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Réfer. : AL1204A
Auteur : Heinrich Khunrath.
Titre : Amphithéâtre de l'Eternelle Sapience.
S/titre : seule vraie.

Editeur : Guilielmus Antonivs. Hanav.
Date éd. : 1609.


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AMPHITHEATRE
CHRISTIANO - KABBALISTIQUE DIVINO - MAGIQUE PHYSICO - CHIMIQUE TER - TRI - UNO - CATHOLIQUE
DE L'ETERNELLE
S A P I E N C E
SEULE VRAIE
DISPOSE PAR
HENRI KHUNRATH
DE LEIPZIG


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H A N A V ------- 1609
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E X T R A I T
DU PRIVILEGE DE L'EMPEREUR
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Par Privilège de Sa Majesté sacrée Impériale, défense est faite, dans toutes les limites du Saint Empire Romain et de tous les Royaumes et Domaines de sa Majesté, à tous
Dessinateurs, Graveurs, Typographes, Libraires, et en un mot à tous ceux qui fabriquent
et font commerce des livres, de contrefaire soit en partie ou en totalité des caractères
semblables ou d'autre forme, de remanier ou de faire remanier, de reproduire ailleurs par
gravure ou impression, de vendre ou distribuer ouvertement ou en secret, les oeuvres d'Henri
Khunrath, de Leipzig, Docteur en Médecine, qu'elles soient écrites ou dessinées, médicinales,
chimiques, kabbalistiques, ou traitant de toute autre science occulte, latines ou allemandes,
traduites d'autres auteurs ou écrites et inventées par lui-même, et en particulier parmi
celles-ci, l'AMPHITHEATRE Christiano-Kabbalistique, Divino-Magique, Physico-Chimique et
Ter-Tri-uno-Catholique de l'Eternelle Sapience, seule vraie, sans avoir obtenu auparavant
le consentement du dit Docteur Henri Khunrath ou de ses héritiers, et cela par l'espace de
dix années, à partir du premier jour où il lui plaira de donner cette édition. Si quelqu'un,
en commettant une de ces actions, était assez téméraire pour essayer, en quelque lieu que ce
soit, de mépriser, négliger ou transgresser ce Privilège et Interdit Impérial, non seulement
il sera privé, de fait, de tous les exemplaires ainsi contrefaits ou reproduits (ce que pourront
faire ledit Henri Khunrath ou ses héritiers ou leurs mandataires en quelque lieu que ce soit,
ou par eux-mêmes, car nous leur accordons à ce sujet toute autorité, ou par l'intermédiaire
du magistrat du lieu dont ils pourront requérir l'aide) mais il sera en outre irrémissiblement
condamné en expiation de la fraude à une amende de dix marks d'or pur envers le fisc
Impérial, et à une amende égale au profit du dit Docteur Khunrath ou de ses héritiers,
etc., etc.

