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Réfer. : AL1103
Auteur : Jobert Alphonse.
Titre : Cours d'Alchimie.
S/titre : .

Editeur : Editions Ramuel. Villeselve (Oise).
Date éd. : 1996 .


**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****
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Cours D'ALCHIMIE
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(c) Editions Ramuel, 1996 Tous droits de reproduction, traduction et adaptation,
réservés pour tous pays. ISBN 2-910401-36-7
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Docteur Alphonse JOBERT
COURS D'ALCHIMIE
(D'après son manuscrit inédit) précédé de l'intégralité de l'interview publiée par Je sais tout le 15 septembre 1905
Augmenté d'une introduction et d'une biographie du Docteur Jobert par Richard KHAITZINE

EDITIONS RAMUEL 225, rue des Princelles 60640 - VILLESELVE
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Ce livre est dédié aux Philosophes de Nature et à leur Dame de Beauté, la froide dame rousse de Cyrano de
Bergerac, la Dulcinée de Don Quichotte, la Laure de
Pétrarque, l'Angélique de Gérard de Nerval et du Orlando
furioso de l'Arioste, à la Marianne de Robin des Bois, à
Colombine qui fera toujours verser bien des pleurs aux
Pierrots blancs lunaires qui soupirent d'amour pour la
belle au coeur de pierre !

Richard Khaitzine
A Lydia et Marjorie qui savent déjà, en dépit de leur jeune âge, que l'essentiel ne réside pas dans le superflu
et l'éphémère. Avec ma profonde affection.

R. K.
A mon vieil ami Eric, enlevé trop tôt à l'affection des siens, et qui après avoir rempli sa mission parmi les
vivants, s'en est retourné au royaume de l'envers des
choses. A moins qu'il ne s'agisse de leur endroit... Qui
sait ?

R. K.
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INTRODUCTION
Rares sont les auteurs, préoccupés d'Alchimie, à avoir mentionné le nom du Docteur Jobert, personnage
énigmatique, dont l'existence est enveloppée d'un épais
brouillard qui finit par l'absorber. Mais qui fut cet homme
étrange, né au XIXe siècle, au sujet duquel l'état civil
demeure obstinément muet et ce, qu'il s'agisse des renseignements
inhérents à la vie aussi bien qu'au décès de
n'importe quel individu. Car là réside bien l'incroyable
mystère de cette affaire.

Le nom d'Alphonse Jobert fut célèbre l'espace de quelques mois seulement, à la suite d'un article publié par
la luxueuse revue Je sais tout et de débats dont la presse
se fit l'écho. Pour autant, les éléments biographiques le
concernant font singulièrement défauts. Personne ne sait
où naquit le Docteur Jobert, pas plus que la date de sa
naissance. Après avoir habité le XVe arrondissement de
Paris, il s'installa dans le XIVe, près de la Porte d'Orléans,
il y demeura quelques années puis disparut, sans laisser
la moindre trace.

Que des individus, réputés avoir pratiqué l'art d'Hermès, aient possédé une existence aussi mystérieuse
et aient disparu de la même façon est un fait acquis qui
peut s'expliquer. Les hommes en question, qui vécurent
en des temps plus ou moins reculés, pouvaient disparaître
sans qu'une administration tatillonne s'en inquiétât outre
mesure. Tel n'était pas le cas du Docteur Jobert qui vivait

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encore au début de ce XXe siècle qui vit naître la mise systématique
sur fichier ! Son nom aurait sombré dans l'oubli
si, en 1979, dans la seconde édition de son ouvrage
Deux Logis Alchimiques, l'alchimiste contemporain Eugène
Canseliet (1899-1986) ne lui avait consacré quelques
lignes du plus grand intérêt :
"Messire Jean du Châtelet, baron de Beausoleil (1), mourut en l'année 1645, dans la prison d'Etat qui fermait
le faubourg Saint-Antoine dans la capitale. Ne serait-ce la
cruelle mésaventure du savant infortuné, qui aurait mû le
cardinal de Richelieu à décréter l'interdiction de l'art
transmutatoire, de laquelle on parle toujours, sans qu'on
en ait jamais produit la rédaction ni la date de l'entrée en
vigueur ? Pour notre part, nous doutons beaucoup de son
existence, après tant de recherches que nous fîmes pour la
découvrir dans les ouvrages spéciaux. Toutefois, un article
de la revue Je sais tout, qui est du 15 septembre 1905 et
intitulé Les Faiseurs d'or, cite, d'après Alphonse Jobert, cet
introuvable texte :
"Il est interdit à quiconque, se trouvant dans le royaume de France, de fabriquer des métaux précieux et
de chercher à les vendre, sous peine d'emprisonnement à
perpétuité, de confiscation de biens au profit de l'Etat,
etc..."
Ainsi, le moderne alchimiste, au journaliste André Ibels (2) venu l'interroger, exprimait-il ses craintes à l'endroit
d'un vieil édit qui, selon lui, "n'a pas été abrogé, et
peut encore être appliqué de nos jours". Il est peu probable
que Jobert eut à en souffrir (8), lors même qu'il eût
brusquement disparu en 1918, l'année même où René
Schwaeblé, récemment gagné au catholicisme, reniant,
brûlant, tout ce qu'il avait adoré, dans un dernier bouquin,
prit plaisir à méchamment ridiculiser cet homme de
valeur. Avec une animosité contenue à grand-peine, il
transforma cette étrange et forte figure en celle d'un

