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Réfer. : AL2314D
Auteur : Pierre de Vitecoq.
Titre : Livre deuxième de Me Pierre de Vittecoq.
S/titre :

Editeur : Manuscrit 160 de la Bibliothèque municipale de Rennes. Cinquième partie
Date éd. : 1xxx .


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Particularités de ce document.


Afin de conserver au bénévole lecteur le charme du manuscrit, j'ai laissé le texte dans sa forme originale, orthographe, ponctuation, excepté sur
quelques points.
Excepté ces derniers, le document est conforme à l'original, folio par folio, ligne par ligne et caractère par caractère. Pour ce dernier point,
le lecteur voudra bien être indulgent, car malgré une double relecture de
tout le document, il est improbable de n'avoir pas oublié çà et là quelque
particularité orthographique.
Les numéros de folio sont repris du manuscrit lui-même, et sont portés sous la forme :
(fxy)
f pour folio. x numéro de folio. y r pour recto.
v pour verso. Cette identification est rajoutée, seul le numéro porté à droite de chaque folio recto, est sur l'original.
Je dois aussi rappeler que les majuscules et les minuscules sont distribuées dans le texte sans logique précise, quant à l'orthographe, elle
peut varier pour un mot sur la même ligne de texte.
D'autre part, l'habitude du scripteur d'aller vite, ou de lier les mots
entre eux pour ne pas lever la plume, font que les accentuations et les
apostrophes sont mises ou non sans raison apparente.

Points de modifications.

J'ai mis une majuscule à la première lettre de chaque paragraphe, ainsi qu'un point à la fin.
Les mots qui sans raison apparente, avaient une majuscule dans le corps du texte ont été mis en minuscule.
J'ai également mis une lettre majuscule sur la première lettre des noms propres de personnes, ou de personnages (Lulle, Saturne, etc).
J'ai séparé les mots liés dans le texte afin de rendre la lecture plus agréable, néanmoins les mots séparés dans le texte le sont restés, par
exemple "quoy que", ou encore "par ce que".
Dans la majorité des cas j'ai écrit les mots abrégés dans leur forme complète, à l'exception notable de philosophie et de ses dérivés écrits
ph~es pour philosophes, ph~ique (pour philosophique) etc, reprenant ainsi
la forme abrégée du scripteur.
J'ai omis de reproduire quelques notes en latin, en marge du texte, qui sont d'une écriture différente du manuscrit, postérieures à celui-ci, et
assez difficiles à déchiffrer. Cette écriture semble proche de celle des
notes sur le livre de Rochas, en fin du manuscrit.
Dans le cas où un doute subsiste sur le texte (graphie non déchiffrée), j'ai mis cinq astérisques pour signaler l'endroit.

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(f90r) 90
Livre 2e. de Maître Pierre
de Vittecoq prêtre compagnon de Nicollas
de Grosparmy et Noël le Vallois, et en icelui
est déclaré ce que ses compagnons
ont un peu caché. Et que ceci soit gardé sous silence et qui ne
soit montré à personne s'il n'est parfait ph~e
et homme de bien en peine d'encourir les peines
éternelles par l'ire de Dieu.

pict
Qui fraudem querit et habet
cor impurum a me recedat.

pict
A vous noble et
valeureux chevalier j'adresse et confie en vos
mains le plus grand secret qui fut jamais
aperçu d'aucun vivant, et pour vous ai voulu
icelui écrire, non pas pour être montré,
ni autrement gardé qu'en votre coeur, bien
étroitement musé; car à vous et à moi
damnation serait s'il était divulgué, car à
homme vivant ce secret ne doit être déclaré,
car c'est à Dieu seul de le révéler, à ceux
qu'il connaît en être dignes, car il sonde
les coeurs et connaît ce qui est à venir.
C'est la raison pourquoi les sages ph~es
n'ont jamais écrit ce secret, que par
figures, énigmes, similitudes, et allégories
découvrant pourtant la vérité aux
enfants de la science; mais aux indignes
labeur et tourment; car par faux régimes;
et fausses matières ils ont séduit les
ignorants, car comme dit la benoîte

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(f90v)

Tourbe quoiqu'il dise prenez ceci ou prenez cela,
pourtant ne faut prendre qu'une seule fois et bien
clore le vaisseau jusques à la fin finale; ne désire
donc pas tant de choses car l'esprit est tout;
mais si dans icelui autre esprit n'est enclos, rien
ne profitera, car celui qui l'amende doit
sortir du corps, car notre lait dissout notre
gomme, et notre gomme coagule notre lait, et cette
huile et gomme, dit Lalemand, est premièrement
sortie du corps étant dans l'esprit incéré
jusques à ce que l'humidité superflue de l'eau
soit convertie en air, et que ce qui était
en forme d'eau, soit fait de nature huileuse;
et alors la pierre acquiert le nom de gomme
et soufre, donc notre pierre n'est point parfaite
par choses diverses, mais toute une chose;
mais les ignorants sont trompés par choses
diverses et étranges à la nature et
d'étrange nature n'entendant ph~ie, mais
prennent les livres à la lettre et par ainsi
sont trompés: car les ph~es tendent
toujours à deux fins afin de faire
faillir les ignorants: c'est pourquoi je vous
commande de garder le silence afin de
conserver ce trésor; et brûlez plutôt
ces présents écrits qu'ils fussent divulgués;
car le Saint Esprit se retirerait de vous
et ne pourriez venir à bout de rien, soyez donc
secret, et regardez bien comme nature opère;
et là où les livres et la raison s'accordent,
n'outrepassant pas la possibilité de la
nature, et garde-toi d'étudier en de faux
livres, les meilleurs sont les livres de
Remond, principalement sa Théorie sa
Pratique et son Codicille, l'ancien et nouveau
Testament, son Livre des expériences quoi
qu'il y ait de la fausseté par faux régimes
et distillations, sublimations et calcinations

