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Réfer. : AL0604
Auteur : Eliade Mircea.
Titre : Forgerons et Alchimistes.
S/titre : .

Editeur : Flammarion. Paris.
Date éd. : 1977 .


**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
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**** A T T E N T I O N ****
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FORGERONS ET ALCHIMISTES
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DU MEME AUTEUR
Techniques du Yoga (Gallimard, 1948; nouvelle édition,
1975). Le Mythe de l'Eternel Retour (Gallimard, 1949; nouvelle
édition revue et augmentée, 1969). Traité d'Histoire des Religions (Payot, 1949; nouvelle
édition 1966, 1968, 1970, 1975). Le Chamanisme et les techniques archaïques de l'extase
(Payot, 1951; deuxième édition revue et augmentée, 1968, 1974). Images et Symboles (Gallimard, 1952).
Le Yoga, Immortalité et Liberté (Payot, 1964, nouvelle
édition revue et augmentée, 1968, 1972, 1975). Forgerons et Alchimistes (Flammarion, 1956; nouvelle
édition revue et augmentée, 1977). Mythes, rêves et mystères (Gallimard, 1957; nouvelle
édition 1970). Naissances mystiques. Essai sur quelques types d'initiation
(Gallimard, 1959; nouvelle édition 1976). Méphistophélès et l'Androgyne (Gallimard, 1962).
Patanjali et le Yoga (Le Seuil, 1964; nouvelle édition,
1975). Aspects du Mythe (Gallimard, 1963; nouvelle édition
1965, 1970). Le Sacré et le Profane (Gallimard, 1963; nouvelle édition
1968, 1970, 1975). From Primitives to Zen (Harper et Row, New York,
1967). La Nostalgie des origines (Gallimard, 1970).
De Zalmoxis à Gengis-Khan (Payot, 1970).
Religions australiennes (Payot, 1972).
Fragments d'un Journal (Gallimard, 1973).
Occultism, Witchcraft and cultural Fashions (University
of Chicago Press, 1976). Histoire des Croyances et des Idées religieuses. Vol. I : De
l'Age de la pierre aux Mystères d'Eleusis (Payot, 1976).
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MIRCEA ELIADE

FORGERONS ET ALCHIMISTES
Nouvelle édition corrigée et augmentée.




IDEES ET RECHERCHES Collection dirigée par Yves Bonnefoy
FLAMMARION, EDITEUR 26, rue Racine, Paris (VIe)
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(C) FLAMMARION, 1977. Printed in France.
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IN MEMORIAM
SIR PRAPHULLA CHANDRA RAY, EDMUND VON LIPPMANN, ALDO MIELI.
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AVANT-PROPOS

Le premier volet du diptyque que forme ce petit livre présente un groupe de mythes, de rites et de symboles
particuliers aux métiers de mineur, de métallurgiste,
de forgeron, tel qu'il peut apparaître à un historien
des religions. Les travaux et les conclusions des historiens
des techniques et des sciences, nous ont été précieux,
disons-le tout de suite, mais notre dessein était autre.
Nous avons tenté de comprendre le comportement de
l'homme des sociétés archaïques à l'égard de la Matière,
de suivre les aventures spirituelles dans lesquelles il s'est
trouvé engagé lorsqu'il eut découvert son pouvoir de
changer le mode d'être des Substances. C'est l'expérience
démiurgique du potier primordial qu'il eût fallu plutôt
étudier, puisqu'il fut le premier à modifier l'état de la
Matière. Mais le souvenir mythologique de cette expérience
démiurgique n'a laissé à peu près aucun vestige.
Nous avons donc retenu comme point de départ l'étude
des rapports de l'homme archaïque avec les substances
minérales, et particulièrement son comportement rituel
de mineur, de métallurgiste du fer et de forgeron.
Entendons-nous bien : qu'on ne s'attende pas à trouver ici une histoire culturelle de la métallurgie, qui analyserait
les voies de diffusions de la métallurgie dans le monde
entier, à partir de ses centres les plus anciens, classerait
les vagues de culture qui l'ont propagée et décrirait
les mythologies métallurgiques qui l'accompagnaient.
Une telle histoire, fût-elle possible, aurait demandé
quelques milliers de pages. Il est d'ailleurs douteux qu'elle
puisse être écrite. On commence à peine à connaître
l'histoire culturelle et les mythologies de la métallurgie
africaine; on sait peu de chose encore des rituels
métallurgiques indonésiens et sibériens -- or, ce sont

