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(f109r) 109
170.
Or pour la multiplication autant de
fois que tu fixeras et dissoudras, autant
de fois multiplieras et de dix parties
la pierre augmentera soit au blanc
ou au rouge selon le ferment en
abrégeant toujours le temps de moitié.

171.
Des poids; huitième chapitre et chapitre 15e. de ce livre.
Quand est des poids et mesures
nul ne les a enseignés au vrai quoiqu'il
soit un certain poids des
éléments, mais les anciens semblent y
varier ce qu'ils ne font pas pourtant,
mais une fois parlent de la première
oeuvre au blanc, et une autre fois
au rouge, et en après de l'une et de
l'autre ensemble.

172.
Donc nous dirons par allégories, que
s'il venait consommation de la 3e.
partie et que les deux autres tiers
fussent réservés, cela serait bien: car
la terre soit abreuvée avec la 3e. partie
de l'eau permanente, puis étant
desséchée serait par 7. fois abreuvée
du résidu, tant que les deux autres
tiers fussent achevés, car il faut
en continuer d'abreuver et sécher
petit à petit tant que la couleur
requise vienne.

173.
Remond dit que pour la multiplication
de la teinture à transmuer, qu'une
partie de terre et neuf d'air font
dix d'eau, une d'eau et neuf de
feu font dix d'air, et c'est ici la

@

(f109v)

graduelle ascension et vivification, mais la
graduelle descension et mortification est
une partie de feu et neuf d'eau qui
font dix d'air mort.

174.
Et une d'air et 9. de terre qui font 10. d'eau
glorieuse, et c'est là, la mesure de ce
tempérament, mais pour monter la roue,
une de terre et 9. d'air, puis chauffe
jusques à noirceur et cuis jusques
à sécheresse, puis ajoute 9. parties
de feu rouge et derechef deux des
poids blancs, et tu auras un moyen
pur en forme de terre blanche congelée
subtile et transparente.

175.
Les poids des éléments dit-il en son
Codicille sont deux de terre et 3. d'eau
et 3. d'air et poids et demi de soufre rouge,
car on met premier la terre, parce qu'elle
participe avec le ferment, puis l'eau
comme moyen entre la terre et l'air,
puis l'air comme moyen entre l'eau et
le feu, et enfin le feu parce qu'il est
fixé par l'air, ainsi que l'eau par
la terre.

176.
Il est dit par la Tourbe, une partie
du corps surmonte dix de l'esprit, or
quand il n'y a qu'une chose il n'y a point
d'autre poids que la puissance du
soufre sur son résistant, car c'est
l'action de l'agent en cette matière.

177.
Principes démonstratifs et cercles chapitre 16.
Or maintenant les principes praticaux
sont finis, qui sont ainsi comme opérations

@

(f110r) 110
et régimes lesquels bien mieux en ma
pratique seront déclarés, par ce venons aux
démonstratifs, lesquels ne sont que couleurs
précédentes d'autres principes ainsi que putréfaction
causée sur les principes matériels par feux et
chaleurs qui sont aussi principes de cet art.

178.
Remond dit que tout notre magistère n'est qu'un
cercle général de solution et de congélation,
lequel cercle en deux est parti desquels
en sort encore 4. autres, semblablement dit-il
deux autres roues principales et générales
sont par la répétition desquelles la pierre
est mondifiée du soufre originel à soi
étrange.

179.
Desquelles roues l'une va toujours du sec
en humide et par elle les éléments sont séparés
et par l'autre comme par voie de réduction
les éléments humides sont roues en sec,
mais la teinture n'est séparée de son
terrestre boueux que par lentes séparations
ou distillations et partie dans le ventre du
mercure.

180.
Donc pour desquelles roues accomplir
notre maître Remond dit en son Codicille:
faites plusieurs cercles, à l'exemple des
végétables où jamais la nature minérale
ne se montra qu'elle ne fût circulée par
ses propres cercles, c'est à savoir par la
noble et vénérable putréfaction et opération
ph~ique ci-après déclarée.

181.
Donc Remond, voulant distiller
les métaux comme les végétaux sans
l'entière putréfaction, ne pouvant entrer
à nulle partie de l'oeuvre tant que par
l'enseignement d'Arnaud ne fut rouée
par ces propres cercles, lesquels rouements
tu dois bien considérer car ils ont leur
mouvement, comme Remond le déclare
en son Codicille.

