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Réfer. : AL0303
Auteur : J-B. Le Brethon.
Titre : Les Clefs de la Philosophie Spagyrique.
S/titre : Précédé de la vie est-elle un magnétisme?
Textes présentés par Sylvain Matton.
Editeur : Claude Jombert. Paris. Gutemberg Reprint. Paris. 1985.
Date éd. : 1722 .


**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
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Gutenberg Reprints
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COLLECTION ALCHIMIE-HERMETISME

DE L'ADMIRABLE
POUVOIR ET
PUISSANCE DE L'ART
R. Bacon (1557)

LA MONARCHIE
DU TERNAIRE
G. Dorn (1557)

DE DISTILLATIONIBUS
J. B. Porta (1609)

COMMENTAIRE SUR LE
TRESOR DES TRESORS
DE C. DE GAMON
H. de Linthaut (1610)

L'OUVERTURE DE
L'ESCOLLE DE
PHILOSOPHIE
TRANSMUTATOIRE
D. de Planis Campy (1633)

L'ABREGE DES SECRETS
CHYMIQUES
P. Jean Fabre (1636)

TRAITE DE LA CHYMIE
C. Glaser (1668)

LE TOMBEAU DE LA
PAUVRETE
d'Altremont (1681)

LE FILET D'ARIADNE
Batsdorf (1695)

DICTIONNAIRE
HERMETIQUE
G. Salmon (1695)

LES CLEFS DE LA
PHILOSOPHIE SPAGYRIQUE
J. B. Lebrethon (1722)

LA CLAVICULE DE LA
SCIENCE HERMETIQUE
anonyme (1751)

L'ENFANT HERMAPHRODITE
DU SOLEIL ET DE LA LUNE
Hautnorthon (1752)

CHANSONS
INTELLECTUELLES SUR
LA RESURRECTION DU
PHENIX
M. Maier (1758)

DISCOURS PHILOSOPHIQUE
SUR LES TROIS PRINCIPES
S. Stuart de Chevalier (1781)

LA LUMIERE TIREE DU
CAHOS
L. Grassot (1784)

LE ROMAN ALCHIMIQUE
L. Lucas (1857)

HISTOIRE DE LA CHIMIE
F. Hoefer (1869)

NICOLAS FLAMEL
A. Poisson (1893)

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Les Clefs de la philosophie spagyrique
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(c) J.-C. Bailly éditeur 1985 ISBN 2-86554-007-3
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J.-B. LE BRETHON
Les Clefs de la philosophie spagyrique
précédé de
LA VIE EST-ELLE UN MAGNETISME?

Paris 1713
Textes présentés par Sylvain Matton

A Paris chez J.-C. Bailly éditeur 1985
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JEAN-BAPTISTE LE BRETHON et la situation de l'alchimie à la Faculté de médecine de Paris au début du XVIIIe siècle
Dans la préface qu'il donna à la dernière réimpression, en 1957, des Clefs de la philosophie spagyrique (1), René Alleau avait
observé que nous ignorions le prénom de leur auteur, ce prénom
n'étant nulle part mentionné dans les trois textes posthumes de
« feu monsieur Le Breton »: les Remèdes choisis et éprouvés
(1716), la Médecine statique de Sanctorius (1722) et les Clefs
(id.). Les bibliographes se sont toutefois efforcés de lui en
trouver un. A la suite de Quérard, Ferguson et les catalogues des
grandes bibliothèques lui attribuent celui de Charles (2). Ce
faisant, ils le confondent avec un autre médecin, parisien, qui
appartint lui aussi à la Faculté de médecine de Paris et vécut au
XVIIe siècle. Dans sa liste des Quaestionum medicarum, Baron
indique en effet que Charles Le Breton défendit une thèse
quodlibétaire soutenant que chez les jumeaux le premier-né est
le premier conçu, et en 1640 deux autres thèses, sur la curabilité
du squirre du foie et sur la salubrité du jeûne du carême (3); en
1641, il accomplit son acte de vespérie en débattant de l'existence
chez l'enfant d'un signe de sa future intelligence ou de sa
future taille, et ses actes doctoral et pastillaire sur des questions
d'obstétrique (4). Il publia en outre un discours sur l'hygiène et
en 1646, un éloge funèbre du médecin Jean de Montroeil (5). Dans
aucun de ses écrits on ne trouve trace d'un quelconque intérêt
pour l'alchimie, ni même pour la spagirie. De plus, le qualificatif
« feu », désignant au XVIIe siècle comme encore aujourd'hui
quelqu'un de récemment décédé, convenait mal en 1716 à
Charles Le Breton qui mourut en 1677 (6). Rien n'autorise donc
à identifier ce dernier avec l'auteur des Clefs.
D'autres bibliographes, se conformant à Caillet, lui donnent celui de Jean (7). Nous sommes ici tout près du véritable prénom;
mais cette proximité n'est due, semble-t-il, qu'à une erreur de
Caillet qui, se fiant à l'index des noms du catalogue Ouvaroff,
a confondu notre médecin avec l'auteur d'un ouvrage intitulé

