrestre
de la nature, laquelle dissout sans violence;
ce que le feu commun ne peut
faire.
Eau douce des Sages: c'est le Mercure Philosophal, & quelquefois l'Ouvrage
de la Pierre.
Eau sèche des Philosophes: c'est la Pierre parfaite au blanc. Autr. le Mercure
des Sages.
Eau seconde: c'est le Mercure Hermétique, qui est appelé Azoth, blanchissant
le leton.
Eau Antimoniale Mercuriale, dite par les Anciens Minotaure.
Eau Mercuriale, ou le Chariot de Phaëton.
Eau distillée, qui a en soi les plus subtiles
@

E A. 49
subtiles parties du soufre.
Eau permanente de l'argent vif des Philosophes.
Eau sèche, qui ne mouille point les mains.
Eau de blanchissement. Eau bénite. Eau venimeuse. Eau vicieuse. Eau puante. Eau minérale. Eau de céleste grâce. Eau précieuse. Eau des Eaux. Eau des Philosophes Indiens, Babyloniens & Egyptiens.
Enfin tous ces noms & autres sont donnés au Mercure Philosophal.
Eau mondifiée de la terre ou de l'élixir: c'est lorsque la couleur noire a disparu,
& que la blancheur règne.
Eau dorée: c'est lorsque le corps est fait spirituel; c'est-à-dire, que le Mercure
Philosophal est fait.
Eau radicale des métaux: c'est l'âme des métaux, ou l'huile essentielle des
métaux, laquelle est le Mercure Hermétique.
Eau des équinoxes: c'est l'eau de la E
@

50 E A. E B. E C.
rosée qui tombe du ciel au temps des
équinoxes, ou quelques jours après, laquelle
a de grandes propriétés. Il faut
savoir qu'il n'en tombe point pendant
les vents du Nord & de Galerne.
Les Philosophes se sont encore servis de ce nom pour cacher leur matière;
d'où quelques-uns ayant pris cela à la
lettre, & non dans son vrai sens, se sont
ruinés en s'opiniâtrant à la continuation
de leur travail.
Vraie Eau cristalline végétable: c'est l'Eau-de-vie commune ou ardente faite
de vin, sept fois rectifiée.
Eau végétale: c'est l'Eau-de-vie faite de vin.
Eau de la mer salée: c'est l'urine. Eau des microcosmes: c'est l'esprit de nitre.
Ebisemeth. Les Philosophes appellent de ce nom la matière Philosophale lors
qu'elle est arrivée au noir très noir:
autr. le leton qu'il faut blanchir par la
continuation du feu de même degré.
Ebullition, action de bouillir. Eclipse du Soleil et de la Lune: c'est lorsque la matière Philosophale dans
le premier régime est devenue comme de
la poix fondue, & après devient très
noire.

@

E D. E F. E L. 51
Edulcorer: c'est adoucir quelque matière empreinte de sel, par l'eau commune.
Effervescences: c'est une ébullition faite dans une liqueur sans séparation de parties,
comme quand du lait nouvellement
tiré, ou une autre liqueur semblable,
bout sur le feu, & qu'après l'ébullition
il demeure de même qu'il était auparavant.
Effusion. La première effusion est la purgation ou purification de la Pierre
Philosophale, laquelle se fait depuis le
commencement jusqu'à la perfection
complète ou entière de l'ouvrage: il y
en a autant que de digestions.
Elément froid: c'est l'eau. Les Philosophes appellent ainsi leur Mercure, d'autant
qu'il est fait eau par sa préparation.
Elixir, nom qu'on donne à la Pierre Philosophale.
Elixir parfait au rouge: c'est l'ouvrage parfait de la Pierre, qu'Hermès appelle
la force forte de toute force. Les Arabes
l'ont appelé Elixir, qui veut dire
ferment ou levain pour fermenter la
pâte, & la joindre, lier & multiplier.
Il est aussi dit Médecine, servant à
E ij
@

52 E L.
guérir & purger tous les corps malades,
& à perfectionner tous les métaux
imparfaits.
Il est aussi appelé Dragon, parce qu'il dévore & convertit en sa substance les
métaux imparfaits. Flamel le dépeint
par un homme terrassé vêtu d'un habit
de couleur de pavot, qui tient en
main le pied d'un Lion rouge. V. Huile
de nature.
L'Elixir au rouge parfait, est une source de force surprenante, d'autant
qu'avec peu de matière il opère sur le
corps humain & sur tous autres sujets,
au-delà de ce qu'on peut s'imaginer:
car il vient facilement à bout des maladies
les plus désespérées; c'est pourquoi
on l'appelle Or potable & Médecine.
Elixir parfait au blanc. Lorsqu'il est projeté sur un métal imparfait fondu,
il le convertit en argent & lui donne
le poids de l'or, d'autant qu'il est or
blanc; celui-ci étant plus tempéré que
le précédent, a plus de convenance pour
toutes les maladies des femmes de quelque
qualité qu'elles soient.
Il est aussi Médecine comme le rouge sur tous les végétaux, minéraux & métaux,
& même sur les pierres précieuses:

@

E M. 53
car il fait des perles plus belles que les
naturelles; du verre & du cristal il fait
des diamants, & du Mercure il fait une
substance malléable. Il est la vraie huile
de talc tant secrète, qui pénètre doucement;
& ceux qui se vantent d'avoir
trouvé ce secret, sont par conséquent
bien éloignés de leur compte, s'ils ne
savent l'art de travailler sûrement jusqu'au
blanc parfait.
Emblème. Ce mot se prend pour figure, représentation.
Emblématique, pour énigmatique. Alciat s'est servi de ce mot en ce sens.
Embryon, mot grec qui signifie l'enfant qui est dans le ventre de la mère,
que les Latins appellent Foetus.
Emeraude des Philosophes: c'est la rosée des mois de Mars & de Septembre,
qui est verte & étincelante; celle
de l'Automne est plus cuite que celle du
Printemps, d'autant qu'elle participe plus
de la chaleur de l'Eté qu'au froid de l'Hiver:
C'est pourquoi ceux qui s'en servent
appellent mâle celle de l'Automne,
femelle celle du Printemps, d'autant
qu'elle participe plus de l'Hiver que de
l'Eté, & qu'ainsi elle est plus froide que
l'autre.
E iij
@

54 E M. E N.
Mais quoi que la rosée des deux saisons ait des propriétés particulières pour
les végétaux, néanmoins il n'y a que les
ignorants qui veulent s'en servir pour la
matière du grand oeuvre; & s'ils avaient
attentivement lu & compris les livres
des Philosophes, ils sauraient que leur
matière est en partie fixe & en partie volatile:
ce qu'on ne peut attribuer à la
rosée, ni même au Mercure commun
& ordinaire.
Emender, pour amender; du latin Emendare.
Encirer: c'est-à-dire, imbiber. Enfant. Ce qu'on entend par ce mot en termes de l'Art.
Les quatre enfants de la nature, sont les quatre éléments deux mâles & deux
femelles deux légers & deux pesants.
L'Enfant des Philosophes: c'est le Mercure Hermétique, qu'ils ne créent &
n'engendrent pas mais qu'ils savent
prudemment tirer du lieu où il est enfermé
par l'industrie de la nature.
Enfer. Les Philosophes nomment Enfer la couleur noire qui paraît lorsque se
fait la putréfaction ou la corruption de
la matière Hermétique mise dans l'oeuf.
Enflamber. V. Afflamber.
@

E N. E P. 55
Engendrements & noces: c'est l'ouvrage de la Pierre des Sages lorsqu'il est parfait,
parce qu'il peut faire des productions
merveilleuses sur tous sujets: autr.
c'est la Pierre où le Roi est conçu &
engendré dans la couleur noire, en laquelle
les substances s'unissent; c'est
pourquoi on la nomme noces & mariage.
Engin: c'est-à-dire, esprit, industrie; du mot latin Ingenium. Il signifie aussi un
instrument.
Enquis, d'enquérir, rechercher; du latin Inquirere.
Ententif, pour attentif; d'entendre. Entrant, terme de l'Art qui signifie pénétrant: Ainsi les Philosophes disent
que leur magistère est parfait, lorsqu'il
est fondant entrant & tingent.
Envie; envieux, jaloux, réservés. Les Philosophes sont envieux: c'est-à-dire,
sont jaloux de leur science, la cachent,
la tiennent secrète & ne la veulent point
faire connaître: Comme au contraire,
ils disent qu'ils ne sont pas envieux, &
qu'ils parlent sans envie quand ils parlent
ingénument & sincèrement.
Epée des Philosophes: c'est le feu: autr. la Pierre au blanc parfait.
E iiij
@

56 E P. E R. E S.
Ephese ou Bain: c'est la seconde digestion de la Pierre, faite par un corps
humide.
Ephoddebuts. La Pierre des Sages est ainsi appelée lorsqu'elle est parvenue
au rouge parfait: car ce terme signifie
vêtement purpurin.
Errants, ceux qui errent, qui font errer, ou qui trompent.
Errer, manquer, faillir; du latin Errare: d'où Erratiques, qui font errer.
Espèces des métaux changées. V. Changer. Esprit fugitif: c'est le Mercure, quoiqu'il soit un corps métallique.
Esprit dit simplement. L'esprit est nommé l'oiseau d'Hermès: c'est le Mercure
Philosophal d'autant qu'il est subtil &
monte par sa vertu aérée & ignée.
Esprit de Mercure: c'est le Mercure Hermétique qui est tout esprit.
Esprit de vie: c'est la même chose, & est ainsi appelé parce qu'il vivifie les
métaux morts.
Esprit des Philosophes: c'est leur magistère, d'autant que de corporel qu'il
était au commencement, ils l'ont fait
devenir esprit par leur art.
Esprit universel: c'est une substance
@

E S. 57
subtile & rare, distinguée de son total
premier créé, qui diversement réuni à
son solide qu'on nomme sel, constitue
avec lui toute la variété spécifique &
individuelle de la nature; la régit & la
vivifie moyennant les accidents qui les
font paraître au-dehors.
Esprit de miel. Glazer dit qu'il réduit tous les métaux en vitriol, c'est-à-dire
en Mercure.
Essence. V. Quintessence. Essensifié. rendu ou fait essence. Etain des Philosophes: c'est l'ouvrage de la Pierre & quelquefois le Mercure
Hermétique: autr. c'est l'oeuvre au blanc
qu'il faut encore cuire.
Etain calciné. Jamais l'Etain calciné ne se remet en corps s'il n'est calciné par
le Mercure des Sages; au lieu que tous
les autres métaux s'y remettent facilement
& dans leur calcination ils perdent
une partie de leur poids: mais l'Etain
seul augmente le sien par sa calcination,
ce qu'il est bon de ne pas ignorer.
Etoiles & Planètes des Philosophes: ce sont les métaux qui résident dans leur
ciel terrestre: autr. c'est quelquefois les
couleurs qui apparaissent durant l'ouvrage
de la Pierre.

@

58 E S. E T. E V. E X.
Estomac d'Autruche: c'est l'eau-forte commune en termes de l'Art. V. Eau-
forte.
Etheb: c'est-à-dire parfait; comme lorsque l'on dit, l'élixir a converti cent
parties en Etheb, c'est-à-dire, en métal
parfait.
Ethelia: c'est la terre très noire qu'il faut blanchir: autr. le leton.
Evaporation: c'est la séparation externe de tout humide superflu en quelque
mixte, élevé par une chaleur lente &
a découvert.
Eudique. Les Sages le nomment autrement Mosz, quelquefois Hacumia:
c'est-à-dire, les faces du verre.
Exaltation d'eau: c'est ainsi que les Sages nomment leur Pierre.
Exaltation des Philosophes: c'est la sublimation Philosophale, ou subtiliation:
ou bien, la perfection V. Sublimation.
Excrément du suc du plan de Janus : c'est le tartre.
Exsiccation, dessèchement; du latin Exsiccatio.
Extraction. Les Philosophes appellent ainsi leur ouvrage lorsque la couleur
noire paraît, & que la putréfaction ou
corruption de leur matière se fait, d'autant

@

E X. F A. F E. 59
que les confections sont réduites en
semence. Et quand ils disent qu'il faut
extraire la rougeur de la blancheur, ce
n'est pas par aucune voie ordinaire ou
lotions Chimiques, mais seulement par
la continuation du feu.
Extrinsèque, extérieur; du latin Extrinsecum.
F.
F Action: C'est une action de faire; Faction de notre divin oeuvre, Zachaire:
c'est-à-dire, parachèvement de
travail, d'ouvrage, & accomplissement;
du latin Factio.
Faim des Philosophes: c'est le désir ardent d'apprendre.
Faisan d'Hermès: c'est le Mercure Philosophal par similitude, d'autant que
le Faisan a communément son plumage
doré, & le Mercure des Sages contient
en soi l'or Philosophal en puissance.
Féaux, fidèles: il vient de Féal. Fèces: c'est un terme de l'Art, dérivé du mot latin Faeces, qui signifie crasse,
lie, impuretés, limon, ordures, l'excrément
& les parties les plus grossières,
impures & étrangères qui s'affaissent &

@

60 F E.
demeurent au fonds; que l'on appelle
autrement résidence, principalement d'une
liqueur quand elle s'est purifiée, comme
la lie à l'égard du vin.
Femelle des Philosophes: c'est le Mercure; & le mâle c'est le soufre, tous
deux faisant & contenant le Mercure
Philosophal.
Femme blanche: c'est le Mercure. Le Fer des Philosophes: c'est l'ouvrage de la Pierre des Sages.
Ferment: c'est un terme de l'Art; du latin Fermentum, qui signifie levain. On
appelle ainsi la partie fixe de la Pierre;
& ainsi fermenter, c'est donner le ferment
ou levain; & fermentation, est l'action
par laquelle on fermente.
Le Ferment des Philosophes. Nous appelons ferment toute chose exaltée: autr.
c'est le mâle ou le fixe & la matière de la
Pierre: autr. c'est l'élixir parfait au
blanc ou au rouge, qui est le principe
de fixion, dont une petite portion comme
le levain, fermente beaucoup de
matière & la convertit en sa nature.
On peut encore nommer Ferment, quoi qu'improprement, les imbibitions
de la Pierre parfaite, lorsqu'on la veut
multiplier en qualité & quantité: autr.

@

F E. 61
c'est l'âme du compôt.
§ Il est bon de ne pas ignorer qu'il n'y a point de vrai ferment si ce n'est du Soleil
& de la Lune; mais pour parler justement,
il n'y a que le Soleil qui soit
ferment, & la Lune est seulement la racine
du ferment. La rougeur cachée
sous l'élixir blanc s'appelle encore ferment,
qui dans le second magistère convertit
en rouge toute la masse.
La Fermentation des Chimistes: c'est l'union interne & spiritueuse de diverses
substances en un seul corps pour plusieurs
effets.
Feu. L'élément du feu n'a pas une sphère particulière au-dessus de l'air,
comme le croient quantité de personnes;
mais ceux qui savent la vraie Philosophie
d'Hermès, ne reconnaissent autre
feu de la nature que la lumière du Soleil
qui est le premier principe de tout
mouvement naturel; Et comme le Mercure
des Sages est l'abrégé des perfections
de toute la nature, & qu'on
l'appelle le petit monde, il contient ce
feu, qui est un feu en puissance qui ne
brûle pas les mains & qui fait paraître
son pouvoir lorsqu'il est excité par l'extérieur;
& il s'appelle naturel, parce

@

62 F E.
qu'il est de la nature de la chose: car il
est constant qu'il n'y a au monde que ce
feu seul qui puisse extraire de la Pierre
son humidité onctueuse & radicale qui
contient le Mercure & le soufre des
Sages.
Feux des Philosophes. Les Philosophes ne connaissent que trois feux: savoir,
de lampe, de cendre, & celui de l'eau
ou du Mercure Hermétique.
Feu de lampe. Le Feu de lampe est continuel, humide, vaporeux aérien &
artificiel à trouver: car la lampe doit
être proportionnée à la clôture, autrement
on ne ferait rien.
Feu de cendres: c'est celui sur lequel l'oeuf Philosophal demeure assis, & qui
a une chaleur douce provenant de la
tempérée vapeur de la lampe. Ce feu
n'est point violent, s'il n'est par trop
excité; il est digérant, altérant, & aussi
humide.
Feu naturel, appelé aussi contre nature. Le troisième Feu est celui nommé
naturel de notre eau, qui à cause de cela
est appelé feu contre nature, parce qu'il
est eau, & fait que l'or devient esprit:
ce que le feu commun ne saurait faire.
Il est minéral & participe du soufre,

@

F E. 63
rompt congèle dissout & calcine tout;
il est pénétrant, subtil & non brûlant:
Autr. c'est la lumière du Soleil.
Feu contre nature des Chimistes: ce sont les eaux-fortes composées d'esprits corrosifs;
& sont ainsi appelés contre nature,
parce qu'ils détruisent la nature.
Augmentation du Feu par les Sages. Quelques Philosophes disent qu'en l'ouvrage
du grand oeuvre il faut augmenter
le feu de temps en temps, & commencer
suivant le sentiment d'Arnaud de
Villeneuve en son Testament, lorsque
la matière est au blanc parfait, d'autant
que le feu est la nourriture de la Pierre,
& que tous les esprits qui auparavant
étaient volatils & délicats sont alors fixés;
mais pour lors la Pierre a acquis
force & vigueur: c'est pourquoi il lui
faut des aliments plus forts comme à
un enfant sevré, auquel il faut d'autre
nourriture que du lait.
D'autres au contraire, disent qu'il ne faut point augmenter le feu externe,
mais que cela se doit entendre philosophiquement
& non littéralement: c'est-
à-dire, que c'est le feu interne qui est
dans la matière qui augmente à mesure
du progrès de la cuisson du Mercure des

@

64 F E.
Sages, & non pas qu'il faille augmenter
le feu externe. Autr. c'est la continuation
du feu du même degré qui est le
feu de lampe & non pas le vulgaire fait
de bois ou de charbon.
Autres Feux de Chimistes. Ils distinguent les Feux en celui de contre nature,
de Feu naturel & de Feu non naturel. Le
Feu, disent-ils, contre nature est celui
de charbon; le Feu naturel est celui qui
est interne & est né dans les choses; le
Feu non naturel est appelé ministrant,
serviteur & externe, comme celui du
bain, de la lampe ou de fiente.
Le Feu commun est celui de flammes ou de bois, & il faut les entendre mystiquement.
Comme: le Feu naturel, c'est le soufre
du Soleil & de la Lune; le Feu
contre nature est celui qui est contre la
nature du Mercure: c'est l'eau-forte.
Feu de chasse: c'est-à-dire, autant extrême que rien ne distille plus des matières
durant une heure.
Feu de suppression: c'est-à-dire, qui couvre entièrement le vaisseau.
Feu de réverbère. V. Réverbère. Feu de fonte ou de fusion: c'est celui qui fond les métaux; selon leur qualité
il a plusieurs degrés: aussi y a-t-il des
métaux
@

F E. 65
métaux plus difficiles à fondre les uns
que les autres.
Feu matériel: c'est celui des cendres ou d'Athanor, qui est pour dessécher,
congeler & fixer.
Feu végétal: c'est le tartre. Feu infernal: c'est-à-dire, un lieu médiocrement chaud.
Feu azotique: c'est celui de suppression. Feu appelé Dragon. Les Hermétiques l'appellent quelquefois ainsi, d'autant
qu'il dévore tout ce qui est corrompu:
car il ne peut souffrir aucune corruption
comme font les autres éléments;
c'est pourquoi on se sert du feu pour
les purger & les en garantir.
Feu céleste enclos dans une eau: c'est celui du Mercure des Sages, & le Mercure
même.
Elément du Feu qui est dans la matière. Les Philosophes l'ont appelé leur
or vif.
Le Feu secret & de génération: c'est le Feu de lampe mis au degré de chaleur
que désirent les Hermétiques.
Le Feu naturel ou de nature: c'est celui du Mercure des Sages, parce qu'il
est de la nature du Mercure; & il n'y
F
@

66 F E.
a que ce Feu au monde capable de calciner,
dissoudre & sublimer la Pierre
Hermétique. Autr. c'est la lumière du
Soleil accompagnée de la chaleur vivifiante,
qui sont le principe de tous les
mouvements du monde. Autr. c'est proprement
le soufre de nature.
Le Feu humide qui est aussi naturel: c'est quelquefois celui de lampe, de cheval,
ou de bain; & aussi quelquefois celui
du Mercure des Sages qui a été cuit
jusqu'au blanc & fixé, qu'il faut encore
cuire, quoi que sans humeur, pour le
porter jusqu'au rouge parfait.
Feu sec: c'est celui de flammes ou feu violent.
Feu secret & occulte: c'est celui du Mercure Philosophal. Autr. Feu minéral.
Autr. la fontaine d'eau vive où se
baignent le Roi & la Reine. Ce feu ne
brûle point mais il ne fait qu'échauffer:
il est le seul agent qui dispose la matière
à être réduite en eau, & qui est le feu
interne de la matière.
Feu & eau: c'est le mâle & la femelle, le Soufre & le Mercure contenus
au Mercure Hermétique.
Feu dit simplement: c'est le Soufre. Feu central de la terre: c'est un feu
@

F E. F I. 67
humide, tenant également du Soufre
& du Mercure: Il perfectionne & fait
croître tout, mais le vulgaire corrompt
& consume tout.
La fille de Platon: c'est le Mercure des Philosophes, dans lequel sont compris
& liés le Soleil & la Lune des
Sages.
La Fille d'Hippocrate: c'est la Pierre au blanc parfait.
La Fille du grand secret: c'est la même chose; & qui est ainsi très bien nommée,
car il ne faut pas se vanter de l'avoir.
La Fille de la vierge: c'est le Mercure des Sages.
Le Fils du soufre: c'est le même Mercure, d'autant qu'il dévore & consume
tout ce qu'on lui oppose.
Les Fils des Philosophes: ce sont les enfants de la science, ou ceux qui font
profession de leur science.
Filtrer: c'est clarifier quelque liqueur, en la passant par un papier gris. Voyez
Filtrer.
Fixer: C'est cuire la noirceur jusqu'à ce que le blanc parfait paraisse.
Fixation: terme de l'Art, qui veut dire rendre fixe; c'est-à-dire, rendre une
chose qui est volatile & qui s'enfuit du
F ij
@

68 F I. F L.
feu, en état de le pouvoir souffrir sans
s'évaporer ni sublimer, selon Geber dans la
Somme. Autrement, c'est le changement
du corps volatil en fixe; c'est-à-dire, persévérant
aux flammes. Sur quoi il est bon
de savoir que les éléments pesants contribuent
plus à la fixation que les autres;
& les légers à la fusion plus que les pesants.
V. Sublimation.
Le principe de Fixation: c'est le sel fixe contenu dans la matière.
La perfection de Fixion ou de Fixation. Les Philosophes ont ainsi appelé
l'incération de la Pierre, lorsqu'elle est
conduite au rouge parfait & qu'on la
met au feu des Verriers durant deux
jours naturels, dans un creuset couvert
d'un autre & lutté, ce qui s'appelle Creuset
d'adaptation. Ils disent que cela lui
donne fusion à ingrés. Et cette opération
est aussi nommée la dernière calcination
de la Pierre.
La Flamme: ce n'est autre chose qu'une humidité décuite par la chaleur, faite
onctueuse & aérienne par la persévérance,
laquelle paraît en lumière, tantôt
plus claire, plus colorée ou obscure,
selon le plus ou le moins du pur & de
l'impur; ce qui est la source des couleurs.

