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Réfer. : AL0914
Auteur : Serge Hutin.
Titre : Les alchimistes au Moyen Age.
S/titre : .

Editeur : Hachette. Paris.
Date éd. : 1995 .




**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****



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CIVILISATIONS ET SOCIETES

L'étude des grandes civilisations
et des groupes sociaux qui les
animent. La civilisation matérielle,
mais aussi l'histoire des sciences,
des mentalités, la vie culturelle...

L'HISTOIRE EN MARCHE
Pas à pas, les temps forts et les
tournants de l'histoire, mais aussi
les idées, les courants et les projets
qui ont fait avancer l'histoire.

ACTUELLES
De véritables documents d'actualité
sur des sujets récents, écrits
par des historiens, des journalistes
ou des grands témoins.



L A V I E Q U O T I D I E N N E
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L'ECRITURE VIVANTE DE L'HISTOIRE
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Les alchimistes
au Moyen Age

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DU MEME AUTEUR
L'alchimie, Presses Universitaires de France, « Que sais-je? »,
n° 506. Les alchimistes (en collaboration avec M. Caron), Le Seuil,
1959. Voyages vers ailleurs, Fayard, 1962, Prix Lamennais 1966.
L'amour magique, Albin Michel, 1971, Prix de la Revue
Indépendante 1972. Histoire de l'alchimie, Marabout, 1971.
Les secrets du tantrisme, Marabout, 1973.
Tous les secrets sont en nous, Dervy-Livres, 1975.
Des mondes souterrains au Roi du monde, Albin Michel, 1976.
Les sociétés secrètes en Chine, Robert Lafont, 1976.
Théosophie, à la recherche de Dieu, Dangles, 1977.
La tradition alchimique, Dangles, 1978.
L'immortalité alchimique, Éditions Montorgueil, 1991.
Robert Fludd, réédition, Savoir pour Etre (Bruxelles), 1994.
Gouvernants invisibles et sociétés secrètes, 2e édition mise à
jour, Editions Ramuel, 1995.
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Serge Hutin


Les alchimistes
au Moyen Age



HACHETTE

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Maquette et conception graphique: Atalante.
En couverture: folio 37, mss Add. 10302, British Museum « Thomas
Norton et ses aides », de The ordinal of Alchemy.
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(C) Librairie Hachette, 1977.
(C) Hachette Livre, Département Hachette Référence, 1995, pour la
présente édition.

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A mon ami Henry Bac
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Introduction



Un chroniqueur allemand du XIVe siècle, Franz Gassmann, dénonçait ainsi (1) l'importance toute spéciale prise en son
temps par la figure pittoresque de l'alchimiste, pas seulement
en Allemagne mais dans les divers royaumes de la
Chrétienté:

Presque tout le monde veut être appelé alchimiste, Un grossier idiot, le garçon et le vieillard, Le barbier, la vieille femme, un conseiller facétieux, Le moine tondu, le prêtre et le soldat.
Aujourd'hui encore, prononcer le nom même d'alchimie, n'est-ce pas l'associer tout de suite à l'« obscur » Moyen
Age?
Nous avons donc pensé qu'une étude consacrée à la vie quotidienne des alchimistes ne pouvait qu'être centrée autour du
Moyen Age - plus exactement de la période, pour l'Europe
occidentale, qui s'étend du XIIe au XVe siècle. Figure qui
devait se maintenir tout au long de la Renaissance, et bien
plus tard.
La figure de l'alchimiste du Moyen Age devait fasciner les romantiques. Dans Notre-Dame de Paris, Victor Hugo
donnera la description, pittoresque à souhait, du petit laboratoire
aménagé dans l'une des tours de la cathédrale par
l'inquiétant diacre Claude Frollo. Il vaut la peine, afin de
mieux faire la confrontation qui s'impose avec la réalité historique,
de reproduire cette page si célèbre:

... Un réduit sombre et à peine éclairé. Il y avait (...) un grand fauteuil et une grande table, des compas,
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10 LES ALCHIMISTES AU MOYEN AGE --------------------------------------------------------

