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156 Révélations Cabalistiques

en sorte que par la digestion,
cette suie, ou viscosité, se sépare
dans la substance inflammable;
après quoi étant en sa pureté, elle
incorpore avec l'eau, n'ayant aucune
hétérogénéité de substance.
Pour preuve que les huiles procédant d'expression ou séparation,
sans fermentation préalable, sont
remplies de cette suie fuligineuse,
vous n'avez qu'à prendre de ces
sortes d'huiles, & les faire brûler
au-dessous de quelque couvert
creux, qui en reçoive la fumée ou
vapeur immédiatement sortant
de la flamme, & vous vous apercevrez
bientôt par la suie qui adhérera
à ce couvert, combien il y
a de cette substance fuligineuse
dans ces sortes d'huiles, ce que ne
font pas les huiles éthérées après
la fermentation.
De plus, cette suie se voit assez dans la contemplation de la flamme
d'un tison, d'une chandelle ou
d'une lampe, où on observe deux

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d'une Médecine universelle 157
choses: savoir, la flamme qui *arde
brûle actuellement son sujet inflammable
& la matière qui doit recevoir
une nouvelle flamme, Les
matières inflammables sont ordinairement
les huiles grossières, poix,
suif, &c. & la matière qui reçoit la
flamme n'en est pas différente.
Mais on demandera l'origine de cette flamme, je répondrai que la
flamme où il y a chaleur brûlante &
luisante, est élémentaire, & prend
son origine d'une flamme éthérée,
luisante & vivifiante. Cette flamme
éthérée prend son origine de la
surcéleste luisante, attendu que
les corps célestes sont des lumières
conglobées qui n'ont besoin
d'entretien; mais comme flammes
permanentes, épanchent leurs lumières
& influences en un même
instant jusqu'au centre de l'univers,
comme une vertu séminale
& rayonnante, pour fournir la vie
& propagation aux espèces des végétaux,
animaux & minéraux; aussi

##Note :*arde: ardente, brûlante.
#

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158 Révélations Cabalistiques

au contraire, l'élémentaire ne
peut subsister sans nouvelle matière;
& est toujours attaché à
cette matière; à savoir, à la graisse
des animaux, qui en ont plus
que les végétaux, & ceux-ci plus
que les minéraux, & les minéraux
ou marcassites, en ont plus que
les métaux: J'entends de ces soufres
inflammables.
Les pierres ont leurs soufres tout à fait fixes & célestes, comme
le diamant, le rubis, le saphir,
escarboucle, qui luisent perpétuellement,
quoique nous ne nous en
apercevions que dans l'obscurité.
Mais sans m'arrêter davantage à l'origine de sa nature, il faut dire
quelque chose de l'origine de sa
naissance: en premier lieu, les fictions
poétiques portent que Prométhé
l'alla dérober dans le Ciel,
pour en accommoder les mortels,
de quoi il fut grièvement puni par
les Dieux: aussi est-il vrai que la
flamme tend toujours vers le haut,

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d'une Médecine universelle 159
aspirant de retourner vers son
origine.
Il est certain qu'il y a continuité de lumière entre nous & l'éther,
quoique sa ténuité ne nous permette
pas de l'y apercevoir.
Homère, en l'Hymne de Vulcain, dit que lui, étant assisté de
Minerve, enseigna aux hommes
leurs artifices & beaux ouvrages,
inférant par Minerve, Déesse des
Arts & des Sciences, l'entendement
& l'industrie; & par Vulcain,
le feu, qui les met à exécution, lequel,
selon Diodore, fut un homme
qui ayant vu un arbre embrasé
frappé d'un coup de foudre, révéla
le premier aux Egyptiens sa
commodité & son usage.
Revenant à la contemplation de la flamme d'une chandelle allumée,
nous y distinguerons trois sortes
de couleurs, ou lumières différentes;
une qui s'arrête au fond de
cette flamme plus proche de la mèche,
& est bleuâtre, comme le

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160 Révélations Cabalistiques

soufre commun enflammé, comme
aussi tout autre soufre des minéraux
ou marcassites & métaux.
La raison de cette couleur bleue, est parce que le feu qui est enveloppé
dans le soufre ou graisses,
dissolvant le mixte, les esprits les
plus fixes d'icelui, montent avec
le soufre ou graisse, & changent
sa couleur, la faisant participer de
la couleur de ces esprits, qui ordinairement
sont vitrioliques, quoi
qu'ils soient dans les bois, charbons,
graisses, soufres & bitumes.
Car il est certain que les esprits des animaux sont nourris des végétaux
& par conséquent participent
d'eux. Les végétaux semblablement
tirent leurs aliments des
esprits minéraux, mais ces esprits
sont très fixes dans les métaux;
moins dans les végétaux, mais
très volatils dans les animaux.
Les esprits minéraux, quand ils
sont dépurés & séquestrés des autres
parties de leur mixte, sont

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d'une Médecine universelle 161
appelés leurs vitriols, & ce vitriol
n'est autre chose que le suc d'un
métal dépuré.
Aussi voyez-vous paraître une flamme bleue, lorsque ceux qui manient
le cuivre, le font rougir par
la force des soufflets, & même ce
qui se sublime des esprits métalliques,
adhérant au poil de ces
gens-là, les teint en bleu; & pour
faire démonstration de ceci, c'est
que ce bleu est le *bleu de verdet,
qui est la rouille de cuivre: vous
verrez le même à l'entour de la
flamme, dans laquelle le vitriol se
calcine, ou le sel commun: ou, si
vous mettez à l'obscurité l'antimoine
en calcination, vous verrez
cette même flamme bleue paraître
tout près de la matière, comme un
soufre commun, lequel est plein
de vitriol, témoin cette acidité
qu'on en tire pareille à l'esprit de
vitriol; car tout vitriol a un soufre
inflammable en soi, & tout soufre
a beaucoup d'esprit de vitriol, aussi
en soi.

##Note :*bleu de verdet: vert de gris, acétate de cuivre.
#

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162 Révélations Cabalistiques

L'autre couleur de la flamme de la chandelle, un peu plus élevée,
est blanche, parce que les esprits
vitrioliques ne montent pas si haut
pour teindre sa blancheur. La troisième
est rouge en haut, parce que
la bleue & la blanche chassent la
suie noire qui se coule le long de la
mèche, laquelle monte en pyramide:
de sorte que dans l'étendue large
de cette flamme blanche, la noire
ne peut assez teindre cette blancheur,
dont la substance est plus
raréfiée; mais vers la pointe, où la
blancheur est resserrée, la noire
teint profondément de blanc en
rouge; ainsi vous voyez dans les
différences de la flamme, les différences
des matières combustibles.
Mais encore une plus grande difficulté à expliquer dans la résolution
du mixte, est de savoir
d'où vient une si grande activité
de la flamme; on répond, naturellement
que c'est une libre & facile
communication d'une flamme à