@

F L. F O. 69
Les Fleurs du Magistère qu'il faut se donner de garde de brûler: ce sont les
esprits enclos dans la matière, lesquels
sont très délicats; c'est pourquoi il faut
se servir d'un feu très doux, crainte de
les altérer ou brûler, auquel cas ils
rompent les vaisseaux pour se faire passage.
La Fleur du sel des Philosophes qu'il faut cuire: c'est l'ouvrage de la Pierre
des Sages.
La Fleur du Soleil: c'est une blancheur étincelante plus que la neige lorsque le
Soleil donne dessus, & qui excède toutes
les blancheurs, qui est celle de la
Pierre blanche parfaite.
La Fleur de l'or: c'est le Mercure Philosophal. Autr. c'est lorsque la couleur
citrine est passée & qu'une autre couleur
lui succède. Autr. c'est la blancheur étincelante
de la Lune.
La Fleur de Sapience: c'est l'Elixir parfait au blanc ou au rouge.
Fleur de Pêcher: c'est le Mercure Hermétique.
Fondant, fusible, qui se peut fondre & réduire en liqueur: c'est un terme de
l'Art. Voyez Entrant.
Notre corps est fondu: c'est-à-dire,

@

70 F O.
que la matière est blanche comme neige
Autr. qu'elle est fondue en eau; qu'elle
est déliée, subtile & spirituelle.
La Fontaine de Flamel, c'est la retorte; & l'eau bouillonnante, est le Mercure
Philosophal.
La Fontaine du Torrent, & celle des Philosophes, c'est la même chose.
La Fontaine des Métaux & celle du Comte Trévisan: c'est le Mercure des
Sages d'autant qu'il est la source universelle
de toutes les choses qui tendent
à végétation.
La Fontaine de Jouvence: c'est l'Elixir parfait, rajeunissant ceux qui en usent.
FORCE; prendre la Force des choses supérieures & inférieures: c'est lorsque les
circulations se font, & que ce qui s'élève
se subtilise; & que lorsqu'il est
retombé sur ce qui était resté au fond
du vaisseau, il le dissout par sa subtilité,
& le spiritualise enfin par la continuelle
réitération des circulations. V.
Circulations.
Toute sa force est convertie en terre: C'est qu'après que le noir est passé & que
le blanc parfait est venu, sa force est convertie
en terre; c'est-à-dire, en fixation,
ou bien est devenue fixe.

@

F O. F R. 71
La Force forte de toute force: c'est l'Elixir ou la Pierre parfaite au rouge surmontant
toutes choses par la vertu de
laquelle tous ses ennemis (qui sont les
métaux imparfaits impurs) sont contraints
de faire paix avec elle.
Fors, hormis, excepté; du latin Foris ou Foras.
Fournaise: c'est le fourneau Philosophal, dit Athanor dans lequel se font
les opérations Philosophales: Et quelquefois
c'est le fourneau dans lequel s'extrait
le Mercure Hermétique, qui est
aussi ardent qu'une fournaise enflammée.
Le Fourneau secret que l'on n'a jamais vu: c'est celui de la nature, dans lequel
elle fait ses admirables productions.
Le Fourneau secret des Philosophes: c'est le Fourneau à lampe, qui doit être
bien proportionné.
Frappant. Comment on explique, frappant les esprits, le plus souvent ils s'évanouissent:
c'est-à-dire, poussant ou pressant
trop les esprits par la chaleur du
feu externe, les esprits se brûlent & se
dissipent en rompant les vaisseaux.
Fréquence, abondance; du latin Frequentia, assemblée de plusieurs, qui se

@

72 F R. F U.
trouvent souvent en un même lieu.
Les Frères estropiés: ce sont les métaux imparfaits qui sont demeurés en
arrière par les impuretés du lieu de leur
naissance, & qui doivent être guéris par
l'élixir parfait au blanc ou au rouge.
Frigidité, froideur; du latin Frigiditas. Froment. Le grain de Froment des Philosophes: c'est le Mercure des Sages,
ou bien la matière de leur Pierre, qui
ne produit rien si elle ne pourrit; ainsi
cette façon de parler des Philosophes
est prise par similitude ou ressemblance
du grain de Froment.
Le Fruit à double mamelle: c'est la Pierre au blanc & au rouge, qui n'est
que d'un même principe, & se fait par
une seule & même voie.
Fulmination. V. Détonation. Fumée. La Fumée blanche: c'est-à- dire, l'ouvrage Philosophal au blanc:
autr. le soufre blanc: autr. l'argent
vif.
La Fumée rouge: c'est-à-dire, l'ouvrage de la Pierre au rouge parfait:
autr. le soufre rouge: autr. l'orpiment
rouge .
La Fumée des Philosophes: c'est une vapeur
@

F U. 73
vapeur comme un nuage, qui s'élève du
bas en haut en toute distillation naturelle
avec le vent & l'air; c'est ce que le
Philosophe a entendu par ces mots &
cette manière de parler, le vent l'a porté
en son ventre: & qui étant retombée
au fond du vaisseau en celle qui se fait
dans l'oeuf, résout par ses diverses &
réitérées circulations tout ce qui reste de
matière à dissoudre.
Fumée Arabique: c'est un lieu médiocrement chaud.
Fumigation: c'est la corrosion du métal par la fumée de plomb, ou de Mercure,
ou de vapeur âcre.
Fumiger: c'est faire recevoir à quelque corps la fumée d'un autre.
Fusibilité. La fusibilité des métaux ne provient que de l'abondance de leur Mercure.
Ceux qui en ont le moins, ont
plus de dureté que les autres: Où le Mercure
abonde, il y a beaucoup de volatil:
& où il y en a peu il y a beaucoup de fixité.
Voyez l'article qui suit.
Fusion: c'est proprement la liquéfaction du solide à chaud, plus ou moins,
& ce causée par l'humide onctueux qui
est inséparable des métaux, & qui réside
en eux radicalement.
G
@

74 G E. G L.
G.
L A Gelée du Loup: c'est la teinture de l'antimoine, lorsqu'elle est congelée.
Génération. Quelques Philosophes appellent de ce nom l'ouvrage de la Pierre,
lorsqu'il est parvenu au noir; d'autant
que c'est la putréfaction ou corruption
de la matière, & que toute corruption
est principe de prochaine génération. Il
faut savoir que toutes les Générations
se font doucement & par une amitié &
sympathie naturelle, & jamais par aucune
contrariété ou violence.
Le Genre commun: c'est le Sel marin. Le Germe sans lequel la Pierre ne peut croître ni multiplier: c'est le Mercure
Hermétique, sans lequel on ne peut rien
faire en cet Art.
Germinatif. La vie germinative ou végétative, c'est la vie qui germe ou végète.
Le Glaive nu resplendissant, ou épée des Philosophes. Les Sages ont entendu le
feu par le Glaive ou l'épée nue: autr. la
Pierre au blanc, qui reluit comme une
épée nue.

@

G O. G R. 75
Les Gommes & résines. Elles sont le surplus de la nourriture des plantes, attirée
par leurs racines, comprise & contenue
sous leur écorce, & distribuée à
toutes les parties les plus petites & éloignées
par des fibres subtiles.
La Gomme des Sages: c'est le Mercure Philosophal, & quelquefois l'ouvrage
de la Pierre Hermétique, lors
qu'elle est arrivée au noir, & qu'elle
est épaissie comme de la poix fondue.
La Gomme de l'or: c'est la même chose.
La Gomme rouge: c'est le soufre. La Gorgone pétrifiant ceux qui la regardent: c'est la fixation par l'élixir parfait,
que les anciens Philosophes ont
cachée & couverte sous cette Fable. V.
Pyrrha & Deucalion.
Gouffre. Les Sages appellent Gouffre la matière devenue noire, ou la putréfaction
d'icelle.
Grand'oeuvre, l'un des noms de la Pierre Philosophale.
Granuler: c'est verser goutte à goutte dans l'eau froide un métal fondu, afin
qu'il s'y congèle.
Graessale: c'est une terrine ou écuelle. Le Griffon des Philosophes: c'est l'antimoine. G ij
@

76 H A. H E.
H.
H Acumia. V. Eudica. Herbe Philosophale: c'est la matière de la Pierre, & quelquefois le Mercure
Hermétique que les Sages entendent
sous ces termes métaphoriques.
Hercule qui suit Anthée. Par cette Fable les Anciens ont caché la préparation
du soufre.
Hercule a nettoyé l'étable pleine d'ordure, de pourriture & de noirceur. C'est-à-dire,
que l'Artiste a purifié la matière de sa
noirceur, & l'a poussée jusqu'à la blancheur.
Hermaphrodite: c'est-à-dire, qui a les deux sexes, & qui est tout ensemble
mâle & femelle comme est le Mercure
Philosophal; d'autant qu'il contient en
soi le mâle & la femelle: c'est-à-dire,
tout ce qui lui est nécessaire pour se multiplier.
V. Androgyne.
Hermès, Trismégiste: sont deux mots grecs qui signifie Mercure trois fois,
ou très grand.
Hermès Père des Philosophes. Cedrenus fait Hermès plus ancien qu'Abraham;
néanmoins la plus commune

@

H E. H O. H U. 77
opinion des Sages les fait contemporains.
Hermétiquement; sceller hermétiquement: c'est-à-dire, sceller du sceau des
Philosophes, quand l'on fait rougir le
bout d'un vaisseau de verre, comme est
un matras, & qu'on le tord avec des
pincettes, ou qu'on l'aplatit & joint si
bien qu'il n'y ait point d'ouverture.
Hétérogène: c'est une chose dont toutes les parties sont de différentes natures;
par exemple, les parties qui composent
le corps des végétaux, qui sont
l'écorce, le bois, les feuilles, &c. &
celles des animaux, la peau, la chair &
les os.
Homogène au contraire, est une chose de laquelle toutes les parties sont de
même nature & espèce, comme toutes
les parties de l'eau sont eau.
On appelle encore Homogène tout ce qui est de même nature comme les métaux;
& Hétérogène ce qui n'en est pas,
comme les herbes.
Huile. La vraie huile des Philosophes: c'est leur Pierre au rouge parfaite: autr.
leur soufre: autr. leur Mercure.
Huile de talc des Philosophes: c'est leur élixir au blanc parfait & accompli.
Huile fixe & incombustible des Sages: G iij
@

78 H U.
c'est le Mercure Hermétique, qui au
froid se congèle comme de la glace, &
qui à la chaleur se liquéfie comme du
beurre; cette Huile se fait par l'entière
dissolution du corps d'où elle tire son
origine: c'est-à-dire, par l'entière extraction
& union du fixe & du volatil.
Huile de la nature: c'est le Sel Albrot, qui des Sels est le meilleur & le plus
noble, étant fixe au régime & ne fuyant
point le feu, fondant, pénétrant & entrant,
comme élixir complet.
Huile essentielle: c'est l'âme des métaux: autr. le Mercure des Sages: ou
l'eau ardente circulée.
Huile végétale c'est l'Huile de Tartre. Humation: c'est lorsque la putréfaction se fait & que la couleur noire paraît;
ce qui était auparavant eau étant
alors changé en l'élément de la terre,
qui s'appelle Humus.
Humectation. On humecte un médicament lorsqu'il est trop sec, ou crainte
qu'il ne s'exhale en le pilant, ou que ses
plus petites parties ne se dissipent en
les broyant sur le porphyre.
Humidité de la Pierre. L'Humidité de la Pierre dans son premier état est
cause de sa fluidité, qui est la seule

@

H U. H Y. 79
chose dont l'Artiste a besoin: ce qui lui
est autant nécessaire dans son premier
état, que la fixité le peut être lorsqu'elle
est parvenue à sa dernière perfection;
& cette humidité métallique préparée &
purifiée selon l'Art, contient en soi le
Mercure des Sages: & conséquemment
c'est elle qui passe pour cette seule chose
qui en contient plusieurs, & notamment
son soufre homogène, par le moyen
duquel elle se coagule & se fixe.
Rendre à la Pierre son humidité radicale: c'est lorsque l'élixir est parfait,
& qu'on met dessus du Mercure Philosophal:
autr. c'est faire la multiplication,
en cuisant par après la matière comme
auparavant.
L'Humide radical de la nature, ou l'Humidité visqueuse: c'est le Mercure
Hermétique tiré de sa prison, préparé
& purifié de la manière qu'il est nécessaire.
L'Humidité permanente des Sages: c'est la même chose.
Hydra, Serpent duquel lorsqu'on lui coupait une tête, il en renaissait dix
C'est la multiplication de la Pierre des
Sages, cachée par eux sous cette Fable:
car à chaque multiplication la Pierre
G iiij
@

80 H Y. I A. I E.
augmente sa vertu de dix fois autant,
& toujours en continuant: Outre qu'on
augmente toujours de dix fois sa vertu,
on augmente aussi la quantité de la matière.
Le premier Hylec des Sages, Hyle ou Hylé: c'est la matière des Philosophes
faite par la nature, autrement dite
Cahos.
Hiver Philosophique: c'est le temps de l'humidité de la Pierre.

I.
I A pour déjà Trévisan. Les Philosophes ont un Jardin où le Soleil luit jour & nuit: c'est le fourneau
Philosophal. autr. l'oeuf des Sages
qui est dans le fourneau, où il y a incessamment
du feu, qui est le Soleil des
Sages.
Jason a versé le jus sur les Dragons de Colchos: c'est-à-dire, que l'Artiste a
passé la noirceur & est parvenu à la blancheur
qui peut enrichir l'Artiste par
la projection du blanc sur les métaux imparfaits;
ainsi ce jus est l'élixir blanc qui
est très fusible.
Jeu d'enfants & ouvrage de femme.
@

I G. I L. I M. 81
Voyez Oeuvre ou Ouvrage.
Ignée, terme de l'Art, qui signifie qui est de feu; du latin Igneus.
Ignorance de plusieurs Artistes: c'est une mort vivante & un sépulcre portatif.
Hermès dit dans son Pimandre, que
l'ignorance & la malice inondent toute
la terre comme un déluge.
Illiaste: c'est la matière des Philosophes. Imbibitions philosophiques: ce sont les moyens de faire les multiplications qui se
font avec le Mercure Hermétique, qui
font autant de noirceurs qu'il faut ôter
en cuisant, de même que l'on a fait en
travaillant au premier ouvrage.
Imbiber, veut quelquefois dire, cuire la nature jusqu'à ce qu'elle soit parfaite:
autr. c'est lorsque les circulations se
font; l'humide qui est monté au haut du
vaisseau, retombe doucement sur la matière
qui est en bas dans le vaisseau: &
ce sont là les Imbibitions que les Philosophes
entendent dans le travail de la
Pierre.
Ainsi il appert qu'il y a deux espèces d'Imbibitions: savoir, celles qui se
font dans l'oeuf par les circulations
& celles qui le font pour les multiplications.

@

82 I M.
Voyez Multiplication.
Plusieurs Philosophes avertissent de prendre garde en cet endroit de faire aucune
faute, d'autant que les Imbibitions
se doivent toujours faire avec on Mercure
propre & de la nature de l'ouvrage,
ou de la multiplication que vous désirez
faire: c'est à savoir, du Mercure citrin
pour la multiplication au rouge, &
du Mercure blanc pour celle du blanc
ou de la Lune. Et comme ils se sont contentés
d'en donner seulement l'avis, ils
ont fort embarrassé ceux qui ne savaient
pas les faire l'un & l'autre.
Il faut donc savoir que le Mercure blanc qui est le Bain de la Lune, & le
rouge ou citrin celui du Soleil, se font
de la même manière; mais en changeant
seulement le sujet, qui est la Lune pour
la Lune, & le citrin ou Soleil pour le
Soleil. C'est ce que voulait dire Flamel,
en parlant du sang des innocents
égorgés par les soldats d'Hérodes, qui
sont les corps: c'est-à-dire, du Soleil
& de la Lune, que le Mercure Philosophal
dissout lorsqu'on les lui a présentés;
les extrait des dits corps, les
unit à soi, & rebute tout le terrestre
& grossier. Cette opération s'appelle

@

I M. I N. 83
aussi Fermentation.
Le seul Impartible connu des Sages: c'est le Mercure Philosophal.
Impastation. Quelques Philosophes nomment Impastation la couleur noire,
de même que la putréfaction, parce que
la matière s'épaissit & devient opaque &
obscure comme de la terre: Ils l'appellent
aussi terre, pour cette seule raison.
Imprégnation: C'est lorsque la matière étant noire & la putréfaction se
faisant, la génération se fait au même
temps, qu'on nomme imprégnation; d'autant
que la corruption d'une chose est le
principe de la génération d'un autre.
Incendie. Il faut prendre garde aux incendies: c'est-à-dire, de faire trop de
feu crainte de brûler la matière; & c'est
la faute ordinaire de ceux qui cherchent
cette science, & des Artistes prompts &
impatients.
Incération Philosophale: c'est mettre du Mercure des Sages sur la matière, ou
parce qu'elle n'a pas d'ingrés, ou pour
la multiplier. Autr. réduction à fusion
ou à fonte de la chose qui ne peut
fondre.
L'Incération se fait encore en mettant
@

84 I N.
la Pierre dans un creuset d'adaptation,
c'est-à-dire, un creuset couvert d'un autre
& lutté, qu'on met ensuite dans un
feu de verrier ou de réverbère.
Inceste du frère & de la soeur, du père & de la fille, de la mère & du fils:
C'est l'union de tous les éléments & principes
de la nature, Sel, Soufre & Mercure
dans le Mercure Philosophal.
Incinération: c'est la réduction en cendres du combustible par le feu nu &
ouvert.
Inclination: c'est la séparation simple de l'humide d'avec ses fèces ou marc,
étant rassis.
INCOMBUSTIBLE, dérivé du latin Incombustibile qui ne peut être brûlé ni
consumé par le feu. Ainsi les Philosophes
appellent leur soufre Incombustible,
parce que le feu ne peut agir sur
lui.
Indissoluble, qui ne peut être désuni ni séparé; du latin Indissolubile.
Inférer, du latin Infero: juger de, tirer conséquence de.
Influences des Astres. Le Soleil, la Lune & les Etoiles jettent perpétuellement
leurs influences ici bas, lesquelles
vont premièrement dans l'air, où elles

@

I N. 85
contractent une humidité, & ensuite
tombent sur la terre, & passent par ses
pores & divers sables ou terres différentes,
dans lesquelles elles sont épurées en
partie de leurs humidités grossières, &
enfin pénètrent jusqu'au centre de la
terre.
Il n'y a donc rien dans l'Univers qui n'en soit rempli & parce que ces esprits
universels sont l'âme de tous les corps
& la vie de la semence universelle de
toute la nature, laquelle est abondante
en chaleur & humidité.
Ces influences ainsi purgées étant arrivées au centre de la terre, sont relancées
vers la superficie par le feu central;
& dans cette ascension ou sublimation,
quand il se rencontre quelque terre
pure & bien purifiée par les circulations,
elles s'y attachent, & font avec cette
terre, or ou argent, & les autres métaux
pareillement, selon le degré de pureté
qu'elle retient.
Infusion: c'est le trempement du mixte sec ou trop dur dans quelque menstrueuse
liqueur, qui le ramollit & le dissout.
Ingrés, Ingression: c'est-à-dire, pénétrant & entrant. Les Philosophes appellent

@

86 I N.
quelquefois Ingression, lorsque
la couleur noire paraît, & que la corruption
de la matière se fait; d'autant
que les natures entrent l'une dans l'autre,
se mêlent parfaitement, & retiennent
les qualités les unes des autres. Il est
à remarquer que les corps ne se mêlent
& ne s'unissent pas parfaitement comme
croient les ignorants; mais les esprits
seulement ont ingrés ensemble.
Ingrossation des Philosophes. La sublimation Philosophale est la même chose
que l'Ingrossation, qui est la conversion
des bas éléments, savoir la terre &
l'eau, en ceux qui sont appelés hauts
ou légers, qui sont l'air & le feu.
Innumérable, du mot latin Innumerabile; innombrables, sans nombre.
Inquisiteurs, rechercheurs; du latin Inquisitor. Insculpe, gravé; du latin Insculptum. Insolation: c'est l'échauffement solaire des mixtes pour la digestion, infusion,
macération, & semblables.
Intrinsèque, intérieur, qui est au-dedans; du latin Intrinsecum.
Investigateurs, chercheurs, ceux qui cherchent; du latin Investigator.

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I O. I S. J U. 87
La Fable d'Io. Voyez Nuée. Les Jours des Philosophes: ce sont des mois astronomiques & communs.
Les Jours naturels: ce sont les vulgaires, qui sont de vingt-quatre heures.
La Joie des Philosophes: c'est la Pierre au blanc parfait; d'autant qu'on ne peut
plus manquer à venir au rouge parfait
& que tous les esprits volatils & délicats
sont fixés, & peuvent souffrir le feu à
l'avenir.
Isir: c'est l'Elixir au blanc; & c'est ainsi que les Sages le nomment lorsqu'on
veut le multiplier.
Junon. Par Junon les Anciens ont entendu l'air, & quelquefois l'élément de
la terre.
Jupiter en pluie d'or. Voyez Pluie d'or.
Jupiter converti en Aigle enlevant & emportant Ganimède au ciel. Sous cette
Fable les anciens Sages ont caché la sublimation
Philosophale.
JUPITER. Il faut que j'enseigne en cet endroit la raison pour laquelle Jupiter
a été nommé le Maître des Dieux,
ayant pour Ambassadeur le Mercure interne,
comme prouve sa facile fusion;
pour Sceptre le tonnerre, c'est-à-dire,

@

88 J U.
le soufre externe; pour son Palais ordinaire,
la partie supérieure appelée Ciel,
et désignée par le volatil, chaud & sec;
& pour sa récréation, la terre basse,
mais prolifique & délicieuse pour lui.
C'est aussi à cause de toutes ces qualités qu'il est le plus parfait des métaux
imparfaits; & qu'il lui manque peu de
chose outre la coction, pour devenir
aussi parfait que l'or minéral.
Son soufre, à cause de son degré de chaleur, ne se peut accorder avec l'argent
vif, qui est plus froid quoi qu'il
soit amalgamé, pétillant toujours & se
liquéfiant à sa moindre chaleur, par la
même raison.
On reconnaît aussi que son Mercure tient de la nature du même argent vif,
puisqu'il rend tangibles tous les métaux
avec lesquels il est mêlé; excepté le
plomb, par sa similitude de substance;
qui est encore une raison pour laquelle
l'Antiquité l'a nommée le Maître des
Dieux & le Fils de Saturne, & lui a mis
en main le foudre éclatant, pour marquer
le désordre extrême qui se trouve
dans ses éléments, & particulièrement
du soufre.
Enfin, son Mercure est plus cuit & plus
@

I X. K A. K I. K U. L A. 89
plus mûr que son soufre; aussi s'attache-t-il
fortement à l'or & à l'argent,
dont il emporte toujours quelque partie
quand il est contraint de quitter
prise.
Je ne puis ici passer sous silence, que de tous les métaux il n'y a que le seul
Jupiter qui augmente son poids dans la
calcination.
Ixir. Les Philosophes appellent de ce nom leur Mercure, lorsqu'il est parvenu
à la Couleur noire nommée le leton ou
laton qu'il faut blanchir.

K.
K Ambar des Philosophes: C'est la Pierre parfaite au rouge.
Kibric: c'est le soufre dedans la terre.
Kubul: c'est-à-dire l'ouvrage des Philosophes. Autr. le noir très noir, ou le
leton.