182.
C'est à savoir que tout ainsi que toute
chose se fait par mouvement aussi se corrompt,
car nous avons 2. mouvements dont l'un qui

@

(f110v)

est naturel engendre, et l'autre corrompt qui est
l'innaturel et le naturel se fait en deux manières
c'est à savoir par réduction lorsque la pierre
se crée, car lors la pierre est confortée par l'air
et le feu, et par la fixation qui se fait.

183.
Et l'innaturel est en partie contre nature c'est
à savoir détruisant, dissolvant et réduisant en
substance terrestre et morte, et en partie naturel
et conservateur de nature, mais le contre
nature procède de chaleur contre nature,
corrompant entièrement la chaleur naturelle
et confondant le mouvement d'icelle, si on
le laissait faire.

184.
Car icelui contre nature provenant des choses
corrompantes s'attache fermement au corps
tout ainsi que ferait l'arsenic ou rouillure
dévorant les intestins de l'homme en se
mêlant avec les grosses parties.

185.
Il faut donc conserver la nature par
une douce et naturelle chaleur, de laquelle
conservation les couleurs nous jugent, c'est pourquoi
l'innaturel mouvement n'est qu'improprement
contre nature, la corruption qu'il porte
étant limitée aide plus qu'il ne nuit,
car il ne fait que tendre à renouveler
ses individus corrompus et les amener
en une plus noble et pure forme
qu'ils n'étaient auparavant.

186.
Car comme j'ai dit au chapitre
douze et huit ces impures parties et
bouilleurs du corps sont demeurées avec
les sels menstruaux et les parties
pures sont montées en gloire: car
ainsi comme dit Haly, nous avons
deux mouvements contraires, et comme
dit Remond, la vertu de la pierre
est par autant de façons
confortée que débilitée ou
diminuée de sa substance

@

(f111r) 111
et ainsi que dit le Parisien, nous avons
deux chemins tout au rebours l'un
de l'autre, donc l'un par imbibitions
coagule ce que l'autre dissout et au
commencement faisant à la fin terre,
ce qu'on faisait au commencement eau,
et redonnant tempérament à la partie
distempérée dont les couleurs sont les
signes.

187.
La première est noire, la 2e. blanche,
et la 3e. rouge qui ne s'en va point en
fumée sur une lamine rougie et étant
incérée qu'elle flue comme cire sur ladite
lamine.

188.
Des feux 2. chapitre démonstratifs et le 17e. de ce livre.
Nous avons ci-devant parlé des
cercles et au chapitre suivant nous
parlerons de la putréfaction, mais
parce que ni les cercles ni la putréfaction
ne peuvent opérer sans chaleur convenable
nous parlerons en ce chapitre des feux et
chaleurs.

189.
Raymond dit, en son Codicille que
nous avons deux feux, l'un naturel et
l'autre contre nature, lesquels produisent
un moyen composé de ces deux, qui est dit
innaturel et par ainsi nous en avons 3.
les forces desquels il faut bien connaître
afin de régler le moyen, et disposer la
matière par corruption naturelle, que
son humidité ne périsse, mais soit
amoureusement conservée et attirée.

190.
Pour ce dit Remond, la chaleur naturelle
et non le feu élémentaire fait toutes
les opérations de l'oeuvre, donc la solution
ne se fait par l'action du feu externe
mais par celle de l'interne, qui est le 4e.
élément excité par le mouvement des
causes internes.

191.
@

(f111v)

La naturelle solution fait pourtant voir la
séparation du sec et de l'humide et la
destruction de la forme causée par le
mouvement de ces deux dans le compost,
donc le mouvement est bon ou mauvais
selon la conduite de la chaleur externe,
parce que si elle surpassait le feu naturel,
le dit feu naturel ne pourrait vaquer à
cette dissolution et se ferait évaporation
de l'humidité, par laquelle se devait
faire la dissolution.

192.
C'est pourquoi les ph~es ont dit,
que la chaleur ne doit toucher à la
matière, mais un petit feu par sa vertu
doit réveiller seulement celui du
compost, qui seul doit agir car comme
dit Remond, le feu commun est excitant,
et celui de nature opérant, donc le feu
innaturel conforte le feu de nature
et le feu élémental l'excite.