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AVANT-PROPOS 7
là précisément nos principales sources des mythes, rites
et symboles en relation avec les métaux. Quant à l'histoire
universelle de la diffusion des techniques métallurgiques,
elle présente encore des lacunes considérables.
Sans doute nous n'avons pas négligé, chaque fois qu'il était possible de le faire, le contexte historico-
culturel des différents complexes métallurgiques, mais
nous nous sommes attachés avant tout à percer leur
univers mental propre. Les substances minérales participaient
à la sacralité de la Terre-Mère. Nous rencontrons
très tôt l'idée que les minerais « croissent »
dans le ventre de la Terre, ni plus ni moins que des
embryons. La métallurgie prend ainsi un caractère
obstétrique. Le mineur et le métallurgiste interviennent
dans le déroulement de l'embryologie souterraine : ils
précipitent le rythme de croissance des minerais, ils
collaborent à l'oeuvre de la Nature, l'aident à « accoucher
plus vite ». Bref, par ses techniques, l'homme se substitue
peu à peu au Temps, son Travail remplace l'oeuvre
du Temps.
Collaborer avec la Nature, l'aider à produire dans un tempo de plus en plus rapide, changer les modalités de
la matière -- nous croyons avoir décelé là une des sources
de l'idéologie alchimique. Certes, nous ne prétendons
pas qu'il existe une parfaite continuité entre l'univers
mental du mineur, du métallurgiste et du forgeron, et
celui de l'alchimiste -- encore que les rites initiatiques
et les mystères des forgerons chinois fassent très probablement
partie intégrante des traditions héritées plus
tard par le taoïsme et l'alchimie chinoise. Mais il y a ceci de
commun entre le fondeur, le forgeron et l'alchimiste, que
tous trois revendiquent une expérience magico-religieuse
particulière dans leurs rapports avec la substance; cette
expérience est leur monopole et le secret s'en transmet par
les rites initiatiques des métiers; tous trois travaillent sur
une Matière qu'ils tiennent à la fois pour vivante et
sacrée, et leurs labeurs poursuivent la transformation.
de la Matière, son « perfectionnement sa « transmutation ».
On verra les précisions et les corrections qu'appellent
ces formules trop sommaires. Mais, pour le
répéter, de tels comportements rituels à l'égard de la
Matière impliquent, sous une forme ou une autre,
l'intervention de l'homme dans le rythme temporel
propre aux Substances minérales « vivantes ». Et c'est

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8 FORGERONS ET ALCHIMISTES
ici que se trouve le point de contact entre l'artisan métallurgiste
des sociétés archaïques et l'alchimiste.
L'idéologie et les techniques de l'alchimie, c'est essentiellement le thème du second volet de notre diptyque.
Si nous avons insisté sur les alchimies chinoise et indienne,
c'est qu'elles sont moins connues et aussi qu'elles présentent
sous une forme plus nette leur caractère de
technique à la fois expérimentale et « mystique ». Il faut
le dire dès maintenant : l'alchimie ne fut pas à l'origine
une science empirique, une chimie embryonnaire; elle
ne l'est devenue que plus tard, lorsque son univers
mental propre eut perdu, pour la plupart des expérimentateurs,
sa validité et sa raison d'être. L'histoire des
sciences ne reconnaît pas de rupture absolue entre l'alchimie
et la chimie : l'une comme l'autre travaillent
sur les mêmes substances minérales, utilisent les mêmes
appareils et, généralement, se livrent aux mêmes expériences.
Dans la mesure où l'on reconnaît la validité
des recherches sur l'« origine » des techniques et des
sciences, la perspective de l'historien de la chimie est
parfaitement défendable : la chimie est née de l'alchimie;
plus exactement : elle est née de la décomposition de
l'idéologie alchimique. Mais dans le champ de vision
d'une histoire de l'esprit, le processus se présente autrement
: l'alchimie se posait en science sacrée, tandis que
la chimie s'est constituée après avoir vidé les Substances
de leur sacralité. Or, il existe nécessairement une solution
de continuité entre le plan du sacré et le plan de l'expérience
profane.
Un exemple fera mieux sentir la différence. L'« origine » du drame (de la tragédie grecque comme des scénarios
dramatiques du Proche-Orient antique et de l'Europe)
a été retrouvée dans certains rituels saisonniers développant
en gros la séquence suivante : combat entre deux
principes antagoniques (Vie et Mort, Dieu et Dragon,
etc.), passion du Dieu, lamentation sur la « mort » et
jubilations saluant sa « résurrection ». Gilbert Murray
a même pu montrer que la structure de certaines tragédies
d'Euripide (non seulement les Bacchantes, mais aussi
Hippolyte et Andromaque) conserve encore le schéma
des vieux scénarios rituels. S'il est vrai que le drame
dérive de tels scénarios rituels, qu'il s'est constitué en
phénomène autonome en utilisant la matière du rite
saisonnier, ont est fondé à parler des « origines » sacrées
du théâtre profane. Mais la différence qualitative entre