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(91r) 91
rustiques, tous ces régimes n'ont été
mis que pour envelopper la vérité par pièces,
et pour faire errer les idiots, et beaucoup
trop subtils d'esprit ne croient pas qu'il
se fasse par si petit régime, comme il se
fait, vu que c'est une chose si admirable
et tant digne, desquels régimes Remond dit
en son Codicille. Ce que nous avons dit
des préparations praticales dit-il, sont vraies,
jaçoit que l'artiste expert puisse donner
accourcissement à icelles, et nous semblablement
désirant recueillir un esprit bénin de la
première noirceur, surmontant le feu et ne
se laissant point surmonter, et quoique
nous l'ayons plusieurs fois touché aux
doigts et vu de nos propres yeux, nous étions
encore aveugle, et par aucune science ne
l'eussions pu comprendre sans un esprit
de prophétie venant du père des
lumières, qui ne délaisse point les
siens, fit en sommeillant reluire
devant nos yeux une telle clarté,
que nous reconnûmes que pour l'accomplissement
nous n'avions qu'à disposer le corps à une
naturelle et secrète décoction, moyennant
laquelle par ordre rétrogradée soudain
la nature fut visiblement dissoute en pure
noirceur, dont en ce volume nous avons
donné la manière par pièces détachées
en la musant; donc à homme vivant
tu ne dois les choses révéler sur peine de
damnation éternelle, pourtant nous avons
donné certaine pratique desdits secrets
pour les élus de Dieu, par laquelle notre
secrète dissolution se peut faire en neuf jours
par l'aide externe informant l'intrinsèque
de la matière à naturelle décoction par

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(91v)

l'invention de l'artiste, comme plus à plein sera
déclaré en ce présent livre à vous promis noble
chevalier et par moi gardé pour vous tant que
soyez instruit par mes autres livres à bien
vivre et à bien faire afin de mériter ce
précieux don, afin que malheur n'arrive sur votre
famille ainsi comme avons vu arriver à
plusieurs qui ont contaminé cet art par des
vices et ont péris misérablement, car ce
secret ne doit pas être mis entre des mains
profanes, non plus que des vaisseaux sacrés,
car nous avons vu plusieurs maisons renversées,
et par quoi nos compagnons s'étudient à
bien faire, donc à un il avait été prédit
qu'il tomberait dans des débordements dont il
en était fort courroucé et souvent de fois
ainsi comme à l'heure de sa mort disait;
mihi durum est edificium a me constructum
pro lascivia in nihilum redigi; par quoi
noble seigneur que sainteté soit en vous
afin que par mes mains péché ne tombe en
votre maison et pour ce je puis bien dire
avec les anciens qui ont écrit de lui
qui rectum cor habet audacter secundum
dicta operatur, sed tu impie ne verbis
meis fidem habeas, Deus enim superbum
deprimet lascivusque ob suam libidinem
punictur.

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(f92r) 92
Premier chapitre: De la science en général
quelle est la pierre et son
origine.
Thomas d'Aquin le
bon saint parlant de cette science dit, ars
et natura simul conjuncta homini justo
mira secretta aperit, parce que sans ces
trois choses garder on s'approcherait
en vain de cette science, or surtout fuyez
la superbe, luxure et l'avarice, car notre
science veut un homme pur; et nature est
le fondement de tout notre royal magistère
et c'est ce que dit Bachon: ars sequitur
naturam, ejusque auxilium, at que
illius instrumentis operatur.

1.
Car comme dit Morien nature est celle
qui fait transmutation, mais art la met
en chemin, administrant les matières,
c'est à savoir préparant icelles c'est pourquoi
cette oeuvre est divisée en deux parties
c'est à savoir en préparations manuelles et
en naturelles.

2.
Et c'est ce que dit la Turbe, que les sages
achèvent l'oeuvre en ces mots: nature s'éjouit
en nature, nature surmonte nature,
et nature contient nature.

3.
C'est pourquoi il est dit congelez l'eau
vive dans son propre corps, c'est à savoir

@

(f92v)

dans son soufre qui ne brûle point, et le bon
Remond dit en son Apertoire:

4.
Qu'il n'y a qu'une seule pierre composée des 4.
éléments, laquelle n'a besoin d'aucune chose,
qui ne soit de sa propre nature, ce qu'Artefius
et Dattin attestent disant:

5.
Nous n'avons qu'une seule pierre, une
médecine et un régime, et ne nous faut qu'une
seule chose qu'il faut une fois mettre et puis
clore le vaisseau jusques à la fin.

6.
Et Senior dit, nous n'avons qu'une seule
matière en un seul fourneau et par un seul
régime moyennant la putréfaction
menée à première matière.

7.
Sinesius dit notre est une seule chose
à laquelle rien d'étrange n'ajoutons, et le
bon Remond en son Testament, mon fils il
faut que tu dissolves la lumière du monde
sans y toucher des pieds ni des mains;
car comme dit la Tourbe:

8.
Toutes autres choses n'ont été dites que pour
faire faillir les ignorants, mais il faut qu'art
opère auparavant et après le mercure
et le feu te suffisent.

9.
Mais au commencement ce n'est pas
notre mercure, il le faut extraire du corps par
art et par nature après toutes les opérations
requises se font en un seul double vaisseau
et rien n'est si aisé.

@

(f93r) 93
10.
Comme dit la Tourbe nous n'avons besoin que de deux
spermes tirés d'une même racine, puis les
cuire jusques à la fin par notre seul régime.

11.
Car comme dit Arnault dans tout argent
est contenu un soufre blanc, et dans le ,
un soufre rouge, car il ne s'en trouve
point sur terre un tel comme celui
qui est contenu en ces deux corps.

12.
C'est subtilement et avec grande industrie
qu'il nous les faut préparer afin d'en extraire
ce soufre et ce des ph~es; car nos mercures
ne sont pas ceux que vendent les apothicaires,
comme dit le Parisien.

13.
Mais ceux que nous donnent le et la ,
car ils ne se trouvent point sur terre,
mais les faut extraire par art de la
fiente et pourriture du et .

14.
Notre matière n'est donc point trouvée
sur terre en sa naturelle action, mais doit
sortir du soufre et du mercure conjoints,
car tout vient d'un, dit le divin Platon,
et tout retourne à un.

15.
Réduit donc ton corps en eau,
corromps, divise-le en ses principes jusques
à la mort; de laquelle division et
mondification sera traité au chapitre suivant,
afin de voir d'où sort notre pierre.

16.
Nous n'avons donc qu'une seule
matière à savoir ou d'où sont
tirés moyens et extrêmes.

17.
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(f93v)

Et ainsi de principe en principe et d'extrême en
extrême menant icelle par degré tant que son
tempérament qu'elle avait perdu soit
recouvert par autres moyens et opérations
graduelles.

18.
Lesquelles opérations ne sont que pour simplifier le
corps et le mettre en pure nature, afin que la
quintessence qui est contenue en lui puisse mieux
opérer ses effets et venir à un haut degré.

19.
Car tous les corps et individus de la nature ne sont
que des boëtes dans lesquelles toutes les substances
qui sont au monde reposent.