des alambics, des squelettes d'animaux pendus au plafond, une sphère roulant sur le pavé, des hypocéphales, pêle-mêle avec des bocaux où tremblaient des feuilles d'or, des têtes de morts posées sur des vélins bigarrés de figures et de caractères, de gros manuscrits empilés tout ouverts, sans pitié pour les angles cassants du parchemin; enfin toutes les ordures de la science, et partout sur ce fouillis de la poussière et des toiles d'araignées... Un large fourneau.. . était à gauche du fauteuil, au-dessous de la lucarne. Sur le fourneau étaient accumulés en désordre toutes sortes de vases, de fioles de grès, des cornues de verre, des matras...
Si l'atmosphère fantastique si chère au romantisme (2) (et qu'on retrouverait d'ailleurs, à un niveau populaire, dans le
cinéma d'épouvante) n'a guère de rapport avec ce qu'il
en était chez les vrais alchimistes du XVe siècle (3), Victor
Hugo - qui avait vingt-neuf ans au moment où il publiait son
roman - décrit d'une manière exacte les instruments
employés par l'alchimiste. Seule l'atmosphère « illicite »
se trouve plaquée sur les faits. Le jeune Victor Hugo ne s'était
d'ailleurs pas contenté de lire des ouvrages sur l'alchimie,
de compulser de vieux livres et manuscrits; il avait conversé
avec des hommes qui, au début du siècle dernier, croyaient
en la possibilité effective de réaliser le Grand Oeuvre. Il
avait bien connu, tout spécialement, l'alchimiste moderne
Cambriel (4); c'est à ce dernier qu'il avait emprunté sa connaissance
poussée des légendes liant Notre-Dame de Paris aux
secrets de la tradition alchimique.
Citons-en à nouveau un passage:
Tout le monde avait pu remarquer... les interminables heures qu'il (Claude Frollo) employait souvent, assis sur le parapet du parvis, à contempler les sculptures du portail... calculant l'angle du regard de ce corbeau qui se tient au portail de gauche et qui regarde dans l'église un point mystérieux où est certainement cachée la pierre philosophale...
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INTRODUCTION 11 --------------------------------------------------------

Qu'est-ce donc que l'alchimie ? La définition populaire en fait un art fabuleux mais réputé naguère capable, au moyen de ses procédés si jalousement
tenus secrets, de changer le plomb en or; en un mot, de réussir
une fabrication artificielle de métal précieux. Nous
partirons donc, mais en la complétant et en la rectifiant si
besoin est (5), de cette image familière.
Les peintures et gravures qui montrent un alchimiste en train d'« oeuvrer » dans son laboratoire sont assurément très
nombreuses - et certaines d'entre elles fort célèbres (par
exemple les oeuvres de Teniers). Elles sont néanmoins postérieures
à l'époque médiévale: elles apparaissent sous la
Renaissance, et se multiplient aux siècles suivants. Si les plus
récentes sont volontiers très fantaisistes, celles du XVIe siècle
et même du XVIIe siècle sont en règle générale très fidèles à
la réalité. On peut les considérer, malgré le décalage temporel,
comme fournissant l'image exacte du cadre si
pittoresque où se déroulaient les travaux de l'alchimiste
médiéval.
Parmi les rares documents iconographiques qui remontent au Moyen Age (et encore, à la fin de la période), citons -
dans le manuscrit de l'Ordinall (XVe siècle), de l'adepte
anglais Norton, conservé à la bibliothèque du British
Museum (6) - une planche qui montre un alchimiste et ses deux
assistants, ces derniers figurés avec une taille réduite par rapport
à celle du maître (7), pour concrétiser leur subordination
à celui-ci.
En revanche, tout au long du Moyen Age et même avant, les traités écrits par des alchimistes sont fort nombreux. La
datation exacte de nombre d'entre eux pose bien des problèmes
à l'historien. Pourtant, dans certains traités, l'auteur
donne l'indication précise de la date et du lieu d'achèvement
des travaux. C'est le cas, aux derniers vers de La
Fontaine des Amoureux de Science, oeuvre d'un alchimiste
natif de Valenciennes mais rédigée dans la métropole du
Languedoc:

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12 LES ALCHIMISTES AU MOYEN AGE --------------------------------------------------------

Fait fut par amoureux servage Lorsque n'étais jeune d'âge En l'an mil quatre cent et treize, Que j'avais d'ans deux fois seize Compli fut au mois de Janvier, En la ville de Montpellier.
Cet adepte s'appelait Jehan de la Fonteine (ou de la Fontaine), mais n'avait aucun rapport avec la future famille
du fabuliste; c'était un magistrat (nous verrons au cours de
cette enquête défiler bien des métiers chez les alchimistes,
des plus humbles aux plus élevés dans l'échelle sociale). Il
figurera même parmi les juges de Jeanne d'Arc, lors du procès
de Rouen.
Les manuscrits alchimiques du Moyen Age étaient écrits le plus souvent sur parchemin (8); mais on en rencontre aussi
sur vélin, plus rarement sur d'autres matériaux que le papier.
Paracelse racontera ainsi comment, à Brunaü, il pourra prendre
connaissance d'un livre écrit sur des écorces de poirier (9) et
des tablettes de cire. « Long de six palmes, large de trois
et épais d'une et demie », conservé dans la famille d'un bourgeois
de Hambourg, il contenait les maximes alchimiques
de Galien et d'Avicenne.
Ce n'est pas avant 1480 - date du premier manuscrit alchimique occidental connu, qui soit abondamment orné de
miniatures: l'Aurora consurgens (10) - que les illustrations se
multiplient dans les traités. Pourquoi un tel retard dans
l'apparition d'images? On pourrait penser, en nous souvenant
que les Arabes avaient été les véritables introducteurs
de l'alchimie en Europe occidentale au début du Moyen Age,
que ceux-ci suivaient (11) l'interdit coranique proscrivant la
représentation de personnages ou d'animaux. On pourrait
faire observer pourtant que, dans la statuaire, les représentations
semblent s'être multipliées plus tôt: dans les édifices
religieux, dès le XIIIe siècle.
Parmi les manuscrits alchimiques enluminés, il y aura des chefs-d'oeuvre: par exemple le traité Splendor Solis (La splendeur
du soleil), illustré de magnifiques miniatures, écrit vers

