Début de l'ouvrage Texte précédent Texte suivant Fin de l'ouvrage Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfeseite Rückkehr. Flag Hjælp side Tilbage. Bandiera Guida Torna.

@

Page

Réfer. : AL2314E
Auteur : Pierre de Vitecoq.
Titre : La pratique de ce livre.
S/titre : .

Editeur : Manuscrit 160 de la Bibliothèque municipale de Rennes. Sixième partie
Date éd. : 1xxx .


@

Particularités de ce document.


Afin de conserver au bénévole lecteur le charme du manuscrit, j'ai laissé le texte dans sa forme originale, orthographe, ponctuation, excepté sur
quelques points.
Excepté ces derniers, le document est conforme à l'original, folio par folio, ligne par ligne et caractère par caractère. Pour ce dernier point,
le lecteur voudra bien être indulgent, car malgré une double relecture de
tout le document, il est improbable de n'avoir pas oublié çà et là quelque
particularité orthographique.
Les numéros de folio sont repris du manuscrit lui-même, et sont portés sous la forme :
(fxy)
f pour folio. x numéro de folio. y r pour recto.
v pour verso. Cette identification est rajoutée, seul le numéro porté à droite de chaque folio recto, est sur l'original.
Je dois aussi rappeler que les majuscules et les minuscules sont distribuées dans le texte sans logique précise, quant à l'orthographe, elle
peut varier pour un mot sur la même ligne de texte.
D'autre part, l'habitude du scripteur d'aller vite, ou de lier les mots
entre eux pour ne pas lever la plume, font que les accentuations et les
apostrophes sont mises ou non sans raison apparente.

Points de modifications.

J'ai mis une majuscule à la première lettre de chaque paragraphe, ainsi qu'un point à la fin.
Les mots qui sans raison apparente, avaient une majuscule dans le corps du texte ont été mis en minuscule.
J'ai également mis une lettre majuscule sur la première lettre des noms propres de personnes, ou de personnages (Lulle, Saturne, etc).
J'ai séparé les mots liés dans le texte afin de rendre la lecture plus agréable, néanmoins les mots séparés dans le texte le sont restés, par
exemple "quoy que", ou encore "par ce que".
Dans la majorité des cas j'ai écrit les mots abrégés dans leur forme complète, à l'exception notable de philosophie et de ses dérivés écrits
ph~es pour philosophes, ph~ique (pour philosophique) etc, reprenant ainsi
la forme abrégée du scripteur.
J'ai omis de reproduire quelques notes en latin, en marge du texte, qui sont d'une écriture différente du manuscrit, postérieures à celui-ci, et
assez difficiles à déchiffrer. Cette écriture semble proche de celle des
notes sur le livre de Rochas, en fin du manuscrit.
Dans le cas où un doute subsiste sur le texte (graphie non déchiffrée), j'ai mis cinq astérisques pour signaler l'endroit.

@

(f118r) 118
La pratique de ce livre est ci-après divisée en trois parties: c'est à savoir Instruments praticaux et matériels pratique Ph~ique et pratique de ce livre.
Chapitre 1.

Sachez noble seigneur que pour
vous découvrir les nobles secrets de nature
j'ai fait ces livres, en suivant lesquels tant
théoriquement que pratiquement pourrez
être enseigné en telle sorte que jamais
homme ne le saurait mieux être, quand
même tous ceux qui ont possédé la
science seraient là, ils ne vous pourraient
pas dire autrement, et comme moi vous
induiraient à suivre mes écrits et
la doctrine que j'ai translatée des
livres de cet art pour vous, ainsi comme
clefs de doctrine sainte, donc ayez-les
toujours en mémoire et gardez bien
leurs admonitions parce que comme
iceux ont dit, quiconque arcana nostra a
perire desiderat, ancanum seruet peccatum
que super: et en autre lieu, si secreta
nostra habere explorata cupias serues

@

(f118v)

religionem, uirtutem sequaris, fugias
peccatu, donc soyez diligents à les
ensuivre et vivez saintement comme les
sages commandent, car autrement tout
homme est indigne de ce trésor ni de
garder seulement le présent livre, car il est
sans fraude et de lui peut être dit ces
mots, hic thesaurus ab ijs possidetur, qui
recte procedunt; lequel sans l'amour et
bonne volonté que j'aie pour vous je ne l'aurais
jamais écrit, et sans la grâce du Seigneur
tout puissant qui ne délaisse jamais les
siens, nul homme vivant ne le saurait mettre
à profit, mais il perdrait plutôt le sens
et l'esprit que Dieu permit qu'il profanât
une chose de si haut prix, qui doit être
pour la gloire de Dieu, mais au contraire tout
homme de bien doué de vertus cheminera
directement, et pour ce dans icelles traditions
il est dit: spiritus domini occulos hominis
apperit, quando virtus cum eo coniungitur,
ad videndos spiritus corporum in
simplicitatem redirectorum, ut simul
iungantur.
Donc je vous recommande l'amour de Dieu,
et abomination et malédiction à ceux qui
voudront regarder cette chose pour aller au
contraire, mais pour finir venons à
pratique, mais cette médecine est si
noble, si belle, si admirable, que pour
parvenir à icelle il est requis une très
grande subtilité, et pourtant ce n'est
qu'une vertu céleste tenant de la
première élection du corps minéral encore
qu'elle soit en toutes les choses du monde,
et pourrait être tirée de toutes choses,
mais pour la médecine métallique elle
aurait besoin d'être fermentée.

Chapitre 1er.
Il ne faut donc point chercher la
nature métallique dans les animaux
ni végétaux, ni pareillement notre

@

(f119r) 119
médecine universelle d'autant qu'elle est
minérale, végétale et animale qui
n'est qu'une vertu céleste qui doit tenir
du corps.

2.
Partant il faut donc purifier icelui corps et le
rendre tant noble que la vertu ne soit plus
tenante du corps mais que le corps approche
d'icelle vertu céleste, à savoir simple et
aérien sans sortir de l'espèce mais tenant
de sa nature première.

3.
C'est pourquoi nous n'avons qu'à simplifier le
corps, ne le faisant pas sortir en son espèce,
mais gardant icelle espèce, ce qui ne se peut
faire sans grande industrie ni sans enseignement
d'un maître ou inspiration de Dieu.

4.
Et pour parvenir à cette chose il faut appeler
nature et lui faire jouer ses ressorts
quoique nous ne puissions opérer sans
l'art, pourtant quelque manuelle opération
que puissions faire, ne ferons rien sans
imiter nature.

5.
Donc nature n'a que deux opérations
que tu dois suivre, la première desquelles
est simplement circulation et dépuration,
qui est la part de l'artiste par laquelle
les éléments sont purifiés, et la 2e. est
putréfaction laquelle opère tant au
commencement qu'en la fin.

6.
C'est pourquoi nous avons dit que nous avons
deux mouvements, pour détruire et pour
engendrer car nul mêlement ni
conversion des individus, ni aucune chose
ne se peut engendrer sans putréfaction.

7.
De même les corps solides métalliques,
principalement les parfaits qui sont
si bien joints et si bien mêlés ne peuvent
pas être séparés ni purgés sans la
putréfaction laquelle les avait engendrés.