193.
Mais s'il le surmonte il le détruit et
l'innaturel détruit l'espèce, corromps donc
par le feu contre nature et engendre
par le naturel; multiplie par le non
naturel, et par le contre naturel, lesquels
tous deux se convertissent au naturel,
parce que le naturel demeurant le plus
fort vaincra le non naturel, et
ainsi en fera le non naturel du
contre nature, parce que l'on ne peut
passer d'un extrême à l'autre sans un
moyen.

194.
Donc Remond a juste raison de dire
que nature seule transmue les
métaux, l'artiste n'étant qu'administrateur
appropriant matière et disposant
le feu extrinsèque pour parachever
les mouvements.

195.
@

(f112r) 112
Comme dit la Tourbe, petit feu est
requis pour dissoudre, et j'ai vu dit-il
faire le feu en plusieurs manières,
mais fais-le ainsi, feu lent, continuel,
chaud et digérant, ainsi que nature
requiert et garde que le fuyant ne
fuie devant le poursuivant, car
j'ai vu un homme qui savait
autant que moi, mais par
impatience et force de feu il
perdit tout.

196.
pict

Dernier chapitre des principes démonstratifs, qui est putréfaction
Chapitre 18e.

Or en ce chapitre
est déclarée la putréfaction qui est le grand
et le très merveilleux secret promis,
jamais ne révéler comme étant la
porte, l'entrée, le milieu et la fin de tout
le magistère, étant comme dit Callid,
des corps l'occision, car dit Senior, si notre
matière ne pourrit, elle ne s'attachera point
ni les éléments ne pourront être séparés,
égale donc bien les éléments et les tient
en tempérée chaleur, qu'ils ne soient
convertis en poudre rouge trop
promptement, mais en poudre noire
ressemblant au bec de corbeau.

197.
Tiens-les donc dans notre bain tant
que quatre-vingts nuits soient passées,
car après nigreur putréfaction viendra, puis
couleurs resplendissantes semblables à l'arc
du ciel, ou queue de paon, et toutes les

@

(f112v)

couleurs qui sont au monde, attends donc le
temps de la conception.

198.
Quand l'oeuvre sera au blanc et que
l'enfant reluira de clarté lors tu pourras
hardiment ouvrir le vaisseau et le
nourriras de plus en plus et mènera ton
oeuvre jusqu'en la fin.

199.
Mais parce que tous ont caché le secret de
la putréfaction et du fourneau secret
je t'en veux donner lumière, mais il faut
avoir grande industrie pour construire le
fourneau et y agencer les vaisseaux, car
après les matières connues de cela
dépend tout l'oeuvre.

200.
Donc vous suivrez mon livre de point en
point, et vous prenez garde de tous
coureurs et vantards parce qu'ils diront
beaucoup et jamais ne feront rien quelque
livres qu'ils aient, où la science soit car
jamais ne sera aperçue sans ce chapitre
ensuivre.

201.
Suivez donc bien ce livre et faites comme
j'ai dit en mes autres livres et mémoires
lesquels ayez toujours en votre coeur,
car tous les livres imprimés sont pleins
de fraudes.

202.
Afin de cacher la vérité aux indignes,
et quoique nos compagnons même aient
laissé par écrit la science à leurs propres
enfants, ils l'ont laissée encore couverte
des mêmes fraudes, donnant adresse de
calciner l'or, à feu fort de verrier,
lequel or se moque de ce feu, et
nature se resserre en ses plus petites parties.

203.
Mais en notre putréfaction il n'en va pas
ainsi, car par icelle l'or s'ouvre et
dilate si parfaitement que les sels
métalliques que nos compagnons ont

@

(f113r) 113
laissés à leurs enfants seront trouvés, et
en suivant iceux seront mis en oeuvre.

204.
Donc, comme dit Abugasal, sans putréfaction
tu ne feras non plus qu'un orfèvre
ferait sans feu, car comme dit Lallemand
si le corps n'était pourri et noirci
il ne se dissoudrait pas, et s'il n'était
dissous son eau ne le pourrait pas
pénétrer ni blanchir.

205.
Dont Remond dit qu'avant toutes
choses il faut bien mortifier le corps
par corruption puis petit à petit lui
redonner la vie, car nul changement ne se
fait qu'après corruption.

206.
Donc la nature se change par sa
propre chaleur, séparant en quatre,
moyennant que la masse dure retourne
en masse confuse, au ventre de laquelle
est ce que nous cherchons, dont Remond
dit, change la terre en eau, puis en air
puis en feu.

