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Réfer. : AL1704B
Auteur : Philalethe.
Titre : Explication de Philalethe sur son livre intitulé:
S/titre : L'entrée ouverte, au palais fermé du roi.

Editeur : André Charles Cailleau. Paris. B. d. Ph. C. T-IV.
Date éd. : 1754 .


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ou l'Amateur de la Vérité. 121
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E X P L I C A T I O N D E P H I L A L E T H E
Sur son Livre intitulé: L'Entrée ouverte du
Palais fermé du Roi.
M Ars en son intérieur a un esprit & une vertu occulte que personne ne connaît.
Vénus, la Déesse des Amours, a une beauté qui charme le Dieu des Armées; elle
contient un sel en son centre, qui pourra
avoir ce sel central possède la clef pour
trouver les secrets; je n'en dis point davantage,
personne devant moi n'a découvert
ceci.
Entre tous les Dieux il ne s'en trouve pas de si magnanime que Jupiter, mais entre
le commun & celui que nous nommons le
nôtre, il y a grande différence; le nôtre
provient du vieux Saturne, ce Dieu mélancolique
ayant avalé une pierre, s'imagina
avoir avalé ou englouti Jupiter en ses entrailles;
mais se trouvant trompé, il devint
mélancolique & triste, & l'on ne le put
consoler car incontinent que cette pierre
abbadir fut entrée en son ventre, le mangeur
changea en apparence en une autre forme;
mais le vieux Abbadir, qui avait coutume
de manger ses enfants, devint fils de
Tome IV. L
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122 Philalethe,
cette pierre, dans l'estomac de son père,
cela lui fit tant de mal, qu'il en devint mélancolique,
& de ce fils est provenu le noble
Abbretano.
La première matière du Mercure métallique est une humidité qui ne mouille pas les
mains, toutefois fluide; c'est pourquoi nous
la nommons eau, si commune, que tout le
monde l'a & la peut avoir.
Mais ce n'est pas l'eau commune ou vulgaire que nous cherchons; car en la nôtre
est caché notre feu, il s'égalise à tous métaux,
puisque tous contiennent un Mercure
en eux, son amitié est plus proche à l'Or,
puis à la Lune, puis à Jupiter & Saturne,
mais moins à Vénus, & encore moins à
Mars.
Qui sait ôter la superfluité au Mercure, & qui sait lui donner la vie par le véritable
Soufre (car il est mort encore qu'il
soit fluide) celui-là pourra dissoudre l'Or,
& le préparer à une matière spirituelle.
Le Mercure est véritablement Or, mais non pas pur, lequel en cas que vous le sachiez
préparer selon la science, donne une
secrète source, mère de notre pierre;
c'est ici notre eau, notre feu, notre huile,
notre onguent, notre marcassite, notre
fontaine qui prend son cours, des quatre
mines ou sources tombant par le fluide de
l'air, & humecte notre Roi, ainsi celui qui
paraît être mort vient d'être vivifié, & se
voit dans la verdeur.

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ou l'Amateur de la Vérité. 123
Après Mercure c'est le vieux Saturne, qui néanmoins en apparence est le fondement
de toute notre Oeuvre, par ainsi connaissez
que le Mercure est véritablement Or, à
le voir saturnien humide & froid.
Le Mercure commun n'est aucunement nécessaire à notre oeuvre; la raison est
qu'un corps mort ne peut vivifier un corps
mort, ni ce qui est en son impur ne peut
purifier autrui, ainsi tout ce qui est mort
n'a point d'âme, & ne peut rendre un corps
fixe volatil, parce que nul ne peut donner
ce qu'il n'a pas.
Comme donc en Saturne est cachée une âme immortelle, qui est prisonnière en son corps
déliez-lui ses liens, qui l'empêchent de paraître,
alors vous verrez monter une vapeur en
forme de perle orientale, ceci est notre Lune,
notre Ciel, notre Air, notre Firmament.
A Saturne Mars est lié d'amour fort étroitement, lequel se voit englouti par ce puissant
esprit de Mars, qui sépare le corps
de Saturne de son âme, ces deux unis donnent
une source d'où provient une eau claire
& admirable dans laquelle le Soleil perd sa
lueur.
Vénus est une très belle étoile, il la faut conjoindre à Mars & qu'il l'embrasse, leurs
influences doivent être unies, car elle est
seule la médiatrice entre le Soleil & notre
Mercure, qui se joignent tellement ensemble,
qu'ils ne se peuvent jamais séparer.
L ij
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124 Philalethe,
Pour faire projection si votre Mercure est au rouge sur le Soleil, ou au blanc sur
la Lune, une part sur quatre ou cinq parties
de métal, il devient cassant comme du
verre, reluisant comme un rubis, mettez
ceci sur dix parties de Mercure; poursuivez
jusqu'à ce qu'elle ait perdu sa force, l'issue
en est Or ou Argent.
L'Auteur atteste avoir vu un petit grain de la poudre rouge gros comme un grain de
froment un peu plus épais, lequel était
porté en une si haute perfection, qu'il est
incroyable, transmuant une si grande partie
de métal en Or: en premier lieu on mit
ceci sur une once de métal qui devint toute
teinture, laquelle l'on mit sur dix, ce que
l'on fit jusqu'à la quatrième fois, puis l'on
en prit une partie que l'on mit sur quatre-
vingt-dix mille parties, & devint très bon
Or, en un an on la peut mener à cette perfection.