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d'une Médecine universelle 163
une autre matière inflammable;
mais qu'une étincelle puisse enflammer
un monde entier, s'il était
plein de poudre à canon, ou autre
matière combustible, comment
peut-il faire? On répond encore,
que la promptitude à recevoir la
flamme dépend, non seulement de
la sécheresse de la matière combustible,
mais aussi d'une quantité
d'esprit nitreux dont elle est remplie;
& ces esprits ayant une disposition
prochaine à concevoir en
mouvement expansif au moindre
attachement des corpuscules nitreux,
qui sont déjà enflammés, il
s'ensuit nécessairement l'éruption
d'une flamme, qui a une étendue
proportionnée à la quantité de la
matière qui la produit.
Ce sont donc ces esprits de nitre qui sont les plus proches enveloppes
de l'âme du monde; & cette
âme étant universelle, fait son office
dans l'instant même, comme
fait l'âme sensitive dans son propre

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164 Révélations Cabalistiques

corps, jusqu'à la dernière
extrémité de sa sphère: Rata proportione
partium; le tout étant en
chacune partie.
C'est pourquoi la richesse inépuisable de cette flamme dépend
de cet esprit, qui remplit tous les
espaces jusqu'au centre de l'univers;
& si notre vue corporelle
pouvait pénétrer & distinguer la
subtilité & ténuité de cet esprit
universel, certainement nous
verrions aussi bien de nuit que
de jour; car cet esprit n'est que
lumière & influence; mais n'ayant
pas ses enveloppes appropriées pour
assez *incrasser & corporifier ses
rayons, il ne se montre à nous que
par des corps sensibles & sulfurés;
& ainsi nous fait croire qu'il
n'y a rien de certain que ce que
nous voyons, lorsque tout au contraire
il n'y a rien de plus certain
que l'incertitude de la connaissance,
même des choses corporelles,
étant examinées par la raison.

##Note :*incrasser: épaissir.
#

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d'une Médecine universelle 165
L'esprit universel est de sa nature très subtil & invisible, & jamais
il ne peut paraître à nos yeux, qu'il
ne s'enveloppe de quelque matière
visible plus grossière; & cette matière
plus prochaine, capable de
lui servir d'écorce, sont les corps
subtils, aqueux, salin, sulfureux.
A propos de cet esprit universel, je me souviens d'avoir entrepris
une opération rare & singulière,
touchant la rosée: c'est après
avoir lu un passage de Vanhelmont,
qui dit: Arte dedici rorem
saccharo esse divitem & multis morbis
opitulantem. Ayant assez d'estime
pour cet Auteur, j'ai mis vingt
ou vingt-cinq pots de rosée en
putréfaction, quarante jours, au
fumier, après l'avoir filtré.
Ensuite je l'ai distillé au bain- marie non bouillant; après la première
distillation, j'ai trouvé un
sédiment au fond de la cucurbite,
insipide & limoneux, que j'ai jeté,

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166 Révélations Cabalistiques

comme inutile, espérant que le sel
viendrait dans la suite. J'ai donc
réitéré la distillation huit ou neuf
fois: à la quatrième ou cinquième,
j'ai trouvé les chapiteaux de mes
alambics; car j'en avais plusieurs
tout tapissés comme des toiles d'araignée,
qui n'étaient rien autre
chose que le sel volatil de la rosée,
qui commençait à se manifester
sous l'apparence de cette matière:
j'ai confondu cela avec la
liqueur; & enfin, aux dernières
distillations, j'ai trouvé un sel au
fond des cucurbites, salin, crasseux,
que j'ai filtré, l'ayant délayé
dans une partie de la rosée: puis
j'ai remis ce sel avec la liqueur,
qui s'est chargée d'un nouveau sel
& nouvelle crasse, & répété cet
ouvrage tant qu'il n'est plus rien
venu. J'ai donc retiré de tout cela
deux onces de sel cristallin très
pur & très beau, comme le plus
fin salpêtre, fondant à la bouche,
& fulminant de même sur le charbon

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d'une Médecine universelle 167
ardent; mais il faut que la substance
de ce sel soit beaucoup plus
précieuse que celle du salpêtre;
car ayant mis mes deux onces dans
une petite cornue sur un feu de sable,
avec un récipient, j'y vis entrer
une fumée blanche, ensuite
rouge; mais ayant poussé le feu un
peu trop, la cornue a crevé, & j'ai
retiré le sel à peu près de la quantité
que je l'y avais mis. On me dira
peut-être qu'en tout cela, il ne paraît
rien qu'on ne voit arriver à la
distillation du salpêtre ordinaire.
Mais le salpêtre commun vous donne par la distillation, une eau
corrosive & puante, & ce sel de
rosée m'a donné une liqueur, quoi
qu'en petite quantité & d'un goût
très subtil, agréable & salin, accompagné
d'une odeur de fleurs
de vigne, la plus suave qu'on peut
imaginer.
On remarquera que j'ai diminué & retranché à chaque distillation
un tiers de la liqueur,

@

168 Révélations Cabalistiques

pour ne travailler que sur l'esprit.
Si Vanhelmont, qui se contente de dire au Public qu'il a appris par
art à extraire un sel de rosée, en
eût donné la manipulation, comme
je le fais, on lui en aurait plus
d'obligation. Ce remède doit être
administré comme une panacée
universelle, pour aider à la respiration,
en débouchant les conduits
des poumons, calmant les esprits
irrités, rafraîchissant la masse du
sang: en un mot, lui procurant
une circulation libre, ce qui dépend
d'un esprit salin volatil &
bien exalté, tel que celui de notre
rosée; la dose est d'un scrupule,
ou environ; & quoique je n'en aie
tiré que deux onces de vingt ou
vingt-cinq pots de rosée, je ne
doute pas qu'un autre n'en obtienne
davantage, parce que j'ai eu
quelques vaisseaux cassés, qui auront
causé de la diminution à ce
produit; & Vanhelmont, Auteur
de ce remède, dit qu'il est abondant

@

d'une Médecine universelle 169
en sel, saccharo divitem; ce
sucre doit être pris & entendu
pour sel.
Après tout, je ne sache aucun Auteur qui en ait donné une analyse
aussi exacte que celle ci-dessus.
Mr. Lemery n'en fait pas plus de
cas que de l'eau de pluie, dont il
se sert pour faire le safran de Mars,
& passe sous silence toutes les préparations
que l'on en peut faire
d'ailleurs.
Or je rapporte cette expérience pour prouver que ce sel de rosée
ayant pris corps, était auparavant
contenu dans son eau, sous une
forme invisible, & comme un pur
élément, attendu que je l'ai distillé
plusieurs fois, & qu'il a passé de
bout, sans laisser aucune résidence.
D'où je conclus que l'esprit universel, ou âme du monde, comme
on voudra l'appeler, n'est ni visible,
ni facile à attraper, à moins qu'il
ne soit enveloppé dans quelque matière
prochaine, comme nous

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170 Révélations Cabalistiques

avons dit, & il me paraît que l'humidité
de l'air lui pourrait servir
de réceptacle, puisque cet esprit
réside dans l'air d'une nature vague
& indéterminée.
Et d'autant que cette basse région que l'on nomme atmosphère,
est toute remplie des esprits en
question, on ne peut choisir un
temps plus propre pour en faire la
pèche, que le mois de Mai au de
juin: il se fait alors une éruption
continuelle des esprits sortant de
terre, qui s'élèvent dans l'air, &
réciproquement toutes les nuits
il se fait une précipitation ou cohobation
de ces mêmes esprits
qui sont resserrés dans leurs petites
enveloppes d'eau, & tombant
ainsi la nuit sur les végétaux, leur
procurent la fécondité, aussi bien
qu'aux minéraux, auxquels ils vont
donner la nourriture & accroissement,
chacun dans leur espèce.
La rosée contient donc un principe de fécondité, qui consiste