8.
Or nous avons donc besoin dans tout

@

(f119v)

notre magistère que de la seule putréfaction et
dépuration donc la première est appelée
préparation et la 2e. génération: en laquelle sont
répétées toutes les circulations et est appelée
l'oeuvre des sages, de laquelle il est dit que notre
oeuvre n'est point manuelle mais ph~ique, laquelle
se fait d'une seule matière, par un seul régime
quoiqu'il soit dit qu'il en faut deux, car
ce n'est que le sec et l'humide de l'or, qui
après être purgés sont rejoints par nouveau
mariage en un plus noble corps.

9.
Donc Aurelle a fort bien dit que la semence
de l'or, est en l'or même, contenant 2 vertus,
active et passive, dont il faut les séparer,
car le soufre ne peut être purifié que
par son propre mercure et l'un par
l'autre sont sublimés.

10.
C'est pourquoi nous rejetons toutes choses
animales, végétales et étranges à cet
oeuvre et ne prenons que la seule matière
de l'or.

11.
Mais comme nous avons dit au 4e. chapitre,
par une matière crue nous réincrudons la
cuite et dans icelle matière crue ne laissons
rien de spécifié ni d'impur, et est très
simple et indifférente à toutes choses
la rendons.

12.
Laquelle premièrement corrompra le corps
sans détruire la semence, et demeurera tant
avec le corps qu'elle emportera l'humidité
d'icelui avec elle le calcinant et
attirant l'âme, puis le flegme étant
sorti de l'esprit, on le fera après reboire
à son corps.

13.
Or toute matière nitreuse a cette
indifférence, parce qu'elle n'est approchée
d'aucun terme, et est vierge, n'ayant encore
rien engendré, mais vu qu'elle est
grossière et terrestre nous la devons mener
à simplicité en la purgeant.

14.
@

(f120r) 120
Pourtant nous ne pouvons pas la mener
à un effet si noble, qu'elle ne tienne encore
quelque vertu contre nature, laquelle
corromprait la nature pure du . si sa
vertu le surpassait, ou que régime du feu
fort lui adhérât, d'où il se faut garder
d'icelui feu, car de lui tout mal ou tout
bien nous vient.

15.
D'autant que la nature humide d'icelle
matière nitreuse se voulant mêler avec
l'humidité de l'or, par sa contre naturelle
chaleur, éteindrait celle de l'or, si
elle le surmontait, tout ainsi qu'un
grand feu dévore un petit, c'est pourquoi
il se faut bien garder qu'elle ne
le surpasse en mixtion, ou que le feu ne se
mêle avec elle par force.

16.
Donc petit feu ne peut mal faire
sinon de retarder l'opération, mais le
grand feu gâte et détruit tout, nous
n'avons donc qu'à préparer la terre
de l'or, la purifier, sublimer, et ce
lavement se doit faire par son propre
esprit, lequel seul ne peut
sortir du corps, et lequel aussi rentrera
dans le même corps s'y mêlant sans
séparer.

17.
C'est pourquoi nous avons une autre
nature humide et crue, laquelle
contraint l'humidité du corps à sortir
et l'emmène quand et elle, et par
ainsi le corps est calciné tant que
l'humidité radicale en sorte, et
le corps étant ainsi mortifié et
purgé de son impure et grosse terre
est revivifié après: car le menstrue
est dépouillé du feu contre nature,
et reprend sa terre en nature d'esprit,

@

(f120v)

puis les deux reçoivent leur âme et montent
en gloire permanente dans le dernier
régime qui est l'oeuvre philosophique,
qui sera écrite à la fin du présent livre.

Des vaisseaux.
Chapitre 2e.
pict
@

(f121r) 121
18.
Noble seigneur
nous vous déclarons en ce chapitre les
instruments de pratique et premièrement des verres,
dont 8. principaux sont marqués seulement A.
qui est un matras à long col de trois pieds pour
garder les esprits, B. est une cucurbite de terre
ou verre fort pour endurer fort feu aux distillations,
C. est son alambic, D. est un très grand
récipient pour recevoir les esprits, lequel a un
soupirail de peur qu'il ne casse, E. c'est un
matras, F. est une façon de vaisseau à sublimer,
G. est une matrice pour mettre l'azot, H. est
un matras rond à col court pour mettre l'azot
au lieu de matrice si on veut; pour les mortiers,
entonnoirs &c, seront par vous faits ainsi
que Remond enseigne.

pict
Description du Fourneau Secret

A. c'est le fil qui sert à lever la moitié de l'écuelle de bois faite en boule qui se sépare par la moitié à moins que pour ne la point toucher on ne mette de petits verres ovales comme ils sont représentés afin de voir au travers l'oeuf et la matière qui y est. B. c'est le dôme de l'athanor qui sort mais il faut qu'il joigne bien juste. C. c'est la moitié de l'écuelle de bois. D. c'est un petit trois pieds de bois qui soutient l'oeuf et l'écuelle de bois afin que l'oeuf ne pèse pas sur les cendres qui sont dans l'écuelle et qu'elles soient plus vaporeuses cette écuelle doit être soutenue par 4 crochets attachés à l'athanor. E. c'est une plaque de cuivre trouée contre laquelle le feu de la lampe donne. F. c'est la lampe qui est de cuivre à laquelle par un petit canal de fer blanc l'huile qui tombe d'une bouteille renversée bouchée d'un petit liège troué va pour entretenir la lampe. Les fils de la lampe se règlent sur la grandeur de l'athanor.

@

(f121v)

Des fours chapitre 3e.
En ce chapitre seront enseignés les fours, desquels
n'est point grand besoin, mais un seul quoiqu'aux
préparations plusieurs soient requis, comme le
bain et cendres et feu de flammes, pour faire les
distillations, après lesquelles préparations seront rompus
si vous voulez, et d'iceux je ne parlerai davantage,
car ils sont faciles et assez décrits par Remond
Lulle, mais je vous veux déclarer le four
secret que je vous ai dépeint ci-dessus, parce que
ne le pourriez trouver dans les auteurs que par
énigmes.

19.
Partant mettez peine de le bien faire de bonne
terre mêlée de bourre, fiente de cheval et
sable sur lequel se posera un couvercle pour mettre
les vaisseaux, auquel n'y a aucune entrée ni visière,
tant seulement une porte où sera mis le godet,
qui sera de verre ou autre matière, ayant au côté
un canal pour verser l'huile si vous ne voulez
le tirer par la porte, ou bien en avoir encore
un autre pour changer à toutes les fois qu'il
sera besoin de mettre huile ou coton et
moucher, lequel godet aura de l'eau au fond
pour empêcher de chauffer l'huile, sur laquelle
nagera un croisillon de fer blanc à 4.
petits lièges.