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8

Deffense de la verité touchant la possession des religieuses de
Louviers (1643).
De fait, ce n'est pas Jean, mais Jean-Baptiste Le Breton, ou plutôt Le Brethon qui est l'auteur des Clefs, ainsi que le signalait
déjà J.-F. Carrère dans sa Bibliothèque littéraire historique et
critique de la médecine (1776). Carrère étant, à notre connaissance,
le seul à ne s'être pas trompé, nous reproduisons ici sa
notice, qui est cependant très inexacte:
« BRETON, (Jean-Baptiste) Médecin Français, qui vivait au commencement de ce siècle. Il se mit sur les bancs de la Faculté
de médecine de Paris, et y avait été déjà reçu au degré de
Bachelier en 1712; il y obtint dans la suite les honneurs du
Doctorat. Il est mort vers l'an 1723. Il a donné:
« 1. Tableau des maladies, ou les remedes choisis & éprouvés, tant de médecine que de chirurgie, pour les maladies du corps
humain. A Paris, 1712, in-12. Ibid. chez Briasson, 1726, in-12.
C'est une traduction du latin de Lomnius.
« 2. Les clefs de la philosophie spagyrique, où l'on trouve en abrégé les élémens de cette science. A Paris, chez Jombert, 1723,
in-16. Ce livre est très propre à nous mettre au fait de la
philosophie spagyrique.
« 3. La Médecine statique de Sanctorius, ou l'art de se conserver la santé par la transpiration. A Paris, chez Jombert, 1723,
in-16. C'est une traduction du latin de Sanctorius: elle paraît exacte
& fidèle.
« Nous trouvons encore un ouvrage intitulé: Remedes de chirurgie, par le Breton, imprimé à Paris en 1716, in-8. Mais nous
ne savons point s'il s'agit du même dont nous venons de parler. »
Jean-Baptiste Le Brethon était originaire de Péronne, comme nous l'apprend l'épithète de Peronaeus accolée à son nom dans
ses thèses imprimées et dans les Commentaires, manuscrits, de
la Faculté de médecine de Paris. On rencontre d'ailleurs de
nombreux Le Brethon dans l'histoire de Péronne, dont la
plupart furent notaires ou avocats et deux élus mayeurs de la
ville (8). Les registres paroissiaux de Péronne et ceux de Paris (où
Le Brethon mourut) ayant été détruits, nous n'avons pu trouver
la date de sa naissance ni aucun renseignement sur ses parents.
Vers 1709, il publie à Paris, chez J.-B. Brocas et P. de Bonlieu, un assez long poème latin sur l'histoire des rois de France depuis