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d'une Médecine universelle 171
dans un esprit volatil salin & sulfureux,
que nous faisons sortir
de sa prison, n'étant qu'emprisonné,
& nous le réunissons, par
art, en substance visible, telle
que nous l'avons dit.
Car à bien considérer la nature des choses, tout ce qui est corporel
& visible n'est point le vrai être,
ni l'essence de la chose, mais c'est
le lieu, in quo, ou l'enveloppe des
principes actifs, dont la force est
d'autant plus affaiblie, qu'il est
composé & couvert d'enveloppes
corporelles, & est d'autant moins:
unum, bonum verum (qui sont les
propriétés de l'être) qu'il y a de
soustraction à faire de tout ce qui
est inutile & accidentel à son essence
primitive; car les vrais êtres ne
doivent être dans aucun autre sujet
que dans eux-mêmes: Et puisque
la matière postérieure aux
formes, & le composé aux accidents,
est cause que ni l'un ni l'autre
ne sont pas des vrais êtres, ne

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172 Révélations Cabalistiques

faut-il pas aussi avouer que là où
il n'y a ni matière ni composé, là
doivent être les vrais êtres? Car
toutes formes n'ont besoin d'autres
matières qu'elles-mêmes,
ayant la forme comme l'idée seulement
se la matière: Et si vous
demandez d'où vient ce premier
être & essence? C'est, sans doute,
de la première unité, qui est son créateur; Et comme dit l'Apôtre,
parlant du Fils de Dieu: Toutes
choses ont été faites par lui, & en
lui, & il est devant toutes choses:
elles sont faites en lui, tant visibles
qu'invisibles, au Ciel & en la Terre.
Je dis donc que cette lumière ne se montre que quand ses enveloppes
sont appropriées à son dessein;
car cet esprit nitreux, à travers duquel
l'âme, ou esprit universel, se
montre, fait les actions sur les choses
humides, aussi bien que sur les
sèches, mais diversement; car
dans l'humide, c'est sans flamme, ou
lumière, mais avec chaleur, & cette

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d'une Médecine universelle 173
chaleur est dans le sel; & sur
les choses sèches, c'est avec flamme,
lumière & chaleur dépendantes
du soufre.
Ces doutes ainsi éclaircis, expliquent maintenant les raisons des
couleurs qui se trouvent sur le sel
de tartre par la continuation du
feu. Le vert, qui se voit le premier,
est un avancement au bleu: le tout
dépend des esprits métalliques
contenus dans le tartre, dont celui
de Vénus, ou cuivre, prédomine.
Mais le rouge, c'est pour montrer que les choses qui se voient dans
les volatils, comme dans l'huile
fermentée du vin, improprement
appelée esprit de vin, étaient premièrement
dans le fixe; savoir,
premièrement au sel, puis au soufre;
c'est pourquoi le soufre est la
plus prochaine cause matérielle
des couleurs: le sel en est néanmoins
cause, mais la plus éloignée.
Pour ce qui est de la séparation

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174 Révélations Cabalistiques

qui se voit dans le flegme, cela
procède de la fermentation; car
comme la fermentation faisait séparer
la suie (qui séparait & soutenait
le soufre ou huile) d'avec
le sel, aussi ladite fermentation retire
non-seulement une nouvelle
viscosité de l'intérieur de ce sel,
pour le joindre à son soufre dépuré;
mais aussi lui donne un soufre
incomparablement plus relevé
& excellent qu'il n'était auparavant,
en odeur, couleur &
propriétés, pour le faire un élixir
ou remède universel; non-seulement
pour restaurer les forces,
mais aussi pour les augmenter &
prolonger la vie considérablement.
La Philosophie moderne nous apprend que les couleurs dépendent
des différentes réfractions
que la lumière fait sur les corps, à
raison de la différente configuration
des parties qui forment leurs
superficies, sur lesquelles tombent
les rayons du soleil.

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d'une Médecine universelle 175
Mais il me semble que si les corps ne contenaient point de matières
lumineuses, avec lesquelles ses
rayons pussent se communiquer,
il serait difficile de bien expliquer
la différence des couleurs, par la
seule différence des réfractions.
Car examinant bien notre sel de tartre, qui paraît d'abord blanc,
puis vert, ensuite bleu, & enfin
rouge, si nous n'admettons point
des esprits lumineux préexistants
dans la matière, dont il se fait un
développement par les corpuscules
du feu externe, qui les extravertit,
je ne crois point que la seule
raison des différentes réfractions
sur la superficie des corps, puisse
suffire pour donner une juste notion
de la manière dont se font
les couleurs.
Il est donc vraisemblable de dire que le tartre paraît vert après
que les esprits sulfureux, qui
étaient auparavant enveloppés
d'une viscosité blanche, ont été

@

176 Révélations Cabalistiques

débarrassés par la fonte de cette
viscosité; & qu'ensuite ces esprits
s'étant alliés avec la lumière, ont
fait paraître à nos yeux une couleur
verte: comme aussi par la continuation
du feu externe, ces mêmes
esprits ayant acquis quelque
degré de coction & de pureté, par
la séparation d'une nouvelle crasse,
se sont manifestés en couleur
bleue: finalement, après être parvenus
au plus haut degré de pureté
élémentaire, n'ayant plus rien de
ténébreux qui les enveloppe, on y
remarque la couleur rouge: laquelle
couleur est le terme de la
perfection des sels, quand par la
voie philosophique, ils ont été
conduits & réduit à cet état.
Je dis quand la matière a été traitée philosophiquement; car
que l'on mette du sel de tartre au
feu, sans avoir été auparavant
bien préparé, qu'il y soit entretenu
& poussé au degré qui y est requis
pour le faire rougir, comme il est

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d'une Médecine universelle 177
arrivé à certains Chimistes, ils
ont trouvé par ce moyen leur matière
vitrifiée.
Il faut donc conclure de ce que dessus, que non-seulement les couleurs
sont essentiellement dans
tous les mixtes, mais aussi la lumière;
& que quand ni l'un ni l'autre
ne paraissent point, c'est qu'ils
sont voilés & enveloppés des parties
grossières, ou principes passifs
qui les environnent.
Il n'y a point de doute que la lumière ne soit le commencement &
la fin de toutes choses, & n'accompagne
toutes choses; car quoique
le soleil & les étoiles paraissent
être les seuls foyers de la lumière,
on ne peut pas pour cela croire
que tous les autres êtres, jusqu'au
centre de la terre, n'en soient
participants, la lumière étant une
propriété radicale de tous les
êtres. Pour le prouver, il n'y a qu'à
considérer l'éclat d'un diamant,
la lueur d'une escarboucle, les couleurs

@

178 Révélations Cabalistiques

vives & brillantes des plumages
des oiseaux, des écailles de
poissons, & le feu actuel qui sort
des yeux des animaux quand ils
sont en colère: en un mot, ces
foudres & ces éclairs, dont la lumière
éblouie les yeux, qui sont
néanmoins les productions d'un
nuage noir & épais, qui obscurcit
l'air avant de l'éclaircir.
Il est constant que toutes les matières sublunaires ont un feu &
une lumière intrinsèque, par lequel
elles vivent & s'entretiennent
dans ce qui constitue leur être,
jusqu à ce qu'il s'en fasse une dissolution,
qui donne lieu à la dissipation
de ce feu interne & lumineux.
Avant la désobéissance du premier Homme, on peut raisonnablement
conjecturer que tout reluisait
en beauté dans le Paradis
terrestre. Sans doute que les végétaux,
minéraux & animaux,
étaient alors dans leur perfection
naturelle; je veux dire que chaque