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Les sources de l'alchimie



La figure pittoresque de l'alchimiste apparaît-elle seulement au Moyen Age? Point du tout. Lorsque son art occulte
se dissémine au sein de la Chrétienté occidentale, il a déjà
derrière lui toute une fabuleuse histoire qui se perd dans la
nuit des temps.


La légende
La légende donnait volontiers à l'alchimie une source surnaturelle, à la fois maudite et prestigieuse. Elle aurait été
introduite par les anges déchus, dont parle la Genèse, descendus
sur la terre et qui y auraient fait souche:
« Les enfants de Dieu, voyant que les filles des hommes étaient belles, choisirent des femmes parmi elles. »
C'est à cette lignée qu'aurait appartenu Tubalcaïn, ce maître du prodigieux travail des métaux.
Cet appel aux légendaires Nephelim, ou « anges déchus », de la Genèse ne serait pas sans faire réfléchir l'historien
des anciens mythes. Il s'agit, de même que pour
les Titans de la mythologie grecque, d'êtres fantastiques
dotés certes de possibilités extraordinaires par rapport
à l'humanité courante, mais qui différeraient
singulièrement de l'image courante des anges, dépeints
comme des créatures éthérées, purement spirituelles: on
voit ces « anges » attirés par les jolies femmes; on nous
les présente se délectant des mets succulents qui leur sont
offerts!
Mais il est une observation volontiers faite par les ethnologues,
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20 LES ALCHIMISTES AU MOYEN AGE --------------------------------------------------------

les missionnaires, les explorateurs: la manière dont,
chez de nombreuses peuplades de tradition orale, le travail
primitif des métaux (lequel suppose toujours, après l'extraction
du minerai hors des entrailles de la terre, une maîtrise
réelle des pouvoirs transformateurs du feu) se trouve constituer
l'apanage - fascinant et redouté tout à la fois - de petits
groupes fermés de forgerons, qui se transmettent leurs secrets
du père au fils, du maître (véritable père spirituel en fait)
au disciple.
Des auteurs comme René Alleau (1) et Mircea Eliade (2) ont pu ainsi faire remonter l'origine première de l'alchimie à
ces petites confréries traditionnelles de forgerons, de métallurges,
dans les peuplades primitives.
On trouverait d'ailleurs toujours chez celles-ci une alliance étroite, une véritable symbiose entre des activités, des
arts aux résultats pratiques (fabriquer des armes, des outils)
et une vision magique, thaumaturgique de tout ce qui se
constate - les phénomènes naturels comme les actions
humaines.
« L'Homo divinans, l'homme magique, le « devin » a - remarque René Alleau (3) - précédé l'Homo faber, l'« artisan »,
l'homme technique et le savant... »
Plus exactement: travail et magie se trouvaient étroitement associés à l'origine.


Alchimie sacerdotale
De cette métallurgie sacrée, on serait passé ensuite aux sources de l'alchimie proprement dite.
De ces confréries de métallurges - détentrices des secrets pratiques du maniement du feu, de ceux des opérations qui
permettent d'obtenir et de transformer les métaux et leurs
alliages -, on serait passé par la suite à l'existence, à l'apparition
de civilisations antiques évoluées, de rites cachés qui
se trouvaient centrés sur un symbolisme thaumaturgique
emprunté au travail des métaux.
En somme, mais à une époque reculée, puisque remontant
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LES SOURCES DE L'ALCHIMIE 21 --------------------------------------------------------