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AVANT-PROPOS 9
les deux catégories de faits n'est pas moins évidente
pour cela : le scénario rituel appartenait à l'économie du
sacré, il déclenchait des expériences religieuses, il engageait
le « salut » de la communauté considérée comme un
tout; le drame profane, lorsqu'il se fut défini son propre
univers spirituel et son système de valeurs, provoquait
des expériences d'une tout autre nature (les émotions
« esthétiques ») et poursuivait un idéal de perfection formelle
parfaitement étranger aux valeurs de l'expérience
religieuse. Il y a donc solution de continuité entre les
deux plans, même si, pendant de longs siècles, le théâtre
s'est maintenu dans une atmosphère sacrée. Il y a une
distance incommensurable entre celui qui participe
religieusement au mystère sacré d'une liturgie et celui
qui jouit en esthète de sa beauté spectaculaire et de la
musique qui l'accompagne.
Assurément les opérations alchimiques n'étaient pas symboliques : c'étaient des opérations matérielles, pratiquées
dans des laboratoires, mais elles poursuivaient
une autre fin que la chimie. Le chimiste pratique l'observation
exacte des phénomènes physico-chimiques et des
expériences systématiques, afin de pénétrer la structure
de la matière -- l'alchimiste, lui, s'attache à la « passion »,
à la « mort » et au « mariage » des substances, en tant qu'ordonnés
à la transmutation de la Matière (la Pierre Philosophale)
et de la vie humaine (Elixir Vitae). C. G. Jung
a montré que le symbolisme des processus alchimiques
se réactualise dans certains rêves et affabulations de sujets
qui ignorent tout de l'alchimie; ses observations n'intéressent
pas uniquement la psychologie des profondeurs;
elles confirment indirectement la fonction sotériologique
qui semble constitutive de l'alchimie.
Il serait imprudent de jauger l'originalité de l'alchimie à son incidence sur l'origine et le triomphe de la chimie.
Du point de vue de l'alchimiste, la chimie était une
« chute », du fait même qu'elle était la sécularisation
d'une science sacrée. Ce n'est pas là entreprendre une
apologie paradoxale de l'alchimie : c'est se conformer aux
plus élémentaires méthodes de l'histoire de la culture,
et rien de plus. Il n'y a qu'un moyen de comprendre
un phénomène culturel étranger à notre conjoncture
idéologique actuelle, c'est d'en découvrir le « centre » et s'y
installer, pour accéder, de là, à toutes les valeurs qu'il
commande. C'est en se replaçant dans la perspective de
l'alchimiste qu'on arrivera à mieux comprendre l'univers

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1. METEORITES ET METALLURGIE


Les météorites ne pouvaient pas ne pas impressionner : venus d'« en haut », du Ciel, ils participaient de la sacralité
céleste. A un certain moment et dans certaines cultures,
on a même probablement imaginé le ciel en pierre (1). De
nos jours encore, les Australiens croient la voûte céleste
en cristal de roche, ou le trône du dieu ouranien en quartz.
Or, les cristaux de roche -- censés détachés du trône
céleste -- jouent un rôle essentiel dans les initiations
chamaniques chez les Australiens, chez les Négritos
de Malacca, en Amérique du Nord, etc. (2). Ces « pierres
de lumière », comme les appellent les Dayaks maritimes
de Sarawak, reflètent tout ce qui se passe sur la terre;
elles révèlent au chaman ce qui est arrivé à l'âme du
malade et le lieu où elle s'est enfuie. Faut-il rappeler que
le chaman est celui qui « voit », parce qu'il dispose d'une
vision surnaturelle : il « voit » au loin aussi bien dans
l'espace que dans le temps à venir; il perçoit également
ce qui reste invisible aux profanes (l'« âme », les esprits,
les dieux). Durant son initiation, on farcit le futur
chaman de cristaux de quartz. En d'autres termes, ses
capacités visionnaires et sa « science » lui viennent, au
moins en partie, d'une solidarisation mystique avec le
Ciel (3).


1. On trouvera quelques indications à la fin du volume, dans la Note A, où l'on a groupé l'essentiel de la bibliographie concernant
les météorites et les commencements de la métallurgie.
2. Voir les matériaux et les discussions de ce complexe mythico- rituel dans notre livre Le Chamanisme et les techniques archaïques de
l'extase, pp. 235 sq.
3. On verra plus loin que, à un autre niveau culturel, ce n'est plus le cristal de roche, mais le métal, qui confère au chaman ses prestiges.
Pendant l'initiation du chaman sibérien, ses os sont joints avec du fer
et on lui remet même des os en fer (cf. p. 69).

