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Réfer. : AL2314F
Auteur : Pierre de Vitecoq.
Titre : Secret Compendium,
S/titre : ou mémorial final...

Editeur : Manuscrit 160 de la Bibliothèque municipale de Rennes. Septième partie
Date éd. : 1xxx .


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Particularités de ce document.


Afin de conserver au bénévole lecteur le charme du manuscrit, j'ai laissé le texte dans sa forme originale, orthographe, ponctuation, excepté sur
quelques points.
Excepté ces derniers, le document est conforme à l'original, folio par folio, ligne par ligne et caractère par caractère. Pour ce dernier point,
le lecteur voudra bien être indulgent, car malgré une double relecture de
tout le document, il est improbable de n'avoir pas oublié çà et là quelque
particularité orthographique.
Les numéros de folio sont repris du manuscrit lui-même, et sont portés sous la forme :
(fxy)
f pour folio. x numéro de folio. y r pour recto.
v pour verso. Cette identification est rajoutée, seul le numéro porté à droite de chaque folio recto, est sur l'original.
Je dois aussi rappeler que les majuscules et les minuscules sont distribuées dans le texte sans logique précise, quant à l'orthographe, elle
peut varier pour un mot sur la même ligne de texte.
D'autre part, l'habitude du scripteur d'aller vite, ou de lier les mots
entre eux pour ne pas lever la plume, font que les accentuations et les
apostrophes sont mises ou non sans raison apparente.

Points de modifications.

J'ai mis une majuscule à la première lettre de chaque paragraphe, ainsi qu'un point à la fin.
Les mots qui sans raison apparente, avaient une majuscule dans le corps du texte ont été mis en minuscule.
J'ai également mis une lettre majuscule sur la première lettre des noms propres de personnes, ou de personnages (Lulle, Saturne, etc).
J'ai séparé les mots liés dans le texte afin de rendre la lecture plus agréable, néanmoins les mots séparés dans le texte le sont restés, par
exemple "quoy que", ou encore "par ce que".
Dans la majorité des cas j'ai écrit les mots abrégés dans leur forme complète, à l'exception notable de philosophie et de ses dérivés écrits
ph~es pour philosophes, ph~ique (pour philosophique) etc, reprenant ainsi
la forme abrégée du scripteur.
J'ai omis de reproduire quelques notes en latin, en marge du texte, qui sont d'une écriture différente du manuscrit, postérieures à celui-ci, et
assez difficiles à déchiffrer. Cette écriture semble proche de celle des
notes sur le livre de Rochas, en fin du manuscrit.
Dans le cas où un doute subsiste sur le texte (graphie non déchiffrée), j'ai mis cinq astérisques pour signaler l'endroit.

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(f139v)

Secret Compendium ou mémorial final en forme de récapitulation
sur mes précédents écrits
Préface de ce livre
Chapitre 1r.
Noble et pieux
chevalier en qui toute bonté et envers
lequel mon amour tire tant que je vous
ai voulu révéler le plus grand secret qui
fut jamais d'aucun homme aperçu,
m'ayant été conféré d'un sage, et je n'ai
point voulu vous le celer, contre l'expresse
défense qui m'en avait été faite de le
révéler en aucune manière que ce pût être,
et je vous l'ai si bien rédigé qu'il ne sera
jour en ma vie, que mon coeur n'en soit triste
de regret, non pas pour vous, mais j'ai peur,
que ne confériez à quelque autre par un
pareil amour, ou que ces présents écrits
ne tombent après une mort subite aux
mains de quelques méchants. Car à mon grand
péril, j'en répondrai devant le juge souverain,
d'autant que des désordres incomparables
en pourraient arriver, si le bon Dieu qui tout
gouverne et garde ce précieux trésor n'y
remédiait. Comme on a vu à aucuns prêtres
de mettre tels livres en effet, mort subite
les prenait ainsi qu'à ceux qui approchaient
de l'arche d'alliance indignement, or par
votre dernière lettre j'ai bien connu les signes
de vos erreurs et me ressouvenant des choses
que je vous avais en secret tant recommandées,
et je me doute qu'il est demeuré en vous
quelque péché secret, vu que n'avez pu
parvenir à rien, car icelui qui désire parvenir
à cet art doit marcher droitement, abandonnant
tous vices, comme l'ont dit les sages

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(f140r) 140
et aimer Dieu de tout son coeur, et puis
étant bien garni de bonne théorie,
alors on pourra très assurément arriver
à la fin de cet oeuvre et non autrement,
car par le péché le démon trouble nos sens
et Dieu nous châtie pour nos péchés,
mais au contraire l'homme de bien humble de
coeur acquiert la grâce et est rempli de
sapience par le St Esprit, de sorte qu'avec
une langue de feu, il parle vérité et parvient
à tout ce qu'il désire autrement n'espère pas
approcher de ce trésor, car c'est un pur don
de Dieu à ceux qui l'aiment, mais aux
méchants n'arrive que peines, travaux
et tristesses, et vont comme des aveugles,
gardez donc bien mes admonitions, car je ne vous
dis point ces choses par imagination,
mais pour ce que j'ai vu arriver à un de nos
compagnons, lequel avait autant voyagé
par le monde que les deux autres, et était
autant savant en théorie, et jamais ne
put rien mettre à effet et est demeuré
en aveuglement, d'autant qu'il était dans
la superbe et s'estimait plus que les
rois et tomba par son orgueil en ruine,
et alors je crus que c'était un coup de la
main de Dieu et demeura l'esprit troublé,
ce n'est pas pourtant que les deux autres
ne fissent plusieurs beaux bâtiments,
aussi bien que lui et plusieurs chevances,
mais n'avaient pas cet orgueil et étaient
fort miséricordieux exerçant grandes
charités et ne s'adonnant pas trop aux
plaisirs de leurs corps.
Donc de vous j'ai quelque doute en vous
voyant ainsi fainéant et vous adonnant
aux délices, et je crois que vous avez eu
quelque occulte empêchement d'en haut,
vu les admonitions et les leçons que je
vous en avais déjà faites, car je n'ai
jamais été tant ingrat envers vous
comme le défunt, et veux vous réitérer
et enseigner tout, mais soyez humble et
charitable, imitez donc un de nos compagnons,