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d'une Médecine universelle 179
chose faisait éclater ce principe
de lumière qu'il renfermait
en soi. Les arbres avaient leurs
écorces unies & polies, les feuilles
bien verdoyantes, & leurs fruits
d'une belle couleur & de bonne
odeur. Les plantes, à proportion,
n'avaient besoin d'aucune culture
pour porter fleurs & semences.
Les minéraux & métaux étaient
sans rouille dans les entrailles de
la terre. Ce que Dieu avait créé
ne devait ressentir les approches de
la mort, qui sont la crasse, la
puanteur, & la privation d'un
certain lustre, qui accompagnait
tous les mixtes, selon leurs genres
& espèces. Quant aux animaux, il
n'y en avait aucun malfaisant: il
n'y en avait point de venimeux;
tous beaux & bien faits, étaient
l'ornement de la nature. Ce feu secret
que Dieu leur avait insinué,
les faisait paraître avec éclat: Et
comme il est dit dans la Genèse:
Le Seigneur a trouvé bon tout ce

@

180 Révélations Cabalistiques

qu'il a fait. Mais attendu que toutes
ces choses avaient été créées
pour l'usage de l'Homme fidèle
dans le Paradis terrestre, sitôt
qu'il est devenu prévaricateur,
elles ont dégénéré de leur premier
état.
Que pourrait-on dire du cours des saisons? Je crois que c'eût été
un printemps perpétuel, & les hommes
n'auraient jamais entendu les
tonnerres gronder sur leurs têtes.
Pour autoriser cette opinion, on
peut présumer que Dieu irrité contre
les hommes, a refusé aux éléments
la continuation de ces agréables
influences qu'il leur avait
communiquées d'abord; & les
ayant pour ainsi dire, abandonnés,
leurs esprits farouches & impétueux,
se sont entrechoqués avec
telle violence, qu'ils ont fait trembler
la terre, & retentir l'air de
leurs bruits menaçants; les bâtiments,
de ruines; & les hommes,
de mort. Au milieu de tout cela,

@

d'une Médecine universelle 181
il est très évident que nous remarquons
toujours, & en toutes choses,
un feu secret & une lumière
invisible: en quoi consiste la vertu
cachée de tous les êtres.
Après avoir suffisamment fait connaître que tous les mixtes renferment
un esprit lumineux, il faut
enseigner à l'en retirer pour le
mettre au jour, & s'en servir avantageusement
à l'usage de la Médecine,
le rendre capable de pénétrer
jusqu'aux dernières digestions,
comme dit Vanhelmont:
Per modum irradiationis.
Car c'est le propre des médicaments spiritueux & volatils, d'agir
comme la lumière; c'est pourquoi
les principes élémentaires des
mixtes sont appelés par les Philosophes,
feu ou lumière; à la différence
des remèdes communs,
grossiers & féculents, qui causent
de nausées, pèsent sur l'estomac,
irritent les parties par où ils passent,
& accélèrent bien souvent

@

182 Révélations Cabalistiques

cette heureuse journée tant attendue
par des héritiers affamés,
comme dit Despreaux.
Mais on objectera peut-être que les remèdes les plus subtils ne
peuvent agir par irradiation dans
le corps humain, attendu la quantité
d'humeurs grossières, l'épaisseur
des chairs & l'obliquité des
conduits; & que pour agir comme
une lumière dont le mouvement
est momentané, il faudrait que le
corps fût diaphane comme l'air,
qui tout à coup est illuminé du
soleil, dont les rayons en un instant
parviennent de l'horizon jusqu'à
nous, sans obstacle lors qu'il
est serein.
Il est facile de répondre à cette objection, suivant Hypocrate:
Totum corpus est conspirabile &
perspirabile. Il est vrai que le corps
humain reçoit des impressions par
la voie de la circulation; mais les
esprits animaux, qui sont les directeurs
des fonctions les plus sublimes,

@

d'une Médecine universelle 183
ont partout une correspondance
si soudaine, qu'il faut
convenir que leur mouvement se
fait par radiations. Il est constant
que le napel, qui est un poison,
seulement goûté du bout de la
langue, porte sa vertu maligne en
fort peu de temps au cerveau; comme
aussi un air infecté suffoque en
un moment: Pourquoi ne voudrait-on
pas de même qu'il y ait
des médicaments qui agissent par
irradiations, & communiquassent
leurs vertus en un instant aux esprits
animaux, avec lesquels ils
fassent une soudaine liaison, pour
en augmenter la force & la vertu,
jusqu'à pouvoir en très peu de
temps, renouveler toute la masse
du sang & des humeurs. Le prodigieux
effet de la pierre de
Buthler, dont parle Helmont,
revient ici fort à propos. Buthler
ne faisait que toucher le bout de la
langue avec sa pierre insipide, & il
guérissait des maladies considérables.

@

184 Révélations Cabalistiques

pict

O U V R A G E P A R T I C U L I E R ou branche de notre arcane, qui
est le petit Circulé de Paracelse.

TRAITE' DE PERSICAIRE.

P Renez trois livres de tartre calciné en blancheur à feu de réverbère, dissolvez-le en esprit de
vin, par putréfaction durant sept
jours: ensuite mettez cette solution
dans une cornue de terre de
Beauvais & adaptez-y un grand récipient
de verre, & procédez à la
distillation selon la manière ordinaire
des distillations d'eau-forte,
commençant d'abord à petite chaleur,
puis augmentant peu à peu
jusqu'au feu très violent.
Premièrement, distillera l'esprit de vin, ensuite viendra une liqueur
huileuse noire, & il restera
une tête morte de tartre.
Vous séparerez le récipient de la cornue; puis mettant la liqueur

@

d'une Médecine universelle 185
dans un alambic de verre, vous
séparerez par distillation, l'esprit
de l'huile noire par le bain marie:
ladite huile restera au fond, dont
on n'a pas besoin dans cet arcane.
Revenant à la tête morte, vous la mettez dans un creuset au feu
de réverbère durant vingt-quatre
heures continuelles; après quoi,
délayez lesdites fèces avec une
égale quantité de vin ardent; &
les ayant mis dans une retorte de
verre, ou de terre, vous distillerez,
comme devant, tout l'esprit
qui pourra monter par tous les
degrés de feu, comme l'eau-forte.
Vous remettez ensuite calciner les fèces restantes vingt-quatre
heures au feu de réverbère: vous
imbiberez cette chaux avec une
égale pesanteur, ou quantité d'esprit
de vin, vous distillerez, comme
devant, tous les esprits, & réitérerez
ce procédé tant qu'il ne
reste au fond aucune chose de sel
de tartre, qui par ce moyen sera