207.
Et du contraire la terre se fait air grossier,
moyennant l'eau, et l'eau se fait feu moyennant
l'air, et du contraire tout se fait un après
la préparation d'un chacun, car alors la terre
sera habile pour se dissoudre en eau non
vulgale mais sèche et forte pour donner
ingrés, et l'air ou huile sera un feu pour
teindre, de quoi tu dois avoir beaucoup
pour bien faire, car autant de fois qu'il
te défaut de peur que tu n'erres, mets
à inhumer par une entière putréfaction,
puis sépare les éléments.

208.
Or en icelle putréfaction de ces choses résultera
un esprit quint à cause de la commixtion
des éléments et en cette matière simple les
éléments sont séparables en l'eau du mercure
après la putréfaction, et après la conjonction
d'iceux est engendré le soufre et médecine.

@

(f113v)

209.
Ayant donc dit Remond, des matières
qui contiennent la pierre minérale, faisons-
la donc sortir sur terre pourrissant et
purifiant de toute macule originelle, puis
en faisons un pur soufre, qui est le
vrai sel de nature minérale, et notre
terre vierge.

210.
Mets donc dit-il la solution à putréfier
quarante jours, afin que le pur soit séparé
de l'impur et soient en après les éléments
mieux séparés, or en cette putréfaction
dit-il en son Codicille le corps est corrompu
et changé de couleur en couleur, c'est à
savoir de citrin en noir; s'il est au rouge,
et de blanc en vert s'il est au blanc.

211.
Tuez le corps dit la Tourbe, et le pourrissez
car l'esprit qui est dans le corps
enfermé ne s'éveille point, si le corps
n'est dissous, pourrissez donc par 40.
jours, puis sublimez par neuf fois,
puis encore le pourrissez, car il y a deux
parties en l'oeuvre dont la première ci-
devant marche, et de la 2e. il est dit
mets l'homme rouge avec sa femme
blanche en une maison ronde circuite
de feu d'écorces, tant que tout ne soit
en eau, noircissant par dessus,
continue tant que les éléments
soient convertis l'un en l'autre, donc
sans corrompre les éléments jamais
les parties ne se pourront séparer,
et par conséquent on ne peut jamais
faire le magistère.

212.
Récapitulation de la théorie susdite.
Nous ferons récapitulation

@

(f114r) 114
de la théorie susdite et premièrement nous
dirons que toute la science ne nous a été
montrée que par enseignes et paraboles,
quoique chacun auteur ait pourtant dit vrai,
mais c'est en parlant par ses propres idiomes
concluant toujours à deux fins afin de
faire faillir les ignorants, c'est pourquoi
quiconque prend à la lettre dans les livres
des auteurs il a déjà perdu le fil
d'Ariane, car il convient sur iceux livres
retourner raisonner et rechercher
leur intention.

213.
Car ce que l'un cèle, l'autre le découvre,
entre lesquels je te recommande la
Théorie de Remond, et ses autres livres,
lesquels livres soient toujours en mémoire
à un jeune ouvrier, les livres de Geber et
Razis sont sophistiques, pourtant en
quelque lieu secret ils enseignent une
voie parfaite, qui nous relève des autres
erreurs pour faire notre dissolution sans
y toucher des mains ni des pieds
et sans force de feu, mais par opération
physicale en séparant le pur de l'impur.

214.
Car encore que petit feu soit requis c'est
pourtant lui qui réveille celui du
compost, et celui du compost opère, et
combien que les auteurs aient écrit
tant de pratique, comme disent Arnaud
et Remond, ils n'ont dit tant de choses
que pour faire errer les ignorants et
ont montré la pratique en paroles
couvertes et par pièces détachées.

215.
Donc nous n'avons qu'un seul régime,
une pierre et une médecine, en laquelle
n'ôtons rien que le superflu en la préparation
et n'ajoutons rien que sa propre nature,
le nourrissant de sa propre humidité, quoiqu'elle
soit petite, mais cette préparation
est difficile, à moins que d'être bon
artiste, aussi après le reste est léger
puisqu'il ne faut que cuire les matières
assemblées.

@

(f114v)

216.
Il faut donc diviser le corps et l'esprit
l'un de l'autre, donc la terre noire est appelée
corps et l'autre moitié l'âme, qui sont appelés
soufre et mercure, qu'il faut bien purifier
pour les mieux reconjoindre et par ainsi
les deux spermes sont terres d'une même
racine.