@

(f140v)

lequel quand ses voisins et propres sujets
lui voulaient mal, au lieu de se venger, les
larmes à l'oeil avec caresses recherchait leur
amour plutôt que de se venger; donc en mes
derniers jours et sur la fin de mon âge, qui
a plus duré que celui de mes compagnons,
je vous fais cette dernière exhortation et
l'ensuivez plus que vous pourrez et ne négligez
pas mes autres livres mot pour mot et surtout
mon beau livre doré et pesez bien le tout
et le prenez mot pour mot, car j'ai pris grande
peine de les écrire pour vous avec sentences
et annotations du grand maître Remond,
ne cheminez donc plus comme les Gentils,
cheminent en la vanité de leur sens,
mais cheminez en Dieu avec toute humilité,
je vous laisse ce dernier mémoire afin que
vous l'ayez comme un miroir toujours devant
les yeux, et si vous manquez l'erreur vient
de vous, car le père n'en peut pas dire davantage
à son enfant, donc par une manière très
aisée à comprendre je ferai chapitres et en
pratiquant bien ne pourrez manquer dont je
vous expliquerai le tout et autant qu'il a plu
au créateur me donner voire jusqu'aux
plus simples mots et syllabes et en dirai
les significations, et pour ce invoque
l'assistance divine à bien conduire ma main
afin qu'en toutes façons je puisse
redresser votre esprit, je demande encore
pardon à sa divine Majesté pour la trop
grande liberté que je prends d'écrire si
clairement: pourtant pour garder le voeu
que j'ai fait à ph~ie, je me sauve tant
que je puis d'un côté et d'autre côté
tant que je peux je découvre, donc en
mes autres livres j'ai assez déclaré cette
forme, mais outre et par-dessus les autres
j'ai en ce présent livre ici, passé outre
jurant et affirmant n'en retenir aucune
chose à mon escient et toute couverture
et tout le secret je vous déclarerai, car en
tel cas mon serment y pend et serai
en sûreté que vous parviendrez, à la

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(f141r) 141
charge que votre conscience garantira la
mienne, autrement abomination vous
viendra et votre famille périra,
car cette chose est un pur don de Dieu
qui doit être gardé en votre coeur
comme une chose sainte, donc si vous
laissez par négligence tomber ces écrits
ès mains des méchants, malheur sur
vous viendra, rendez-vous sage par mes
dits écrits et en jouissez à la gloire de Dieu
où nous conduisent le Père le Fils et le
Saint Esprit. Amen.

Ici commence
le premier chapitre de ce livre traitant en général et par-dessus mes autres écrits, et aussi des divers errants et labourants sur cette science.
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(f141v)

Chapitre 1r.
Quand il est question de s'enquérir,
que c'est que l'oeuvre des ph~es, et que nous
feuilletons les livres pour en trouver quelques
enseignements, il nous semble à l'ouverture
d'iceux qu'en tout et partout ils sont
différents, parce que chacun parle selon son
propre idiome revenant tous en un même but,
car ces paroles différentes ne sont autre chose
que les divers noms qu'ils donnent aux substances,
à cause de leur propriété naturelle, et quelquefois
l'un parle bien plus clair que l'autre,
c'est pourquoi il ne faut lire que les bons
livres et les plus approuvés et les ayez
toujours comme un miroir devant les yeux
en les accordant les uns par l'autre, car
ce que l'un cache, l'autre le découvre, et par
ce moyen tout homme de bon esprit
pourrait venir à la connaissance de la science,
donc auparavant que de venir en pratique
il faut être si bien instruit par théorie,
qu'en aucun point on ne puisse faillir,
il faut toujours avoir la théorie devant
les yeux, et savoir de quoi, comment et
pourquoi: ils sont trois choses nécessaires,
à savoir de quelle matière il faut travailler
et comme cela se doit pratiquer, et à
quelle fin ces choses, car sachant la
matière et le régime et la fin et usage
tout est connu, or c'est ce que je veux
montrer par les chapitres suivants, et ces 3.
choses sont les temps les lieux et les
matières, sans lesquelles bien entendre,
on ne ferait rien.

Chap. 2.
Quand pour le temps tous les sages sont
d'accord que notre médecine se peut faire
en tous lieux et en tous temps, et par
toutes personnes, or venons à la matière
qui de soi sans autre chose se peut parfaire,
ne cuide donc pas qu'autre chose y entre,
comme le dit Remond.

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(f142r) 142
Chap. 3.
C'est à savoir qu'il n'y a qu'une pierre
composée des 4. éléments, laquelle n'a
besoin d'aucune chose que de ce qui est
de sa propre nature, car à chacune
chose il y a un commencement et une nature,
laquelle sans nulle autre chose d'elle-
même se multiplie, adonc nous n'avons
métier que d'une seule chose, laquelle
jusqu'en parfaite décoction s'attire
par degrés et quoiqu'il y ait 4. éléments
l'on n'en voit que deux seulement.

Chap. 4.
Lesquels deux sont les deux spermes
d'une même racine et par ainsi n'avons
besoin que d'une matière qui n'est autre
chose que vif-argent et soufre,
desquels tous les métaux sont créés
selon les temps de la parfaite ou
imparfaite digestion et de la pureté
ou impureté du lieu et matrice d'iceux
métaux parfaits ou imparfaits.

Chap. 5.
Donc cette matière convient en notre art
et en toutes les volontés de l'artiste
se conforme, donc elle apparaît tantôt
humide et tantôt sèche, tantôt blanche et
tantôt rouge, et tantôt d'autres couleurs
diverses, étant aux corps, étant aux
esprits et tout ainsi comme le mercure
général se transmue en toutes formes:
tout ainsi fait le particulier en notre
oeuvre, et pour ce Remond a très bien dit
que sachant et comprenant bien tous les
extrêmes et moyens jamais on ne faillira.

Chap. 6.
C'est à savoir que sachant donner
les susdites formes qui sont requises à
chaque degré ou vif-argent, jamais
on ne peut faillir, quand on voudrait
faillir.

Chap. 7.
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(f142v)

Or toutes ces choses sont déduites amplement
par les chapitres suivants, or parlons donc
premièrement de ceux qui cherchent et qui
vont errant en cette science, dont Arnaud
dit, il y a plusieurs qui travaillent à cet art
et s'arrêtant à la lettre ont pensé séparer les
éléments, et ont travaillé sur des urines,
sur des cheveux et sur du sang, et sur des
oeufs et autres telles choses, et en ont séparé
les éléments et en ont tiré l'eau et l'huile
et la terre noire qui demeurait au fond, ils
la lavaient, abreuvaient et décuisaient
tant qu'elle vint en fine blancheur, puis lui
faisaient boire son eau et son huile
tant qu'elle s'en allât sur la lamine
rougie et sublimaient et pourtant ne
faisaient rien de bon, parce qu'ils ne
travaillaient pas sur une bonne matière,
et par ainsi ils faillaient dès l'entrée,
quoi qu'ils opérassent suivant le dire
des ph~es, car chacune chose engendre son
semblable, car il n'y a que l'or qui puisse
engendrer l'or.

Chap. 8.
D'autres cuidaient des métaux seuls la
médecine extraire, en les dissolvant, calcinant
et congelant et n'ont rien trouvé non plus que
les autres, parce que dès le commencement
ils ont pris des corps au lieu d'en tirer les
spermes, lequel corps ne peut teindre si
l'esprit qui est dans son ventre n'est
premièrement tiré et fait eau.

Chap. 9.
Les autres disant que le vif-argent était
sperme des métaux, ils le cuisaient et le
sublimaient par soi-même et n'ont rien
trouvé non plus que les autres parce qu'ils
en faisaient amalgames avec les corps,
et le sperme ne se peut mêler avec un
corps, mais bien avec l'âme d'icelui corps,
laquelle est le ferment et la vie du dit corps,
et le change en sa nature.