20.
Au milieu de ces quatre petits lièges il faut un
petit trou pour placer la mèche ou coton,
de 5. 6. ou 7. fils plus ou moins selon que
requerra la chaleur, laquelle mèche étant allumée
n'aura aucun air, fors un petit trou justement
au haut dessous l'anse de la chape, lequel doit
être si proportionnellement fait qu'il suive la mesure
de la mèche ou grosseur des fils, parce que
s'il était trop grand il se ferait suie et fumée,
et s'il était trop petit la mèche ne tiendrait
pas allumée faute d'air, donc tout le secret,
dépend d'icelui feu, qui doit ainsi être mesuré,

@

(f122r) 122
donc devant que mettre les matières, ajustez
icelui et en sorte qu'il soit si doux qu'il ne
fasse aucun tort à celui de la matière.

21.
Donc ton fourneau doit être de la grandeur d'un
pied diamétral plus ou moins ayant un
globe de cuivre fermant bien justement
que l'air n'y entre, posé sur un trépied cinq
ou six bons doigts ou pouces plus haut que
le godet, c'est à savoir un bon pouce
pour la flamme et le reste d'ébat, de peur
que la flamme ne donne contre le globe,
dans lequel globe sera une écuelle de bois,
de chêne ou un autre globe plus petit
justement fermant.

22.
Dans lequel reposera la matière dans sa
matrice de verre sur un trépied ou
cendres criblées et le tout au centre d'icelui
fourneau justement fermé.

23.
Aucuns au lieu de globe de cuivre, n'ont
mis qu'une petite plaque de cuivre,
faisant la quatrième partie du globe
de chêne, pour rabattre la violence du
feu contre le globe de bois bien justement
fermé.

24.
Mais à icelui il convient un plus doux
et clibanique feu, pour ce avisez-y
prudemment.

25.
Il est un autre fourneau de charbon
qui ressemble assez à celui-ci, sinon
qu'au lieu du globe de cuivre il sera de
fine terre plus haut et plus grand,
ayant au bas une grille pour mettre le feu,
et aux 4. cotés des registres pour
l'entretenir, si mieux par haut ne les
voulez faire, ayant un plancher entre
le globe et le feu, auquel seront quatre
fenêtres fermant justement par où la chaleur

@

(f122v)

passera, deux desquels, c'est à savoir deux des
coins opposites donneront sur le haut du globe,
et les deux autres en contre le cul d'icelui, afin
d'élever vapeurs dans le verre secret, ne donne feu
que par le bas ou icelles vapeurs rabattre, bouchant
icelles fenêtres, et ouvrant ceux qui font aller la
chaleur en haut, pour ce sera icelle chaleur
arrêtée qu'elle n'aille autour d'icelui globe,
lequel globe jamais n'ouvrira, mais aura des
fenêtres au côté pour mettre la matière et voir
les couleurs, en levant avec un fil d'archal
le haut du globe du bois de chêne, se sont
là tous les secrets fourneaux de l'oeuvre,
quoique quelques-uns en ajoutent la première
corruption, un bain fumeux ou fiente de
cheval, dont l'un de nos maîtres a écrit.

26.
S'ensuit autres Instruments matériels et praticaux.
2e. partie de ce livre
Chapitre 1r.
@

(f123r) 123
Les instruments
matériels et praticaux sont toutes les
choses qui appartiennent à l'opération, desquels
sont les matières fondamentales, que j'ai
enseignées en notre théorie, puis suivent les
moyens contenus en icelle théorie, qui sont
menstrue, vifs-argents, huiles et onguents,
pour auxquels parvenir nous dirons des
menstrues, lesquels sont considérés en
plusieurs manières, c'est à savoir les uns
ne sont qu'eau calcinative des corps,
laquelle s'améliorant par iceux corps
est fait menstrual.

27.
D'autres menstrues sortent des corps
qui par après sont congelés sur leur propre
terre, mais pour bien parler toute sorte
de menstrual n'est qu'une humidité contenant
en elle certaine nature de la chose
qu'elle veut produire.

28.
Donc le menstrual n'est pas l'humidité
seule qui détruit le corps, mais la chose qui en
résulte, or Remond en son Testament Apertoire,
Clavicule, et autres livres, le compose de vitriol
et salpêtre, qui sont dit-il, deux substances
corporelles, contenant en eux une essentielle,
laquelle est en toutes les choses du monde,
et sont dit-il d'icelle 3. choses, le menstrual
fait, par lequel autres puissances seront
connues, qui sont les moyens de notre 3e. et 13e.
chapitres.

29.
Pour ce dit en son grand Apertoire, prend deux
parts de mercure sec, et une de chaud aigu,
et en son Testament, prend dit-il, une part de
vitriol de l'azot et demie-part de salpêtre,
lequel vitriol dit-il en son livre de l'Intention
des alchimistes, est par nature des quatre
éléments formé, c'est pourquoi tout bon
esprit entendra l'or, car en lui seul sont
les 4. éléments parfaits, aussi n'est-ce qu'un

@

(f123v)

mercure cuit, et le salpêtre, suivant Lulle, est un
esprit créé du ciel en nature et espèce
minérale.

30.
Lequel à raison de sa très grande force et nature
céleste, dissout, corrompt, digère et subtilie
tout corps métallique, les faisant monter en
haut ainsi qu'eau et fumée.

31.
Par ainsi faites donc composition d'une part de nature
aurère, contre demie-part de nature nitreuse,
afin que par cette mesure les forces naturelles
de , ne soient pas surmontées, mais résistent
contre les contre nature, qui de la part
d'icelui sel nitre sont contenues en cette composition.

32.
Or cette nature nitreuse est trouvée en plusieurs
lieux, voire en tous lieux, avec lequel salpêtre,
si tu veux opérer il le faut parfaitement
purifier, puis en tirer l'esprit par la manière
Testamentaire de R. L., chapitre 9e. de sa pratique
moyennant deux parts de menu sablon
de rivière, très lavé et desséché comme
petites pierrettes pour tenir le corps du sel
ouvert, afin que l'esprit en sorte et distille.

33.
Lequel esprit ainsi tiré sera bien rectifié, puis après
dans icelui on dissoudra le . ou la . et
puis on chassera le flegme, et dans nouvelle
eau on le redissoudra, et on fera cela tant que
le métal retienne la moitié de son pesant
de l'esprit le plus fixe du nitre, qu'il faudra
alors putréfier.

34.
Ce menstrual se peut faire en autre façon
c'est à savoir mettant avec le sablon
son métal bien purgé et mis en poudre,
et emportant icelui par la distillation, mais
grande subtilité est requise en cette opération,
comme à bien observer les poids, afin de savoir
combien l'esprit tient de l'or, comme en cas
de besoin relaver les fèces, et filtrer pour en
retirer l'or, et avec nouveau sel le repasser,
car sans juste poids l'on n'y reconnaîtrait
pas la vérité.

@

(f124r) 124
35.
Autre menstrue de salpêtre se fait encore
en cette façon, prenez salpêtre très raffiné,
ou pour le mieux son sel fin, qui est tiré
de son eau ainsi que j'ai dit ci-dessus que
le métal se charge, puis prenez autant
pesant de rosée de mai que vous aurez
cueillie en temps doux et serein sur orge ou
froment et la filtrez par plusieurs fois
par le papier gris, en laquelle est si
grande vertu que seule peut dissoudre
les métaux et les perles.