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9
Pharamond, l'Historia Regum Franciae, carmen serenissimo
Burgundiae Duci dicatum (9). Il est alors inscrit à l'école de
médecine de Paris, l'ode dédiée au duc de Bourgogne étant
signée J. B. LEBRETHON, DE F. M. (= de la Faculté de
Médecine). Il la composa sans doute, et peut-être le poème
entier, à l'occasion de la réception du 9 décembre 1708 à
Péronne des ducs de Bourgogne et de Berry (10).
En 1711 (l'approbation de Burette datant d'août et le privilège de septembre) il a achevé son premier grand ouvrage, le Tableau
des maladies, ou l'on découvre leurs signes et leurs evenemens,
traduit du latin de Lommius. Avec des remarques, qui parut en
1712 chez Claude Jombert et qu'il dédia au médecin Jean
Boudin. Un compte rendu de cette traduction fut donné dans
le Journal des scavans et un autre dans les Mémoires de Trévoux,
tous deux élogieux (11).
Le 25 juin 1711, il soutient, sous la présidence de Pierre Le Tonnelier, sa première thèse quodlibétaire: Est-il très salubre de
suivre la nature comme guide? sa réponse étant affirmative. Il
soutient sa seconde thèse quodlibétaire, sous la présidence de
Charles Bompart, le 7 janvier 1712: Est-ce une très bonne manière
de soigner que de favoriser la transpiration? à quoi il répondit
encore affirmativement, en se référant notamment aux travaux
de Sanctorius (13). Enfin, le 16 juin il passe, sous la présidence de
Jean Boudin, sa thèse cardinale: Une seule et même manière de
vivre convient-elle à tous les hommes? sa réponse étant cette fois
négative (14).
Le dimanche 28 août, nous apprend le doyen de la Faculté dans son Commentaire, « Un des médecins bacheliers, Monsieur
Jean-Baptiste Le Brethon, poète distingué, fit, en un discours
public, l'éloge de l'Ecole de médecine de Paris, et en partie
récita, en partie chanta un panégyrique de l'aspirant à la licence
(15) ». Le lundi suivant, Le Brethon fut inscrit, à la troisième
place, sur la liste des licenciés (16).
Le jeudi 1er décembre, il accomplit son acte de vespérie sur le sujet: La sueur survenant lors des fièvres de cette époque
indique-t-elle leur disparition ou leur prolongation? (17); le mercredi
7 décembre, son acte de doctorat sur la question: Les
asthmatiques doivent-ils fumer du tabac? boire du vin? (18); le
25 janvier 1713, son acte pastillaire sur le thème: La formation

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10

de l'homme, la guérison des maladies sont-elles l'oeuvre du magnétisme?
(19). Enfin il fit son acte de régence le 26 janvier 1713
en présidant la thèse quodlibétaire de J.-F. Giot: La vie est-elle
un magnétisme? (20). On trouve alors son nom couché sur la liste
des docteurs régents en activité, et, à ce titre, il parapha le
Commentaire de 1714 (21) ce qui nous permet de reproduire ici
sa signature:

pict
On rencontre encore son nom, orthographié Le Breton, parmi
ceux des membres du jury d'une thèse quodlibétaire de
Fr. Hallays (22).
Le Brethon mourut au début d'août 1715. Le doyen de la Faculté note en effet dans son Commentaire: « Mercredi 7 août
Maître Jean-Baptiste Le Brethon, ayant achevé sa destinée, a été
enterré dans la paroisse de Saint-Benoît. Le samedi 16 du même
mois, le Doyen fit célébrer pour lui un office solennel dans la
chapelle des écoles de la faculté (23). »
Ainsi s'explique qu'aient paru en 1616, chez Jombert, sous le nom de « feu Monsieur Le Breton « (l'auteur n'étant plus là
pour en rectifier l'orthographe, qui sera reprise pour ses autres
ouvrages posthumes) les Remèdes choisis et éprouvés, tant de
médecine, que de Chyrurgie, pour les maladies du Corps humain,
dont un grand nombre n'ont pas encore esté imprimés. Suite du
Tableau des maladies de Lomnius (24) Cette dernière remarque
justifie au reste à elle seule l'identification de l'auteur de cette
oeuvre avec celui de la traduction de Lomnius: les Remèdes
n'ont en effet rien de commun avec le Tableau des maladies,
sinon d'avoir été rédigés par son traducteur. Notons que dans
sa préface, Le Brethon affirme avoir composé ce recueil « après
s'être occupé pendant très longtemps à la connaissance des
remèdes et de leur juste composition », ce qui n'est qu'une
maigre indication sur son âge.
Sans doute entreprit-il à l'occasion de sa seconde thèse quodlibétaire sa traduction de l'Ars de statica medicina, la Médecine