L.
L Abeur, travail; du latin Labor: Labourer, travailler: Labourants, travaillants.
H
@

90 L A.
Le Labyrinthe dans lequel est le Minotaure. Par cette Fable les Sages ont entendu
leur Mercure participant des deux
natures, mâle & femelle: autrement de
la nature animale & de la minérale, qui
sont enfermées dans le Labyrinthe qui
est l'oeuf Hermétique.
Le Lait de la Vierge, ou bien le Lait Virginal, ou le Lait des Philosophes:
c'est le Mercure Hermétique: autr. la
Pierre au blanc fondante & projetée sur
quelque métal que ce soit, qu'elle change
en lait; & alors elle s'appelle l'or
blanc, d'autant qu'elle a le poids & le
volume de l'or.
Cuire le Lait: c'est-à-dire cuire le Mercure des Sages, parce qu'il est blanc
comme lait: autr. la Pierre blanche pour
la pousser jusqu'à la rouge.
La Pierre se nourrit de son lait: c'est- à-dire, de son sperme, dont elle a été
engendrée, qui est le Mercure Hermétique.
Lamines, petites Lames; du latin Lamina. Lapis, Pierre; du latin Lapis. Le Lapis des Philosophes: c'est le sel de l'or.
Le Laton ou Leton blanc des Philosophes:
@

L A. 91
c'est le Mercure Hermétique:
autr. la Lune des Sages.
Le Laton rouge des Philosophes: c'est leur or & leur airain & quelquefois la
Pierre parfaite au rouge.
Le Laton des Philosophes, dit simplement: c'est l'élément de la terre: autr.
le corps immonde.
Le Laton non net: c'est lorsque la matière est parvenue à la noirceur.
Lavements des philosophes: c'est lors que la noirceur s'est épaissie & que l'humide
en s'élevant circule & retombe sur
la matière noire, & enfin continue si
longtemps, que de noire qu'elle était,
elle devient blanche; & c'est là ce qu'on
appelle blanchir le Leton. Par cette action
on ne fait que cuire la nature jusqu'à
ce qu'elle soit parfaite; dans ce
temps Jupiter agit & règne: c'est pourquoi
il est appelé le Lavandier des Philosophes;
parce qu'en ce temps, qui dure
vingt jours la matière se va purgeant
peu à peu, & se dégage de sa corruption
& noirceur prenant insensiblement une
forme nouvelle.
Laver le Laton sept fois dans le Jourdain, comme Naaman le Lépreux: c'est-
à-dire, qu'il faut toujours cuire lors
H ij
@

92 L E. L R.
qu'il est à la noirceur & jusqu'à ce qu'il
devienne blanc; & ce terme de sept fois,
est seulement par allusion à Naaman. Il
est encore nécessaire de savoir que ce
nombre de sept est un terme d'universalité;
ainsi sept fois veut dire, tout le
temps requis.
La Lèpre des métaux: c'est l'impureté qu'ils ont contractée dans les minières
de la terre où ils ont été formés, que
le feu ordinaire n'a pas pu purger.
Levain ou Ferment: c'est quelquefois la même chose V. Ferment.
Le Levain de la minière des Philosophes: c'est la Pierre au blanc parfait.
Le Levain de l'or: c'est le Mercure des Sages.
Léviger: c'est rendre un corps dur en poudre impalpable sur le porphyre.
Lier: c'est-à-dire, coaguler un corps dur qui par l'art avait été fait fluide,
& le rendre dur comme auparavant par
plus forte décoction.
Les Liens des Philosophes: ce sont les corps ou matières qui contiennent les
esprits.
Ligature. Conserver le vaisseau avec sa Ligature: c'est-à-dire, le conserver bien
bouché.

@

L I. 93
Lili: c'est la matière propre à faire quelque teinture excellente, soit de l'antimoine,
ou de quelque autre chose.
Le Limbe de la nature: c'est la réduction en la première matière universelle.
Linéaire; du latin Lineare: c'est-à- dire, qui va tout droit, uniment & également,
comme la ligne qui doit être
partout droite & unie.
Le Lion dit simplement: c'est le soufre ou sperme masculin: autr. c'est le
fixe qui dévore l'aigle c'est-à-dire le
volatil; ce qui se fait lors de la fixation
du volatil, & lorsque l'esprit se corporifie:
autr. c'est le Mercure.
Le Lion vert dit simplement: c'est le Mercure Philosophal & quelquefois la
teinture du vitriol: autr. le fourneau
des Sages: autr. l'oeuf Hermétique.
Le vieux Lion, & Lion vert: c'est l'oeuf des Sages & le Lion vert qui est autrement
dit, le sépulcre d'où le Roi sort
triomphant.
Le lion rouge: c'est la teinture de l'or: autr. c'est l'élixir parvenu au rouge
parfait, qui comme un Lion dévore toute
nature pure métallique, la changeant en
sa vraie substance, en vrai & pur or,
plus fin que celui des meilleures minières.

@

94 L I. L O. L U.
Les Chimistes appellent de ce nom
l'Huile rouge de vitriol.
Le Lion ravissant: c'est le Mercure Hermétique.
Le Lion volant: c'est la même chose autr. la substance volatile.
Liquéfaction: l'opération par laquelle on réduit en liqueur une chose solide;
du latin Liquefactio.
La Liquéfaction philosophique: c'est la dissolution & humectation du corps
pourri & putréfié.
La Liqueur végétable: c'est le Vin. Les Livres des vrais Philosophes. Hermès les appelle, la clef de tous les biens
& de la sagesse des sagesses.
Les Lotions des Philosophes: ce sont les cohobations que fait la nature de ce qui
est élevé, lequel retombe au fonds du
vaisseau sur le corps qui est noir: autr.
Lavements. V. Lavements.
Le Loup gris: c'est l'antimoine. Lumière: terme de l'Art. La Lumière qui éclaire dans les ténèbres: c'est le Mercure des Sages, qui
éclaire dans la prison des corps qu'il pénètre.
La Lumière du Soleil: c'est le moteur général de toutes choses, qui communique

@

L U. 95
sa vertu mouvante premièrement
aux astres, & après à ce qui approche
le plus d'elle, qui est l'air le plus pur,
& l'air la communique aux animaux,
végétaux & minéraux: c'est-à-dire, à
toute la nature inférieure.
Lune: terme de l'Art, qui signifie l'argent.
La Lune des Philosophes: c'est le Mercure Hermétique, qu'ils nomment quelquefois
leur Lune vive.
La Lune aura l'office du Soleil: c'est que pendant la noirceur, que les Sages
appellent ténèbres & nuit, le Soleil &
la Lune ne paraissent point; mais lors
que cette couleur est passée, le Soleil
devrait se lever comme après que le jour
est venu, & c'est la Lune qui paraît,
c'est-à-dire la blancheur : & après la
blancheur le Soleil se lève, ou la rougeur.
La Lune ou argent fin. Les Anciens l'ont représenté sous le nom de Lune ou
Diane fille de Jupiter & de Latone née
en l'Ile de Délos, auparavant errante &
enveloppée des eaux, & soeur du Soleil ou
Apollon vainqueur du Serpent Python,
persécuteur de sa mère à l'instigation de
Junon.

@

96 L U.
Par Jupiter, Junon, Python & Latone, sont signifiés les quatre éléments avec
leurs qualités; par l'Ile de Délos est
enseignée sa terre métallique non encore
fixe ou trop humide, qui se manifeste
par Apollon ou le Soleil: c'est-à-dire,
par la coction & dessiccation externe.
Par Latone sa mère, est entendu la matrice ou partie intérieure & cachée de
la terre dans laquelle les métaux s'engendrent
& se nourrissent: Et par Jupiter est
encore reconnu le feu & la chaleur innée
à tous les mixtes, aidée par celle
du Soleil. Par Junon, l'humeur radicale
& aérienne contraire au froid & sec terrestre,
qu'elle couvre de plusieurs torrents
tortueux & rampants sur lui, comme
le Serpent, dit Python.
La Lune & ses qualités. La Lune est parfaite quant à la qualité lunaire seulement,
& est imparfaite selon l'intention
de la nature; d'autant que la même nature
tendait de toute sa force & vertu
de la conduire à la perfection du Soleil.
LUNAIRE. Suc de la lunaire: terme mystérieux des Philosophes. Philalèthe dit
que c'est la plus pure substance du Soleil
purifiée & joint avec le Mercure des Sages,
& quelquefois seulement le volatil.
L'esprit
@

L U. 97
L'esprit des parfaits peut encore être appelé le Suc de la Lunaire puisqu'il
fixe le Mercure; & c'est ce qui trompe
les ignorants, qui se sont imaginés que
c'était le suc d'une herbe qui porte ce
non lequel suc véritablement congèle
le Mercure: mais si leur ignorance n'était
grande, ils devraient savoir que
ce que fait le suc n'est qu'une simple
congélation, puisque ce Mercure s'en
va tout en fumée à la moindre chaleur,
& même qu'en y touchant doucement il
se ravive & se remet comme il était
auparavant. V. Suc de la Lunaire, &
Fixation.
La grande Lunaire: c'est le Mercure ou l'Eau des Sages, ainsi appelée à
cause de la splendeur dont elle brille.
Quant à l'herbe nommée petit Lunaire,
quelques-uns disent qu'un pré étant tout
parsemé de cette plante, lorsqu'on le
fauche, il ne manque jamais de pleuvoir.
La Lunaire luxurieuse: c'est lorsque se fait l'union du corps avec l'esprit par
la première digestion.
Lut, terme de l'Art; du latin Lutum, qui est une espèce de mortier que
font les Artistes pour enduire ou encroûter
I
@

98 M A.
leurs vaisseaux de verre, afin
qu'ils résistent mieux au feu; ou bien
pour joindre ensemble deux vaisseaux,
en sorte que les esprits qui passeront
de l'un en l'autre, ne se dissipent pas
en rencontrant quelque petite ouverture.

M.
M Acération: c'est l'atténuation simple du mixte dans quelque menstrue.
Magistère, terme de l'Art, qui signifie le grand Oeuvre; du latin Magisterium.
Magistère est aussi une opération Chimique, par laquelle un corps mixte ou
composé est tellement préparé par l'Art
Chimique sans que l'on en fasse aucune
extraction, que toutes ses parties
homogènes sont conservées & réduites
dans un degré de substance ou de qualité
plus noble, par la séparation que l'on fait
seulement de ses impuretés extérieures:
Tel est le Magistère de Perles, de Corail
&c. De sorte que toutes les préparations
des métaux ne sont que des Magistères
ou atténuations de leurs corps.
Notre Magistère est d'un, & de quatre
@

M A. 99
un, & de trois un: c'est-à-dire, qu'il
est d'une chose & de quatre éléments
qui y sont contenus: Et de trois un;
c'est-à-dire, Sel, Soufre & Mercure
qui y sont compris, & qui sont les trois
principes de la nature. Quelquefois les
Philosophes parlant de leur Magistère,
entendent la Pierre au blanc, & d'autres
fois la Pierre au rouge: Ils disent encore
nôtre premier Magistère qui est
le blanc, & nôtre second Magistère qui
est la Pierre parfaite au rouge: Autr.
Ils nomment la Pierre leur Magistère
en tous les états qu'elle se trouve, &
même dès son commencement.
Sans la connaissance de ce Magistère des Sages, qui seul enseigne la destruction
essentielle de l'or, il est impossible
de faire la Pierre des Philosophes.
Magnésie: c'est l'ouvrage de la Pierre des Sages: Autr. le Mercure Philosophal:
Autr. tout le compôt dans lequel
réside toute l'humidité de la Pierre:
Autr. c'est lorsque la matière est devenue
noire; car dans ce temps les matières
s'embrassent & s'unissent inséparablement:
savoir, les grosses & corporelles
avec les subtiles & spirituelles.
Sans cette union il ne s'ensuivrait jamais I ij
@

100 M A.
aucun effet, non plus que d'une
chose morte; & l'on voit qu'après cette
union les vertus élémentaires renfermées
dans ces deux matières qui sont faites
d'une chose, viennent à faire voir au-
dehors les opérations qu'elles ont faites
au-dedans, en unissant les éléments ensemble.
La Magnésie composée: c'est le même ouvrage, que les Hermétiques nomment
ainsi, à cause qu'il est composé d'âme,
d'esprit & de corps. Son corps est la
terre fixe du Soleil, qui est plus que très
subtile: Son âme est la teinture du Soleil
& de la Lune procédant de l'union
de ces deux: Et l'esprit est la vertu minérale
des deux corps & de l'eau qui
porte l'âme ou la teinture blanche sur
les corps, tout ainsi que par l'eau la
teinture des Teinturiers est portée sur le
Drap.
La Magnésie blanche & rouge. La blanche, c'est la Pierre parfaite au blanc;
& la rouge, c'est lorsque la Pierre est
au rouge parfait.
Maintes, plusieurs: Maintes-fois, plusieurs fois.
Mais que, pourvu que. La Maison de verre des Sages: c'est
@

M A. 101
un matras, ou plus vraisemblablement,
l'oeuf des Philosophes.
La Maison du Poulet des Sages, selon Flamel: c'est le fourneau Philosophal:
autr. L'oeuf Hermétique.
Mal ou Malum: c'est lorsque par allégorie on veut dire la noirceur.
Male volonté, mauvaise volonté; comme male grâce, Trévisan.
Manne: c'est la matière terrestre. Manne divine: c'est la matière de la Pierre des Philosophes.
Marbre des Philosophes: c'est l'ouvrage de la Pierre: Autr. cuire le Marbre;
c'est-à-dire, la Pierre au blanc,
parce qu'elle est éclatante comme le Marbre
d'Italie.
Le Mars des Philosophes. Par ce terme les Philosophes ont entendu leur Mercure.
Le Mars des Chimistes: c'est le fer & l'acier, qui étant joints à l'or ou à
l'argent, ne s'en séparent jamais, selon
le sentiment de quelques Philosophes.
Le Mariage Philosophique; c'est l'union qu'il y a entre le Soleil & la Lune dans le
Mercure Hermétique: Autr. c'est l'union
de tous les éléments, corps, âme & esprit;
Et les trois principes de la nature,
I iij
@

102 M A.
Sel, Soufre & Mercure; ce que quelques-uns
nomment le Mariage de Gabric
& de Heya, d'Isis & d'Osiris, le
Chien de Corascène & la Chienne d'Arménie.
L'Inceste du frère & de la soeur, du père & de la fille, de la mère & du fils,
l'Androgyne, l'Hermaphrodite, le Mercure
double, l'Eau sèche qui ne mouille
point les mains, le Mercure des Philosophes,
le Mercure de la nature, ou le
Mercure métallique, & enfin l'union de
la terre & de l'eau; ce qui se fait dans
le fourneau par le moyen du feu.
On peut célébrer en tout temps ces agréables Noces; mais le plus propre
est celui du printemps, d'autant qu'il est
le plus convenable à la végétation, &
que c'est celui auquel la nature se renouvelle,
par le moyen de l'air tout imprégné
d'un esprit mobile & fermentatif,
qui tire son origine du Soleil, père
de la même nature.
La Matière de la Pierre des Sages. Quand les Philosophes ont dit qu'elle
se trouvait dans des ordures & des retraits,
ils entendaient parler lors de la
putréfaction; & alors qu'elle est réduite
en eau, autant en ont les pauvres que

@

M A. 103
les riches, & elle se trouve en tout lieu
& en tout temps & dans toutes choses.
Mais si l'on entend parler précisément de son état purement naturel auquel la
nature l'a mise, elle le trouve dans les
déserts & dans les terres dépeuplées;
elle est la même qui produit les métaux
dans la terre, non pas en sa nature,
mais altérée par art, &c. Elle ne se peut
trouver dans les mines séparée des corps
métalliques, d'autant qu'elle n'est qu'une
vapeur, une eau visqueuse, un esprit
invisible: & pour tout dire en un mot,
la semence ne se trouve que dans le
fruit.
Cette matière est une, qui contient en soi plusieurs choses homogènes, & tous
ceux qui se serviront d'autre matière ne
réussiront jamais; parmi lesquels ceux
qui se servent de matières corrompues
& de diverses drogues, doivent faire
plus de pitié, car c'est là une des pierres
de touche pour discerner les vrais
Philosophes d'avec les Sophistes & les
ignorants.
Tous les Philosophes condamnent d'erreur ceux qui se servent de diverses
matières, d'autant qu'étant composées
de diverses qualités, l'une détruit l'autre;
I iiij
@

104 M A.
& comme cela n'est point du bon
sens, ils n'en proposent qu'une, qui contient
en soi plusieurs choses uniformes
& unies ensemble par la nature, laquelle
seule est capable de faire une telle union
& production: les Sectateurs d'Hermès
n'étant que les ministres de cette même
nature, pour lui aider à porter au-delà
de la perfection ordinaire cette matière
si exquise & si cachée.
D'où l'on peut conclure que les métaux les plus parfaits étant bornés par
une perfection simple & naturelle, sont
incapables d'être la matière du magistère
Hermétique puisqu'il est nécessaire
que cette matière se puisse étendre par
soi-même, se nourrir & amplifier dans
son lieu propre: ce qui ne se peut faire
que par une matière universelle; qualité
que les métaux particuliers ne sont
pas capables de posséder.
Et conséquemment ceux qui travaillent sur l'Or & le Mercure du commun se
trompent lourdement; puisqu'outre ce
que dessus, ils travaillent sur deux corps
métalliques ensemble, & qui sont contraires:
parce qu'il n'en faut qu'un qui
contienne une âme constante, une teinture
pénétrante & un Mercure clair &

@

M A. 105
transparent, qui soient homogènes.
Cette matière qui doit être métallique, est cachée sous la Fable de Pyrrha
& Deucalion; & particulièrement la
suite d'Hercule & d'Anthée, laquelle cache
la préparation du soufre.
La Matière de la Pierre est appelée vile & de peu de valeur par les Sages.
C'est après qu'ils l'ont rendue subtile,
qu'ils la nomment ainsi; mais il est à
remarquer qu'ils ne disent pas elle est
vile, mais seulement qu'elle est appelée
vile. La raison qu'ils en donnent, est
parce qu'elle est eau, & que l'eau est
commune à tout le monde, & autant
en ont les pauvres que les riches.
La Matière des Philosophes, pourquoi appelée Hermaphrodite. C'est qu'elle
contient en soi tout ce qui lui est nécessaire
pour se multiplier; & quand
on dit qu'elle a en soi le mâle & la femelle,
ce n'est que par similitude du
genre animal, où l'on sait que l'union
du mâle & de la femelle est nécessaire
pour l'augmentation ou génération: car
les plantes ont avec elles ou dans leur
semence tout ce qui est nécessaire,
& le genre minéral de même; ce qui
marque que ce n'est qu'une manière de

@

106 M A. M E.
parler par comparaison.
Cette matière est incorruptible, & se doit prendre dans les métaux imparfaits:
car ce qui doit être rendu meilleur ne
doit pas être parfait, comme est l'or
minéral & celui du vulgaire, qui a reçu
de la nature sa dernière perfection. Elle
est incorruptible, d'autant qu'il n'y a
que les matières grossières & corporelles
qui se corrompent.
La matière flue à l'infini: c'est-à- dire, toujours, si la forme n'arrête son
flux.
La Matrice ou Mère de la Pierre: c'est le vaisseau de verre, nommé oeuf
Philosophal.
Matrice de nature métallique. Quelques-uns disent que c'est le sel commun
ou marin.
Médecine de l'ordre supérieur: c'est l'ouvrage de la Pierre parfaite au blanc
ou au rouge, d'autant qu'elle sert à purger
& à guérir tous les corps malades,
& même à perfectionner les métaux imparfaits.
La Médecine de l'ordre inférieur: c'est lorsqu'on fait la projection de l'élixir
parfait au blanc ou au rouge sur un
métal imparfait, & que la Médecine est

@

M E. 107
trop forte, on met en poudre ce métal
purgé & converti en blanc ou en rouge,
dont on prend & projette une petite
partie sur d'autre métal imparfait.
C'est ce que l'on nomme la Médecine de l'ordre inférieur, de laquelle il ne
faut pas se servir pour guérir les corps
humains; mais bien de la première,
d'autant qu'elle est de l'ordre supérieur,
qui fait le contraire des Médecines ordinaires,
lesquelles purgent les humeurs
corrompues & surabondantes, en débilitant
toujours le corps, & il n'y a que
le seul élixir qui soit de force à purger
doucement, sans dégoût ni sans faiblesse:
au contraire, il est agréable au palais,
il rétablit parfaitement la santé & prolonge
la vie.
La Médecine des Planètes: c'est le Mercure. Le Médium entre Métal & Mercure: c'est selon Synésius, la vraie matière de
la Pierre. Artéphius dit que c'est le Mercure
des Philosophes & dont la perfection
n'est pas de l'ordre de ces choses
qui sont bornées par la nature & à laquelle
elle s'arrête; mais elle est un
état moyen, qui le rend capable d'être
élevé par l'art à une perfection si étendue,

@

108 M E.
qu'il n'y a rien sous le ciel qui
en approche.
Mais par grâce & amitié, dites-nous de bonne foi d'où peut-on avoir cette
matière de laquelle se fait cet admirable
Mercure, qui est caché: Selon
ce que j'ai pu apprendre par la lecture
souventefois réitérée des Livres des principaux
Maîtres en cet Art, c'est un des
plus grands secrets des Philosophes. Tout
ce que j'en puis dire, c'est qu'elle est
contenue dans un corps imparfait, &
qui est dans le chemin de la perfection,
que l'art est capable de porter & qu'il
porte en effet à la plus haute perfection;
c'est pourquoi lorsqu'elle a acquis cet
état excellent, elle communique volontiers
sa perfection aux choses qui n'en
ont qu'une simple & bornée par la nature.
Membrane de la terre: c'est la matière de la Pierre des Sages.
Menstrue blanchi: c'est le Mercure Hermétique qui contient les deux Dragons
de Flamel.
Menstrue puant: c'est la même chose. Menstrue essentiel, sans lequel rien ne se peut faire: c'est encore la même chose,
& ce ne sont que des termes changés.

@

M E. 109
Ne mange pas du fils dont la mère abonde en Menstrue: c'est-à-dire, ou
l'eau abonde & est plus abondante que
le feu de nature.
Le Menstrue des Philosophes: c'est encore le Mercure Hermétique: autr. la
matière de la Pierre: autr. c'est l'eau de
la rosée des Equinoxes, distillée selon les
règles de l'Art, à ce que disent les Chimistes,
& ceux qui prennent à la lettre
le dire des Philosophes. Mais il est constant
que si l'on prend ces termes selon
le sens des véritables Philosophes, qui
les ont mis exprès dans leurs Livres pour
servir de pierre d'achoppement aux ignorants,
& en même temps pour faire la
distinction des vrais Enfants de la science
d'avec ceux qu'on traite de bâtards & de
philosophâtres.
Le vrai Menstrue ou Mercure Végétal: c'est l'eau ardente sept fois rectifiée,
d'autant que son principe est végétal:
car étant faite de vin, elle peut servir
à tirer la teinture du Soleil, c'est-à-dire
diverses choses merveilleuses.
Mer. Les Philosophes appellent leur Mercure, Mer.
La Mer salée: c'est l'urine. La Mer des Philosophes: c'est le Mercure
@

110 M E.
Hermétique, ou bien la semence
extraite des corps, qui est ainsi appelée
à cause des naufrages que font plusieurs
en la poursuite de cette affaire;
lesquels naufrages n'arrivent que par l'ignorance
de cette Eau Philosophale, &
de la résolution du corps où elle est
contenue; laquelle Eau est l'Astre qui
conduit les Philosophes dans la mer de
leur oeuvre: autr. c'est l'ouvrage de
leur Pierre. V. Ouvrage. C'est encore
l'air: autr. la Pierre parfaite au blanc
ou au rouge: autr. la Mer sèche des
Sages.
La Mer fluctueuse des Philosophes: c'est ce qui se rencontre au fond du
vaisseau ou les fèces & le sel fixe résident,
parce que la tempête ou la violence
du feu commence par là & y persiste;
alors ce qui est de plus pur & de
volatil s'en va & monte comme une fumée.
Le Mercure se prend pour l'Argent vif, tant le commun que celui des Philosophes:
c'est-à-dire, celui que les
Philosophes savent préparer.
Notre Mercure minéral & corporel. ou,
Le Mercure animé.
@

M E. 111
Le double Mercure. Le Mercure deux fois né. Le Mercure de la nature; & enfin, Le Mercure métallique: c'est le Mercure Philosophal. C'est encore le Mercure
essentiel sans lequel rien ne se fait
& ne se peut faire.
Le parfait Mercure ou Menstrue végétal: l'eau ardente faite de vin, &
sept fois rectifiée, parce que son principe
est végétal.
Le Mercure de vie: c'est le Mercure des Sages, ainsi appelé parce qu'il donne
la vie aux métaux morts; aussi est-il
un esprit vivant, universel & inné, qui
descend sans cesse du ciel en terre en
forme de vapeur aérienne, se donnant à
soi-même la forme d'humide radical, qui
est humide &, chaud & toujours constant
au feu.
Le Mercure mystique ou mystérieux: c'est la mixtion du Mercure minéral &
de celui qui est métallique, ou tiré des
métaux. Lui seul atténue l'or & le réduit
en sa première matière; c'est de lui
dont les Philosophes disent que tout ce
que les Philosophes cherchent est un Mercure.
Celui de Jupiter passe pour le plus
pur de tous les métaux imparfaits: autr.