36.
Ces deux poids égaux soient par 40. jours
putréfiés ensemble, puis en séparer les éléments,
à savoir l'eau par le bain, et l'huile par
les cendres, laquelle eau soit sept fois
distillée, puis remise sur sa terre par
imbibitions, et ainsi de l'air ou huile; lesquelles
choses soient après mêlées avec métal avec
le poids susdit et puis putréfier, dont la
manière est déclarée plus au long dans un
de nos autres livres, quoique nous n'ayons
qu'un seul chemin à tenir seront vues en
la pratique suivante.

37.
Nous avons encore une autre façon de
tirer l'eau nitreuse en suivant l'intention
de nos précédents livres, la faut tirer du
ventre de la mère, à savoir de la terre, il faut
donc choisir une place qui ne soit point trop
humide et faire un trou 7. pieds avant où
le soleil et la pluie n'aient atteinte et
trouver une certaine terre grise qu'il faut
nettoyer de toute ordure à l'ombre promptement,
de peur qu'elle ne soit trop en l'air.

38.
Cette terre a en soi un flegme et un sel
volatil et un sel fixe lesquels il faut
tirer comme pratique l'ordonne, puis les
remêler par la manière praticale ou
autrement les distiller ensemble tant qu'ils

@

(f124v)

soient pris ou alliés en une eau, avec laquelle
eau faut dissoudre l'or, par inhumations et
digestions, tant qu'ayez teinture rouge,
laquelle comme j'ai dit tienne deux poids d'or,
contre un d'icelui dissolvant, lequel alors
mettrez à putréfaction: vous commencerez
l'oeuvre ainsi comme il sera dit en la pratique
de ce livre, c'est à savoir la préparation.

39.
Tous les menstruaux susdits appartiennent
à l'oeuvre, quoiqu'ils soient très simples
et approchant de quintessence, par quoi
mettez peine de les simplifier, car en tous
est une terre vierge moyenne substance
contenue.

40.
Prends ton salpêtre en lieu chaud et
indifférent, mais non pas en étable,
quoiqu'il ait grande force et vertu, mais
il corrode, prends de la terre de 7. pieds
avant et en tire ton sel, et le mêle avec
rosée de mai, car elle a une vertu
céleste, il la faut cueillir avec draps de lin
puis la filtrer et distiller et t'en servir
comme j'ai tout dit ci-devant.

41.
Le salpêtre qui est attiré et multiplié
en sa terre par une vertu attractive
qui est attirée de l'air qu'il multiplie en
grande quantité, par l'invention d'une
salpêtrerie, est excellent.

42.
Oeuvre de grand prix et philosophique
Pour parvenir à la souveraine science
tout premièrement il faut comprendre
d'une très haute intelligence le grand
secret de nature, lequel par sa

@

(f125r) 125
propre vertu descend du ciel engendrant l'or,
lui donnant sa noble forme céleste et
matière terrestre se substantialisant
puis se rendant visible à nos yeux.

43.
Or tout premièrement la nature tire cette
première matière des éléments et mène en
prochaine matière ou la minière commence
de laquelle sort le soufre et le vif-
argent moyennant la putréfaction sont
convertis en métaux.

44.
Par ainsi en imitant nature, sans laquelle
nul ne peut les cieux émouvoir ni
telle influence chercher pour infuser
telle substance, nous usons donc des
moyens d'icelle, par lesquels elle travaille
en sa minière pour donner forme au
vif-argent.

45.
Donc par ce seul instrument, en un
seul fourneau, nous réduirons l'or
en matière première moyennant la
putréfaction, car jamais génération
ne se fait, sans putréfaction, donc
à cette matière seule il n'y faut rien
ajouter, sinon un petit feu pour
réveiller celui du compost, et moyennant
ce petit feu ph~ique la putréfaction
viendra en laquelle gît toute la
maîtrise quoi que l'on puisse dire en
autre manière sans elle rien ne fait,
car il ne sortira nul germe de la terre
que pourrissement ne soit devenu,
premier même la semence de l'homme
pourrit au corps de la femme, puis
devient sang et prend âme.

@

(f125v)

46.
La première se fait par un seul feu car il
convient par art la matière préparer puis
en ôter le superflu, puis la simple terre
avec son eau mettre en un verre en son
fourneau, nature réduira le sec en eau
et la fera monter en l'air par sublimation
céleste.

47.
Notez qu'il est une fontaine d'où les
sept métaux sortent, laquelle contre
l'opinion d'aucuns, n'est pas le mercure
vulgal, car les métaux ne s'engendrent
point d'icelui, mais c'est un air
volant deçà et là, et le mercure des
mercures que la nature seule donne
à tout homme craignant Dieu, fait
donc de ton corps esprit par le moyen
d'icelle et étant ainsi disjoints rassemble
et conjoints et tu auras le dragon et
le lion dévorant, pourtant il ne
consomme point le soleil ni la
lune mais leur donne perfection.

48.
Pratique de ce livre
Veritas ante recondita in
hoc libro uere delegitur.

Maintenant noble
seigneur il est temps d'accomplir le
voeu que j'ai fait de vous laisser
la noble science par écrit: mais ce

@

(f126r) 126
serait à moi un grand péché si vous en
vouliez mal user, je ne le mettrai pas
entre vos mains que je ne sois certain,
que vous n'ayez la conscience nette et que
vous ne me promettiez de garder ce qui
appartient à cette noble science, si belle
et merveilleuse, et qui donne tant de
richesses, comme étant un pur don de
Dieu qui doit être employé à sa gloire
et qui ne doit pas être montré aux
mondains, mais doit être par cabale
conservée entre les mains des sages,
au nombre desquels soyez enrôlés, ainsi
que je vous exhorte et pour cette cause je
vous ai déjà mis tous mes livres entre vos
mains, réservant celui-ci jusques à une
accomplie conversion, afin de tenir après
moi ce trésor, qui ne peut pas sortir du
monde sans grande perte aux pauvres
qui en tirent confort, or par ma
théorie que j'ai prise en tant de bons
auteurs, je vous ai déjà déclaré
suffisamment cette science pour que tout
sage qui met son coeur en Dieu en vienne
droit à bout, pourtant pour accomplir
ma promesse, j'ai voulu mettre cette
pratique, laquelle quoi qu'en divers
lieux écrite, requiert pourtant plus le
bon esprit de l'artiste que la totale
observation de la lettre: parce que faillant
en icelle, la lettre vous pourrait mener en
erreur, mais au contraire l'esprit
plein de science et de théorie vous
redresse, donc par la théorie mettez tout
l'effet par écrit, et mettez par ordre tous
nos principes moyens et extrêmes, afin
que par si quelque inconvénient, il vous
venait une erreur vous y pourrez remédier
promptement, parce que ce n'est pas ici

@

(f126v)

une affaire qui doive être négligée, mais une
matière où consiste le plus grand secret et
mystère du monde, et pour ce requiert une
grande vigilance, patience, diligence, netteté
et très grande méditation, sans théorie on
peut faillir à tous pas, et au contraire
par elle on se redresse.