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funambulesque et pitoyable bonhomme, se saturant d'alcool
et se barbouillant sans cesse le nez de poudre de
tabac."

Eugène Canseliet précisa, en une note, que le livre de Schwaeblé s'intitulait Divine Magie (chez tous les
libraires, 1918). Il s'agissait d'un ouvrage publié à compte
d'auteur. Schwaeblé, dont le nom est familier aux spécialistes
de cette période et à ceux s'occupant d'ésotérisme,
était accoutumé du fait. Il fit bien pire que ridiculiser son
maître le Docteur Jobert. Sa production ne laissera pas un
souvenir impérissable, étant empreinte de notions occultistes
primaires. Il est vrai que l'époque s'y prêtait. Un
seul titre mérite de susciter l'intérêt : "Pour devenir alchimiste
- Alchimie simplifiée, cours pratique à la portée de
tous". Nous aurons l'opportunité d'apporter quelques précisions
inattendues au sujet de ce livre paru à la Librairie
du Magnétisme, 23 rue Saint-Merri, à Paris.

Mais pourquoi, Eugène Canseliet éprouva-t-il le besoin de glisser subrepticement et mine de rien, le nom
de Jobert ? Devons-nous croire qu'il s'agissait simplement
de faire le lien avec l'édit promulgué par Richelieu et
interdisant de faire de l'or ? Le croire serait faire preuve
d'une coupable naïveté.

L'alchimiste de Savignies n'écrivit jamais rien qui ne soit mûrement réfléchi, soigneusement pesé, à tel point
qu'un observateur averti en vient à découvrir un système
là où le lecteur moyen ne voit que des confidences, les
souvenirs hermétiques de celui qui se décerna la qualité
de seul élève et disciple de l'alchimiste contemporain le
plus célèbre qui soit, le mystérieux et anonyme savant qui
occulta son état civil derrière le pseudonyme parlant de
Fulcanelli.

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COURS PRATIQUE D'ALCHIMIE
du
Docteur Alphonse JOBERT
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AVANT-PROPOS

Tous les dictionnaires définissent ainsi, ou à peu près, l'alchimie "Science chimérique recherchant la Pierre
philosophale et la Panacée universelle". Les dictionnaires
devraient, dès lors, définir la médecine "Science chimérique
recherchant la guérison des cors aux pieds" car, en
alchimie, la Pierre philosophale ne tient pas plus de place
que les cors aux pieds en médecine.

L'alchimie est la science de la Vie, de la Vie dans les trois règne (1), elle a pour but de séparer le principe
actif de la matière inerte ; c'est la métaphysique de la chimie
organique et de la chimie inorganique (2), comme l'astrologie
est la métaphysique de l'astronomie. Elle étudie
les causes et principes, la Loi universelle et éternelle de
l'Evolution qui change insensiblement le plomb en or et
perfectionne l'Homme malgré lui.

Avec le règne animal, l'alchimie devient thérapeutique, médecine, elle veut obtenir la subtile quintessence
des produits, leur véritable concentration vitale, elle rêve
de distribuer la Vie, d'enfanter artificiellement l'homonculus,
de prolonger l'existence grâce à la Panacée ; avec le
règne végétal, elle devient agriculture, elle greffe, elle
rêve de ressusciter, d'arriver à la palingénésie ; avec le
règne minéral, elle devient chimie, elle rêve de transmuter
les métaux et les métalloïdes. Enfin, avec le règne divin,
l'alchimie devient herméneutique, elle enseigne à convertir
le pain et le vin au corps et au sang de Jésus-Christ. (La

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vie devrait être présente dans le sacrifice de la Messe ce
fut le Concile de Nicée qui décida de se contenter du
simulacre de la présence).