@

112 M E.
c'est le Mercure Hermétique; car ce
Mercure dissout le talc en huile, ayant
un peu de feu dessous le vaisseau qui contient
la matière.
Le Mercure des Philosophes ne se trouve point sur la terre des vivants; c'est-à-dire,
tout préparé: mais on le tire du lieu ou
il est enfermé par l'industrie de la nature;
ce qui se fait par un merveilleux
artifice, & ensuite on le prépare par
une prudence achevée.
Le Mercure est stérile. Les Anciens l'ont accusé de stérilité à cause de sa froideur
& humidité; mais lorsqu'il est purgé
& préparé comme il faut, & échauffé par
son soufre, il perd sa stérilité: ce qui
est tout le secret de l'oeuvre.
Le Mercure d'Abrabam le Juif, à qui le Vieillard veut couper les pieds avec sa
faux; c'est la fixation du Mercure des
Sages (qui de sa nature est volatil) par
l'élixir parfait au blanc ou au rouge;
ainsi couper les pieds à Mercure, c'est-
à-dire, lui ôter la volatilité; lequel élixir
ne se peut faire que par un grand
temps, qui nous est représenté par ce
vieillard.
Le Mercure extrait du serf rouge: c'est l'oiseau d'Hermès, & la quintessence extraite
traite
@

M E. 113
des corps par le Mercure des
Sages.
Le Mercure cru: c'est le Philosophal, qui est le vrai dissolvant de l'or en Mercure;
& c'est sa crudité seule qui est
cause de la dissolution. Néanmoins ce
Mercure qui est dans l'or & qui est une
eau, n'est pas si cuit qu'il n'ait retenu
quelque chose d'humide & d'onctueux
inséparable de l'or: ce qui est cause que
l'or est fusible; & cette humidité donne
entrée au Mercure Philosophal dans son
corps dur, pour le réduire en eau.
Le Mercure rubéfié, ou couronné, ou animé: c'est ce qu'on appelle la queue
du Dragon, ou l'huile de Mercure, qui
sert aux imbibitions de la Pierre rouge.
Le Mercure sulfuré: c'est la matière de la Pierre, savoir Soufre & Mercure:
autr. la Pierre des Sages; d'où
il faut inférer que le Mercure du commun
ou du vulgaire n'est pas propre
pour l'oeuvre de la Pierre des Philosophes,
d'autant qu'il est imparfait: au
contraire, le Mercure des Sages est un
Mercure parfait & un abrégé de toute
la nature; enfin c'est un petit monde
qui est capable d'être exalté, & l'autre
non.
K
@

114 M E.
Le Mercure Hermétique des Sages, ou des Philosophes. Ils l'appellent leur
Soleil & leur Lune, leur Or blanc, la
Femelle, leur Eau Pontique, leur Vinaigre
très aigre, qui a la vertu de dissoudre
l'or & l'argent communs, & de les
résoudre en leur Mercure, qui est leur semence.
Ils disent aussi qu'il est Hermaphrodite, c'est-à-dire, mâle & femelle, & qu'il
est volatil: c'est pourquoi ils le nomment
le Dragon ailé; mais il devient
fixe par le moyen de leur soufre, qu'il
revivifie en mourant, par ainsi devient
leur Salamandre qui vit dans le feu. Ce
Mercure seul accorde en soi les ennemis
naturels, savoir les quatre éléments ou
les quatre qualités. Il a double substance
métallique, savoir du Soleil & de la
Lune qu'il contient en soi.
Il est encore appelé le vaisseau de la nature, le ventre, la matrice, le réceptacle
de la teinture, la terre & la nourrice.
Il est le réservoir des eaux supérieures
& des inférieures, où tous les éléments
se trouvent renfermés, & la quintessence
des dits éléments. Il est cette fontaine
en laquelle le Roi & la Reine se
baignent & se lavent; & la mère qu'il

@

M E. 115
faut sceller sur le ventre de son enfant,
qui est le Soleil.
Il s'appelle l'eau-de-vie végétable, minérale & animale; parce qu'elle anime
tous les êtres: faisant esprit ce qui est
corps, & corps ce qui est esprit.
Il est l'esprit & l'âme du Soleil & de la Lune, l'huile, l'eau dissolvante, la
fontaine, le bain-Marie, le feu contre
nature, le feu secret, occulte & invisible;
le moyen & le milieu de l'âme
sans lequel on ne peut travailler en cet
Art. Il est nommé sel honoré & animé,
portant génération; & feu, parce qu'il
n'est que feu: enfin le Mercure du Mercure,
qui augmente la couleur naturelle
de l'or & de l'argent.
Quelques Curieux se sont persuadés qu'il fallait dix-huit mois entiers pour le
préparer & le faire: mais pour les désabuser,
je leur donne avis qu'il peut être
fait & préparé en perfection en moins de
deux mois; & même que le travail de la
pierre n'est rien moins que ce qu'ils se
sont imaginés jusqu'à présent.
Ce Mercure s'unit à toutes les choses homogènes, ainsi que l'élixir parfait;
d'autant qu'il n'est que feu, qu'il est
tout or & tout argent, & qu'il est élevé
K ij
@

116 M E.
à la vertu des éléments spirituels
dans lesquels se repose l'esprit de la quintessence
qui fait tout.
Il s'appelle Eau permanente, qui ne perd point son humide radical; d'autant
qu'elle persiste & résiste au feu, ce que ne
peut pas faire le Mercure commun: c'est
pourquoi il ne peut pas être la matière de
la Pierre des Sages, qui doit être en partie
fixe & en partie volatile. Il est le
médium entre Métal & Mercure dont
parlent Synésius & Artéphius. Il est l'unique
parfait de deux substances qui n'en
font qu'une: il est le simple abondant
qui contient la perfection de tous les
êtres, & le composé sans parties.
Le Mercure blanc des Philosophes: c'est la Pierre parfaite au blanc.
Le Mercure rouge des Philosophes: c'est la Pierre parfaite au rouge.
Le Mercure universel: c'est l'esprit universel.
Le Mercure de l'Antiquité. L'Antiquité a reconnu Mercure pour messager,
entremetteur & interprète des Puissances
divines, ce que la parole signifie. Elle
l'a encore appelé le Dieu des Larrons;
c'est-à-dire, de ceux qui dérobent le coeur
& la volonté par la douceur de leurs paroles.

@

M E. 117
Il est un Prothée qui est toujours le
même, quoi qu'il change de face; de
même que la parole ne change point sa
nature essentielle, qui est de passer, bien
que l'application en soit diverse: c'est
aussi le vrai portrait de la liberté, sous
une constante & inconnue légèreté.
Enfin, Le Mercure du vulgaire, qui est un des sept métaux, est toujours un
corps liquide & coulant, à cause qu'il a
moins de soufre & moins d'impuretés
terrestres que les autres métaux; c'est
pourquoi il s'unit plus facilement avec
l'or qu'avec les autres métaux, & avec
les autres à proportion qu'ils sont plus
ou moins impurs.
Et quoi que quelques Philosophes l'appellent Esprit, ce n'est que par similitude,
à cause de sa volatilité: Il n'est
pas ce Mercure qui est la première matière
des métaux, lequel est une eau
visqueuse & mercurielle dont il est lui-
même formé. Un Philosophe dit qu'il
détruit la force de l'aimant, en l'empêchant
de tirer le fer; d'autant que le
Mercure attire à soi l'esprit de Mars
qui se trouve audit aimant, lequel esprit
attire à soi ce qui est de sa nature,
qui est le Mars ou fer.

@

118 M E.
La Mère dite simplement: c'est le Mercure.
La Mère de tous les éléments: c'est la terre, qui est un corps imparfait.
La Mère de tous les métaux: c'est le Mercure; car ils sortent tous de son
sein.
La Mère ou matrice des Sages: c'est l'oeuf Philosophal.
Mettre ou sceller la Mère sur le ventre de son enfant: c'est lorsque l'enfant
est nourri du lait virginal de sa
mère: c'est-à-dire, que quand on verra
paraître le cercle de la Lune, l'enfant
sera né; & alors on dissout & coagule
sans ouvrir le vaisseau. Voyez Sceller la
mère.
La Mère mange son enfant: c'est lors que la terre a bu toute son eau. Autr.
c'est lorsque le dragon est mort & venu
à sa couleur noire, qui signifie mort
& ténèbres.
Le Merle de Jehan: c'est lorsque la matière est parvenue au noir, & qu'une
nuée noire s'est élevée en haut; alors
nous voyons au fond du vaisseau la matière
noire comme poix fondue.
Le Merle blanc: c'est la Pierre au blanc parfait.

@

M E. 119
La Merveille des merveilles: c'est le Mercure des Sages, qui est l'abrégé des
perfections de l'Univers.
Mesure des Sages, Alphidius dit que c'est leur Mercure, sans lequel on ne
peut rien faire en cet Art.
Mélange des Philosophes. Il se fait par la coction du Mercure, & lorsque
la couleur noire paraît.
La vraie matière des Métaux. A proprement parler, la vraie matière des Métaux
séparée des corps métalliques, n'est
qu'une vapeur, une eau visqueuse & un
esprit invisible; en un mot, c'est la semence
qui ne se trouve que dans le fruit.
Cette eau visqueuse n'est autre chose
qu'argent vif; & à proportion que chaque
métal y participe, il s'y réduit. Le
fer est celui qui en a le moins, & par
tant le plus imparfait. L'or est le plus
parfait, cuit & digéré. La Pierre de
même est tout argent vif, cuit, digéré &
exalté: c'est pourquoi lorsqu'elle est
projetée sur les métaux, elle achève de
les cuire, leur donne sa perfection, &
rejette ce qui est impur & d'une autre
nature.
Ce que c'est que les Métaux & quelle est leur nature. Les Métaux ne croissent

@

120 M E.
point, parce qu'ils n'ont point de vie:
ils ne se nourrissent point aussi; car
n'ayant que le simple être, ils ne peuvent
produire ni engendrer. Et quand on dit
que les Métaux sont morts, c'est-à-dire,
qu'ils sont détachés de la mine, où ils
avaient une espèce de vie, par le moyen
d'un esprit qui s'y était joint par les
exhalaisons que la nature leur envoyait
du centre de la terre.
Je n'entends point parler de l'or & de l'argent vif, parce que l'or a perdu cet
esprit qui l'animait dans sa matrice par
sa finale décoction, & simple perfection
naturelle: Or l'argent vif ne l'a jamais
eu de sa nature. V Influences.
Il est bon de savoir que les Métaux du vulgaire ne sont pas ceux des Philosophes,
puisque pour être tels il faut
qu'ils soient détruits & cessent d'être
métaux; mais les Philosophes font leurs
Métaux vivants de l'humidité visqueuse
qui se trouve & est contenue dans les
premiers, laquelle humidité visqueuse
ou onctueuse est inséparable des métaux
& réside en eux, à quelque épreuve
& violence qu'on les expose:
C'est aussi la seule cause de leur fusibilité.
Le
@

M E. 121
Le régime des Métaux répondant aux Planètes en l'ouvrage de la Pierre des
Sages, avec les couleurs qui paraîtront à
chaque régime.
Le Mercure en l'ouvrage est le Mercure Philosophal, qui se circule
pendant cinquante ou cinquante-deux
jours dans la couleur noire, par le premier
degré du feu.
Le Saturne commence après; alors la matière s'enfle comme de la pâte, &
montre par là qu'il y a une âme & un
esprit vivifiant qui travaillent incessamment,
donc il faut attendre le succès
avec patience.
Jupiter suit, qui dure trois semaines, lesquelles sont employées à laver
le leton.
La Lune dure aussi trois semaines; alors la matière est blanche comme de
l'argent vif.
Le régime de Venus est long, durant lequel paraissent plusieurs couleurs;
la première est la verdeur de Venus, qui
disparaîtra après vingt jours; la bleue
ensuite; la livide ou plombée viendra
après; & sur la fin la couleur de pourpre
pâle.
Il faut prendre garde à ne guère augmenter L
@

122 M E.
le feu, crainte que la matière
ne se vitrifie; ce qui arrive depuis le
milieu du règne de la Lune jusqu'au
septième ou dixième jour de Venus.
Mars dure cinquante-cinq jours; alors plusieurs couleurs paraîtront, & la
dernière sera orangée.
le Soleil est de quarante-quatre jours, durant lesquels il faut craindre la
vitrification de la matière.
Mettez de l'eau visqueuse pour laver & blanchir le Leton. Lorsque les Philosophes
disent, Mettez ceci, mettez &
ajoutez cela, il n'y faut rien mettre ni
ajouter; ce qu'ils disent exprès pour embarrasser
& faire manquer les ignorants:
car tout ce qui est nécessaire à la Pierre
est contenu dans le Mercure, lequel au
commencement a été mis dans l'oeuf
philosophal; ou s'il y manque quelque
chose, ce n'est rien que la coction selon
l'Art.
Mettre le dessus dessous, & le dessous dessus: c'est convertir & changer les
natures; c'est-à-dire, faire sec ce qui
est humide, & ce qui est humide le
rendre sec; ce qui est fixe le rendre volatil,
& ce qui est volatil le faire fixe.
V. Changer & convertir les natures.

@

M I. 123
Minéraux. Les Minéraux se divisent en deux parties principales; savoir en
métaux, qui sont nommés les grands
minéraux; & en la partie purement minérale,
qui sont les petits minéraux: ainsi
les métaux conviennent avec les minéraux
en la qualité minérale, & les minéraux
avec les métaux, en ce qu'ils ont
tous un peu de métallique; mais c'est si
peu, que cela n'est pas considérable, de
sorte que cette petite quantité ne peut
servir pour faire leur union parfaite.
Celui qui en participe le plus est l'antimoine,
mais il n'en a pas suffisamment
pour s'unir parfaitement avec l'or; il
sert seulement à le purger, ou selon
quelques-uns, à lui augmenter la couleur,
à ce qu'ils disent.
Mais après vingt ans que Basile Valentin a employés à travailler inutilement
sur ce minéral, & d'autres savants
Philosophes à son exemple, c'est
témérité à tout Artiste de s'y attacher
pour l'oeuvre Philosophique, ni autrement
que ce que nous venons de dire;
mais bien pour la Médecine ordinaire,
qui ne tend qu'à guérir les infirmités
ou maladies des corps humains.
Quelques Philosophes modernes veulent L ij
@

124 M I.
que les minéraux ne soient autre
chose que des métaux imparfaits, comme
les métaux imparfaits ne sont que de
l'or imparfait: Mais c'est vouloir trop
raffiner; & ce sentiment est trop vague,
& plus capable d'apporter de la confusion
dans les esprits, que d'y insinuer une
véritable doctrine.
Par Minerve armée, les anciens Hermétiques ont entendu cette eau distillée
qui a en soi les très subtiles parties du
soufre; & par Vulcain qui suit Minerve,
le soufre suivant cette eau ; & son
sel, lorsque se fait la putréfaction.
La Minière blanche: c'est-à-dire, la matière propre pour faire la Lune.
La Minière rouge: c'est-à-dire, la matière propre à faire de l'or, ou le
Soleil.
Minium: c'est du plomb calciné rouge, que ceux qui travaillent aux Emaux appellent
couleur.
Le Minotaure. Par cette Fable les Sages ont entendu l'eau mercuriale; ou
le Mercure Philosophal, qui est minéral
& animal, que l'on dit participer des
deux natures.
Le Miracle de l'Art: c'est la Pierre parfaite au blanc ou au rouge, qu'on

@

M O. 125
appelle la Pierre Philosophale.
Le temps des Moissons: c'est-à-dire, lors que l'ouvrage de la pierre est en sa dernière
perfection.
Le Mois Philosophique est de quarante jours.
Mollification. Les Philosophes nomment ainsi leur matière qui est dans
l'oeuf, lorsqu'elle est noire & que la
putréfaction se fait, parce que les confections
sont liquéfiées, réduites en semence,
& amollies.
Mondification: Mondifier, nettoyer; du latin Mundifico.
Il Monte au ciel, puis il descend en terre: c'est lorsque le Mercure Philosophal,
ou la matière de la Pierre, étant
excitée par la chaleur du feu, monte
jusqu'au haut du vaisseau Philosophal;
& ne pouvant monter plus haut, redescend
après en terre, c'est-à-dire au fond
du vaisseau, sur la matière qui ne s'est
pas élevée, qu'on appelle terre pour
cette raison : En un mot, ce sont les
circulations que Flamel nomme processions.
Le petit Monde des Philosophes: c'est la Pierre des Sages parfaite, d'autant
qu'elle est l'abrégé de ce grand Monde,
L iij
@

126 M O.
& qu'elle contient les quatre éléments
& les trois principes de la nature.
Morfondements philosophiques. Les Sages entendent par ce terme, qu'il n'y a
pas assez de feu dans le fourneau Philosophal,
& que la matière n'est pas dans
le mouvement qui lui est nécessaire.
Mortifier: c'est changer la forme extérieure d'un mixte, comme on fait au
Mercure. On mortifie aussi les esprits,
lorsqu'on les mêle avec d'autres qui
lient ou qui détruisent leurs forces.
Mortifications philosophiques: c'est l'ouvrage de la Pierre, & particulièrement
lorsqu'il est au noir & que la
matière se corrompt.
La Mort: c'est la couleur noire à laquelle les Hermétiques donnent ce nom,
lorsque se fait la corruption ou la putréfaction
du Mercure.
La Mort des éléments: c'est la conversion des éléments les uns dans les autres;
comme, faire l'eau terre, la terre air, &
l'air feu; c'est en quoi consiste le grand
mystère de la Pierre des Sages.
Mosle, pour Moule; Zachaire. Most. V. Eudica. Moult, beaucoup; du latin Multum. Le Mouvement, suivant les Hermétiques:
@

M U. 127
c'est vie & action, tant interne
qu'externe, d'accroissement ou de lieu,
par la même forme & substance spirituelle
particulière qui fait les deux. Le
principe de tout mouvement c'est la lumière
du Soleil, & le principal agent de
la nature.
La Multiplication, ce que c'est. La Multiplication des choses ne demande
pas le fruit ni le corps, mais le sperme
& la semence des corps avec laquelle il
se puisse multiplier; & par conséquent
les Chimistes ou les ignorants prennent
mal-à-propos le corps de l'or pour faire
l'ouvrage de la Pierre, au lieu de prendre
la semence.
Cet ouvrage se fait en deux manières; c'est à savoir, ou par imbibition, ou
par projection sur un métal imparfait.
V. Projection.
La Multiplication par imbibition est la plus vraie & la plus excellente, laquelle
se fait avec le Mercure Hermétique
cru: & parce que c'est mettre des noirceurs
& humidités sur l'élixir parfait, il
convient recommencer le travail comme
si on n'avait rien fait, & toutes les opérations
& les couleurs se suivent toutes
l'une l'autre comme elles ont été vues
L iiij
@

128 M U. N A.
tés le premier ouvrage: mais elles ne
durent pas si longtemps; & à chaque
Multiplication réitérée, le temps sera toujours
plus court, & la matière augmentera
incessamment en quantité & qualité:
& si l'on multiplie jusqu'à sept fois,
toute l'opération se fera en moins d'un
quart-d'heure. V. Imbiber & Imbibition.
La Multiplication a été cachée par les Sages sous la Fable du Serpent Hydra,
duquel si on coupait une tête, il en renaissait
dix: car à chaque Multiplication
la Pierre augmente de dix fois sa vertu;
c'est en quoi consiste la véritable multiplication.
Mais celle qui se fait par projection est improprement nommée Multiplication,
d'autant qu'à chaque projection la
Pierre rétrograde, diminue de force &
de vertu, d'autant qu'elle s'éloigne toujours
de son principe d'exaltation.
Muer, changer; du latin Muto: d'où vient transmuer. On dit que les oiseaux
muent quand ils changent de plumes.

N.
N Arrer, raconter; du latin Narrare.
@

N A 129
Nasse: c'est un fourneau ainsi nommé. Les Natures fuyantes au feu, qu'il faut éviter: ce sont les Mercures ordinaires
qui sont tous volatils, & qui ne restent
pas au feu.
Nature se joint par Nature, Nature contient Nature, Nature est Contenue par
Nature. Les Philosophes parlent ainsi
lorsque le noir paraît, d'autant que
c'est en cette conjoncture que le fixe &
le volatil, le soufre & le Mercure se
joignent ensemble, sans jamais se séparer.
Autr. c'est le Mercure Philosophal,
en qui se voit la vérité de ces mots:
La Nature aime la Nature, la Nature
surmonte Nature, la Nature retient la
Nature. La raison en est que le Sel, le
Soufre & le Mercure qui sont dans le
menstrue des Philosophes, ont le pouvoir
de dissoudre & d'extraire ceux qui
sont dans les métaux, & de se joindre
amiablement & radicalement avec eux.
Changer les Natures: c'est faire du gros ou épais le subtil; c'est-à-dire,
du corps l'esprit, & après de l'humide
le sec de l'eau la terre: & ainsi l'on
met le dessous dessus, & le dessus dessous.

@

130 N A.
Les Natures diverses ne s'amendent point: c'est-à-dire, ne se perfectionnent
point, parce qu'elles ne peuvent s'unir
parfaitement. Par exemple, le végétal ne
peut s'unir intimement au métallique;
& pourtant c'est ce que prétendent faire
les ignorants, par le suc de l'herbe appelée
la Lunaire, qu'ils disent fixer le
Mercure, ce qui n'est pas vrai: car
quand une chose est fixe, elle résiste au
feu; mais leur Mercure prétendu fixé,
(& qui n'est que faiblement congelé)
n'y résiste pas, puisqu'à la plus légère
chaleur il s'en va en fumée.
La Nature ne peut faire la Pierre des Sages sans l'aide de l'Art, d'autant
qu'elle travaille toujours simplement,
qu'elle a son pouvoir limité: l'Art de
même ne la peut faire sans la Nature;
mais lorsque la Nature est jointe à
l'Art, elle est élevée à une perfection
si étendue, que sa puissance devient presque
infinie.
La Nature seule opère & travaille toujours simplement, & commence toutes
choses par un premier principe, & finit
par l'espèce qu'elle doit produire: elle
n'usurpe rien d'une espèce pour mettre
en la génération d'une autre; mais elle

@

N A. N E. N I. N O. 131
distribue à chacune ce qui lui convient
en particulier.
Les Naufrages de la Mer des Philosophes. Ces naufrages n'arrivent que par
l'ignorance de ceux qui ne connaissent
pas le vrai Mercure Hermétique, qui
est l'Astre qui conduit l'Artiste à la naissance
du Roi.
Neige dite simplement: c'est le Mercure des Sages, qu'ils appellent ainsi
d'autant qu'il est blanc comme la neige.
Cuire la Neige: c'est-à-dire, cuire le Mercure Hermétique, ce qui est faire
l'ouvrage.
Le Nettoyer des Philosophes: c'est l'ablution, ou lotion, ou bien savonnement
des Sages; c'est-à-dire, que quand
on est à la noirceur, il faut nettoyer
purger & blanchir le leton: ce qui se
fait par une seule & même opération
qui est la continuation du feu, lequel
fait faire les circulations à la nature.
Le Nid du Poulet: c'est l'oeuf philosophique, & le Poulet est le Mercure
qui est dedans.
Lorsque le Noir ou la Noirceur paraît, les Sages disent que le Soleil & la Lune
souffrent, éclipse; ou bien ils appellent
cette couleur ténèbres & mort, à cause

@

132 N O.
que le temps de sa durée est long & n'est
point déterminé, cela dépendant de la
qualité de la matière & de la chaleur
administrée.
Ils nomment encore cette couleur leur plomb ou Saturne; & lorsque la putréfaction
se fait, leur airain; lorsque la
noirceur est passée, ils l'appellent leur
argent vif exhalé; quand la citrinité paraît,
leur or ; celle qui suit, la fleur de
leur or; lorsqu'il en vient une autre,
leur ferment; enfin ils nomment la dernière,
le venin des Teinturiers.
Ils l'appellent encore la Tête de Corbeau: autrement, le Leton qu'il faut
blanchir; c'est-à-dire, lorsque la nuée
ne paraît plus, ce corps est dit être
sans tête.
La cause de la Noirceur. Le feu & l'humide causent cette Noirceur, &
cette couleur est nommée mort. Bonellus
dit qu'elle ne paraît qu'après quarante
ou quarante-deux jours au plus, & ne
se perd qu'en cinq mois.
Noces & Engendrements: c'est l'ouvrage de la Pierre Hermétique: autr.
c'est l'union du mâle & de la femelle,
du fixe & du volatil, lorsque la matière
est comme de la poix fondue.

