Début de l'ouvrage Texte précédent Texte suivant Fin de l'ouvrage Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfeseite Rückkehr. Flag Hjælp side Tilbage. Bandiera Guida Torna.

@

Page

Réfer. : AL0022
Auteur : Anonyme.
Titre : Le Rosaire des Philosophes.
S/titre : Traduit du latin, annoté et préfacé par Etienne Perrot.

Editeur : Librairie de Médicis.
Date éd. : 1973 .




**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

**** A T T E N T I O N ****



@




Le Rosaire des Philosophes
@
@




Le Rosaire des Philosophes

Traduit du latin, annoté et préfacé par Etienne PERROT

Avec 22 illustrations

LIBRAIRIE DE MEDICIS 3, rue de Médicis, 75006 Paris
1973
@





Copyright 1973 by Librairie de Médicis 3, rue de Médicis - Paris-VIe
@



PREFACE DU TRADUCTEUR

Celui-là seul qui sait faire la Pierre des philosophes comprend leurs paroles concernant la Pierre. Le Rosaire des Philosophes », p. 105)

Le Rosarium philosophorum est un des livres de la Pierre que nos pères ont médités avec le plus d'assiduité et de ferveur.
Son titre explique une des raisons de cet intérêt. Si l'auteur
en effet a pratiqué lui-même le magistère et dit l'avoir
exploré jusqu'au degré du lion vert (1), si ses méditations et
ses expériences l'on conduit à livrer à ses successeurs une
précieuse série de dix-neuf figures (2) comme un héritage à
faire fructifier, son principal souci semble avoir été de s'effacer
devant ses maîtres et de composer un florilège des avis laissés
par ces « fils de l'enseignement ».

Il eût peut-être fallu dès lors intituler ce traité « La Roseraie des philosophes ». Mais c'eût été faire table rase d'une tradition
hermétique vieille de quatre siècles. Lorsqu'ils citent amoureusement
« Le rosaire », les anciens philosophes français ne sacrifient
pas, soyons-en certains, à un réflexe paresseux né d'une
piété aveugle, car l'un des traits propres de la voie alchimique
a été précisément d'éveiller des êtres conscients, « illuminés »
(3), à l'intérieur d'une collectivité où la sécurité s'obtenait le
plus souvent au prix de « la lumière moderne ». Mais ils se
souvenaient que le rosaire chrétien est une couronne de fleurs

--------
(1) Le Rosaire, p. 55. (2) La vingtième étant formé par le frontispice. (3) Cf. p. 162.
@

tressée à la mère de Dieu. Et qu'était pour eux la reine Alchimie
sinon la mère de la Pierre, manifestation parmi nous de la
permanence divine, essence surnaturelle devenue présente et
opérante pour s'être dotée « d'un corps, d'une âme et d'un
esprit » (4) ? Est-ce un hasard si l'avant-dernière image de notre
traité nous montre le terme de l'oeuvre, l'exaltation de la
matière première, dans le couronnement de la Vierge Marie ?
Et ne devons-nous pas de ce fait attacher un prix particulier à
l'avis formulé non loin de là: « Le degré de votre sagesse croît
dans ma soeur la lune et non par un autre de mes serviteurs »


%
Fig. 1. -- « La rose donne le miel aux abeilles ». (Le Centre donne
l'élixir aux alchimistes). Extrait de Robert FLUDD: Summum Bonum (1629).

--------
(4) P. 12.
8

@

(5) ? Le soleil dans la bouche duquel ces paroles sont mises
par le philosophe Belin (6) invite ainsi sans ambages les
hommes épris de gloire et de science à suivre, s'ils veulent
accéder à lui, le chemin de la femme, à incliner leurs intelligences
fières pour laisser leurs vases s'emplir de cette douceur
lactée que la reine des nuits répand sur les humains, les animaux
et les plantes dans le silence où se consomme l'amour.
Il les engage à le dissoudre sans peur et à le plonger dans la
mer (7) pour qu'au matin il réapparaisse rénové (8).

Le rosaire des philosophes est d'ailleurs l'oeuvre d'un clerc, enfant de ces siècles qui virent l'apothéose de Marie se traduire
sur notre sol dans une floraison de cathédrales dédiées à une
humble femme devenue le siège de la Sagesse (9). L'allusion à
l'alchimiste Arnaud de Villeneuve présenté comme un contemporain
permet de dater l'ouvrage de la première moitié du
XIVe siècle. L'auteur appartient à cette lignée d'ecclésiastiques
qui ont porté au cours des âges roman et gothique le flambeau
de la clarté isiaque au sein d'une chrétienté sourcilleuse,
prompte à dépister l'illuminisme et à le livrer au bras séculier.
C'est seulement à la Renaissance, lorsque l'alchimie sera redevenue
une fois encore, selon la pente naturelle de l'esprit
humain, la proie des « souffleurs de charbon », que l'on verra
surgir un médecin, Théophraste Bombast dit Paracelse, né
lui-même à l'ombre d'un sanctuaire de la grande Mère noire,
Einsiedeln. Il ranimera le feu secret, rouvrira la source ignée
où viendront boire des générations de « physiciens », médecins
et apothicaires épris des « secrets chymiques de la nature »,
et donnera ainsi à l'alchimie un visage nouveau qui caractérise
jusqu'à un certain point sa phase moderne.