En cas que l'on emploie plus de cinquante livres, excepté le feu continuel, l'on ne
parviendra jamais à notre Oeuvre, l'Or &
le Mercure sont les espèces de cette pierre,
si quelqu'un vient à manquer, l'Or & le
Mercure demeureront comme ils étaient auparavant.
La véritable eau, c'est le grand secret de notre science; cette eau provient de quatre
sources, lesquelles ne sont que trois, les
trois que deux, & les deux qu'un; c'est l'unique

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ou l'Amateur de la Vérité. 125
bain où se baigne notre Roi, c'est
notre Rosée de Mai, c'est notre Oiseau
d'Hermès, qui vole sur le sommet des montagnes
sans voix ni ton.
C'est le descendant de Saturne, qui cache une source dans laquelle Mars se noie; que
Saturne contemple alors sa face à la source,
lequel paraîtra jeune, frais & tendre, lorsque
les âmes des deux seront unies ensemble,
il faut qu'une âme améliore l'autre,
pour lors il tombera une étoile dans cette
source, & par sa splendeur la terre viendra
à être éclairée. Permettez que Vénus y ait
toute son influence, car elle est l'amour de
notre pierre, le lien de tout Mercure cristallin,
ceci est une source où notre Or
meurt pour ressusciter plus glorieux.
Sachez que notre fils de Saturne doit être conjoint avec un Mercure métallique; car
le Mercure seul est agent dans notre ouvrage,
non le commun, car il est mort, mais
il doit être animé par le sel & le Soufre de
nature, le sel se trouve dans le descendant
de Saturne, dans son intérieur il est pur,
c'est lui seul qui peut pénétrer jusques dans
le centre des métaux, & entre si bien dans
le Soleil, qu'il fait séparation de ses éléments,
& ils demeurent ensemble dans la
dissolution.
Le Soufre, cherchez-le dans la maison d'Ariès, c'est ici le feu des Sages, duquel
l'on échauffe le bain du Roi, ce qui peut
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126 Philalethe,
être préparé en une semaine, ce feu est
très difforme, & en une heure on le fait
sortir, & lavez-le avec une petite pluie argentine.
C'est une chose surprenante de voir qu'un si fier métal qui supporte si longtemps le
feu, & qui ne se laisse mêler en aucune
fonte avec aucun autre métal, toutefois il
faut qu'il se plie sous la puissance de notre
minéral, & devient étoilé volatil, & entièrement
spirituel.
La raison est, que chaque âme a la magnésie de l'autre âme, nous nommons ceci
l'urine du vieux Saturne.
C'est ici notre Acier, notre véritable Aimant du Roi, notre Eau que nous nommons
ainsi, à cause de sa grande splendeur,
notre Or non fixe, un corps cassant, lequel
on accommode par l'aide de Vulcain.
Si tu peux joindre son âme avec le Mercure, aucun secret ne te pourra être caché,
ceci se rapporte au Mars épuré des
Anciens, qui doit être immédiatement
mêlé avec Saturne.
Olum ordonne dans la tourbe, que l'on joigne le Combattant avec celui qui n'a
point envie de combattre, le Dieu des armées,
Mars, joignez-le avec Saturne qui
aime la paix.
Tous les Métaux ont leur commencement en Mercure, en cas que du Saturne, du Jupiter
& du Vénus on en fit un Mercure