@

186 Révélations Cabalistiques

entièrement volatilisé, & joint
avec son esprit de vin.
Vous mettez ensemble tous les esprits de vin imprégnés du tartre
volatilisé; & après l'avoir parfaitement
bien rectifié de toutes impuretés,
tant flegmatiques que
fuligineuses, vous les mettrez dans
une bouteille de verre scellée hermétiquement,
& procéderez à la
coction & digestion de cette liqueur,
par les degrés de chaleur,
selon l'art, à l'athanor, tant qu'elle
soit convertie en siccité.
Après cela, vous mettrez cette poudre dans une cornue de verre,
& vous en extrairez par distillation,
l'esprit de la même manière
que vous avez fait auparavant du
tartre calciné.
La pesanteur d'un grain d'orge de cet esprit, mêlé avec demi-
dragme de mithridat, dans une
demi-once d'eau de chicorée, ou
de plantain, & administré, selon la
disposition des personnes, par

@

d'une Médecine universelle 187
quelques reprises différentes,
ôtera toutes les racines des
ulcères.
Plusieurs pourraient ici par ce peu de paroles, être instruits, &
parvenir au plus profond fondement
de la Chirurgie, & à la vraie
transmutation Vulcanique, de
même qu'a la connaissance de la
teinture solaire, des pierres précieuses,
& autres.
Mais, s'écrie Paracelse, c'est grande pitié que l'avarice & la
paresse sont la cause qu'on ne veut
travailler à l'entière perfection de
cet arcane, par le secret du feu ou
de l'eau philosophique.
Paracelse découvre ici son grand secret du circulé sulfureux, &
de son eau ignée, qu'il appelle feu
caché philosophique, dont il ne
fait pas ici mention, tant pour
guérir les ulcères radicalement,
que pour la métallique & les pierres
précieuses; & voilà le commencement
de l'alkaest, qu'il cache

@

188 Révélations Cabalistiques

en tant d'endroits avec beaucoup
d'adresse, qui est ici découvert
en peu de mots.
On remarquera cependant qu'il faut bien observer de ne pas employer
tout le sel dernier circulé
& digéré, & ne le pas convertir
totalement en esprit; mais il en
faut faire digérer une partie jusqu'à
rougeur fixe, & ensuite on le
fera résoudre par putréfaction,
dans du nouvel esprit de vin bien
déflegmé; & après en avoir séparé
itérativement le flegme, vous
mettrez digérer le reste en l'oeuf
philosophique, tant que vous soyez
encore parvenu à la siccité blanche,
dont on pourra encore tirer
l'esprit par forte distillation; c'est
cet esprit qu'il appelle circulatum
minus.
Mais l'ayant laissé digérer jusqu'à rougeur fixe, pour lors c'est
un vrai soufre philosophique;
c'est la lampe perpétuelle des Philosophes,
& la minière de leur feu,

@

d'une Médecine universelle 189
qui se multiplie, comme vous
voyez, par nouvelle solution, en
première matière.
Que si après avoir dissout une quantité de ce soufre rouge dans
de l'esprit ou quintessence de vin,
vous distillez ensuite cet esprit,
tant que tout le soufre soit uni
avec l'esprit de vin, & passé par
le bec de la cornue; & ensuite
dissolvant encore dans icelui du
nouveau soufre rouge, vous redistillez
& calcinez le tout, & recommencez
le procédé tant que
l'esprit de vin ainsi imprégné, ne
veuille plus recevoir aucun soufre:
alors vous aurez une huile
entièrement rassasiée & rendue
complète, qu'on appelle véritablement
alkaest incorruptible &
immuable, avec laquelle Paracelse
& Vanhelmont ont fait de
surprenantes opérations.

@

190 Révélations Cabalistiques

Autre procédé particulier du Sel
de tartre.
P Renez le sel de tartre, dissolvez dans le flegme du vin, filtrez & répétez cela trois fois, ou tant
qu'il ne laisse rien sur le filtre, puis
calcinez jusqu'à parfaite blancheur:
prenez de ce sel calciné en
blancheur une livre & mettez au
bain-marie avec quatre livres d'esprit
rectifié, mêlez & distillez
deux parties, qui seront sans goût,
répétez ce procédé avec de l'esprit
philosophique, jusqu'à ce que vous
le retiriez comme vous l'avez mis:
ensuite faites dessécher votre sel
parfaitement, réimbibez de nouvel
esprit; il en retiendra encore
quelque peu: mettez ensuite ce sel
au sublimatoire de verre, il se sublimera
une matière blanche comme
du camphre: gardez précieusement
ce sublimé; car ce sel étant
mêlé avec l'esprit éthéré, philosophiquement
préparé, & avec lui

@

d'une Médecine universelle 191
volatilisé, il dissout le soleil calciné;
puis étant mis en putréfaction
avec lui, il en tire la teinture,
laquelle teinture finalement se
dissout & résout en eau visqueuse:
laquelle étant desséchée, se mêle
avec le mercure sublimé & très
bien purifié.

Pour faire des Pierres précieuses
avec leurs fragments.
L Ibavius dit qu'il faut prendre des fragments de pierres précieuses, les dissoudre dans du vinaigre
radical, dans lequel soit dissous
son propre sel; l'un & l'autre
bien purifiés; que l'on mette la
solution dans des moules, de telle
figure que l'on veut, & ces pierres
ainsi moulées, se mettent suspendues
sur la vapeur de l'eau de
blanc d'oeuf, où elles se fixent. Si
on veut les rendre plus hautes en
couleur, on y peut instiller quelques
gouttes de la solution de
quelque chaux métallique.

@

192 Révélations Cabalistiques

pict

D I S S E R T A T I O N sur les Lampes sépulcrales.
L A manière d'extraire une matière, ou huile incombustible & lumineuse perpétuelle,
pareille à celle que l'on dit avoir
été découverte dans plusieurs anciens
tombeaux, & notamment
dans celui de Tullia, fille de Cicéron,
après quinze cens ans,
nous paraît fort approchant du
procédé que nous tenons dans notre
Oeuvre végétable ci-dessus
décrite.
Et quoique je ne doute nullement que l'on ne puisse tirer cette
huile de toutes les substances sublunaires,
je crois néanmoins que
celles qui sont contenues dans les
minéraux, ou métaux, ont plus
de disposition pour cet effet, à

@

d'une Médecine universelle 193
cause de l'activité, rigidité & petitesse
des parties qui les composent,
telles que celles qui produisent
des éclairs, qui accompagnent
les tonnerres, dont la matière
ne peut être autre chose que
des particules sulfureuses minérales
très subtiles, répercutée au
centre d'une nuée, à travers de
laquelle il se fait une soudaine
éruption, avec éclat, par la force
élastique des parties ignées réduites
à l'état élémentaire, qui produisent
une lumière la plus éclatante
qu'il y ait dans la nature
après celle du soleil. Voilà un
principe tout à fait lumineux,
contenu dans des matières minérales,
& des plus évidents.
Cela supposé, je commence à établir ce que j'avance sur l'existence
des phosphores, ou corps lumineux
naturels, qui se trouvent
en quantité dans les trois règnes;
savoir, entre les minéraux, les
diamants, la pierre de Bologne, &c.