@

N O. N U. O B. O C. 133
La Nourriture de la Pierre: c'est la continuation du feu, sans lequel elle
périrait; & à mesure qu'elle se fortifie,
il lui faut des aliments plus fort. Quelquefois
c'est le Mercure des Sages, particulièrement
aux circulations ou imbibitions
qui se font par la nature.
Par la Fable de l'épaisse Nuée dont Jupiter environnait Io, les Philosophes
ont entendu la petite peau paraissant au
commencement de la congélation de l'élixir;
ils ont dit que les pellicules noires
suivantes sont les voiles noires avec
lesquelles Thésée revenait à Athènes.
Nully, aucun, personne; dans Trévisan. Numus: c'est la terre noire du noir très noir, qu'il faut purger & blanchir.

O.
O Bliques, de travers; du latin Obliquum. Occident: c'est la dissolution du Soleil: autr. c'est l'esprit du Mercure Philosophal:
autr, c'est la noirceur, laquelle
est la première couleur qui paraît dans
l'ouvrage, appelée par les Sages mort
& ténèbres.
Occises, tuées; du latin Occisum.
@

134 O D. O E.
Odeurs. D'où viennent les Odeurs. L'Odeur du mixte ne vient que de son soufre
pur ou impur, suivant le plus ou
le moins de son humidité; si l'humeur
aérienne qui lie les parties du mixte est
moins desséchée & la matière pure &
subtile, l'Odeur est douce & agréable:
mais si elle est recuite & la matière
moins pure, sèche, molle ou liquide,
pour lors l'Odeur est forte & ennuyeuse,
comme les huiles bitumineuses; & plus
insupportable & nuisible encore, si la
matière est facilement corruptible, comme
sont toutes sortes d'excréments & de
chairs brûlées, &c,
Oeuf ou Oeuvre des Philosophes: c'est le Mercure Hermétique, & quelquefois
la matière Philosophale contenue dans
l'oeuf; d'autant que par similitude l'oeuf
ordinaire contient trois choses, la coque,
le blanc & le jaune: aussi la matière de
la Pierre contient le corps représenté
par la coque, l'âme par le blanc, &
l'esprit par le jaune.
Oeuf des Philosophes, pourquoi ainsi nommé: c'est qu'il n'y a point d'ouvrage
en ce monde si approchant de celui de
la Pierre que la génération des poulets:
& quelquefois les Sages entendent par

@

O E. 135
ce mot l'âme ou la partie volatile de
la Pierre, & en ce sens l'âme est la
même chose que l'esprit.
Autrement: c'est le vaisseau qui contient le Mercure Philosophal, lequel
vaisseau ressemble à la matrice de la femme,
parce qu'il reçoit la semence de la
Lune & du Soleil des Sages, & il est
si bien fermé que l'air n'y peut entrer,
ni aucun esprit en sortir; là il se cuit
par une chaleur semblable à celle qui
anime l'enfant, qui l'augmente insensiblement,
qui le fait croître, & le conduit
enfin à sa dernière perfection. Autr. c'est
la Pierre Hermétique par similitude de
l'oeuf des poulets.
L'Oeuvre de la Pierre est un jeu d'enfant, & un ouvrage de femme. Les Sages
entendent communément par la femme
la terre de notre Pierre, ou le Mercure
qui semble achever l'oeuvre entier;
& par les enfants, ils entendent les ignorants,
qui ayant fait la sublimation, se
jouent de la terre qui est la base de la
Pierre, & la rejettent.
Autrement: c'est l'ouvrage de la Pierre par comparaison avec la femme; d'autant
que la femme qui a conçu un enfant,
ne fait plus que le cuire & le nourrir

@

136 O E.
jusqu'au temps de l'enfantement: de
même l'ouvrage de la Pierre se fait par
la coction de la matière; & si la chaleur
venait à manquer, de même que la chaleur
naturelle de la femme, l'ouvrage
périrait.
Il n'y a rien de si aisé à faire que l'ouvrage de la Pierre des Sages; & s'il eût
été difficile, ils ne se seraient pas tant
étudiés à le cacher, d'autant que par la
seule difficulté on se serait dégoûté d'une
entreprise de cette qualité.
Il s'appelle encore ouvrage de femme & jeu d'enfants, d'autant qu'il faut le
blanchir & rougir, & c'est par comparaison
à l'oeuvre de nature. Morien l'explique
autrement: car il dit que l'ouvrage
de la Pierre est semblable à la
création de l'homme; premièrement il
faut la conjonction de l'homme & de
la femme; en second lieu que la conception
se fasse, que l'engrossement suive;
puis après la naissance de l'enfant, &
enfin il faut nourrir l'enfant né.
Les Sages entendent encore par ces termes, que le secret de l'oeuvre est fait
de mâle & de femelle, & par leur union
la femelle est faite non fuyante, & le
mâle est fait spirituel; & que l'enfant
qui
@

O E. 137
qui en naît, lorsqu'il est mis en projection
sur le métal imparfait, il le
rend parfait: ce qui n'est qu'un jeu
d'enfant, d'autant que cela est fait sans
peine & en un moment, le tout étant
venu par ce mâle & cette femelle.
Il y a encore quantité d'explications de ce dire des Philosophes, que je ne
rapporte point ici, crainte d'être trop
long; mais voilà les principales, les
plus naturelles & les plus instructives:
& cela enseigne suffisamment qu'il faut
que l'Artiste cuise seulement la matière,
& qu'il se plaise à son travail, sans s'en
dégoûter par la longueur du temps, à la
manière des enfants, qui ne se rassasient
jamais de jouer & de se divertir, & ainsi
sont toujours en mouvement.
Quatre choses empêchent plusieurs personnes d'arriver à la fin de leurs désirs;
savoir, peu de foi, peu de patience,
trop d'eau, & feu trop fort.
L'Ouvrage de la Pierre est encore appelé mer orageuse, sur laquelle il est
dangereux de monter pour cingler en
haute mer, c'est-à-dire de travailler
sans savoir bien les opérations; le naufrage
étant certain, si on s'écarte du
droit chemin de la nature.
M
@

138 O E. O M. O R.
En cet Ouvrage il n'entre que deux choses, & ces deux ne sont qu'une
même chose en essence & substance,
lesquelles sont le Soufre & le Mercure
des Philosophes, qui ne sont pas
les communs ; mais ceux des Sages, qui
sont métalliques, & qui sont contenus
dans le Mercure Hermétique : ainsi
l'erreur des ignorants est découverte, qui
se servent d'autre matière que de ce Soufre
& de ce Mercure.
Le grand Oeuvre des Philosophes; pourquoi ainsi appelé. On le nomme ainsi,
d'autant que les hommes ne sauraient
faire chose plus grande, tant à l'égard
de la santé que des richesses. Un Philosophe
dit que c'est le plus grand de
tous les biens temporels, dont Dieu
puisse récompenser ceux qui travaillent
dans son amour & dans sa crainte.
Ombres Cymmériennes: c'est lorsque la matière devient noire, & que la putréfaction
ou corruption se fait. Les
Philosophes appellent cela ténèbres,
mort, éclipse, & cent autres noms différents
qu'ils donnent à leur Ouvrage.
Ombre obscure, c'est la même chose. Or: c'est le plus parfait de tous les Métaux, que les Philosophes appellent

@

O R. 139
Soleil. Ils ont leur Or qu'ils appellent
vif. Ils en ont un rouge, qu'ils nomment
leur Laton rouge . Mâle, Soufre,
Dragon sans aile: Et un Or blanc, qui
est la femelle, le Dragon ailé, leur Mercure.
Voyez Argent & Mercure.
Or des Philosophes. Lorsque les Sages disent prenez l'Or, ils n'entendent
pas l'Or vulgaire, mais leur Or,
non fait, mais à faire; c'est-à-dire,
la matière de la Pierre, dans le sein de
laquelle l'Or des Sages est caché; & il
n'y a que le vrai Philosophe qui sache
le moyen de l'en faire sortir. Autr. l'Or
des Philosophes à vingt-quatre Carats,
est leur eau incombustible congelée, qui
mise dans une eau incombustible chaude
& sur le feu, s'y fond comme de la
glace dans l'eau chaude. Autr. c'est lors
que la noirceur est passée, & que la citrinité
paraît
L'Or vif des Philosophes: c'est le feu qui est dans la matière de la Pierre, ou
Mercure; c'est-à-dire, la plus digeste &
la plus accomplie portion de la vapeur
des éléments, ou l'humide radical de la
nature plein de son chaud inné. Autr. la
Pierre parfaite au rouge, & un vrai ciel terrestre, ou ciel inférieur. Autr. l'humide
M ij
@

140 O R.
radical de la nature, plein de
feu.
La fleur de l'Or des Philosophes: c'est la couleur qui suit la citrinité.
L'Or en esprit: c'est l'argent vif des Philosophes.
L'Or & l'argent à l'égard de la Pierre: Ils ne peuvent servir que de
soufre, l'un au rouge & l'autre au blanc,
quoi que l'Or minéral soit la dernière &
la plus parfaite action de la nature à l'égard
des métaux, d'autant qu'il contient
en soi l'harmonie très agréable des forces
supérieures & inférieures, c'est-à-
dire des hauts & bas éléments: Le sel
volatil ou armoniac représente le feu;
l'onctueux ou le soufre démontre l'air;
l'acide ou le Mercure est l'eau; & le fixe
ou le sel, la terre.
Cet Or n'est autre chose qu'un argent vif congelé & cuit par la vertu de son
propre soufre, à cause de quoi il a acquis
l'extension sous le marteau, la constance
au feu & la couleur citrine.
Cet Or minéral étant un métal parfait, ne peut en cette qualité être porté par
l'Art à un degré plus parfait: mais lors
qu'il est détruit par une voie secrète &
Philosophique, & qu'il est réduit en son

@

O R. O S. 141
principe sans aucune corrosion, l'Art
peut alors l'élever à une perfection beaucoup
plus étendue que celle qu'il avait
reçue de la nature.
Or blanc: c'est le Mercure Hermétique, qui ne se trouve point sur la
terre des vivants; c'est-à-dire, tout préparé.
Autr. la Pierre blanche des Sages,
l'Argent vif blanc & fixe, l'Or de l'Alchimie,
& la Fumée blanche.
Or sublimé, vivifié & multiplié: c'est l'ouvrage de la Pierre des Sages au rouge
parfait multiplié.
Sous la Fable d'Orphée, les anciens Philosophes ont caché la douceur de
notre quintessence & or potable.
L'Or se détruit par une eau qui est de sa nature, parce que toutes choses se détruisent
par leur contraire: l'Or est tout feu,
& l'eau est le contraire du feu. Cette
eau est le Mercure Hermétique.
Orient, c'est l'âme: Autr. l'enfant. Orpiment des Philosophes: c'est la semence masculine & agente, qui est le
soufre: Autr. c'est la Pierre parfaite au
blanc & au rouge.
Orpiment blanc qu'il faut cuire: c'est le Mercure des Sages.
L'Oter des philosophes: ce n'est pas
@

142 O U. O Y.
ôter avec les mains; mais par la continuation
de la coction on ôte la noirceur,
& l'impur du pur de la matière.
Autr. on ôte & sépare le superflu, & on
ajoute à la Pierre ce qui lui manque,
qui est la coction selon l'Art.
Ouvrage de patience: c'est l'ouvrage ou le travail de la Pierre, à cause qu'il
est très long, & que l'Artiste doit exercer
une grande patience.
Ouvrir & délier: c'est faire le corps qui est toujours dur & fixe, mol, fluide
& coulant comme l'eau.
Ouvrir le corps & le fermer: c'est-à- dire, l'étendre pour enfin le déterminer.
Oie d'Hermès: c'est le Mercure Philosophal. Oie d'Hermogène: c'est lorsque la noirceur s'en est allée pendant le travail
de la Pierre, & que la matière s'élève
étant blanchie.
Oiseau des Sages: c'est le Mercure Philosophique; & lorsqu'ils parlent de
leurs Oiseaux, ils entendent leurs sublimations,
qui se font pendant le travail
de la Pierre, & les sublimations du
Mercure Hermétique. V. Aigles.
Oiseaux d'Hermès: Ce sont les substances
@

O Y. P A. 143
spiritualisées par la séparation du
corps terrestre d'avec l'âme & l'esprit;
C'est ce qu'on nomme la Magnésie composée,
& de plus le Mercure Hermétique.
Oiseau doré des Philosophes: c'est la matière Hermétique cuite en partie.
Oiseau vert: c'est lorsque la couleur verte paraît dans le travail de la Pierre,
qui est le signe de la végétation.

P.
L A Paille du Poulet: c'est la cendre de l'écuelle.
Parabole, mot grec, qui signifie comparaison. Paraboliquement, c'est-à-dire,
par comparaison.
Le Parler des Philosophes: ce n'est pas le parler vulgaire, & selon le son des
mots; car toute personne qui le prend
ainsi, a perdu le filet d'Ariane parmi
les détours du Labyrinthe, dont il ne
sortira jamais: & l'on peut dire qu'il
se trompe grandement. Le parler des
Sages est par énigmes, allégories, métaphores,
fables & similitudes; de sorte
que le sens de leurs dires est toujours
mystérieux, & particulièrement

@

144 P A.
dans les choses principales.
Sur quoi il est bon de savoir que chaque Philosophe a sa manière de parler,
& des termes particuliers que d'autres
n'ont point mis en usage; & néanmoins
ils s'entendent tous parfaitement
les uns les autres, comme s ils n'avaient
tous qu'un même langage, mêmes
termes & même façon de s'énoncer:
Ce qui est une preuve convaincante
qu'ils n'ont tous qu'une même
matière, une même préparation, un
seul & même moyen d'opérer. En effet
s'ils avaient différentes matières, diverses
préparations & diverses manières
d'opérer, ou bien divers régimes, ils
ne s'entendraient nullement: d'où l'on
peut conclure que qui entend parfaitement
un Philosophe, il les doit certainement
entendre tous.
Part, la part où: le lieu, l'endroit où, la où; Zachaire.
Passif, patient, ce qui reçoit l'action de la chose qui agit.
Patience. L'ouvrage de la Pierre est nommé par les Sages Ouvrage de Patience,
à cause qu'il faut un long temps
pour le réduire en sa dernière perfection:
c'est pourquoi l'Artiste ne doit
pas
@

P A. P E. P H. 145
pas s'ennuyer, ni agir avec précipitation;
car cet ouvrage divin a son temps ordonné
par la nature, aussi bien que les fleurs &
les fruits que portent les végétaux.
Pavot des Philosophes: c'est l'ouvrage de la Pierre parfaite au rouge.
Pécune, argent; du latin Pecunia. Pepentic: c'est la première digestion de la Pierre.
Le Père du Mercure des Sages: c'est le feu.
La Perfection de fixion, ou fixation Voyez Fixion, ou Fixation.
Periminel: c'est-à-dire, réduit en cendre.
La Perle des Chimistes: c'est la rosée du Printemps, qui est comme une perle
& qui participe plus du froid que du
chaud, étant plus proche de l'Hiver
que de l'été. Ils la nomment femelle
pour cette raison: Et celle de l'Automne
c'est-à-dire du mois de Septembre, ils
l'appellent le mâle; parce qu'elle participe
plus de la chaleur de l'Eté, que de
la froideur & humidité de l'Hiver à
venir. V. Emeraude.
Philosophe, Amateur de la Sagesse: c'est le nom de ceux qui savent la
Science.
N
@

146 P H.
Les Philosophes sont appelés Prophètes. C'est qu'ils ressemblent aux Prophètes,
en ce qu'ils voient tous les temps: &
ceux qui prétendent être Philosophes
& ne le sont pas, on les traite d'ignorants,
& sont nommés Philosophâtres.
Les Philosophes Hermétiques sont les seuls qui méritent le nom vénérable de
Philosophes, à l'exclusion de tous les
autres; d'autant qu'ils connaissent seuls
intimement & à fond, ou radicalement
la nature, par le moyen de laquelle ils
viennent à la connaissance du Créateur
de toutes choses, auquel ils rendent
leurs devoirs & hommages: & c'est
principalement pour cette raison que
Dieu a donné à l'homme une âme raisonnable,
capable de le connaître & de
l'aimer.
Philosophie, Amour de la Sagesse; nom que l'on donne à la Science ou Art
qui enseigne à faire la Pierre Philosophale.
Filtration. La Filtration est un moyen de séparation du gros & du subtil
d'une liqueur réduite en forme d'eau:
elle se fait par un linge, par un chamois,
& quelquefois, même plus communément
par le papier gris, & quelquefois

@

P H. P I. 147
encore par le feutre; de sorte
que cette opération est une espèce de
distillation: autr. c'est la purification de
quelque liqueur par un moyen ou intermède
sec, & le plus souvent à froid,
V. Filtrer.
Filtrer par la Carte Emporétique: c'est-à-dire, par le papier gris.
Fiole Philosophale: c'est quelquefois le fourneau des Sages, & plus communément
l'oeuf Philosophal qui est de la
matière & de la forme & figure dont
on fait les Fioles ordinaires & communes.
Le Phoenix des Poètes & des Anciens venant à mourir, produit toujours de
soi-même & de ses cendres, un autre
semblable & de son espèce, naissant,
mourant, & se revivifiant au feu: C'est
l'élixir parfait, & son augmentation ou
multiplication qu'ils ont voulu voiler
sous cette Fable, pour ne pas dire ouvertement
l'excellence & le secret de
leur Science; d'où l'on peut inférer qu'il
est très difficile de pénétrer dans le secret
de leurs pensées, sans avoir un aide fidèle
& bien clairvoyant. Autr. c'est le Mercure
des Sages.
Couper les Pieds à Mercure: c'est-à- N ij
@

148 P I.
dire, lui ôter sa volatilité & lui donner
la fixation; ce qui ne se peut faire que
par l'élixir parfait au blanc ou au
rouge.
La Pierre sanguinaire ou sanguine: c'est le Mercure Philosophal, d'autant
qu'il a la vertu du sang spirituel, sans
lequel rien ne se fait. C'est ce que dit
Flamel parlant du sang des enfants qu'Hérodes
fit tuer, que des Soldats ramassaient
ou recueillaient, dont il dit (cela
s'entend pris à la lettre) qu'il est impie
de se servir, mais qu'il explique ensuite,
comme nous l'avons remarqué.
Autr. c'est l'élixir au rouge parfait.
La Pierre est une chose précieuse par les vertus excellentes qu'elle a reçues
du ciel, & elle est vile à l'égard des
substances desquelles elle tire son origine;
mais il n'y a que les fols & les ignorants
qui la méprisent, par un juste jugement
de Dieu.
Dans son commencement elle est toute volatile, & pour cela capable d'être
purgée parfaitement de toutes sortes de
terrestréités qu'elle a contractées dans
sa naissance, & être réduite de son imperfection
naturelle, à la perfection
qu'elle n'a qu'en puissance, & qu'elle

@

P I. 149
reçoit du magistère dans ses autres états
avec la fixité.
Cette Pierre a un corps, une âme & un esprit ; un corps, puisqu'elle est
une substance purement métallique qui
lui donne le poids; une âme, qui est
la plus pure substance des éléments; & un
esprit, qui est ce qui fait l'union du corps
& de l'âme.
La Pierre naît sagement en l'air; c'est-à-dire, qu'elle est entièrement spirituelle:
autr. qu'elle naît dans la sublimation;
d'autant que s'il n'y avait
point d'air dans le vaisseau de sublimation,
l'opération ne se pourrait faire,
& le vaisseau serait en danger de se rompre:
elle renaît aussi plusieurs & diverses
fois ; & chaque fois qu'elle renaît,
elle prend toujours son origine de la même
chose, qui est Rebis.
Les Sages appellent Pierre ce qui ne fuit pas le feu & ce que le feu n'élève
pas ou ne sublime pas, & encore ce
qu'il ne consume pas: Et elle n'est autre
chose que l'humide radical des éléments,
répandu en eux & réuni dans la
Pierre, & dépouillé de toute souillure
étrangère. Or comme la vie des animaux,
végétaux & minéraux ne consiste
N iij
@

150 P I.
que dans leur humide radical,
c'est la raison pour laquelle la Pierre
fait tant de merveilles, & répare celui
que toute la nature a dissipé, & que
les aliments ne peuvent réparer qu'imparfaitement
& en partie: c'est elle
aussi qui fortifie la nature, & qui la
délivre & préserve de toutes maladie.
La Pierre Philosophale rend parfaits les métaux imparfaits; elle rend les parfaits
plus que parfaits, & capables de
perfectionner les imparfaits, d'autant
qu'elle a une perfection & subtiliation
fort étendue & toute spirituelle: de sorte
qu'elle entre & pénètre facilement l'intime
des métaux, auxquels elle se joint
parfaitement, n'y ayant que les esprits
qui soient capables de pénétrer & de
s'unir ainsi aux corps, de les teindre,
les changer, les perfectionner, & de
communiquer aux autres leur nature.
Quand on dit que la Pierre contient toutes choses, que toutes choses sont
d'elle ou par elle; c'est à cause qu'elle
est non-seulement la première matière
de tous les êtres contenus sous le genre
minéral & métallique, mais encore parce
qu'elle est unie à la matière universelle

@

P I. 151
dont toutes choses ont pris naissance.
La Pierre Philosophale est appelée le grand Oeuvre. V. Oeuvre.
La Pierre citrine: c'est l'ouvrage des Philosophes au blanc parfait.
La Pierre première: c'est la Pierre blanche parfaite non multipliée.
La Pierre seconde: c'est la Pierre parfaite au rouge non multipliée.
La Pierre de Paradis: c'est la Pierre parfaite au rouge, qui est le miracle de
l'Art, avec laquelle on reçoit tout bonheur
sans déplaisir, toute grâce sans
ennui, & toute commodité sans intervalle,
pourvu que l'on soit prudent.
Autr. c'est le Mercure Hermétique.
La Pierre Philosophale est dite par les Sages animale, minérale & végétale. Lors
que les Philosophes disent cela de leur
Pierre, ils n'entendent pas qu'elle soit
faite & composée d'une partie d'animal,
d'une de minéral, & d'une autre de
quelque végétal; mais ils entendent
presque toujours que lorsqu'elle est parfaite
au blanc ou au rouge, elle est médecine
pour les trois règnes de la nature
animale minérale & végétale. Autr.
c'est elle qui a en puissance les qualités
N iiij
@

152 P L.
que nous avons remarquées, &
n'est Pierre que par similitude, & non
par nature. Autr. Ils entendent quelquefois
qu'elle a un corps, une âme &
un esprit; & qu'elle est animale, puis
qu'elle a une âme; minérale, puisque
son principe est minéral; & végétale,
puisqu'elle a un esprit qui est vivant.
Il est bon de savoir que la Pierre des
Philosophes est le sujet de la Philosophie
considérée dans l'état de sa première
préparation; & la Pierre Philosophale,
la Pierre parfaite & accomplie soit au
blanc soit au rouge, laquelle convertit
en sa nature tous métaux imparfaits préparés.
Elle est le seul des biens temporels qui soit capable de remplir le coeur de l'homme:
car elle lui donne une vie longue
& exempte de toutes infirmités; enfin
elle le satisfait pleinement, en l'exemptant
de toute pauvreté & misères, & de tous
les besoins de la vie.
Planètes & Etoiles. C'est une erreur très grossière des ignorants, que pour
travailler utilement à l'ouvrage de la
Pierre des Philosophes, il faille prendre
le temps de l'exaltation des Planètes
& celui de leur plus grande force pour

@

P L. P O. 153
commencer car tous les temps sont bons
pour l'ouvrage, puisque les influences
célestes accompagnent toujours le Mercure
qui les contient en soi, comme
étant l'abrégé du grand monde. Voyez
Etoiles.
Plomb blanc: c'est le Mercure Hermétique. Le Plomb fondu: c'est la matière des Sages lorsqu'elle est parvenue au noir
très noir.
Le Plomb des Philosophes: c'est l'ouvrage de la Pierre des Sages; autr. le
Mercure Hermétique. Quelques Philosophes
appellent leur Plomb la matière
qui se cuit dans l'oeuf, lorsqu'elle est
devenue comme de la poix fondue: C'est
là la plus véritable explication de leur
sens caché.
Pluie d'or en laquelle Jupiter a été converti. Les Anciens ont caché sous cette
Fable la distillation de l'Or Philosophal.
Ils l'ont encore voilée sous la fixion de
l'Arbre d'or, dont coupant une branche
il en renaissait une autre; & même ils
l'ont encore cachée sous la Fable de Jupiter
coupant les génitoires à son Père.
Les Poids des Philosophes: ce sont les qualités & proportions des choses que

@

154 P O.
l'Art & l'Artiste ne donnent pas, mais
la nature, en quoi plusieurs se trompent.
C'est une chose digne de remarque,
que dans le Mercure Philosophal la nature
a mis les poids & les proportions
requises; de telle manière que s'il n'y
avait pas plus de volatil que de fixe,
le volatil n'emporterait pas le fixe, &
ne le rendrait pas volatil au commencement
de l'ouvrage; de même si le fixe
s'y trouvait en plus grande quantité que
le volatil, il arrêterait le volatil, le fixerait
& l'empêcherait de s'élever: ce qui
arrive seulement lorsque l'humide est
desséché. Ainsi le Mercure commun ne
peut servir de matière à la Pierre qui
doit être proportionnée de fixe & de
volatil, d'autant qu'il est tout volatil.
La Poix noire dont parlent les Sages: c'est la matière Philosophale qui se cuit
dans l'oeuf, lorsqu'elle est parvenue à
la couleur noire très noire, & qu'elle
s'épaissit. Cette couleur est une des clefs
principales de tout l'ouvrage de la Pierre
des Philosophes, sur laquelle il est nécessaire
de faire de bonnes réflexions.
Pommes d'or jetées par Hyppomène. Par cette Fable les Anciens ont entendu
parler des Soufres fixants & coagulants.