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ou l'Amateur de la Vérité. 127
de tous chacun en particulier, vous connaîtrez
cette vérité déterminée.
Toute notre science pourrait être mue au Mercure des Philosophes, mais à quoi
ceci est-il bon, puisque la nature nous
donne une Eau que nous pouvons préparer
à notre Mercure.
Remarquez donc que le Mercure a des défauts, comme il est différent du nôtre;
car nous sommes d'accord qu'ils sont du
même poids, couleur & fluidité tous deux
métalliques & volatils.
Mais nous cherchons dans le nôtre un soufre que le Vulgaire n'a point; ce soufre
le purifie & l'anime, il demeure toutefois
eau, car l'eau est la matrice de tous les
êtres, & si elle n'a sa chaleur naturelle, elle
est incapable de pouvoir engendrer; elle ne
peut faire suer notre corps, ni verser sa semence
que dans un feu sulfureux comtrempé
avec le Mercure.
Ce feu doit avoir une vertu magnétique, & doit être en substance Or, quoique non
fixe, toutefois d'une même source, seulement
il y a cette différence, que l'un est fixe,
& l'autre volatil, dissolvant le fixe.
Il n'y a rien dans ce monde si proche au Mercure que ceci, & rien ne se peut
préparer pour notre Oeuvre que de cette
substance, qui est le descendant de Saturne,
aux Sages très bien connu & par moi déclaré.
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128 Philalethe,
Tous les Métaux peuvent être mêlés avec le Mercure, savoir extérieurement, mais
ne se joignent pas radicalement; car par
le feu on les sépare fort facilement, par
quoi l'on voit qu'il ne se mêle jamais au
centre, & que l'un n'améliore jamais l'autre.
La raison est que le soufre fixe des Métaux est trop compact, & le non-fixe trop
terrestre & impur, le Mercure en a horreur,
& ne se mêle point avec eux; que si tu en
sépares les fèces, tu trouveras un Mercure
fluide & un Soufre cru, par lequel fut
congelée son humidité, comme aussi un sel
en forme d'Alun, toutefois ceux-ci diffèrent
en qualité beaucoup de l'Or.
Mais notre Minéral tant estimé lui ayant ôté les fèces crues, ce qui se fait facilement,
il contient en soi un Mercure pur,
lequel à la puissance de donner aux corps
morts la vie par laquelle ils seront capables
de produire leur pareil; mais en soi-même,
il n'a point de soufre, toutefois congelé
par un soufre brûlant, cassant, & avec des
veines reluisantes; son Soufre qui n'est nullement
métallique ne diffère point du soufre
commun, si l'on le sépare bien selon la
science, & si l'on en ôte les fèces, il paraît
comme un pépin d'un noyau, & à la
vue comme un métal, lequel l'on peut facilement
réduire en poudre: dans lui est
une âme très tendre, montant comme fumée
par un très petit feu (tel que le Mercure

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ou l'Amateur de la Vérité. 129
congelé) facilement ceci donne pénétration
à l'Eau, pénètre jusqu'à la racine
des Métaux, & les rend en leurs premières
matières; toutefois il lui manque le véritable
soufre; nous le trouvons dans la maison
d'Ariès, Mars se rend par l'assistance de ce
Minéral, & le secours de Vulcain, en Minéral,
comme il m'est arrivé plusieurs fois.
C'est notre véritable Vénus, la concubine de Mars, la femme du boiteux Vulcain,
qui châtie ces deux de cette action.
En premier lieu, faites que Mars embrasse le Minéral, & tous deux se distrairons
de leur terrestréité, & leur substance
métallique paraîtra en peu de jours, & ce
sera la marque de notre succès que vous
trouviez notre étoile empreinte là-dedans;
c'est le sceau que le Tout-puissant a mis sur
ce merveilleux sujet, c'est le feu du Ciel,
lequel étant une fois allumé dans les corps,
y amène un si grand changement, que le
noir nous paraît comme un joyau très resplendissant,
& couronne notre jeune Roi
d'une couronne très agréable; c'est la corruption
qui nous annonce une génération
prochaine, & prouve que ce Roi ressuscitera.
Joignez à ceci Vénus en proportion convenable; par sa beauté elle surprend Mars;
elle est animée par lui, l'échauffe & l'anime,
étant amie à l'Or, comme Mars l'est
aussi à Diane: de ceci Vulcain devient jaloux