La manière dont l'auteur du Rosaire applique au mystère de la Pierre des expressions que l'Eglise utilise pour désigner
l'Incarnation ou la Trinité, et plus encore son vocabulaire et
ses raisonnements philosophiques fortement imprégnés de
scolastique ne laissent aucun doute sur sa famille intellectuelle


--------
(5) P. 234. (6) Sur ce nom voir p. 232, n. 38. (7) Cf. figure 14, p. 161. (8) Cf. figure 19, p. 208. (9) Epithète de la Vierge dans les Litanies de Lorette.
9
@

et spirituelle. Il y a loin, certes, de sa démarche souvent pesante
à l'éclat triomphant de son prédécesseur, le religieux qui nous
a légué Le lever de l'aurore en se parant, avec quelque malice,
de l'autorité de Thomas d'Aquin. La distance qui sépare ces
deux philosophes chimiques est celle qui subsiste entre le
contemplateur du « vert béni » et le possesseur de la Pierre
rouge, celui qui, non sans éblouissement et sans vertige, a vu
de ses yeux l'aurore nouvelle et vécu l'heure d'or (10). Mais de
même que la fraîcheur des ombrages semble souvent plus
propice à l'homme que le feu impitoyable du soleil, de même
que l'aube et le crépuscule font naître dans le coeur une
douceur qui n'accompagne pas la plénitude de midi, il sera
sans nul doute plus d'un voyageur hermétique pour préférer
l'allure lente, le langage humble et fraternel de ce compagnon
arrêté en chemin à la parole impérieuse des vainqueurs. Comment
en effet reconnaître l'un des nôtres dans celui qui, drapé
de pourpre sanglante, clame avec le héros prophétique: « J'ai
foulé seul le pressoir et nul d'entre les peuples n'était avec
moi; je les ai foulés dans ma colère, je les ai écrasés dans
ma fureur. Leur sang a rejailli sur mes vêtements et j'ai souillé
tous mes habits » (11) ? Alors que nous cherchons la vie, une
telle voix n'est-elle pas de nature à ébranler nos murailles et
à nous faire redouter l'écroulement et la mort ?

L'auteur nous accompagne ici pas à pas dans la spirale du labyrinthe. Si, à l'exemple de ses pairs, il estime ne pouvoir
se dispenser de jeter aux yeux débiles plus d'une poignée de
« graines de sots », ses propos débordent de compassion pour
ceux qu'un amour mal compris de l'or, fruit d'une nature
grossière, conduit à la ruine et au désespoir. La science dont
il se fait le répétiteur n'est autre que la partie secrète de la

--------
(10) Aurora consurgens sive aurea hora. Traité du XIIIe siècle attribué à Saint-Thomas d'Aquin. Le texte accompagné d'une traduction
allemande et d'un important commentaire en a été publié par le Docteur
Marie-Louise von Franz. Ce travail forme le tome III de l'ouvrage de
C. G. Jung: Mysterium conjunctionis, Zurich, 1955-1957, dont M.-L. von
Franz est le co-auteur, comme l'indique Jung dans la préface. L'ouvrage du
Docteur von Franz a été publié à part en traduction anglaise par la
Bollingen Foundation, Pantheon Books, New York en 1967. Une traduction
française du Lever de l'Aurore avec un commentaire original paraîtra
dans La Fontaine de Pierre, cahiers de gaie science.
(11) Isaïe, 63, 2-3.
10

..............................................................
..............................................................

@



LE ROSAIRE DES PHILOSOPHES SECONDE PARTIE DE L'ALCHIMIE DE LA VERITABLE MANIERE DE PREPARER LA PIERRE PHILOSOPHALE
contenant l'exacte progression de cette science avec des figures montrant la perfection de la chose.


%
Fig. 2.
17
@


Le frontispice représente six philosophes rassemblés devant un feu. Les phylactères contiennent les devises
suivantes, de bas en haut et de gauche à droite : « Solve
coagula » « Dissous, coagule »; « Solvite corpora in
aquas » « Dissolvez les corps en eaux »; « Lapis noster
habet spiritum, corpus et animam » : « Notre pierre
possède un esprit, un corps et une âme ».
« Coquite... et quod quaeris invenies » : « Cuisez (?)... et tu trouveras ce que tu cherches ».

Et enfin, de droite à gauche: « Wer unseren maystelichen Steyn will bauwen Der soll der naehren Anfang schauwen ». « Qui veut réaliser notre Pierre parfaite doit contempler d'abord le plus proche principe ».