@

P O. P R. 155
Cueillir les Pommes du Jardin des Hespérides: c'est-à-dire, la récompense des
travaux & la toison d'or désirée.
Le Pot étroit des Philosophes: c'est l'oeuf Philosophal.
La Poudre discontinuée: c'est la matière des Sages lorsqu'elle est sortie de la
noirceur, & qu'elle s'élève avec la couleur
blanche.
Le Poulet des Sages: c'est le Mercure Philosophal.
Le Poulet ayant la tête rouge, la plume blanche & les pieds noirs: c'est l'ouvrage
de la Pierre Hermétique, & les
trois principales couleurs qui paraissent;
la noire la première, la blanche la seconde,
& enfin la rouge. Flamel dit que la
même chose était dans le Livre d'Abraham
le Juif.
Le Poulet d'Hermogène: c'est la matière Philosophale lorsqu'elle est sortie
de la noirceur, & qu'elle est parvenue
à la couleur blanche.
Pourpre des Philosophes: c'est l'ouvrage de leur Pierre au rouge parfait.
La Pratique de l'Art au sujet de la Pierre des Sages. Elle n'est nullement
difficile: c'est pourquoi les Philosophes
l'ont appelé Jeu d'enfants & Ouvrage de

@

156 P R.
femme: ce qui se doit entendre pour
ceux qui la savent; mais c'est un travail
insurmontable pour ceux qui prétendent
l'apprendre par la seule lecture
des Livres des Philosophes, ou par leur
étude & leur travail particulier. V. Régime.
Précipiter, ou faire précipiter: c'est séparer une matière qu'on avait fait dissoudre,
afin qu'elle tombe au fond d'un
vaisseau: ou bien; c'est séparer le corps
solide corrodé avec son dissolvant, tendant
en bas, & par son contraire qui
l'affaiblit.
Prendre, selon le sens des Sages, comme lorsque les Philosophes disent, Prenez
ceci & cela; ce n'est pas qu'ils entendent
qu'il faille prendre quoi que ce soi avec
les mains, ni qu'il ne faille prendre qu'une
seule chose, laquelle il convient mettre
une seule fois dans l'oeuf, & puis après
clore le vaisseau jusqu'à ce que l'ouvrage
soit parfait: car quand ils parlent ainsi,
c'est seulement à dessein de retenir les
ignorants dans l'erreur.
Préparations différentes de la matière des Sages. Elles ne sont proprement
qu'une même opération continuée; &
comme il n'y a qu'une seule matière,

@

P R. 157
il n'y a aussi qu'une seule préparation &
un seul moyen d'opérer pour bien réussir
dans l'ouvrage de la Pierre.
Pressure coagulant & épaississant: c'est le compôt lorsqu'il est arrivé à la couleur
noire.
Les deux Principes universels ou de la nature sensible: ce sont le subtil & le
solide, qui étant unis plus ou moins,
engendrent la belle variété des suppôts
de l'Univers.
Les trois Principes naturels ou de la nature, Sel, Soufre & Mercure. Ces
Principes sont universels & engendrés
des quatre éléments, & sont comme de
seconds éléments, d'autant qu'ils sont
contenus dans tous les mixtes. Le Soufre
est le premier, qui tient lieu de mâle
; le Mercure le second, qui tient lieu
de femelle: d'où l'on peut conclure
qu'ils ne sont mâle & femelle que similitudinairement,
en quelque mixte qu'ils
se puissent rencontrer; & le troisième
est le Sel, qui fait la liaison des deux
autres.
La Prison Philosophique: c'est le fourneau des Sages qui enclôt deux vaisseaux,
en l'un desquels est la matière Philosophale,
lequel est appelé oeuf Hermétique,

@

158 P R.
ou prison lucide & transparente
& l'autre vaisseau est l'écuelle qui contient
les cendres.
La Prison de Joseph: c'est l'oeuf des Sages contenant leur Mercure.
Probateur, éprouveur, celui qui éprouve; du latin Probator.
Projection, ce que c'est. Elle se fait lors qu'on met peu de l'élixir parfait au blanc
ou au rouge sur une quantité de métal
imparfait fondu, ou sur un Mercure
échauffé; lequel élixir fixe & convertit
en sa nature la matière sur laquelle il
a été projeté.
Il est à remarquer qu'en la Projection de l'élixir rouge sur la Lune, il fait la
séparation du pur d'avec l'impur, comme
si elle avait été faite sur les métaux
imparfaits, mais non pas en si grande
quantité; & que lorsqu'on la fait sur
le Mercure vulgaire, purgé comme il
faut, il n'en sépare rien & le convertit
tout, d'autant qu'il est tout entier de
sa nature & homogène avec lui.
Il est encore bon de savoir que l'élixir parfait est tout feu, & que le feu
ne peut souffrir aucune corruption, à
cause de la contrariété qui est entre lui
& les autres éléments; c'est pourquoi

@

P R. P U. 159
quand la Pierre n'a pas d'ingrés, c'est
signe qu'il y a encore quelque corruption
& qualité terrestre: & quand elle
a ingrés, & qu'elle est projetée sur un
sujet convenable, elle fait la séparation
de l'impur de la matière, & s'attache
seulement à ce qu'elle a de pur.
La Prostituée des Philosophes. Ils entendent par ce terme la matière de laquelle
l'Artiste a tiré leur Mercure.
Le Prothée des Philosophes, qui change de soi-même tous les jours sans aide d'homme;
c'est leur Mercure: autr. l'esprit
universel qui se corporifie dans divers
sujets des trois règnes.
La Pucelle Rhéa qui n'a point été mariée; c'est le Mercure des sages: autr.
la matière de leur Pierre.
Pénétrer dans le Puits de Démocrite: c'est-à-dire, pénétrer la vérité des natures.
Purger: c'est lorsque la noirceur paraît; cela s'appelle mort & ténèbres,
qu'il faut purger jusqu'à ce qu'on voie
la couleur blanche; ce qui se fait par
la continuation du feu, sans autre artifice.
Purger & nettoyer, c'est la même chose; c'est pourquoi, V. Le Nettoyer des Philosophes.

@

160 P U.
Putréfaction, pourriture; du latin Putrefactio. Putréfier, pourrir; aussi du latin Putrefacere. La Putréfaction des Sages: c'est la mortification des deux corps; c'est-à-
dire, du fixe & du volatil: car les vertus
ne se corrompent jamais, mais seulement
les matières grossières & corporelles;
après laquelle corruption les vertus
élémentaires s'unissent si parfaitement
ensemble dans cette matière, qu'elle
ne participe plus ni du feu, ni de l'air,
ni de l'eau, ni de la terre, mais c'est
seulement leur unique vertu & substance.
Elle se fait lorsque la couleur noire paraît, & que la matière se pourrit &
se corrompt: ce qui est le principe d'une
génération prochaine. Elle dure cinquante
jours, auquel temps il faut faire
un feu qui digère la matière, que le
Comte Trévisan appelle feu digérant:
qu'un autre Philosophe appelle feu doux
& de génération.
En cette Putréfaction consistent toutes les difficultés & toute la vérité de l'Art:
car sans la Putréfaction rien ne se peut
faire, & elle seule suffit; d'autant que
c'est
@

P U. P Y. Q U. 161
c'est l'entrée de l'opération. Ne t'ennuies
donc pas de la longueur du temps,
& apprends que si le corps n'est putréfié
il ne porte point de fruit. Autr. la Putréfaction
est nommée Solution. V. Solution
& Sublimation
La Putréfaction des Chimistes: c'est la corruption d'une forme tendant à une
autre, par une chaleur accidentelle, au
défaut de la naturelle.
La Fable de Pyrrha & Deucalion. Par cette Fable les anciens Philosophes ont
enseigné le moyen d'engendrer mâles &
femelles par la projection de l'élixir blanc
& rouge. Cet ouvrage ayant été augmenté
par la multiplication réitérée,
est leur Gorgone, laquelle convertit les
métaux imparfaits en vraies Pierres.
Hermès dit que cela se fait par adaptation:
Enfin c'est en ce temps que les
métaux imparfaits participent à la gloire
de leur Roi.
Sous cette Fable ils ont aussi voilé la matière de leur Pierre.

Q.
Q Ualités, ce que c'est. Les qualités ne sont que les instruments des formes.
O
@

162 Q U.
Quant à lui, avec lui. Quérons, cherchons; du latin Quaero. Trévisan.
Queue de Dragon: c'est, selon Hermès, le Mercure Philosophal qui dévore
sa queue.
Queue blanche du Dragon: c'est l'huile de Mercure, ou la liquéfaction & humectation
philosophique: autr. c'est le
Mercure fermenté pour les imbibitions
de la Pierre blanche: autr. la teinture
lunaire.
Queue rouge du Dragon: c'est le Mercure rubéfié, ou couronné pour les imbibitions
de la Pierre: autr. la teinture
rouge, ou la teinture de l'or.
Quintessence, terme mystérieux; comme qui dirait cinquième essence, ou
cinquième être d'une chose mixte. C'est
comme l'âme très subtile tirée de son
corps, & de la crasse & superfluité des
quatre éléments, par une très subtile &
très parfaite distillation; & par ce moyen
la chose est spiritualisée: c'est-à-dire,
rendue très spirituelle, très subtile &
très pure, & comme incorruptible.
Quintessence des éléments: c'est le Mercure Hermétique.
L'esprit de notre Quintessence: c'est
@

R A. R E. 163
notre Magnésie. Enfin la Quintessence
d'une chose, c'est sa réduction en une
substance très subtile, très pure & très
spirituelle.

R.
R Acines des teintures du Soleil & de la Lune: c'est le Mercure Philosophal
seul.
Rafraîchissement des Philosophes: c'est cuire la nature jusqu'à ce qu'elle soit
parfaite.
Ramentevoir: c'est remettre en mémoire, faire ressouvenir.
Le Rayon du Soleil: c'est par lui, qui est esprit & vie, que toute la nature
tire la chaleur qui la perfectionne.
Rebis: c'est un composé de deux choses; savoir le Mercure Philosophal,
lequel contient l'eau & le feu, le corps
& l'esprit, le fixe & le volatil, le Soufre
& le Mercure, le mâle & la femelle;
ou bien, c'est une chose qui a
reçu de la nature une double propriété
occulte, qui fait qu'on lui donne le
nom d'hermaphrodite.
On appelle encore Rebis l'union de l'eau & de la terre, alors que le noir
O ij
@

164 R E.
très noir paraît & s'épaissit.
Recettes, procédés ou mémoires pour faire le grand oeuvre; on les appelle
ainsi, parce qu'ils commencent comme
les ordonnances des Médecins, par le
mot latin Recipe, c'est-à-dire, prenez.
Recsage: c'est une résolution humide dans le corps, qui est sèche dans l'esprit.
Rectifier: c'est distiller les esprits, afin d'en faire séparer ce qu'ils peuvent
avoir enlevé avec eux des parties hétérogènes.
Rectification: c'est la dépuration réitérée de l'humeur distillée sur son propre
marc ou matière.
Réduction en la première matière. Les Philosophes nomment Réduction en la
première matière, lorsqu'ils voient arriver
la putréfaction & la noirceur, parce
que les confections sont rendues liquides
& réduites en semence, & se
circulent dans l'oeuf. Autr. c'est rendre
un corps dur & sec en substance liquide,
ou eau, qui est la première matière de
toutes choses, & s'appelle encore Résolution
ou Solution.
Mais il ne faut pas ignorer qu'il est impossible de réduire les métaux en leur
première matière, ou à leurs principes,

@

R E. 165
que par le Mercure des Sages; & ce
Mercure est l'unique moyen qui peut
délivrer le soufre fixe des corps métalliques
dans lequel il est enchaîné.
Réfraction: c'est la conversion d'action élémentaire, suivant les Philosophes
Hermétiques.
Régir, gouverner; du latin Regere: de là vient Régime; du latin Regimen,
gouvernement. Ainsi l'on dit le Régime
du feu; c'est-à-dire, la manière de faire
& de conduire le feu.
Régime de l'ouvrage des Philosophes. Il est appelé par les Sages Ouvrage de
patience. Il y a trois choses à observer
dans le Régime de l'Ouvrage Philosophique;
la première, d'administrer un
feu convenable au commencement de
la cuisson, qui est celui du premier degré,
dont la chaleur est douce & bénigne:
car la nature ne ferait rien si
on violentait son mouvement.
La seconde, est de continuer ce même feu externe suivant la saison de l'Ouvrage,
observant quatre saisons comme
dans l'année commune & astronomique:
le commencement étant l'hiver, la suite
le printemps, & après l'été, & enfin
l'automne, qui est le temps de la parfaire

@

166 R E.
maturité & perfection de la Pierre
augmentant la chaleur selon que la nature
l'augmente en chaque saison.
Sur quoi il faut être averti que l'on peut commencer en tout temps le travail,
sans être obligé de se conformer aux
saisons de la nature, d'autant que l'hiver
de l'ouvrage peut se trouver dans
l'été ou l'automne de la nature, & ainsi
des autres saisons: C'est le sentiment de
quelques Philosophes, qui n'est pas à
rejeter; ce qui pourtant doit s'entendre
du jour que le Mercure est mis dans
l'oeuf Philosophal, & non dès qu'on
commence à le mettre en liberté des
prisons où la nature l'avait enfermé. Mais
pour plus grande instruction, V. Feu &
Métaux.
La troisième, c'est que dans l'augmentation du feu il ne faut pas augmenter
d'un degré tout d'un coup, d'autant que
les esprits ne pourraient pas souffrir
cette violence; mais il faut partager
le degré en quatre parties, & ne l'augmenter
que d'un quart de degré à chaque
fois. Arnaud de Villeneuve ne veut
pourtant aucune augmentation de feu,
sinon au blanc, temps auquel les esprits
sont fixés & ne craignent plus rien; &

@

R E. 167
cette augmentation pour lors se doit
faire par un quart de degré à chaque
fois, depuis le blanc parfait, jusqu'au
rouge aussi parfait & accompli.
Toutes les opérations du premier Régime jusqu'à la putréfaction sont toutes
occultes & invisibles; elles ont perdu
leurs premières qualités & formes, &
en ont acquis une autre si considérable,
qu'il n'y a chose au monde à laquelle on
puisse la comparer. Il est à remarquer
qu'au second Régime auquel se fait la
putréfaction, la couleur noire paraît, &
cette opération est visible & externe.
Règnes de la nature. Par les trois Règnes de la nature on entend l'animal,
le végétal & le minéral, lesquels
ne peuvent aller ni passer de l'un à l'autre
que par la réduction en leur première
matière universelle, qui est le
limbe & le cahos de la nature.
Régule d'antimoine. Il est ainsi appelé Régule ou petit Roi, comme l'enfant premier
né du sang royal métallique, qui
est véritablement fils, mais non pas
homme parfait; c'est-à-dire, qu'il n'est
pas vrai métal, ne pouvant l'être qu'avec
le temps & la nourriture convenable;
lesquels manquants, il demeure toujours

@

168 R E.
dans son enfance, volage, froid & suffoqué
de l'abondance de ses ordures, qui
ne peuvent engendrer que puanteur par
la diversité de leur nature.
Réincruder, redevenir cru, ou faire redevenir cru; du mot latin barbare
Reincrudare.
Réincruder les corps: c'est qu'il faut faire revenir l'humide & révéler le caché;
c'est-à-dire, les cuire & les amollir
jusqu'à ce qu'ils soient privés de
leur corporalité dure & sèche, d'autant
que le sec n'entre & ne teint
point.
Réitération de destruction: c'est lors que du blanc parfait on veut passer au
rouge, il faut détruire la blancheur, en
augmentant un peu le feu.
Rendre l'humidité radicale à la Pierre. Cette opération se fait par les imbibitions,
lorsqu'il est question des multiplications,
ou en cohobant, ou en fixant
la Pierre blanche.
Le Repas d'un Philosophe: c'est lors qu'il apprend quelque chose qui peut
lui être utile.
Le Réservoir des eaux supérieures & inférieures, où tous les éléments se trouvent
renfermés: c'est le Mercure Philosophal,
qui
@

R E. 169
qui contient en soi les quatre éléments,
ou le monde supérieur & l'inférieur.
Résine d'or: c'est le safran tiré de l'or.
Résine de la terre: c'est le soufre. On l'appelle aussi Résine minérale.
Résine de la terre potable: c'est le soufre sublimé réduit en ligueur, huile ou
baume.
Résoudre: c'est le même que Dissoudre. Résurrection des Philosophes: c'est faire l'ouvrage de leur Pierre, ou la projection
de l'élixir parfait sur les métaux imparfaits,
d'autant que par ce moyen on
vivifie ce qui était mort; mais dans le
cours de l'ouvrage des Sages, le Roi qui
était mort commence de ressusciter, lorsque
la congélation commence, laquelle
résurrection dure jusqu'à la fin.
Réverbère, ou Feu de Réverbère: c'est- à-dire, où la flamme circule & retourne
de haut en bas sur la matière, comme
fait la flamme dans un four ou sous un
dôme qu'on met dessus. C'est un réverbère
entier, lorsque le feu n'a point de
passage par haut; & le demi-réverbère,
quand le milieu du fourneau est ouvert,
& qu'il n'y a que les côtés qui soient fermés,
P
@

170 R E. R I. R O.
en sorte que la circulation du feu
ne se fait qu'à demi dans le four.
Revivifier: c'est-à-dire retourner quelque mixte qu'on avait déguisé par des
sels ou par des soufres en son premier
état. Ainsi on revivifie le cinabre & les
autres préparations du Mercure, en Mercure
coulant. Autr. c'est rétablir un mixte
altéré & métallique, principalement en
son premier état, par l'entremise d'une
chaleur naturelle & nécessaire.
Autant en ont les Riches que les pauvres. Les Philosophes entendent par les
Riches l'or & l'argent, & par les pauvres
les métaux imparfaits, qui ont aussi
bien la nature de la Pierre, que les deux
autres précédents.
Il y en a d'autres qui lorsqu'ils ont rendu la matière de la Pierre subtile &
spirituelle, la disent vile & de peu de
valeur: ils ne disent pas qu'elle l'est; mais
ils l'appellent ainsi, à cause qu'elle est
eau, & que l'eau est commune à tout le
monde. Ils la nomment aussi terre, lorsqu'elle
est congelée; c'est pourquoi ils
disent qu'elle est également en la puissance
des riches & des pauvres.
La Robe ténébreuse de la Pierre: c'est la noirceur qui paraît dans l'espace de

@

R O. 171
quarante-deux jours au plus tard: c'est
signe que la putréfaction se fait; & cette
putréfaction est une des clefs de l'oeuvre,
& une marque assurée que le vrai
degré du feu lui a été administré.
Le Rocher des Philosophes: c'est leur fourneau, dans lequel se fait le travail
de leur Pierre.
Rompre & dérompre, veut dire dissoudre, qui est la contrition des Philosophes,
laquelle ne se fait pas avec les
mains, mais avec le feu.
Rosée dite simplement: c'est le Mercure. Rosée des Philosophes: c'est l'ouvrage de la Pierre des Sages, lorsque l'Artiste
la travaille, & principalement dans
les circulations qui se font dans l'oeuf.
La Rosée blanche célestine des Sages: c'est la Pierre Philosophale parfaite au
blanc.
Rose minérale: c'est la poudre rouge qui se produit en la sublimation de l'Or
& du Mercure, qui est lorsqu'on agit à
la confection de l'Arbre végétal des Philosophes.
Rôtir & fondre le corps; c'est-à-dire, le compôt ou la matière jusqu'à ce
qu'elle soit réduite en eau.
P ij
@

172 R O.
Rouge, terme de l'Art par lequel les Philosophes appellent la teinture de leur
Elixir, lorsqu'elle est dans sa perfection
pour donner la véritable couleur de
l'or au Mercure des métaux imparfaits.
Rouge sanguin, ou très hautain, ou pour mieux dire, très haut en couleur:
c'est l'ouvrage de la Pierre Hermétique
ou l'Elixir parfait au rouge.
Rouille des Philosophes: c'est encore la même chose que ci-dessus.
Tourner la Roue, ou faire la circulation de la Roue: c'est recommencer les
opérations précédentes; ce qui se fait aux
multiplications, & même dès le commencement
du travail.
La Roue élémentaire des Sages: c'est l'année entière: autr. c'est la conversion
des éléments les uns dans les
autres.
Le Roi Hérodes fait tuer des enfants, dont le sang est recueilli par des Soldats.
Le sens de cette façon de parler s'explique
ainsi; Ce Roi est l'Artiste; les Soldats
& leurs épées ce sont les feux qu'il
faut employer pour tirer l'humidité mercuriale
& métallique; & ceux qui recueillent
le sang, sont les récipients.

@

R O. R U. 173
Le Roi dit simplement: c'est le soufre; autr. l'or minéral.
Le Roi & la Reine: ce sont le fixe & le volatil, le mâle & la femelle, le Soufre
& le Mercure qu'il faut cuire jusqu'à
ce qu'ils soient devenus noirs.
Le Roi de cet Art: c'est le Mercure Philosophal, car tout roule sur lui, &
rien ne se fait sans lui.
Le Roi est né: c'est-à-dire, le compôt est animé & végète.
Le Roi retournant de la fontaine: c'est la Médecine bien incérée. Voyez Incération.
Rubelle; c'est une essence spirituelle qui par sa vertu solutive tire la teinture des
corps.
Rubification, rougissement, action par laquelle on rougit quelque chose, ou
que l'on a fait devenir rouge; du latin
Rubificatio. Rubéfier, faire rouge.
Rubinus sulphuris: c'est le baume de soufre.
Le rubis précieux: c'est la Pierre Philosophale arrivée au rouge parfait.
Ruses des Philosophes pour cacher leurs mystères, & faire prendre le change aux
ignorants. Les Sages ont toujours été
d'humeur à vouloir cacher leur science;
P iij
@

174 R U.
car outre leurs manières de parler qui
ne sentent que l'embarras & la métaphore,
ils confondent à plaisir toutes les
parties du grand ouvrage; ils mettent le
commencement à la fin, & la fin au
commencement; & souvent ils mêlent le
milieu avec les deux extrêmes. Après
avoir donné cent noms différents à une
même chose, ils expriment par le même
mot cent choses tout à fait opposées, ou
du moins différentes.
Ce qui donne encore plus de dégoût dans la lecture de leurs ouvrages, c'est
qu'ils avancent plusieurs choses non pas
seulement inutiles, mais qui paraissent
souvent contraires. Du vrai & du faux
ils en font un cahos si malaisé à débrouiller,
que j'oserais dire (si je n'avais
un grand respect pour les Docteurs
de ce mérite) qu'ils emploient souvent
le vrai & le faux pour cacher le but ou
les Curieux de l'Art portent toutes leurs
prétentions.
Le remède à toutes ces choses est, si l'on veut travailler de la main, de rapporter
toujours ce qu'ils disent au pouvoir de la
nature; & si leurs paroles, quelles qu'elles
soient, paraissent au-delà de ses forces,
tenez pour certain qu'en cette

@

S A. 175
occasion ils tendent un piège, & qu'ils
veulent faire prendre le change.