20.
Lesquelles substances viennent de la pureté
ou impureté des corps qui les enferment, c'est
pourquoi nous avons besoin de bien purifier
iceux corps afin d'ennoblir l'âme et l'esprit
pour les réunir au corps purifié.

21.
Car tant plus nos principes seront purgés;
l'union s'en fera mieux et l'oeuvre en sera plus
parfaite et sera exaltée en gloire.

22.
Nous n'avons donc qu'à subtilier le corps du
et de la tant par nature que par art
pour le mettre au chemin du mouvement; car il
tient deux natures différentes, et est par
ainsi appelé mercure double.

23.
Donc l'or engendre l'or; et ainsi chacune
chose engendre son semblable, nous rejetons
seulement les choses superflues: donc ceux-là
qui prennent et mêlent des choses étranges
animales et végétales sont lourdement
trompés, car nature s'amende en sa nature.

24.
Donc Remond ne l'entend pas ainsi
qu'il le baille, car par son vin il entend
la partie végétale, et par son sang la partie

@

(f94r) 94
animale qui ne sont que les degrés
de perfection menés çà et là d'une même
chose.

25.
Donc Remond dit, l'artiste doit approprier
le nourrissement à la complexion de l'élixir
et ainsi tu tireras le sang du corps
métallique à ta volonté dissolvant icelui
en par répétitions d'inhumations tant qu'il
n'en sorte plus aucune teinture.

26.
Et en son Codicille il dit imbibe d'urine
d'enfant, puis d'eau de sang, et comme dit
le Parisien, non de sang humain, qui est
chose abominable, mais le sang ou esprit
minéral qui est dans les métaux.

27.
Et pour ce dit Jehan de Meun tourne et
retourne ta noire solution par réitération,
dont le premier sera minéral, le 2e. végétal,
et le 3e. animal.

28.
Donc icelui minéral prendras et pour le
subtilier le dissoudras, congèleras et sept
fois distilleras et tu auras la terre vierge
blanche ou première matière, d'où sortira
l'enfant.

29.
De la minérale sort donc la végétable
parce que c'est seulement la même matière
plus épurée et exaltée au regard de la
minérale ou première préparation.

30.
Donc de cette végétable l'on peut dissoudre
l'or avec conservation de son espèce et le
faire potable pour le corps humain, ce que ne
ferait pas le minéral parce qu'il est encore
plein de feu contre nature, qui est
encore avec lui du premier agent.

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(f94v)

31.
Les chimiques ne savent pas dépouiller l'or,
du feu contre nature, lequel dépouillement
n'est autre chose que les fèces du menstrual
puant et les terres mortes et les saletés.

32.
Remond enseigne ce dépouillement
purgeant la terre par feu et calcination, et l'eau
et l'air par distillation septénaires, afin qu'ils
soient libérés du menstrue puant.

33.
Car comme dit Remond en son Codicille,
quoique la pierre sorte des deux luminaires,
pourtant devant que de faire élixir,
il convient digérer pour séparer les
salsuginosités du sec menstrual qui étaient
demeurées par les précédentes opérations.

34.
Donc la pierre minérale est sortie du
menstrue puant, de laquelle la végétale
et l'animale sortiront.

35.
Lequel menstrual puant est fait de vitriol
et salpêtre, c'est-à-dire sel de et
esprit de nitre: pourris donc leur esprit est
plein de feu, et c'est la clef du cabinet
du Roi.

36.
Par cette eau dissolvante, le corps est
réduit à simplicité d'eau minérale ou 1ère.
matière, et mercure des sages, de laquelle
eau nous faisons monter en fumée, et descendre
en eau tout corps et esprit métallique.

37.
De cette eau tu dois faire bonne provision

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(f95r) 95
et la garder en matras à long col, mais
jamais le pire n'amende le meilleur, ne prend
donc pas notre pierre dans les métaux
imparfaits, mais de et .

38.
Car dans est la semence de et dans
l'argent celle d'argent, car ces deux corps
sont très purs et conviennent à notre oeuvre,
car la semence d'or dore, et celle d'argent
argente, et chacune chose engendre son
semblable en son espèce.

39.
Donc si tu cherches une médecine
guérissant les métaux, il faut que son
origine soit d'iceux métaux et encore des
plus parfaits afin de parfaire les
imparfaits.

40.
Notre médecine n'est que pure substance
de pur métal menée à un haut degré
de perfection par nature et par art, et ainsi
dans et dans la est notre pierre.

41.
Il est dit que les métaux vulgaires
sont morts, et que les nôtres sont
vifs, il est vrai, mais comme dit Remond
les vifs sont descendus des morts.

42.
Parce que notre pierre n'est qu'en l'or,
l'argent, et l'argent vif vulgaire, et de
leur mort sortira notre ph~ie.

43.
Réduisez-les donc en simplicité;
c'est à savoir en eau, non hors de son
espèce, car en vain nous chercherions
une putréfaction et noirceur, si elle ne

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(f95v)

procédait des corps parfaits, car le noble
métal est la base.

44.
Ad se vincit, lux attinet, sine qua
semper tenebrae permanent.

45.
Or ayant donc déclaré de quelle matière
est notre pierre; il faut venir aux moyens
de la faire sortir sur terre; lesquels moyens
je diviserai par ordre de principes tant
matériels, praticaux que démonstratifs;
afin que vous cher seigneur ne sachiez pas
seulement ce secret: mais tous autres que
la vénérable nature produit; et ainsi
vous comprendrez tous les livres des
sages et pourrez vous-même faire livres
et entendre les miracles de nature.

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(f96r) 96
Chapitre second de ce livre et premier chapitre des
principes.

Tous principes en notre
art dit Remond sont extrêmes et moyens;
le premier desquels est la quintessence
toujours dans une espèce, laquelle il faut
purifier, qui en veut approcher.

47. *
Mais la matière 1ère. est un autre principe
laquelle est trouvée partout, c'est une terre
vierge qui n'a point été corrompue par
aucune spécification.

48.
Ce n'est autre chose qu'or et argent en
être dans les éléments spirituels dans lesquels
est la quintessence, et comme âme elle est
dans toutes choses, donc elle est générale,
et nous tirons ce genre très général de la
matière complètement formée moyennant
la résolution ès éléments.

49.
Mais la résolution ne provient pas
jusques à la première matière de toutes
choses, mais finit en la plus prochaine
du genre métallique: autrement l'espèce
serait détruite.

50.
Donc Remond dit; quoique l'argent-
vif commun soit dit genre général très
prochain, nous avons un autre argent-vif
toutefois plus remot, duquel le mercure
minéral, végétal, et animal sortent, et
s'appelle genre général, comme il est trouvé
en tous les corps élémentaux.

