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Page

Réfer. : 0032 .
Auteur : Anonyme.
Titre : La Clé du Cabinet Hermétique.
S/titre : .

Editeur : Manuscrit. Paris.
Date éd. : 1869 .
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Avertissement au lecteur.
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La numérotation des pages (présente dans le manuscrit) mais pas toujours visible, a été rétablie par mes soins. Ce qui permet
d'utiliser la table des matières du manuscrit.
Quelques lignes (signalées par (...), sont illisibles sur le document.

Le traducteur.

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Albert H. Gallatin Paris 1869.
@
@
@

Albert H. Gallatin Paris 1869.
@

1.

La Clef du cabinet
hermétique.
Avant propos.

Bien des gens m'accuseront de témérité
et de présomption, Lorsqu'ils verrons
que j'ose entreprendre d'instruire
ici de très savants hommes dans l'art
chimique, en leur enseignant
des choses qu'ils ont ignorées jusqu'à
présent, en leur faisant remarquer
ce qu'ils ont mal entendus : moi dis-
je qui suis éloigné de la parfaite
connaissance de cet art. Cependant
pourvu que je sois utile au public
et si les savants trouvent quelques
choses qui ne soit pas de leur goût,
la sincérité avec laquelle j'écris, doit
bien moins m'attirer leur indignation
que de me servir d'excuse auprès
d'eux, et soit que l'erreur m'aie
aveuglé, comme beaucoup d'autres,
@

2.

ou qu'un travail certain m'ait
conduit à la vérité ; il est toujours
très assurés que bien des gens auront
cet avantage qu'à l'avenir ils se retireront
des dépenses inutiles qu'ils
font par des travaux infructueux
et de la perte du temps qui leur doit
être si précieux et si cher par rapport
à leur salut et qui doit être la
principale occupation des Chrétiens.
Cherchez premièrement le royaume
de Dieu et tout vous réussira,
dit le Seigneur dans l'Evangile.
La méthode que je me suis proposé
pour faire un ouvrage si excellent
est toute différente de celle que les
autres ont suivis dans ce chemin si
glissant et qui conduit tant de personnes
au précipice.
J'ai pour garant les grands hommes
qui ont écrit sur cette science
et surtout le fameux Hermes quoi
@

3.

qu'il nous en ait écrit peu de choses
ayant très peu de ses écrits ; mais
dans ce peu de parole, il nous enseigne
néanmoins tout le secret de ce
grand ouvrage, et on peut dire que
ce traité n'est qu'une explication
ou un commentaire de sa Table
d'Emeraude dans laquelle sont
renfermés tous les mystères de cet art
admirable : c'est pourquoi je l'intitule
La clef du cabinet hermétique.

Ce traité vous enseigne aussi un
moyen d'entendre les philosophes
qui ont cachés ce divin art sous des
paraboles et des signes et sous des
noms si différents pour le cacher
aux ignorants et aux indignes.

Chapitre premier.
De la matière en général.

Qu'il y a peu de gens qui aient
compris comme se fait la pierre
@

4.

des philosophes, et ne le comprendrons
jamais, si Dieu, par une grâce singulière,
ne leur révèle ou quelques
philosophes ; car qui pourrait s'imaginer
que ce que les hommes cherchent
avec tant d'empressement depuis
si longtemps est néanmoins
renfermé dans une matière qu'ils
foulent aux pieds et qu'ils jettent
par les rues, qu'ils ont toujours devant
les yeux, qui se trouve dans les
ordures et dans les fumiers.
C'est ce qui doit confondre l'orgueil
des hommes qui méprisent des choses
qu'ils devraient estimer et qui honorent
et respectent ce qui n'est rien
dans son origine. L'or qui brille
à leur yeux les éblouis, ils en font
leur idole qui leur coûte souvent
de grand soin et de grandes inquiétudes
pour l'acquérir au dépend même de
leur salut éternel ; s'ils savaient la
matière dont il est fait, ils n'en auraient
@

5.

peut être pas une si haute idée
et seraient obligés d'avouer que la
figure et tout l'éclat de ce monde
passe, et qu'il n'est rien au sentiment
du prophète Roi, toute chair n'est
que fumier.

L'Ecriture met le vert en comparaison
avec l'or, quoi qu'il ne soit fait
que de cendre. Souvient-toi homme
que tu n'est que cendre.

Les philosophes ont donc eût raison
de cacher ce mystères aux yeux de
ceux qui n'estiment les choses que
par les usages qu'ils leur ont donnés,
car si ils connaissaient ou si on leur
découvrait ouvertement la matière
que Dieu a prit plaisir de cacher
dans les choses qui leur paraissent
utiles, ils n'en auraient plus d'estime.

La matière est unique dans son
principe, la nature n'agissant que
par les mêmes principes, elle est
@

6.

seulement différente qu'en l'espèce
et la forme, par exemple l'aliment
que prend l'homme se change et se
convertit en la substance de l'homme,
le même aliment qui sert de nourriture
à l'homme peut se changer
en la substance de l'animal et en
une substance bien plus noble que la
matière dont il se nourrit ; il en est
de même de la pierre des philosophes,
quoique la matière soit vile,
elle est changée par l'art en une
perfection beaucoup plus noble
que le sujet dont elle tire la matière.
Les philosophes se sont servis de
deux voies pour parvenir à ce si
grand secret. La 1ère regarde l'art,
et la nature y a peu de part. La 2ème
c'est la nature qui le fait et l'art
ne fait que l'aider, l'une est difficile
et est de dépense, et celle-ci est
facile et est de peu de dépense. C'est
@

7.

de celle-ci dont je traite et celle que
presque tous les anciens ont suivis.

La plupart de ceux qui ont écrit,
ont suivis cette voie, entre autre
Artephius, Zacaire, Trévisan,
Flamel et plusieurs autres, la 1ère
leur a été inconnue, ou du moins
s'ils l'ont connue, ils ont publiés la
dernière sous le nom de la première.
Ce qui est très difficile à développer
dans la lecture des philosophes ;
mettant souvent ces deux voies ensembles
pour embarrasser les lecteurs.
Philalèthe qui a écrit des derniers
nous avertit de ne pas prendre le
change. Ces voies, quoique différentes
dans leur opération, eût égard au
sujet dont ils se sont servis, la matière
est toujours unique et la même.

La science de l'alchimie a fait trouver
d'autres voies encore différen-
tes. Car les philosophes ont inventés
@

8.

d'autres moyens plus abrégés que
la nature n'a put pour la perfection
et la transmutation des métaux.
Le Cosmopolite nous en marque
quelques uns, il dit qu'il y en a qui
savent changer le fer en cuivre,
que de Jupiter, il en font du mercure,
que de Saturne ils en ont fait de
l'argent, et il dit que s'ils savaient
joindre à ces transmutations la
nature du soleil, ils feraient une
chose plus précieuse que l'or même.
Ce sont des arbres fait quoique
sauvage, sur lesquels ont peut enter
des greffes d'arbres solaires et lunaire
et par ce moyen on peut faire
des améliorations et des transmutations,
lesquels arbres portent des fruits
conformes à l'espèce solaire et lunaire
c'est-à-dire que des métaux imparfaits,
après les avoir réduit en leurs premier
principes et les avoir purifiés,
@

9.

on y peut joindre l'âme végétative
par une seule voie connue des
philosophes, et non pas par celle
que les philosophes vulgaires s'imaginent
et dont ils abusent souvent
bien des gens qui ne connaissent
pas leur ignorance.

Notre matière est renfermée dans
des corps impurs, il faut corrompre
ces corps, non pas d'une corruption
ladreuse qui détruit tout, mais d'une
corruption qui aille à la génération
de la mort à la vie, et qui par une
résurrection glorieuse, enfante ce fils
du soleil qu'il faut donner à son père
et le faire rentrer dans le ventre de
sa mère ; c'est-à-dire lui joindre ce
corps fixe et permanent, le vif ressuscitera
le mort, et ces 2 corps animés
d'un même esprit, produirons des
enfants semblable à leur père et à
leur mère; voila tout ce qui se peut
dire de la matière en général.
@

10.

Chapitre 2ème
De la matière en particulier
C'est une humidité onctueuse qui
est renfermée dans tous les êtres de
la nature, une matière visqueuse
et gluante, elle se cache profondément
dans le centre des éléments
qui les unit si étroitement qu'il est
impossible de les séparer sans un
moyen seul connu des philosophes.
Elle se couvre du manteau des éléments
et n'ont point de puissance
sur elle : non pas même le feu, quelque
violent qu'il puisse être, étant
fixe et inaltérable de sa nature.
C'est pourquoi les philosophes disent
qu'elle est permanente au feu,
elle est la matière prochaine de
leur pierre, c'est ce qui a fait dire
à Basile valentin ces admirables
paroles. [Cherches dit-il dans les entrailles
@

11.

de la terre, vous y trouverez
notre pierre cachée et la vraie
médecine. Elle est la 1ère matière
des métaux qui sont plus ou moins
parfaits, selon qu'elle est jointe à
des matières plus ou moins parfaites,
si elle est jointe à une matière pure
elle forme l'or, si elle est moins pure
elle forme l'argent, si elle est encore
plus impure, elle forme le plomb.
ainsi des autres ; c'est l'humidité
sèche de Geber, qui ne mouille pas
les mains.