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METEORITES ET METALLURGIE 15
Retenons cette première valorisation religieuse des aérolithes : ils tombent sur la terre chargés de sacralité
céleste, ils représentent donc le Ciel. De là, très probablement,
le culte voué à tant de météorites ou même leur
identification à une divinité : on voit en eux la « forme
première », la manifestation immédiate de la divinité.
Le palladion de Troie passait pour tombé du ciel et
les auteurs anciens y reconnaissaient la statue de la déesse
Athéna. On accordait également une origine céleste à
la statue d'Arthémis à Ephèse, au cône d'Elagabale à
Emèse (HERODIEN, v, 3, 5). Le météorite de Pessinonte,
en Phrygie, était vénéré comme l'image de Cybèle et,
à la suite d'une injonction de l'oracle delphique, il fut
transporté à Rome peu de temps après la deuxième
guerre punique. Un bloc de pierre dure, la représentation
la plus ancienne d'Eros, voisinait, à Thespiae, avec
l'image du dieu sculptée par Praxitèle (PAUSANIAS,
27, i). On trouverait facilement d'autres exemples (le
plus fameux étant la Ka'aba de La Mecque). Il est
remarquable qu'un certain nombre de météorites sont
associés à des déesses, surtout à des déesses de fertilité
(type Cybèle). Nous avons affaire, dans ce cas, à un
transfert de sacralité : l'origine ouranienne est oubliée
au profit de l'idée religieuse de la petra genitrix ; ce motif
de la fertilité des pierres nous arrêtera plus loin.

L'essence ouranienne, et donc masculine, des météorites n'en demeure pas moins incontestable, car certains
silex et outils néolithiques ont reçu des hommes des
époques postérieures le nom de « pierres de foudre »,
« dents de foudre » ou « haches de Dieu » (God's axes) :
les places où ils se trouvaient passaient pour avoir été
frappées par la foudre (4). La foudre est l'arme du Dieu du
ciel. Lorsque ce dernier fut évincé par le Dieu de l'orage,
la foudre devint le signe de la hiérogamie entre le Dieu
de l'ouragan et la Déesse Terre. On s'explique dès lors
le si grand nombre de doubles-haches rencontrées dans les
gouffres et les cavernes de Crète. Comme la foudre et
les météorites, les haches « fendaient » la Terre : elles
symbolisaient, autrement dit, l'union entre le Ciel et
la terre. Delphes, le plus célèbre des gouffres de la Grèce
antique, devait son nom à cette image mythique : delphi
signifie en effet l'organe générateur féminin. Comme on


4. Cf. quelques indications bibliographiques dans la Note A.
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16 FORGERONS ET ALCHIMISTES
verra plus loin, nombre d'autres symboles et appellatifs
assimilaient la Terre à une femme. Mais l'homologation
avait une valeur exemplaire, la priorité venait donc au
Cosmos : Platon rappelle (Menex, 238 a) que, dans la
conception, c'est la femme qui imite la Terre, et non
inversement.
Les « primitifs » ont travaillé le fer météorique longtemps avant d'apprendre à utiliser les minerais ferreux
superficiels (5). On sait d'autre part qu'avant de découvrir
la fusion, les peuples préhistoriques traitaient certains
minerais comme des pierres, c'est-à-dire les considéraient
comme des matériaux bruts pour la fabrication des outils
lithiques. Une technique similaire était appliquée jusqu'à
une époque très récente par certains peuples ignorant
la métallurgie : ils travaillaient le fer météorique avec
des marteaux en silex et façonnaient des objets dont la
forme reproduisait en tout point des modèles lithiques.
C'est ainsi que les Esquimaux du Groenland fabriquaient
leurs couteaux avec du fer météorique (6). Lorsque Cortez
demanda aux chefs aztecs d'où ils tiraient leurs couteaux
-- ils lui montrèrent le ciel (7). Comme les Mayas de
Yucatan et les Incas de Pérou, les Aztecs utilisaient
uniquement le fer météorique : aussi le mettaient-ils
plus haut que l'or. Ils ignoraient la fusion des minerais.
Les archéologues n'ont trouvé aucune trace de fer terrestre
dans les gisements préhistoriques du Nouveau
Monde (8). La métallurgie proprement dite de l'Amérique
centrale et méridionale est très probablement d'origine
asiatique : les dernières recherches tendent à la rattacher
à la culture sud-chinoise de l'époque Chou (moyenne et
tardive, VIIIe-VIe siècle av. J.-C.); elle serait donc, en
somme, d'origine danubienne, car c'est la métallurgie
danubienne qui, aux IX-VIIIe siècles av. J.-C., est parvenue,
par le Caucase, jusqu'en Chine (9).


5. Cf. G. F. ZIMMER, « The Use of Meteoric Iron by Primitive Man » (Journal of the Iron and Steel Institute, 1916, pp. 306 sq). La
discussion portant sur l'usage du fer météorique par les primitifs et
les peuples anciens, commencée en 1907 dans le Zeitschrift für Ethnologie,
et poursuivie quelques années, a été résumée par Montelius,
Prähistorische Zeitung, 1913, pp. 289 sq. Cf. R. J. FORBES, Metallurgy
in Antiquity (Leiden, 1950), pp. 401 sq.
6. Richard ANDREE, Die Metalle bei den Naturvölkern, pp. 129- 131.
7. T. A. RICKARD, Man and Metals, vol. I, pp. 148-149. 8. R. G. FORBES, Metallurgy in Antiquity, p. 401. 9. R. HEINE-GELDERN, « Die asiatische Herkunft der südamerikanischen Metalltechnik » (Paideuma, V, 1954), spéc. pp. 415-416.