18

@



FURENT ARTISTES RENOMMES DANS CET ART
Comme le rapporte Vincent dans le Miroir Naturel

Adam. Noé. Idrid. Squilia. Chora. Moyse et sa soeur Marie. Caton, Virgile. Aristote. Alexandre. Geber. Iahie.
Rasi. Abimazar. Maurien ou Morien. Jean l'Evangéliste.
Les cardinaux Garsias et Gilbert. L'évêque Guillaume
appelé Huck. Le maître hospitalier Gilles ou Egide qui
a extrait le livre des 125 pierres. Et aussi Androicus,
évêque et seigneur apostolique. Et Jacob Aranicus le Juif,
qui ne m'ont pas peu instruit dans cet art. Egalement
les moines Pierre et Dirand. Avicenne.
Arnaud de Villeneuve et Raymond qui en nos derniers temps ont fleuri (1).

--------
(1) On a cru bon de reproduire cette liste hétéroclite où Adam, Noé et Idrid (variante du nom arabe d'Hénoch) voisinent avec des alchimistes
déclarés. Comparer la liste des artistes (poïêtai) dans la Collection des
alchimistes grecs de M. Berthelot-Ruelle (I, IX).

19
@
@



ICI COMMENCE LE LIVRE LE ROSAIRE DES PHILOSOPHES COMPOSE ET COMPILE AVEC LE PLUS GRAND SOIN

Lis très Ceux qui désirent avoir une connaissance souvent très véritable de l'art de la science philosophique majeure (2) doivent examiner avec le plus grand soin ce petit livre, le lire très souvent, et ils obtiendront heureusement ce qu'ils désirent. Ecoutez, fils des anciens philosophes, ces paroles qu'il me plaît de crier le plus fort que je peux. Car je viens vous découvrir Le trésor l'état supérieur des choses humaines, et je vais publier, non d'une façon feinte et moqueuse, mais en toute certitude et humanité, le trésor le plus secret de tous les secrets du monde entier. C'est pourquoi il convient que vous me témoigniez en m'écoutant un zèle digne du magistère que je vous apporte.
Car je puis aujourd'hui vous présenter d'une façon exacte quelque témoignage de choses que j'ai vues de mes propres yeux et que j'ai touchées de mes mains (3).
--------
(2) L'auteur éclaire un peu plus loin cette désignation de l'alchimie en citant la parole d'Arnaud: « Cette science n'a pour objet que les secrets
des philosophes ». C'est donc la partie ésotérique de la philosophie, par
opposition à la partie exotérique qui est enseignée publiquement.
(3) « Ce qui était dès le principe, ce que nous avons entendu, ce que nous avons vu de nos yeux, ce que nous avons contemplé et que nos mains
ont touché de la Parole de Vie... nous vous l'annonçons. » (Première épître
de Saint-Jean I, 1.)

21
@

Et cela, certes, d'une manière plus digne de foi que celle d'un grand nombre d'imposteurs qui, après beaucoup de dépenses et de peines, ne trouvent rien qu'un résultat plein de tristesse. Je vous parle donc clairement et ouvertement, dans la mesure ou aussi bien ceux qui sont instruits que ceux qui sont inexperts dans ce magistère sont capables de comprendre le secret. Et nul ne pourra m'accuser à bon droit de blasphème. Car les anciens philosophes ont écrit d'une façon aussi obscure que confuse, de manière non seulement à ne pas être compris mais même à ne pas sembler être d'accord entre eux, jusqu'au point de tromper ou de détourner de leur entreprise ceux qui recherchent cet art très précieux. Quant à moi, écartant toute fausseté et toute obscurité, je placerai exactement sous vos yeux toute expérience très véritable, en même temps que des sentences de philosophes, en citant à propos de cette entreprise ceux qui l'accomplissent de la façon la plus excellente, de manière que la chose dont il s'agit devienne par la plus distincte et soit plus clairement comprise.
La vraie C'est pourquoi nous déclarons tout nature d'abord que tous ceux qui opèrent en dehors de la nature sont des trompeurs et Avertis- travaillent sur une matière non convenable. sement En effet, de l'homme il ne peut naître qu'un homme, de la brute, une brute, et tout semblable ne produit que son semblable. Aussi celui qui n'a pas de
22


**** A T T E N T I O N ****

Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.

**** A T T E N T I O N ****



@





Achevé d'imprimer sur les presses de NEO-TYPO - BESANCON
Dépôt n° 39701
4e trimestre 1973

Début de l'ouvrage Texte précédent Texte suivant Fin de l'ouvrage Drapeau Page d'aide Retour. Flag Help frame Return. Bandera Página de ayuda Vuelta.
Flagge Hilfeseite Rückkehr. Flag Hjælp side Tilbage. Bandiera Guida Torna.