Chap. 10.
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(f143r) 143
D'autres ont opéré en mêlant les corps
parfaits avec les imparfaits et ont erré
parce qu'il fallait prendre les spermes,
au lieu des corps entiers, car comme dit
Remond le grossier ne se peut pas mêler
avec le simple, qu'il ne soit fait
premièrement simple comme le simple,
mais par corruption les matières
peuvent être préparées et alors les
esprits se mêleront avec les esprits
très facilement après leur dépuration.

Chap. 11.
Mais d'autres par raisons naturelles suivaient
le cours de nature et par digestions graduelles
sur le vif-argent seul opéraient, ce qu'Aristote
approuve disant que le mercure
contient en soi son propre soufre,
lequel se peut congeler en or et argent,
voire en médecine parfaite mais Aristote
entend parler de notre vif-argent, ou de celui
du cinabre minéral.

Chap. 12.
D'autres ont pris soleil, lune et mercure
les dissolvant chacun à part puis les
mêlaient ensemble, laquelle chose ne vaut
rien parce que les corps ne se peuvent
mêler, qu'ils ne soient rendus spirituels
comme le mercure, et alors les esprits
se mêlent avec les esprits.

Chap. 13.
Mais nous en avons vu d'autres qui
faisaient l'eau de mercure et en icelle
dissolvaient les corps, puis les mettaient
en putréfaction, puis les distillaient et en
créaient leur soufre, puis leur médecine
et élixir parfait, et c'étaient des
oeuvres de haut prix.

Chap. 14.
Nous en avons encore vu d'autres
qui dissolvaient les corps dans icelles
eaux de mercure et dissolvaient autant
de mercure à part, puis ils mêlaient

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(f143v)

les solutions ensembles, puis pourrissaient
et séparaient les éléments, puis congelaient
et sublimaient et de cela ils en faisaient
des oeuvres de grand prix, quoique nos
intentions soient de chercher un terme
plus abrégé, et pourtant tout n'est qu'une
même chose, qui tend à une même fin,
notre intention n'est donc pas de faire une
pièce de métal, mais de parfaire la nature
et la mener à un si haut degré, qu'elle
soit mille fois plus que parfaite.

Chap. 15.
Ce deuxième chapitre est de la pierre et médecine et de son origine en général.

L'art chimique est une
oeuvre de ph~ie qui par un corps médicinal
parfait et mondifie et fait plusieurs et
merveilles, parce que dans cette subtile
substance les 4. qualités avec les influences
sont ramassées et retenues ensemble,
d'où tant de puissance et multiplications
viennent que c'est quasi une chose admirable.

Chap. 16.
Sache donc que chacun engendre son
semblable, car la semence de l'or, fait or,
et celle de l'argent fait argent, mais l'or,
l'argent, et l'argent-vif vulgaire sont
morts et les nôtres sont vifs, c'est à savoir
qu'ils opèrent comme chose vivante, c'est
pourquoi ce ne sont pas les vulgaires qui
sont les nôtres, mais les vifs sont
pourtant descendus des morts, car notre
or, notre argent et argent-vif *vulgaires
que l'on voit tous les jours.

Chap. 17.
Mais les ph~es pour cacher la science
se sont servi de divers noms pour séduire
les ignorants parlant par similitude

Note du traducteur: Ce mot ainsi que le début
de la ligne suivante est surmonté de:
sont tirés de l'or argent et argent-vif
qu'il faut donc insérer à l'endroit de
l'astérisque.

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(f144r) 144
d'animaux et végétaux, et autres diverses
matières et diverses recettes et par des
allégories, comme il est dit dans les
fables d'Olympe, sous lesquelles
paraboles la science est répétée plusieurs
fois à qui bien les entend.

Chap. 18.
Or telles vérités sont cachées et
reposent sous le manteau de ph~ie,
et c'est comme deux roues muées l'une
par l'autre, celle de dehors est signifiée
par drogues et métaux vulgaires, et
celle de dedans est signifiée par les
métaux de notre ph~ie, qui ne sont
que les mercures et sols tirés de l'or
et l'argent par art physique et ph~ique.
Donc à prendre les paroles à la lettre
les ignorants sont séduits: mais ceux
qui entendent le sens des paroles
comprennent tous nos mystères.

Chap. 19.
Donc comme dit Arnaud si tu veux
faire une médecine pour guérir les
métaux, son origine doit être d'iceux
métaux, car notre intention n'est autre
chose que de multiplier la teinture
métallique, parce que toute chose engendre
son semblable, travaille donc sur le plus
noble corps lequel il faut détruire,
pourtant sous la conservation de sa
première forme aurère.

20.
Mais pourtant il ne faut pas que la résolution
aille jusqu'à la première chose mais
doit toujours demeurer au genre métallique,
car qui le mettrait hors de la ligne,
sa matière serait confondue et
changerait de forme, ainsi comme
de la semence humaine venant en
vermisseaux ou reptile au lieu d'un
enfant.

21.
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(f144v)

Prenons donc ce noble métal, mais à cause
qu'il n'a de la teinture que pour soi
ayons recours à l'art et à nature, qui
derechef par diverses circulations peut
augmenter sa teinture à l'infini, ce qui ne
se peut faire sans passer par les moyens
et extrêmes et par les degrés de notre ph~ie,
lesquels extrêmes ont plusieurs noms,
comme eaux, terres, menstrues, vifs-
argents, sels et soufres et autres
par lesquels degrés mort vient, et puis
la vie et le tout d'une matière diversement
menée de çà et là.

22.
Il n'y a qu'une matière et une opération
qui se fait par art et par nature,
et non pas par les opérations rustiques.

Chapitre 3e.
Adonc tous les degrés susdits,
pierre, soufre, vifs-argents, gommes,
menstruaux, tous ces noms ne sont
que les degrés par similitude tant seulement
comme par exemple, quand la matière est
fluide elle ressemble mieux à l'eau qu'à la
terre, et en quelque façon qu'elle soit
ce n'est pourtant qu'un même métal
mené par diverses opérations et par ces
mots-là les ignorants sont trompés,
car comme dit le Code de toute vérité,
nature seule achève tout, moyennant que
nous lui aidions et par les mots suivants
les ph~es ont caché l'oeuvre, nature
s'esjouit en sa nature et nature contient
nature et nature surmonte nature,
adonc nous n'avons besoin que d'une
chose, laquelle après sa préparation
l'enfermons dans le vaisseau sans y toucher
des pieds ni des mains jusqu'à la fin:
quoique nous disions ouvrez et mettez, ce n'est
que pour faire errer les sots.

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(f145r) 145
23.
Nous n'avons donc besoin que de 2. spermes
tirés d'une même racine, lesquels il faut bien
enfermer et en leur aidant ils s'altéreront
jusqu'à la fin par un seul régime, et par
ainsi nous n'avons qu'une pierre, une médecine,
une nature et une disposition, tant en l'oeuvre
blanche qu'en la rouge, et n'y faut rien ajouter
que de ce qui est de sa propre nature.