S.
S Acrements: c'est-à-dire, serments; du latin Sacramentum.
Sactin: c'est le Vitriol. Safran de Mars des Sages: c'est l'Or en esprit.
Safran des Philosophes: c'est l'ouvrage de la Pierre.
La Salamandre qui est conçue et qui vit dans le feu: c'est l'Elixir, ou la
pierre parfaite au rouge: Quelquefois
c'est le Mercure Philosophal, & quelquefois
le soufre incombustible.
Salmich: c'est le Mercure Hermétique; autr. la matière de la Pierre des
Sages.
Samech: c'est un sel de tartre. Le Sang des Philosophes: c'est l'esprit minéral qui est dans les métaux, & principalement
dans le Soleil & dans la Lune.
Ainsi le Sang des petits enfants qu'Hérodes
fit égorger, dans le Livre d'Abraham
le Juif, est une allégorie, qui veut
dire que ce n'est autre chose que l'humidité
mercuriale métallique extraite de son
P iiij
@

176 S A.
corps par le moyen du feu, dans laquelle
le Roi & la Reine se baignent, qui sont
la vertu Solaire & la vertu Lunaire qui
y sont compris ou contenus. Autr. c'est
l'ouvrage de la Pierre.
Sang de la salamandre des Chimistes: c'est la rougeur qui est dans le récipient
lorsqu'on distille l'esprit du sel de nitre.
Sang de Dragon des chimistes: c'est la teinture de l'antimoine.
Sang de Mercure: c'est la teinture de Mercure.
Sas de la nature. V. Tamis. Saturne, l'une des sept Planètes. Les Chimistes appellent de ce nom le plomb.
Saturne des Philosophes: c'est lorsque la matière Hermétique est devenue comme
de la poix fondue, & après devient
très noire, dans laquelle se fait l'éclipse
du Soleil & de la Lune, que les Sages
nomment boue & limon, dans lequel
l'âme de l'or (qui est appelée la fleur
de l'or dans la Tourbe) se joint avec le
Mercure; de sorte qu'ils appellent Saturne
ou plomb; le tombeau où le Roi est
enseveli: Ou bien, Nigredo, c'est-à-dire
la noirceur, qui est la tête du Corbeau.
Quelques-uns l'ont appelé le plomb sacré, ou des Sages, & ont cru que

@

S A. 177
c'était l'antimoine; mais les vrais Philosophes
appellent plomb leur matière,
lorsqu'elle se putréfie & qu'elle est
poussée à la couleur noire.
Saturne est quelquefois appelé le temps, comme celui du Livre d'Abraham le
Juif, qui voulait couper avec sa faux
les pieds à Mercure qui volait en l'air,
parce qu'il faut un long temps avant que
de parvenir à l'élixir parfait, qui est le seul
moyen de fixer & arrêter ledit Mercure.
Le Cosmopolite dit que Saturne arrose de son urine la matière qui est dans l'oeuf
pour la blanchir lorsqu'elle est devenue
noire: Ce sont les circulations.
Le Mercure de Saturne est différent du Mercure commun ou vulgaire; la
vapeur du plomb fondu est mercurielle:
car c'est la partie qui abonde davantage
en ce métal, puisque par la grande chaleur
il est rendu entièrement liquide, &
le commun s'évapore & s'enfuit à la
moindre chaleur.
Saturnie végétable, terme de l'Art pris de Flamel dans son Sommaire Philosophique:
c'est la matière de la Pierre,
laquelle contient le Mercure des Sages,
& qui est la prison où la nature l'a enfermé.

@

178 S A. S C. S E.
Savon des Philosophes: ce sont les préparations & purgations philosophiques:
autr. le Mercure Hermétique.
Saxifrage, signifie tout ce qui peut chasser le sable & la pierre.
Saxifragus: c'est un cristal pâle citrin. Scaopteze: c'est-à-dire, flamme. Sceau des Sceaux: c'est le Sceau d'Hermès qui se fait en trois manières; ou en
fondant le col du vaisseau philosophique;
ou en le bouchant avec un bouchon de
verre bien juste, & le luttant pour plus
grande assurance; ou en mettant un
autre oeuf renversé sur le premier, qui
doit contenir la matière Hermétique.
Science Philosophique. Cette Science est nommée avec justice Science sacrée:
Autr. Science divine.
Pourquoi les Sages ont caché leur secret. Outre diverses raisons considérables dont
les Livres des Sages sont remplis, en
voici encore une très pertinente & sensible.
C'est que le but de leur Science
n'est que la perfection dont la plupart des hommes ne sont pas capables: C'est
pourquoi ils ont très expressément averti
leurs Sectateurs ou Enfants de leur Science,
de ménager soigneusement & prudemment

@

S E. 179
leur langue & leur plume sur
une affaire d'une telle conséquence.
Sceller la mère dans ou sur le ventre de son enfant qu'elle a enfanté auparavant.
Par cette façon de parler, on entend
lorsque le régime de la Lune est fini,
& que la matière est blanche comme de
l'argent vif. Autr. c'est lorsque l'on
fait les imbibitions pour les multiplications,
on prend le Mercure des Sages
que les Philosophes appellent la mère,
lequel on met sur la matière parfaite,
qui est l'enfant que cette mère a engendré.
Autr. c'est lorsqu'à la noirceur il commence à paraître un petit cercle
blanc: ce qui signifie que l'enfant est
né, & que pour lors il faut dissoudre
& coaguler sans ouvrir le vaisseau; ainsi
la mère entre dans le ventre de son enfant
qu'elle a auparavant enfanté.
Sel dit simplement: c'est le Soufre. Sel marin. Ce Sel est composé de beaucoup de Mercure ou humidité interne
pour la fusion de quelque peu de
soufre salineux, volatil, combustible,
& quantité de sec ou terre pure pour sa
fixité unis dans ses principes; sa fusion
très difficile nous manifeste sa nature intérieurement

@

180 S E.
froide; ses esprits sont
blancs: & s'il est âcre, desséchant &
par conséquent sec & chaud, ce n'est
que par accident, à cause du sel volatil
& du soufre combustible ses opposés,
avec lesquels il est joint.
Quelques personnes faisant profession de Science, disent que la mer ne prend
point sa salure d'ailleurs que du Sel,
par la terre même qui en est la matrice,
comme l'eau sa nourrice, puisqu'on
trouve des plages maritimes plus salées
les unes que les autres, & qu'il se rencontre
diverses sources fort éloignées de
la mer, semblablement salées, tirant
leur amertume de la terre même & de
l'armoniac.
D'autres dirent que ce n'est que le rayon du Soleil qui fait la salure de la
mer; & qu'à proportion que le Soleil
darde plus vivement ses rayons sur les
eaux de la mer, l'eau en est plus salée,
& qu'où il les darde moins fortement,
elle l'est moins; & que tous les autres
Sels qui se trouvent dans les trois règnes
de la nature, tirent leur origine de celui
de la mer.
Ils veulent encore que quand les eaux salées de la mer en sortent pour faire

@

S E. 181
diverses fontaines & rivières, elles passent
par les pores, c'est-à-dire par plusieurs
petits canaux & veines de la terre,
dans lesquels elles sont filtrées & y
laissent leur salure; c'est pourquoi elles
en sortent dulcifiées: Cette salure alors
sert à la nature pour produire divers sujets,
sur quoi le Lecteur peut faire de
belles & curieuses réflexions.
Sel honoré: c'est le Mercure des Sages. Sel fleuri: c'est lorsque le noir paraît: autr. c'est le Mercure.
Sel brûlé: c'est la noirceur très noire. Le Sel & l'esprit de Sel des Philosophes: c'est leur Mercure qui dissout parfaitement
l'or minéral avec du commun,
& s'y joint comme étant de sa nature;
ce que ne fait pas le Sel marin & commun:
l'humidité qui est dans l'or est
cause de sa fusibilité, & fait que le Mercure
entre facilement dans le corps dur
de l'or, pour le réduire en eau.
Sel des Philosophes: c'est le Mercure des Sages lorsqu'il est calciné.
Salpêtre des Philosophes: c'est l'esprit mobile & fermentatif du printemps, lequel
tire son origine du Soleil.
La fleur de Sel des Philosophes: c'est l'ouvrage de la Pierre des Sages: autr.

@

182 S E.
le Mercure Hermétique qu'il faut cuire.
Sel de terre, Sel de verre, Sel de mer: c'est le Mercure Philosophique.
Sel armoniac des Philosophes: c'est leur Mercure; car c'est lui qui donne
l'harmonie aux éléments, & l'esprit général
qui produit toutes choses: autr.
c'est lorsque la Pierre est au dernier
degré de perfection.
Sel fixe de la matière: c'est le principe de fixation: autr. c'est le sang ou
l'esprit minéral.
Sel fossile: c'est le Sel gemme, ainsi appelé pour sa lucidité & transparence.
On tient que c'est un Sel de pierre.
Sel solaire: c'est le Sel armoniac. Sel végétal: c'est le Tartre. Le Sel universel: c'est une substance solide & compacte distinguée de son
total, qui diversement réuni à son subtil
nommé esprit, constitue avec lui toute
la variété spécifique & individuelle de
la nature, causant l'extension sensible &
la constance solide de la même nature
en ses compositions.
Quant à ce qu'on appelle Sel aux métaux, proprement parlant, c'est celui de
leurs dissolvants unis avec partie de leurs
cendres métalliques; puisque par la fusion

@

S E. 183
il peut encore reprendre son premier
corps, & que ces cendres ou chaux
séparées du Sel étranger ne se fondent
point en eau capable de retourner en
même Sel. Quand je parle de dissolvant,
je n'entends pas parler du Mercure des
Sages, qui les dissout radicalement, mais
des ordinaires & corrosifs.
La Semence des métaux: c'est le Mercure universel de la nature, dont le
Mercure des Sages est un abrégé, qui
contient en soi toute la nature: car la
semence ou le germe est une coagulation
en abrégé très parfait du plus pur
qui constitue l'individu, & qui le fait
paraître tel qu'il est dans sa première
production; & le Mercure ou semence
universelle est un dissolvant universel,
ainsi appelé à cause de son universalité.
La Semence des métaux est proprement
leur chaud inné, c'est-à-dire, le feu enclos
dans l'humide radical.
Dans les mixtes nulle Semence ne peut être appelée véritablement froide,
quoiqu'en apparence & extérieurement
elle semble l'être: car la chaleur est le
seul Artiste de l'extension & nourriture
du mixte, & la continuation ou durée
de cette chaleur lui sert de vie, comme

@

184 S E.
l'humeur huileuse des mêmes Semences
le témoigne.
La Séparation des éléments. V. Conversion. Quelques-uns ont appelé cette opération solution, ou désunion des parties
conjointes. La réduction en première matière,
& sa purification est comprise par
les Philosophes sous le nom de séparation
d'éléments, ou leurs conversions, sublimations,
calcinations, dissolutions,
& plusieurs autres termes pareils qui
ne signifient qu'une même opération de
nature.
Sépulcre Philosophal: c'est le fourneau des Philosophes, dans lequel est
médiatement enseveli le Mercure pour
être putréfié, afin de ressusciter puis
après. Autr. c'est proprement l'oeuf
Philosophal, d'autant que la Pierre y
est immédiatement ensevelie & mortifiée:
D'ailleurs, c'est le lieu duquel le
Roi doit sortir triomphant.
Le Serf rouge: c'est la Magnésie même en laquelle la rougeur est cachée;
& cette couleur est appelée Serf, parce
qu'elle ne paraît pas, & qu'elle demeure
comme absorbée.
Le Serpent de Mars qui dévora les de
@

S E. 185
Compagnons de Cadmus. Cette manière
de parler signifie le Mercure Philosophal,
qui avait dévoré Cadmus lui-même,
beaucoup plus fort que ses Compagnons;
mais à la fin Cadmus percera
le Serpent de sa lance contre un creux
de chêne, lorsque par la vertu de son
soufre il l'aura coagulé.
Le Serpent vert: c'est le Mercure Hermétique.
Le Serpent des Philosophes: c'est le même Mercure, qui étant excité par
le feu extérieur, monte & circule dans
l'oeuf en serpentant.
Les Serpents envoyés par Junon au berceau d'Hercule: c'est la nature métallique,
que le fort Hercule, c'est-à-dire
l'Artiste, doit étrangler & tuer, pour
la faire pourrir & corrompre, & ainsi
la rendre capable d'engendrer.
Les Serpents Attachés alentour du Caducée & de la Verge de Mercure, avec
lesquels il se transforme comme il veut:
ce sont le fixe & le volatil contenus dans
le Mercure Philosophal.
Le Serpent volant: c'est le Mercure Hermétique, appelé par quelques-uns
le double Mercure, Mercure de vie, &
le fils du soufre.
Q
@

186 S E. S I. S O.
Le Serpent d'Abraham le Juif qui est mis en Croix: c'est le même Mercure,
cuit & parvenu au rouge parfait, nommé
élixir complet, qu'on met dans un
creuset d'adaptation, qui est le lieu de
son tourment; c'est-à-dire, pour parler
philosophiquement, que c'est le lieu de
son exaltation & dernière sublimation.
Le Serpent né du limon de la terre: c'est le Mercure Philosophal.
Serpentine: Couleur Serpentine rapportée dans la Tourbe, veut dire couleur de
Serpent, ou cette couleur verte, qui est
signe de la végétation. Philalèthe l'appelle
la verdeur désirée; & Jehan de Mehun
parlant de cette couleur, la nomme le
serpent.
Simples; terme qui signifie proprement les herbes ou plantes. Zachaire se sert de
ce mot pour ce que l'on appelle drogues
ou matières.
Singulier, particulier; du latin Singularis: de là vient Singularité, ce qui est
de particulier.
Soeur dite simplement: c'est le Mercure qui est la soeur du soufre des Sages.
Sol dit simplement: c'est le Soufre. Soleil, est le Roi des Planètes qui leur donne la lumière: Les Philosophes appellent

@

S O. 187
l'Or Soleil. Voyez Or.
Le Soleil des Philosophes de source mercuriale, c'est le fixe; & la Lune, est le
volatil, qui sont les deux Dragons de
Flamel; & le Mercure Philosophal le
mâle & la femelle, le Soufre & le
Mercure. Autr. le feu central qui est
dans la matière.
Le Soleil des Philosophes dit simplement: c'est le feu.
Le Soleil est son père, & la Lune sa mère. Le Soleil est le corps parfait, &
la Lune le corps imparfait: Autr. Les
Philosophes disent que le Soleil est son
père & la Lune sa mère, d'autant que
le Soleil, la Lune & les Astres influent
à la Pierre l'esprit & l'âme qui lui donnent
la vie, & qui la font être ce qu'elle
est.
Solution des Philosophes: c'est une opération de l'Art, par laquelle on réduit
une chose solide & sèche en essence
d'eau; ou bien, on la fait liquide, qui
est la réduction en sa première matière.
La Solution, Résolution & Dissolution
sont la même chose que la Subtiliation.
Le moyen de la faire selon l'Art, c'est
le grand mystère que les Philosophes ne
révèlent pas à leurs propres enfants,
Q ij
@

188 S O.
s'ils ne les en jugent capables.
La Solution est la première partie de l'ouvrage de la Pierre, & la seconde &
dernière est la coagulation, lesquelles
contiennent le tout; en un mot, la Solution
du corps ne se fait que dans son
propre sang, c'est-à-dire dans son esprit:
car le sang & l'esprit c'est la même chose.
Cette Solution est une chose surnaturelle,
c'est de faire par l'Art l'oeuvre de
nature sans destruction du corps.
Sophistique; du mot grec σοφιςτὴς, imposteur, trompeur, charlatan.
Sophistications, impostures, tromperies. On appelle ainsi les ouvrages des
affronteurs Alchimistes, qui prétendent
par des voies indirectes blanchir le cuivre
ou graduer l'argent, & lui donner
des teintures superficielles, faire des
augmentations d'or par divers mélanges
& diverses opérations bizarres qu'ils inventent
pour avoir la bourse de ceux
qui les croient.
Soufflet: c'est lorsque par trop de feu ou autrement, l'ouvrage est gâté, ou bien
que les vaisseaux se brisent: Les Sages
appellent ce malheur recevoir un soufflet.
Souffreté, disette, pauvreté: il vient de Souffrir.

@

S O. 189
Soufre vert: c'est l'huile de Cinabre. Soufre blanc: c'est la teinture de Lune: autr. la Pierre parfaite au blanc.
Soufre des Philosophes: ce n'est pas celui du commun, mais celui des métaux,
qui est fixe & ne vole point, &
se nomme le Soleil & l'Or des Philosophes.
V. le Suc de la Lunaire.
C'est encore quelquefois l'oeuvre de la Pierre des Philosophes: autr. le fixe
autr. le véritable agent interne, qui agit
sur sa propre matière mercurielle ou humide
radical, dans lequel il se trouve
renfermé, qu'il cuit & digère longtemps
dans les veilles des mines: autr. leur
soufre occulte ou leur huile. Autr.
c'est l'esprit du vitriol Romain par les
Chimistes.
Le vrai Soufre des Philosophes: c'est le Mercure Philosophal: autr. la Pierre
parfaite. Et lorsqu'ils disent qu'il ne se
trouve point sur la terre des vivants
c'est-à-dire parfait & accompli, parce
qu'il faut que l'Art & la Nature lui donnent
conjointement sa dernière perfection.
Soufre de nature: c'est la Pierre parfaite au blanc: autr. c'est le menstrue
essentiel qui est fait avec le Mercure &

@

190 S O. S P.
l'Esprit de vin sept fois rectifié, qui dissout
la chaux du Soleil & de la Lune, au
sentiment de quelques-uns, & qui du
moins en tire la teinture, laquelle par
quelques opérations faciles & occultes
on redonne audit Or.
Le Soufre universel: c'est la lumière de laquelle procèdent toutes sortes de
soufres particuliers; & du Mercure
ou Esprit universel procèdent aussi tous
autres Mercures particuliers, comme
d'une source inépuisable.
Sperme; c'est-à-dire, semence: autr. c'est un feu infus dans le Mercure dûment
préparé, par lequel il acquiert une
puissance végétative propre à recevoir
la forme de son esprit & agent qui est
l'âme, laquelle il reçoit par le moyen de
l'esprit.
Sperme masculin ou mâle: c'est le Soufre. Sperme féminin ou femelle: c'est le Mercure. Le Sperme des métaux ou des Sages: c'est le Mercure Hermétique: autr. l'argent
vif des Philosophes: ou bien le
feu enclos dans l'humide radical.
Sphère Philosophale: c'est le fourneau des Sages, dans lequel les opérations &

@

S P. S T. S U. 191
circulations se font: autr. l'oeuf Philosophal,
d'autant qu'il est rond & fait en
forme de Sphère, & que la Pierre s'y
circule & s'y cuit.
La Sphère du Soleil: c'est le Mercure Hermétique.
Splendeur V. Blancheur. La Stérilité du Mercure. Elle ressemble, disent les Philosophes, à celle des
femmes qui sont trop froides & humides,
qui si elles étaient purgées & échauffées,
se relèveraient de leur stérilité,
comme le Mercure lorsqu'il est purgé
selon les règles.
Stratifier: c'est mettre différentes matières lit sur lit; Cette opération se fait
dans la Chimie, lorsqu'on veut calciner
un minéral ou un métal avec du sel, ou
avec quelqu'autre matière.
Sublimation, est l'élévation faite par la chaleur d'un corps sec en atomes, ou
parties très subtiles qui s'attachent au
vaisseau.
Le Sublimer des Chimistes: c'est faire monter par le feu une matière volatile
au haut de l'alambic ou du chapiteau:
autr. c'est faire d'une matière corporelle
homogène, grossière, terrestre, fixe, une
matière subtile & légère, liquide, molle,

@

192 S U.
volatile & aérée, la faisant monter dans
l'air.
Le Sublimer des Philosophes: c'est élever une matière à un plus haut degré
de perfection ou de subtiliation, ce que
l'on appelle amélioration. La Sublimation
de la matière la purifie de ses parties
grossières & adustibles, & la dispose
à la solution: d'où résulte l'humidité
mercurielle, qui est une des clefs de
l'oeuvre, & sans laquelle rien ne se peut
faire en cet Art.
Autrement, c'est la purgation ou purification, ou bien la dissolution des corps en
Mercure: autr. c'est cuire. En cette Sublimation
philosophique sont comprises
toutes les autres opérations: savoir, distillation,
assation, destruction, coagulation,
putréfaction, calcination, fixation,
séparation & conversion des éléments.
Sans cette Sublimation de la Pierre la conversion des éléments & l'extraction
des principes est impossible, & c'est la
seule voie qu'il faut tenir pour en venir
à bout; laquelle Sublimation ne se peut
faire que par le feu des Sages, qui est
l'unique moyen pour y arriver.
Dans les Emblèmes de Maïerus il y en a une qui représente un Vautour volant
lant
@

S U. 193
en l'air, qui a un fil au pied, attaché
par l'autre bout au pied d'un gros
Crapaud. Cela signifie l'âme qui vole
& le corps qui est en terre, & qui l'un
& l'autre ont l'inclination de se joindre:
ce que le fil représente; C'est là la Sublimation
Philosophale. Enfin c'est le
Vautour qui lassé de voler, vient se joindre
à son corps par la continuation du
feu qui fait la siccité.
Le Sublimatoire des Philosophes: c'est l'oeuf des Sages dans lequel la Pierre se
cuit, se sublime, & s'élève à une plus
haute perfection que celle qu'elle avait.
Submersion: c'est lorsque la matière étant devenue noire & aqueuse, les natures
se mêlent parfaitement & retiennent
les qualités les unes des autres.
Subtiliation: c'est lorsque la matière étant arrivée à la noirceur, elle se pourrit
& est réduite en semence, & qu'elle
circule dans l'oeuf.
La Substance sulfurée: c'est l'eau des Sages, ou leur Mercure.
Le Suc des Lis blancs: c'est le Mercure Hermétique.
Le Suc de la Lunaire: c'est la plus pure substance de l'or vulgaire purgé &
nettoyé, c'est-à-dire réduit en Mercure:
R
@

194 S U.
ou le Mercure du métal avec le Mercure
Philosophal par l'entremise de Venus.
Alors il est le véritable soufre des Philosophes,
& le Mercure des Sages est
son sang approprié, qu'il faut faire cuire
avec lui.
Les Philosophes appellent aussi le Suc de la Lunaire, l'esprit de la Lune qui
fixe le cinabre en fin argent, ce que je
puis dire ici avoir fait plusieurs fois. Mais
le Suc de la Lunaire qui fixe le Mercure
n'est pas une herbe ou plante de ce
nom: car il ne faut pas chercher dans
une chose ce qu'elle n'a pas; le végétable
n'a pas la substance du métallique
pour se pouvoir joindre parfaitement
avec lui.
D'où il faut conclure qu'il n'y a que les ignorants qui prennent à la lettre le
dire des Philosophes, lesquels ne parlent
que métaphoriquement ou similitudinairement,
&c. Et quand avec le Suc de
l'herbe de ce nom ils ont un peu congelé
le Mercure ils disent l'avoir fixé;
mais à la moindre chaleur tout s'en va
en fumée. V. Fixation.
Le Suc de la Liqueur végétable: c'est le Vin.
Superfluités de la Pierre. Lorsqu'elle
@

T A. 195
est encore en son premier état, les superfluités
en doivent être séparées, & il
faut lui ajouter ce qui lui manque: c'est-
à-dire la coction; car la Pierre n'a besoin
que de cela, puisqu'elle contient en soi
tout le reste, & qu'elle a la vertu & la
perfection de toutes choses.