@

194 Révélations Cabalistiques

Entre les végétaux, plusieurs bois
luisants, & qui font feu, &c. Et
parmi les animaux, les yeux
des chats irrités, les vers luisants,
quantité d'écailles de poissons,
&c.
Mr. Ozenam, qui a prétendu réfuter la possibilité des lampes sépulcrales,
a dit que toutes ces
lampes ont été découvertes au hasard,
par des Ouvriers crédules,
à qui on avait persuadé que c'étaient
des lampes allumées, au
lieu que ce ne pouvait être que
des lumières produites par des exhalaisons
grasses & huileuses, qui
venant à faire irruption hors des
catacombes des tombeaux, où
elles étaient renfermées depuis
longtemps, ne manquaient point
de s'enflammer à l'abord d'un air
nouveau, à la manière des feux
follets, & s'éteignaient en peu
de temps. Néanmoins, comme les
Ouvriers s'apercevaient qu'ils
avaient cassé une lampe qui produisait

@

d'une Médecine universelle 195
de la lumière, ils persévérèrent
à dire qu'ils avaient vu
une lampe qui éclairait.
Mais tout cela ne peut effacer la réalité des lampes perpétuelles,
d'autant moins que lui-même
avoue par hypothèse, que s'il s'en
pouvait faire, ce serait avec un
phosphore: de quoi je ne disconviens
point. J'ajoute même que
quand on n'aurait jamais découvert
de lampes sépulcrales
perpétuelles, cela n'exclurait
point la possibilité d'en faire, comme
l'on voit tous les jours des matières
perfectionnées par les Arts,
entre les mains des Artistes, à
qui la nature ne les a fournis qu'en
embryon.
C'est le style ordinaire des Savants de douter de tout, comme
celui des ignorants d'être trop crédules;
mais pour juger sainement
il faut suspendre son sentiment sur
ce que l'on ne connaît point parfaitement.
Les difficultés qui se

@

196 Révélations Cabalistiques

présentent pour ne point ajouter
foi à quelque chose, ne méritent
pas toujours qu'on la révoque
en doute.
Il suffit de dire, que comme l'on sait que dans beaucoup d'occasions,
l'art perfectionne la nature,
il me semble qu'en celles-ci on
peut fort bien y réussir. Il faut
pour ce sujet convenir que les parties
lumineuses qui émanent des
phosphores, sont les plus subtiles
& les plus digérées de la matière,
qui sortent de la substance de ces
mixtes, comme les esprits qui sortent
des yeux de chats en fureur,
des vers luisants, &c. & nous mettrons
ces esprits au rang des principes
les plus actifs des sujets qui
les produisent: & en conséquence,
je crois avoir raison d'attribuer
un caractère lumineux aux
trois principes actifs, qui sont l'esprit,
le sel & l'huile, lorsqu'ils
sont séparés des principes passifs,
qui sont la terre & l'eau: ceux-là

@

d'une Médecine universelle 197
principes de lumière, & ceux-ci
principes de ténèbres, qui empêchent
que tous les mixtes ne
soient lumineux.
Pour mettre cette lumière d'autant plus en évidence, considérons
ce que c'est qu'une flamme. Les
Philosophes modernes conviennent
que c'est un amas de corpuscules
ignées, séparés de la matière
combustible, adhérant les uns aux
autres, qui ont trois qualités; la
première, d'être très ronds; la
seconde, très petits; la troisième,
d'un mouvement très rapide.
Quant à la configuration, je ne sache personne qui en ait vu,
pour pouvoir décider de la rondeur;
car un atome ne peut être
visible tout seul: il faut que les
principes de tous les mixtes se manifestent
par molécules. Au reste,
la flamme plus ou moins luisante, est
accompagnée plus ou moins de
parties terrestres ou aqueuses;
que si on la considère à la sortie

@

198 Révélations Cabalistiques

de la matière qui la produit, chacun
voit bien qu'elle cherche à se
dissiper à proportion qu'elle s'en
éloigne.
Mais si on peut trouver le moyen de réunir & concentrer toutes ces
molécules lumineuses, & les fixer,
sans doute qu'il en doit résulter
une lumière beaucoup plus éclatante,
qui, étant fixe, ne pourra
point se dissiper; par conséquent
sera perpétuelle.
Car, comme j'ai rapporté dans les Observations que j'ai données
au Public, touchant les lampes sépulcrales,
au Journal de Verdun
du mois de Mai 1717. page 319.
après avoir expliqué les différentes
sortes de feux & de flammes, j'ai
établi pour principe de lumière,
des esprits très actifs, très dépurés
& dégagés de la terre & de l'eau.
Or, suivant cette idée, je juge que l'existence perpétuelle de la
lumière dans la lampe sépulcrale,
est très possible, & qu'elle dépend

@

d'une Médecine universelle 199
de la dépuration de la matière,
qui sert de base à cet ouvrage. En
quoi les Philosophes hermétiques
prétendent avoir réussi, comme
Penot, au rapport de Faber, dans
son Palladium Spargiricum. Cet
Auteur admet pour cela plusieurs
élaborations, par lesquelles on
parvient à extraire une matière
qui consiste en molécules lumineuses
réduites à l'état élémentaire,
approchant de la nature des rayons
du soleil, qui, partant du foyer
de ces lampes, se manifestent au
travers du cristal qui les contient.
Que si l'on vient à objecter, que sitôt que ces lampes sont ouvertes
elles s'éteignent, ce que j'ai de la
peine à croire; mais supposé que
cela soit arrivé en ouvrant ou
cassant une lampe, on peut l'attribuer
à une précipitation des parties
grossières, d'un air onctueux
& épais, d'un souterrain qui lui fait
perdre sa lucidité, à peu près comme
un miroir, qui, à l'approche

@

200 Révélations Cabalistiques

d'une haleine vaporeuse, s'obscurcit,
& se cache quelquefois pour
toujours, & plus la glace est fine,
plus tôt elle reçoit l'impression
d'une vapeur épaisse.
Ajoutez que toutes les matières élaborées, magistralement réduites
en quintessence élémentaire,
sont toujours avides de se réunir
à quelques corps grossiers qu'elles
rencontrent, pour leur tenir lieu
des principes passifs, qu'elles ont
perdus. Exemple: Que l'on jette
en l'air une cuillerée d'esprit de
vin réduit en quintessence, il ne
tombera point à terre; parce qu'étant
avide de flegme, dont il a été
dépouillé par art, le retrouvant
dans l'air, il s'y attache, & se mêle
à sa substance.
Et quoique la matière lumineuse de la lampe paraisse éteinte
dans le cas supposé, j'estime toutefois
qu'elle n'est que voilée, & que
si on la mettait entre les mains
d'un bon Artiste, il n'aurait point

@

d'une Médecine universelle 201
de peine à lui faire reprendre son
ancienne splendeur; car tout ce
qui, essentiellement & radicalement,
contient du feu, peut aisément
manifester sa lumière, comme
une pierre à fusil, comme une
fumée noire & obscure, qui tout à
coup produit une flamme; ce qui a
fait dire à quelques Philosophes:
Flamma est sumus accensus.
Voilà ce que j'avance pour prouver la possibilité de l'existence
d'une lumière qui est répandue
dans tous les êtres: il n'est question
que de la fixer; & en conséquence,
elle luira toujours, attendu
que ses parties jointes ensemble
à ne pouvoir se séparer, ne
pourront aussi se dissiper.
Voyons comme on peut parvenir à la fixation des principes lumineux
dont est question.
Je viens de citer Faber, Médecin de Montpellier, qui enseigne
à séparer les principes actifs de sa
matière, d'avec les passifs, puis les