Or cette matière quoique très fixe en
sa nature, se volatilise facilement
par le moyen des éléments qui lui
servent de véhicule, se développe et
se joint à eux sans néanmoins altérer
sa nature de la manière du feu qui est
mêlé dans tous les êtres et qui est
toujours feu, lorsqu'il est réduit de la
puissance en acte ; ainsi que le soleil
qui repend ses influences sur toute la
terre et qui est toujours soleil. C'est
@

12.

pourquoi elle est susceptible des impressions
des éléments et des influences
des astres qu'elle attire et retient. C'est
l'aimant et l'acier des sages.
Elle monte de la terre au ciel et descend
du Ciel en terre et se remplit des
influences du Ciel et principalement
du grand luminaire, elle sert à la
multiplication et a la génération de
tous les êtres. C'est par son moyen
qu'ils reçoivent leur action et leur
mouvement. Les animaux reçoivent
la vie par elle et tout ce qui animé
dans la nature. L'homme même
ne s'en peut passer, elle entretient
sa vie et son mouvement, elle fait
dans la nature la fonction de femelle
en recevant du Ciel et des astres et
principalement du soleil qui est le
mâle, l'action et le mouvement ; elle
est comme le sperme, la matrice qui
reçoit la semence masculine ; elle
fait le mariage entre le Ciel et la
@

13.

Terre, c'est elle qui renferme le feu v.p.29
caché des sages sans lequel l'artiste 30 et 99
ne peut parvenir à la fin dont nous et le chap
traitons un chapitre en particulier. 3 aussi.

De ces deux spermes, est formée la
matière du mercure des philosophes.
C'est pourquoi le grand Hermes nous
dit ces admirables paroles, le soleil
en est le père et la lune la mère, l'air
le porte dans son ventre qui en est
la matrice et le réceptacle. Le Cosmopolite
dit qu'il se trouve dans le
ventre du Bélier, signifiant par le
Bélier le commencement du printemps,
lorsque le soleil entre dans
ce signe céleste qui est le renouvellement
de cet esprit qui anime pour
lors toute la nature. C'est cette semence
jetée dans la mer des Sages qui est
notre air qui donne toute la fécondité
à notre pierre, c'est cette semence
qu'ils savent extraire par des moyens
inconnus aux chimistes vulgaires,
@

14.

et savent joindre à un soufre pur ; ils
appellent cette semence argent-vif.
C'est pourquoi ils disent que leur pierre
est composée d'argent-vif et d'un
soufre pur, ils donnent à la première
le nom de lune et au second celui
du soleil, ce sont les 2 grands luminaires
que vous devez extraire de la
pierre.
Le commerce du Ciel et de la terre
est parfaitement bien décrit dans le
Cosmopolite, et par une comparaison
il vous marque au doigt ce que doit
faire le philosophe qui doit être l'imitateur
de la nature que Dieu a ainsi
formé, ayant joint le Ciel avec la terre
qui a ses astres qui sont soleil et lune
et Notre Maître nous dit que tout
ce qui est en haut est comme tout ce
qui est en bas ; de même le philosophes
doit joindre le Ciel avec la terre,
il doit tirer du Chaos, c'est-à-dire de
son sujet les luminaires, séparer la
@

15.

lumière des ténèbres et par l'union
de l'esprit en faire un tout parfait,
imitant en cela Dieu en la Création
du monde, c'est sous ce dernier regard
que notre art est appelé un art Divin.

Ayant tiré ces luminaire et ces
éléments ; après les avoir dépouillés
de leurs grossièretés et de leur terrestréités,
ils en font un tout homogène
et un composé qu'ils appellent Elixir
qui contient la force du Ciel et de la
terre qu'Hermes appelle la force
des forces, qui réduit tout de puissance
en acte, et toute cette puissance est
réduite dans un peu de poudre. C'est
pourquoi il ne faut pas s'étonner si
elle fait de si grands effets, tant pour
la santé que pour la perfection des
métaux imparfaits.

Car cette divine poudre a la vertu de
purifier les éléments de l'homme et
les met dans leur égalités naturelles
dont le dérangement est la cause prochaine
de la destruction.
@

16.

Nous traiterons dans un chapitre
exprès de ses vertus qui sont innombrables,
elle ne fait pas de moindres effets
sur les métaux ; d'imparfaits elle les
rend parfaits. Le dessein de la nature
était de les faire parfaits et de les
faire or, mais ayant été empêchée
dans son opération, et ne pouvant
arriver à sa fin, elle en fait des métaux
imparfaits, non pas l'or, et ce que la
nature fait en un grand nombre d'années,
le philosophe le fait en peu
d'heures.
Ainsi il n'y a rien qui soit plus digne
de l'occupation de l'homme qu'a travailler
à cette divine oeuvre ou recherche,
puisqu'il peut acquérir par cette
science la santé et les richesses, qui doit
être préférée à toutes autre sciences,
excepté celle du salut de son âme qui
doit être sa principale occupation.
Cherches premièrement, dit le Seigneur
dans son Evangile, le Royaume des
Cieux et tout vous sera donné par sur-
croît.
@

17.

On peut dire encore que cette science
est divine, parce qu'il n'y a que Dieu
qui la donne, il la enseigné à Moïse,
à sa soeur Aaron, aux patriarches,
et à leur descendants, à Salomon qui
en avait une parfaite connaissance et
qui a été conservée jusqu'au temps
d'Esdras qui en réédifia le temple
après la Captivité de Babylone ;
Sem l'un des fils de Noé l'avait fait
dépeindre sur des Colonnes qui se
trouvèrent après le Déluge, Sem
l'avait apprise d'Adam, c'est par son
moyen qu'ils vivaient si longtemps,
elle s'est conservée et communiquée
cabalistiquement à quelques juifs.

Il n'y a donc que Dieu et un ami à
qui Dieu l'avait inspiré, qui peut
vous la communiquer ; si vous avez
ce bonheur, conservez-le comme un
trésor précieux, mais surtout ne le
communiquez pas aux indignes ; car
vous attireriez sur vous la malédiction
de Dieu qui vous punirait non
@

18.

moins que d'une mort subite, ou vous
mettrait entre les mains des puissances
qui vous ferait périr dans une prison.
Quant à la possession de la pierre des
philosophes, elle n'est pas si difficile
que la plupart se l'imagine. C'est la
nature qui agit, et elle agit toujours
certainement par des principes certains
: à moins qu'elle ne trouve en son
chemin des obstacles certains, mais
si vous savez ôter ces obstacles ; elle
arrivera infailliblement à sa fin et
au terme que Dieu lui a prescrit.
Il est vrai que, quant à la matière
particulière, il est impossible à l'homme
de la déterminer, Dieu par sa
puissance a déterminé tous les êtres
de la nature pour faire une telle forme.
Ainsi l'homme ne peut rien créer,
et Salomon dit qu'il n'y a rien de
nouveau sous le Ciel. Dieu a imposé
cette loi à toute la nature, de faire
et de ce multiplier chacun selon son espèce
@

19.

par son grand mot de Fiat. Cette
loi est enfermée en chaque semence
qui la suit inviolablement, et chaque
être obéit à cette loi, comme nous
disons tous les jours dans notre pater
Fiat voluntas tua sicut in coelo et in
terra.

Le philosophe ne prétend donc rien
faire de lui-même, et ne peut déterminer
aucun être pour faire une
telle espèce, car ce serait une espèce
de création qui est réservée au Souverain
Créateur de l'univers; mais il se
sert de la matière générale qu'il met
de la puissance en acte, qu'il sait
extraire des choses imparfaites en la
séparant des matières imparfaites et
des grossièretés et impuretés qui la
mettaient hors d'état d'agir pour
d'imparfaite qu'elle était, la rendre
plus que parfaite et d'une perfection
à perfectionner chaque chose selon
son espèce : dans les végétaux par
exemple, elle les fait croître à moins
de temps, ils donnent leurs fruits en
@

20.

plus grande abondance. Dans les minéraux,
elle transmue les métaux en or
plus fort en couleur que l'or vulgaire.
Dans l'homme, elle purifie ses humeurs,
les met dans une égalité parfaite,
elle entretient et conserve ce feu Céleste
qui fait sa vie, son mouvement et son
action, elle communique cette huile
incombustible et cette humeur radicale
au coeur où réside la vie et le mouvement.
Ainsi il n'est pas difficile
de comprendre qu'elle procure une
longue vie.
Quant au sujet, je vous dirai comme
les philosophes, qu'il est partout, puisque
la nature en est le sujet et la matière
générale ; mais ils en ont cependant
une particulière qui renferme
tout ce qui est nécessaire pour faire
ce grand ouvrage ; car qui voudrait
travailler indifféremment sur tous
les sujets de la nature, la vie ne serait
pas assez longue, pour en venir à bout.
Chaque mixte demande des travaux
@

21.

différents, les uns sont trop éloignés
de la matière dont ils composent leur
pierre, et de la matière particulière
qui est la matière prochaine, et leur
feu sans lequel ils ne peuvent rien
faire, serait encore plus difficile
à trouver les mélanges ; et les poids
de nature lui sont inconnus, et par
les longs travaux qu'ils seraient
obligés de faire et les dépenses ; il
serait contraint d'abandonner
l'ouvrage.

Pour l'affaire de notre sujet, la
dépense est modique, et le Triomphe
Hermétique dit, qu'elle ne passe pas
la somme de dix sols pour avoir le sujet
de la matière pour faire l'oeuvre. Ce
sujet paraît sous une forme très
vile, ce qui le rend méprisable aux
yeux des hommes, quoiqu'il renferme
un trésor précieux, il est couvert de
quelques haillons ; mais sous ces haillons,
vous y verrez bientôt de vos
propres yeux l'or brillant, la couleur
@

22.