49.
Or surtout il se faut mettre en travail en
s'étudiant d'une main industrieuse à très
bien purifier et simplifier la matière,
parce qu'il ne saurait demeurer si peu
d'impureté que cela n'emporte grand
empêchement.

50.
Or surtout mettez votre labeur aux mains
du Seigneur: puis prenez votre métal
soit or ou argent, mais l'argent ne fait
qu'argent et l'or fait tous les deux, donc
prenez l'or et l'affinez tant que pourrez
puis le mettrez à pourrir avec matière
nitreuse, et en faites menstrue.

51.
Parce qu'ainsi comme il a été dit en
notre chapitre 18e. et comme il est déclaré
au grand Apertoire, le lignage des minéraux,
c'est à savoir sels et attraments qui sont
contre nature, sont trop remots à notre
oeuvre, c'est pourquoi il faut prendre la
terre dorée azotique, qui est plus
proche, à savoir caleadue sulphurain,
qui est première matière minérale, dont
tout métal est formé et icelui est
contenu dans l'azot, c'est pourquoi
nous prenons icelui azot tout ainsi
comme il est trouvé en sa grosse matière,
en ôtant le superflu, qui n'est pas de la
forme harmonique des métaux, c'est à
savoir les sels contre nature qui sont
au menstrual.

@

(f127r) 127
52.
Donc Raymond dit en son Codicille, que quand
le soufre et argent-vif qui sont
principes matériels sont unis, le métal
se peut engendrer, parce qu'ils sont
naturels, c'est à savoir icelui soufre
dedans et dehors, et icelui vif-argent
tant seulement dedans, car si les
sels contre nature dominaient par sur
les naturels notre génération ne serait
pas bonne, donc prenez-vous garde
d'une telle domination, laquelle ne peut
venir que par la mixtion superflue
et substance boueuse des terres
menstrualles ou défaut de préparation.

53.
Mais par digestion peut sortir, et lors
sera notre argent-vif capable d'un
pur soufre ou métal par plus grande
ou petite digestion: ainsi nous avons à
composer notre menstrual non pas comme
les rustiques pensent: mais de ces
deux natures dont il faut faire la
mixtion que j'ai dite ci-devant de deux
contre un, et bien garder cette règle,
afin que la substance vitriolique de
l'or domine, et ne soit pas dominée
par la substance *salsugineuse, car elle
a encore assez à faire pour se sauver
et a besoin d'être gardée de feu fort.

54.
C'est là la calcination de l'or dont Hermès
a dit que de tout métal calciné et réduit
en cendres, se peut faire du sel, qui
à raison de sa subtilité fixe le mercure,
c'est par quoi Remond dit, que si de
vitriol de sel tu sais extraire

Note du traducteur. * Ce mot est surmonté du mot:
sulphugineuse.

@

(f127v)

la propriété du mercure et derechef les rendre
amis, moyennant la conjonction, faite par des
sublimations lentes tu as le plus grand
secret du monde.

55.
Or donc il faut bien conserver la maîtrise à la
nature vitriolique de l'or, parce que sous
cette nature l'humidité naturelle est
cachée de laquelle il faut craindre la fuite,
et est tout ainsi que quand on donne une
forte médecine à l'homme le fait tant
vomir et purger qu'il va quasi jusques à la
mort, lui conservant la vie tant seulement.

56.
Ainsi cette substance contre nature ne doit
pas aller jusques à la destruction spécifique,
mais il faut que le corps tourne et
retourne le nettoyant de toutes impuretés,
partant nous n'avons qu'à mener le corps
loin de tempérament, qui est la préparation
et dépuration, puis lui redonner son tempérament
qui est la conjonction et vraie préparation.

57.
Le distempérament ne provient que d'avoir
trop bu de liqueurs contre nature, et au
contraire son tempérament ne revient que
par imbibitions de son eau propre,
qui est notre huile et le même menstrue
tiré après que le corps en est tout à fait
bas et mort, purifié et nettoyé des qualités
contre nature, qui sera alors notre huile
ferme et notre onguent.

58.
Donc pour pratique commencer laquelle
comme j'ai dit n'est autre chose que la
préparation des matières: il faut savoir
qu'il y en a peu qui fasse les préparations
en même manière, quoi que tous tendent
en un même but, mais à cause qu'ils n'ont

@

(f128r) 128
pas été enseignés d'un même maître, mais
les ont trouvés dans des livres, lesquels
sont tant divers que jamais on ne la peut
trouver en iceux sans varier en la pratique,
car ils semblent se contredire comme
s'ils étaient dévoyés, quoiqu'ils tendent
pourtant tous à un but, c'est à savoir
à simplifier la matière, la pourrissant
avec nature extranée qui la mine,
puis avec chose plus voisine tenant du
corps ainsi tant et si bien que l'humidité
du corps sorte dans le menstrual, après
laquelle extraction le corps sera calciné
par eau et nettoyé de ses ordures,
l'humidité sera dépurée puis remise
sur son corps par imbibitions, tant
qu'il soit refait comme il est dit,
dans leurs livres, auxquels il est dit,
qu'icelles ne sont jamais mises au
vrai.

59.
C'est pourquoi je vous avertis que
la théorie est grandement nécessaire
pour corriger la pratique, c'est pourquoi
il se faut prendre garde de tant
de pratiques, et suivre avec raison
la théorie.

60.
Or avant que de venir à aucune
préparation il faut savoir comme
nous voulons opérer, parce qu'aucuns
tirent simplement le menstrual ainsi que
dit Remond dans lequel dissolvent autre
corps, et les autres prennent les propres
terres d'icelui menstrue, parce que
la médecine qui survient a plus de
vertu, mais de ces deux il n'importe

@

(f128v)

quoique la propre fondrière soit plus
difficile.

61.
Or cette chose résolue il faut chercher un lieu commode
et y établir sa demeure, tant que l'oeuvre
soit faite, parce que tu ne dois point douter de
ce livre ici et il faut qu'en ce lieu il y ait deux
chambrettes claires et nettes en l'une desquelles
se fera le labeur et en l'autre seront les livres
et instruments et autres choses appartenant à
l'oeuvre, auprès desquelles sera une autre chambre
pour coucher et pour arrêter les personnes
qu'ils ne nuisent et quelque jardin pour mettre
fumier pour se promener et pour s'ébattre
avec herbes fruits fleurs, ayez aussi un
compagnon fidèle, qui vous ressemble en
moeurs, si mieux n'avez une seconde *Pernelle,
mais le sexe est hasardeux toutes lesquelles
choses gardées, venez hardiment en pratique,
ayant toujours théorie devant les yeux.

62.
Donc comme dit Remond vous n'avez autre chose
à faire qu'avec le menstrual subtilier la matière
pour être ramenée à sa première substance,
de sorte que l'humidité de l'argent-vif qui était
au corps fixe soit distillée par l'alambic en
façon d'eau très claire, puis par très petite
dessiccation l'esprit soit réduit sur le corps,
puis sublimé et enfin fixé, l'incérant de son
huile, laquelle manière dit-il est générale
au blanc et au rouge, sinon qu'au blanc, il ne
faut que 3. éléments et au rouge sont les 4.
toute laquelle opération n'est autre chose qu'à
multiplier la vertu en la matière et lui
donner ingrés, car l'or est assez noble de soi
et n'a aucune mauvaise nature, pour sa qualité
aurère, sinon sa grosse terre qui en sort
par notre magistère.

