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Réfer. : AL0405
Auteur : Canseliet Eugène.
Titre : L'Hermétisme dans la vie de Swift,
S/titre : et dans ses voyages.

Editeur : Fata Morgana. Xxxxx.
Date éd. : 1983 .




**** A T T E N T I O N ****

Ce document étant sujet à droits d'auteur, n'est composé que du début, et des tables éven-
tuelles. Reportez-vous aux références ci-dessus
pour vous le procurer.

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L'HERMETISME DANS LA VIE DE SWIFT ET DANS SES VOYAGES




PETITE BIBLIOTHEQUE D'ALCHIMIE TRADITIONNELLE FATA MORGANA
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L'H E R M E T I S M E D A N S L A V I E D E S W I F T E T D A N S S E S V O Y A G E S
par EUGENE CANSELIET
illustré par JORGE CAMACHO



FATA MORGANA
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(c) fata morgana 1983
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pict
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L'écrivain qui veut savoir comment il doit se conduire envers la postérité, n'a qu'à considérer ce qu'il est bien aise de trouver dans les vieux livres, et ce qu'il regrette qu'on y ait omis. (Swift, Pensées).
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Jonathan Swift ne manque pas, surtout en langue anglaise, de commentateurs pour ses oeuvres, ni de
biographes pour lui-même. Ceux-ci nous présentent
le Doyen de Saint-Patrick quasi maître des
destinées de l'aristocratique Angleterre de la reine
Anne, agissant à son gré dans le domaine politique,
sans souci de la justice royale dont la clémence
étonne et qui n'éveille en rien, par exemple, l'inexorable
et horrifique appareil judiciaire mis en scène
par Victor Hugo, dans L'Homme qui rit:
« Les anglais, sous cette royauté née d'une révolution, avaient tout ce qui peut tenir de liberté
entre la Tour de Londres où l'on mettait l'orateur
et le pilori où l'on mettait l'écrivain. »
Il y avait bien l'arrestation sans explication, mais aurait-elle empêché que l'Irlande entière ne se fût

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ruée à la défense de Swift? A cela Walter Scott
répond par l'affirmative, signalant la grande popularité
du Doyen auprès de ses compatriotes en proie
à l'oppression féroce:
« Walpole avait songé à faire arrêter Swift; un sage ami lui demanda s'il avait dix mille soldats
pour escorter le messager d'Etat chargé d'exécuter
l'ordre. »
Eventuelle conséquence de l'unanime et populaire gratitude, justement méritée par Jonathan qui ne
laissa pas de perpétuer son attachement à cette liberté
bénie, interdite aux Irlandais, en rédigeant lui-même
son épitaphe. Nous traduisons cette inscription qui
fut gravée, sur une plaque de marbre noir, dans la
cathédrale de Dublin et dont la forme, ainsi que le
style, propres à l'épigraphe funéraire, nous démontrent
combien l'auteur des « Voyages » connaissait
à fond la langue latine:

HIC DEPOSITUM EST CORPUS JONATHAN SWIFT S. T. P. (1) HUJUS ECCLESIAE CATHEDRALIS DECANI UBI SAEVA INDIGNATIO ULTERIUS COR LACERARE NEQUIT. ABI, VIATOR ET IMITARE, SI POTERIS, STRENUUM PRO VIRILI LIBERTATIS VINDICEM.
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Ici fut déposé le corps de Jonathan Swift Doyen de cette église cathédrale où l'indignation cruelle ne put davantage déchirer son coeur. Va, passant, et suis-le, si tu peux, pour sa part, ardent défenseur de la liberté.
Il n'apparaît donc pas que la masse du peuple ait été fâcheusement impressionnée par les liaisons
féminines, et amoureuses ajouterons-nous, de leur
fougueux champion, ni qu'elle les ait connues dans
un retentissement qui pourrait fort bien n'être né
que beaucoup plus tard, sous les plumes assoiffées
et malignes des auteurs attirés et mis en verve par
l'extraordinaire personnage. Convenons, néanmoins,
en ce qui concerne Jonathan Swift, qu'il est difficile
de bien pénétrer le sens de son oeuvre et d'en dégager
la prodigieuse portée, sans s'être mêlé préalablement
aux moindres faits de sa vie. Double et passionnante
étude qui, telle que nous la concevons,
demanderait tout un livre et dont l'ampleur même,
dans le cadre mis ici à notre disposition, impose,
afin d'en esquisser l'aperçu satisfaisant, que nous
l'abrégions et la menions un peu à bâtons rompus!
Quel étrange comportement, en tout cas, que celui