On le voit, toujours l'alchimie s'occupe de transvaser la Vie.

Il n'y a point de magie en alchimie, l'Homme n'ordonne pas au mercure de se transformer en or, il peut uniquement
tirer d'un corps la Vie pour en réveiller un autre.
Médecine est seulement aydante à la nature, car si nature
n'y est elle n'a pas d'effet. Nature seule crée les spermes.

Et le pieux alchimiste (3) ne dessèche point devant ses fourneaux à la recherche de l'or. Philosophe savant, il
aspire à la solution du problème de l'Unité (Unité de Vie,
Unité de Matière), solution qu'il ne doit pas atteindre sous
peine d'anéantissement - car il ne peut égaler Dieu, il ne
peut créer, il ne peut être qu'un instrument, et sachant que
tout s'enchaîne, que ce qui est en Bas est comme ce qui en
Haut, que l'Harmonie règne sur la Terre et dans le Monde,
il avance dans la connaissance intégrale, approche de
l'Absolu.

Et maintenant à ceux qui sourient au mot "alchimie" je conseille de lire L'Histoire de la Philosophie hermétique
de Lenglet-Dufresnoy et L'Alchimie et les Alchimistes
de Figuier : ils y trouveront le récit de transmutations
inexplicables. Au reste, nos savants officiels ne nient
pas ; celui-ci a écrit dans ce livre L'état présent de la chimie
empêche de considérer comme impossible le fait de la
transmutation des métaux ; Dumas dans ses Leçons sur la
philosophie chimique : L'expérience n'est point en opposition
jusqu'ici avec la possibilité de la transmutation des
corps simples ; Berthelot : Des considérations tirées
d'ordres très divers viennent à l'appui de ces vues sur la
décomposition possible des corps réputés simples...

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pict

Photo du Laboratoire de la Société Alchimique de France.

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En somme, la question ne parait pas beaucoup plus avancée qu'à ses débuts. Aujourd'hui le brave Tiffereau
(4), âgé de quatre-vingt-six ans, raconte avoir fait de l'or
au Mexique ; M. Jollivet-Castelot (5), le très savant et estimable
directeur du groupe de Douai lequel sans négliger
les traditions moyenâgeuses ne dédaigne pas les derniers
progrès de la chimie officielle, prétend avoir reçu d'un
adepte la clé du Grand Oeuvre ; un américain Edward
Brice obtient de l'or et de l'argent en formant d'abord un
sulfite d'antimoine, puis un sulfite de fer, du chromate de
potasse et du permanganate de potasse dont les poids atomiques
sont précisément ceux de l'or; Le Brun de Vilroy
disait arriver à un accroissement (6) de cuivre de 90 à 100 %
en traitant du sulfate de cuivre et du sulfure de potassium
; un autre américain, Emmens, s'enrichit à vendre
l'or sorti des dollars mexicains soumis à un battage puissant
dans des conditions frigorifiques telles que les chocs
répétés ne puissent produire même une élévation momentanée
de température ; M. de Rochas prépare de l'argent
allotropique. Et l'on trouvera aux Arts et Métiers plusieurs
brevets pour la fabrication des métaux précieux (Voir,
entre autres, celui pris, il y a une trentaine d'années par
M. Frantz et le docteur Favre), procédés consistant à combiner
divers éléments métalliques avec le silicate de
soude (7).

(Aussi bien, il existe sûrement à Paris un peu de Pierre philosophale ! Dans l'un des piliers du choeur de
Notre-Dame (8), Guillaume de Paris, évêque, auteur de plusieurs
sculptures du portail, a scellé une provision de
Pierre; pour trouver ce pilier il suffit de suivre le regard
d'un corbeau ornant l'une des trois portes le regard fixe
le point où est cachée la Pierre).