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130 Philalethe,
& les couvre tous deux de son rets pour
les attraper dans leur union paillarde.
Et afin que ceci ne vous paraisse pas une fable, remarquez comme Cadmus est dévoré
par notre monstre; car à la fin il le
touche si bien, qu'il en mérite le nom d'un
grand Conquérant, car d'un coup de lance
il l'attache à un chêne; remarquez aussi l'Etoile
qui est solaire, car l'Or se joint avec
l'enfant de Saturne, l'ayant premièrement
nettoyé de ses fèces, tout ce qui est pur se
met au fonds, étant versé il paraît une
étoile, comme il fait avec le Mars.
Mais Vénus donne une substance métallique en forme très prisable, conjointe avec
Mars elle est enfermée dans un rets, ce qui
est curieux à contempler; les Poètes subtils
l'ont caché par des paroles poétiques, mais
assez connues aux Sages.
L'âme de Saturne & de Mars se joignent ensemble par l'assistance de Vulcain, tous
deux également volatils, ne peuvent se
séparer, que l'âme ne devienne fixe, pour
lors il se défait de Saturne, & en l'épreuve
est bon Or, laquelle teinture est réelle &
parfaite.
Mais ceci se doit faire par la médiation de Vénus; par son association Diane les sépare,
autrement il serait impossible.
Quelques-uns se servent des colombes de Diane pour préparer leur eau, ce qui est un
long travail, & une voie non sûre; c'est

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ou l'Amateur de la Vérité. 131
pourquoi nous recommandons l'autre à tous
amateurs de la Science, laquelle est la plus
secrète.
Laissez circuler cette eau, jusqu'à ce que les âmes laissent leur grossière substance en
arrière, se faisant un, & volant ensemble
sur la montagne, mais ne les y laissez pas si
longtemps, qu'elles se congèlent car vous
ne parviendriez pas à votre Oeuvre.
Prenez deux parties du fils du vieux Saturne, de Cadmus une partie, purgez ceux-
ci par Vulcain de leurs fèces, jusqu'à ce que
la partie métallique soit pure; ceci se fait
en quatre réitérations, l'étoile vous en montrera
le chemin; faites qu'Aeneis soit pareille,
vous les purifierez bien jusqu'à ce
que Vulcain les enferme tous deux; humectez-les
avec de l'eau, & entretenez-les
avec chaleur jusqu'à ce que les âmes soient
glorifiées.
C'est de la rosée du Ciel qu'il les faut nourrir & entretenir, ainsi que la Nature le requiert
trois fois pour le moins, ou jusqu'à
sept fois par les barres de l'eau & les flammes
du feu, selon la raison, faites en sorte
que la tendre Nature ne s'envole, alors vous
aurez bien gouverné votre feu.
Sachez aussi que le Mercure qui doit commencer l'Oeuvre doit être liquide & blanc,
ne séchez pas trop l'humidité par un trop
grand feu, afin qu'il ne vienne en poudre
rouge, car pour lors vous auriez perdu la semence
féminine.

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132 Philalethe,
Toutefois ne faites pas en sorte que notre Mercure devienne en gomme transparente,
ni onguent, ni huile; car vous perdriez votre
proportion, & ne pourriez pas venir à
la solution; mais tâchez d'augmenter une
âme qui manque au Mercure vulgaire; sublimez-le
du grossier au Firmament, séparez
les fèces selon la science, & quand les sept
Saisons seront passées, joignez l'Or, & faites
en sorte que l'un ne délaisse pas l'autre.
Nous cherchons à multiplier en notre Mercure un soufre, qui est notre Or en manière
de liqueur, de laquelle est la lunaire,
étant la seule plante que nous cherchons en
notre Ciel terrestre; & néanmoins l'Or que
la Nature a créé parfait, peut par la vertu
du feu de notre Or, être remis en arrière,
s'entend en Soufre & en Mercure, quoique
ci-devant il ne se pouvait séparer par aucune
flamme de feu.
Qui ne voit que le Mercure seul est indigne de notre Oeuvre, puisque le soufre lui
sert comme d'un habit, qui plaît fort à la
nature métallique, car sans cela notre Eau
ne pourrait être nommé métal.
Ce soufre se trouve dans les matières métalliques, en quelques-unes pur & mêlé
d'impuretés, là où le feu le détruit seulement;
Or & Argent sont rendus si clos par
un soufre fixe, qu'ils peuvent résister à toutes
les forces de Vulcain, & par aucune
puissance d'homme, leur soufre ne peut