à une très haute antiquité, on trouverait aux sources
de l'alchimie une lointaine origine « compagnonnique
»; elle se rattacherait à l'héritage rituel - mais
transposé - des secrets opératifs que détenaient les métallurges.
Dans quel pays serait d'abord apparue l'alchimie proprement dite? L'étymologie même semblerait nous
confirmer la tradition, si chère aux adeptes médiévaux, qui
plaçait dans l'Egypte pharaonique le berceau de l'art sacré
(ainsi nommé car il était pratiqué dans l'ombre de sanctuaires).
En effet, si notre mot alchimie vient certes de l'arabe el khimiyâ (« la chimie »), la majorité des historiens
s'accordent à faire dériver khimiyâ du substantif égyptien
khemi qui désignait la couleur noire et qui s'appliquait aussi
- sans doute en raison de l'aspect sombre présenté par le
limon du Nil - au nom de la contrée (Khem, « le pays
noir »).
L'invention de l'alchimie a été attribuée à un personnage mystérieux, que les alchimistes grecs d'Alexandrie nommeront
Hermès Trismégiste, « Hermès le trois fois grand ».
Personnage ambigu, présenté tantôt comme un être surnaturel
(le Thoth égyptien, dieu de la sagesse et de l'écriture,
également conducteur des âmes dans l'au-delà; les Grecs
l'assimilaient à Hermès), tantôt comme un personnage historique,
qui aurait vécu - selon l'une des versions - de 1399
à 1257 avant l'ère chrétienne (4); sa tombe se trouverait, encore
inviolée, aux alentours d'El Amarna, la capitale du pharaon
« hérétique » Akhenaton (5).
Les alchimistes arabes du début du Moyen Age assimileront Hermès Trismégiste au lointain prophète Idris, venu
jadis pour enseigner aux hommes l'édification des premières
cités.
Tout au long du Moyen Age, et bien au-delà, les alchimistes se réclameront d'un texte à la fois court,
mystérieux et concis - nous aurons à le rappeler -, attribué
à ce légendaire Hermès Trismégiste, la Table d'émeraude.

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22 LES ALCHIMISTES AU MOYEN AGE --------------------------------------------------------

C'est le type même des textes associés à des mythes et légendes fabuleux.
On remarquerait un intéressant parallèle, au point de vue légendes traditionnelles, entre la Table d'émeraude (gravée,
comme son nom l'indique, sur cette pierre précieuse)
et le Saint Graal, qui aurait été - nous affirme la version
la plus ancienne de la légende - réalisé en façonnant
l'émeraude géante tombée du front de Lucifer lors
de la chute du « Porte-Lumière » révolté, vaincu par
l'archange saint Michel. Dans l'un et l'autre cas, ne s'agit-il pas
de la connaissance parfaite et totale, perdue mais à retrouver?
Mais voici la version française la plus courte et la plus répandue de l'essentiel du texte:

Il est vrai sans mensonge, certain et très véritable: Ce qui est en bas est comme ce qui est en haut, Et ce qui est en haut est comme ce qui est en bas, Pour accomplir le miracle d'Une Seule Chose. Et comme toutes les choses furent d'Un, par la médiation d'Un: Ainsi toutes les choses sont nées de cette Chose Unique, par adaptation.
Cette Table d'émeraude n'est pourtant pas un texte dont l'origine demeurerait perdue, aux yeux de l'historien positif,
dans un passé lointain et mystérieux. Des recherches
modernes ont pu établir que ce texte, traduit de l'arabe en
latin au Xe siècle sans doute, transcrivait un original grec qui
remonterait au IVe siècle de notre ère, à l'époque des alchimistes
d'Alexandrie.
Il est patent que, si - dans l'état actuel des travaux historiques - on n'a pas encore pu découvrir des textes
alchimiques originellement rédigés en égyptien (ce
qui ne suffit certes pas pour nier l'existence de l'art
sacré à l'époque pharaonique) (6), c'est bien en Egypte -
mais à une époque tardive, c'est-à-dire en gros, les IIIe, IVe
et Ve siècles de l'ère chrétienne, et s'exprimant en des
textes rédigés en langue grecque - que fleurissent les premiers

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LES SOURCES DE L'ALCHIMIE 23 --------------------------------------------------------

textes alchimiques connus: ceux des adeptes
d'Alexandrie.