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2. MYTHOLOGIE DE L'AGE DU FER


On n'insistera pas sur la sacralité du fer. Qu'il passe pour tombé de la voûte céleste, ou qu'il soit extrait des
entrailles de la Terre, il est chargé de puissance sacrée.
La révérence envers le métal se maintient même chez
des populations de haute culture. Les rois malais gardaient
il n'y a pas si longtemps une « motte sacrée de
fer » qui faisait partie de leurs regalia, et l'entouraient
d'« une vénération extraordinaire mêlée d'une terreur
superstitieuse » (1). Pour les « primitifs » qui ignoraient le
travail des métaux, les outils en fer étaient encore plus
vénérables : les Bhil, population archaïque de l'Inde,
offraient des prémices de fruits à leurs pointes de flèches,
qu'il se procuraient chez les tribus voisines (2). Précisons
qu'il ne s'agit pas de « fétichisme », de l'adoration d'un
objet en lui-même et pour lui-même, en un mot : de
« superstition » -- mais du respect sacré à l'égard d'un
objet étrange, qui n'appartient pas à l'univers familier,
qui vient d'« autre part » et qu'il est donc un signe de
l'au-delà, une image approximative de la transcendance.
Ceci est évident dans des cultures qui connaissent depuis
fort longtemps l'usage du fer terrestre : il y persiste
encore le souvenir fabuleux du « métal céleste », la
croyance à ses prestiges occultes. Les Bédouins de
Sinaï sont convaincus que celui qui réussit à se fabriquer
une épée en fer météorique, devient invulnérable dans
la bataille et assuré d'abattre tous ses adversaires (3). Le


1. A. C. KRUYT, cité par W. Perry, The Children of the Sun (London, 1927), p. 391.
2. R. ANDREE, Die Metalle bei den Naturvölkern, p. 42. 3. W. E. JENNINGS-BRAMLEY, The Beduins of the Sinai-peninsula (Palestine Exploration Fund, 1906, p. 27), cité par R. Eisler, « Das
Qainzeichen » (Le Monde Oriental, 29, 1929, pp. 48-112), p. 55.

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22 FORGERONS ET ALCHIMISTES
« métal céleste » est étranger à la terre, donc il est « transcendant »,
il vient d'« en haut » : c'est pourquoi, pour un
Arabe de nos jours, il est merveilleux, il peut faire des
miracles. Peut-être s'agit-il ici encore du souvenir fortement
mythologisé de l'époque où les hommes utilisaient
uniquement le fer météorique. Dans ce cas aussi, on
serait devant une image de la transcendance : car les
mythes conservent le souvenir de cette époque fabuleuse
où vivaient des hommes doués de facultés et de pouvoirs
extraordinaires, presque des demi-dieux. Or, il y a
rupture entre ce « temps-là » mythique (illud tempus)
et les temps historiques -- et toute rupture indique,
au niveau de la spiritualité traditionnelle, une transcendance
abolie par la « chute ».
Le fer garde encore son extraordinaire prestige magico- religieux, même chez les peuples qui ont une histoire
culturelle assez avancée et complexe. Pline écrivait que
le fer est efficace contre les noxia medicamenta et aussi
adversus nocturnas limphationes (Nat. Hist., XXXIV,
44). Des croyances similaires se retrouvent en Turquie,
en Perse, dans l'Inde, chez les Dayak, etc. En 1907,
J. Goldziher accumulait déjà une masse de documents
concernant l'usage du fer contre les démons. Vingt ans
plus tard, S. Seligmann avait décuplé le nombre de références;
le dossier est pratiquement illimité. Il appartient
surtout au couteau d'éloigner les démons. Dans le nord-
est de l'Europe, les objets en fer défendent les récoltes
aussi bien des intempéries que des sorts et du mauvais
oeil (4). C'est le prestige du dernier en date parmi les
« âges du métal », l'âge du fer victorieux dont la mythologie,
en grande partie submergée, survit encore en des
coutumes, des tabous et des « superstitions » en grande
partie insoupçonnés. Mais comme les forgerons, le fer
garde son caractère ambivalent : il peut incarner également
l'esprit « diabolique ». En maint endroit, on se rappelle
obscurément que le fer représente non seulement la
victoire par la civilisation (c'est-à-dire, par l'agriculture),
mais qu'il a été victorieux par la guerre. Le triomphe
militaire sera homologué parfois à un triomphe démoniaque.
Pour les Wa Chagga, le fer contient en lui-même
une force magique qui est l'ennemie de la vie et de la paix (5).


4. Pour le rôle du fer dans la magie, l'agriculture, la médecine populaire, etc., voir quelques indications dans la Note B.
5. Walter CLINE, Mining and Metallurgy in Negro Africa (Paris, 1937), p. 117.