217.
Il faut donc réduire le corps à simplicité et
atténuer icelui par la solennelle corruption
ténébreuse physique et non rustique,
car notre corruption est la porte d'où viennent
tous les moyens et mercures, donc s'il n'était
pourri il ne se dissoudrait pas.

218.
Donc la masse dure étant retournée en
masse confuse, dans son ventre est caché
tout ce que nous cherchons, donc devant
toutes choses il faut putréfier petit à petit
lui redonner la vie, car nul changement ne
se fait qu'après la corruption, moyennant
laquelle et par séparation des éléments le
soufre sortira, car de cette putréfaction
la quintessence résulte, donc après la
putréfaction les éléments sont inséparables,
ainsi atténuera nature en soleil et en lune
en être des éléments.

219.
Tu convertiras cette substance en eau,
puis la divisant en 4. et la purgeant en
matière cristalline dissolvante, puisque nous
n'avons besoin que de cette seule substance
de mercure pour dissoudre et pour faire toute
l'oeuvre, cette substance est dans toutes les
choses du monde, mais parce que le soleil fait
soleil et la lune fait lune, nous ne prenons
cette décoction qu'aux seuls métaux laquelle
se tire par une vertu semblable contenue
aux choses médiocres.

220.
Cette matière crue réincrude le corps sans
destruction sépare l'étrange et transmue notre
pierre en un dragon orgueilleux parce qu'en
lui est un feu contre nature, qui est
appelé bain marie qui dissout toutes
choses.

221.
@

(f115r) 115
Il est aussi eau minérale non terminée en
espèce de métal, lequel menstrue doit être
composé de la vapeur des extrêmes, et par
sol et lune il est changé en humide radical,
après laquelle résurrection c'est une terre
bénite et une terre vierge, de laquelle
sortira un enfant.

222.
Purgeons donc les éléments jusques à la
première matière cristalline qui dissout
tous les corps à mercure, et nous tirons
ce genre très général de la matière
complètement formée et ce moyennant
la révolution des éléments et moyennant
le ferment mis lui donnons teinture.

223.
Mais cette révolution ne parvient
pas jusques à la première matière
de toutes choses, mais finit en la plus
proche du genre métallique car autrement
l'espèce serait détruite.

224.
Or chaque ferment se joint à son
soufre et attire le soufre à sa
couleur, et la fermentation se fait après
la sublimation d'une viande convenable
à soi, parce qu'autrement ils ne
s'incorporeraient pas ensemble.

225.
Le corps parfait se change en ferment
par le feu naturel du soufre étant
dans l'eau de mercure médiocrement
cuit et sublimé, mais nous disons le
corps lunaire ferment au blanc pour
raison de son tempérament, et le
soufre venin par son défaut de
tempérament, par quoi il corrode et
mange tout avec sa propre queue qui
est l'eau.

226.
Toutefois nous le joignons avec le corps
tempéré, pour être par icelui tempéré
et se réincruder un peu à raison du feu
contre nature, dont le soufre participe

@

(f115v)

encore, mais non pas tant que s'il était
réincrudé par un nouveau menstrue car lors
il aurait besoin d'autant de digestions
et de dépurations que la pierre même.

227.
Nous avons en cette manière préparés les
vaisseaux de nature, c'est à savoir soufre
et mercure par sublimation et nous avons
grandement augmenté leur vertu, mais
nous les devons en plus outre conformer
par vertus célestes contenues dans le
dernier ferment qui est l'incération.

228.
L'esprit des ph~es est ce ferment,
d'autant qu'il vient du soleil et est la
vraie fermentation, autrement multiplication,
mais la conjonction simplifie le corps
en façon de poudre calcinée n'est pas
propre fermentation, mais une préparation
pour prendre le ferment, qui est huile,
âme, onguent et notre or.

229.
L'artiste doit donc approprier le nourrissement
et sang métallique à la complexion
de l'élixir: car tout argent-vif n'est
pas propre nourrissement à la médecine,
parce que tant plus il aura dissous
de corps, et il sera plus parfait.

230.
Nous avons donc besoin de faire exubération
de nos argents-vifs, car le deuxième
vaut mieux que le premier et le 3e.
que le 2e. et que pour dissoudre les
corps ils ont besoin d'eaux ou argents-
vifs à eux appropriés.

231.
Parce que chaque corps ne se
dissout que par la liqueur de son
argent-vif, desquels le premier est le
menstrual puant duquel nature a
fait iceux corps.