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du Doyen, vis-à-vis des deux belles créatures,
Stella et Vanessa, entre lesquelles il ne sut jamais
se décider!
C'est bien là, précisément, que se détache, pour nous, le philosophe, dans la signification idéale que
nous envisageons, à savoir très éloignée de celle
que ce vocable prend ordinairement, lorsqu'il
désigne les écrivains athées de l'Encyclopédie, ou,
encore, les laborieux novateurs, anciens ou modernes,
de systèmes métaphysiques plus ou moins
valables et discutés. Certes, rien ne convient mieux,
à l'ami de la Sophia, que le célibat, si particulièrement
propre aux études, ni rien, conséquemment, ne
devait séduire davantage Jonathan Swift que cette
situation propice d'indépendance individuelle dont
le schisme anglican avait perdu le sens profond,
en même temps qu'il s'éloignait de la Révélation
ésotérique de l'Eglise de Pierre.
« Les Sages ne vous admettront jamais à leur Compagnie, si vous ne renoncez dès à présent à une
chose qui ne peut compatir avec la Sagesse. Il faut,
ajouta-t-il tout bas en se baissant à mon oreille,
il faut renoncer à tout commerce charnel avec sa femme. »
Voilà ce que le Conte de Gabalis déclare au néophyte
dans ses Entretiens sur les Sciences secrètes (p. 23),
desquels on sait que le Doyen possédait, parmi une
quantité de livres de magie et d'alchimie, les deux
petits in-douze parus, l'un à Amsterdam en 1708,
l'autre à Cologne sans date d'édition.

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Fin du texte de ce document, ce document étant sujet à droits d'auteur.

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NOTES



I. Sigles que nous interprétons: Sacrae Theologiae Professor; Professeur de Théologie Sacrée.
2. D'Irène Hillel-Erlanger, Paris, Georges Crès et Cie, 1919.
Cf. Les Machines Célibataires. Arcanes, 1954, où Michel Carrouges projette de fulgurantes lueurs
sur le mystère magique de certaines oeuvres contemporaines,
pp. 165 à 177.
3. La Fontaine des Amoureux de Science, dans La Métallique Transformation. Lyon, 1618, page 6 I°
4. Cf.: Émile Pons. Swift. Les Années de jeunesse et le « Conte du Tonneau ». Publication de la Faculté
des Lettres de Strasbourg, 1925, pp. 6 à 38.
Le meilleur ouvrage en langue française qui ait été consacré au célèbre écrivain. Mrs Pilkington,

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Orrery, Delany, Deane Swift, Amory, Hawkesworth,
les principaux biographes anciens de Swift y sont
passés en revue, examinés profondément, jugés
avec la plus grande impartialité, et cela toujours
dans l'indulgente et saine objectivité que réclamait
le but à atteindre, c'est-à-dire projeter, sur la vie et
l'oeuvre du grand homme anglais, un peu plus de
franche lumière.
5. Puisque Jean Richer nous le demande, nous ne voyons pas après tout que nous devions taire
le sens que nous dégageons de l'expression Flandona
Gagnole, par Jonathan, voulue synonyme de
Caverne des Astronomes. Celle-ci est donc le Flanc de
la Bagnole. Flanc étant pris dans l'acception physiologique
de sein, de ventre, et Bagnole, en usage au
XVIIe siècle, désignant un véhicule.
6. Cf. L'Histoire de la Philosophie Hermétique de Lenglet-Dufresnoy. Paris, 1742, tome II, chap. IV,
2. p. 23.
7. A Paris, chez Jean D'Houry, 1678. 8. Sur le Trésor des Trésors de Christofle de Gamon, Lyon, 1610, pp. 59 et 60.
9. Les Douze Clefs de la Philosophie. Paris, Editions de Minuit (1956). p. 77.
10. Epître aux Hébreux, XI, I.
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11. Amphitheatrum Sapientiae Aeternae. 1602, p. 11: Fons est illimis SOPHIAE: Divina CABALA Quamque tenent MAGI, redolentes thura Sabaei. Cuique dedit VIRIDE, & tacitum SAL fusile nomen. 12. Première Epître aux Corinthiens, I, 25. 13. Le Triomphe Hermétique ou la Pierre Philosophale Victorieuse. Amsterdam, 1699, p. 22.
14. Cf. Deux Logis Alchimiques, Jean Schemit, 1945, p. 134.
15. Voir la reproduction de cette gravure ancienne dans Les Douze Clefs de la Philosophie de
Basile Valentin, op. cit. supra.
16. A Rouen, chez Jacques Cailloué, tenant sa Boutique dans la Court du Palais, 1642.
17. A Paris, chez Mathieu Guillemot, ruë Sainct- Jacques, à la Bibliotecque, 1637, p. 482.
18. L'édition française de Nicolas Perrot, sieur d'Ablancourt, à qui nous devons une rarissime
traduction des Figures hiéroglyphiques de Nicolas
Flamel, très différente de celle d'Arnauld de la
Chevallerie.
19. Pour ces deux mots, qui révèlent en apparence de la fantaisie plaisante mais qui dépassent,
de beaucoup, le divertissement philologique,
M. Emile Pons a donné une interprétation semblable