Prague, le premier jour de juin. Année 1598.
RUDOLPHUS.
Par ordre exprès de Sa Majesté Impériale et Sacrée.
A. BENCK.
Auquel il a été ajouté le sceau de cire rouge de Sa Majesté Impériale.
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A L'E T E R N E L, A L'I N V I S I B L E, AU SEUL SAPIENT, AU MEILLEUR DE TOUS LES ETRES,
INFINI ET OMNIPOTENT
צֶבָאוֹת אְלֶחִים יְהוָֹה
(TZEBAOTH) (AELOHIM) (TETRAGRAMMATON)
A U D I E U D E S D I E U X
L'ETRE DES ETRES TRI-UN
SAINT, SAINT, SAINT
AU PERE, et AU FILS, incarné dans la plénitude du temps J E S U H - C H R I S T, ainsi qu'au SAINT- ESPRIT,
De l'Universalité des choses existantes, créées et renfermées dans tout l'UNIVERS
AUTEUR, CONSERVATEUR, GUBERNATEUR
pour toujours;
A son SEIGNEUR et SOUVERAIN Universel, bénignissime, en le craignant filialement, l'aimant uniquement, l'adorant humblement; et dans toute l'éternité, avec la dévotion qu'il lui doit, avec raison le louant;
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II.
A TOUTE LA MILICE OMNIPOTENTE DE L'ARMEE SPIRITUELLE ET CELESTE, respectueusement rassemblée; à ces esprits de flamme qui sont les ministres de IEHOVAH, divinement concédés à moi, et m'assistant de leur plein gré, par leur office didactique et tutélaire,
III.
A SON PROCHAIN (à celui qui aime véritablement et artistiquement son Dieu) à tout fidèle, quel qu'il soit, en l'aimant extrêmement,
IV.
A LUI-MEME serviteur et organe de DIEU (que la jactance et la calomnie soient loin de sa bouche!) avec tout le soin possible, suivant la mesure des DONS, par le SEIGNEUR, très libéralement accordés.
V.
(*1) A TOUTE LA SACRO-SAINTE ECRITURE BIBLIQUE, utile vers. pour instruire, pour démontrer, pour corriger, pour conduire dans la justice, afin que l'HOMME DE DIEU soit parfait, étant préparé à toute oeuvre de bien,
VI.
A LA NATURE mirifique, régie par les ELOHIM dans le MONDE universel (et à son fils, appelé la MAGNESIE des Philosophes jamais odieuse, qui doit être considéré comme MOUVEMENT et LUMIERE,
Enfin:
##Note :
(*1) S. Paul II. Timoth. III. vers. 16.
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VII.
AUX SCIENCES ET ARTS, tous en général, par lesquels la gloire de DIEU est étendue sur tout l'Orbe Terrestre, et principalement aux sciences les plus secrètes et les plus sublimes qui s'accomplissent spagyriquement par le moyen du FEU qui éprouve toutes choses,
CET AMPHITHEATRE
DE L'ETERNELLE SAPIENCE
SEULE VRAIE
Et même
De ces vierges très chastes, qui, comme ELLE touchent presque aux demeures sacrées les plus secrètes, et dont il n'existe pas, parmi les Sciences et Arts utiles, sur tout l'Orbe Terrestre, au genre humain, de plus augustes, de plus saintes et (à cause de l'UTILITE et des FRUITS, tant macro et micro-cosmiques que DIVINS, salutaires dans l'Eternité) de plus éminentes par exemple
DE LA KABBALE, DE LA MAGIE ET DE L'ALCHIMIE,
Prudentissimement, Theo- et Philo-SOPHIQUEMENT auxiliatrices (par un artifice miraculeux et multiple) de LEUR HEROINE très sainte, dans l'ORATOIRE et le LABORATOIRE macro- et micro-COSMIQUE, nécessairement repurgées sous la conduite et par l'assistance de RUACH-HHOCHMAH-EL, et selon la norme de Vérité de la plus Sainte et CHRETIENNE PHILOSOPHIE, seule vraie, de tous ces spectres trompeurs, de ces sophismes exécrables, diaboliquement et faussement substitués à la VERITE elle même; conformées de nouveau sincèrement par la dextérité catholique à l'exemple de l'Archétype; dignement restituées et restaurées dans leur primordiale Simplicité et Bonté tri-uno Catholique,
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CHRISTIANO - CABALISTIQUE
D I V I N O - M A G I Q U E
et aussi
PHYSICO-CHIMIQUE
TERTRIVNO-CATHOLIQUE
Dans lequel, Theo- et Philo-SOPHIQUEMENT est enseignée la VRAIE SAPIENCE et son étude qui est la source la plus sincère de la PHILOSOPHIE, l'origine naturelle de l'INTELLECT, la Puissance et la Lumière essentielle DE LA NATURE catholiquement répandue dans le MONDE et réellement, synoptiquement, catholiquement existante dans son FILS qui est la MAGNESIE des Sages; et aussi le DROIT OU la LOI DE DIEU divinement écrite dans nos coeurs, et même la méthode d'entendre et d'interpréter habilement et orthodoxement la BIBLE sacrée; et encore la SCIENCE de l'arbre de Vie du Bien et du Mal, et des choses honnêtes et honteuses, toutes choses qui sont abondamment expliquées;
OEUVRE, Théorique et Pratique, attestant une άυτοψἰᾳ (fi de Momus et de Zoïle) réellement supérieure, nouvellement corrigé, AMPHITHEATRIQUEMENT pourvu de QUATRE cercles et
d'autres FIGURES hiéroglyphiques, artistiquement gravées sur cuivre, afin de relever et
venger la cause de la VERITE qui, en certains lieux, souffre au mépris de la pudeur une
violence très inique, qui est comme gémissante, pliant sous le poids des calomnies et
presque (ô douleur!) succombant, proche de la mort; par lequel aussi est fournie aux
hommes l'occasion nullement blâmable d'expérimenter et de pratiquer excellemment en
public certains autres arts et industries, et qui, par un pieux mouvement de l'âme, et dans
l'UTILITE commune et pour l'UTILITE du monde CHRETIEN est enfin, et avec grand'peine (mais assez tôt, si comme je l'espère, il est suffisamment parfait) envoyé,
qui enseigne, autant qu'il le peut et le doit, la SAPIENCE VRAIE et QUAND, COMMENT, POURQUOI,
en COMBIEN DE TEMPS, à QUI, QUOI, OU, à L'AIDE DE QUOI elle est enseignée ; le PLUS HAUT DES BIENS de l'HOMME, fécond autant dans la vie future que dans cette vie, don de DIEU, singulier, ter-tri-un, catholicissime, c'est-à-dire:
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l'Agnition, Cognation, Union la Cognition la Cognition
et Fruition et Fruition
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DE IEHOVAH DU MONDE majeur, et de JESUS-CHRIST DE SON IPSEITE PROPRE, et de son Fils, la MAGNESIE
qu'il a envoyé, et des Tri-Une. des Philosophes, qu'il a
Livres de la Sacro-Sainte donné; l'un comme Ecriture, Tri-Une. l'autre Tri-Un. /-------------------------------------------^------------------------------------------\

C'est-à-dire qui les montre par la SOPHIA orthodoxe catholiquement
T O U T E S L E S T R O I S

comme dans un limpide miroir;
DONT
L'A P O C A L Y P T I Q U E C L E F TRI-UNE
des mystères impénétrables (puisque le PERE DES LUMIERES, ouvrant le trésor de sa Bénignité divine, la lui a libéralement concédé) dignement réservée au pouvoir de l'auteur de CET OEUVRE, par sa LOI Tri-une, sainte, équitable et juste c'est-à-dire au moyen de LA FOI, DU SILENCE LEGITIME et DES BONNES OEUVRES (qui concernent au moins l'âme reconnaissante).
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N'est due qu'aux seuls fils de la DISCIPLINE et de la DOCTRINE, qu'aux fidèles et purs héritiers aimés candidats à la SACRO-SAINTE SAPIENCE car les choses sacrées ne doivent pas être données aux chiens, ni les perles projetées aux pourceaux, violemment obsédés par le diabolisme; car TOUTES CHOSES ne conviennent pas à tous, mais suivant
QUI, OU, AUXQUELS, POURQUOI, COMMENT QUAND et COMBIEN
DE L'AME RECONNAISSANTE, DE LA GRATULATION, DE LA CHARITE, DE LA REVERENCE, DE L'ATTENTION, DE L'ADMIRATION, DE L'HONNEUR DU,
Donc
HENRI KHUNRATH, DE LEIPZIG, fidèle amateur de la THEOSOPHIE et DOCTEUR en l'une et l'autre médecine; le CONSACRE humblement, le DEDIE officieusement, l'OFFRE amicalement, l'INTITULE dignement, le LEGUE religieusement, le DONNE respectueusement, le DISPOSE studieusement,
PAR IEHOVAH qui l'inspire, qui l'enflamme, le stimule et l'accorde TRI - UN
Docte, Ducteur, Inventeur et Auteur, EN L'AN DE MASCHIACH
envoyé selon la promesse Divine,
MDCIV.
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HALLELU - IAH! HALLELU - IAH! HALLELU - IAH! Phy Diabolo ! Trois et quatre fi à tous les calomniateurs, quels qu'ils soient, aucun excepté!