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ou l'Amateur de la Vérité. 133
être séparé de leur eau, excepté par notre
liqueur, qui change la fixité du Soleil & de la
Lune, les fait monter tous deux en haut,
non pas seulement ceci, mais ce feu miraculeux
sépare le soufre du Soleil dans son
centre, lequel sert comme un vêtement au
Mercure, & demeure en une eau dorée; par
degrés il se fait reculer en arrière, selon que
requiert la Nature.
Mais cette liqueur ne détruit pas l'homogénéité des Métaux en sa solution, ne permet
pas pourtant qu'ils demeurent l'un avec
l'autre, & les met en désordre.
Car le Mercure central s'en va au fonds séparé de la liqueur teinte, de sorte que ce
qui donnait ci-devant le poids à l'Or est plus
léger que le Mercure, à le voir par-dehors
comme une huile ou liqueur onctueuse, ou
sel très noble en toutes sortes de maladies;
finalement s'il y a quelque chose qui soit métallique,
qui se dissout dans cette liqueur,
& l'y laisse autant qu'elle a de matière métallique,
son soufre s'y fond quoique difficilement,
tant notre liqueur a une force merveilleuse:
en ceci s'accordent tous les Philosophes
disant que notre Mercure ne prend
rien que ce qui lui est allié métallique, c'est
la mère de notre Pierre.
Ayant découvert le secret de notre Mercure animé du feu, nous passerons à la
pratique sur laquelle vous songerez à réfléchir
solidement & mûrement avant de mettre la
main à l'Oeuvre.

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134 Philalethe,
Prenez de notre Mercure, lequel est notre Lune, joignez-y du Soleil terrestre; ainsi
l'Homme & la Femme sont conjoints réellement
ensemble; mettez-y pour lors votre
esprit, qui donne la vie, & incontinent ils
agiront ensemble.
Prenez de l'Homme rouge une partie, de la Femme trois parties, mêlez-les ensemble,
pour lors mettez quatre parties de votre eau,
cette mixtion est notre plomb.
On le doit régir par un très petit feu, & l'augmenter jusqu'à ce qu'il sue; vous
pourriez aussi suivre ici une partie de l'Or,
deux de Lune, quatre d'eau, qui sont
ensemble le nombre de sept, qui vous
donnera un Sabbat glorieux; car le laton est
rouge, mais ne fait rien en notre Oeuvre
qu'il ne soit blanchi, encore qu'il ait un esprit
dans son centre, il ne paraît jamais
que le Mercure n'y soit joint; ce Mercure
est un corps alors délicat, l'esprit de l'Or y
est résolu incontinent.
Ainsi notre Oeuvre se commence par trois; en premier lieu, le corps & l'âme se joignent
ensemble, on leur adjoint l'esprit, l'Or
& la Lune ne font qu'un en leur essence,
en nombre réel que deux; car le Soleil
se cache & ne reluit plus; deux corps mêlés
ensemble, nous les nommons notre plomb,
notre Mercure, notre Hermaphrodite, il
est rouge par-dedans, à le voir, saturnien
volatil & blanc, cette nature différente ne

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ou l'Amateur de la Vérité. 135
se sépare point, mais se conjoint par notre
Art inséparablement.
Prenez une once d'Or, de la Magnésie trois onces, ce qui fait ensemble quatre onces; il
(il) faut qu'il soit de la sorte, que l'Or perde
son habillement riche, & soit blanchi par
l'humidité de la Lune. Il doit être fait
par un petit feu, cette masse paraît saturnienne
fusible dans la chaleur comme du
plomb; joignez-y le poids convenable de votre
Mercure, pour lors mettez-le dans un
verre sphérique ou ovale, sigillé hermétiquement,
& assez grand pour qu'il en reste plus
d'un tiers de vide.
Le quart d'une once suffit, ou même vous le feriez d'une dragme, en cas que vous observiez
bien votre poids; l'Or est la huitième
partie du tout, en cas que vous preniez
trois parties de la Femme, & une partie de
l'Homme, vous mettrez autant pesant d'eau,
& si vous prenez deux parties de la Femme
& une d'Or, nous prenons pour lors une
partie plus de l'esprit que de terre.
Un Athanor est le meilleur fourneau pour cet Oeuvre il contient douze heures de feu,
sans qu'il soit besoin d'y revoir, attendu sa
construction clibanique.
Incontinent que votre composition sentira le feu, elle fondra comme plomb, ce
corps tendre, & qui est l'âme de notre Acier,
fait voir une si puissante force, que le Soleil
devient bientôt blanc, & est dévoré par
lui.