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11
statique de Sanctorius, publiée, toujours chez Jombert, en
1722. Elle eut également droit à un compte rendu dans le
Journal des sçavans de 1723, le critique, qui écrit toujours
stalique au lieu de statique, expliquant:
« Cette traduction de la Stalique de Sanctorius par M. le Breton, nous a paru très exacte & très fidèle. Nous ne nous
étendrons point sur ce qui concerne le fonds de l'Ouvrage qui
est suffisamment connu des Savants; nous remarquerons seulement
en faveur de ceux qui ne savent ce que c'est que la
Stalique dont il s'agit ici; Que cette Stalique consiste à se peser
dans une balance où l'on a mis un siège, on se tient assis dans
ce siège pendant le repas, & selon que la balance hausse ou
baisse, on connaît quand on a assez mangé ou assez bu; le siège
suspendu ne doit être élevé de terre que d'un doigt (25). »
Les Clefs de la philosophie spagyrique (26) eurent également droit à une brève mais élogieuse critique dans le même journal, qui
assure: « Ceux qui n'ont encore aucune notion de la Philosophie
Spagirique, trouveront ici en abrégé, les éléments de cette
science, & ils ne peuvent choisir un Livre qui les mette là-dessus
mieux au fait des principes (27). » En revanche, elles furent
violemment attaquées dans les Mémoires de Trévoux:
« Ce n'est pas la première fois qu'on a vu des titres si magnifiques mal remplis dans l'exécution: on promet des Clefs,
des Secrets, & puis ce sont des termes, des expressions figurées,
des riens pompeux qu'on nous donne: la Chimie devenue
raisonnable, & intelligible depuis environ un siècle, semblait
désormais inaccessible à toutes les visions des Paracelses, &
autres célèbres prometteurs de pierre philosophale, on a beau
faire, la cupidité ramène toujours sur les rangs les mêmes
impostures: toujours il se trouve des gens propres à tromper,
ou à être trompés.
« Monsieur le Breton procède par Aphorismes, il n'est pas nécessaire d'avertir que les Aphorismes ne sont pas, en fait de
Médecine, ce que sont les Axiomes en Géométrie, témoin tous
ceux qui sont morts depuis le commencement, & qui mourront
jusqu'à la fin, malgré tous les Aphorismes: le premier Aphorisme
de notre Auteur, découvre le fonds de sa pensée: la
véritable Chimie, dit-il, la Spagyrie, ou Alchimie sépare la substance
pure de chaque mixte de ce qu'il a d'impur, ou étranger; c'est

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QUESTION MEDICALE devant être tranchée par une discussion quodlibétaire à la Faculté de Médecine, le jeudi 26 janvier 1713 au matin sous la présidence de M. JEAN-BAPTISTE LE BRETHON docteur en médecine
I
Elément presque conscient du mouvement naturel, signe et doigt de la suprême Puissance, arcane de la très haute Sagesse, l'esprit
corporel du monde, jadis loué sous le nom de Jupiter, aujourd'hui
sous celui d'Ether, n'occupe pas le seul royaume du ciel, mais est
porté par un tourbillon descendant sur la terre, d'où il est renvoyé
vers le haut par l'arrivée d'un nouveau flux d'esprit. C'est pourquoi
le trois fois grand Hermès déclare: « Ce qui est en haut est comme
ce qui est en bas (45). » Hippocrate l'indique par ces mots: « Comme
les éléments étaient en désordre et tournoyaient, une importante
quantité de chaleur s'est trouvée enfermée dans la terre, ici plus
grande, la moindre, ici très rare, la très abondante (46). » Neptune et
Pluton possèdent donc chacun leur propre Jupiter. C'est grâce à
cette divinité que brillent les astres et que les planètes se maintiennent
dans leurs orbites; que la mer est liquide et agitée, que
depuis leurs sources humides les fleuves roulent des flots incessants
et que la terre n'est pas sans parure. Voilà assurément pourquoi
« tout est plein de Jupiter (47). » Celui-ci souffle partout sa divine
puissance et introduit une âme dans chaque corps. C'est de lui qu'au
commencement la très antique terre a reçu la sienne, comme dit
le poète: « Répandu dans les membres du monde, l'esprit en fait
mouvoir la masse entière et transforme en s'y mêlant ce vaste
corps (48). » Et ne sont privés d'un esprit qui leur est propre ni les
roches rugueuses, ni les rocs inhospitaliers, ni les silex que réchauffe
la terre en son sein, ni même les marbres et toutes les sortes de
métaux. Innombrables plantes qui croissez dans un ciel plus libre,
le même souffle vous fait naître et vous nourrit: ainsi, pleines de
vie, vous donnez des fleurs et des fruits. Vous connaissez un tel
esprit, qui partout se manifeste, vastes mers animées, troupes de
coquillages, de poissons et d'autres espèces. C'est grâce à cette
même haleine que rampe la gens des serpents, qu'exercent leurs
ravages les féroces bêtes sauvages, que vont les troupeaux et le
bétail, que les oiseaux respirent l'air des hauteurs. Car de fait, tous,
« ils ont une vigueur ignée et une céleste origine (49). » L'homme, qui