A I E H O V A H TRI - UN LOS, HONNEUR ET GLOIRE. AMEN
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A U L E C T E U R
C A N D I D E ,
SALUT
L'OEUVRE INSIGNE DE CET AMPHITHEATRE, dans lequel l'auteur, Henri Khunrath, de Leipzig, à la fois Docteur en Médecine et en Philosophie, a proposé à tous la SAPIENCE DIVINE,
HUMAINE, MACRO et MICRO - COSMIQUE, Divino-Magique, Christiano-Cabalistique et Physico-
Chimique, à admirer par l'application, à observer par les YEUX, à contempler par l'ESPRIT,
à rechercher par les oeuvres dans l'Oratoire et le Laboratoire; cet oeuvre, ami et candide
lecteur, nous te le donnons maintenant, intégral et absolu. L'auteur lui-même, prévenu par
une mort prématurée, en avait laissé après lui une partie imparfaite, peu importante,
il est vrai. En mourant, il en imposa la charge à mes épaules d'une force, certes, bien
inférieure, afin que cet Oeuvre posthume fut, par mes soins, produit à la lumière, tant parce
que je fus lié à lui de la plus intime familiarité, que parce qu'il m'a fait participant
à ses desseins dans cet oeuvre que je dois éditer, avec d'autres laissés par lui plus secrets.
Je donne donc cet oeuvre dans sa plus grande exactitude afin qu'il soit livré à la publicité tel que, du mieux que j'aie pu le comprendre, l'auteur lui-même l'aurait publié; et si dans
le nombre, tous n'en sont pas satisfaits, que ceux-ci considèrent la magnitude de ce TRAVAIL
et fassent mieux. Il me reste à te donner quelques avis sur la fin de l'oeuvre. Que de soins
pour acquérir le SAVOIR que l'esprit humain désire naturellement, de l'aveu de tous! Combien
de volumes des livres des sciences sont feuilletés! Combien d'ennuis sont éprouvés ?
quelles sommes sont dépensées; que d'élucubrations, de veilles, de labeurs sont employés?
dont la fin ultime est, ou vanité, ou indigence, souvent même la ruine des forces du corps
et le délire de l'âme, jusqu'au moment ou la raison humaine montre l'entrée et la route
difficile qui mène à la Philosophie parfaite. Tout autrement procède notre Théosophie dans
cet OEUVRE; car d'abord elle ne coûte ni tant de travaux, ni tant d'argent. Ecoute-la elle-
même te parler: « Elle est facilement vue de ceux qui l'aiment, et trouvée par ceux qui
la cherchent; elle préoccupe ceux qui la désirent ardemment, de sorte qu'elle se montre
la première à eux. Qui, dès la Lumière aura veillé pour elle, ne travaillera pas; il la trouvera
ASSISE à la porte de sa maison. Ensuite elle ne cause pas tant de soucis; sa conversation (*1)
n'a aucune amertume, son intimité aucun ennui, mais de la joie et du plaisir. » Facile
et spontanée est donc cette nôtre Sapience. Tels sont tous les VRAIS DONS de DIEU. Tandis
que les tromperies du monde, les illusions, fantaisies, sophistiqueries du Diable coûtent
beaucoup de travail et beaucoup d'argent.
Enfin c'est pourquoi on doit d'avance dissuader du mépris de cet ouvrage, parce que

##Note :
(*1) Sapient. VI, vers. 12, 14, 15. Sapient. VIII, vers. 16.
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condamner la chose non encore lue, et repousser la chose non encore comprise, est d'un
homme fou et inepte. Je te le demande: est-ce que doivent être méprisés les astres, parce
que tu n'en connais pas dignement la science? Est-ce que doivent être rejetées et foulées
aux pieds les plantes, que la féconde mère Terre fait croître pour nous, parce que tu en ignores
les symboles et les forces occultes? Combien d'inutiles et vides foetus enfante l'Esprit humain ?
Et cependant tu leur donnes souvent la première place dans ta bibliothèque, et ils tiennent
dans ton esprit le premier rang en Philosophie. Tu te souviendras donc de ne pas considérer
cet AMPHITHEATRE comme contenant une Philosophie fausse et vaine; mais qu'il traite
de l'ETERNELLE SAPIENCE SEULE VRAIE, que pour ta mort et ton plus grand mal tu négligerais
et mépriserais. ADIEU et que cet Amphithéâtre te conduise à l'Agnition de DIEU
à la Cognition de toi-même, à la Dignition de la Nature, à l'Illumination de l'Ame, à la
Pureté de l'esprit, à la Santé du corps.
Donné à Wernigerode, dans le célèbre comté Stolbergique en Frise, dans les Ides de mars de l'année de l'enfantement salutaire de la Vierge, 1609.

ERASMUS WOLFART. S.