51.
Note du traducteur. Il n'y a pas de numéro 46 dans
le manuscrit.

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(f96v)

Et rien ne naît au monde
sans le d'où les rustiques sont trompés
qui le prennent en figure et prennent à la lettre
le son des paroles, ne considérant pas les
puissances de notre vapeur ou duquel tous
les autres mercures sortent.

52.
Car comme dit Remond nous avons trois
vertus et puissances, donc la première descend
du ciel, et est l'instrument de la nature;
la 2e. est l'intrinsèque des composés et le
mercure d'iceux dont ils ont été faits et ainsi
nourrit toutes choses et les maintient.

53.
Ce n'est pourtant qu'une seule chose
qu'il convient tirer par dépuration; approchant
à la première chose; et par cette seconde matière,
la 3e. peut être entendue et comprise comme
par purification essentielle; desquelles trois
substances Arnaut dit

54.
Que l'argent-vif est triple, le premier
desquels est un feu qui brûle les
corps, donc notre feu est une eau: donne donc
le feu au feu; et le au .

55.
Mais du second dit Senior l'âme se tire par
putréfaction, et lorsqu'elle est tirée on en lave
le corps en le purgeant de ses saletés.

56.
Du 3e. est dit qu'il faut extraire la quintessence,
et par ce l'argent-vif est dit triple.

57.
Or pour transmuer les métaux, dit Remond,
il faut réduire leur corps solide en
première matière très ténue et subtile, qui
est la corruption solennelle de notre mercure.

58.
@

(f97r) 97
Car dit-il notre argent-vif se fait
par résolution ténébreuse, corruption
et voie naturelle, et non pas par la
voie des chimiques, et rustiques qui est
contre l'ordre de notre mère nature.

59.
Cette corruption est la porte et le
commencement de l'art, d'où les moyens
sortent, qui ne sont que les vrais
mercures des ph~es, lesquels par
gradualités puretés et vertus reçoivent.

60.
Aussi le même Remond dit que le
vulgal et la terre minérale fixe d'
sont les extrémités d'où sort,
qui est un air plus fort que ces deux,
dont il est composé.

61.
La pierre dit Remond, se dissout en 3.
esprits ou argents-vifs; et c'est
ou tournés en ténèbres, qui n'est rien
que la déliaison des parties, et ici la
chaleur informative doit croître, d'où
se fait notre argent-vif, qui est
racine de tous corps liquables.

62.
D'où Remond dit, nous n'avons
besoin que d'une pure substance de
mercure pour dissoudre les corps
en soufre, dont est en après
l'élixir fait.

@

(f97v)

Chapitre 3. De ce livre, et chapitre 2e. des principes.
Or nous avons
dit autrefois, que notre magistère
n'est autre chose que dissoudre et
congeler, et à présent nous disons
que pour faire icelle dissolution selon
que les corps sont de forte ou débile
digestion ils ont besoin de diverses
eaux ou argents-vifs proportionnés à iceux.

63.
D'autant que chaque corps est dissous
par la liqueur de son argent-vif, desquels
le premier est le menstrue puant, duquel
premièrement iceux corps ont été faits.

64.
Il ne faut mettre en icelui que ce qui est
sorti d'icelui, auquel se dissout et la
et dont il faut tirer la fumée
blanche, c'est à savoir notre soufre
et lion vert.

65.
Mais avant ladite fumée, le lion vert se
dissout en l'eau puante, et par ainsi
dit Remond tout argent-vif n'est pas
propre nourrissement à la médecine, car
d'autant plus parfait sera qui dissout
de corps aura.

@

(f98r) 98
66.
Car toujours il se va parfaisant
à raison que la vertu du corps se
communique toujours au menstrual
par diverses fermentations.

67.
Or dit Remond, tout premier nous
prenons une liqueur contre nature qui
dépouille le corps et cause la continuation
de l'esprit d'icelui avec les 2. luminaires.

68.
Ces deux spermes changent la nature
menstrualle en humide radical, dont
l'enfant en est après nourri, et de ces 3.
feras sortir le grand dragon qui altère
les métaux, à laquelle pierre sortie de
ces 3. il ne faut ajouter que ce qui
est sorti d'icelle.

69.
Mais avant qu'elle soit du tout extraite,
purifie-la des corruptions terrestres et
flegmatiques qui sont contre nature.

70.
Car il n'y a que l'humide radical qui
rende notre pierre incombustible; et faut que
le corps soit fait esprit, et l'esprit corps,
car tant plus tu subtiliras et mieux tu
rejoindras.

71.
Donc nos eaux argents-vifs ferments,
gommes et sels qui succèdent l'un de l'autre
ne sont qu'une même chose dit Remond, par quoi
chacun est dit triple, c'est à savoir
3. eaux, 3. argents-vifs, et 3. ferments.

@

(f98v)

Quatrième chapitre. De ce livre et chapitre 3. des principes matériels.

72.
J'ai dit au second chapitre que tous principes
sont extrêmes et moyens, et à présent je
dis que tous moyens sont toujours créés
du corps et de l'esprit, lequel corps et esprit
sont ainsi toujours extrêmes.

73.
Donc cette pierre avant l'opération
est divisée en deux parties à savoir
spirituelle et corporelle et puis sont
conjointes derechef en un moyen très
noble.

74.
Nos plus principaux principes matériels
successifs en l'art sont sol et lune en nature
de sel et de vitriol, lesquels sont premiers
principes, puis viennent les 4. éléments
tirés par opérations successives de ces
premiers.

75.
Puis le soufre et argent-vif très purs en
sortent et le ferment des ph~es, puis en après
la médecine et l'élixir accompli, puis
ensuivent les multiplications.

76.
Les autres moyens et extrêmes de notre argent-
vif est l'eau du lion vert ou vitriol conjoint
avec le métal, puis après vient le sol et la
lune, et notre argent-vif, c'est à savoir le
même corps liquéfié, puis vient la pierre
ou soufre puis l'élixir complet.

77.
Car comme dit Remond, l'eau vive et les

@

(f99r) 99
deux esprits puants sont aussi
extrêmes d'où sort notre pierre et sont
au métal en puissance, donc le métal
est un moyen entre soufre et mercure.

78.
Donc les extrêmes de la pierre sont l'argent-
vif et l'élixir, et les moyens sont les huiles
onguents, qui sont ferments de l'élixir.

79.
Il faut donc aller de degré en degré, comme
de métaux en menstruaux, et de menstrue
en argents-vifs, et d'argents-vifs en
soufres, et de soufre en élixir.