63.
Mais il ne peut multiplier son espèce

Note du traducteur. * Ce mot est surmonté du mot:
perrenelle.

@

(f129r) 129
parce qu'il n'a que pour soi, à cause de l'étroite
union de ses principes, qui tient son esprit
végétatif lié et emprisonné, partant n'avons
qu'à rompre icelui lien et lui faire
descendre les vertus du ciel, ce qui se fera
premièrement en diminuant le corps par
purification, en conservant son humeur
naturelle, pour se remplir des vertus
célestes, car tant plus qu'il y aura de
quintessence rassemblée au corps, sa vertu
décochera plus puissamment dans les métaux
imparfaits.

64.
Comme par exemple quand le salpêtre est
raffiné et que son corps est diminué
par purification sans diminution de sa
quintessence, lors elle est plus puissamment
rassemblée et resserrée et par conséquent
elle fait un bien plus puissant effet, laquelle
quintessence se doit multiplier grandement
en l'or, non pas que nulle terre nitreuse
ne s'attache avec lui, mais être jetée avec
son impureté y délaissant sa quintessence.

65.
Sur quoi Remond dit que l'esprit tiré de
vitriol et de salpêtre, et conjoint au
corps des métaux est appelé mercure et
esprit de la quintessence, d'où apparaît que
nous avons besoin de simplifier le corps
du nitre, avant qu'il dût approcher l'or,
et faire sur lui toutes préparations de
la pierre, au lieu qu'avec sa matière contre
nature il ne peut s'unir avec l'or, parce qu'avec moins
de corrosion et hasard de corruption
de semence les préparations se feront plus facilement,
c'est ici la plus fine pratique que je
puisse donner.

66.
La théorie est celle qui conduit l'ouvrier
c'est pourquoi elle est très nécessaire en
cet art, c'est pourquoi étant bien connue
travaille hardiment, car je n'ai dit
tout ce qui s'en peut dire pour ce au nom

@

(f129v)

du benoît Jésus, faisons outils qui taillent
toutes matières, et comme dit le bon Remond
quiconque guidé de ma théorie, il le sera aussi
en ma pratique, au Testament duquel sont
4. parties principales, la 1ère. pour dissoudre sa
matière en vif-argent, la seconde faire ses onguents
et ferments, la 3e. créer sa pierre et soufre,
la 4e. son élixir.

67.
Or la 1ère. se divise en deux dissolutions ou
liquéfactions, la 1ère. dissout et putréfie,
et fait la composition blanche et rouge, la 2e.
sépare les éléments putréfie le composé blanc
et fixe la terre, le second régime est divisé
en deux chapitres, au 1er. desquels la pierre
se crée, et au 2e. le soufre rouge se
compose, mais la 4e. opération est l'élixir,
donc tout le magistère se divise en deux
parties, roues ou mouvements.

68.
Mais avant ces choses Remond par des
lettres d'alphabet, nous montre ces matières
comme si elles étaient déjà faites,
A signifie, Dieu, que tout premier nous
devons invoquer, B une substance de
vif-argent demeurant en tous corps, C
salpêtre, ressemblant à icelui vif-argent,
pour la propriété de sa forte nature, et D
vitriol de l'azot, desquels B. C. D. est
formé le menstrual E, et d'icelles trois
choses composé, c'est à savoir de deux
natures corporelles tenant une quintessence.

69.
Duquel menstrual doit sortir argent fin,
pur et resplendissant F. puis le mercure
que nous savons G. et finalement l'or
qui est tant honoré H. de la façon
desquelles choses icelui Remond semble ne
dire mot, mais seront sues en opérant.

70.
Prends donc au nom de Dieu

@

(f130r) 130
de fin sol ou fine lune réduits en poudre
très subtile, puis aie fin salpêtre,
duquel tu tireras bonne quantité d'eau, que
tu déflegmeras très bien la gardant en
vaisseaux, puis mettras ton métal dans
une cucurbite et verseras par-dessus
très bien de ton esprit que tu mettras
à inhumer, puis distilleras doucement,
et garderas ces eaux à part, et tu
verseras d'autre eau sur la fondrière,
et ainsi ces choses seront tant réitérées,
que tout l'or soit comme dissout et
épandu dans l'eau.

71.
Toutes lesquelles eaux étant ensemble
faut distiller doucement, puis les remettre
sur les terres, et ainsi que devant répéter
tant ces choses que l'or passe par le bec
de l'alambic, ou pour le moins soit un
sel jaune, qu'il faut redissoudre tout
de nouveau avec nouvelle eau, et
ainsi tant le démener qu'il devienne comme
huile.

72.
Or toutes les susdites pratiques
requerraient un plus grand volume
que celui-ci parce qu'en si peu de
pais je ne pourrais dire tant de choses,
mais icelle pratique est de point en point
ès livres de Remond, comme en son
Testament Apertoire, et autres, dont
je vous ai déjà saisi, donc vous
n'avez qu'à les ensuivre pour pratiquer
en distillations, inhumations et telles
opérations, réservant celui-ci à
meilleure fin.

73.
Partant vous ne devez vous enquérir
d'autres choses, mais commencez comme
il est dit ci-devant, quoique aux

@

(f130v)

lettres A, B, C, D, j'ai donné autre manière
de commencer, et pourtant qu'un autre qui
se disait aussi savant que moi prenait
argent-vif vulgal et étain qu'il
amalgamait, puis avec autre argent-vif
sublimé, il broyait très bien le tout
ensemble dans un mortier de verre
et les faisait dissoudre en cave et me
disait qu'il s'en servait pour son premier
menstrue, mais parce que je n'ai pas
vu cette chose, je la laisse à votre
expérience.

74.
Or en quelque manière que se soit
pourvu que l'huile d'or sorte et pourtant
qu'il n'y ait rien d'étrange mêlé et que
cela soit fait avec juste poids, car il
ne faut pas qu'il tienne trop ni trop
peu de feu contre nature, soyez donc
juste à votre proportion et voyez le
chapitre du menstrual.

75.
Or votre composition étant ainsi faite
mettez-la en putréfaction, laquelle
putréfaction est le glaive tranchant
de St. Paul ainsi que l'autre suivant
sera la clef de St. Pierre.

76.
Or cette putréfaction doit être bien
faite parce que la première porte
est ouverte, et la pierre minérale
suit après, en laquelle opérera en cette façon,
prends toute la matière susdite ou celle de
A, selon que tu voudras, parce qu'en
suivant ce régime tu peux mener
ta nature nitreuse et salsugineuse
à une subtilité premier que de la mêler
avec le métal.