T.
T Ableaux des Philosophes: ce sont leurs Livres.
Talc des Philosophes: c'est la Pierre au blanc parfait; car le Talc du commun
est dissous radicalement en huile
par le Mercure des Sages.
Tamis de la nature: c'est l'air par où passent les vertus & les influences des
astres.
Taureau. Les anciens Philosophes ont ainsi nommé l'élément de la terre, leur
Letton, leur Métal & leur Mercure.
Les Taureaux qui gardaient le Temple de Mars, où était enfermée la Toison d'or
& qui jetaient le feu par les narines. Par
cette Fable les Anciens ont entendu le
feu qu'il faut conduire par degrés dans
le travail de la Pierre des Philosophes
principalement dans son premier état
R ij
@

196 T E.
où il se faut servir du fourneau à registres,
lesquels sont les narines qui jettent
le feu. V. La Toison d'or.
Teinture: c'est tout ce qui pénètre & teint les corps, comme le safran fait
l'eau. Il vient du latin Tinctura.
Teintures des métaux: ce sont les Soufres métalliques, & quelquefois le
Mercure Philosophal.
Vraies Teintures des Philosophes: c'est cuire la nature jusqu'à ce qu'elle soit
parfaite; cuis, cuis, & cuis toujours &
tu y parviendras, disent la plupart. La
racine de la Teinture est dans le Mercure
Philosophal, qui est leur principe
& leur grand arbre; & par conséquent
il ne se fait point de vrai or ou de vrai
argent sans la Pierre rouge ou blanche,
& tout le teste n'est que pure sophistiquerie:
Et c'est là le secret des deux
Teintures.
Teinture vive: c'est l'ouvrage de la pierre des Sages.
Teinture illuminant tous corps: c'est la matière Philosophale parvenue au noir,
qui contient le Soleil & la Lune.
La Teinture rouge: c'est la Pierre au rouge parfait; & il ne se fait point de
vraie teinture que de la Pierre, quoiqu'en

@

T E. 197
disent quelques-uns qui prétendent
en avoir trouvé. L'esprit de la Pierre
contenu dans le Mercure Hermétique,
qui vient particulièrement de l'influence
des astres, est le véhicule des Teintures.
Les Teintures que les Sophistes font couler dans la matière de leurs ouvrages
ne sont que des Teintures apparentes:
En voulez-vous une preuve à laquelle
ils ne peuvent répliquer. Dès la deuxième
ou troisième fonte au plus, la matière
sur laquelle ces Teintures ont été
projetées est dépouillée de toutes ses
couleurs, parce que n'étant pas fixes &
de nature métallique, elles ne peuvent
s'allier intimement aux métaux.
Néanmoins je demeure d'accord que le Soufre des métaux imparfaits peut
arrêter le Mercure lorsqu'il est purgé
selon les règles de l'Art; mais ils en
ont peu de fixe, & il faudrait employer
beaucoup de métal pour en avoir assez
de bon & fixe pour faire une projection
tant soit peu considérable: En voici la
raison.
Le Mercure est de la quintessence des métaux: D'ailleurs on remarque deux
Soufres dans les métaux imparfaits,
dont l'un est pur & net & fixe: & l'autre
R iij
@

198 T E.
infect, brûlant & volatil.
A l'égard de la Teinture de quelques métaux, elle est si faible qu'elle n'en
peut communiquer plus qu'elle n'en a;
de sorte qu'elle n'approche pas à beaucoup
près de la Teinture de l'argent ni
de celle de l'or.
Remarquez donc qu'il n'y a que ces deux métaux parfaits qui soient de force
à imprimer aux métaux imparfaits, de
vraies Teintures, à cause de leur pureté
& de leur coction; encore ces sortes de
Teintures souffrent-elles beaucoup de
déchet & d'altération, si ces métaux ne
sont poussés jusqu'au vingt-quatrième
Carat: Au contraire, la Teinture qui
coule de l'élixir au blanc ou au rouge a
une fermeté si radicale, qu'elle résiste
avec tout son éclat à toutes les choses
qu'on lui peut opposer.
D'où l'on peut conclure que les petits minéraux ni autres choses dont les Sophistes
veulent faire leur secret, ne peuvent
imprimer une véritable Teinture,
puisque les métaux même imparfaits,
n'en communiquent que de très légères:
A quoi j'ajoute que l'or & l'argent que
nous tirons des mines, n'ont le pouvoir
d'en donner que de très faibles; encore

@

T E. 199
ne le peuvent-ils qu'en le détruisant
soi-même.
Mais les Teintures des deux Pierres sont bien d'une autre nature; parce qu'étant
provenues des métaux vivants des
Philosophes, elle possèdent une Teinture
multiplicative qui va presque jusqu'à
l'infini: ce que les autres sont incapables
de recevoir de la Nature &
de l'Art, à moins d'être réduits en leur
première matière.
Telesme: c'est-à-dire, fin & perfection. Ténèbres Cymmériennes. V. Tête de Corbeau & la Noirceur.
Terre dite simplement: c'est le Soufre. Terre Adamite ou Vierge: c'est le Mercure des Sages: ou la matière de la
Pierre, qui est véritablement une Terre
qu'on peut appeler Vierge.
Terre des Philosophes: c'est la matière de la Pierre lorsqu'elle est congelée,
qu'ils disent être en la puissance du riche
& du pauvre comme l'eau; ce qu'ils
disent par comparaison & non littéralement.
Terre fidèle: c'est l'Argent. Terre solaire: c'est-à-dire, adhérente R iiij
@

200 T E.
au Soleil: autr. c'est la mine d'or, ou
Petra Lazuli.
Terre d'Or, Terre d'Argent: c'est la Litharge d'Or ou celle d'Argent.
Terre fétide & puante. Les Philosophes appellent ainsi la noirceur, lorsqu'elle
est très noire & épaisse. Elle a
été nommée par Hermès la Terre des
feuilles, ou Terre feuillée, ou le soufre
puant & combustible. Quelques-
uns nomment encore ainsi le Soufre
sublimé.
Terre sainte: selon les Chimistes c'est l'Antimoine vitrifié.
Terre d'Espagne: c'est le Vitriol. La Terre blanche feuillée: c'est la Pierre ou matière Philosophale au blanc.
La Terre est sa nourrice: c'est le Mercure Philosophal, suivant Hermès; lequel
n'étant que pur or spirituel, est
seul propre pour recevoir & nourrir cet
or divin par le moyen de l'esprit, afin
qu'après il produise l'esprit du Roi que
les Sages chérissent si passionnément.
Hermès a dit: La nourrice de notre Pierre est la Terre, de laquelle le Soleil
est le père & la Lune la mère. Cette
Terre laquelle n'est autre chose que le
Mercure, monte au ciel & derechef

@

T E. T H. 201
descend en terre, de laquelle la force
est entière si elle retourne en terre:
c'est-à-dire, est devenue fixe.
Terre mercuriale des Chimistes: c'est la Litharge d'or.
La vraie Tête morte: c'est lorsqu'on a ôté tout le Soufre & le Mercure de
la matière, & qu'elle est dépourvue d'âme
& d'esprit; le corps mort ne convient
plus que le véritable sel fixe, qui
est le principe de toute fixation & coagulation.
La Tête du Dragon, & sa queue: ce sont l'âme & l'esprit, qui sont créés
du Mercure Philosophal.
Thabitris: c'est le noir du noir très noir: autr. le leton qu'il faut blanchir.
Thériaque des Métaux: c'est une certaine préparation de Mercure.
Thériaque des Philosophes: c'est le Mercure Hermétique, ou l'Elixir parfait
au rouge.
Thérion minérale: c'est le Mercure commun.
Thésée instruit du secret dont il oignit la bouche du Minotaure; Par ce les Sages ont
entendu les espèces des soufres du Labyrinthe:
c'est-à-dire, de notre vase engluant
l'eau mercuriale, qui est le vrai Minotaure,

@

202 T I. T O. T R.
pour ce qu'elle est minérale & animale,
& participante des deux natures.
Tingent, terme de l'Art, qui marque une des perfections de l'Elixir des
Philosophes, qui pour être accompli,
doit être en poudre fondante, pénétrante
& tingente au blanc ou au rouge. Il vient
du latin Tingens.
Tirer l'âme du corps. V. Ame. La Toison d'or qui était enfermée dans le Temple de Mars. C'est la matière par
le moyen de laquelle on fait l'ouvrage de
la Pierre, qu'on met dans un Athanor
ou fourneau, qui est un fort en partie de
fer, lequel est appelé Mars. Nous avons
déjà dit que les Taureaux qui gardaient
le Temple de Mars où était enfermée
la Toison, jetaient le feu par les narines:
ce qui nous enseigne que le feu
doit être ménagé adroitement, & que
les Sages prennent les narines pour les
registres du fourneau.
Tombeau où le Roi est enseveli. V. Le Sépulcre, & Le Saturne des Sages.
La Tour diaphane des Philosophes: c'est l'oeuf Hermétique dans lequel on met la
matière des Sages pour la cuire selon
l'Art.
Transmuer ou Transmutation: c'est un
@

T R. 203
terme de l'Art qui est fort usité pour
signifier le changement des métaux imparfaits
en or ou argent par le moyen
de l'élixir, qu'on devrait plutôt appeler
la perfection des métaux imparfaits,
puisqu'ils ont été faits par la
nature pour parvenir à cette perfection,
étant tous composés de même matière.
Mais l'impureté de leurs matrices, c'est-
à-dire du lieu dans lequel ils ont été
formés par la nature, les a empêché
d'y venir. Lorsque la projection de l'Elixir
se fait sur quelqu'un d'iceux, il les
purge, & il sépare ce qui est impur
d'avec ce qui est pur, s'attachant seulement
au Mercure qui est le pur, étant
de sa substance & même nature.
Transverses, voies transverses, qui vont de travers, ou qui ne vont pas
droit; du latin Transversus.
Le Trésor incomparable des Philosophes: c'est la Pierre parfaite au blanc, d'autant
que leur joie & leur bonheur prennent
de là leur source & leur principe, étant
assurés d'augmenter à l'avenir leurs richesses,
sans courir aucun risque.
Trituration, comme qui dirait broiement, action par laquelle on broie &
réduit quelque corps solide en menues

@

204 T R. T U. T Y.
parties par la contusion; du mot latin
Triturare.
Trituration Philosophique. Les Philosophes appellent ainsi la calcination &
putréfaction de la matière des Sages,
lorsqu'ils voient paraître la noirceur.
Trousse: c'est-à-dire, dérision, moquerie & tromperie.
Tuer l'eau Philosophale: c'est-à-dire, fixer; & dès le moment qu'elle est fixe,
les éléments sont pareillement fixés: ce
qui se fait en continuant toujours le feu;
Tere & trucida septies hoc est, continuè:
cela s'entend d'abattre & de tuer sept
fois, c'est-à-dire continuellement.
L'un tue l'Autre: ce sont les deux Dragons de Flamel; savoir, le fixe &
le volatil, qui se détruisent l'un l'autre:
car le volatil rend le fixe volatil au commencement,
& ensuite le fixe rend fixe
le volatil.
Tyrienne, couleur Tyrienne: c'est-à-dire, couleur de la véritable pourpre, qui est
le sang d'un poisson qu'on pêchait dans
la Mer du Levant aux environs de la
Ville de Tyr.

@

V A. 205
V.
V Aisseau double; c'est-à-dire, bien fort.
Triple Vaisseau: c'est le fourneau des Sages, dans lequel on met une écuelle,
& dans l'écuelle l'oeuf qui contient la
matière Philosophale qu'il faut cuire.
Vaisseau secret des Philosophes: c'est l'oeuf des Sages, rond & lucide.
Le premier Vaisseau de la Nature: c'est l'air dans lequel les Astres jettent
leurs influences.
Vapeur dite simplement: c'est le Mercure Hermétique, qui s'élève en l'air en
forme de vapeur.
Vapeur potentielle de métal: c'est son âme, sa splendeur & son essence.
Le Vautour volant sans ailes, qui crie sur la montagne, disant; Je suis le blanc
du noir, & le rouge du blanc, & le citrin
enfant du rouge: c'est le Mercure
Philosophal cuit & réduit en la Pierre parfaite
au rouge, qui a fait voir dans son
travail toutes ces couleurs désignées, qui
sont les principales, & qui persistent
davantage qu'une infinité d'autres qui
durent peu & sont comparées à de folles
fleurs.

@

206 V A. U B. V E.
Le Vautour volant par l'air, & le Crapaud marchant sur la terre: c'est le Magistère
des Philosophes; savoir le corps
& l'âme de la Pierre, le fixe & volatil.
Ubidrugal: c'est l'ouvrage consommé & la dissolution parfaite en toutes ses
parties.
Végétation: c'est l'extension artificielle de quelque mixte procédant du dedans
au dehors par un menstrue universel &
une chaleur convenable, pour montrer
comment le composé s'augmente naturellement
& par degrés.
Le grand Végétable: c'est la Vigne, qui s'élève & monte toujours lorsqu'elle
rencontre un appui.
Venin des Philosophes ou des Teinturiers: C'est ainsi que les Sages nomment
l'Elixir parfait au rouge, capable de donner
teinture.
Le Venin des vivants: c'est le Mercure Philosophal.
Venin mortel. Les Philosophes appellent de ce nom toute corruption de matière,
ou odeur puante.
Le Vent dit simplement; c'est un air agité: & comme la lumière du Soleil est
le principe de tout mouvement, de là

@

V E. 207
vous connaissez la cause & le principe
des Vents & du mouvement régulier de
la Mer qu'on nomme Flux & Reflux;
& comme aux deux équinoxes les marées
sont plus hautes qu'en autre temps, cela
vient de l'abondance des esprits vitaux &
des influences des Astres pour le renouvellement
de la nature inférieure.
Le Vent le porte en son ventre: C'est l'esprit de la matière, ainsi dit figurativement,
qui se sépare du corps terrestre,
s'élevant en l'air; & le corps terrestre est
le Mercure Philosophal. Voyez Terre.
C'est aussi l'air. Autrement, c'est lors
qu'on fait la séparation du pur & de
l'impur, du corps & de l'esprit; cela
s'appelle sublimation ou distillation, parce
qu'en distillant l'eau monte au haut du
Vaisseau en forme de fumée.
Le Vent du Nord est contraire à l'extraction du menstrue universel: c'est-à-
dire, que pendant que ce Vent souffle,
il n'y a point de rosée; mais il y en a
toujours lorsque d'autres Vents règnent.
Ventre d'Ariès. Voyez Ariès. Le Ventre du cheval: c'est le fumier du Cheval, qui tout chaud sert aux digestions
& putréfactions.

@

208 V E.
Venus est l'une des sept Planètes. Les Philosophes appellent de ce nom le
Cuivre.
Opération de Venus. Voyez Tirer l'âme.
Veneris gradus, signifie la douceur de nature, ou la verdeur de la vie.
Véridique, qui dit vrai; du latin Veridicus. Verre des Philosophes, signifie un alambic.
Le Verre Philosophique qui a pouvoir sur toutes choses: C'est la Pierre parfaite,
qui amène toutes choses à sa nature,
les accomplissant de toutes perfections:
c'est ce Verre seul qui est infiniment humide
& infiniment sec, & de telle nature
qu'il s'unit avec tous sujets; s'il est
fondu au verre fondu, & il le teint; avec
le métal il fait de même, mais plus intimement,
d'autant qu'il est de sa nature:
Il pénètre tout, & même se fond dans
les humeurs humaines, ayant ingrés partout
pour rectifier toutes les substances.
Vers blanchis: c'est l'ouvrage de la Pierre philosophale.
La Verdeur, ou la couleur Verte. Lors que la couleur Verte paraît au travail de
la Pierre, elle témoigne la vertu de la
Pierre,
@

V E. V F. V R. 209
Pierre, qui pour lors végète, & signifie
qu'elle a esprit, âme & corps.
La Vertu céleste: c'est la chaleur ou le feu interne de la matière, qui vient du
Ciel.
La Veste ténébreuse: c'est l'ouvrage de la Pierre des Philosophes, lorsqu'elle est
au noir.
Vêtir la chemise azurée: c'est-à-dire, faire projection de l'Elixir parfait au
blanc ou au rouge sur un métal fondu
ou réduit en forme mercurielle.
Ussitusse: c'est l'odeur du Mercure Philosophal, aussi désagréable que l'odeur
des sépulcres.
Viande du coeur: c'est le Mercure Philosophal, qui dans les circulations du
plus subtil, sert de nourriture à ce qui
demeure au fond du vaisseau; c'est à savoir
le corps pesant & terrestre.
Viande des morts: c'est le Mercure Hermétique, qui dissout & fait revivre
les morts, c'est-à-dire, les métaux qui sont
morts.
Vierge épouse: c'est le Mercure. Vie & mort: c'est le mâle & la femelle, le Soufre & le Mercure des
Philosophes. Précisément la vie n'est autre
chose que la persévérance du chaud
S
@

210 V I.
& de l'humide unis proportionnellement
dans l'esprit & le sel universels individués
organiquement par celui qui les a
fait, avec force & vigueur conforme,
qu'on appelle ordinairement âme, agissante
tout autant que l'organe le permet.
Le Vieillard des Sages: c'est le Mercure, ainsi nommé parce qu'il est la première
matière des métaux; & l'eau des
Philosophes est leur Mercure: autr. c'est
le Soufre.
La Vigne des Sages, qui devient leur vin: c'est la Pierre du premier ordre réduite
en eau, & qui produit par les opération
de l'Art leur eau-de-vie rectifiée
leur vinaigre très aigre.
Vilipender, mépriser; du latin Vilipendo. Le Vin des Sages: c'est leur Mercure. Le Vin commun est appelé esprit, parce qu'il est très subtil & fort détaché
de la matière; il est encore appelé soufre
céleste, c'est-à-dire très simple &
transparent, ou Ciel imperceptible des
Le Vinaigre des Montagnes; c'est-à- dire du Soleil & de la Lune, qui sont

@

V I. 211
contenus dans le Mercure Philosophal.
Le vinaigre très aigre des Philosophes: c'est leur Mercure qui dissout l'or sans
violence, & s'appelle très aigre, d'autant
qu'il est plus âcre que celui de l'or
minéral parce qu'il n'est pas si digéré.
Le Vinaigre qui fait que l'or est esprit, & la Lune aussi: c'est la Nature, sans
laquelle ni noirceur, ni blancheur, ni
rougeur ne peuvent être faites en l'ouvrage.
Vipère, Prends la Vipère de Rexa, & lui coupe la tête: c'est-à-dire, ôte la
noirceur à la matière qui est enfermée
dans l'oeuf.
Vitrification: c'est l'union du sec & de l'humide interne par le grand chaud, en
corps transparent & fort fragile.
Vitriol. Quelquefois les Philosophes appellent faire leur Vitriol, la séparation
qu'ils font du pur & de l'impur de la
matière Philosophale. Quelquefois c'est
leur Mercure.
Vitriol blanc: c'est la sublimation du soufre & du Mercure: Autrement, la
Pierre au blanc parfait.
Vitriol neuf, signifie le Vitriol blanc des Chimistes.
Vitriol liquéfié, signifie le Vitriol liquide S ij
@

212 V I. U N.
tiré des minières, lequel ne se
peut plus coaguler.
Vitriol rouge: c'est la sublimation des soufres brûlants du Soleil & de la Lune,
ordinairement Cinabre & Sublimé. Autrement,
c'est la Pierre au rouge parfait.
Vitriols métalliques, sont les sels des métaux.
Vivifier, donner la vie; du latin Vivificare. Union de la terre & de l'eau: C'est lorsque le Mercure Philosophal se
fait, ou bien lorsqu'il est fait: Autrement,
c'est lorsque la noirceur paraît,
temps auquel la terre & l'eau s'unissent
ensemble, & avec eux les deux autres
éléments, d'autant que le feu est caché
dans la terre, & l'air dans l'eau;
c'est pourquoi les Philosophes ne connaissent
précisément que deux éléments,
qui contiennent les deux autres.
Or ce changement de couleur témoigne un notable changement dans la matière,
puisqu'elle prend une forme nouvelle,
qui enseigne qu'elle veut passer
dans un état plus parfait; car en bonne
Philosophie la corruption d'une chose
c'est la génération d'une autre. Que la

@

U N. V O. U R. 213
couleur noire soit le signe de la corruption,
personne ne l'ignore. Voyez Corruption
& Magnésie.
L'Unique parfait: C'est le Mercure des Philosophes.
Les Voiles noires avec lesquelles Thésée revenait à Athènes: ce sont les pellicules
noires qui paraissent après la congélation
de l'élixir.
Volatil, qui vole; c'est-à-dire, ce qui s'élève en haut par la chaleur: cela se dit
par comparaison avec le vol des Oiseaux.
Les Philosophes disent qu'au commencement
leur Mercure est volatil, c'est
pourquoi ils l'appellent Dragon volant;
parce qu'il se sublime par la chaleur, &
emporte avec soi la partie fixe ou le soufre.
Volatilisation: c'est une sublimation, ou élévation qui se fait d'une matière au haut
du vaisseau, par la chaleur.
Urinal, vaisseau de verre où l'on met de l'urine pour la faire voir aux Médecins;
du latin Urina.
Urinal des Philosophes: c'est le fourneau Philosophal, dans lequel se cuit & digère
la matière de la Pierre des Sages: autr.
l'oeuf Hermétique.
Urine de Vin; c'est le vinaigre: Quelquefois
@

214 U R. V U. X I.
il se prend pour l'Urine d'un
homme qui boit continuellement du
vin.
Urine des jeunes colériques: c'est le Mercure Philosophal, selon Artephius.
Le Vulcain des Philosophes: c'est le fer & le Mars des Alchimistes.
Vulcain jeté en Lemnos à cause de sa difformité. Sous cette Fable les Anciens
ont caché la préparation de notre premier
soufre noir.
Vulcain qui suit Minerve. Les Philosophes ont caché sous cette Fable le soufre
suivant l'eau distillée, qui contient
en soi les plus subtiles parties
du soufre, & son sel en la putréfaction.
Vulgaire: mot de l'Art, qui signifie commun; du latin Vulgare.

X.
X Ir. Les Philosophes appellent Xir la couleur noire, d'autant qu'alors
les natures se mêlent parfaitement &
tiennent des qualités les unes des autres;
& leur union est si parfaite, qu'elles
sont à l'avenir inséparables.
Xiston: c'est du vert de gris en poudre.
@

Y E. Y H. Z A. Z E. 215
Y.
Y Eldic: c'est le Mercure Philosophal: autr. la matière de la Pierre Hermétique.
Yelion: c'est du verre. Yeux d'Argus convertis en la queue du Paon. Par cette Fable les Anciens ont
voilé le soufre changeant de couleur.
Yharir: c'est le blanchissement du laton des Philosophes, ou leur argent.

Z.
Z Aibar: c'est argent vif. Paracelse. Zaidir: c'est Vénus, pris par quelques-uns pour le vert de gris.
Zarca: c'est étain. Zarnech, ou Zenic: c'est le Mercure Philosophal.
Zemech, ou Zume-lazuli: c'est la Pierre d'azur.
Zeneton: c'est un pentacle ou composition constellée, propre contre la
peste. Van-helmont en fait la description.
Zenic: c'est le Mercure Philosophal. Zerci: c'est vitriol.
@

216 Z I. Z U.
Zimar: est vert de gris. Zimax: c'est un vitriol vert d'Arabie, de quoi l'on fait l'airain.
Zinch: c'est une marcassite métallique, ou un mélange de métaux non meurs,
qui paraissent comme du cuivre.
Zunitter, ou Zitter: c'est encore une marcassite.

F I N.
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