@

202 Révélations Cabalistiques

purifier; & après les avoir rendu
volatils, les fixer, puis les volatiliser
encore une fois, & finalement
les fixer, qui est le terme de
la dernière perfection: en sorte
que tous ces principes volatils,
s'ils n'ont été auparavant bien dépurés
& rendus lumineux, n'ayant
aucune partie terrestre, ou aquatique,
dans leur mélange, ils ne
pourront pas se joindre pour le
fixer.
Mais supposons qu'ayant bien procédé, on aura réussi à faire la
matière lumineuse perpétuelle, il
la faudra renfermer dans un globe
de verre, ou de cristal, bouché
hermétiquement; car ces sortes
de lampes sépulcrales n'ont pas
besoin d'évent ni d'ouverture; à la
différence des autres lumières,
qui ne peuvent subsister sans air.
La raison de cette différence est encore en ce que l'huile ou la
matière des lampes perpétuelles
étant fixe, elle est par conséquent

@

d'une Médecine universelle 203
très pure, & exempte de cette
*effumation volatile & grossière,
qui est un gaz qui accompagne
les huiles communes, & qui fait
crever les vaisseaux qui les contiennent;
c'est aussi la raison pour
laquelle les feux & flammes ordinaires
s'éteignent étant privées
d'air, lequel air sert à ventiler &
écarter leurs soufres grossiers,
dans le centre desquels les particules
ignées sont cachées.
Effectivement, pour concevoir une lumière qui se perpétue, il répugne
à la raison & à l'expérience,
que ce puisse être une matière vaporeuse
qui la produise; car la
matière lumineuse sera contenue,
ou dans un vaisseau bien fermé,
ou elle sera dans un air libre, comme
d'un caveau; que si dans un
vaisseau fermé, comment s'imaginer
qu'un feu ou une flamme renfermée
dans un vaisseau, aura pu
durer un seul moment sans s'étouffer
par sa propre vapeur; si dans

##Note :*effumation: fumée.
#

@

204 Révélations Cabalistiques

un caveau, où l'air est libre, la
flamme en s'exhalant continuellement,
le remplira de ses *effumations;
& attendu que c'est un lieu
fermé & environné de terre, ou
de murailles, faute d'évent, le retour
de l'exhalaison, en circulant,
retombera toujours avec plus d'épaisseur
sur son foyer: comment
se pourra-t-il aussi faire que ce
mouvement puisse durer longtemps,
sans que le foyer ne s'étouffe, ou qu'il ne se dessèche; Et comme
dit Licetus: Quomodo lucerna
vulgaris, sine spiraculo, non extincta
brevi foret, vel à sumo suo anté
supulchri apertionem suffocata.
Voilà, à mon avis, des obstacles invincibles à la flamme ou à la lumière
permanente, dans la supposition
d'une matière vaporeuse. Il
faut donc conclure, comme je l'ai
ci-devant prouvé, que la matière
lumineuse dont nous entendons
parler, doit être d'une nature toute
différente; qu'elle subsiste par

##Note :*effumation: fumée.
#

@

d'une Médecine universelle 205
elle-même, étant fixe, très pure
& éclatante.
En sorte, que comme on ne peut pas nier qu'un fin diamant ne fasse
apercevoir son feu & sa lumière
perpétuellement à travers un vaisseau
de verre qui le contiendra,
sans autre élaboration que d'être
poli, on ne peut non plus disconvenir
que si ce diamant, ou autre
matière approchante, est dûment
préparée, on n'en puisse tirer une
matière fixe, & pareillement lumineuse,
beaucoup plus éclatante,
attendu que ses principes ténébreux
en auront été séparés.
Entre tous les mixtes, comme nous avons dit, les phosphores, ou
matières luisantes, semblent être
destinées de la nature, préférablement
aux autres substances, pour
servir de sujet à une lumière perpétuelle,
attendu qu'ils en portent
la signature. Pour entrer dans ce
détail, examinons comment la nature
agit dans les entrailles de la

@

206 Révélations Cabalistiques

terre, pour produire les pierres
précieuses, qui sont brillantes.
Les Philosophes conviennent que
le principe matériel des pierres
précieuses est une eau accompagnée
plus ou moins de terre, à
laquelle se joint un sel qui a la vertu
de coaguler cette eau en pierre,
ce qui se manifeste mieux au cristal
de roche, qui ressemble naturellement
à de l'eau glacée; que
s'il lui survient aussi un esprit, ou
teinture métallique, elle lui communique
son feu, sa couleur & sa
lumière: en sorte que l'Artiste
voulant imiter la nature, il n'aura
qu'à dépouiller une pierre précieuse
de sa terre & de son soufre
grossier, il en formera une lumière
inextinguible. La Chimie enseigne
cela parfaitement par ses calcinations,
digestions, distillations,
sublimations & circulations.
Et quoique je regarde les pierres précieuses comme matière
prochaine à pouvoir être élaborées,

@

d'une Médecine universelle 207
pour en extraire une substance
lumineuse perpétuelle; attendu
néanmoins qu'elles empruntent
leur feu & leur éclat de
la teinture des métaux, je ne
doute nullement que de ces mêmes
métaux, on ne puisse extraire
également des esprits lumineux,
principalement de ceux
que nous appelons parfaits, tels
que l'or & l'argent, comme on
verra ci-après.
Licetus, qui a traité, Ex professo de reconditis antiquorum lucernis,
fait mention de plusieurs lampes
sépulcrales, que les anciens
Romains & Egyptiens ordonnaient,
après leurs décès, que l'on
mit dans leurs tombeaux, pour y
être entretenues ardentes par le
moyen des huiles communes, que
l'on avait soin de fournir à ces
lampes, aussi longtemps que leurs
facultés leur permettaient de
pouvoir y survenir, & ces sortes
de lampes finissaient & cessaient

@

208 Révélations Cabalistiques

de luire, les unes plus tôt, les autres
plus tard; de sorte qu'à la
seconde génération, on négligeait
ordinairement d'exécuter les volontés
des défunts sur cet article.
Mais à l'égard de celles dont est question, qui ont duré ardentes
mille ans, & plus, sans que personne
y ait mis les mains, & sans
qu'on se soit aperçu qu'il y eût
aucun réservoir d'huile commune,
pour les produire un si long
temps, on demande la raison pourquoi
celles-ci ont pu ainsi persister,
& de quelles matières elles
pouvaient avoir été composées?
Ce même Auteur, qui s'attache à décrire celles de Tullla, fille
de Cicéron, d'Olibrius, de Pallas,
& d'autres, qui ont continué d'éclairer
l'espace de quinze cens
ans; dans l'explication qu'il en
fait, il donne toujours à connaître
que ce qui entretenait la lumière
de ces lampes, étaient des matières
élaborées magistralement, en

@

d'une Médecine universelle 209
leur attribuant le nom de magistère,
qui veut dire quintessence.
Quant à la lampe d'Olibrius, qui a duré quinze cens ans, & qui s'est
trouvée encore pleine à l'heure
qu'elle fut découverte à Pavie, on
y lut cette Inscription sur une
bouteille d'or:

PLUTONI SACRUM. MUNUS.
NE ATTINGITE FURES. IGNO-
TUM EST VOBIS. HOC QUOD IN ORBE LATET NAMQUI ELEMENTA. GRAVI. CLAU-
SIT DIGESTA LABORE VASI SUB HOC. MODICO MAXI- MUS OLIBRIUS ADSIT. IQ CUNDO CUSTOS SIBI COPIA CORNU, NE TANTI PRETIUM DEPEREAT LATICIS.
Ces Vers signifient: Que ceux qui viendront pour enlever ce qui
est contenu dans ce vaisseau, se gardent
bien d'y toucher, étant une
chose sacrée dont on fait o *****
Pluton, qui d'ailleurs est un don.