Céleste de l'arc en ciel, signes qui
vous feront connaître ce qu'il renferme
et de quoi il est capable ; vous
y verrez dans la 2ème opération la
lumière sortir des ténèbres et de son
cahos, vous y verrez les deux luminaires
qui vous feront apparaître
le sec, et le saturne ornée de robe
noire, le noir Dragon en peu de jours,
vous verrez l'esprit se faire corps,
vous y verrez la Diane, vous verrez
les deux montagnes d'où découle le
ruisseau précieux qui sort de la pierre
plus claire que le cristal, enfin les 1ers
éléments dont les philosophes forment
leur mercure et leur argent-vif, vous
verrez toutes ces opérations sans que
vous y mettiez les mains. C'est ce sujet
que le père cache à son fils et le fils à
son père ; il n'y a que Dieu et un ami
qui peut le révéler.
Chapitre 3ème
De la préparation des Eléments
et de leur séparation en général.
@

23.

Je vous dirai d'abord en général
que la préparation de nos éléments
n'est pas proprement une séparation,
mais plutôt une dépuration des
principes spirituels qui composent
notre pierre ; que la nature y a plus
de part que l'artiste : Les philosophes
ne vous disent-ils pas que leur pierre
se sublime, se dissout, s'engrossit, se nota
coagule et se fixe d'elle même : ne
voyons-nous pas dans les animaux,
et dans les hommes que les aliments
qui descendent dans l'estomac ; il ne
se fait aucune séparation de substance
et que tout est réduit en une substance
homogène, et sous une forme que nous
appelons chyle, à l'exception de quelques
excréments qui s'en séparent.

Il arrive la même chose dans notre
pierre, nous ne séparons rien des
substances et des principes de la
pierre ; et ce qui paraît imparfait,
grossier et immonde, nous le changeons
@

24.

en une matière plus subtile, plus parfaite
et plus capable de pouvoir recevoir
les principes spirituels, ce qui se
fait par le moyen de notre feu que
nous savons introduire dans notre
matière ; c'est ce feu qui n'est pas tiré
de la matière comme dit Pontanus,
qui change tout ce qui est grossier, imparfait
et immonde, en être et en une substance
plus épurée, plus subtile et plus
parfaite.
Il est vrai que dans cette dépuration
il se sépare quelques fèces qui sont des
excréments qui sont accidentels à la matière
et qui ne font point partie de sa
nature. Ainsi cela ne s'appelle pas
une véritable séparation, les principes
demeurant toujours unis et conjoints.
La lie qui se sépare du vin, ne fait
pas partie du vin, quoiqu'elle sorte
de la matière qui compose le vin. Dans
l'accroissement des métaux ; nous ne
voyons pas de séparation sensible,
la nature donc se subtilise, se transforme
@

25.

en d'autres formes plus parfaite
se dégageant par degré, s'épure d'elle-
même de plus en plus par l'action de
son feu interne jusqu'à ce qu'elle soit
arrivée à son terme de perfection.

Nous faisons la même chose dans
notre oeuvre, il est vrai néanmoins
que nous séparons quelques substances
principalement dans le premier et
second oeuvre, mais cette séparation
de substance n'est pas une véritable
séparation de principes comme s'imaginent
les chimistes vulgaires qui ne
comprennent pas le sens des philosophes
; car chaque substance qu'ils
séparent contient les autres, l'eau qu'on
distille d'une plante, contient toute
la vertu de la plante, et quoique ce qui
reste au fond du vaisseau soit séparé
de l'eau distillée et paraisse sous une
autre forme, elle contient les mêmes
vertus et les mêmes principes de l'eau
distillée : quand donc les philosophes
@

26.

parlent de la séparation des éléments
ce n'est pas une séparation essentielle
de principes, mais une séparation de
substances qu'ils nomment d'un nom
d'élément ou premières substances
les plus subtiles et les plus dégagées
de la matière et qu'ils appellent air et
feu ; et les plus grossières, terres et eau ;
par rapport à la nature des éléments
qui veut dire proprement séparer le
subtil de l'épais, comme dit Hermes.
C'est donc faussement que plusieurs
s'imaginent que par les termes d'éléments
nous entendons les éléments communs,
car ce serait une espèce de création, si
l'homme par le mélange qu'il en ferait
pouvait former quelques choses. Dieu
a tout crée en nombre, en poids et en
mesure. Ainsi le philosophe n'ajoute
rien à la perfection de ce que Dieu a
fait, ni ne forme rien et ne crée rien.
Dans le 1er oeuvre, il est vrai qu'on sépare
@

27.

quelques substances pour les réunir
après son dégagement ; mais à l'égard
des principes et des luminaires, ils se
séparent d'eux-même. C'est la nature
qui le fait sans que l'artiste y mette la
main pour en faire un composé qui est
une mixtion, un assemblage, ou plutôt
une union de ces mêmes principes sous
une même forme, sous laquelle forme
sont renfermées deux substances spirituelles
qu'ils appellent du nom d'air et
de feu qui sont invisibles ; et deux corporelles
qui sont l'eau et la terre qui
sont visibles, et ils appellent ce composé,
pierre.

Dans le second oeuvre, ou dans la seconde
dépuration, c'est l'artiste qui fait cette
séparation, et c'est dans cette oeuvre
ou il faut appliquer tout ce qu'ils disent
des opérations, et tous les termes de
distillation, sublimation, coagulation
et semblables termes dont ils se servent
qui ne marquent autre chose qu'une
@

28.

sublimation plus parfaite et plus dégagée
de la matière ; ce qui ne se fait pas
autrement que ce que l'on fait dans la
chimie ordinaire qui nous enseigne
que pour dépurer une matière, il en
faut tirer le sel, le soufre et le mercure
et en séparer les fèces, et joindre ensemble
les trois principes pour en faire une
liqueur et une substance plus parfaite.
Nous faisons la même chose dans le second
oeuvre qui sont toujours les mêmes
principes et les mêmes substances.
Ces substances réunies paraissent
sous la forme d'une eau qu'ils appellent
argent-vif ; et la terre, ils l'appellent
soufre, ainsi ils disent que leur pierre
est composée de soufre et d'argent-vif.
D'autres donnent à l'eau le nom de lune
et à la terre le nom de soufre et sous
plusieurs autres termes que nous expliquerons
en un chapitre particulier,
mais on ne doit pas s'attacher à la diversité
des noms.
@

29.

Le Cosmopolite dit que la composition
de cette eau est très cachée, les philosophes
n'en parlent presque point et s'ils
en parlent, ce n'est que pour en d'écrire
la puissance et les vertus. C'est pourquoi
il dit encore qu'elle est rare, puisqu'elle
fait tout le composé de l'oeuvre ; nous
en parlerons plus particulièrement
en son lieu.

Ils disent que cette eau prend son ori- v.p. 70
gine de l'air, conformément à ce que
dit le grand Hermes, que l'air la porte
dans son ventre et l'auteur de l'Escalier
des sages ; notre Enfant philosophique,
dit-il, prend naissance dans
l'air. C'est pourquoi notre eau a la
force de donner la vie à la terre, c'est
remettre l'âme dans son corps, ce qui ce
fait sur la fin du 1er oeuvre [mais cela
se fait dans la 2ème qu'ils confondent
avec la première.

D'autres philosophes disent qu'il
faut le prendre à l'heure de sa naissan-
ce. C'est-à-dire dans le lieu de sa naissance.
@

30.

Cet air est celui que nous cherchons dont
nous composons notre eau et notre
feu. Ce ne sont point l'air et le feu
que nous sentons et que nous respirons.
C'est dans cette eau que nous introduisons
ce feu : nous faisons la paix entre
les ennemis, nous faisons que l'eau et le
feu soient amis. C'est ce que dit le même
auteur cité au 3ème degré. [C'est, dit-il, que
notre eau est la clef de l'oeuvre, elle
contient l'esprit et l'âme de la pierre.
La terre ou le corps ou le soufre est notre
airain et notre airain c'est notre or.
mais tout soufre n'est pas notre airain
ni l'or vulgaire n'est pas notre or,
quoiqu'ils soient frères utérins, venant
de la même mère et du même père.
Chapitre 4ème
Des éléments en particulier
et de leur préparation.
Quant à la matière dont nous tirons
nos éléments ; je vous ai déjà dis
qu'elle se trouvait partout mais que
@

31.

les philosophes avaient un sujet particulier
d'où ils les tiraient ; vous les
trouverez infailliblement et plus
prochainement dans les métaux et
plusieurs philosophes les y ont trouvés
et en ont fait l'oeuvre ; mais la méthode
en est plus difficile parce qu'il
en faut ouvrir les barrières par un
moyen qui est connu de peu de personnes,
nous décrirons cette oeuvre dans
un autre traité dans les demi minéraux
et dans les végétaux ; elle est
presque impossible, la matière étant
trop éloignée et il faudrait toujours
réduire et le joindre à la nature métallique,
ce qui serait un travail
trop long.