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ELOGE:
DU GRAND ET ADMIRABLE AMPHITHEATRE DU TRES CELEBRE
DN. HENRI KHUNRATH, DE LEIPZIG,
DOCTEUR en l'une et l'autre MEDECINE et
INSTAURATEUR de L'ETUDE DE
LA SAPIENCE
PAR
THEOPHILE ARETIUS
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En vain quelqu'un entreprendra de pénétrer plus haut Dans les mystères du Verbe cachés par Dieu Ou de plonger son regard dans les arcanes S'il n'est par sa contemplation des choses célestes Séparé du commerce des hommes. Heureuses âmes, auxquelles une si grande grâce fut donnée D'entendre les langues Angéliques dans leur corps mortel, De sentir la voix de DIEU dans leur poitrine humaine! Ou est celui qui de nos jours, possède la sagacité? Ou se cache maintenant l'échelle d'or des Cieux, Par laquelle descendent les Etres d'en haut? A qui a été donné de découvrir l'entrée des séjours sacrés ? Et qui nous conduira aux Divinités pies? Difficile est, crois-moi, d'entrer dans la voie Qui mène à ce but, car il n'a pas été donné à tous De voir clairement ces divines lumières sidérales Qui habitent l'espace. Cependant, bien que nous pensions qu'il fut autrefois permis D'approcher par une familiarité humaine, De ces bienheureux esprits angéliques, C'est par un art infiniment abstrus, je crois, Qu'il te faudra renouveler des plus anciens auteurs. Le soleil s'est couché; il a été submergé
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Au loin dans l'Océan. Et bientôt les ténèbres informes surgissent, Et l'immédicable erreur prévaut; Le menteur sort sa tête du fond de l'enfer. Limpide est la source de la SOPHIA; c'est la divine KABBALE Que possèdent les MAGES qui offraient Et l'encens odorant des Sabéens Et le SEL, dans la coupe dont le nom est un secret, A celui qui donne la VIRIDITE. Nul, sans la permission de DIEU Ne possédera cette SOPHIA triple: Théologie, Astronomie et Science médicinale Nul sans l'inspiration divine, ne sera grand ni élevé. La triple Sapience influe de la source abondante et une, Du souffle éthéréen, de l'esprit infusé en toutes choses, Qui fortifie les terres, remplit l'air, la mer et les astres Tu m'en seras témoin, Roi de paix Dont l'âme possédait autant de gemmes de la SOPHIA, Qu'il y a de grains de sable sur les rivages; De qui le coeur avait atteint par la Sapience, Les sommets les plus inaccessibles. Combien de fois ici, la belle colombe gémissante, Par les soupirs de son coeur Du haut du mont Liban avait appelé? Car elle avait choisi une compagne pour sa vie. O viens, ma bien-aimée, supplie ton cher fiancé Le Roi de Solyme; et par la Divinité sacrée il jure D'être pour toi un chaste et fidèle époux. Ce présent de la confiance de IEHOVAH Nous vint par Abraham, qui s'entretint avec lui; Puis parti de la race chaldéenne, il le porta en Egypte, Et le fit connaître dans les terres de l'Idumée. C'est grâce à toi que fut connue de Jacob La science des choses; grâce à toi, IEHOVAH, à toi échelle de DIEU, Par la grande vision des cieux ouverts. C'est toi qui fit naître dans son troupeau Des agneaux de couleurs diverses Afin qu'il put se libérer de la dette de Rachel. C'est par toi que le Pharaon d'Egypte Comprit les songes qui lui furent traduits Lorsque le sage et prudent Joseph Lui prédit les choses futures, Après la mystique prophétie de la coupe. Elevé à la cour d'Egypte, Moïse en fut pénétré;
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Par elle, il put se tenir lui-même en face de IEHOVAH, Au milieu de l'éclat de cette divine et double Lumière. Par elle encore, sincère, exempt de crime Et d'avarice honteuse, il connut et scruta Jusque dans leurs profondeurs Les choses cachées de DIEU Et sut parler judicieusement à son saint peuple. C'est par cette royale puissance, que l'adroit Arabe Sut résoudre les énigmes du roi des Isacides Que nul autre des plus sapients n'avait pu éclaircir Par elle, Daniel, plus savant que les Mages, Dans leur royale école de la Perse, Leur en donna une notion exacte Et prédit également aux deux monarques Un sinistre destin: A l'un qu'il serait déchu de la puissance souveraine; A l'autre, qu'il serait dégradé au rang des bêtes. Combien, à cause d'elle nous semble prestigieux Le nom trois fois grand d'Hermès. C'est elle qui, respectueuse de DIEU Visita le berceau du CHRIST, Qu'enseigna Reuchlin dans son de Verbo mirifico; C'est elle que le sage Agrippa Dévoila de sa bouche admirable; Que dévoila l'Hermès helvétique, fils des Muses, Objet de haine pour les fats, Lumière admirable pour les sapients, Qui posséda la Sapience Qui surpasse les pensées humaines. La Germanie entière, sublime Soleil, T'adresse ses actions de grâces. Par un agréable poème, cette divine Sapience est célébrée; Elle est (crois-moi) la science, La vraie Lumière de la Nature qui t'explique Les forces abstruses du monde immense; C'est une très-glorieuse Lumière. Sans elle, toutes choses stagnent, Plongées dans des ténèbres profondes; Elle te sera un flambeau; elle sera le guide Qui te conduira en te précédant, Dans les mystères les plus cachés de toutes choses. Et ainsi tu ne seras pas un spectateur inerte De cet admirable Amphithéâtre; et son étude Ne sera pas pour toi une étude fastidieuse; Mais tu seras un hôte intime, érudit et agissant
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Et non un hôte indécis et toujours errant. Elle révèle le cours et les propriétés des étoiles Et indique la succession des temps Et la recherche de vicissitudes des choses; Elle s'oppose à l'impétuosité Des vents et de la mer. Elle règle le lever des astres et le cours de la vie; Par elle l'accroissement des choses est enseigné; Et tu pourras tirer des trésors de la terre. C'est elle qui résout les trois principes de toutes chose, Cette Théosophie est persuasive; elle l'emporte Sur toutes les autres, quelles qu'elles soient; C'est Elle, DEESSE engendrée de DIEU, Epouse des Dieux et génitrice des choses Qu'honore l'assemblée des Philosophes. La Médecine est ton oeuvre, ô DEESSE; Les tremblements frénétiques cèdent à ton pouvoir; L'hydropisie est détruite, la noueuse goutte, La lèpre immonde qui rend l'homme un vivant cadavre, La toux et la consomption qui, comme par des flammes, Dévorent jusqu'au centre les os desséchés, L'humeur apoplectique corrompue, la fureur épileptique, La fièvre qui corrompt et souille la gorge, Toutes ces chimères, tu les vaincs, Quoique jusqu'ici indomptées et insaisissables. Salut, aimable bienfaitrice! Salut, Lumière longtemps attendue! Tu es venue enfin, chassant les nuées du Ciel. Je t'adresse ma louange, HENRI KHUNRATH, Asklépide, immortel honneur des Philosophes, Divin Prométhée, de l'avoir choisie pour amie, D'avoir fait revivre Cette génération des Grâces agréable à DIEU Cette Sapience admirable Mise de nouveau en lumière dans cet AMPHITHEATRE Et qu'on apercevait à peine dans les oeuvres des anciens. L'impuissante envie, les cris des sots, Le sifflement de l'enfer succombent sous de meilleures puissances. O par quel fortuné labeur, quel doux travail, Quels bienheureux soins? Que les fruits en sont féconds! Combien la voie est agréable, exempte d'ennuis! C'est par toi que ce trésor sera tiré de la poussière Et rendu à la Lumière Gloire des Muses, toi qui es mon Pylades,
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Vis toutes les années de Nestor! Adieu. Perce les secrets les plus obscurs du Ciel et de la Terre; Gravis les sommets les plus élevés et les plus inaccessibles, De la Médecine, de la Chimie et de la Divine Kabbale. Vis longtemps; que ta santé prospère Et que ta mort soit bienheureuse!