24.
Chapitre quatrième
Du tempérament et de l'intempérament et de la
neutralité et des choses appartenant à icelle.

Or noble seigneur,
après avoir passé les chapitres susdits il convient
mettre encore ce présent chapitre avant, que
d'entrer au principe et extrême, par lequel toutes
leurs complexions et natures seront montrées
par 3. diverses façons de parler, et premièrement
par le tempérament et naturalité sont entendues
les choses qui en ce monde sont les mieux
complexionnées.

25.
Et par l'intempérament et contre naturalité sont
entendues les choses éloignées, comme les
maladies et autres, et par la neutralité
innaturelle, les choses tenant l'une à l'autre
comme morts et destruction, quand par
contre nature est aidée, et au contraire quand
elle est aidée du naturel tend à la vie, de la
connaissance donc de ces 3. tout dépend,
c'est à savoir la naturalité ayant sa seigneurie
dans le tempérament, et la contre nature dans
l'intempérament et l'innaturel dans le
neutre, lesquels sont par Remond
assignés dans l'ordre des métaux, à
savoir que nature ne produit que chose
parfaite, imparfaite ou neutre.

26.
Les parfaits sont l'or et l'argent, et les
neutres sont tous les autres métaux,
et les imparfaits sont sels, aluns,
atraments, vitriols et autres qui sont

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(f145v)

nommées choses naturelles, non naturelles et
contre nature, or ceci est le fondement de
l'oeuvre tant dedans que dehors, et les
ph~es ont nommé toutes ces drogues pour
musser leur secret.

27.
Nous prenons donc la plus noble matière,
laquelle ne se peut amender tant elle est
parfaite, sinon par réduction en sa première
matière, n'espère donc pas tirer ton huile
ni ta teinture sinon des corps parfaits
auxquels toutes choses sont doubles
et triples, dont sont et sortiront tous les
moyens et extrêmes.

28.
Des principes extrêmes et moyens après lesquels autres principes viendront.
Chapitre 5e.
Ayant donc fait distinction de ces trois
diverses complexions auxquelles toute la
nature est sujette, et lesquelles sont
ainsi comme fondement et pivots sur lesquels
toutes les considérations et opérations naturelles
reposent, venons donc aux principes, moyens,
et extrêmes qui dépendent d'icelle.

29.
Et premièrement disons avec Remond que les
principes naturels généralement sont toutes
les extrémités et moyens qui sont en
l'oeuvre de nature, lesquels sont en grand
nombre, à savoir les 4. éléments, les vapeurs
d'iceux, l'azot nitreux, dans lequel l'eau
prédite d'icelles vapeurs par une vapeur
chaude et un sec suc sulfureux qui est
l'esprit puant se condense, quartement
l'eau vive en laquelle ledit azot se résout,
quintement est le soufre en quoi l'eau
vive se convertit, et sixièmement les
métaux sont formés du soufre.

@

(f146r) 146
30.
Il y a trois principes radicaux et principaux
en notre magistère qui sont l'eau vive et les
deux esprits puants, desquels est créé
notre soufre, qui est notre pierre,
ils sont au métal en puissance et se font
par art des susdites vapeurs, c'est à
savoir des vapeurs des éléments condensés
en eau claire et des métaux par le moyen
de l'eau vive sortie des métaux terminés
en azot vitreux, ou esprit puant, et tout
se trouve en éléments et les éléments en
azot d'où sort l'eau vive et le soufre,
matière prochaine, et ces deux esprits
puants sont appelés soufre et feu
et sperme masculin et eau vive, et l'eau
vive est l'argent-vif &c.

31.
Les moyens sont convertis en extrêmes
et se résolvent de degré en degré, les
extrêmes contenus confusément sont
tirés par nature et par art.

32.
Or entre plusieurs moyens de nature,
deux sont plus purs et visqueux
que les autres.
Le soufre et le mercure sont extrêmes
de tous les métaux et chaque métal est
un moyen entre eux et les métaux
diffèrent selon la pureté ou impureté
de l'argent-vif, qu'ils contiennent, donc
l'or et l'argent qui sont parfaits et
incorruptibles sont au contraire des autres,
donc par iceux l'art commence, et de
principe en principe passe graduellement:
il faut donc bien considérer la nature
des métaux, des moyens praticaux
démonstratifs tant qu'ils soient
réduits en leur premier être, à savoir
mercure et soufre.

33.
Or entre plusieurs moyens de nature,
deux sont plus purs et visqueux que

@

(f146v)

les autres ainsi comme l'azot et vitriol est la
nature pierreuse qui est le sel fine, cela est le
vil moyen, par lequel nous tournons l'argent-vif en
métal, et le métal en un moyen réel entre les
corps et l'esprit, le corps de l'art est quand la
terre est brûlée, et l'esprit de l'art est
l'argent-vif tiré du corps en forme d'eau claire,
il y a deux moyens en l'oeuvre de nature plus
exquis que les autres, qui sont l'azot et le sel
de nature, qui convertit l'argent en liqueur de
feu, d'où est créé un soufre qui congèle
tout argent-vif.

34.
Aussi il y a deux moyens plus purs en l'art
qui est l'or et l'argent: et aussi deux extrêmes
sont exquis à savoir l'argent-vif extrait des
corps, et l'élixir complet.

35.
Les extrêmes de notre argent-vif sont en premier
côté l'eau du lion vert, conjoint avec le métal,
et d'autre côté est la pierre qui en après est
créée, quand elle est purifiée, la première
extrémité de la pierre est notre argent-vif d'une
part et de l'autre l'élixir, dont la substance
radicale est appelée lion vert, serpent,
argent-vif, et pâture du basilic, et l'humeur
menstrualle laquelle conjointe au corps sont
deux spermes d'où ladite eau vive sort,
qui est notre argent-vif et notre eau de vie
qui ressuscite les morts.

36.
Des principes et vertus célestes tant informatives que naturelles et des principes généraux.

Chapitre 6e.
Entre les principes chimiques dit Remond,
les uns sont matériels et les autres
démonstratifs, et les autres praticaux,
mais nous ferons marcher autres principes
devant eux, et nous dirons avec Remond,
que le fin premier principe de nature est
une quintessence que Dieu premièrement divisa

@

(f147r) 147
en trois parties différentes puis de la 1ère.
et très pure partie d'icelles il créa les anges,
de la seconde les cieux, et de la 3e. moins
pure le monde sublunaire, laquelle pareillement
il divisa en cinq parties qui sont quatre
éléments de la quintessence d'iceux qui
repose en chaque espèce, comme le lieu
d'iceux.

37.
Or le principal secret pour entrer dans le
secret des secrets de nature est la vertu
informative influée d'en haut, à toutes
matières, laquelle par notre art par une voie
naturelle s'introduit: car la chaleur
naturelle étant excissive meut l'informative
laquelle chaleur instrumentale pour
former conduit.

38.
Ainsi ces deux chaleurs c'est à savoir
formative et instrumentale de puissance en
acte meut la matière, laquelle vertu s'influe
du ciel aux individus métalliques et les mène
à perfection.