@

(f131r) 131
77.
Prends donc la limosité soit minérale ou
menstrualle et la fais distiller toute
de dessus la fondrière, sur laquelle
fondrière renversera la septième partie
du menstrual, que laisseras inhumer
six heures, puis inclinant dans un
autre vaisseau tu couleras doucement
le clair, puis à doux feu distilleras
les eaux de ces deux vaisseaux que tu
garderas très bien, puis après tu tireras
l'air à plus fort feu, demeurant en ces
deux vaisseaux deux terres, l'une
grosse et l'autre subtile, sur laquelle
grosse répéteras les mêmes choses sept
fois tant qu'elle demeure morte et
damnée, ne teignant plus l'eau, en
mettant toujours l'eau avec l'eau et
l'air avec l'air, ces 7. cercles étant
accomplis vous mettrez toute l'eau
sur la terre grossière et inhumera qu'un
jour, dépurez et distillez l'eau, et l'air
comme dessus, en mettant l'air avec
l'air du premier cercle, et tant répéteras
ces dépurations sur cette même
terre, que l'eau ne teigne plus, ainsi
ladite terre demeurant morte et
damnée, toutes lesquelles terres mortes
ne sont que feu contre nature.

78.
Mais pour la terre subtile elle
appartient au 3e. cercle et ainsi feras
de toutes les 7. terres, mais si ton eau
n'y savait suffire prends le conseil
de Remond en son grand Apertoire,
après les susdites circulations il
faut pourrir par 40. jours, c'est à
savoir jetant toute l'eau sur icelle
terre subtile et l'inhumant au
bain doux par six heures, puis laisse

@

(f131v)

refroidir le verre, et ajoute tout l'air,
et après tu pourriras tout, et après le
pourrissement tu diviseras les éléments
en cette manière, distillant l'eau au bain
et l'air aux cendres; mais si tout l'air
ne montait, et qu'il demeurât sur la
terre liquide laisse refroidir, puis
remets toute l'eau et inhume 3. jours
puis distille l'eau et l'air, et répète
tant ces choses que la terre demeure
sèche au fond du verre: pour laquelle abluer
ainsi comme l'eau et l'air distille icelle
eau au bain doux 7. fois et les
résidences qu'elle fera soient mises
avec la terre damnée, ainsi que tu
feras de l'air, mais il faut mettre
ces résidences avec celles de l'eau,
puis verse sur la terre 3. fois son
poids de l'eau inhume un jour et
distille au bain, puis distille encore
à très doux feu et il demeurera encore
une terre que tu mettras avec les autres
terres damnées.

79.
Puis par une chaleur lente d'été,
de peur de brûler les fleurs, tu
tireras l'air ou huile glorieuse, et
répéteras 7. fois ces choses, tant que
notre terre vierge soit abluée, puis
distilleras 7. fois tout l'air ou huile,
que par les 7. ablutions tu avais
tiré de la terre, et les mettras avec
l'air ou huile ainsi comme tu avais
fait des résidences avec la terre
damnée, après lesquelles choses pour
créer le soufre minéral tu imbiberas
la terre vierge de 3. gouttes en 3. gouttes
d'eau, la desséchant en feu de soleil,

@

(f132r) 132
par 3. heures et réitère cela
tant qu'elle ait bu son juste poids
de ladite eau, dont a été abluée,
gardant chacun à part le demeurant
de l'eau et de l'air.

80.
Or cette première partie pratique
est déclarée dans notre théorie,
c'est à savoir soufre minéral,
duquel le végétal doit sortir, mais
parce que toute pratique partie est
fallacieuse, ayons toujours recours
à la spéculation, et tirons bonnes
annotations d'icelle pour nous sauver
d'erreur, parce qu'encore que tous
ces régimes et autres soient dits,
nous n'en avons besoin que pour
préparation, parce que nous avons
une autre manière ph~ique d'opérer,
par laquelle nous menons tout à
perfection; or à cela le bon esprit
de l'artiste opère, s'étudiant ès
chapitres de théorie, ainsi comme de faire
3. dissolutions, c'est à savoir la 1ère.
du corps, la 2e. de l'esprit, et la 3e.
du corps et de l'esprit ensemble,
lesquelles les sages ont cachées ne
les montrant que par similitude,
ainsi comme en la pierre minérale
de vitriol et de salpêtre, la
végétale de vin de l'animale d'urines
et sueurs, donc venons à la végétale.

81.
Prends ton soufre minéral
que tu avais laissé à le putréfier
finement avec son eau, ainsi comme
il est dit, imbibe et puis en tire
l'humidité par feu gradué demeurant

@

(f132v)

au fond du vaisseau une manière de poix
fondue, sur laquelle reverseras tout l'esprit
distillé et digéreras un jour puis par
inclinaison verseras doucement la liqueur
de dessus la terre et distilleras la moitié
à douce chaleur de bain que tu garderas
sur le bain, ainsi que l'autre moitié, et
garderas la grosse terre à chaleur de
cendres, crainte de brûler le soufre,
puis sur icelle terre mets le premier esprit
inhumé, dépuré, distillé par le premier
et second feu et mets le second avec
l'autre second et répéteras toutes ces
choses sur la grosse terre, tant qu'elle
soit morte et dépopulée; ainsi est tout
le premier cercle, le second venant qui
commence sur la terre du premier
répétant les mêmes opérations avec le 1er.
feu tant que la terre soit morte
et sèche, mais il ne la faut pas
jeter comme les deux premières de
l'oeuvre minérale, mais seront gardées
avec les autres suivantes pour faire
un moindre soufre en cas de besoin,
ainsi va la terre du 1er. au 2e. et du
2e. au 3e. et du 3e. &c., lors sera le
végétal dépuré qui doit être très
bien gardé pour raison de sa subtilité.

82.
Par ainsi tu as deux feux liquoreux,
l'un tiré du subtil et l'autre
tiré du gros, garde chacun à part soi,
aussi tu as la terre plusieurs fois
dissoute, en l'eau sur laquelle mettras
ces feux 40. jours et bien enfermées
en putréfaction, après faut séparer
les éléments en chaleur lente de
cendres, et la 4e. partie sortira,
qui est notre feu et air plein de quintessence
que tu garderas très bien, puis

@

(f133r) 133
distille toute l'eau au bain puis calcine
la terre par 24. heures par douce
chaleur aux cendres, prenant
ce qui distillera qui est huile et
l'enferme si bien et laisseras la
cucurbite au bain et distilleras
7. fois l'eau, mettant sa résidence
avec celle de l'eau, toutes lesquelles
résidences ne sont que le dépouillement
du feu innaturel, lequel est composé
du contre nature et du naturel, puis
prends l'eau 7. fois distillée et en
mets sur la terre trois fois son poids,
inhume 24. heures et refroidis, et
alors quelque luisance de sel vient
sur la terre: ce sera bon signe
distille à lente chaleur toute l'eau,
puis redistille à feu plus doux,
puis mets ces résidences avec les
terres mortes, et puis sur les
cendres tire par douze heures
l'huile précieuse, et remets sur la terre
trois parts de l'eau et inhume
24. heures et comme dessus distille
l'eau et l'air, puis calcine la terre
par douze heures, retirant
l'huile ou air, tu mettras avec
l'autre précédent et sept fois
répéteras ces choses que notre
terre vierge soit abluée, puis
sept fois distille tout l'air aux
cendres, mettant ces résidences
avec les terres indissolubles
laquelle tu garderas très bien.