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E P I G R A M M E
POUR L'EDITION DE L'AMPHITHEATRE DU TRES GLORIEUX
HENRI KHUNRATH, DE LEIPZIG
DOCTEUR EN MEDECINE et PHILOSOPHE INSIGNE
Et le premier de notre époque, etc., son Auteur respectable.
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Toi qui te réjouis de censurer, tu ne peux rien censurer ici; Toute oeuvre s'efface devant cet Amphithéâtre physique; Khunrath, le plus grand des MEDECINS, Par une inspiration divine, par l'amour du vrai Par une pensée envoyée d'en haut, Instruit, illumine les mystères Par l'usage de la Sophia, Redresse les erreurs, revivifie les membres viciés. De toutes les forces, il n'en est pas Dans le monde, d'égale à la sienne. Il est renommé dans cet art divin Comme le lion est réputé pour sa griffe puissante Les dons de DIEU varient par la gloire Qui naît des livres répandus dans le monde; Mais celui-ci est certes un noble don; Et par lui, le génie d'un seul homme S'élève cent fois et cent fois plus haut Que ne le peuvent à grand'peine mille autres.
M. ZUBERUS P. L.
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SUR L'AMPHITHEATRE
DE TRES GLORIEUX ET TRES SAVANT HOMME
DN. HENRI KHUNRATH
TRES CELEBRE DOCTEUR EN MEDECINE
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Celui qui veut s'approcher du MONDE qui est au dessus du monde On qui s'efforce de connaître Ce qui est en lui-même ou hors de lui-même N'a plus besoin de recourir Aux oeuvres anciennes et abandonnées Ou aux nouvelles qui en sont de vaines copies; Qu'il renonce plutôt au monde et à lui-même Et fuie les ténébreuses erreurs. Qu'il vienne, ô KHUNRATH, prendre place A ton théâtre qui, par le feu céleste de ton génie, Nous montre, par le divin miroir d'Emeraude de la Sapience, Les mystères du Macrocosme et du Microcosme. L'Asclépie Hygea règne par la Panacée d'Hermès Et répand ses dons divins aux seuls dignes. Par ton génie, KHUNRATH, tu dévoiles dans ton théâtre L'envie dévorante. Poursuis; Le fondement sur lequel tu as établi ton théâtre Restera inébranlable Tant que sera le Macrocosme, tant que sera le Microcosme
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Dédié par JEAN SEUSSIUS, du Conseil ecclésiastique privé de l'Electeur de Saxe, à son très-cher ami, en considération de son rang et de son amitié.
Dresde, dans les Ides de Mars, Ann. 1604.
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P R O S Φ O N E S E ou ACCLAMATION
DE THEODORE AQUILINUS, P. L., AMATEUR DE THEOSOPHIE
AU
SAGE PHILOSOPHE
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Les Muses futiles, depuis longtemps délaissées? Ne souffrent pas les chants profanes Et ne sont pas inspirées d'Apollon. Ce fut autrefois une folle entreprise, Une imposture, un aveuglement, un songe, D'exciter Phoebus inflexible, dans l'antre Delphique; D'appeler les Muses Déesses, De croire mériter et attirer les dons de DIEU En les demandant aux fontaines, Aux bois et aux montagnes. Maintenant une autre force dirige l'Esprit, grand DIEU; Elle demande d'autres moeurs; Elle exige de l'homme le don de sa vie; Afin que nous vivions par le Père; Elle défend de s'attacher aux choses vaines, Oisiveté ou négoce et lettres profanes, Afin que nous observions ses lois. L'art subtil des Philosophes, des Rhéteurs Et les fictions des Poètes Obscurcissent sa Lumière admirable; Tant de langues instruisent Qui ne prouvent rien Comme si elles apportaient le Salut Qui dévoile la Vérité. Que peuvent trouver Ceux qui cherchent le Bien et le Vrai
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S O M M D E L'A M P H I T H E A T R E D E
S E U L E CHRISTIANO-CABALISTIQUE, DIVINO Ter-tri-uno - de HENRI KHUNR Savant assidu en Théosophie
/ I / DIEU, et Celui qu'il a \ ¦ L'Agnition ¦ envoyé, JESUS - CHRIST ¦ ¦ de DIEU ¦ et le Livre de la ¦ ¦ et de Celui qu'il a envoyé ¦ Sacro-sainte Ecriture; ¦ ¦ JESUS ¦ ¦ ¦ CHRIST ( TOI - MEME ¦ ¦ Et la compréhension des ¦ ¦ ¦ Livres de la Sacro-Sainte ¦ Et le MONDE majeur, ¦ ¦ Ecriture ¦ et celui qu'il a donné, ¦ ¦ ¦ son fils la MAGNESIE ¦ ¦ en et par: \ des Sapients ¦ ¦ ¦ Et ainsi,
¦ / (TOI - MEME ¦ comme dans ¦ ¦ ¦ un clarissime ¦ II ¦ DIEU, et Celui qu'il a envoyé ¦ miroir, ou par
Apprends ¦ La notion ¦ JESUS-CHRIST, et le Livre ¦ une source ô ¦ de TOI - MEME ( de la Sacro-sainte Ecriture ¦ limpidissime, H O M M E ¦ ¦ ¦ la SAPIENCE ¦ en et par: ¦ Et le MONDE majeur, ¦ vraie, est (ce pourquoi ¦ ¦ Et celui qu'il a donné, son ¦ à toi tu es venu dans ( \ FILS, la MAGNESIE des Sages @ offerte le MONDE) ¦ / ¦ en ¦ III ¦ LE MONDE majeur, ¦ un don sous la conduite¦ La Cognition ¦ Et celui qu'il a donné, son ¦ de DIEU ¦ DU MONDE majeur ¦ FILS, la MAGNESIE des ¦ Ter-tri-uno le Père des ¦ et de celui qu'il a donné, son ¦ Sapients, qui est consubs- ¦ catholique Lumières. ¦ FILS, la MAGNESIE des ¦ tantielle à ses Parents et la ¦ par le ¦ Philosophes, c'est-à-dire le ¦ splendeur de la gloire et ¦ SAINT ¦ SUJET prédestiné et parfait ¦le caractère de la substance ¦ ESPRIT ¦ de la PIERRE des Philosophes, ¦ pri-matérielle, catholique, ¦
¦ catholique ou universelle, ( dans laquelle synoptico- ¦ ¦ plus que parfaite, par la ¦ catholiquement habita ¦ ¦ Régénération Physique ¦ corporellement toute la ¦ ¦ (avec l'aide de l'art chimique ¦ plénitude de la NATURE ¦
¦ plus que perfectible) c'est- ¦ ¦ ¦ à-dire primaternelle, et pour ¦ TOI - M E M E ¦ ¦ cela catholique ou univer- ¦ ¦ ¦ selle, et (VO+)-ielle ¦ DIEU, et Celui qu'il a envoyé,¦
¦ ¦ JESUS-CHRIST, et le Livre ¦
\ en et par: \ de la Sacro-sainte Ecriture /
Regarde; Lis; Observe; Comprends; Exam ΠΑΝΤΑ ΔΙΘ ELOHIM OMNIA REN PSAU f. 4. Tu mas rempli de joie, IEHOVAH, dans tes oeuv ADSIT f. 5. Que tes oeuvres sont magnifiques, IEHOVAH! et com f. 6. L'homme insensé ne connaîtra pas et le fou ne les Hallelu-IAH! Halle Phy au Encore et encore Phy aux calomniate A M
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A I R E
L A S A P I E N C E E T E R N E L L E
V R A I E
MAGIQUE et aussi PHYSICO-CHIMIQUE
Catholique
ATH, DE LEIPZIG,
et Docteur en Médecine.