Ayant trouvé le sujet dégagé de la
matière qui les environne et qui le
cache à la vue des hommes, prenez-
les au moment de leur naissances,
c'est-à-dire dans le lieu de leur naissance
; et si, comme dit Virgile, les
Dieux vous sont favorables en ayant
@

32.

découvert un, l'autre apparaîtra
bientôt. Cherches-les dans le soleil et
dans la lune où ils sont vifs, cherches-
les dans l'air qui les renferme et quand
vous les aurez trouvés ; c'est-à-dire par
la méditation, comme dit le grand
Hermes, faite en sorte qu'ils paraissent
aux yeux ; donnes leur des habillements
conformes à leur nature. Mettez-les
dans la matrice, car si vous les remettes
dans des matières impures, vous les
corromprez et ne vous produiront que
des avortons inutiles et pernicieux.
Il faut donc les dépouiller des
corps impurs dont ils sont environnés
et c'est pour vous aider en cette pratique,
que nous voulons bien vous en
donner les moyens ; réservant néanmoins
ce qui n'est pas permis de dire,
ni moins encore d'écrire. Cependant
je vous parlerai plus clairement qu'aucun
philosophe n'aie fait, pour peu
que vous ayez connaissance de cet oeuvre
et que vous en connaissiez le sujet.
@

33.

Vous trouverez le reste et pour en
faire part à quelques amis qui se
connaîtront capables de travailler
à cet oeuvre. C'est pourquoi je m'y
explique plus clairement; ce que je
pourrais faire plus obscurément, si
j'écrivais pour le public, principalement
lorsqu'il s'agit d'entrer dans
la pratique.

Je pourrais me servir de métaphores
de hiéroglyphes, de figures énigmatiques,
de paraboles, de similitudes, de
comparaisons, de supposition et d'autres
que j'aurais pu inventer, comme ont
faits les philosophes mes confrères,
sous lesquels voiles ils ont cachés les
mystères de ce grand ouvrage de la nature
aux yeux des indignes et que ceux
des véritables philosophes aperçoivent
très bien au travers de ces voiles.

C'est pourquoi ils disent qu'il faut avoir
des yeux de Lynx pour voir au travers,
qu'il faut tirer le rideau, qu'il ne faut
pas s'arrêter à la lettre, mais au sens
@

34.

de la chose, non pas au son des paroles
mais à ce qu'elles signifient.
Il en est de même de la connaissance
des principes, il ne faut pas s'attacher
à leur extérieur, il faut pénétrer
dans l'intérieur, il faut les dépouiller
de leur haillons, il en faut séparer
l'écorce, pour leur donner des habits
Royaux, c'est-à-dire les rendre blanc
comme la lune et resplendissants
comme le soleil; leur ôter toute obscurités,
faire sortir la lumière des
ténèbres, afin de concilier ce qui est
le plus opposé, joindre l'humide avec
le sec, le feu avec l'eau, le chaud au
froid, tirer l'air de l'eau, et l'eau de
l'air; la terre, la faire eau; et derechef
d'eau, en faire la terre; la terre
la faire air; et d'air la faire terre;
le fixe le rendre volatil et le volatil,
le rendre fixe; dissoudre et coaguler,
tout cela paraît des paradoxes et des
antithèses à ceux qui n'en ont pas connaissance:
@

35.

ce qui néanmoins sont paroles
très véritables, comme vous en
serez persuadés après la lecture de ce
traité, ce que j'explique en particulier
en ce chapitre.

J'éviterai tous ces termes sous lesquels
les philosophes ont cachés cet
admirable ouvrage; l'ayant écrit
pour me servir de mémorial et d'agenda
pour m'y appliquer, quand Dieu
par sa miséricorde m'en aura procuré
l'occasion pour instruire
celui à qui je laisserai cet écrit par
testament. C'est le seul bien que je
possède; n'ayant pas eu jusqu'à présent
les moyens d'y travailler et de
m'y appliquer entièrement. Car ce
travail demande une application
entière : les procès, les affaires domestiques
m'en ont toujours empêché;
car pour la dépense, elle est très modique,
et cela ne doit point arrêter
l'application qu'on peut avoir, est un
travail naturel de l'homme qui ne
passe point ses forces, elle n'est point
@

36.

contraire au salut, parce que son but
principal est de soulager les pauvres,
les délivrer de leur misères, de leur
maladie et glorifier Dieu en fondant
des maisons Religieuses, des hôpitaux,
et bâtissant des temples à l'honneur
de Dieu, à fonder des sacrifices
et des prières pour le soulagement
de son âme : elle est utile à l'état,
à la patrie en donnant des moyens
aux puissances pour lever des armées
pour la défense de l'Etat.
On fait donc un grand mal de persécuter
ceux qui s'appliquent à cet art
et ceux qui n'ont point de charge
dans la république, qui ne sont pas
marchand, ni artisans, qui ont du
bien raisonnablement, devraient
s'y appliquer, plutôt que de mener
une vie molle et fainéante et s'amuser
à la bagatelle et à des choses indignes
de l'application d'un homme de
bien.
@

37.

Chapitre 5ème
Des opérations en général.

Il y en a 12 qui sont autant de
clefs pour ouvrir les portes de notre
cabinet hermétique et de notre
sujet philosophique. Ces opérations
sont la calcination, la trituration,
la dissolution, la sublimation, l'inhumation,
la lotion, la conjonction,
la fixation et la nutrition.

La calcination pour notre oeuvre
n'est pas une opération violente qui
se fait par la violence du feu comme
le croient les chimistes vulgaires.
C'est proprement un dessèchement de
la matière dont nous voulons la dépouiller
de son humidité phlegmatique,
ce qui se fait par un feu médiocre,
il y a une calcination physique
de la nature, où l'artiste ne met pas
les mains; la matière se calcine elle-
même, ce qui arrive au milieux et
@

38.

à la fin de l'oeuvre ; au milieu
lorsque le noir commence à paraître,
que le soleil s'éclipse et le corps
du soleil se met sous la lune; les philosophes
m'entendent bien ou dans sa
vie, lorsque de la coagulation et de la
fixation.
Sous la calcination est comprit la rubification
qui est une espèce de sublimation
du corps blanc de la lune, qui
par cette opération, en augmentant
le feu d'un degré, devient rouge.
La trituration est une opération qui
précède presque toujours la calcination
il faut broyer notre matière : quand
je parle ici de notre matière dans les
[il faut toujours entendre
le corps de la pierre, ou le sujet dont est
formé le corps, cela se dit, pour les
opérations.] Broyer notre matière
n'est pas de la broyer dans un mortier
c'est-à-dire réduire la matière en menues
parties, la nature le fait dans
l'oeuvre, sans les mains de l'artiste.
@

39.

C'est lorsque la terre commence à se
sublimer et qu'elle se mêle avec les
autres éléments; cela se fait encore
dans la dissolution du sujet philosophique,
lorsqu'on le fond dans l'eau
et se divise en manière de glace qui
fond dans l'eau chaude, ou plutôt
comme un morceau de chaux vive,
qui jeté dans l'eau se broie d'elle-
même et se divise quasi en atome.
C'est la 3ème préparation que nous donnons
à notre sujet.

La dissolution est la même que
l'on entend ordinairement qui est la
réduction d'un corps en eau, excepté
qu'elle se fait un peu autrement dans
notre magistère et dans notre oeuvre
elle ne se fait pas tout d'un coup, mais
par réitérée lotion. Toute la matière
se réduit en eau, à l'exception de quelques
fèces et résidences, lorsque le dit
solvant est remplit suffisamment des parties
terrestres. C'est dans cette opération
que les parties ignées se mêlant avec
@

40.

l'eau, que le feu se fait eau et se joint
à l'air, que l'air devient eau; qu'ils
appellent proprement une conversion
d'éléments qui est un mélange des
parties ignées, aqueuses, aériennes et
terrestres, qui gardent toujours leurs
natures d'air, de feu, d'eau, et de terre
qui occupent un des plus grands espaces
entre elles par l'interposition de l'eau
et de l'air qui font qu'elles s'étendent
et font un plus grand volume. C'est cette
conversion qui fait le commerce du
Ciel avec la terre dans le grand monde
comme dans notre divin oeuvre.
La main de l'artiste est nécessaire
dans cette opération, la nature fait
cette dissolution, lorsque la terre se change
en eau, c'est dans cette opération,
disent les philosophes que la pierre se
dissout elle-même. C'est proprement
cette opération qui est la clef qui ouvre
les sept portes de notre Cabinet
hermétique, car à chaque dissolution
il s'ouvre une porte; cette porte ouverte
@

41.

donne entrée dans la 2ème de la 2ème
dans la 3ème ainsi jusqu'à la 7ème porte
qui vous donne les 2 luminaires qui
sont le commencement comme nous
disons ci-après, et cela se fait par réitérées
dissolutions.

Mais cette dissolution ne se fait pas
sans qu'elle n'aie précédée la calcination;
cette opération est la plus essentielle
de l'oeuvre, car comme dit Bernard,
tout dépend de tout dissoudre
et coaguler, car la calcination des
philosophes est proprement une coagulation;
c'est ce que dit Philalète,
pour faire l'union de nos natures, il
faut une eau homogène à laquelle
on prépare la voie par la calcination
qui a précédé et qu'il se fait auparavant
un dessèchement. Cette dissolution
n'est proprement, dit-il, qu'une réduction
en atomes de l'eau avec la terre
par le crible de la nature qui est l'air
et les atomes sont plus déliés et plus
subtils.