... Ce n'est pas ici la place d'une liste des alchimistes de ce mystérieux et attirant Moyen-Age ni de leurs
traités Albert le Grand, Roger Bacon, St-Thomas

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d'Aquin, Raymond Lulle, Arnauld de Villeneuve, Basile
Valentin, Paracelse... Le livre des lumières, Le composé des
composés, Miroir d'alchimie, La clavicule, La fleur des
fleurs, Nouvelle lumière, Moelle d'alchimie, Char du
triomphe de l'antimoine, L'entrée ouverte au palais fermé
du roi... Hoefer, dans son Histoire de la chimie en a dressé
une fort complète.

Mais, quelle est la cause de l'obscurité du style alchimique, pourquoi Ripley, par exemple, expose-t-il la
recette de la Pierre en ces termes : Il faut commencer au
soleil couchant, lorsque le mari Rouge et l'épouse Blanche
s'unissent dans l'esprit de vie pour vivre dans l'amour et
dans la tranquillité, dans la proportion exacte d'eau et de
terre. De l'Occident avance-toi à travers les ténèbres, vers le
Septentrion; altère et dissous le mari et la femme entre l'hiver
et le printemps... Faut-il attribuer cette obscurité à la
peur qu'avaient nos gens de passer pour sorciers et d'être
brûlés comme tels ? Mais, rien ne pouvait mieux les accuser
de sorcellerie que ce style bizarre ! Faut-il l'attribuer
au désir de ne pas bouleverser le monde en indiquant la
recette de la Pierre philosophale ? Alors, pourquoi écrire
tant de livres ! A la volonté de n'être compris que des
leurs ? Mais, les leurs n'arrivent pas à les comprendre ! A
l'intention de ne pas désobéir à Dieu qui leur a dévoilé le
secret (9) ? Mais ils s'efforcent de le dévoiler !
Je crois, moi, que parmi ceux qui se mêlèrent d'ouvrer
des traités d'alchimie II y eut pas mal de "fumistes".
(La race n'en est pas disparue quelques ouvrages d'Eliphas
Lévi valent la fameuse Table d'Hermès), pas mal de
charlatans, pas mal d'escrocs. Mais il importe de ne point
trop rire de certaines expressions, de "lion (10) dévorant" par
exemple pour "acide" ; les infortunés alchimistes ne
connaissaient pas le terme élégant de "Tetramethylmetaphenyllènediamine"
! J'ai en passant, on le verra, expliqué
bon nombre de ces expressions qui disent les pensées les

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plus profondes avec une naïveté si charmante. Qu'on lise
Le livre des figures de Flamel, Le livre de la philosophie
naturelle des métaux avec un advertissement d'éviter les
folles dépenses qui se font par faute de vraye science de
Maître Denis Zachaire, gentilhomme guiennois, on trouvera
en vérité des pages adorables ; le bonhomme Flamel
raconte : Je fis mille brouilleries, non toutefois avec le sang
ce qui est méchant et vilain..., il se félicite de savoir sa
chère femme Pernelle "discrète et secrette" ; Zachaire assure
que il ne passait jour, mêmement les fêtes et dimanches,
que les alchimistes ne s'assemblassent ou au logis de l'un
d'eux ou à Notre-Dame la Grande qui est l'église la plus fréquentée
de Paris pour parlementer des besognes qui
s'étaient passées aux jours précédents, il avoue sans honte
ses mésaventures pécuniaires : Si c'était profit Dieu le sait,
et moi aussi qui dépensai des écus plus de trente... Tout
l'augment que j'en reçus ce fut à la façon de la livre diminuée...
Qu'on lise ce passage d'Alexandre de la Tourrette
Nous voyons aussi comment ce très excellent alchimiste
nostre bon Dieu a basty son four (qui est le corps de l'homme)
d'une si belle et propre structure qu'il n'y a rien à redire
avec ses soupiraux et registres nécessaires comme sont
la bouche, le nez, les oreilles, les yeux afin de conserver en
ce four une chaleur tempérée et son feu continuel, aéré, clair
et bien réglé pour y faire toutes les opérations alchimistiques...


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CHAPITRE I
LA MATIERE EST UNE, ELLE EVOLUE. PREUVES DE CETTE UNITE ET DE CETTE EVOLUTION, CREATION DU SOUFRE, DU NICKEL, DE L'AZOTE.


La matière est une, la matière évolue. Unité de la matière, unité de vie.

Sur un plat de verre étendre du verre pulvérisé en une couche égale, semer quelques grammes, cinq par
exemple, de graines de cresson et les arroser exclusivement
d'eau distillée. Incinérer la récolte obtenue dans
cette cendre végétale on trouve de la potasse, de l'huile,
du soufre, et des oxydes de fer et de manganèse. Prendre
maintenant cinq grammes de graines pareilles à celles
qu'on a semées, les calciner et les analyser: on y trouve
beaucoup moins de fer que dans les résidus produits par
l'incinération de la récolte. C'est une véritable transmutation.