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20

par ailleurs n'est pas dépourvu d'un caractère divin, serait-il le seul
à n'avoir rien reçu d'éthéré à sa naissance? Mais alors il serait une
masse inerte et ne saurait produire tant de mouvements variés!
Construit avec art par un admirable ouvrier, il s'est développé,
accru, fortifié après qu'en lui eut été introduite son âme venue de
l'éther. Cette âme, qui se maintient par ses propres mouvements,
est la source et l'origine de la vie.

II
La matière extrêmement subtile de l'éther, très petite par sa masse comme très grande par sa vertu, a son centre dans l'étoile de
chaque tourbillon, on peut dire que le soleil de notre orbe est une
étoile, ou les étoiles des autres orbes tout autant de soleils. Ces astres
ont été disposés pour équilibrer par des flots incessants de rayons,
ayant reçu en eux une certaine quantité de mouvement, le poids
des molécules brillantes tout à l'entour, à savoir les eaux primordiales.
Ainsi chaque soleil, véritable Atlas de son orbe, détermine,
en un nuptial mouvement, les molécules de l'eau céleste à s'écouler
en cercle, grâce à ses esprits répandus entre elles, mais il meut
d'autant plus rapidement qu'il est plus rapproché d'elles et l'emporte
par une plus grande abondance d'esprits, et d'autant plus
doucement que la vertu de ses rayons se dilate davantage en un vaste
corps. En vérité, à mesure que l'esprit éthéré s'avance vers le bord
extrême d'un très ample tourbillon, il se heurte contre des eaux
graduellement plus denses et, ses ressources s'étant dispersées en
un cercle croissant, il s'épuise, succombant à l'énormité de la masse
qu'il doit repousser. Ainsi les eaux célestes finissent par contrebalancer
le mouvement impétueux du soleil et par l'inhiber, en sorte
qu'il ne se répand pas tout entier jusqu'à l'extrémité du tourbillon;
de plus, grâce à leur poids déjà rival, elles réfléchissent les esprits
vains qui, arrachés à ceux qui les suivent en cercle, sont ramenés
par une voie oblique à leur source. Les changements du monde sont
régis par cette loi, que le repos compense le mouvement, que tout
mouvement vient de l'éther, âme du monde. C'est pourquoi l'éther
a été considéré comme le père du monde, car sans mouvement il
n'y aurait aucune génération. Le vide n'a en aucun cas produit par
mouvement une âme, ce qui est mu et le néant n'ont pas été les
révélateurs de l'âme. L'âme, qui obéit à un mode de rotation, fait,
selon sa loi, tourner la terre; les pierres croissent grâce à leur âme,
qui sert les qualités naturelles des roches; partout, par leur âme sont
vivifiés les fossiles, les plantes et les bêtes, ainsi que le microcosme
lui-même: l'homme. Ainsi une même âme de tous les corps, telle

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21
Protée, se rencontre dans les différentes espèces. Ayant rencontré
diverses masses pour les agiter et ayant été conduite par divers
canaux, elle a appris à façonner les diverses sortes de corps. Ensuite,
observant des mouvements complexes dans la formation des animaux,
par exemple, elle dispose un appareil complexe de conduits,
assigne à chacun des liqueurs spécifiques et les meut pour ses
propres usages. Ainsi l'âme s'assure un gîte et procure la vie à
l'animal.