La sublimation est une opération par
@

42.

laquelle nous purifions de plus en plus
notre sujet en dégageant les éléments
de leurs terrestréités et de leurs impuretés
maternelles, en faisant monter les
parties terrestres en la partie supérieure
du vaisseau par l'action de notre feu
aidé du feu de nature, et par ce moyen
la terre reçoit la vertu des éléments
supérieurs.
Voilà ce que nous appelons sublimation,
parce que la terre acquiert une vertu
plus puissante et plus sublime; cela
s'appelle aussi donner des ailes à la
terre et rendre le fixe volatil.
Philalète nous décrit admirablement
bien cette sublimation parce que, dit-il,
dans la sublimation qui se fait; le corps
communique alors sa fixité à l'eau et
l'eau fait part de sa volatilité au corps
mais toute l'eau ne monte pas, il en
reste une partie avec le corps dans le
fond du vaisseau : si vous considérez
souvent et attentivement cette opération,
vous remarquerez que le corps bout
@

43.

et se crible dans l'eau qui demeure en bas
et que par le moyen de cette même eau
qui perce et ouvre le reste du corps, et
par cette circulation, l'eau devenant
plus subtile, elle tire à la fin l'âme
du soleil doucement et sans violence.

Or cette sublimation est bien opposée
à celle des chimistes qui par la violence
du feu rendent une matière subtile
en la faisant monter dans des aludels;
nos aludels et nos vaisseaux sont les
éléments. C'est pourquoi nous n'avons
pas besoin de tant de vaisseaux et tant
d'alambics, nous en parlons en un chapitre
particulier. Voila ce que nous entendons
par sublimation, la distillation
est souvent confondue avec le terme de
sublimation, parce que le corps ou la terre,
en se sublimant, se distille en passant
par le filtre de la nature qui est l'air
et l'air se coagulant, forme des gouttes,
et ces gouttes se réduisent en eau qui
arrive dans notre distillation. L'air
est le chapiteau de l'alambic de la nature.
@

44.

Le récipient est l'eau et la cucurbite
c'est la terre. Ainsi vous voyez que
nous n'avons pas besoin de tant d'alambic
et de tant de vaisseaux ; nous avons
besoin pourtant d'une espèce d'alambic
pour séparer l'esprit de l'eau et pour le
déflegmer, qui est l'esprit blanc, et pour
tirer l'esprit solaire de notre corps qui
sont nos 2 premiers luminaires et le
mercure blanc et le mercure citrin que
nous mettons à part dont nous parlons
dans la pratique et dans les opérations
en particulier.
L'inhumation est une opération très
essentielle dans l'oeuvre. C'est de rendre
à la terre son humidité; de spirituelle
la faire corporelle; le volatil se rend
fixe et d'une fixité d'autant plus parfaite
qu'on réitère souvent cette opération.
Ce qui se fait par réitérée imbibition,
en humectant la terre jusqu'à ce qu'elle
aie bue toute son eau, c'est encore par
cette opération qu'on blanchit le noir
@

45.

et qu'on coupe la tête au Corbeau ;
c'est aussi par elle qu'on sublime la
terre et qu'on lui donne des ailes,
aidée par la sublimation et la distillation;
car les opérations se font les
unes par les autres, elles ont une très
grandes connexité. C'est pourquoi
les philosophes ont raison de dire que
toutes ces opérations se succèdent les
unes aux autres et se font néanmoins
par une même opération et dans le
même vaisseau. Cette opération se fait
principalement dans la fin de l'oeuvre
et Philalète en parle en ces termes.
Cuisez donc la matière continuellement
avec un feu qui lui soit propre; de
sorte que dans votre vaisseau, vous voyez
monter une rosée, et un espèce de brouillard
qui retomberont incessamment en
goutte, jour et nuit; par cette circulation
le mercure monte tout seul ainsi qu'il est en sa
1ère nature et que le corps demeure en bas
au fond du vaisseau tout de même en sa
1ère nature, jusqu'à ce que par un assez long
@

46.

temps, le corps commence à retenir quelque
peu d'eau ; ainsi le corps et l'eau se
sont fait l'un et l'autre participant des
degrés de qualités qu'ils ont chacun séparément.
C'est-à-dire que le corps communique
sa fixité à l'eau, et l'eau fait part
de sa volatilité au corps. Puis il ajoute
ainsi par l'entremise de l'âme, l'esprit
est réconcilié avec le corps, ils s'unissent
tous deux dans la couleur noire.
La lotion est une opération par laquelle
nous blanchissons le corps noir
de l'or, par réitérée imbibition de son
eau dont il a été tiré, comme nous
blanchissons ce noir, nous l'appelons
lavement ou lotion. C'est pourquoi quelques
philosophes ont dit que leur ouvrage
était un ouvrage de femme, parce qu'ils
blanchissent. Elle n'est en usage que lorsque
la pierre est au noir dans la 1ère et
2ème oeuvre, car dans la 3ème le blanchissement
se fait autrement, il ne faut pas
confondre ce que disent les auteurs qui
divisent seulement la pierre en 2 oeuvres.
@

47.

Nous en faisons un plus grand éclair-
cissement. Consultez le chapitre ou
nous en traitons.

La conjonction est une union de deux
substances que nous mêlons ensemble,
les substances sont le mercure blanc et
le mercure rouge que nous joignons ensemble
pour faire le mercure animé
et le mercure citrin de la 1ère préparation
dont nous tirons nos deux luminaires
soleil et lune qui en se réunissant d'eux-
même sans la main de l'artiste, paraissent
sous un corps blanc qui est l'or blanc
de Philalète et la lunaire des philosophes
que quelques-uns d'eux décrivent,
lorsqu'ils disent que pour lors la femelle
monte sur le mâle; ces deux corps mis
en putréfaction se changent en un corps
noir ; pour lors l'éclipse du soleil se fait
des philosophes, semblable à celle du soleil
du grand monde qui arrive par l'interposition
de la lune au soleil, il arrive
la même chose dans notre petit monde
philosophique. Nous faisons encore cette
@

48.

opération, lorsque nous joignons la lune
au corps du soleil, lorsqu'il faut couper
la tête au corbeau et blanchir le corps
noir de l'or. C'est le 1er mariage et la 1ère
conjonction du mâle et de la femelle
dans le dernier oeuvre de la 1ère partie.
Cette conjonction se fait encore plus parfaitement;
mais la nature le fait sans
l'aide de l'artiste.
La putréfaction, nous n'entendons pas
dans cette opération une putréfaction
ladreuse qui détruit tout, mais seulement
une putréfaction qui va à la génération,
et c'est plutôt une mortification des
substances lunaires et solaires, de laquelle
mortification nous formons nos luminaires,
après une due digestion par un feu
convenable ; les luminaires commencent
à sortir de leurs cahos et de leur éclipse,
le corps du soleil commence à se coaguler
en atomes noirs sur la superficie de
l'eau. C'est ce que Philalète entend des
petits corbeaux qui sortent de leurs
nids et qu'il faut bien prendre garde
@

49.

qu'ils n'y entrent; ayant soin de les prendre
subtilement. C'est en ce sens que les
philosophes disent de prendre nos luminaires
lors de leurs naissances, et
c'est alors, dit Philalète, qu'il faut
bien gouverner le feu, en ne le point
pousser d'une manière que vous épuisiez
l'eau et que la terre qui est affaissée
n'en ait point du tout, et empêcher que
les petits des corbeaux ne retournent
dans leurs nids, quand ils en seront une
fois sortis qui sont ces petits atomes
noirs qui paraissent sur la surface
de l'eau, aussi afin que, par faute de
chaleur, la terre soit suffoquée et noyée
par trop d'eau.

La Coagulation, la Fixation et la
Nutrition regardent particulièrement
la deuxième partie de l'oeuvre
qui est la multiplication dont nous
traitons un chapitre.

@

50.

Partie Deuxième
Des opérations en particulier
qui sont absolument nécessaires
pour la pratique.
Avant-propos
Nous avons dit dans les chapitres
précédents tout ce qui était nécessaire
pour la connaissance des principes
de la pierre et de la théorie, maintenant
nous allons entrer dans la
pratique.
C'est cette forêt noire dont parlent
Philalète et Poliphile, qu'il faut
pénétrer, et où tant de gens s'égarent,
sans un bon guide qui leur montre un
chemin droit et leur donne les moyens
d'en sortir, c'est ce Dédale et ce labyrinthe
à 7 portes décrites par les
portes d'où l'on ne peut sortir sans le
filet d'Ariane ; c'est cette mer orageuse
où il y a tant d'écueils où tant
de personnes font naufrage, à moins
@

51.

d'avoir un pilote expert ; enfin cette
pratique que les philosophes ont plus
cachée dans leurs écrits et qu'ils ont
mêlée de tant de figures, d'énigmes, de
métaphores, de similitudes, de suppositions,
de contrariétés, et même d'expressions
qu'il est impossible de les comprendre
sans l'aide d'un bon artiste, ou
d'un bon maître. Car lorsqu'ils
semblent en parler plus clairement,
c'est alors qu'ils sont moins sincères, et
lorsqu'ils parlent plus obscurément,
c'est alors qu'ils vous disent la vérité.
Ils en ont usé ainsi, comme je vous
ai déjà dit et fait remarquer pour
cacher notre science aux ignorants
et aux gens incapables de la posséder;
laissant à l'ordre de la Divine providence
de l'inspirer à celui qui lui
plaira.