Les Arabes
Si l'alchimie devait, de cette métropole de l'Egypte hellénisée, passer au VIe siècle à des adeptes de l'Empire
byzantin, l'Occident médiéval ne devait, lui, la connaître
que bien plus tard, - et grâce à une étape historique intermédiaire
essentielle: les alchimistes musulmans, dont les
manuscrits seront traduits en latin
L'invasion de l'Egypte par les Arabes devait en effet permettre une implantation profonde des recherches alchimiques
dans le monde de l'Islam. Une tradition digne de foi et qui
a, de toute manière, le mérite de bien mettre en évidence
une filiation précise, fait du prince ommeyade Khalid ibn
Jazid, qui régna sur l'Egypte dans la première moitié du VIIe
siècle de l'ère chrétienne, le premier des alchimistes musulmans.
Il aurait eu pour maître l'ermite Morien, venu de Rome
à Alexandrie, et qui avait été lui-même le disciple d'un
autre alchimiste chrétien, Adfar.
Au VIIIe siècle, ce sera, avec la conquête de l'Espagne par les Arabes, l'occasion - où l'alchimie aura sa part - du contact
de la Chrétienté avec les traditions musulmanes, avec celles
du judaïsme aussi.
La simple présence dans la littérature alchimique médiévale de mots d'origine arabe, et qui devaient passer dans l'usage
courant: élixir, alambic, athanor, etc., suffirait à nous faire entrevoir
d'emblée l'importance historique de l'étape musulmane
pour le développement ultérieur de l'alchimie dans les
royaumes chrétiens de l'Europe occidentale et centrale.
Si des textes alchimiques arabes furent traduits en latin au Xe siècle, ce ne sera qu'au XIIe que l'alchimie se trouvera
si solidement codifiée, répandue, diversifiée, implantée en
Chrétienté.
Il ne faudrait pas omettre de faire intervenir aussi les croisades, qui devaient permettre toute une riche moisson de ce

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24 LES ALCHIMISTES AU MOYEN AGE --------------------------------------------------------

que nous serions aujourd'hui tentés de nommer des échanges
culturels entre les mondes islamique et chrétien.
Précisons pourtant qu'une autre contrée disputerait à l'Egypte, victorieusement sans doute, le challenge en matière
de première apparition historiquement attestée de l'alchimie:
la Chine (7). Mais nous pouvons nous permettre de
l'ignorer dans un ouvrage spécifiquement consacré à la vie
quotidienne des alchimistes chrétiens dans l'Occident médiéval.
L'influence de l'alchimie taoïste chinoise se révélerait
nulle sans doute sur ceux-ci, malgré le fait non négligeable
de l'existence (par la route de la soie comme par voie maritime)
de rapports encore mal connus, lointains certes et
volontiers par une série d'intermédiaires (8), qui auraient pu
se nouer entre l'Occident et la Chine.
Les plus célèbres des alchimistes musulmans « oeuvreront » avant leurs confrères chrétiens du Moyen Age. Rappelons les
grands noms de Jâbir ibn Hayyân (dont les Occidentaux latinisèrent
le nom en Geber) (vers 720-800 après Jésus-Christ),
al-Razi (ils le nommeront Rhazès) (800-940), ibn Sina
(Avicenne) (980-1030). Noms qui recouperaient d'ailleurs
- isoler une activité est arbitraire -, d'autres activités que
l'alchimie transmutatoire: la médecine, la philosophie, la
spiritualité aussi. L'alchimiste musulman que les Latins nommeront
Artephius - autre nom fameux de l'hermétisme
musulman - n'était autre sans doute que le poète al-Toghrai
(mis à mort en 1120 de l'ère chrétienne). Quant au grand
mystique musulman al-Gazali (mort vers 1111), il n'admettra
d'alchimie que spirituelle (kimyâ es-saâdah, « alchimie
de la félicité »).


Buts de l'alchimie
Il peut nous sembler facile de rappeler à nouveau l'objectif pratique que s'assignait l'alchimiste médiéval.
Dans son Miroir d'Alchimie, Roger Bacon définissait ainsi
son art:
« L'Alchimie est la science qui enseigne à préparer une

**** A T T E N T I O N ****

Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.

**** A T T E N T I O N ****



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Bibliographie



La bibliographie du sujet est immense - et plus encore si nous tentions d'y faire rentrer tous les domaines historiques
connexes ou apparentés. Nous avons donc limité délibérément
notre choix à l'indication d'une série d'ouvrages qui,
selon nous, permettraient au lecteur d'avoir une vue
d'ensemble convenable des problèmes avant de pouvoir, s'il
le souhaite, s'engager dans des recherches historiques personnelles
(dont les références bibliographiques des ouvrages
cités lui fourniront les éléments). Le lieu d'édition est Paris
lorsque aucun nom de ville n'est donné ci-après.

René ALLEAU: Aspects de l'alchimie traditionnelle, Editions
de Minuit, 1953; article « Alchimie », Encyclopedia Universalis, 1969. Gaston BACHELARD: Psychanalyse du Feu, réédition,
Gallimard, 1962. Françoise BONARDEL: Philosophie de l'alchimie. Grand oeuvre
et modernité, Presses universitaires de France, 1993. Maurice de BROGLIE: Le Sablier d'or, Flammarion, 1970.
Titus BURCKHARDT: Alchimie, Olten, Walter Verlag, 1960.
Eugène CANSELIET: Deux logis alchimiques, Jean Schemit,
1945, (réédition augmentée en 1982, chez Jean-Jacques Pauvert); Alchimie, Jean-Jacques Pauvert, 1964; L'alchimie et son Livre muet, Jean-Jacques Pauvert, 1967; L'alchimie expliquée par ses textes classiques, Jean-Jacques Pauvert, 1972. Jacques CARLES et Michel GRANGER: L'alchimie, Albin
Michel, 1972. Michel CARON et Serge HUTIN: Les alchimistes, 2e édition,
Le Seuil, 1964. Mircea ELIADE: Forgerons et alchimistes, Flammarion, 1956.