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136 Philalethe,
Alors il faut verser le suc de Midas sur eux deux, & en quarante jours il devient
noir comme un charbon brûlé, qui est une
bonne marque; continuez votre feu à même
degré, & il parviendra à la blancheur.
Mais surtout, que votre matière ne rougisse pas devant son temps, qui est près de
dix mois philosophiques; si elle rougit avant
ce temps, c'est une marque évidente que vous
avez donné trop de feu & avez brûlé ses
fleurs, & qu'il s'est fait une précipitée calcination.
Premièrement, l'eau se doit épaissir de jour en autre, finalement qu'elle ne monte
plus, mais que le tout demeure au fonds,
ayant mauvaise odeur, noir & liquide comme
de la poix.
Environ les cinquante jours vous apercevrez plusieurs couleurs, qui s'augmenteront
de jour en autre comme, azur, vert, citrin,
violet pâle, finalement noir parfait, il paraîtra
comme s'il fluait & qu'il y eut des
ailes.
En cas que la sécheresse & couleur citrine apparaissent & se multiplient, & que le
vert & l'azur ne paraissent point, doutez
de votre opération.
Mais en cas que votre sueur circule doucement, vous n'avez rien à craindre, &
quand vous aurez le noir en six semaines,
la corruption & mortification sera comme
les rayons du Soleil, non pas entièrement
secs,
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ou l'Amateur de la Vérité. 137
secs, reluisant comme un charbon, luisant
comme du velours; vous continuerez à sublimer
jusqu'à ce qu'il devienne poudre.
Alors l'on n'augmente pas le feu, & ladite poudre redevient en eau, jusqu'à ce
qu'elle s'évanouisse pour se coaguler de
nouveau.
Calcination, solution, séparation, conjonction, résolution sont toutes les fonctions
de l'esprit; mais en vérité ne sont
qu'une même Oeuvre, qui se fait toute par
un même feu, & requiert une même chaleur
continuelle; ce n'est autre chose que
la sublimation pour rendre le corps fixe volatil.
Toute l'Oeuvre n'est autre chose que de faire monter les vapeurs & les faire redescendre,
que nous nommons séparation.
C'est le commencement, le milieu & la fin
de notre Oeuvre; démêlant leurs espèces
l'une de l'autre, aussi longtemps qu'elles
soient immédiatement conjointes ensemble,
& que l'on ne les puisse plus séparer.
Alors ils font comme l'homme, esprit, âme & corps, lesquels trois ne font qu'un:
ainsi notre Oeuvre, encore que trois, par la
continuelle opération du feu ne fait qu'un
corps, dont on ne peut plus séparer les parties.
Encore que nous donnions différence à notre Magistère, cependant; ce n'est qu'une seule
opération; car qui achève une Oeuvre peut
Tome IV. M
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138 Philalethe,
achever l'autre quand il lui plaira, parce
que tout dépend de savoir ouvrir & refermer
les corps, les dissoudre & les recongeler,
les volatiliser & figer, les putréfier, & derechef
les purifier, les faire mourir, & puis
les faire vivre, tout ceci n'est qu'une seule
opération comprise en plusieurs sens.

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E X P E R I E N C E S
Sur la préparation du Mercure des Sages
pour la Pierre, par le régule de Mars, ou fer, tenant de l'Antimoine, & étoilé, & par la Lune ou l'Argent. Tirées du Manuscrit d'un Philosophe Améri-
cain, dit IRENE'E PHILALETHE, Anglais de naissance, habitant de l'Univers. ------------------------------------------
I. Secret de l'Arsenic philosophique.
J 'Ai pris une partie du Dragon igné, & deux parties du corps magnétique, je les ai préparés ensemble par un feu de roue, &
par la cinquième préparation, huit onces
environ de véritable Arsenic philosophique
ont été faites.

II. Secret pour préparer le Mercure avec son
Arsenic, & en ôter les fèces impures.
Ma méthode était de prendre une partie le très bon Arsenic philosophique, que j'ai

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