CHRISTIANO- \ / \ THEOSOPHIQUEMENT KABBALISTIQUEMENT ¦ ¦ EN ORANT ¦ tu comprendras c'est-à-dire ¦ ¦ dans ¦ et par la méthode de la ¦ ¦ ¦ imprimeras en ton esprit KABBALE CHRETIENNE: ¦ ¦ l'ORATOIRE ¦ CES TROIS ¦ ¦ ¦ CHOSES DIVINO ¦ ¦ ¦ c'est-à-dire MAGIQUEMENT ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ LE SOUVERAIN BIEN c'est-à-dire ¦ ¦ ¦ dans ce monde par la méthode de la MAGIE ou ¦ ¦ ¦ Divin, micro et SAPIENCE DIVINE qui est ¦ (Lesquelles ¦ ¦ macro-COSMIQUE! unique, quoique abondante ¦ ¦ ¦ Ter-tri-un et multiforme (πολοποικιλος. ¦ méthodes ¦ ¦ catholicissime S. Paul, Ephés III, 10), ¦ ¦ ¦ TOUT et multipliée, (πολυποιμὲς. ¦ enseignent ¦ ¦ en Sapience, VII, 22), ¦ ¦ ¦ T O U S! laquelle méthode est bonne, ¦ cet ¦ et ¦ multiple et variée par ses ¦ ¦ ¦ LA FIN, ô Homme manifestations; non seule- @ A M P H I - ( ) de ta bienheureuse vie ! ment publique, mais ¦ ¦ ¦ secrète, plus secrète et ¦ T H E A - ¦ ¦ secrétissime; bien notée, ¦ ¦ ¦ Cette SOPHIA droitement observée et ¦ T R E) ¦ ¦ cette PHILO-SOPHIA pieusement usitée par les ¦ ¦ ¦ suprême! et la VOIE qui y Philosophes les plus sublimes ¦ ¦ ¦ conduit et non par les pervers: ¦ ¦ ¦ Théosophique, Ter-tri-une, ¦ ¦ ¦ Catholique, Linéaire, Seule
¦ ¦ ¦ Vraie par laquelle TOUS les
¦ ¦ ¦ biens (Oh! combien innombrables ¦ ¦ ¦ ! combien admirables!) ¦ ¦ ¦ NOUS sont donnés! PHYSICO-CHIMIQUEMENT ¦ ¦ ¦ Toute AUTRE CHOSE est ou c'est-à-dire ¦ ¦ ¦ superficielle ou circonféren- par la méthode de la chimie ¦ ¦ ¦ tielle, ou fausse, ou nulle. physico-artificielle et de ¦ ¦ ¦ l'ALCHIMIE, conforme à ¦ ¦ LABORANT ¦ la norme de la nature. ¦ ¦ ¦ ¦ ¦ dans le ¦ ¦ ¦ ¦
¦ ¦ LABORATOIRE¦ / \ /

ne; Recherche; Juge; Eprouve; Profite.
ΟΝ ΚΙΝΕΙ dunt laboribus.
ME XCII
res, et j'exulterai par ce qui a été fait de tes mains.
mbien profondes sont tes cogitations!
s connaîtra pas.
lu-IAH! Hallelu-IAH!
Diable.
eurs quels qu'ils soient! nul excepté !
EN

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Sans chercher l'origine même du Vrai, La source et la fomentation du Bien: DIEU? Nul ne pourra voir, sinon par le Christ. Il est la Lumière de la Vérité, la Voie des Voies, La Force, l'Esprit, la Main, la Puissance du Père, Le Soleil d'Equité, la Source des biens, le Fleuron de DIEU, L'Issu de DIEU, le Créateur du Monde; Lui, le Maître qui tient notre vie en son pouvoir, S'est fait homme pour nous; s'est abaissé; Il s'est revêtu de la mortalité de notre vie, Etablissant ainsi une éternelle alliance Entre les hommes et Dieu Lui-même. C'est pour nous qu'il fait luire dans le Ciel La lumière des étoiles; Il dissipe la tristesse qui engourdit le corps; Il rénove la disposition de l'Esprit; Il accueille ceux en qui la volupté coupable A fait place à la Chasteté; Il revendique tout notre être par la Loi du Seigneur Et veut dans notre coeur, en tout temps, en tous lieux, Etre compris, recherché, choisi; Il veut être craint et aimé. Et, je t'en prie, ne crois pas inerte ou perverse La science ici exposée en entier; Ne l'accuse pas d'impiété. Comment la piété pourrait-elle être éloignée du chrétien? Car l'argument est réciproque: Ce qui est chrétien est pieux; et l'impie N'est pas soumis au Christ. Cet oeuvre entièrement mystique, Cet admirable Amphithéâtre enseignera Et montrera à ton coeur Par les nombres éternels, un et trois, A trouver la fin excellente Et le but unique à atteindre Par lesquels tu auras la possession de DIEU.
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ORAISON THEOSOPHIQUE
D U C H R E T I E N P R U D E N T