39.
Or en notre pierre la vertu informative et
la chaleur naturelle sont tellement liés
par la dureté de la matière que l'esprit
végétatif qui est enfermé là-dedans ne se
peut mouvoir sans rompre les liens très
profonds et ramollir cette matière et la
simplifier par résolution et réincrudation de
l'humide matériel séminaire ainsi terminé,
laquelle réincrudation se fait par l'humide
subtil cru qu'il prend en sa dissolution
et ainsi le sec se tourne en humide
aéreux dans lequel le feu naturel est
libre et s'échauffe et prend sa nourriture.

40.
Or cela ne se fait que par degrés à savoir
premièrement en froid, puis en humide, puis
en après en chaud, alors pénètre, dilate
forme et tourne tout en humide en sa
substance et espèce, quand elle n'a plus
d'humide en quoi agir, elle termine son
humide par siccité et en icelle cette même

@

(f147v)

chaleur est liée tant que par nouvelle
putréfaction son humide soit réincrudé
et c'est ici la résolution des éléments en
toute génération.

41.
Ainsi advient en notre magistère, il faut que
l'intérieure et pure nature humide de la pierre
par subtiliation de sa grosse substance soit
résolue, et puis soit pourrie, et que le froid et
humide innaturel soit séparé, enfin que par
un humide compétent que la vertu formative
convertira en soi, soit nourrie, et ainsi par
l'industrie de la vertu minérale sera aidée.

42.
Adonc la vertu informative est l'instrument,
et l'instrument meut la matière, et est changé
de la puissance occulte en l'acte manifeste,
et cette vertu informative connue par la science
de l'artiste s'introduit en son oeuvre
naturel en la matière.

43.
Car tout ce que la vertu céleste et élémentale
fait dans les vases de nature, elle le fait
aussi dans les vases artificiels, pourvu
qu'ils soient semblables et que la vertu du
feu qui aide à cela soit tellement tempérée
qu'elle n'excède pas la vertu motive et
formative influée d'en haut, parce qu'en
toutes choses que nous avons vues
pourries et putréfiées, les vertus du ciel
et des étoiles s'influent en icelles
prenant détermination de la chose en
laquelle il entre.

44.
Or donc la vertu céleste est le premier et
particulier principe de l'opération, sans y
comprendre notre mercure, parce que ce n'est
pas un principe premier, mais le très prochain
de l'opération, donc il n'y a qu'un genre, à savoir
une vertu naturelle, par l'opération de laquelle
la nature est conservée, et tant l'espèce
que l'individu sont perfectionnés.

45.
Donc il y a deux genres, c'est à savoir la
maîtresse vertu, et la vertu administrante,
laquelle maîtresse se divise en trois parties
c'est à savoir générative, augmentative, et

@

(f148r) 148
nutritive, la générative travaille à créer
un corps semblable à soi, qui se produit
en deux manières, c'est à savoir en successives
opérations qui par leur moyen visiblement se font,
donc nature seule fait transmutation
et suffisamment et par sa chaleur
naturelle opère.

46.
Donc l'artiste n'est que le dispositeur de la
matière l'appropriant et administrant le
feu extrinsèque pour réveiller l'intrinsèque,
afin qu'il se mette au chemin du mouvement.

47.
Or en cette affaire il n'est pas besoin
d'avoir recours aux figures et images du
ciel comme aucuns pensent, il suffit de
connaître les choses par l'influence céleste
informée par la vertu du ciel et des
étoiles, qui demeure appropriée et infusée
en la matière qui le reçoit, et cela se fait
par l'invention de l'artiste, qui change la
dureté de la matière et la rend propre à
génération et à recevoir les vertus infusées,
et par grande noblesse en tout temps reçoit
détermination, c'est pourquoi il faut avoir
connaissance des mouvements et d'avoir recours
aux vertus célestes, vu qu'ils sont
communes à toutes choses inférieures
et nous les enfermons dans des eaux
minérales de sorte qu'en peu de temps
nous pouvons assembler plusieurs vertus
et les infiger en nos matières, d'où se font
des multiplications des vertus et des
puissances terribles.

48.
Des principes matériaux en simplicité.
Chapitre 7e.
Rien au monde n'est créé qui ne
soit composé de soufre et argent-vif

@

(f148v)

contenant les quatre éléments et la
quintessence qui est la vie et le mouvement
de toutes choses, et est appelé cahos,
hilé (et esprit universel) est appelé lion
vert, vif-argent qui ne ressemble pas à
celui qu'on vend, c'est une substance céleste,
et terrestre qui prend toute forme, laquelle
il faut prendre auparavant qu'elle ait
entrée en aucune espèce, la dépurant et la
rendant simple comme cristal et toutes
choses sont de ce mercure, lequel est très
général en notre ph~ie.

49.
Par ce mot de pict les ignorants sont déçus,
qui le prennent en espèce ou figure, et c'est
le genre premier qui n'est autre chose que
mercure et soufre, ou la nature fige
toutes les couleurs et toutes formes et c'est la
matière générale de toute génération qui se fait
en trois genres, c'est à savoir minéral,
végétal et animal, c'est pourquoi il est dit
très général donc il convient le dépurer
sans combustion tant qu'il soit comme un
esprit de nature d'air, autrement ne peut
recevoir les esprits fermentaux.

50.
Mais nous avons un autre mercure plus
prochain lequel est renfermé dans les corps
d'or et d'argent, qui doit être tiré par le
premier et le remot, donc par cette vertu
crue tu tireras une vertu plus chaude,
plus cuite, humide, aérée, subtile congelée
en une espèce métallique.

51.
Laquelle matière crue descend plus
prochainement de la première nature ou
forme des formes que la cuite,
laquelle ne se tournera jamais en métal,
si elle n'a un métal en sa nature pontique
et amère, et s'ils ne souffrent l'une de
l'autre, et ainsi comme agent et patient,
l'un et l'autre se parfondent, donc par cette
matière crue nous réincrudons ce que

@

(f149r) 149
nature a cuit et nous tirons par
corruption naturelle, d'un métal parfait
un pareil mercure et semblable au premier,
qui est aussi appelé argent-vif, auquel
en lui donnant un noble ferment il se
convertit en ferment qui convertit
tout métal en sa nature.

52.
Des principes matériaux en général, et des humidités
et leurs terres, menstruaux et eaux, vif-
argent et ferments, et tout premièrement
des eaux et leur terre.
Chapitre 8e.
Les principes matériels suivent
la matière et premièrement est le soufre,
et secondement l'argent-vif, desquels étant
naturellement bien unis s'engendre l'amour
métallique, d'où vient la génération
de la chose requise.

53.
Or cela arrive quand la vertu du
soufre est aidée sur la vertu du
mercure, et au contraire c'est la vertu
du soufre qui vainc celle du mercure,
pourvu qu'il soit parfaitement dépuré,
car la superflue mixtion luteuse
vainc la matière du soufre et de
l'argent-vif, ce que quelquefois arrive
par défaut de préparation, ou par
l'ignorance de l'artiste pour laquelle
chose éviter sers-toi des principes
et moyens.