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MYTHOLOGIE DE L'AGE DU FER 23
Les outils du forgeron participent également à la sacralité. Le marteau, le soufflet, l'enclume se révèlent des
êtres animés et merveilleux : ils passent pour pouvoir
opérer par leur propre force magico-religieuse, sans
l'aide du forgeron. Le forgeron de Togo parle, à propos
de ses outils, du « marteau et sa famille ». A Angola, le
marteau est vénéré, parce que c'est lui qui forge les
instruments nécessaires à l'agriculture : il est traité comme
un prince et câliné comme un enfant. Les Ogowe,
qui ne connaissent pas le fer et donc ne le travaillent
pas, vénèrent le soufflet des forgerons des tribus voisines.
Les Mossengere et les Ba Sakate croient que la dignité
du maître-forgeron est concentrée dans le soufflet (6).
Quant aux fourneaux, leur construction est entourée de
mystères et constitue un rituel proprement dit. (Voir plus
loin, pp. 48 sq.)
Toutes ces croyances ne s'arrêtent pas uniquement à la puissance sacrée des métaux, elles s'étendent à la
magie des instruments. L'art de faire des outils est
d'essence surhumaine, soit divine, soit démoniaque
(le forgeron forge également les armes meurtrières).
Des restes des anciennes mythologies des temps lithiques
se sont probablement surajoutés et intégrés à la mythologie
des métaux. L'outil en pierre, le coup de poing,
étaient chargés d'une force mystérieuse : ils frappaient,
blessaient, faisaient éclater, produisaient les étincelles --
tout comme la foudre. La magie ambivalente des armes
de pierre, meurtrières et bienfaisantes comme la foudre
elle-même, s'est transmise, amplifiée, aux nouveaux
instruments forgés en métal. Le marteau, héritier
de la hache des temps lithiques, devient l'insigne des
dieux forts, les dieux de l'orage. Nous comprenons dès
lors pourquoi les dieux de l'orage et de la fécondité
agraire sont parfois imaginés comme des dieux forgerons.
Les T'ou-jen de Kouang-si sacrifient des chèvres au dieu.
Däntsien Sân, car il se sert de leurs têtes comme d'enclumes.
Pendant les orages, Däntsien Sân forge son fer
entre les cornes de la bête sacrifiée; les éclairs et la
grêle étincelante tombent sur la terre et terrassent les
démons. Le dieu défend, en tant que forgeron, les hommes
et les récoltes. Däntsien Sân est un dieu de l'orage,
correspondant au tibétain dam-can, donc à rDorjelegs(pa)


6. R. ANDREE, op. cit., p. 42; W. CLINE, Mining and Metallurgy in Negro Africa, p. 124; R. J. FORBES, Metallurgy in Antiquity, p. 83.