232.
@

(f116r) 116
Ainsi notre lait dissout notre gomme
et notre gomme coagule notre lait,
donc nos eaux, argents-vifs, gommes et
sels succèdent les uns aux autres,
et ne sont qu'une même chose, car tous
les extrêmes sont contenus dans les
moyens et tous les moyens sont créés
de l'esprit et du corps.

233.
Donc il n'y a point de différence entre le
soufre et mercure, car l'esprit est de la
nature, de sa terre, laquelle ne s'allierait
pas avec un autre esprit et fut-il de
même genre, car il n'y a rien au monde,
qui ne soit composé de ces deux,
agent et patient, mâle et femelle,
4. qualités sont contenues dans l'or etc.

234.
Ce soufre et ce mercure sont les
deux dragons de Flamel, et sont notre
or et notre . qui sont vivants et les
vulgaires sont morts, mais les vifs
sont pourtant sortis des morts que
tu vois tous les jours et d'un seul et
même corps d'or et d'argent.

235.
Donc le mercure du corps contient
les quatre éléments et contient . et
. et . et est appelé général mais plus
prochain, mais d'autant qu'au soufre
blanc est argent, et au rouge est or,
il faut prendre le blanc pour le blanc,
et le rouge pour le rouge, donc le sol
et la lune sont ferments et pour le
blanc et pour le rouge.

236.
Donc le blanc et le rouge ne sont
qu'une chose, sinon rubifiment, car
le mercure ph~que et non pas le
vulgal, c'est à savoir notre lait de

@

(f116v)

vierge parfait tous les deux oeuvres,
le corps se fait premièrement eau visqueuse,
puis eau permanente, puis eau claire, et
enfin comme argent-vif vulgal.

237.
Donc le mercure de nos corps ressemble
au commun, et c'est le plus proche à
notre oeuvre, et nous est appelé commun,
mais ceux-là qui prennent le commun
en espèce faillent gravement.

238.
Donc si tu mêles le vulgal avec sol ou
lune faut les réduire en première matière
et alors ils pourront être conjoints ensemble
et non auparavant.

239.
Donc si après la septième distillation,
l'eau lavée qui est appelée lait de
vierge et mercure des sages, fait
des fèces blanches comme sel
cristallin, au fond du vase, c'est
signe qu'elle revient en argent-vif.

240.
Quand l'âme tirée du corps
en forme d'argent-vif, lors est épaissie,
car le corps reprend son esprit et son
âme, et l'âme et l'esprit sont cachés
sous l'espèce du corps.

241.
Mais l'âme ne sort pas tout à la
fois mais petit à petit, et nos soufres
ne se tirent que par corruption sans
additions d'eaux fortes, sinon celles
qui sont contenues en eux, car
moyennant la préparation l'eau
permanente tire les âmes des
corps.

@

(f117r) 117
242.
Le mercure vulgaire ne peut faire
cela, s'il n'était fait eau, dont
la pierre se fait du corps, et l'esprit
jusques au blanc, puis le corps se
tourne en soufre et l'azoth en
esprit, à laquelle pierre réduite
en mercure ajoute un corps
blanc de sa nature.

243.
Donc après la putréfaction, abreuve
de son humeur et ainsi pourris peu
à peu et tant que par urine
d'enfant la terre soit blanche,
et la nourrice d'humeur radicale,
car après l'avoir abreuvée,
d'urine ou vinaigre, le sang
humain sortira, qui ne sont
que l'eau blanche et rouge, et
non urine ni vinaigre.

244.
Quand tu feras les imbibitions
ou incérations la lamine rougie
te sera toujours l'épreuve certaine
si ton labeur est bien, c'est pourquoi
je finirai la présente
récapitulation, de la théorie
qui est un grand trésor que
vous devez bien garder parce qu'il
n'était encore écrit que par lieux
dispersés, où j'ai mis grand labeur
à rechercher dans les livres afin
de vous les faire comprendre
et entendre, relisez donc souvent
mes livres et en tirez raisons et

@

(f117v)

sentences tant que vous n'ayez plus
d'obscurités, je vous laisse donc en votre
garde ces précieux trésors, qui jamais
n'avait été donnés, usez-en donc à la
gloire de Dieu et les gardez bien secrets,
souffrez plutôt la mort que d'en
user autrement, bénissant le nom
du Seigneur à jamais.

Amen.
@


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