54.
Or quand pour aux principes matériels
venir, sache que la terre en notre
magistère est le premier principe matériel,
et tête du dragon, et le second
principe est l'eau, que nous appelons
lait de vierge, et sang réincrudé,

@

(f149v)

menstrue blanchi, et nourriture de l'enfant,
viande du coeur, le venin des vivants et la
viande des morts et l'argent-vif des ph~es
dépuré par sublimations.

55.
Cette terre est aussi appelée lion vert,
dragon dévorant sa queue, laquelle passant
par diverses opérations devient un chaud qui
fixe le mercure, et par ainsi de mercure et
de son compagnon la teinture se fait,
cette terre est notre leton, et cette humidité
est notre azot, c'est pourquoi on dit que l'azot
blanchit le leton, et le leton se tourne en
soufre, et l'azot nitreux en espèce, desquels
deux l'âme naîtra et c'est l'accomplissement
de tout le magistère.

56.
Et sont là ces deux extrêmes, le mercure
vulgaire tout aérien d'une part et la terre
de l'autre: et ces deux substances sont la
matière de la pierre et menstrue lunaire
extrait de vin blanc et rouge, et est notre
eau permanente non pas de vin.

57.
Or de ces deux substances sont 2. vertus
dans le mâle, et deux dans la femelle,
d'où l'action de l'un vient contre l'autre,
et dure tant que la vertu quinte les ait mis
d'accord, et cela durera tant que par la
vertu quinte par la corruption du composé
soit faite, alors les éléments se peuvent
séparer, et alors les substances peuvent
être distinguées, c'est à savoir quand l'argent-
vif étant en eau est ainsi comme le lait
en les mamelles et soufre comme sperme
en les génitoires.

58.
Or nous connaissons que dans le
composé 3. natures sont encloses, c'est à
savoir une nature céleste, une matière
terrestre, et un humide radical, mais dans
la matière terrestre 3. terres sont trouvées
dont la première est subtile, quoique

@

(f150r) 150
grossière et ténébreuse, froide et sèche
et de nature de verre.

59.
La seconde est subtile aux sens, mais à
l'expérience elle est fuligineuse et est
beaucoup combustible, lesquelles deux substances
à savoir la première vitriol et la deuxième salpêtre,
sont les propres vaisseaux entre lesquels est
créé notre argent-vif, ainsi comme le fruit dans
la matrice qui est la 3e. moyenne chaude et
humide subtile qui n'est pas une terre, mais
c'est une vapeur créée des deux susdites et une
pure nature et humide radical, d'où naît
graduellement notre pierre.

60.
Adonc par une sublimation ph~ique, et non pas
vulgale, tu sépareras cette substance, des
deux susdites terres de vitriol et sel, alors
notre vif-argent est sublimé, et ces terres ne
sont que vif-argent qui se parfait avec
ses humidités.

61.
D'autre part il est dit que du vif-argent
sort 3. humeurs, la première est froide et
flegmatique et participe avec sa 1ère. terre
et ne sert qu'à humecter toute la matière,
la 3e. est onctueuse et subtile et participe
avec la 3e. substance terrestre, mais la
seconde est le moyen, le médium et l'humide
radical enclos dans les parties essentielles
de la seconde terre et est séparable d'icelle.

62.
Desquelles deux moyennes substances, c'est à
savoir terre médiocre et eau moyenne vient
la plus prochaine composée, qui est notre
argent-vif volatil incombustible et aérien,
qui cause toute génération, accroissance et
multiplication et c'est là ces deux radicales
substances, qui sont liées ensemble, en sorte
que l'on ne les peut séparer, étant séparée
de leur terrestréités.

63.
Or quant au troisième humeur onctueux
il est converti en terre noire hors de
l'espèce métallique, mais son flegme
innaturel est quelquefois par
accident converti en humide radical
qui parvient après en espèce métallique.

64.
Considérez donc bien ces trois principes

@

(f150v)

or le premier est le mercure vulgaire avec
tous ses métaux altérables, le deuxième
sont les eaux subtiles où sont les vertus
minérales résolues, mais la matière du 3e.
est très essentielle, où sont infuses les
influences de tous les astres sur la matière
appropriée à l'art du second principe.

65.
Pour ce Remond dit nous dénotons 3. vertus
la première desquelles descend du ciel
et est la première forme des formes et
transmue les matières inférieures de la
nature et non pas de l'art, la 2e. est
l'intrinsèque des composés que tu dois
tirer par dépurations et approchements
à la première chose laquelle suffit à l'art
quoiqu'elle soit matérielle.

66.
Mais la 3e. est la chose où notre magistère
vient qui par nature se parfait et qui
par la seconde se peut comprendre, à
donc en conséquence de ces 3. liqueurs
la première eau est dite célestine, et la 2e.
est appelée air, et la 3e. feu ou huile
et c'est notre final secret.

67.
La première se distille par le feu de bain,
la 2e. par le feu de science, et la 3e. par les
charbons, ces 3. liqueurs ont 3. terres
convenables et divers nutriments selon
leurs complexions, la première submerge
en son menstrue, la 2e. convient à la 2e.
eau, mais la 3e. est très lumineuse
appétant les rayons du soleil et est
incérée de la 3e. eau.

68.
Donc les eaux, argents-vifs, ferments,
gommes et sels, ne sont rien qu'une
même chose, mais par ainsi les uns
succèdent aux autres et par trois
décoctions acquièrent force vertus, et
pour ce chacune chose est dite triple,
c'est à savoir 3. eaux et 3. argents-vifs.

69.
La première desquelles est grosse et épaisse

@

(f151r) 151
et indigeste comme huile ou graisse, la
seconde flegmatique qui humecte tant
seulement les parties de la pierre,
puis par les digestions s'évapore,
mais la 3e. extraite des entrailles de
la première est radicale et permanente.

70.
Donc tout argent-vif n'est pas
propre à nourrir la médecine, car il y
a moyen de nouvelles extractions de
le rendre meilleur, car toujours se parfait
à raison de l'affinité que le menstrual
a avec le corps, car tant plus il
contractera du corps il sera meilleur,
car ainsi les germes sont nourris par
les corps, et les corps réduits en germes.

71.
Pour ce dissolvez donc les corps par
la liqueur de leurs argents-vifs,
desquels le premier est le menstrual
puant, duquel nature a fait
premièrement iceux corps, et dans ce
menstrual n'y faut rien ajouter,
que ce qui est né de lui, autrement
on les verrait corrompus.

72.
Du menstrual
Dans le menstrual puant est le feu
contre nature, qui transmue notre pierre
en un dragon orgueilleux, lequel
engrosse sa mère, et pour ce est dit
chose vile, laquelle chose vile se convertit
en une très noble et vertueuse, et
se convertit en toutes formes retenant
cette vertu minérale.