80.
Chapitre cinquième de ce livre, des menstrues quatrième principes matériels.

Ce chapitre des menstrues doit être bien
considéré car en icelui est le principal sujet
de l'oeuvre.

81.
Notre menstrual est eau minérale dit Remond
non terminée en espèce de métal, sans lequel
nous ne pouvons principer, car il dissout
toutes choses et putréfie le corps sans
destruction séparant seulement ce qui est
étrange.

82.
Dans lequel menstrue puant est le feu
contre nature, qui transmue notre pierre
en dragon orgueilleux, lequel engrosse sa
mère, c'est-à-dire le menstrue.

83.
Dans toutes choses dit Remond est
contenue une substance, qui après parfaite
coction, endure tout feu.

@

(f99v)

84.
Mais cette chose bonnement ne se trouve qu'aux
seuls métaux, donc tu tireras d'iceux cette
substance chaude, aérée, subtile, congelée,
en espèce métallique, et tu la tireras
moyennant semblable vertu, laquelle est
contenue dans les choses crues et non
terminées qu'en médiocrité.

85.
Laquelle est descendante plus prochainement
de la première nature ou forme des formes
que la cuite, et laquelle jamais ne se tournera
en métal, si elle n'a un métal en sa nature
pontique, et si ne souffre l'un de l'autre ainsi
que mâle et femelle d'où l'enfant sortira.

86.
Car avec cette matière crue dit le même Remond,
nous réincrudons le corps que nature a cuit,
car sans humidité ne peut pourrir, exemple
au blé, que s'il n'est jeté en terre il
demeurera seul.

87.
Donc pour pourrir notre pierre, ou , nous
ajoutons à icelle cette humidité, laquelle
se doit ôter au commencement, car autrement
ne peut pas bien blanchir, ni être mariée à
l'esprit d'icelle pierre par préparation.

88.
D'autant qu'après la préparation le corps sera
revivifié par son esprit et viendra clair
et blanc comme luisant, et après cette
résurrection, est appelé terre bénite.

89.
Donc l'eau ph~ique ou flegme dit Remond,
quoiqu'elle blanchisse et rubifie la pierre,
elle n'y demeure pas, et ne l'augmente pas,
mais tant seulement elle humecte ses parties

@

(f100r) 100
et les préserve de combustion du feu, laquelle
en après sort du compost par décoction.

90.
Cette eau corruptible dit-il, en son Testament
qui est notre secret et de toute la ph~ie,
fond notre sol et le porte en l'air, c'est un de
nos argents-vifs, et l'eau blanche qui
rectifie le grand dragon.

91.
Après laquelle vient la seconde, laquelle
doit être mise en deux parties, c'est à
savoir l'une pour l'autre pour .

92.
D'autant que nous avons l'huile du feu
rouge et celle de la terre blanche, lesquelles
huiles ou air, ne sont que l'eau teinte,
et sont comme deux eaux première et seconde
qui tiennent plus de la nature du corps.

93.
Donc l'âme de notre pierre ne sort pas
toute à une fois, mais à plusieurs,
cette humeur radicale et argent-vif,
lion vert, serpent, l'eau vive et l'eau-de-vie
qui ressuscite les corps morts.

94.
Le cinquième chapitre des
principes matériels et des mercures, et
le sixième chapitre de ce livre.

Le premier des mercures est mêlé
avec la nature des deux corps, puis
avant l'élixir complet il est chassé.

95.
Mais le second est l'eau de ou menstrue
exubéré en lait, doit être conservé et
bien gardé en sa vertu aérienne pour

@

(f100v)

toujours en nourrir la pierre, car le corps
est dit eau et vient comme argent-vif vulgal
car l'âme tirée du corps ressemble au mercure
vulgal.

96.
Car si cette eau lavée après sept distillations fait
des fèces blanches, comme sel cristallin au
fond du vaisseau, c'est signe qu'elle revient en
argent-vif.

97.
Car notre argent-vif corporel étant réduit en
spirituel, courant sans teindre le doigt, est
plus chaud que le vulgal, et est appelé vulgal
par similitude de celui qui lui est comparé
par un art vivifié.

98.
Jamais transmutation des métaux ne se fait,
dit Aristote, s'ils ne sont réduits en leur
première matière.

99.
Donc cette première matière est la nature
rétrogradée de son même corps dissout
en icelle matière première revenu, et cela se
fait en réduisant le corps en soufre et
mercure qui sont la première matière des
métaux.

100.
Donc ces deux spermes étant disjoints
et purgés, se rejoindront bien mieux ensemble
au ventre de qui est notre dragon
dévorant sa queue.

101.
L'argent-vif, dit Remond, ou lait de vierge
jeté par les corps en forme d'eau claire
se congèle en soufre.

102.
L'argent-vif vulgal ne peut faire cela,
s'il n'était fait eau claire.

103.
Mais nous avons deux corps, dit Sinesius,

@

(f101r) 101
de très grande perfection remplis de
vif-argent, tire d'iceux ton vif-argent.

104.
Nos soufres, dit Remond, ne se tirent que
par voie de génération faite par avisée
corruption, sans addition étrange, ni
d'eaux, ni d'autres choses, excepté de celles,
qui sont contenues en iceux et sorties
d'iceux.

105.
Car le mercure convertit à soi le soufre,
parce que notre mercure est tiré de notre
soufre, et ne se fige, qu'en son corps,
et en son propre soufre, et il n'y a que
frère et soeur.

106.
Des terres chapitre 6e.
des principes matériaux et praticaux
et le 7e. chapitre de ce livre.

Or après avoir dit des eaux
menstrues, argents-vifs, nous dirons des
terres, corps ou soufres pour finir les
principes matériels et pour venir aux
principes praticaux.

107.
Tout ainsi que nous avons plusieurs humidités,
aussi avons-nous plusieurs terres, car
il n'est point d'humide sans son sec,
et jamais le sec ne boira son humide,
sinon celui qui est de sa nature
et le sien propre, car si l'esprit n'est
de la nature de sa terre, il ne peut
s'allier.

108.
@

(f101v)

Car comme dit Remond, la 2e. solution est
pour avoir deux substances à savoir de
corps et d'esprit séparés pour reconjoindre,
et il faut que le corps soit rendu net,
spongieux et aérien, et l'esprit en façon
d'eau claire, lequel soit séparé pour
être mondifié, lequel ne se mêlerait
pas avec autre esprit et subtil de même
genre, et c'est pourquoi est dit en la Tourbe,
joins Gabertin à sa soeur Beya.