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INDEX DES SUJETS

A B
Afrique, sacrifice aux four- Baal, 82 sq. neaux, 56 sq.; forgerons, Bergbüchlein, 39 sq. 73 sq.; Héros civilisa- teurs, 79 sq. C « Age du fer », mythes et
symboles de l'--, 19 sq. Cabires, 86 sq. Alchimie, préhistoire de Calebasse, symbole du Cos- l'--, 40 sq. ; babylonienne, mos, im sq. 60 sq., 165; chinoise, Caverne, 15, 33, Eu sq. 92 sq. 166 sq.; exotérique « Centre », symbolisme et ésotérique (en Chine), du --, 31 sq., 96. 102 sq.; gréco-égyptienne, « Chaleur intérieure », 66 sq. 123 sq., 173 sq. (bi- Chamans, supérieurs aux bliographie); indienne, forgerons, 67 sq.; répu- 107 sq., 170 (bibliogra- tés « maîtres du feu », phie); origines histori- 67 sq. ques, II() sq.; les plus im- Chaudières miraculeuses, en portants traités, III sq.; Chine,. 50; v. Fourneaux.
rapport avec le Yoga et le Cheval-fantôme, 88 sq. tantrisme, 107 sq.; -- Chimie, 154 sq. occidentale, 130 sq., 173 Chine, folklore alchimique (bibliographie); -- et ini- en --, 169 sq.; voir alchi- tiation, 119 sq.; -- et mie, taoïsme, sacrifices aux mystique, 134 sq.; -- et fourneaux. temporalité, 145 sq.; -- Christ, parallélisme avec taoïste-zen, 103; -- tradi- la Pierre Philosophale, tionnelle, 176 (bibliogra- 134 sq. phie). Ciel, sacralité du --, 15 sq.; Alliage, imaginé comme dieu du --, 16. rite de mariage, 50. Cinabre, 95 sq., 99 sq. Anthropogonie, 32. Çiva, « dieu du mercure », Asûr, mythe des --, 55 sq. 112 sq. Corps incorruptible, dans
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184 FORGERONS ET ALCHIMISTES
l'alchimie indienne, que maîtres d'initiation, 109 sq. 82 sq.; dans le folklore Corybantes, 86 sq. chrétien, 90 sq. Cosmos en miniature (Chine) Four, assimilé à la matrice, 101 sq. 31; v. Fourneaux. Courètes, 86 sq. Fourneaux, sacralité des --, Création, par immolation, 22; sacrifices aux --, 49; 24 sq.; -- de l'homme, sacrifices humains aux 161 sq. --, 54 sq., 97 sq.; en Cristal de roche, 14. Mésopotamie, 61 sq.; as- similés à la matrice, 48 sq. D Fusion, symbolisme de la 49. Dactyles, 86 sq.
Diable, assimilé au forge- G ron, 88 sq. Dieu-forgeron, 24 sq., ma sq. Gayômart, mythe de --, 58. Gestation, minéralogique, E 48 sq.
Elixir de l'immortalité, en H Chine, 94 sq., 103 sq. Embryons, minerais assimi- Héros civilisateur, forgeron lés aux --, 34 sq., 61 sq. mythique africain en tant Etain, considéré vivant, 46. que --, 78 sq. Homo faber, 121, 145 sq.; F mythologie de l'--, 85.
Fer, météorique, 16 sq.; I « -- du Ciel », 17; sacra- lité du --, 21 sq.; contre Immortalité, pilules d'--, les démons, 22; haine 98 sq. du --, 55; légende sur Immortels, mythes chinois l'origine du --, 57 sq.; des --, 94 sq. mythologie du --, 161. Inceste philosophale, 131 sq. Feu, « maîtres du -- », 65 sq., Indra, 84.
70 sq.; -- change la Na- Initiations, -- chama- ture, 146 sq.; symbo- niques, 69 sq.; -- et al- lisme sexuel du --, 163. chimie, 119 sq. « Foetus », 63.
Forgerons, mythiques en J Afrique, 74 sq.; outils du --, 23 sq.; -- afri- Jade, 96 sq. cains, 30, 50, 74 sq.; en Jung (C. G.), -- et l'alchi- Sibérie, 67 sq.; à Java, mie, 133 sq., 177 sq. 72 sq.; rapports avec les chamans, 67 sq.; -- et les poètes, 73 sq.; -- en tant
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INDEX DES SUJETS 185
K 35 sq.; mariage des --, 51; -- chez les primitifs, Ku-bu, 60 sq. 159. Ko Ch'ang-Kêng, 103 sq. Météorites, 14 sq., 159 (bi- Ko Hung (= Pao Pu'tzu), bliographie). 95 sq., 105 sq. Mine, 45; assimilée à la ma- trice, 33. L Minerais, assimilés aux em- bryons, 34 sq., 62 sq.; Langage secret, dans l'alchi- naissance gynécomor- mie, 140 sq. phique des --, 33. Lie-sien Tchouan, 169 sq. Mineur, malais, 46 sq.; Longévité, par les plantes, africain, 47. 169 sq. « Mort », dans l'alchimie, 130 sq. Mo-ye, légende de M --, 50 sq. Munda, mythes métallur« Maîtres du feu », 91 sq., giques chez les --, 54 sq. 146 sq. Mutilations, initiatiques, Marduk, 63 sq., 205. 88 sq. Maréchal-ferrant, 88 sq. Mystères, et l'alchimie occi« Mariage », entre soufre et dentale, 136 sq. mercure, 128. Mysterium magnum, 136 sq. Marteau, sacralité du --, Mythologies, des temps li- 23. thiques, 23 sq. Materia prima, 93, 132 sq.,
139 sq. N Matière, « souffrance »,