73.
C'est pourquoi il ne faut pas rien
mêler avec lui, que ce qui est de
son genre, et de sa propre nature,
laquelle eau putréfie mieux à raison
de sa ponticité amère, que ne fait pas
la crue, car sans aucune force elle
brûle l'or, et le dissout, donc cette

@

(f151v)

chose vile qui gouverne toute la nature,
se convertit par soi-même en une
chose précieuse, et se retourne aux
principes naturels, dans lesquels
immédiatement nature commence
d'opérer, qui sont les humides radicaux,
et lesquels moyennant leurs chaleurs
naturelles et par l'excitation de celle du
soleil se terminent en métal parfait.

74.
Donc il n'y a point d'autre humide radical
que la substance d'argent-vif imprégnée
de la chaleur de son soufre, et par ce
menstrual comme la matière unique
de notre oeuvre toutes choses sont comprises,
car par certaines opérations il nourrit,
corrompt, dessèche, rend amer, réincrude
et échauffe, mollifie, mouille, allège,
subtilie, vivifie, blanchit, engendre,
humecte, appesantit, engrossit, et condense,
car il est congelé il congèle, et quand il
est dissous il dissout.

75.
Or tout premièrement il convient extraire ce
menstrue de la mère, puis après par icelui
réduire les métaux en mercure et sperme
et première matière, et tant plus de fois
il y aura de métal dissous, il est
meilleur, et alors est appelé argent-vif
végétable.

76.
Mais les autres eaux fortes corrosives
brûlent tout, et ne sont pas propres à
notre art; mais pourtant si on y mettait
par douze fois de nouveau métal, ils
seraient confortés par altérations nouvelles
or les chaux qui sont faites par
les eaux fortes ne sont pas bonnes,
s'ils n'étaient confortées par douze
inhumations de nouvelle eau métallique
puis les pourrir.

77.
Des eaux.
Mais pour venir aux distinctions des
eaux il faut noter que la première

@

(f152r) 152
eau de mercure est l'eau ph~ique, laquelle
est semblable à la nature dans laquelle
la pierre est dissoute, terminée, blanchie
et rubifiée.

78.
Laquelle pourtant n'entre pas en
icelle comme cause qui engendre ou augmente,
mais elle est ainsi comme un flegme
pour essentiellement humecter les parties
de la pierre et garder toute l'oeuvre de
combustion, après quoi toute la substance
de ce flegme ou eau est séparée en la
décoction du compost, mais ce qui compose
la pierre, la nourrit et l'augmente, c'est
son humeur radicale, ou nature germée,
laquelle tant plus en son vase par le
moyen de son flegme elle sera décuite,
tant plus sa vertu naturelle sera capable
de porter fruit.

79.
C'est pourquoi Remond dit que le flegme
superflu est la mort de notre pierre,
donc au commencement de l'oeuvre le
flegme soit ôté, car autrement la terre
blanchie ne pourrait être mariée à l'esprit,
sépare donc hardiment l'humidité
flegmatique de la liqueur lunaire
ou argent-vif, garde donc bien que
l'esprit qui brûle le linge ou liqueur
lunaire, ne contienne du flegme,
et cette eau est appelée eau mercuriale
végétale, menstrue, tirée du vin rouge
et du noir plus noir que le noir,
qu'aucuns ont rectifié sept fois,
mais trois suffisent à savoir tant
qu'elle brûle le linge.

80.
Tu sépareras cette eau en deux parties,
dont l'une est pour créer le menstrual
et l'autre pour tirer l'âme de la terre,
nous avons donc plusieurs eaux,
comme nous avons dit ci-devant,
tirées d'une seule chose, à savoir du
soleil ou de la lune sont appelées mercures,

@

(f152v)

arsenics blanc et rouge, cette eau à cause
de la corruption de la terrestréité du
corps couvre les parties lumineuses du dit
corps et apparaît noire au commencement,
laquelle passée par le filtre se montre citrine,
puis tirée par l'alambic est de couleur d'eau,
et après une accomplie décoction devient
blanche, ainsi elle se change de couleur
en couleur et de puissance en puissance.

81.
Donc il se va toujours augmentant
par les décoctions qu'il reçoit et
parce qu'il participe du fixe et du
volatil il contient deux vertus,
c'est pourquoi il corrompt le soleil
et le pénètre jusqu'au profond
de son humidité fixe, or pour le blanc
l'air convient seulement, mais pour le
rouge il faut l'air et le feu, en
l'ablution duquel feu, ce qui descend
est l'huile rouge, et ce qui vient de la
terre est l'huile blanche très précieuse.

82.
Or pour faire faillir les ignorants
nous donnons plusieurs noms aux dites
liqueurs, comme de sang lait, urine &c.
donc Remond dit qu'il convient extraire
le sang métallique, et qu'il faut imbiber
de pur sang tant qu'il revienne en nature
de métal, et pour l'argent-vif il dit,
blanchis avec urine d'enfant, en
vivifiant la pierre tant qu'elle vole
sur une lamine rougie, et ainsi par
ces noms-là les ignorants sont
trompés.

83.
Des mercures et argents vifs
Or après avoir parlé des eaux
nous parlerons des argents-vifs
ou mercures, et premièrement nous dirons
avec Remond qu'ils se font tous par même

@

(f153r) 153
opération n'étant rien qu'une même chose,
et dirons que ce n'est rien qu'une terre
sublimée et apparaît quelquefois en terre,
quelquefois en eau, car notre argent-vif
se dissout et en sang apostumé se change,
lequel prenant couleur noire, blanche
et rouge, d'icelui seul avons besoin,
pour ce qu'il contient toutes choses, lequel
apparaît aussi quelquefois en poudre
blanche, c'est pourquoi il est appelé
mercure et soufre des ph~es.

84.
Donc quand notre mercure est sublimé
ce qui est attaché au côté du vaisseau
est appelé soufre des ph~es et mercure,
matière des métaux, l'enfant des ph~es
et la terre feuillée et apparaît comme
argent-vif sublimé, dans lequel tu
sèmeras l'âme, et cela est appelé
le moyen ou medion.

85.
Et c'est pourquoi Remond dit, que la
médecine, ne se fait pas de l'argent-vif
fixe ni du non fixe, mais de certains
moyens qui sont appelés argents-vifs,
or quand nous disons argent-vif
vulgaire, entends l'eau de sa vivacité
qui est tirée de son sujet par extrêmes
et moyens et la substance par sublimation
naturelle séparée, et quand tu la veux
extraire de la terre faut faire cela
avec son propre réceptacle à savoir son
eau qui le défend de combustion.

86.
Des ferments
Comme dit Remond le propre ferment
n'est autre chose qu'une viande spirituelle
qui est de la propre substance de l'enfant,
c'est pourquoi l'esprit des ph~es

@

(f153v)

qui vient du soleil demande le ferment
et multiplication, or donc quand notre
ferment spécial est subtilié par degrés,
elle se rapproche en nature de métal,
quand elle est imbibée de pur sang et non
auparavant.