III
Beaucoup d'anciens soutenaient que l'âme vivifiante est l'indice d'une certaine chaleur et humeur native, profondément insérée.
D'autres distribuaient le commandement du corps animé à des
facultés inconnues, et ayant craint d'être audacieux, ils plaçaient
dans les réalités physiques des qualités occultes. L'un de ces
Anciens pensa même que le corps est plein de vie et accomplit ses
fonctions grâce à la seule trituration. Un moderne n'a que l'archée
à la bouche. Un autre applaudit aux ferments, et plaide pour les
troupes des esprits animaux. Un autre encore chante les louanges
d'un élatère des fibres. Que dire de plus? Chacun à la mesure de
son génie butine la vérité, comme il saisit les lois de la Nature. Ne
doutons point en effet que tant de doctrines, si divergentes qu'elles
soient par les mots, ne rapportent chacune quelque parcelle du vrai.
Dès leur naissance, la chaleur éthérée se fixe dans les tréfonds les
plus secrets des êtres vivants. Elle a soufflé sur les premiers
mouvements de la machine animale et les a produits, léchant une
humeur balsamique qu'elle élabore continuellement pour elle.
Amoindrie, cette humeur se dissipe peu à peu, pour être renouvelée
peu à peu. Ainsi est préservée sans interruption la vie fluide, ainsi
le souffle éthéré excessivement éparpillable supporte l'obstacle et
la résistance du corps qui doit vivre. Ils avaient peut-être atteint à
une plus haute sagesse ceux qui sacrifiaient aux facultés: aucun
d'eux ne semble avoir donné d'avis arrêté sur les causes des fonctions
et de la vie parce qu'ils auraient étudié les lois excessivement
secrètes de la Nature et accepté d'afficher leur ignorance plutôt que
de faire croire à une doctrine erronée. Ensuite, on peut estimer
qu'au contraire ceux qui parlent de manière pyrrhonienne et les
adeptes d'une pratique empirique se sont abstenus de scruter les
causes des phénomènes du microcosme, parce que la connaissance
des effets chez les patients pouvait leur paraître suffisante pour
soigner. Erasistrate (50), étonne par la très grande abondance
d'écoulements résultant d'une transpiration opiniâtre, qui plus

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Les Clefs de la Philosophie Spagyrique.

**** A T T E N T I O N ****

Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.
**** A T T E N T I O N ****
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La présente édition de « Les Clefs de la philosophie spagyrique »
de J.-B. Le Brethon a été établie d'après l'exemplaire de
M. J.-C. B. (collection privée). Nous l'avons reproduit avec un
grand souci de fidélité, tel que fut imprimé l'original, sans
corriger les erreurs ou imperfections que l'on rencontre parfois
dans les éditions anciennes.


50 exemplaires ont été reliés par « La Reliure d'Art à Limoges »
Exemplaire n°

Achevé d'imprimer sur les presses de Jugain Imprimeur S.A., Alençon
pour le compte de J.-C. Bailly, Éditeur
Reproduction partielle ou totale réservée (C) BAILLY - 1985
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Couverture: J.-C. Bailly Illustration: Yann Van Rueffen
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A leur parution, en 1722, les Clefs de la
philosophie spagyrique furent saluées en ces
termes par le Journal des savants: « Ceux qui
n'ont encore aucune notion de la Philosophie
Spagirique trouveront ici, en abrégé, les éléments
de cette science, et ils ne peuvent
choisir un livre qui les mette là-dessus mieux
au faite des principes. » De fait, cet important
traité d'alchimie, loué et cité par Canseliet et
Fulcanelli, constitue bien « une introduction
naturelle à l'étude du système général de la
philosophie hermétique », comme l'écrivait
René Alleau, qui ajoutait qu'il ne lui paraissait
« pas douteux que Le Breton eut été fort loin
dans la voie du Grand Oeuvre physique »,
dont tout le processus se trouve dévoilé par
les précieux aphorismes des Clefs.
Mais si cet ouvrage, devenu classique, est bien
connu, la figure de son auteur était jusqu'à
présent restée dans l'ombre. Elle se trouve
pour la première fois mise en lumière dans
l'étude que consacre Sylvain Matton à cet
Adepte dont le nom exact était Jean-Baptiste
Le Brethon.
Est jointe à cette étude la traduction intégrale
de la thèse que Le Brethon fit soutenir pour
son acte de régence, consacrée à ce magnétisme
vital qui tient une si grande place dans
les Clefs.


TIRAGE LIMITE
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