« mort » et « résurrection » Nâgârjuna, 107 sq., III sq. de la --, 126 sq. Nigredo, 137 sq. Matrice, 48 sq.; cavernes et Nombril, symbole du mines assimilées à la --, « Centre », 31. 33. Mercure, 39 sq.; -- dans O l'Inde, III sq. ; y. « Ma- riage ». Odhin, et la « Chasse fu- Mère, retour mystique à la rieuse », 88 sq. --, 33; y. Regressus ad Opus Magnum, phases de uterum. l'--, 126 sq. Mésopotamie, symbolismes Or, 40 sq., 43 sq., 46 sq.; -- et rituels métallurgiques dans l'alchimie chinoise, en --, 60 sq. 97 sq.; -- dans l'alchi- Métallurgie, de l'Amérique mie indienne, 107 sq.; centrale, 16; -- du fer en recettes pour contrefaire Egypte, 17 sq.; -- afri- l'--, 124 sq. caine, 49 sq. Orage, 24; dieu de l'--, 15, Métaux, métamorphose na- 24. turelle des --, 41 sq.; -- Oraons, mythes métallur- « poussent » dans la mine, giques chez les --, 55 sq.
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186 FORGERONS ET ALCHIMISTES
P et des métaux, 29 sq.; des outils, 30 sq. Pao Pu'tzu, y. Ko Hung. Sexualité, et alchimie, en Paracelse, 176 (bibliogra- Chine, 105 sq. phie). Sociétés secrètes, 87 sq. Petra genitrix, 15, 35 sq., Soufflet, sacralité du --, 23. 163. Soufre, 40. Pierre philosophale, dans Sperme, distillation du --, l'alchimie occidentale, en Chine, 100. 136 sq.; nom de la --, 140 sq. T Pierres de foudre, 15 sq., 24,
154; y. Mythologies des Tantrisme, 116 sq. temps lithiques, Dieu de Taoïsme, 92 sq. l'orage. Taoïstes, biographies légen- Pilules d'immortalité, en daires des --, 99 sq. Chine, 98. Telchines, 86 sq. Prima materia, v. Materia Temps, et alchimie, 145 sq. prima. Terre-Mère, 35 sq. Prakriti, 109 sq., 117. Tiamat, 25 sq., 63. Purusha, 25, 109 sq. Transmutation, but de l'al- chimie alexandrine, 124; R -- par le feu, 146 sq.; -- des métaux dans l'Inde, Regressus ad uterum, 102, 110 sq. 130 sq.; V. Mère, Retour Triangle, symbolisme sexuel à l'origine. du --, 33 sq., 163 sq. Respiration, techniques de Tsiganes, 83 sq. la --, 105 sq.; -- em- bryonnaire en Chine, V 106 sq. « Retour à l'origine », 106; Vagin, de la Terre-Mère, v. Regressus ad uterum. 34 sq.; V. Mine, Matrice. Rites orgiastiques, 162. Vol magique, des alchi- mistes, 169 sq. S Y Sacrifice, à la fusion, 50 sq.
Sacrifices humains, aux Yang, 50 sq., 96 sq. fourneaux, 54 sq. Yin, 50. Sel ammoniac, dans l'alchi- Yoga, 116 sq.; -- et l'alchi- mie orientale, 172 sq. mie, 107 sq. Sexualisation, du monde vé- Yu le Grand, 29, 45 sq., gétal, 27 sq.; des pierres 51 sq.
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TABLE DES MATIERES
AVANT-PROPOS . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 6
Post-scriptum à la deuxième édition . . . . . . . 13 I. Météorites et métallurgie . . . . . . . . . . 14 2. Mythologie de l'âge du fer . . . . . . . . . 21 3. Le Monde sexualisé . . . . . . . . . . . . . 27 4. Terra Mater. Petra Genitrix . . . . . . . . . 35 5. Rites et mystères métallurgiques . . . . . . 45 6. Sacrifices humains aux fourneaux . . . . . . 54 7, Symbolismes et rituels métallurgiques babylo- niens . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 60 8. Les « Maîtres du Feu » . . . . . . . . . . . 65 9. Forgerons divins et Héros Civilisateurs . . . 72 10. Forgerons, guerriers, maîtres d'initiation . 82 11. L'alchimie chinoise . . . . . . . . . . . . . 92 12. L'alchimie indienne . . . . . . . . . . . . . 107 13. Alchimie et initiation . . . . . . . . . . . 119 14. Arcana Artis . . . . . . . . . . . . . . . . 130 15. Alchimie, sciences naturelles et temporalité 145
Note A : Météorites, pierres de foudre, débuts de
la métallurgie . . . . . . . . . . . . . . . 159 Note B : Mythologie du fer . . . . . . . . . . . . 161 Note C : Motifs anthropogoniques . . . . . . . . . 161 Note D : Fertilisation artificielle et rites orgias-
tiques . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 162 Note E : Symbolisme sexuel du feu . . . . . . . . 163 Note F : Symbolisme sexuel du triangle . . . . . . 163 Note G : Petra Genitrix . . . . . . . . . . . . . 164 Note H : L'alchimie dans la littérature anglaise . 165 Note I : L'« alchimie » babylonienne . . . . . . . 165 Note J : L'alchimie chinoise . . . . . . . . . . . 166
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188 FORGERONS ET ALCHIMISTES
Note K : Traditions magiques chinoises et folklore
alchimique . . . . . . . . . . . . . . . . . 169 Note L : L'alchimie indienne . . . . . . . . . . . 170 Note M : Le sel ammoniac dans l'alchimie orien-
tale . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . . 172 Note N Généralités sur l'histoire de l'alchimie . Alchimies gréco-égyptienne, arabe, occidentale Eléments de bibliographie . . . . . . . . . . 173 Note P : C. G. Jung et l'alchimie . . . . . . . . 177 Note R : L'alchimie à l'époque de la Renaissance
et de la Réforme . . . . . . . . . . . . . . . 181
Index des sujets . . . . . . . . . . . . . . . . . 183


9538-1982. -- Impr.- Reliure Mame, Tours. N° d'édition 11544. -- 2e trimestre 1977. -- Printed in France.

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