87.
C'est pourquoi il faut mettre le blanc
pour le blanc, et l'eau rouge pour le
rouge, et tout devient ferment, donc quiconque
ne fixera pas l'argent-vif extrait du corps,
et converti en soufre par l'addition du
soufre fixe, tant qu'il endure tout
feu, il n'a pas encore le ferment et ne
fera ni soleil ni lune.

88.
Car notre soufre est de la nature du corps,
et le corps est son lieu naturel, conjoins
donc le soufre avec le corps d'où il a
été tiré dès le commencement afin
qu'il engendre son semblable et que tout
le corps soit fait élixir.

89.
Le corps lunaire tout ainsi comme nature
l'a créé est appelé ferment à cause de sa
nature tempérée, mais notre soufre
à cause de son éloignement, de son
tempérament mange tout et ronge,
et est appelé venin pestiféré; c'est
pourquoi il faut joindre l'esprit
avec le corps, le soufre avec le ferment,
et l'intempéré avec le tempéré, tant
qu'il soit réduit à tempérament et
que tout se fasse ferment, car icelui
soufre à raison du feu contre nature,
qui est encore avec lui, il est éloigné
du tempérament.

90.
C'est pourquoi plusieurs ont été
trompés en préparant le ferment
avec son nouveau menstrue auquel
est le feu contre nature, ne songeant

@

(f154r) 154
pas qu'ils lui font perdre son tempérament
au lieu de lui donner, donc icelui corps
s'éloigne par ce feu contre nature, au respect
de ce qu'il acquiert par notre menstrue.

91.
Des principes démonstratifs, des couleurs feux et putréfactions
Chapitre 9e.
Après avoir parlé des principes matériels,
nous allons parler des principes démonstratifs,
sans lesquels ont ne peut rien faire, parce que
ce sont les signes qui nous gardent d'errer,
et nous induisent à bien faire, et sont principalement
quatre desquels il en vient plusieurs autres,
c'est à savoir les couleurs, noir, blanc,
citrin, et rouge, qui par entre les autres
sont dites essentielles, et les moyennes
qui arrivent sont dites accidentelles comme
la verdeur qui vient devant la noirceur,
procédant d'une débile digestion elle
nous dénote que le feu n'est encore assez
suffisant pour raréfier les parties
terrestres et les dissoudre.

92.
C'est pourquoi il convient exciter le feu
externe bien informé, car alors tout
deviendra noir, et après blanc et sera
fendu et dehors et dedans, c'est pourquoi
Remond dit sépare le premier voile,
c'est à savoir l'innaturelle noirceur et la
terre blanchira, et elle se dissoudra en
couleur céleste, c'est pourquoi il dit
autre part, que la pierre est de couleur
céleste, c'est pourquoi Ripleus dit qu'il faut
souvent matières diverses, et séparation
faire tant que la terre fixe demeure en
couleur bleue au fond du vaisseau.

93.
Du feu.
@

(f154v)

Quelques-uns ont appelé le feu un principe
pratical, nous ne devons pas ignorer
les couleurs non plus que les mouvements
de la nature, qui se font par l'aide du
feu commun, lequel doit être tant
convenable que la vertu informative
ne soit pas surpassée, d'autant que le feu
naturel qui est dans le compost
cause la solution, c'est pourquoi subtilement
par le feu commun le mouvement sera
excité, et le feu de la matière conforté,
donc le feu externe est le moteur,
et soit excité selon le plus et moins et
tellement proportionné à l'égalité
de tous les éléments du compost que
l'un sans l'autre ne se résolvent, afin que
l'espèce qui est en l'union qui appert en
forme d'argent-vif soit conservée, et
c'est ce que tout le monde ignore.

94.
Pour ce que les vrais mouvements qui sont en
conduite et information de notre feu
secret résout ses propres parties,
les ramassant par lien d'amour, et quand
et quand chasse les autres étranges, et
si l'externe était trop fort et piquant,
nature tâcherait de conserver les parties
de son compost, et par cette conservation
rencontrerait toujours les parties viles
aussi bien que les pures dans son mercure.

95.
Or s'il ressentait un fort feu ce qui
serait dissous en esprit jamais à
corruption ni génération requise ne viendrait,
au contraire l'acte de rénovation des
espèces détruirait brûlant la cause
fixe sans résolution.

96.
@

(f155r) 155
Jaçoit que la chaleur cause la première action
pourtant elle doit être subtile, sans
augmentation ni diminution, bien continuée
et par ainsi son mouvement sera noble.

97.
Mais de 3. chaleurs et de leur proportion
dépend tout notre fait, c'est à savoir
innaturelle et naturelle de même sujet
mercurial, et aussi de feu élémental
excitant, et pour ce le feu Naturel
doit être conforté par le naturel, et
excité par l'élémental et adonc il
opérera bien, car l'élémental dissipant,
le naturel le dissipe, et l'innaturel contre
nature surmontant plus d'un degré
le naturel détruit l'espèce.

98.
C'est pourquoi nous tendons à 2. opérations,
c'est à savoir corruption qui vient par
le feu contre nature, et génération que le
feu naturel multiplie, et par le non
naturel et par le contre nature en
naturel se convertissent tous deux en
un moyen bien plus noble tempéré
et apte en nouvelle génération.

99.
Car si on ne considère bien la
nature du feu excitant, et qu'on digère
bien la terre par icelui et l'eau, les
rendant en nature d'air, qui est l'incération
des natures, parce que le feu seul
est l'instrument par lequel l'artiste change
la matière de disposition en disposition,
tant que le mouvement interne du feu
naturel parvienne à un terme dans
lequel toutes les parties externes étant
chassées se reposent sans corruption.

100.
@

(f155v)

Adonc la chaleur naturelle par longs
broiements de feu convenable doit être
confortée tant que l'eau se fasse corps
avec la terre et soit tant séchée que
la terre soit blanchie puis imbibée
peu à peu et calcinée.

101.
Mais la cause de l'attraction nutritive,
est la vertu générative ou chaleur naturelle,
et on ne connaît l'activité d'icelle que
par la noirceur dans le corps car quand
l'eau entre au profond d'icelui elle
résout son humide radical, c'est-à-dire
cette chaleur qui est liée en icelui,
laquelle alors agissant comme un feu
qu'elle est, fait devenir le tout noir
comme charbon.

102.
Et cette chaleur naturelle est tantôt
forte, ou débile selon la diverse mixtion
des éléments, et tant plus qu'elle est grande
échauffe mieux et dessèche mercure,
mais si elle est débile ainsi comme en
grosse matière, elle ne le fait pas sans
l'aide de chaleur externe, mais en
matière subtile, humide et volatile
elle agit facilement et sans aide de feu
pénètre, mais aussi s'envole facilement
laissant le corps sans impression, et si
elle agit en chose sèche reçoit à tard
et a métier de feu, c'est pourquoi nous
avons métier du feu commun, pour
réveiller celui de nature et le faire opérer,
c'est pourquoi par le moyen de ce feu
et de l'art nous faisons plus en
une heure sur terre que nature
ne fait en mil ans dans les
minières.

103.
@

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