Quelques uns ont suivis une autre
méthode, ils n'ont rien supposé ni
figuré ; mais ils ont mêlés les opéra-
@

52.

tions d'une manière qu'on peut facilement
confondre une opération avec
une autre. En sorte que ce qui convient
à l'une, ne convient pas à l'autre,
ils décrivent le commencement, ce qui
doit être la fin; et souvent la fin, ils
la mettent au commencement. Ce qui
cause une confusion à l'esprit dans la
lecture de leurs écrits qui n'est pas
peu considérable. C'est Philalète
qui, de tous les philosophes a le plus
suivi ce genre d'écrire, où il mêle
si adroitement ces opérations distinctes,
et il les coud si bien ensemble,
qu'il semble qu'il parle de la même
opération, quand on en sait rompre
le tissu. C'est cependant ce philosophe
qui parle le plus sincèrement,
il est assez de bonne foi pour avertir
le lecteur, de ne pas prendre le change.
C'est ce philosophes qui a le plus entré
dans la pratique qu'aucun autre et
qui a écrit le dernier. C'est pourquoi je
le cite souvent et plus que les autres, mais
@

53.

Il s'est particulièrement attaché à
décrire la pierre minérale qu'il appelle
la difficile dont la matière est l'or
et le mercure vulgaire; pour celle-ci
qui est celle des anciens et qui est la plus
facile, qui se fait sans le mercure ni
l'or vulgaire et qui est celle des anci-
ens. Il en parle peu, il mêle néanmoins
quelques opérations de la minérale
à la pierre des modernes, ce qui
appartient avec celle des anciens.

Quand je parle des philosophes, j'entends
parler des véritables, il y en a
plusieurs qui passent pour philosophes
qui ne l'ont jamais été et qui n'ont
jamais sue la pierre, quoiqu'ils en
aient écrit pour paraître savant
en cet art dont il se faut donner de
garde, car ils sont capables de vous
faire quitter le droit chemin, il faut
encore plus éviter la lecture de certains
manuscrits qu'ils appellent procédés,
ou ils décrivent toutes choses de point
en point. C'est ce que vous ne verrez jamais
dans un véritable philosophe, mais ces
@

54.

sortes d'auteurs ne risquent rien; il
n'y a que celui qui travaille avec eux
ou selon leur méthode qui perd son temps
et son argent, c'est pour vous tirer particulièrement
de ce mauvais pas que
j'ai fais ce traité, afin que vous puissiez
distinguer les faux frères d'avec les
véritables, afin que trouvant et connaissant
un véritable adepte, il puisse
vous conduire et vous enseigner ce qui
vous peut faire de peine dans la
pratique et vous devez faire société
avec lui.
C'est donc pour vous aider en ce chemin
épineux et pour résoudre toutes
les difficultés qui pourraient vous
empêcher de parvenir à la fin désirée
que j'ai fait cet écrit; je ne vous dirai
pas les choses de point en point, en sorte
que vous n'ayez plus rien à découvrir,
cela ne m'étant pas permis, il faut vous
laisser quelques choses à faire ; il n'est
pas juste que ce qui a coûté tant de peine
et même de dépense pour parvenir
@

55.

à ce grand secret de la nature, vous
l'ayez sans quelques peines et quelques
travaux : je ne me sert d'aucune
supposition ni de similitude, mais
seulement de quelques expressions figurées
: Enfin je vous dit la pure vérité
que je cache seulement de quelque
petit voile qui est assez clair pour en
traverser l'épaisseur.

Pour donc donner quelque ordre à
une matière dont les philosophes ont
affectés d'écrire sans ordre; je divise
la pierre ou notre ouvrage que l'on
appelle aussi communément magistère
en deux parties que les auteurs
appellent le 1er et le 2ème oeuvre.

Le premier regarde toute la composition
de la pierre et sa perfection jusqu'à
la fermentation.

La deuxième comprend toutes les
opérations qu'il est nécessaire de faire
pour la 2ème et dernière perfection de la
pierre. Je la divise autrement pour
@

56.

plus grand éclaircissement de la
première partie.
Cette 1ère partie, je la diviserai en 3
ordres différents, suivant la division
de Geber, ce grand Roi des Arabes qui
en a écrit très doctement. Le 1er je l'appelle
comme lui, la médecine ou l'oeuvre
du 1er ordre. Je dis tout ce qui appartient
à cet ordre et à cette oeuvre, pour
ne pas confondre ce qui appartient au
1er, et ne le pas donner au 2ème et au 3ème
et au contraire, que je divise en autant
de chapitre, ce qui n'est pas d'une petite
conséquence pour l'intelligence
des écrits des philosophes et pour la
pratique de notre divin oeuvre.
Chapitre 1er
De l'Extraction des teintures
Après avoir tiré notre matière de
sa minière, vous la laverez bien pour
lui ôter ses impuretés, et après l'avoir
lavée, vous la laisserez tomber par
@

57.

résidence et rassoire au fond de l'eau,
vous la dessécherez, et la calcinerez,
et quand elle sera bien calcinée et
pulvérisée et broyée en menue
partie, vous la mettrez à part.

Il est nécessaire que vous en ayez
une bonne grande quantité, parce
qu'elle contient beaucoup de matière
mais peu d'esprit. Car c'est de cette
seule et unique matière dont nous
tirons tout ce qui est nécessaire à
l'oeuvre par une voie linéaire.

Un certain philosophes décrit parfaitement
bien cette opération par
ces termes, il dit qu'après l'écoulement
des eaux du déluge universel, l'arche
se trouva sur la montagne d'Armé-
nie. Montez, dit-il, sur cette montagne
vous y trouverez une terre limone-
use d'où sortira un ruisseau d'une
admirable vertu; et il ajoute, si vous
ne m'entendez pas, vous n'êtes pas philosophes
et vous ne le serez jamais.
@

58.

Ce philosophes a raison de parler ainsi,
car dans cette opération ici, il
faut qu'il précède un déluge d'eau,
après lequel l'arche repose sur la
montagne qui est notre matière et
notre sujet, il faut pénétrer et traverser
cette montagne pour en faire
sortir ce ruisseau et une eau d'une
vertu incomparable. C'est de cette
eau que sortent nos luminaires comme
vous verrez ci-après.
C'est après le déluge de l'eau que
l'arche reposa sur cette montagne
d'Arménie; de même c'est après les
fréquentes et réitérées ablutions de
notre terre que nous en tirons l'axonge
et toute l'onctuosité qui est la matière
prochaine de la pierre de laquelle nous
frappons la pierre, et le Rocher par
la verge d'Aaron pour en faire sortir
cette eau vive propre pour la santé
des esprits et des corps : et toute impure
qu'elle est encore; son simple usage
@

59.

guéri plusieurs maladies comme on
en a fait l'expérience; et si vous laissez
écouler doucement l'eau qui couvrait
cette montagne; vous verrez de vos
yeux l'arche du Seigneur [c'est-à-
dire que le soleil et l'or, dans son 1er
être, brillera visiblement à vos
yeux] et le signe de paix, c'est-à-dire
l'arc en ciel reluira avec toutes
ses couleurs.

Mais pour faire ces lotions et ablutions;
ne pensez pas que ce soit avec
l'eau commune des fontaines et des
rivières. L'eau dont nous nous servons
a bien d'autres vertus. C'est
une eau qui renferme toutes les
vertus du ciel et de la terre, c'est
pourquoi elle est le Dissolvant général
de toute la nature, elle ouvre
les barrières, et c'est elle qui ouvre
toutes les portes de Notre Cabinet
hermétique et Royal où son renfermés
notre Roi et notre Reine, aussi
elle est leur bain, ils s'y lavent.
@

60.

C'est la Fontaine de Trévisan où le
Roi se dépouille de son manteau de
pourpre pour se revêtir d'un habit
noir qui donne à pict. L'expression
de ce philosophe est admirable, il nous
décrit par la naissance du Corbeau
cette couleur si nécessaire dans l'oeuvre
et si à souhaiter.
Il est vrai que cette eau est difficile
à avoir, c'est ce qui a fait dire au
Cosmopolite dans son énigme, qu'elle
était rare dans l'île; mais il vous
indique le temps de la cueillir par
cette figure; il dit que les prés de
cette île étaient émaillés de mille
fleurs et que dans ces prés, paissaient
des moutons et des boeufs gardés
par deux jeunes Bergers; il nous
veut faire remarquer par cette énigme
qu'il faut recueillir cette eau au
printemps, lorsque le soleil parcoure
les 3 signes pict. célestes, les moutons
marquent le signe du Bélier, les
Boeufs le signe du Taureau; et les deux
@

61.

Bergers le signe des Jumeaux qu'on
dépeint comme 2 jeunes enfants, ces
prés émaillés de mille fleurs, marquent
la qualité de cette eau qui contient
des vertus innombrables.

Cet auteur nous la marque plus
particulièrement par ces paroles
[elle n'est pas semblable à l'eau qui
sort de la nue, mais elle en a toute
l'apparence; en un autre endroit, il
nous la décrit sous le nom d'Acier
et d'Aimant. Car c'est véritablement
un aimant qui attire à elle toutes les
influences du Ciel, du Soleil, de la
lune et des astres, pour les communiquer
à la terre; il dit que cet acier se
trouve dans Ariès qui marque encore
le commencement du printemps, lorsque
le Soleil parcourt le signe du image.

Vous ne pouvez avoir cette eau que
par le moyen de notre terre qui
l'attire à elle de la même manière
que l'eau de l'arbre, de la plante, est
attirée par ses racines ; c'est pourquoi
@

62.

ils ont besoin de fréquents arrosements;
de même nous ne pourrons avoir
cette eau que par de fréquents arrosements
réitérées par lesquels arrosements
la terre étant toute remplie
d'eau, elle l'a comme par lotion,
nous la lavons donc plusieurs fois
et dans cette lotion, elle donne toute
la vertu à l'eau, non pas à la 1ère fois
mais à la 7ème car nous avons dit que
notre cabinet avait sept portes figurées
et par ces 7 lotions. Car le Roi et
la Reine n'en sortent que par ce moyen.
Chapitre 2ème
De la séparation des éléments.
Il est impossible de faire une véritable
séparation des éléments dans notre
oeuvre sans qu'il y aie précédé la
putréfaction ; c'est par le moyen de
cette opération que la nature se dépouille
de toutes ses impuretés, parce
qu'il y a dans nos principes, dit Philalète
beaucoup de superfluité de
@

63.

différente nature qui ne peut jamais
se rendre assez pure.