Des plantes cultivées dans un sol privé de fer et alimenté d'air soigneusement filtré, finissent par contenir
des quantités notables de sels de fer. Le fer s'est bien
formé par la combinaison des gaz de l'air et de l'eau avec
les matières du sol.

Le blé, semé dans un sable stérile, produit des grains assez abondants en phosphate alors que ni l'air ni
le sol ne contiennent des traces d'acide phosphorique.

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Au Mexique, les chercheurs d'or disent : "La chose n'est pas mûre", ce qui signifie que le minerai sur lequel
tombe leur pioche est en voie de préparation. Les mines
d'argent peuvent contenir de l'or à l'état natif ; elles peuvent
en contenir aussi à l'état naissant dans ce cas, l'or est
encore dans le ventre de sa mère. (Allotropie, voir Chap.
II). Une mine d'argent s'accroît, se transforme en or ; une
mine d'or ne s'accroît pas, l'or étant un corps mort (11), c'est-
à-dire mûr, adulte, le dernier degré de l'évolution métallique,
un corps qui en se putréfiant redonnera probablement
du fer. (Le platine, qui a toutes les propriétés chimiques
de l'or, n'est que de l'or blanc, de l'or dont la couleur
est repliée à l'intérieur. Voir Chap. V).

Prendre du sulfhydrate d'ammoniaque ; pour précipiter le soufre sans dégagement gazeux d'hydrogène sulfuré,
employer l'acide oxalique ordinaire en dissolution,
l'ajouter goutte à goutte afin d'éviter la réaction acide. Le
soufre précipité pèse toujours 10 à 15 % de plus que le
soufre contenu à l'état primitif dans le sulfhydrate d'ammoniaque.
D'où vient ce soufre en excédent ?

Placer un fil de cuivre d'un diamètre déterminé entre deux bornes ; si l'on provoque un court-circuit le fil
se volatilise en laissant une odeur de soufre. Et les paysans
disent lorsque l'éclair tombe : "Ça sent le diable !"
c'est-à-dire le soufre.

Prendre de l'huile d'olive fine, pas rance, et du cuivre rouge porphyrisé (poudre de bronze) ; mettre 10
grammes de ce cuivre dans un matras à fond plat, et dessus
verser 70 grammes de cette huile. Fermer hermétiquement
le matras, l'exposer au soleil et l'agiter chaque jour.
Le cuivre se dissout, donnant une liqueur verte, l'oléate de
cuivre. Si l'on veut reprendre le cuivre à l'état métallique,
le plus simple sera (non d'y ajouter de l'ammoniaque, de
l'acide ou autre chose) de faire résinifier l'oléate de cuivre

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et de le mettre en fusion. A l'analyse il donne du cuivre et
du nickel. D'où vient ce nickel ?

Prendre un bocal de verre à large ouverture, muni d'un bouchon également de verre et une capsule d'une
capacité de 20 à 25 centimètres cubes. Mettre dans la capsule
10 centimètres cubes d'eau distillée et 4,7 à 0,6 (12) milligrammes
d'acide sulfurique SO3 (quantité suffisante pour
saturer 20 milligrammes d'ammoniaque Az O3). Introduire
la capsule et son contenu dans le bocal et fermer hermétiquement.
Exposer le tout à des insolations régulières pendant une quinzaine de jours, dans les mois où le soleil
s'élève le plus au dessus de l'horizon. Rentrer l'appareil le
soir : il ne doit point voir le soleil levant. Les insolations
subies, retirer la capsule, la mettre sous une cloche dans
une chambre noire et dessécher par l'acide sulfurique.
Cela fait, on trouve autour de la capsule une couronne de
sulfate d'ammoniaque cristallisé Az H4 O, S03, et au fond
de la capsule de petites boules liquides à l'état sphéroïdal
Az O4 d'un rouge brun. Ces boules donneront un poids
de 26 milligrammes et le sulfate d'ammoniaque de 79 milligrammes.
Total : 105 milligrammes. Les 79 milligrammes
de sulfate d'ammoniaque contiennent 16,7 milligrammes
d'azote, et les 26 milligrammes d'acide hypoazotique 7,9
milligrammes d'azote. En tout, 24,6 milligrammes d'azote.
D'où vient cet azote ?