83.
Ainsi tu auras l'eau, l'huile et la

@

(f133v)

terre, de laquelle terre sache le juste
poids et autant de l'eau dont elle a
été abluée, mettant le résidu
avec l'autre eau du compost une fois
rectifiée et comme il a été dit,
et 3. gouttes en 3. gouttes par 3.
jours naturels d'inhumation et 3.
heures de dessiccation imbibant
toute la terre tant qu'elle ait
bu le double de tout son poids,
et garderas très chèrement
l'élément de l'air et le reste de
l'élément de l'eau, ainsi est la
préparation de la science, en suivant
Remond.

84.
Plusieurs autres pratiques sont
dans Remond, et plusieurs ont
pratiqué en autres manières les
uns avec le . . et . les autres
avec . et . mais parce que ces
choses ont été assez déclarées en
notre théorie, vidons les difficultés
de notre présente pratique, et
parce qu'icelle pratique j'ai faite
du seul . sachent ceux qui
veulent prendre . et . que ces
deux opérations les montrent,
encore que si à la première solution
ils veulent travailler de . en
l'autre prendront du fin . mené et
dissous par la 1ère. eau lunaire, après
lesquelles dépurations, suivant le
Testament de Remond, ces choses seront

@

(f134r) 134
la composition de . et de .
desquelles deux compositions par
conjonction matrimoniale naîtra
l'enfant de notre philosophie,
et sera multipliée, imbibée, incérée
et nourrie ainsi qu'il appartient.

85.
Donc l'or ne se peut dissoudre
sans y ajouter une nature humide,
qui le mène hors de tempérament,
faisant sortir sa nature humide,
après laquelle sortie du corps
il se nettoie par les dépurations
d'icelle humidité contre nature,
alors l'esprit agit sur sa terre
et la met à dissolution, car le
soufre du corps ne sort que
par son propre esprit, et doit
être réduit en deux, qui après
due purgation seront rejointes.

86.
Donc l'or par une humidité
contre nature passant en naturelle,
fait une plus noble dissolution,
et ainsi de degré en degré
sortant de ces extrêmes,
et se dépouillant des sels
contre nature demeure en sa
seule nature aurère, qui faisant
dissolution de sa pure terre
avec toutes ses parties,
arrache par amour l'âme, ou

@

(f134v)

l'humidité radicale, moyennant
quelque calidité innaturelle, qui y
est encore, de laquelle il se purge
tout à fait.

87.
Ci est la dernière partie de mon livre à vous noble chevalier par ordre translaté ainsi que besoin pour science avoir et connaître.
pict
Oeuvre en général tant philosophique que manuelle
@

(f135r) 135
Celui-ci est le
grand et merveilleux secret des secrets,
auquel quiconque mettra son coeur
comme il appartient jamais de santé
ni de richesse ne manquera, mais joie
et liesse s'il marche en Dieu, pour ce à
vous noble Seigneur je l'ai gardé,
et après ma mort vous et les vôtres,
si en êtes dignes l'aurez, lequel
parle de si hauts et suprêmes dons,
or j'ai théoriquement autant bien écrit
qu'aucun autre eût jamais su faire,
j'ai autant dit qu'il était besoin de dire,
sinon de la ph~ie secrète dont les
autres n'ont assez parlé, n'est par
moi encore assez éclaircie, or c'était
la science consiste mettons donc peine
de la bien écrire, combien que sans
anathémisation et damnement
on ne puisse révéler ces choses
pourtant sous le bon plaisir de la Sainte
Trinité, sur l'assurance de vos
fidèles promesses et sous le sceau de
sagesse disons tout ce qui s'en peut
dire.

88.
Premièrement nous dirons que la science
a été déclarée par plusieurs sages
par plusieurs allégories et figures
afin de cacher ce trésor qui n'est
pas pour les plus grands de ce monde,
mais pour les humbles de coeur,
qui sont charitables aux pauvres
et à l'orphelin, après nous dirons
en quoi tout consiste.

89.
Toute ma science vous apprend que
cette noblesse sort de l'or fin, quoique
pour troubler l'or vulgaire est défendu

@

(f135v)

par plusieurs, mais comme Hermès cherchait
cette science, il chercha la plus noble
vertu qui fut en nature, et jugea
par la noblesse de ce métal qu'elle pouvait
être en lui, donc c'est de lui que sort
l'or vif, quoiqu'il soit mort, cherchons
donc cette vertu crée de Dieu en l'or,
donc au monde il n'y a rien de si
précieux et est incombustible égal
en sa mixtion d'éléments.

90.
Partant avec Hermès en ce noble
métal cherchons notre mystère, or le
moyen d'ouvrir ses entrailles pour
prendre cette vertu, c'est par la chose
qui l'a faite et engendrée, qui est la
nature mouvante, laquelle devant nos
yeux fait pierres dures, laquelle
nature en ses ouvrages n'a point
matière diverse, mais tant seulement
diffère selon la chose où elle entre
et se termine et quand elle rencontre
noble matrice pure, où elle se puisse
purifier, elle produit une chose
noble ainsi comme en l'or, où il n'y a
nulle chose étrange au contraire de
métaux imparfaits ou l'impur est cuit
avec le pur, donc l'or est seul parfait,
et par ainsi sans icelle nature il ne peut
être dissout, et cette résolution, à cause
de sa très forte construction, ne se
peut faire sans instruments prendre,
parce que nulle chose n'agit sur
soi-même, et l'or qui n'a rien d'étrange
étant permanent et une seule chose
hermaphrodite, ne peut venir à dissolution,
sans l'aide de l'art, car rien ne mord
sur lui, donc l'eau qui le peut
dissoudre et celle-là qui l'a fait et
engendré.

91.
@

(f136r) 136
Et parce que cette eau ne se trouve
sur terre, il la faut faire par art,
appelant nature, c'est à savoir de
l'or même qu'il faut dissoudre par
une eau externe mordicante, pour
par après avoir l'interne du corps
et naturelle.

92.
Par ainsi la première solution n'est
pas naturelle, mais innaturelle,
toutefois elle conserve l'espèce,
à cause du voisinage, il s'éloigne
pourtant de son tempérament, mais il
lui faut donner confortation, afin qu'il
ne sorte pas tout à fait de son espèce,
c'est pourquoi Remond en son Codicille
dit, qu'en cette action le mouvement
est grandement débilité, mais que par
le magistère il faut qu'il fasse
résistance à son contre naturel ennemi,
afin que la crise de son mal étant
passée ses individus en partie corrompus
petit à petit se réparent, parce que
le grand affaissement de l'accès étant
passé, moyennant que tout à fait l'espèce
n'ait été morte ou détruite par
confortation de sa totale disposition,
prendra meilleur tempérament.

93.
Parce que non seulement ses
salsuginosités se sépareront,
mais ses autres impuretés originelles,
or cette première bataille sera
en la putréfaction, qui est le
souverain principe de génération
et reformation des choses.

94.
@

Début de l'ouvrage Texte précédent Texte suivant Fin de l'ouvrage Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfeseite Rückkehr. Flag Hjælp side Tilbage. Bandiera Guida Torna.