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214 LES ALCHIMISTES AU MOYEN AGE --------------------------------------------------------

Louis FIGUIER: L'alchimie et les alchimistes, réédition, Denoël,
1970. FULCANELLI: Le mystère des cathédrales, réédition, Jean-
Jacques Pauvert, 1964; Les demeures philosophales, Jean-Jacques Pauvert. W. GANZENMULLER: L'alchimie au Moyen Age, réédition,
Verviers, Marabout, 1975. Mark GRAUBARD: Astrology and Alchemy, New York,
Philosophical Library, 1963. GRILLOT de GIVRY: Le Musée des sorciers, mages et alchimistes
réédition, Tchou, 1966. G. F. HARTLAUB: Der Stein der Weisen. Wesen und Bildwelt
der Alchemie, Munich, Prestel Verlag, 1959. E. J. HOLMYARD: L'alchimie, édition française chez Arthaud.
Bernard HUSSON: Deux traités d'alchimie, Omnium littéraire,
1963; Anthologie de l'alchimie, Belfond, 1971; Transmutations alchimiques, J'ai lu, 1974. Serge HUTIN: Histoire de l'alchimie, Verviers, Marabout,
1971; L'alchimie, collection « Que sais-je? », P. U. F., n° 506; La tradition alchimique, Dangles, 1978. C. G. JUNG: Psychologie et alchimie, traduction française,
Buchet-Chastel et Corrêa, 1970. Stanislas KLOSSOWSKI de ROLLA: Alchimie, Le Seuil, 1974.
J.-G. KRAFFT: Poètes et faiseurs d'or, Gap, Editions Ophrys,
1940. Jacques LACARRIERE: La cendre et les étoiles, « 10-18 », 1973.
Jacques VAN LENNEP: Art et Alchimie, Bruxelles, Meddens,
1966. Réédition en 1985 chez Dervy. E. O. von LIPPMANN: Die Entstehung und Ausbreitung der
Alchemie, Berlin puis Weinheim, 1919-54, 3 vol. Roger LOUBET et Jean-Pierre Huc: « L'Alchimie », dans
Univers de la Parapsychologie et de l'Esotérisme, Editions Martinsart, Romorantin, 1976, tome II, pp. 305-410. René MARCARD: De la Pierre philosophale à l'atome, Plon,
1959. Eric MURAISE: Le livre de l'ange, Julliard, 1969.
Albert POISSON: Théories et symboles des alchimistes, réédition,
Editions traditionnelles, 1966.
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BIBLIOGRAPHIE 215 --------------------------------------------------------

Georges RANQUE: La Pierre philosophale, Robert Laffont.
John READ: Prelude to Chemistry, Londres, 1936; traduction
française: De l'alchimie à la chimie, Fayard, 1961. François RIBADEAU DUMAS: Histoire de la magie, réédition,
Belfond, 1971. Patrick RIVIERE: Alchimie: science et mystique, De Vecchi,
1991. Jacques SADOUL: Le trésor des alchimistes, J'ai lu, 1971.
Rudolf von SEBOTTENDORF: La pratique de l'ancienne Franc-
maçonnerie turque (en fait, révélations sur l'alchimie spirituelle chez les soufis), traduction française, Editions du Baucens, Belgique, 1973. Kurt SELIGMANN: Le Miroir de la magie, Fasquelle, 1960.
J. -M. STILLMAN: The Story of Alchemy and early Chemistry,
New York, Dover Publications, 1960. F. SHERWOOD TAYLOR: The Alchemists, Londres, Hernemann,
1951. Arnold WALDSTEIN: Lumières de l'alchimie, Tours, Mame,
1973. Claude d'YGE: Anthologie de la poésie hermétique, Jean
Schemit, 1946; Nouvelles assemblées des philosophes chimiques, Dervy-Livres, 1954.
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Index des noms d'alchimistes
cités