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CHAPITRE II
CONSTITUTION MOLECULAIRE. ISOMERIE, ALLOTROPIE. PROGRESSION DE MENDELEJEFF. LES QUATRE ELEMENTS ATOMIQUES. LA GENESE. CE QUE SONT LE SOUFRE, LE MERCURE ET LE SEL PHILOSOPHIQUES.

La matière est une (13), tous les corps sont formés de la même substance matérielle. Tous les composés d'une
masse sont simples, ou, si l'on préfère, tous les corps sont
composés - composés de mêmes atomes diversement
groupés. La matière vit, évolue ; plongez un cristal d'alun
incomplet dans un bain approprié, il réparera par phénomène
d'hérédité ce qui lui aura été enlevé et s'accroîtra
régulièrement. Tous les matériaux se transforment dans la
terre, la grande cornue, donnant naissance à des métaux, à
de la houille et d'autres corps plus ou moins parfaits suivant
le temps de cuisson (14) (Groupements atomistiques).

Toutes les modalités de la matière proviennent des groupements moléculaires.

Comme les autres corps, les métaux dérivent du même atome et s'accroissent selon des lois déterminées.
Ils évoluent.

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Les propriétés des métaux et autres matériaux résultent de la constitution moléculaire. Beaucoup de
composés, suivant qu'ils cristallisent dans un système ou
dans un autre, acquièrent des propriétés différentes sans
que leur composition s'altère ou change. Le soufre possède
des propriétés très différentes suivant la température à
laquelle on l'expose et la forme cristalline qu'on lui fait
prendre. Et le fameux mot isomérie n'explique rien. On
nomme isomères les corps qui, ayant une composition
identique, jouissent de propriétés différentes. Quand
l'isomérie se présente dans les corps réputés simples, elle
devient l'allotropie. Toute molécule étant formée par un
groupe d'atomes, ceux-ci peuvent différer non seulement
par la qualité et le nombre, mais encore par la manière
dont ils sont disposés dans la molécule. AMOR et ROMA
s'écrivent avec les mêmes lettres et n'ont pas le même
sens. L'acide fulminique a la même composition (carbone,
oxygène, azote) que l'acide cyanique : le premier soumis à
la plus faible élévation de température détone avec violence,
l'autre résiste à la chaleur rouge. Voilà deux corps
isomères.

Le zinc, cassant à la température ordinaire, est-il le même métal que le zinc ductile et malléable entre 100 et
150° ? N'est-il pas plutôt un corps allotropique de celui-
ci (15) ? Tous les corps sont des modifications polymériques
d'un seul et même élément, des modifications de durée
plus ou moins longue.

Mendelejeff a rangé sur une spirale les corps simples suivant la progression de leurs poids atomiques,
les séparant par des distances proportionnelles à l'écart de
ces poids. Plusieurs des cases réservées par Mendelejeff à
des corps inconnus ont été remplies par des éléments
récemment découverts, comme Neptune s'est rencontré à
l'endroit du ciel où l'attendait Leverrier. En considérant
les rayons de cette toile d'araignée, on voit que les corps

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ayant les mêmes propriétés, c'est-à-dire constituant même
famille chimique, ont des poids atomiques multiples les
uns des autres. Ils sont donc formés de la polymérisation
du plus léger d'entre eux.

Certaines propriétés ont donné le groupe des métaux. Si sous une pression considérable et continue, à
une température constante et relativement élevée, avec
l'action d'une eau chargée de sels métalliques l'on carbonisait
du bois, on obtiendrait de la houille. De même l'on
peut fabriquer de l'or.

En somme, pour passer de la théorie à la pratique, il s'agit d'accomplir en peu de temps ce que la nature fait
dans un intervalle beaucoup plus long. La Pierre philosophale
est un agent qui, jeté au sein d'un métal, produit
une transformation atomistique semblable à celle que les
matières organiques subissent lorsqu'une levure les fait
fermenter. Transmuter le plomb, par exemple, en or c'est
augmenter sa densité et sa couleur par un nouvel arrangement
atomistique.