A
L A S O U R C E D E S A P I E N C E LE CHRIST, LE PLUS PARFAIT
DES ETRES
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Christ, fais que je devienne Sapient, Parce que Tu es seul la Sapience du Père Et que celui-là seul est Sapient Qui est Sapient avec Toi. Qui dissipera l'obscurité qui me voile la Lumière, Afin que je connaisse la douce voie du salut ? Je m'adresse à Toi, parce que, pour les mortels, Tu es Toi-même la Lumière Par laquelle toutes choses créées ont vu le jour. Donne-moi la LUMIERE DE LA NATURE Ecarte les ténèbres; que nos pensées S'inspirent de Ton Esprit. Je confesse, il est vrai, que je ne suis pas digne D'un tel honneur; je suis misérable; Je suis accusé, ô Christ de grands crimes. Mais toutefois j'ai confiance En l'effusion de Ton sang, dont la plus petite goutte Effacera mes souillures. Si Tu me donnes la Vie, pourquoi donc Ne point me donner aussi Tous les avantages de cette Vie Que tu nous offres dans ta bonté? Car il n'est pas de grâces Que nous ne devions recevoir Lorsque, dis-Tu, nous les demandons Au Père, en Ton nom.
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Je ne cherche pas le lucre; je ne m'efforce pas De m'attirer la gloire; Toi seul es ma gloire et mon lucre. Mais ne me donne pas Ces richesses qu'admire l'avare, Car toutes choses périssent Et les trésors du monde n'ont pas de stabilité. Dirige mon entreprise; Emplis mon esprit des célestes feux, Et, par Ta prudence, Détourne les ombres dangereuses. Rien ne me sera obscur Et je serai facilement conduit Dans les mystères de la Nature, Si Toi-même, ô Christ me montres la voie. Et je Te rendrai grâces, Et je T'adresserai mes louanges, Car l'homme ne possède rien de meilleur Que ce qu'il remet entre Tes mains.


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I S A G O G E ou H Y P O T Y P O S E ou ABREGE ET ESQUISSE DU P R O L O G U E SUIVANT DE L'AMPHITHEATRE CHRISTIANO - KABBALISTIQUE DIVINO - MAGIQUE ET PHYSICO - CHIMIQUE DE LA S A P I E N C E E T E R N E L L E SEULE VRAIE ET ADRESSE CATHOLIQUEMENT A U X H O M M E S A TOUS UNIVERSELLEMENT, ET A CHACUN EN PARTICULIER.
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Le présent PROLOGUE de l'ETUDE de la SAPIENCE vraie, et de la manière de PHILOSOPHER avec rectitude est assimilé à l'ECHELLE mystique des SEPT GRADES orthodoxes, par laquelle
(DIEU appelant et conduisant, le GENIE stimulant, le TALENT coopérant, le TRAVAIL exact et
actif absolvant) la doctrine vraiment sapiente, tant par la SAPIENCE vraie que par son
sapient apologiste (suivant le voeu très candide de IEHOVAH lui-même) ascend THEOSOPHIQUEMENT
à la PORTE du dit AMPHITHEATRE, laquelle, bien qu'étroite, menue et méprisée, est
cependant assez auguste et majestueuse; EN et PAR laquelle tout fils fidèle de la DOCTRINE,
persévérant constamment jusqu'à la fin ENTRERA joyeusement, et où il OBTIENDRA heureusement
CE SOUVERAIN BIEN, Ter-tri-Uno catholicissime, c'est-à-dire: premièrement, l'agnition
de DIEU et de celui qu'il a envoyé, JESUS-CHRIST, et l'intellection exacte du Livre de la
Sacro-Sainte Ecriture; deuxièmement la cognition de SOI-MEME; troisièmement la cognition
du MONDE majeur et de Celui qu'il a donné, son FILS, la MAGNESIE des Philosophes,
du SUJET prédestiné et parfait de la PIERRE des Philosophes, catholique ou universelle, plus
que parfaite par la Régénération physique, avec l'aide de l'Art de la Chimie, plus que perfectible;
Et ceci premièrement: EN et PAR DIEU et Celui qu'il a envoyé, JESUS-CHRIST, et par
le Livre de la Sacro-Sainte Ecriture; deuxièmement, en et par SOI-MEME; troisièmement,
en et par le MONDE majeur et Celui qu'il a donné, son FILS, la MAGNESIE des Sapients TOUTE
en TOUS (qui, pour cette raison, Tri-unement composée par אלחים ELOHIM tri-un, d'un
Corps, d'un Esprit et d'une Ame, a été placée principalement dans le Paradis de ce
monde); et dont il JOUIRA Théosophiquement comme d'un don et d'une récompense excellente
de sa victoire.
CE PROLOGUE CONTIENT autant de VERSETS qu'il y a de jours dans l'année, c'est-à-dire trois cent soixante-cinq, afin que, par CHACUN des jours de l'année entière, par une égale et
soigneuse contemplation, il soit acutissimement médité de celui qui aime sincèrement la
SOPHIA, considéré avec tout l'effort de la pensée, et comme souvent repassé dans son esprit,
de sorte que ce salutaire aliment de la DOCTRINE THEOSOPHIQUE, destiné à l'âme, se change
en une douce récréation de l'âme, en une nourriture de l'âme très-efficace, aussi convenable
qu'agréable; ainsi donc, par l'espace d'une année entière (car crois bien que l'acquisition
de l'expérience, surtout pour celui qui n'est que très-récemment initié, n'est pas le
travail d'un jour, d'une semaine ni d'un mois!) et aussi par l'aide et l'assistance du RUACH-
HHOCHMAN-EL, ou ESPRIT DE LA SAPIENCE DE DIEU, envoyé par le père DES LUMIERES, qu'il ne
soit pas goûté seulement des lèvres, et superficiellement, mais qu'il soit profondément et
fréquemment ingéré et de nouveau goûté, et, de plus, qu'il enseigne non seulement
QUINT-ESSENTIELLEMENT QUELLE, COMBIEN et COMMENT SUAVE est la SAPIENCE vraie, mais encore
quelle est la règle pour PHILOSOPHER sincèrement; et enfin, et surtout qu'il fasse pénétrer
sa DOCTRINE dans les plus intimes profondeurs du coeur humain.
Et nul vraiment ne goûtera facilement et dignement ces festins somptueux et magnifiques, et même THEOSOPHIQUES, et bien peu deviendront sapients si chacun n'est auparavant,
au moyen d'une réverbération et d'une tribulation suffisante, par l'Amour de la Croix
entièrement humilié; arraché à la mollesse par une vie austère (et par les épreuves de
l'esprit) au moins insignement préparé; puis, s'il n'est chrétiennement lavé dans l'Eau
des larmes de la pénitence de toute impureté, jusqu'à ce qu'il soit devenu propre et candide,
et si encore, par la pratique de la philosophie, toutes les vanités de ce monde
immonde ne sont complètement rejetées par lui et laissées loin de lui; de sorte qu'il soit,
par cette méthode, rendu spirituel et bien préparé, heureusement disposé à ce banquet.
C'est pourquoi il faudra qu'il se soit lui-même souvent essayé, sévèrement examiné, très-
exactement éprouvé et ainsi suffisamment probe, constant, irrépréhensible, pour qu'il soit

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légitimement reçu au nombre des Fils et des fidèles de la DOCTRINE et de la SAPIENCE, et
inscrit aux annales, et qu'il s'associe dignement et solennellement au banquet Théosophique
et qu'il soit marqué à juste titre au nombre des convives. Voici maintenant le
SOMMAIRE de cette ECHELLE des sept degrés prologétiques.