ABRAHAM LE JUIF: 78, 143, 144, | DAVID BEUTHER: 191. 145, 147, 148, 166. | DENIS ZACHAIRE: 119, 189, 190. ADFAR: 23.
AGRIPPA DE NETTESHEIM: 13. | ECK DE SULZBACH: 111. ALBERT BEYER: 189. | EDOUARD KELLEY: 107, 108, 188, ALBERT DÜRER: 186. | 191.
ALBERT LE GRAND (Saint): 104,110, | ELIAS ASHMOLE: 82. 127, 128, 129, 136, 137, 138, | ETIENNE YVERT :174. 162. | EUGENE CANSELIET: 14, 197, 199. ALMANNUS: 93.
ALTUS: 79. | FULCANELLI: 35, 159, 175, 176, 177, ARNAULD DE VILLENEUVE: 65, 86, | 179, 180, 195, 196, 197, 199,
93, 94, 95, 100, 104, 116, 117, | 200.
118, 141, 164. ARTEPHIUS: 24, 25, 36, 43, 44, 90, | GALIEN: 12.
122. | GAZALI :24. AVICENNE: 12, 24, 84, 116, 117. | GEBER: 24, 58, 59, 95. | GEORGE RIPLEY: 40, 41, 55, 89, BRUSS (B. R): 198. | 127, 196.
BASILE VALENTIN: 40, 41, 42, 43, | GERBERT: 33, 133. 83, 90, 91, 94, 110, 121, 152, 153. | GOBINEAU DE MONTLUISANT: 176. BERNARD LE TREVISAN: 37, 39, 40,
42, 43, 48, 50, 75, 86, 87, 133, | HANS VON OSTEN: 108, 109. 197. | HERMES TRISMEGISTE: 21, 41, 60, BERIGARD DE PISE: 102. | 66.
BLAISE DE VIGENERE: 87.
BÖTTISCHER: 110. | ISAAC LE HOLLANDAIS: 76, 104, 110.
CAMBRIEL: 10. | JACQUES COEUR: 159, 160, 177, 180, CANCHES (Maître): 147. | 200.

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218 LES ALCHIMISTES AU MOYEN AGE --------------------------------------------------------

JEAN-AURELE AUGURELLO: 155. | NICOLAS GROSPARMY: 126. JEAN BARILLON: 156. | NICOLAS VALOIS: 84, 126, 171, 199. JEAN BOURRE: 160, 179. | NOSTRADAMUS: 191. JEAN CASNIER: 127. | PARACELSE: 12, 13, 58, 117, 118, JEAN DE LA FONTEINE : 12, 133. | 122, 185, 191, 192, 193, 194.
JEAN DE PAVIE (dit Ticinensis): 127. | PERNELLE (DAME): 54, 123, 135,
JEAN DE RUPESCISSA: 104. | 141, 142, 146, 147, 149, 150,
JEAN TRITHEME: 87, 191. | 151, 179.
JEAN XXII: 163, 164. | PIERRE VICOT: 54, 126. JEROME BOSCH: 181, 182, 183, 187, | POISSON (ALBERT): 141,171. 196. JOHN DEE: 107, 108, 188, 191. | RAYMOND LULLE: 32, 40, 65, 102, | 104, 106, 110, 112, 118, 127, KHALID-IBN-JAZID: 23, 102. | 139, 140, 141, 157.
| RHAZES: 24. LALLEMANT: 160, 179, 180. | RICHARD CARTER: 157. LEONARD THURNEYSSER: 191. | RODOLPHE II DE HABSBOURG: 29, LOUIS DE NEYS: 156. | 108, 187, 191.
| ROGER BACON: 24, 70, 104, 110, MARDOCHEE DE DELLE: 187. | 117, 139, 164, 165.
MARIE ZIGLERIN: 191.
MARTIN ORTHOLAIN: 85. | SAINT GERMAIN (COMTE DE): 16, MARTIN RULAND: 187. | 123, 199.
MICHEL MAIER: 83, 187. | SALOMON TRISMOSIN: 13. MICHEL SCOT: 157, 158. | SIEBENFREUND: 189, 190. MORIEN: 23, 86.
| SOHRAWARDI :88. NEWTON (ISAAC): 199. | THADDOEÜS DE HAYEC: 187. NICOLAS FLAMEL: 29, 36, 39, 46, | THOMAS D'AQUIN (saint): 137, 47, 54, 78, 84, 86, 100, 105, 106, | 139, 162.
109, 122, 123, 126, 130, 133, 135, 141, 147, 149-151, 166, 179, | WILLIAM BACKHOUSE :82. 198, 200.
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Table des matières



Introduction ........
Les sources de l'alchimie ................... 9 La légende. - Alchimie sacerdotale. - Les Arabes. -
Buts de l'alchimie. - Un art traditionnel et sacré.


Le laboratoire .............................. 29 L'agencement du local. - Laboratoire et oratoire. -
Appareils et ustensiles. - Les premiers pas du Grand
Oeuvre. De bons observateurs. - Technique, mystique
et magie.