... Les corps simples - comme les composés - peuvent se ramener à quatre éléments atomiques (l'élément
atomique est chose pondérable, l'élément atomistique,
l'énergie est impondérable ; un atome d'H est constitué
par trois formes de dynamisme, chaleur, électricité,
magnétisme, il retourne à l'état de matière interplanétaire,
le mouvement) : hydrogène, oxygène, azote, carbone, lesquels
bien entendu peuvent se ramener à la substance
unique mue par la lumière astrale - qu'il n'est d'ailleurs
nullement nécessaire de savoir manier puisque la lumière
obscure qui compose les atomes peut devenir elle-même,
à l'aide de notre feu matériel, l'agent mutatif. Les métaux
sont donc composés dans des proportions variables d'H,
d'O, de C et d'Az (atomes matérialisés), matériaux qui,
ainsi que l'ont fort justement fait remarquer les anciens
alchimistes, se trouvent partout.

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Ceux-là prétendaient que les métaux (16) sont formés de Soufre, de Mercure et de Sel (qu'il ne faut pas confondre
avec le soufre, le mercure et le sel ordinaires ni avec le
Soufre, le Mercure et le Sel philosophiques, mais qu'on peut
rendre philosophiques, c'est-à-dire vivants, protéiques), ou
si l'on préfère, de Soufre ou C (atome secondaire) qui leur
donne la densification, qui les rend fixes, de Mercure ou
H (atome primitif) qui leur donne la volatilisation, et le
SEL ou O (atome primitif) qui résout le Soufre et le Mercure
et les ramène à l'état de terre inanalysable (au moins
pour nos chimistes officiels), à l'état de "corps simple" ;
l'Az n'est qu'un agent, le ferment.

Les atomes primitifs HO fixés sous la forme métallique (On appelle état métalloïque la condensation dynamique
de l'H, la captation de la lumière astrale, de la vie,
de l'AZOTH. Un corps à l'état métalloïque n'est ni mâle ni
femelle, à l'analyse il ne révélera aucune substance cataloguée
officiellement. L'état métalloïque c'est le passage du
pondérable à l'impondérable : un oxyde métallique sur-
oxygéné jusqu'à contenir 7 éléments d'O pour un de métal
Voir chap. VI - se résoudra sous la forme d'une eau volatile),
les atomes primitifs HO fixés sous la forme métalloïque,
disons-nous, donnent le Mercure universel, le
grand menstrue qui nourrit l'Univers, qui dissout sans
cesse, amalgame, triture les matériaux de notre planète.

Les deux atomes secondaires, Az et C, fixés également à l'état métalloïque, donnent la Terre primitive ou
adamique ou limon dont on extrait le Sel philosophique.

Il est écrit : La terre était informe et nue, et les eaux l'entouraient de toutes parts, et l'esprit de Dieu flottait sur
les eaux, et les ténèbres couvraient la surface de l'abîme.

Eh bien, au fiat lux l'Az et le C se séparent du grand HO. L'éternel n'avait pas encore donné à la matière

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Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.
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TABLE DES MATIERES

Introduction........................................... 5 Eléments biographiques
relatifs au Docteur Alphonse Jobert ................... 12 Les Faiseurs d'Or
(reproduction de l'article signé par André Ibels
dans la revue Je sais tout du 15 septembre 1905) ...... 21 Compléments biographiques ............................. 37 Les Jobert de Bry-sur-Marne ........................... 41 Lorsque les arbres parlent ............................ 52 Anatole France et l'Orme du Mail ...................... 56 Où il nous faut revenir aux ormes ..................... 57 Cours pratique d'Alchimie
du Docteur Alphonse Jobert ............................ 65
La Nouvelle Chimie
par le Docteur Alphonse Jobert ........................ 113
Transformation du cuivre en argent .................... 130


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DU MEME AUTEUR

- La Langue des Oiseaux (Dervy - juin 1996)
- Avoir ou Etre (J.C.I. inc.)
- Le Magnétisme curatif (Dervy)
- Le Secret de l'éternelle jeunesse (en collaboration avec
Marc Questin - Editions Trédaniel) - Le Guide initiatique de la visualisation (Montorgueil)
- Transformez vos désirs en réalité (Presses-Pocket)
- Le Huitième Sceau (Montorgueil)
- Le Ginseng (Veyrier)


A paraître :

- Cyrano de Bergerac et l'alchimie (Editions Ramuel-1996)


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CHEZ LE MEME EDITEUR:

ALCHIMIE ALTUS - Mutus Liber (Planches remises dans leur ordre véritable
par Patrick Rivière dans sa Préface).
BARCHUSEN Jean-Conrad - Traité Symbolique de la Pierre
Philosophale.
ENAJ - Arcanum (Précieux petit dictionnaire alchimique).
KELLY Edward - Les Ecrits Alchimiques.
MURIEN Petri et SAINT-CLAIR Eric - L'Aura Bleue du
Mercure Alchimique (Or Potable, Mercure Alchimique et
Huiles Métalliques).
PARACELSE - Le Livre de la Rénovation et de la Restauration.
ROSSELLET François - La Chrysospagyrie (1582 - Secret de
fabrication de l'Or Potable).