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à la nôtre : « Hé, qu'i(l) (n')a de gueule » --
« qu'il a grande la gueule. » Cela parmi d'autres
curiosités de la cryptologie swiftienne, dans les
dix pages d'une étude qui est extraite des « Mélanges
offerts à M. Abel Lefranc, Professeur au Collège de
France, par ses élèves et ses amis ». Elle a pour titre:
« Rabelais et Swift à propos du Lilliputien », et constitue
un petit cahier (Paris, Librairie E. Droz, 1936)
maintenant épuisé et recherché des amateurs. Que
ceux-ci se réjouissent donc, en même temps que
nous-même, puisque voici réimprimé ce travail très
intéressant, plein de hardiesse et que nous ignorions
jusqu'à ce que Jean Richer, après avoir lu notre
présente contribution, nous l'eût obligeamment
communiqué. Reçue un mois plus tôt, cette brochure
nous aurait poussé à des décisions et à des
audaces linguistiques que la crainte d'encourir le
jugement sévère de l'Université n'a pas laissé de
modérer et de contenir.
Par exemple, nous aurions interprété et traduit
le cri guerrier des Lilliputiens: Tolgo phonac, en le
décomposant en quatre abréviations dont la première
est latine, les trois autres grecques et que nous
complétons entre parenthèses

TOL(le) (tén) GO(nian) (é) FON(é) (tou) AK(ontos)
D'une part donc: Tolle, impératif présent de tollere: d'autre part, Gònian, accusatif de Gònia,
Fôné, nominatif, Akontos, génitif de Akôn, tous trois
précédés de leurs articles déclinés.

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Ainsi la courte phrase obtenue commande-t-elle: Prends le fer de lance, la voix (pour la voie) du trait, du dard.
Le fer, c'est, cabalistiquement, le faire, le ver (le printemps), le vert et le verre. Son action physique
d'agent mâle est nécessaire afin que le mercure
reçoive les vertus spirituelles qui le rendront canonique
et le différencieront du vif-argent commun.
20. Le Texte d'Alchimie. A Paris, chez Laurent d'Houry, 1695, p. 114.
Le même dépôt minéral est indiqué par le beau mot TRINC que Rabelais prit à la langue grecque.
Cf. notre Introduction aux Douze Clefs de Basile
Valentin, op. cit. supra.
21. Philalèthe. L'Entrée ouverte au Palais fermé du Roi. Op. cit. supra: Sache, Frère, que l'exacte préparation
des Aigles des Philosophes est estimée le premier
degré de la perfection: Scias, Frater, quod exacta
Aquilarum Philosophorum praeparatio primus perfectionis
gradus censetur (Caput VII, I).
22. Cf. Dictionaire Hermetique, Paris, Laurent d'Houry, 1695, p. 5. au vocable Aigle.
23. Ibidem.
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Achevé d'imprimer le 6 octobre 1983 par l'Imprimerie de la Charité à Montpellier pour la typographie, et l'atelier Leblanc à Paris
pour la taille-douce, ce premier volume de la PETITE BIBLIOTHEQUE D'ALCHIMIE TRADITIONNELLE est tiré à neuf cent trente trois
exemplaires: trente trois, sur vélin pur fil Johannot, comportant une eau-forte originale signée de Jorge Camacho, et neuf cents sur vergé teinté.




EDITEUR 262 DEPOT LEGAL 4/1983
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