109.
Desquelles terres Remond dit, qu'il y a trois
humidités, c'est à savoir une eau céleste
avec sa terre convenable, un air avec sa
terre convenable, et une huile avec sa
terre convenable, desquelles terres la 1ère.
est sortie de métal par dissolution, et est
simple et chaude, de laquelle est imbibée
la première eau, ainsi comme son menstrue.

110.
La 2e. plus chaude et aérienne subtile et
simple sortie de ce premier mariage est
convenable à la 2e. eau et est préparée
par le troisième principe.

111.
Mais la 3e. est très lumineuse et désirant
les rayons de et de et est plus
subtile simple et chaude, et est incérée
de la 3e. eau, et par le 4e. principe est
préparée.

112.
Le mercure venant de notre minière contient 3.
humidités, dont la première est flegmatique
et humecte sa première terre, la seconde
est un moyen radical qui convient à la seconde
terre, mais la 3e. onctueuse et très subtile
convient à la 3e. terre.

@

(f102r) 102
113.
Car le soufre est toujours l'élément
terrestre, et le vif-argent l'élément humide,
auquel élément terrestre est trouvé 3.
substances, dont la première apparaît
subtile, quoique grosse, obscure, froide,
et sèche n'ayant point d'ingrés.

114.
La 2e. est plus subtile et pourtant imparfaite
chaude et sèche ainsi que soufre
incombustible, mais la 3e. est incombustible
et est moyenne sortie des deux premières,
et est très subtile, chaude et humide, et le
parfait humide radical et pure substance de
mercure d'où graduellement sort notre pierre.

115.
Des préparations 1er. principe pratical et 8e. chapitre de ce livre.

Après avoir traité des principes matériels,
nous allons parler des principes praticaux et
ferons notre premier chapitre des préparations lesquelles
selon Marie sont la clef de tout le magistère.

116.
Morien dit notre science n'est parfaite que par une
seule chose, à laquelle nous n'ajoutons rien
et n'y diminuons rien sinon l'impur que nous
rejetons dans la préparation.

117.
Et par le moyen d'icelles préparations et subtiliations,
dit Remond, l'eau permanente tire les âmes
des corps, desquelles est parfait le magistère,
tant le blanc que le rouge.

118.
Prépare donc en séparant certaine superfluité
par élévations de certaines humidités,
d'où les signes sont c'est à savoir qu'il s'élève
un esprit citrin, et qu'il demeure au fond une terre
menue noire, sépare donc le pur de l'impur,
afin que l'oeuvre se parfasse par les parties
les plus légères.

@

(f102v)

119.
Car par notre feu humide le pur monte en haut
et la terre damnée demeure au fond, mais
cela ne se fait point qu'après la vénérable
putréfaction, après nos corps s'élèvent en haut
restant les fèces qui sont venues du
menstrual.

120.
Or cette préparation dit le Parisien est sur toutes
les choses du monde la plus difficile, et comme
dit Hermès, cela se doit faire avec grande
industrie; mais sachant cela le reste est
très léger et facile.

121.
Une femme le fait en filant et on n'y
touche jamais des pieds ni des mains,
mais pour venir à cette opération, les
préparations sont très requises.

122.
Laquelle préparation, dit Remond, n'est
autre chose que restitution de plus d'humidité,
que n'ont perdu les chaux.

123.
Calcination 2. chapitre pratical, et 9e. de ce livre.

La calcination est une partie de cet
oeuvre, dont j'ai voulu faire le chapitre
afin de montrer l'ignorance de plusieurs
qui travaillent par des calcinations et
autres opérations vulgaires.

124.
Quoique Geber, Razis et autres erroneurs,
enseignent ces choses, car eux-mêmes
ont dit, nous avons enseigné une
voie parfaite, mais en paroles courtes.

125.
Parce que comme dit Sinesius, calciner,

@

(f103r) 103
dissoudre, cuire tirer l'âme et l'esprit etc,
ne sont qu'une même chose, car toutes les
autres fausses opérations n'ont été dites
que pour cacher la vraie pratique.

126.
Donc la calcination et sublimation, n'est autre
chose que de faire d'une chose vile, une très
noble par séparation physicale, sépare le pur de
l'impur, et non par force de feu.

127.
C'est pourquoi Remond dit, qu'il faut
calciner les corps philosophiquement,
afin d'en tirer corps, âme et esprit,
qu'il faudra purifier chacun à part, afin
que chacun soit mieux rectifié.

128.
Les ph~es parlant de ces choses ont parlé
par similitudes, nommant la terre corps,
l'eau et l'air esprit, et l'air et le feu
âme, car par l'esprit cru ils ont tiré
l'esprit digeste du corps dissous et leur
est demeurée une cendre fixe, qui doit
être en plus outre dissoute pour en
tirer une huile de pierre incombustible,
et incérative, qu'ils ont appelée âme.

129.
C'est pourquoi Remond dit, notre
calcination ne se fait point à force de feu,
mais par son propre esprit, qui la défend
d'adustion, tirant l'âme du corps et rejetant
le flegme, car pour dissoudre et congeler
les métaux se doivent calciner en poudre
par la vertu de notre première eau.

130.
Car les corps ne sont calcinés que pour
être dissous, et dissous que pour être
purifiés afin de venir à la 1ère. matière essentielle,
donc notre mercure n'est pas le vulgal ni
préparé par sublimation vulgale.

131.
@

(f103v)

Troisième chapitre pratical et 10e. de ce livre.

Notre maître Remond dit, que les opérations
de pratique, ne consistent qu'à tirer les
substances des composés pour les remêler
comme il faut, et quand l'eau est sortie par
le bain l'huile ou l'air grossier nage sur le
mercure sec, non encore dissoute au fond, et que
par répétitions de lentes opérations, l'eau
blanche ou safranée sort, qui lave et
mondifie la terre pâle, qui dessèche et
fige l'air en feu rouge qui teignent et
font fluer.

132.
C'est pourquoi Remond dit, que nous avons
4. digestions, la première desquelles dissout
les éléments; la 2e. dissout l'esprit et sépare
le pur de l'impur, la 3e. forme la
pierre, c'est à savoir convertit le subtil en
soufre, et joint les terres de et de
imbibant de douze parties du composé lunaire
pour être fait poudre subtile et terre blanche
feuillée qui convertit en et c'est la
quintessence en forme de terre blanche,
qui sera propre à mener à rougeur.

133.
Imbibe-la donc avec l'eau rouge et sera
encore blanche, mais continue le feu
qu'elle vienne à rougeur, car la rouge
fondrière convertira toutes choses en
et ainsi de la quintessence sera créé l'élixir.