Arnaud dit, chap 6 que notre
pierre se divise en 4 éléments, afin
quelle se subtilise davantage, et quelle
se purifie mieux en se séparant de
ses fèces, et qu'après on la joigne plus
fortement. Car quelque chose que ce
soit qui soit née ou qui nais, il faut
qu'il ait été pourri auparavant,
comme le grain de froment qu'il faut
qu'il soit jeté en terre, qu'il pourrisse
avant qu'il prenne aucune autre for-
me. C'est l'ordre établit dans la nature.
C'est ce feu de fumier si nécessaire à
la production des fruits de la terre.
C'est cet essieu d'Espagnet qui fait
tourner la roue de la nature, ce feu
qu'il faut introduire dans la matrice
et qui fait toutes les merveilles qu'on
remarque dans notre oeuvre dont
j'ai parlé, et ce premier agent
de Flamel et que Pontanus décrivent
admirablement bien en disant qu'il
est aqueux, aérien, ignée et terrestre,
@

64.

et qu'il le compare aux 3 humeurs
de notre corps en disant qu'il est
flegmatique, colérique et mélancolique.
Trévisan dit à peu près la même
chose, en disant qu'il est vaporeux,
circondant, digérant, non brûlant.
Tout cela nous marque ce feu de putréfaction,
participant des quatre
qualités ; de froid, de chaud, de sec et
d'humide ; il dit aussi qu'il participe
du soufre et qu'il est argent-vif. C'est
par le moyen de ce feu qui ne vient
pas de la matière, mais qui est prit d'ailleurs
et qui achèvera tout l'ouvrage
sans l'apposition des mains de l'artiste
car il putréfie, corrompt, et engendre et
perfectionne ce qui est impur et imparfait,
il fait apparaître les principales
couleurs de l'oeuvre qui sont le noir
le blanc et le rouge, il change, cuit et
digère la matière crue par le moyen
de quoi on multiplie la pierre. C'est la
@

65.

Clef des philosophes qu'ils n'ont
jamais enseignés. [cette oeuvre
s'accomplit donc en peu de temps par
le moyen de ce feu et sans l'aide de l'artiste,
parce qu'il se putréfie, se corrompt,
se régénère et se perfectionne de lui-
même, comme il est déjà expliqué ci-
devant; et de plus il fait apparaître les
3 couleurs qui sont le noir, le blanc
et le rouge, et par le moyen de notre
feu: la médecine se cuit, se digère et se
change et se multiplie, en y ajoutant la
matière crue en quantité et qualité. Il est
le 1er et le propre agent.

Ce feu se trouve dans le fumier. C'est
pourquoi il donne la fécondité à
la terre en corrompant et putréfiant
les semences. C'est pour cela qu'il est
appelé feu de fumier.

Flamel nous en fait une peinture
assez juste dans les figures d'Abraham
le juif dépeintes dans la Bibliothèque
Chymique: il nous dépeint un vieux
@

66.

chêne creux d'où sort une fontaine,
et de la même eau un jardinier arrose
les plantes et les fleurs d'un parterre;
le vieux chêne marque, et qui
est creux, le tonneau qui est fait de bois
de chêne dans lequel il faut corrompre
l'eau qu'il réserve, pour arroser
les plantes, qui est bien meilleur que
l'eau crue.
Les philosophes ont bien d'autres
feux que j'expliquerai en son lieu et
en leur place. Le secret de cette opération,
est de savoir le temps préfix de
cette putréfaction; car il faut que
vous preniez bien garde qu'elle ne passe
en putréfaction ladreuse et vermiculaire,
car tout votre oeuvre serait
détruit.
Si la matière n'est pas aussi corrompue
et mortifiée, vous ne pourrez pas
extraire nos éléments et nos principes,
et pour vous aider en cette difficulté,
je vous donnerais des signes pour la
@

67.

connaître.

Quelques philosophes l'ont aussi mar-
qué. Morien dit, il faut qu'on y remarque
quelque acidité, et quelle ait
quelque odeur de sépulcre.

Philalète dit qu'il faut qu'elle paraisse
comme des yeux de poissons.
C'est-à-dire des petites bouteilles sur
la superficie et qu'il paraisse qu'elle
écume ; car c'est une marque que la
matière se fermente et qu'elle bout.
Cette fermentation est fort longue,
et il faut avoir une grande patience,
parce qu'elle se fait par notre feu secret
qui est le seul agent, comme dit l'auteur
de la Guerre des chevaliers
qui peut ouvrir, sublimer, putréfier
et ce feu, ajoute-t-il, est une eau céleste
qui opère la solution, l'animation
et la purification de la pierre.

Or, c'est ici le lieu de découvrir un
des grands mystères de cet art que les
philosophes ont caché, sans lequel
@

68.

vaisseau, vous ne pouvez pas faire
cette putréfaction et purification de
nos éléments: de même qu'on ne saurait
faire le vin sans qu'il ait bouilli dans
le tonneau. Or comme le tonneau est
fait de bois de chêne, de même le
vaisseau doit être de bois d'un vieux
chêne tourné en rond en dedans
comme un demi-globe dont les bords
soient fort épais en carré; à faute
de ce, un baril, un autre pareil,
pour le couvrir. Presque tous les philosophes
ont parlés de ce vaisseau absolument
nécessaire pour cette opération.
Trévisan dit que proche la fontaine
qui doit être le bain du Roi, elle
était au pied d'un chêne. Philalète
le décrit par la fable du serpent
python que Cadmus perça d'outre en
outre contre un chêne creux. Flamel
rapporte la même fable à ce sujet et
dit qu'il faut prendre garde à ce mot
@

69.

de chêne. Notre chêne, dit Abraham
le juif et qui montre la chose
plus précisément par la figure rapportée
par Flamel dans la Bibliothèque
Chymique. Vous y voyez un
vieux chêne d'où coule une eau
dont le jardinier arrose les plantes
d'un parterre qui sort du tronc d'un
vieux chêne; il y a deux fleurs et
des Roses au dessus, l'une blanche et
l'autre rouge qui marquent que c'est
notre eau qui contient le blanc et le
rouge, le soleil et la lune, cela marque
encore que c'est de ces deux substances
que nous faisons notre vin marqué
par le tonneau.

Il y a une figure, dans le livre des
12 clefs qui représente cette même
opération et le vaisseau où elle se fait.
C'est un tonneau d'où il sort une grande
fumée qui marque la fermentation
et l'ébullition de cette eau, et cette
fumée se termine à une fenêtre, ou
@

70.

v.p. 29 on voit le ciel où sont dépeint le soleil
et la lune qui marquent l'origine de
cette eau et les vertus qu'elle contient.
C'est notre vinaigre mercurial qui
descend du ciel en terre et monte de
la terre au ciel.
De L'Extraction des deux
Luminaires, or et mercure.
Il faut premièrement distiller ce
vinaigre, il n'est pas d'un grand
usage pour ainsi dire. Vous le mettrez
dans un alambic de verre, adapté
avec son chapiteau et son récipient.
vous distillerez d'abord à feu lent, et
lorsqu'il ne distillera plus rien, vous
remettrez sur les fèces l'eau qui aura
distillé dans le récipient, puis vous
recommencerez la distillation, si au
même feu il ne distille plus rien, vous
augmenterez un peu le feu, et vous
continuerez ce même degré, jusqu'à ce
qu'il ne monte plus rien en haut de
@

71.

l'alambic. Alors remettez ce qui est
distillé dans l'alambic et recommencez
la distillation et faite de même que ci-
dessus, augmentant le feu à proportion
que vous voulez faire monter l'eau.
Vous ferez le 1er au B.M., le 2ème aux
cendres, et le 3ème au feu de sable et lors
qu'il ne montera plus rien par le feu de
sable, vous laisserez refroidir le vaisseau
et ayant versé l'eau qui se trouvera
dans la cucurbite par inclination,
vous prendrez les fèces qui sont au fond,
calcinez-les jusqu'à blancheur; ensuite
vous mettrez votre eau à part, et vous
la distillerez par une petite cornue.
Cette eau est l'esprit blanc et lunaire
avec laquelle on tire l'esprit rouge
de la terre blanche. Pour lors elle se
teindra en rouge étant en digestion
ou jaune citrin au B.M. [car cette terre
blanche contient l'esprit rouge et le sel]
quand elle aura cette couleur; versez
l'eau par inclination que vous mettrez à
@

72.

part, puis de nouvelle eau distillée ;
après avoir calciné la terre et réverbéré
vous mettrez de nouveau vinaigre distillé
sur la matière qui est dans la cornue
jusqu'à ce qu'il ne teigne plus;
puis poussez-la par la cornue ; Il passera
d'abord un esprit blanc, puis un esprit
rouge qui se teindra par réitérée cohobation
avec le susdit vinaigre distillé
et quand le vinaigre ne prendra plus
de teinture [après lui avoir donné le
feu de sable]. Cette opération vous
donnera le mercure rouge et le mercure
citrin. Vous prendrez ce qui restera
au fond de la cornue, puis vous le mettrez
au fourneau du petit réverbère
pendant 24 heures, et quand elle sera
bien réverbérée et blanche et parfaitement
broyée, vous mettrez cette matière
dans un petit vaisseau de verre, et vous
verserez dessus quatre doigts de vinaigre
distillé, puis ayant bouché le vaisseau,
vous le mettrez au B.M. pendant 8
jours, au bout desquels vous verserez
@

73.

le vinaigre par inclination, prenant
bien garde de troubler le fond.