@

210 Révélations Cabalistiques

Elle a coûté beaucoup de peines au
grand Olibrius, qui a réduit à l'état
élémentaire la matière de son travail,
après l'avoir fait bien digérer
avant de la renfermer dans ce globe.
Il finit en implorant le secours
de quelqu'un, qui veuille bien se
rendre le gardien de cette précieuse
liqueur.
On voit aussi par cette Inscription, que la matière dont parle
Olibrius, n'était point commune,
& il dit ce qu'il faut, dans ses Vers,
pour convaincre de l'existence de
la lampe perpétuelle, joint à ce
qu'on l'a trouvée ardente passé
quinze cens ans; mais il n'en dit
point assez pour enseigner la composition.
C'est de quoi il ne faut point s'étonner; car on a toujours remarqué
que les Philosophes hermétiques,
pour donner des preuves
de leur capacité, ont dit & fait
des opérations surprenantes, mais
jaloux de leur savoir, n'ont jamais

@

d'une Médecine universelle 211
voulu donner à connaître
que sous des énigmes, ou figures
hiéroglyphiques, les moyens dont
ils se sont servis pour les exécuter;
le tout pour se faire admirer, &
afin que personne ne pût les
imiter.
Au surplus, Adolphus Balduinus, un des savants & curieux de nos
jours, qui faisait végéter des fleurs
en plein hiver, dans son cabinet,
enseigne aussi à faire un phosphore
lumineux, dans son Livre de Auro
aurae, avec du nitre, & raconte
qu'il a lu dans Fridericus Gallus,
que celui-ci a vu entre les mains
d'un Ermite, qui était d'une
naissance illustre, une teinture de
couleur de grenat, luisante comme
une lampe allumée; sur quoi
il exhorte le Collège des Savants,
dont il était un membre,
à la recherche de la cause de cet
effet. Il ne fait point de doute
que la matière de la lampe ardente

@

212 Révélations Cabalistiques

qui fut trouvée dans le tombeau
de la Reine Serviramis, n'eût
été l'eau de vie de Nuisement,
le sanguis Alberti connu des
Adeptes, &c.
Un certain Franciscus Cetesius, au rapport de Licetus, disait que
la matière en question était une
huile extraite des métaux; &
Volfangus Lazius, homme savant,
estimait que c'était une
huile d'or.
En effet, pour autoriser le sentiment de ce dernier, je dirai
que l'on voie les minéraux &
métaux se consumer au feu, &
que l'or seul résiste, sans rien
perdre de sa substance: pourquoi
donc à l'imitation de la nature,
qui a fait l'or *inconsomptible, &
cependant susceptible d'ignition,
l'Artiste n'en pourrait-il point
tirer une liqueur qui ne se consommerait
point, & deviendrait
le sujet d'une lumière perpétuelle?

##Note :*inconsomptible: qui ne peut être consummée, incorruptible.
#

@

d'une Médecine universelle 213
comme Isaac, Hollandais,
qu'on tient au nombre
des Adeptes, enseigne dans ses
Oeuvres minérales, à faire une
eau rouge, qui éclaire de nuit
& de jour; Et finit en disant:
Habes aquam rubram diù noctuque
lucentem.

F I N.
@
@

pict

T A B L E D E S M A T I E R E S
contenues en ce Livre.
E N quoi consiste la chimie, page 3 Le vin sujet de cet Ouvrage, 10 On tire du vin huit ou neuf substances, 11 Pourquoi appelée Médecine universelle, 21 Comment cette Médecine opère, 33 Les branches de cet Ouvrage ont des ver-
tus admirables, 35 L'Auteur possède un spécifique pour la gué-
rison de la gangrène, 40 Dissertation sur la gangrène, 41 Première préparation du vin, 57 Fermentation du vin au fumier, 60 Première distillation du vin, 61 Distillation de l'esprit éthéré, différente
de l'ordinaire, 62 On ne voit point cet esprit distiller en li-
queur, étant plusieurs fois rectifié, 67 Rectification de cet esprit à la glace, 68 L'effet préjudiciable d'un trop grand feu, 76
Trois sortes de feux volatils, 77 Perfection de l'esprit éthéré du vin, 83 Elaboration du flegme, ibid. Conditions d'une terre exanimée, 85 Vinaigre du vin principe mercuriel, 87 Ses rectifications, 88 Proportion de l'esprit acide sur le sel, 91 Séparation de l'acide d'avec son sel al-
kali, 93
@

T A B L E.
Comment se fait le sel de tartre volatil, 94 Distillation de l'huile noire & puante, 96 Vinaigre radical qui dissout les métaux, 97 Le sel fixe est appelé chez les Chimistes leur
or, 114 Comment le sel fixe devient volatil, ibid Sel volatil, comment se fait, 118 Plusieurs Auteurs n'ont donné que des lam-
beaux & des notions imparfaites de cet Ouvrage, 120 De la terre mixte & élémentaire, 121 Plusieurs belles qualités de cette terre, 123
Comment on la rend élémentaire, 124 Cette terre ôte l'empirême des huiles, & les
rend éthérées, 128 Des fleurs en hiver comme au printemps, dans
une chambre, en couleur & odeur, 134 Théorie touchant cette Oeuvre, 136 Sans l'esprit acide aucune fermentation ne
se peut faire, 146 Cet esprit bien dépuré peut être dans les ani-
maux, végétaux, & même dans l'or, 147 C'est ce médiateur qui conjoint les matières,
ce que ne peut faire le feu, 148 Cet esprit est fort pondéreux, 152 Observations sur les huiles, 153 Pourquoi les huiles flottent sur l'eau, 154 Pourquoi d'autres vont au fond, ibid. Origine de la flamme de la chandelle, 157 Lucidité des pierres précieuses, d'où elle
provient, 158
@

T A B L E.
Explication des couleurs de la flamme, 161 L'âme du monde, comme elle agit univer-
sellement, 163 Manière d'extraire le sel de la rosée, 165 Sel volatil de rosée en toile d'araignées,166
Ce sel a donné par la retorte une liqueur
rouge, douce & d'odeur agréable, 167 Dose & vertus de ce remède, 168 Le vrai être des mixtes, comment doit être
entendu, 171 Les raisons des couleurs sur le sel de tar-
tre, 173 Après avoir été traité philosophique-
ment, 174 La lumière est une propriété radicale de
tous les êtres, 177 Conjecture de l'état du Paradis terrestre
avant la désobéissance, 178 Cet esprit lumineux des mixtes en doit être
retiré pour l'utilité des hommes, 181 Différence de ces esprits pour l'usage de la
Médecine d'avec les médicaments vul- gaires, 181 Prodigieux effets de la pierre de Butler,
qui guérit toutes sortes de maladies, 183 Description du petit Circulé de Para-
celse, 184 Pour faire des pierres précieuses avec leurs
fragments, 191 Dissertation sur les lampes sépulcrales, 192
Fin de la Table. @


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