134.
Remond dit en son Codicille que par
la réduction de l'humide sur le sec,
l'humide est endurci, mais par la 2e.
le soufre est réduit en propre matière
de métal et nature de ferment par l'addition
du ferment au corps.

135.
Or en ce chapitre nous avons à remarquer

@

(f104r) 104
plusieurs nombres comme de 3. a 7.
duquel nombre de 3. est dit à la Clavicule,
notre Seigneur Jésus Christ au 3e. jour
ressuscita en terre permanente.

136.
Par ainsi calcine ton corps en trois jours, ce
que le juif, par la dénotation du Parisien,
figurait par son livre contenant trois fois
7. feuillets, le 7e. desquels était toujours
sans écriture, mais il y avait des figures
et allégories, comme au premier une verge
et des serpents entortillés signifiant
que après la 7e. dépuration est venu
en magistère.

137.
Au 2e. 7e. était un serpent crucifié, c'est à
savoir comme Saturne avec sa faux ayant
tranché les pieds à Mercure, l'eau est
fixée en terre, et est crucifié, c'est
à savoir cloué et fiché en l'arbre composé
des 4. parties proportionnelles qui est le
soufre.

138.
Mais au troisième 7e. était figurés plusieurs
déserts et belles fontaines, qui d'où sortaient
serpents, qui étaient l'infinité des dissolutions,
putréfactions et multiplications contenues
potentiellement en la médecine.

139.
Car comme dit Senior il faut 3. fois dissoudre
et 3. fois congeler, avant que de faire
la mixtion de la pierre, car alors
elle demeure exaltée en puissance de
Dieu, laquelle fondra comme cire
sans fumée.

140.
Item la moyenne substance ou terre
feuillée, qui est appelée soufre blanc,
arsenic et pierre, doit être fixée en
son feu, et avec son feu par forme et
manière de nutrition, tant qu'avec
son ferment elle flue sans fumée
et d'icelle avec son sang tu

@

(f104v)

travailleras afin que nature soit remise
au tempérament qu'elle avait perdu par le
magistère.

141.
Ainsi par trois imprégnations et trois
enfantements tu feras l'élixir rouge,
fait donc monter le mâle sur la femelle,
à savoir sol et lune, ainsi par trois
réitérations des sept, notre oeuvre
sera parfait.

Quatrième chapitre pratical qui est de la conjonction. Chapitre 11e. de ce livre.
@

(f105r) 105
142.
Beaucoup de conjonctions
ou mariages sont en l'oeuvre, c'est à
savoir autant de fois qu'il y a
action, d'une matière sur l'autre,
ainsi qu'il a été dit au 5e. chapitre de ce
livre, prenant la première matière
crue pour femelle attendant autre
matière plus convenable.

143.
Donc Remond dit qu'en la 1ère. conjonction
agit, mais qu'à la grande pierre,
c'est la lune, c'est à savoir quand
est joint avec mercure, car lors est
noirceur, donc notre mercure dissout le .
et teint par son sang, et après y est
jetée la . femelle convenante, qui
reçoit le sang, puis conçoit, puis
est fermentée jusques à l'enfantement.

144.
Comme dit Remond il n'y a rien au
monde qui ne soit composé de soufre
de vif-argent, c'est à savoir de chaud et
de sec, de mâle et de femelle, le
soufre est pris pour le mâle et la
terre pour la femelle, auxquels sont 4.
qualités: l'attractive, rétentive,
expulsive, et digestive, qui servent
aux 3. vertus naturelles à savoir générative,
augmentative et nutritive.

145.
Car par l'attractive la substance de la pierre
par calidité attire du mercure, la rétentive
par suite retient ce qui est attiré, la
digestive change le mercure en soufre par
humidité et calidité ensemble, et
l'expulsive rejette par humidité et
frigidité ce qui ne lui est pas convenable.

@

(f105v)

146.
Et ces 4. sont divisés en deux genres qui sont
nés de la matière par les opérations des
éléments, or de ce mâle et femelle avons
toujours besoin, lequel ainsi que dit Remond
en son Testament est appelé sol, c'est à
savoir soufre ou feu et la femelle lune,
c'est à savoir magnésie ou terre, mais
mercure est eau vive ou argent-vif,
et de leur conjonction vient la génération
et le commencement de la pierre.

147.
C'est pourquoi Jehan de Meun a dit, détruis
sol et lune par corruption de nature puis le
mêle en mercure: c'est à savoir fais d'iceux
un mercure, ne travaille donc point qu'avec
du . et de la . les réduisant à leur 1ère.
matière, c'est à savoir soufre et mercure,
car si tu ne prends l'argent-vif de ces deux
corps tu vas comme aveugle.

148.
Donc notre or n'est pas l'or vulgal, ni
aussi notre argent blanc qui est toute
une même chose n'est pas argent vulgal,
car ils sont vifs et les autres sont morts
et n'ont nulle force, donc notre or et notre
argent sont en même sujet, et quand ils
sont tirés ils sont vivants, le mercure
des ph~es n'est pas le vulgal, ni du vulgal
en tout, mais en partie seulement, et est
lait virginal et notre mercure minéral et
corporel parce qu'il parfait les deux
oeuvres blanche et rouge; nous n'avons
donc qu'une seule pierre dans laquelle
tout notre magistère consiste.

149.
Des imbibitions
Chapitre cinquième pratical et 12e. chapitre
de ce livre.
@

(f106r) 106
Toutes manières d'imbibitions ou
incérations sont en quelques manières
conjonctions, réductions et fermentations,
n'étant que la restitution des humeurs
rendues au corps qu'il avait perdues.

150.
Car notre pierre n'est qu'une, d'une nature,
et une chose en laquelle tout ce qui
lui est nécessaire est humidité nommée
argent-vif, quoique petite suffit pour
nourrir et parfaire toute la pierre,
d'où icelle humidité est sortie.

151.
Or les ph~es dit le Parisien, nomment
la terre noire corps, et l'autre moitié
d'icelui âme qui par imbibitions et
fermentations donne au corps âme végétative,
et par ainsi est corps, âme et esprit
peinte en notre oeuvre, pour montrer que
sol, lune et mercure sont ressuscités
en notre opération, et sont faits éléments
de l'air blanchi.

152.
L'eau est sortie de la terre par l'eau, et est
de couleur verte, et dans ce menstrue est
le sang de notre lion vert, lequel après être
devenu blanc sec et congelé en son corps,
donne à cette substance par mariage la 4e.
partie de l'eau cristalline, puis encore
l'imbibe et ce par 7. fois, en haussant
les dernières, comme quand force vigueur
vient à un enfant, puis pourrit matière
noircissant, blanchissant et rougissant.