MAGIE BUCKLAND Raymond - Rituels Pratiques de Bougies.
PRATER ISRAFEL - Créez votre propre Système Magicke.
LE GRIMOIRE SECRET DE TURIEL - (L'un des très rares
textes consacrés aux Esprits Olympiques).
LE LIVRE DU RASSEMBLEMENT DES FORCES - (La
Magie Enochienne de la Golden Dawn).
LITURGIE EUCHARISTIQUE - (Rituels selon le Pontifical
de l'Eglise Gnostique Apostolique - Tome I).

PROPHETIES PHAURE Jean - Les Portes du 3e Millénaire. Les astres, les
prophéties et la fin de l'histoire.

RANDOLPH Pascal Beverly - Le Grand Procès de l'Amour Libre.
- Seership ! Le Miroir Magnétique.
- The Unveiling ou ce que je pense du Spiritualisme.

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RENCONTRES EXTRATERRESTRES DIBITONTO Giorgio - Anges en Astronef.
TUELLA - Projet Evacuation.
COMMANDANT X - L'ultime Complot.

ROMANS ESOTERIQUES CAMARROQUE Bruno - Le Voyage de Martin.
MARTEIL Jean-Louis - Soleil Noir.

SOCIETES SECRETES HUTIN Serge - Gouvernants Invisibles et Sociétés Secrètes
(1ère édition "J'ai Lu", 1971).

SPIRITUALITE AMO - Le reportage de première main d'un Initié de l'un des
sites désignés de la Grande Fraternité Blanche, sur le Toit du
Monde.
FRERE PHILIP (George HUNT WILLIAMSON) - Le Secret
des Andes.

YOGA PHRA AJAHN YANTRA AMARO - Regard vers l'Intérieur.
(Bouddhisme Thaïlandais).
VARAGNAT Jean
- Les Hauts Pouvoirs Psychiques (1ère édition "Dangles", 1946).
- Les Hauts Pouvoirs Spirituels par la Pratique du YOGACARA
(1ère édition "Dangles", 1964).


ET DE NOMBREUX OUVRAGES EN PREPARATION

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Achevé d'imprimer par Evidence au Plessis Trévise, juin 1996 Numéro d'imprimeur : 059
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COURS D'ALCHIMIE

L'ouvrage que les Editions Ramuel ont le plaisir de vous
présenter est inédit à ce jour. En effet le cours d'Alchimie
du Docteur Alphonse Jobert n'a jamais fait l'objet d'une
publication sous forme de livre.
Mais qui fut Alphonse Jobert, où et quand naquit-il ?
Mystère ! Un beau jour de 1905, il apparut à Paris, procéda
devant témoins à une transmutation et se trouva placé
sous la lumière des projecteurs de l'actualité. En septembre
de la même année, Alphonse Jobert accorda une
interview à la revue Je sais tout et déclara être disposé à
fabriquer de l'or pour l'Etat français à concurrence de trente
milliards en dix ans.
Jobert concrétisa-t-il ce projet ? Nul ne sait, il disparut
mystérieusement entre 1917 et 1918. Est-ce ce même docteur
Jobert qui était répertorié au sein d'un annuaire du
Grand Orient en 1869 ? Etait-il parent des Jobert de Bry-
sur-Marne, ville dont l'histoire comporte nombre
d'énigmes ?
Alphonse Jobert fut-il ce malheureux alchimiste, crédule,
qui se fit saisir 76 kilos d'or par la Monnaie de Paris ?
A toutes ces questions l'introduction, rédigée par Richard
Khaitzine, tente d'apporter des réponses, et certaines de
ces réponses se montrent explosives et fort dérangeantes.

Une affaire qui annonça les deux livres signés Fulcanelli.


Illustration couverture : agrandissement du portrait du Docteur Jobert
exécuté par M. Claude Caron.

ISBN 2-910401-36-7 119 FF
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