Ce qui se faisait ........................... 55 Les opérations de laboratoire. - Couleurs de l'oeuvre.
- La matière première. - Les métaux, corps composés.
- Voie humide et voie sèche. - « Secrets »
médiévaux. - Travaux et veilles. - « La Table d'émeraude
». - Alchimie et astrologie. - Retrouver l'Age
d'or. - Le « feu secret ». - Le cycle terrestre. - Les
trois règnes de la nature. - Signes et symboles. - Les
opérations de l'oratoire. - Rêves et songes symboliques.
- Spiritualité alchimique. - Une ascèse
illuminatrice. - L'illumination hermétique. -
Témoignages médiévaux sur les propriétés attribuées
à la Pierre philosophale.

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220 LES ALCHIMISTES AU MOYEN AGE --------------------------------------------------------

La médecine - et au-delà? ................... 115 Médecins alchimistes. - Avicenne. - Arnauld de
Villeneuve. - Applications médicales attribuées à la
Pierre philosophale. - Traditions fabuleuses de rajeunissement
et d'immortalité.


Les alchimistes dans la société médiévale.... 125 Comment devenait-on alchimiste -
Du haut en bas de l'échelle sociale. - Couples
d'alchimistes. - Figures d'adeptes médiévaux: Albert
le Grand. - Raymond Lulle. - Nicolas Flamel et
Dame Pernelle. - Basile Valentin.


Chez les grands ............................. 155 Heurs et malheurs d'alchimistes - Quand les souverains
mettaient eux-mêmes la main à la pâte. -
Financiers alchimistes.


Devant l'Eglise ............................. 161 Les légendes et la réalité. - La bulle de Jean XXII.
- Alchimistes persécutés: Arnauld de Villeneuve,
Roger Bacon. - Le pèlerinage à Compostelle.


Les adeptes et l'art médiéval ............... 169 Formes artistiques « intérieures » à l'alchimie médiévale.
- ... et formes « extériorisées »: des cathédrales
aux « demeures philosophales ». - Oeuvres d'art alchimiques.


Les alchimistes de la Renaissance ........... 185 Du Moyen Age à la Renaissance. - Une époque qui

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TABLE DES MATIERES 221 --------------------------------------------------------

multiplie les occasions favorables aux « artistes ». -
Le revers de la médaille. - Le docteur Paracelse.


Conclusion .................................... 195
Notes.......................................... 201
Bibliographie ................................. 213
Index des noms d'alchimistes cités ............ 217
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Cet ouvrage a été imprimé par la SOCIETE NOUVELLE FIRMIN-DIDOT Mesnil-sur-l'Estrée pour le compte des Editions Hachette en mai 1995


Imprimé en France Dépôt légal: 8331, mai 1995 N° d'édition: 95048/32775 - N° d'impression: 30810 ISBN: 2-01-235174-3 ISSN: 0768-0074 2341-5174-01/0
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Département Hachette Référence 79 boulevard Saint-Germain 75288 Paris cedex 06
XX
LA VIE QUOTIDIENNE
------------------------- L'ECRITURE VIVANTE DE L'HISTOIRE
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Les alchimistes au Moyen Age
Qui n'aura entendu parler des vieux alchimistes du Moyen Age,
oeuvrant en quelque sombre laboratoire, fugitivement
éclairé par la lueur rougeoyante des flammes de l'athanor
(fourneau hermétique)? Serge Hutin les fait revivre à travers
leurs mystérieux travaux poursuivis malgré échecs et
déceptions, menaces et traverses. Que cherchaient-ils donc
avec cette ardeur passionnée? N'aspiraient-ils qu'à trouver
les formules d'un extraordinaire enrichissement magique?
Leur quête n'aurait-elle pas comporté un aspect spirituel,
sacré, impliquant une vision du monde radicalement opposée
aux conceptions scientifiques courantes?
Comment devenait-on alchimiste? Dans quels milieux
de la société médiévale se recrutaient les adeptes?
Quels furent les rapports exacts des alchimistes avec l'Eglise,
l'Université, les Grands, la Couronne? Autant de questions
auxquelles l'auteur répond au fil de ces pages empreintes
de rigueur historique et de ferveur, tout en évoquant
maintes silhouettes d'« artistes » obscurs en même temps
que les alchimistes les plus célèbres comme Nicolas Flamel
et son épouse Dame Pernelle.

Serge Hutin
Né en 1929, Serge Hutin est docteur ès lettres et diplômé
de l'Ecole pratique des Hautes Etudes (Ve section). Il a été
attaché de recherches au CNRS. Depuis de nombreuses années,
il voue ses activités d'écrivain et de conférencier à l'exploration
méthodique de tous les « domaines » mystérieux de la
curiosité humaine: alchimistes, sociétés secrètes, littérature
et art fantastiques, continents et mondes légendaires...


23.5174.0 95.v 9 782012 351745

L A V I E Q U O T I D I E N N E --------------------------------------------------
C I V I L I S A T I O N E T S O C I E T E S

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