153.
Quand tu feras les imbibitions de la 1ère.
eau de . continue à imbiber petit
à petit au fourneau secret et ne fais
pas une mer au lieu d'un gouffre, car tu
ferais une solution vulgale.

154.
@

(f106v)

Imbibe donc par douce calcination et
imbibe selon la complexion de l'enfant
et chasse l'humidité urinale et tu connaîtras
quand la terre aura bu assez de l'eau de
si elle s'envole sur une lamine rougie,
alors sublime à force de feu afin que la
moyenne substance monte et se sublime
en forme de talc reluisant, dont la
plus grande part est argent-vif, et
la moindre est le soufre du corps.

155.
Et quand la terre sera ainsi élevée et
attachée au côté du vaisseau, prends ce qui
est au milieu et réitère la sublimation
sans ses fèces, et ce qui est au haut
n'est pas bon, mais la substance du
milieu est appelée moyenne, et est le
fondement du magistère, et c'est notre
terre feuillée et une substance de vif-argent,
auquel il ne faut ajouter rien d'étrange
que ce qui est sorti de lui par forme de
nutrition jusques à ce qu'avec
son ferment il flue comme cire sans
fumée.

156.
Fixe le soufre blanc avec le corps
blanc, et le soufre rouge sur l'or, c'est
à savoir avec le corps d'où il est dès le
commencement sorti: mais au rouge il y a
un élément plus qu'au blanc à savoir le
feu, tout n'est donc qu'une même chose
sinon rubification qui appartient tant
seulement qu'au soleil, ainsi finissent
les imbibitions.

157.
De fermentation.
Sixième chapitre pratical Chapitre 13. de ce livre.
@

(f107r) 107
Joignez le ferment avec le
soufre parce que le ferment convertit
le soufre en sa couleur et nature,
cette fermentation se fait après
la sublimation ou naissance de
l'enfant.

158.
Or cette viande se prépare en
cette façon, premièrement par solution,
secondement par calcination et
lavement, avec argent-vif et par
élévation de sa moyenne substance,
puis par solution en l'eau de la
pierre et conjonction des eaux,
troisièmement par incération de la
chaux et solution d'icelle, quatrièmement
par évacuation de sa nature
terrestre dure et compacte.

159.
Faisons médecine non pas à la
façon vulgale parce qu'elle ne se
peut faire d'argent-vif fixe ni
du non-fixe, mais de certains
moyens qui sont connus de peu,
et sont nommés argents-vifs,
lesquels ne sont pas entièrement
fixes ni volatils, mais un
moyen réel et composé de deux
contraires simplement différents
en espèce et non pas en genre.

160.
Remond dit nous appelons
le corps lunaire ferment à raison
de son tempérament au regard de
notre soufre qui est appelé
venin rongeant, même sa

@

(f107v)

queue, qui est l'eau à raison de son
intempérament; et nous joignons soufre
intempéré avec le tempéré à raison de
quelque peu de feu contre nature, qui
est encore en lui, afin qu'il revienne
à son premier tempérament par icelui,
lequel n'est un peu réincrudé au
contraire de ce qu'il serait, s'il n'était
préparé avec son nouveau menstrue.

161.
Ainsi quelques ignorants ont été
trompés ne considérant pas qu'il
faudrait passer par autant de
réincrudations, digestions et
dépurations que la pierre même,
lequel corps ne pourrait pas tempérer
le soufre, mais lui-même aurait
besoin de tempérament et de
confortations naturelles.

162.
Donc le corps parfait dit Remond,
est changé en ferment par le feu
naturel du soufre médiocrement
cuit et sublimé dans l'eau du .
en cette préparation de ferment,
avant la fermentation d'icelui, nous
mettons le . vulgal non préparé
de préparation solennelle, c'est à
savoir de lait de vierge, mais en
sa nature par seules sublimations
afin qu'il réduise le corps à simplicité
amalgame donc le corps du ferment
avec cet esprit pour subtilier le corps.

163.
Lequel après tu congèleras en chaux
par la force du soufre, et sera
l'eau distillée puis l'huile et

@

(f108r) 108
finalement dans la même huile
sera submergé tant qu'il soit
fixe et fluant, et ainsi nous
avons préparés les vaisseaux de
nature, c'est à savoir soufre
et mercure par maintes sublimations
et avons grandement augmentés leur
vertu, mais nous les devons encore
conforter par des vertus célestes
contenues dans le ferment.

164.
Faut donc se servir de l'incération
laquelle en répétant se fait jusques
à bonne fusion, cette humidité incérative
n'est pas la première combustible, ni
la seconde flegmatique, mais la
radicale et permanente, extraite
des entrailles de la première, c'est
à savoir l'onctuosité intrinsèque
qui contient soufre et mercure
inséparablement liés.

165.
La bonne fusion se fait donc en 3.
manières par réitérations de
solutions sans ignition ni péril du
vaisseau, la deuxième par sublimations
dites précipitations ou congélations
de ce par ignition et péril du
vaisseau, et la 3e. par mélange des
deux façons.

166.
Donc celle-là se fait avec ignition
et sans ignition et contient tant la
solution que coagulation nous avons
donc besoin d'exubérer nos argents-
vifs parce que le deuxième vaut mieux
que le premier et le 4e. que le 3e.

@

(f108v)

et ainsi des autres, parce que chaque
forme a ses degrés par lesquels la
vertu est corroborée par fermentation
et exubération, maintenant
venons à multiplication.

167.
Multiplication. Chapitre 7e. principe pratical, chapitre 14.

L'esprit des ph~es dissout, est
appelé ferment, d'autant qu'il vient
du soleil, et n'est que soleil, cet esprit
mène son soufre en un corps uniforme
et homogène, et celle ici est la vraie
fermentation ou multiplication.

168.
Car comme dit Remond, la médecine
universelle s'accomplit du soufre,
de l'argent-vif et du corps originel
du soufre, mais la particulière se
fait du soufre et argent-vif et de
quelque autre corps inférieur, dans
lequel par après il a sa projection.

169.
C'est pourquoi il dit dans son Epître,
si tu veux faire une médecine
universelle, il ne faut pas fixer la
quintessence sur aucun ferment, mais
sur sa propre terre et alors la conjoindre
avec le métal, mais cette fixation est
périlleuse et longue, mais si tu fixes
la quintessence sur autre ferment elle
sera promptement fixée.

@

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