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Réfer. : AL0603A
Auteur : Jean d'Espagnet.
Titre : La Philosophie Naturelle Restituée.
S/titre : Enchiridion Physicae Restitutae 1623.

Editeur : E.P Denoël.
Date éd. : 1972 .




**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

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L A P H I L O S O P H I E N A T U R E L L E R E S T I T U E E

(ENCHIRIDION PHYSICAE RESTITUTAE) Jean d'Espagnet
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I
Dieu est l'étant éternel, l'unité infinie, le principe radical de toutes choses. Son essence
est une lumière inépuisable; sa puissance, une
omnipotence; sa volonté, le souverain bien, et
son moindre désir un ouvrage parfait. A qui
voudrait sonder davantage la profondeur de
sa gloire, surviendraient l'étonnement, le
silence, et l'abîme (1).


II
La plupart des Sages ont enseigné que, de toute éternité, le Monde était dessiné dans son
(propre) Archétype. Mais cet Archétype, qui
est toute lumière, replié sur lui-même comme
un livre avant la création de l'Univers, ne brillait
que pour soi. Il s'est ouvert et développé,
dans la production du Monde comme s'il accouchait.
Il a rendu manifeste son ouvrage, auparavant
caché en esprit comme dans une matrice,
par une extension de son essence, et il a ainsi


1. Ce dernier accouplement verbal, transcrit littéralement, classe d'Espagnet à la suite des gnostiques
d'Alexandrie, et suppose la connaissance des Pères de
l'Eglise. (N. d. T.)

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30. La philosophie naturelle restituée
produit le Monde idéal, puis -- comme d'après
une image (déjà) redoublée de la divinité --
le Monde actuel et matériel. C'est ce qu'indique
le Trismégiste (1), lorsqu'il dit que Dieu changea
de forme, et que toutes choses furent soudain
révélées et converties en lumière. Le
Monde n'est à la vérité rien d'autre qu'une
image à découvert de la divinité dissimulée. Il
semble que les Anciens aient fait comprendre
cette naissance de l'Univers par (le mythe de)
leur Pallas, extraite du cerveau de Jupiter grâce
à Vulcain, c'est-à-dire à l'aide d'un feu ou d'une
lumière.


III
L'éternel auteur des choses, non moins sage dans leur ordonnance que puissant dans leur
création, a réparti la masse organique du Monde
dans un ordre tellement admirable, que les
(choses les) plus hautes avec les plus profondes,
et les plus profondes avec les plus hautes, sont
mélangées sans se confondre, et se ressemblent
par quelque analogie. De sorte que les extrémités
de tout l'ouvrage, grâce à un noeud secret,
sont jointes très étroitement entre elles par
des degrés intermédiaires insensibles, et que
toutes concourent spontanément au respect du


1. Dans le Poimandrès. (Note de d'Espagnet.) C'est le titre le plus « banal » de tout le Corpus Hermeticum
gréco-égyptien. (N. d. T.)

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Quae sunt in Superis, haec Inferioribus insunt:
Quod monstrat coelum, id terra frequenter habet Ignis, Aqua et fluitans duo sunt contraria: felix,
Talia si jungis: sit tibi scire satis! D. M. à C. B. P. L. C.
Ce qui est en haut est comme ce qui est en bas:
sentence fondamentale de l'Alchimie, rapportée ici à
la course du temps (les sept figures dans la caverne)
et à l'union des contraires.
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32. La philosophie naturelle restituée
modérateur suprême, et à la modération de la
nature inférieure, prêtes qu'elles sont à se
dissoudre au moindre commandement de celui
qui les a liées ensemble. C'est pourquoi le
même Hermès'affirme à bon droit (1) que ce
qui est en haut est comme ce qui est en bas.


IV
Celui qui transfère l'autorité suprême de l'Univers à une nature autre que la nature
divine, nie qu'il y ait un Dieu. En effet, il n'est
pas permis de reconnaître un (autre) vouloir
incréé que cette nature, tant pour produire
que pour conserver les individualités de la
machine étendue, sinon l'esprit lui-même du
divin Architecte, cet esprit qui au commencement
planait sur les eaux, qui fit passer de la
puissance à l'acte les semences de toutes choses
confusément mêlées dans le chaos, et après
qu'il les en eût tirées, traita les essences inférieures
en faisant tourner la roue d'une constante
altération, pour les composer et les dissoudre
selon un mode géométrique.


V
Quiconque ne sait pas que cet esprit, créateur et recteur du Monde, qui est répandu et


1. Dans la Table d'Emeraude. (Note de d'Espagnet.)
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La philosophie naturelle restituée 33.
infus dans les oeuvres de la Nature comme par
un souffle continu, qui se diffuse largement en
toutes choses, et qui meut selon son genre
chaque universel et chaque singulier par un
acte secret et pérennel, est l'Ame du Monde,
celui-là ignore les lois de l'Univers. Car le créateur
se réserve le droit de gouverner ce qu'il
a créé. Et il faut confesser que cet Esprit, toujours
le même, préside à la création, à la génération
et à la conservation.


VI
Cependant, celui qui reconnaîtra que la Nature est la cause seconde universelle, au
service de la première, et comme un instrument
soumis au pouvoir de celle-ci, qui meut
sans (autre) médiation et avec ordre toutes choses
dans le Monde matériel, celui-là ne s'éloignera
pas de la pensée des Philosophes et Théologiens,
qui ont appelé la première, Nature
naturante, et la seconde, Nature naturée.


VII
Celui qui a été instruit dans les arcanes de la Nature, ne contestera point que cette Nature
seconde, servante de la première, est l'Esprit
de l'Univers, c'est-à-dire une vertu vivifiante,
et douée d'une fécondité secrète, de la lumière
qui fut créée au commencement, et contractée
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34. La philosophie naturelle restituée
dans le corps du Soleil. C'est cet Esprit de feu
que Zoroastre et Héraclite ont appelé un feu
invisible, et l'Ame du Monde.


VIII
L'Ordre de la Nature n'est rien autre que la suite, formant texture, des lois éternelles qui
furent émises et promulguées par le Souverain
suprême, et imprimées à de multiples exemplaires
pour ses peuples innombrables, chacun
(les recevant) à sa manière. C'est sous leurs
auspices que la masse de l'Univers exécute ses
mouvements La vie et la mort occupent tour
à tour les extrémités ultimes de ce volume (1),
et tout le reste est le mouvement qui se fait de
l'une à l'autre et réciproquement.


IX
Le Monde est comme un ouvrage d'artisan fait au tour. Ses parties sont nouées par des
étreintes mutuelles comme les anneaux d'une
chaîne. La Nature est placée au milieu comme
une Ouvrière remplaçante (de l'Architecte),
qui dirige les changements de toutes choses,
et, partout représente, répare incessamment,
comme le Fabricateur lui-même, celles qui sont
usées.


1. Allusion au volumen antique déroulé sur deux bâtons. (N. d. T.)


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