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A R G U M E N T
D U P R E M I E R G R A D E

LE PREMIER GRADE est celui par lequel tous les Hommes, sans exception, tous, en général et en particulier, par une affection vive envers tout le genre humain, sont fidèlement
appelés de toutes parts, soigneusement invités à Entendre avec ardeur et de leur
mouvement propre le Sapient, c'est-à-dire le vrai et parfait Théosophe de l'ETERNELLE
SAPIENCE, seule vraie, le magnifique et royal apologiste divinement constitué et subdélégué;
et aussi la SAPIENCE elle-même, citée ci-dessus; par eux-mêmes d'abord; ensuite par
l'Amour, l'Admiration et l'Etude de la MAGIE (SOPHIA) ou SAPIENCE DIVINE, c'est-à-dire de
la Philosophie Théosophique, la plus sainte et la seule légitime et vraie; puis dans lequel
encore, les disciples à initier, pour les causes énoncées plus haut, sont gravement et
révérentement (avec respect et dévotion) accoutumés à obéir sans contradiction.

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A R G U M E N T
D U S E C O N D G R A D E

LE SECOND GRADE est celui où, après avoir reçu cette Semence Divine (par l'appel du DIVIN ELOHIM et l'action de DIEU, le Père des Lumières), on doit persévérer avec bonheur
dans cette bienheureuse Obédience primitive, sans qu'il en répugne à la conscience; puis
aimer la SAPIENCE ETERNELLE, seule vraie, source et fondement unique, seul, catholique et
éternelle, seule mère de toute Vérité, de la Vertu, de la bonne Sapience, de la Cognition et
de l'Intelligence vraie, et aussi, par conséquent, de la Philosophie Théosophique infiniment
sacrée, seule légitime et vraie, tant par les choses de la Religion que par les Arts et
les Sciences utiles au genre humain, comme aussi par la Philosophie orthodoxe; de tout
ton coeur, de toute ton âme, de toutes tes forces et de tout ton esprit (en considération du
don bénignement concédé et communiqué), et par tout genre d'oblation et de tradition de
soi-même, et en général par toute pensée ou sentiment venant du fond de l'Etre; continuer
ardemment cette étude;(a) abandonner entièrement cette sapience seulement humaine,


##Note :
(a) I. Corinth. II, v 4, 5, 13.
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(b) charnelle, (c) mondaine, fausse et estimée des hommes, enflée de l'ambitieuse éloquence,
(d) par les sublimes et sophistiques discours (e) et les paroles persuasives de ceux qui sont habiles
dans les sciences, et par les vaines couleurs de la puissance oratoire (de laquelle l'apôtre
S. PAUL, par l'ordre Divin, nous détourne fidèlement) qui s'enorgueillit superbement
et se fait la rivale de la SAPIENCE DIVINE et vraie; qui trompe par de (f) faux raisonnements et
par la vraisemblance des discours, diaboliquement née et propagée et divulguée très pernicieusement
par ses admirateurs, qui sont son organe (semblable à elle-même), bâtarde, illégitime
et même profane, génitrice de tous les vices, ténèbres, erreurs, séduction et confusion
de cette pseudo-Philosophie ((g) appelée par le vase d'élection du SEIGNEUR, qui a eu connaissance
du troisième ciel et révélation des mystères du Paradis, (h) Vaine tromperie et déception),
qui parfois triomphe de la vraie SAPIENCE elle-même et la rejette loin d'elle, et que
tu vois ici fort bien dépeinte sous ses véritables couleurs (ou plutôt par ses productions
stercorales, par lesquelles seules elle est caractérisée); haïr le chien et le serpent qui est
(*1) pire; et même sévèrement et de toutes ses forces, les abominer, les exécrer et les détester;
éloigner et détourner les autres du culte de cette fausse sapience, de toutes ses forces et
par une assiduité infatigable, ou du moins afin qu'ils la suivent et s'y attachent moins;
afin que, par suite de réflexions, ils commencent à haïr ce qu'ils doivent fuir maintenant
et toujours.

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A R G U M E N T
D U T R O I S I E M E G R A D E

LE TROISIEME GRADE est celui où, par la Grâce de IEHOVAH, il nous est fait connaître et savoir, Comment et Combien Belle, Glorieuse et Incomparable est la SAPIENCE ETERNELLE,
seule vraie, qui est la seule racine, le fondement et le principe unique, seul catholique et
éternel, de la Philosophie la plus sincère, la plus saine et la plus vraie, et même de toute
la THEOSOPHIE ou méthode de philosopher avec rectitude; en outre, aussi, qu'est-ce qui est
particulièrement dit de cette PHILOSOPHIE vraie ?

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A R G U M E N T
D U Q U A T R I E M E G R A D E

LE GRADE QUATRIEME est celui où l'on apprend à connaître ce que donnera la SAPIENCE vraie; auprès de quel Docteur ou Maître, et elle doit être cherchée et trouvée; d' elle
vient, dans Quels Livres elle est transmise; en combien de manières, dès le commencement,
elle s'est manifestée à toutes les créatures et principalement aux Hommes; et, jusqu'aujourd'hui,


##Note :
(b) Rom. VIII, v 7. II. Cor. II. v 12.
(c) I. Cor. I v 20. et I. Cor. III. v 19.
(d) I. Cor. II v 1 et 14.
(e) I. Cor. I v 17.
(f) Coloss. II. v 4.
(g) Actes 9. v 15 II. Cor. XII. v 1 et 4.
(h) Coloss. II. v 8.
(*1) O race exquise vraiment!
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