Ensuite, vous mettrez de nouveau
vinaigre et vous ferez comme à la 1ère
fois, et vous verserez par inclination
le dit vinaigre; vous jetterez après les
fèces comme inutiles.

Ensuite vous évaporerez les dits vinaigres
à feu lent et vous trouverez au
fond du vaisseau, un sel qui a des vertus
admirables : et si vous voulez encore le rendre
plus parfait, vous recommencerez
la même opération comme ci-devant,
et votre sel sera blanc comme cristal.
Ce sel est le corps de la lune qui sert
pour l'ouvrage au blanc et à la composition
du mercure des philosophes
comme il est dit au chapitre 2ème v.p.10

Vous verserez dans un petit matras ce
sel précieux qui se dissoudra en versant
dessus l'esprit blanc distillé par la cornue
et le mettrez au B.M. pendant 8
jours, puis versant le tout par inclina-
@

74.

tion et rejetant les fèces ; vous aurez
le mercure de la lune et l'esprit blanc.
C'est la Diane et la femelle qui est encore
vierge, n'ayant pas encore souffert les
embrassements du mâle, la lune vive.
Vous joindrez ensemble le mercure
blanc et le mercure rouge. 2. parties
du mercure blanc sur une partie du
mercure rouge. Cette liqueur ainsi
mélangée s'appelle 1er élixir, dont on
tire les luminaires, en la manière qui
est ci-après. Ceux-ci ne sont rien que
les esprits, et ceux qui suivent les esprits
ce sont les corps.
Les auteurs qui ont parlé de cette
opération sont premièrement Penot
qui en parle sous la préparation de sa
marcassite dans une lettre écrite en
latin, où il avertit de ne pas prendre à
la lettre ce qu'il en dit, car auparavant
dit-il, il faut bien méditer sur ce que
disent les philosophes dans leurs livres
et qu'il ne faut pas prendre ce qu'ils
@

75.

disent mot à mot, mais il en faut prendre
le sens. [c'est pourquoi qu'un chacun
s'attache et s'applique à découvrir ce que
les philosophes veulent dire; et d'interpréter
le sens de leur paroles et non pas
leur paroles mêmes, il faut donc les
bien étudier, les bien approfondir et les
méditer d'une manière à pouvoir les
comprendre, c'est le seul moyen de
parvenir à leur science.

Vous trouverez beaucoup de ces opérations
dans Isaac Holandois, si vous
savez en séparer les fausses opérations
qu'il y mêle dans son extraction du miel
et du sucre et sa petite herbe de rose
solaire; si vous en savez prendre comme
l'abeille, le véritable miel et la véritable
rosée et que vous connaissiez que
ce qu'il entend, par ces mots de miel, de
herbe solaire et de sucre qui n'est pas
une petite difficulté, et que vous puissiez
distinguer les vrais opérations des fausses
avec tous les vaisseaux inutiles dont les
@

76.

philosophes disent se servir pour cacher
leurs opérations aux faux philosophes
et aux chimistes vulgaires : car les
auteurs qui parlent plus clairement
ce sont ceux dont il faut bien se donner
de garde de les suivre à la lettre. C'est
pourtant celui de tous les philosophes
qui entre le plus, dans la pratique des
opérations.
Arnauld de Villeneuve est aussi le
philosophe qui écrit dans ce genre,
il semble dire les opérations à la lettre
Geber, Raymond Lulle et Riplée ont
presque suivis la même méthode; il
faut lire les philosophes avec un grain
de sel.
Basile Valentin est encore fort prolixe
dans ses 12 clefs; ce qui donne bien de
la peine au commencement. Il vaut
mieux s'attacher à la lecture de ceux
qui continuent d'écrire toute l'oeuvre
en peu de paroles et s'attacher à savoir
les principes de ce grand ouvrage avant
de mettre la main à l'oeuvre, afin d'avoir
@

77.

des règles certaines des principes
pour connaître et distinguer ce que les
philosophes disent de vrais et de faux.
C'est pour vous aider dans cette pratique
que je vous ai donné d'abord les principes
qui vous doivent servir de guides
pour vous faire sortir de ce labyrinthe,
et vous donner des lumières pour vous
éclairer, afin que vous ne puissiez pas
vous égarer dans cette forêt noire et
sortir de ces ténèbres. C'est de ce dont je
veux vous avertir avant que de passer
à la suite des autres opérations. Philalète
dit que ces opérations-ci sont les
travaux d'hercule, qu'il faut essayer
les autres étant beaucoup plus faciles,
parce que la nature y a plus de part que
l'art ; parce que dit-il, c'est ce qui a fait
dire au fameux auteur du Secret hermétique
que ce 1er travail est un travail
d'hercule parce qu'il y a dans nos
principes beaucoup de superfluité hétérogène,
c'est-à-dire de différente nature
qui ne peuvent jamais être rendue assez
@

78.

pures pour servir à notre ouvrage
et qu'il faut absolument ôter avant
qu'on puisse tirer le sang menstrual
de notre prostituée ; c'est-à-dire de
notre mercure, ce n'est pas qu'une
femme ne puisse faire cet ouvrage,
pourvue qu'elle en fasse son ouvrage
principal. Mais quand une fois on a
le mercure des philosophes tout préparé,
alors on a trouvé le repos.
On peut, dit-il, trouver en un autre
endroit notre matière et notre or philosophique
en une matière impure et
imparfaite en une semaine; c'est notre
voie qui est aisée mais rare. Dieu
l'ayant réservée pour les pauvres et pour
les gens de bien qui sont dans le méprit.
C'est celle-ci que nous décrivons; l'autre
plus difficile est la minérale. L'une
et l'autre de ces 2 voies sont véritables
parce que ce n'est qu'une même manière
d'agir dans la fin, quoiqu'elles soient
différentes au commencement car notre
soleil n'est pas l'or vulgaire et néanmoins
il est dans l'or vulgaire, mais cette
@

79.

voie de le chercher est la plus longue et
si avec cela, il ne sera pas encore si puissant
ni si excellent que celui que la
nature nous a laissé et comme mit entre
les mains, et cependant tournant la
Roue pour une 3ème fois, vous trouverez
le même dans tous les deux ? mais
celle-ci se fait en 7 mois et elle est la
plus aisée, et l'autre en un an et demi
et c'est la pierre minérale.

Sachez donc que l'on ne trouve que
cette seule difficulté, en lisant les livres
des philosophes les plus sincères ; qui est
que tous tant qu'ils sont, donnent le
change dans le seul régime et lorsqu'ils
parlent d'un ouvrage, ils mêlent
le régime et la pratique de l'autre.

Chapitre 3ème
De l'extraction des corps des deux
luminaires soleil et lune.

Il n'y a rien de si caché dans les philosophes
que cette opération qui est suivie
de plusieurs autres et dont ils ont très peu
@

80.

parlé ; bien que la perfection de notre
mercure en dépende. Les plus sincères
comme Artephius, le Trévisan et
Flamel, ont passé sous silence ces
opérations qu'ils ont supposées et ceux
qui en ont parlé ; ils l'ont fait si confusément
que sans une inspiration du
ciel ou sans le secours d'un ami, il est
impossible de sortir de ce labyrinthe.
|Ces opérations consistent dans la séparation
|et purification de notre mercure
|qui se fait par une dissolution
|parfaite et glorification et purification
|du corps dont il prend naissance et
|par l'union de l'âme avec le corps du
|soleil pur, c'est-à-dire de la lune avec le
|corps du soleil, dont l'esprit est l'unique
|lien qui opère cette conjonction, c'est
la fin et le but de ces opérations qui se
terminent à la génération d'une nouvelle
substance plus noble que la première,
dont il se fait le mercure des philosophes.
Tout le secret de ces opérations consiste
@

81.

à séparer le corps de la lune, de celui
du soleil renfermé dans la teinture
rouge que nous avons appelé esprit v.p.74
rouge dans le chapitre précédent, et
ou nous vous avons enseigné le moyen
de le tirer. Vous mettrez cet esprit
rouge ou la teinture image re dans un vaisseau
plat et dont le fond soit assez large
que vous couvrirez d'une espèce de
chape de verre qui ferme exactement
le vaisseau et ayant lutté les jointures
avec un lut convenable dans ce vaisseau,
vous y joindrez deux fois autant
d'esprit blanc que vous mettrez d'abord
au B.M. pendant 8 jours, comme le
conseille Arnaud de Villeneuve
en son Rosaire, parce que, dit-il, dans
cette distillation, il n'y a que les parties
de l'eau qui se pénètrent et se subtilisent,
ce qui se fait presque sans
chaleur. [et c'est les plus subtiles parties
de la matière qui se réduisent en nature
comme d'eau simple dans le vaisseau.
@

82.

et à l'égard de la terre qui contient
le feu et l'air, comme ils sont attachés
à des parties plus grossières; il est
besoin d'un feu de cendre]. Le Rosaire
chapitre sept.
Cette distillation se fait sans alambic
et dans le même vaisseau : la séparation
se fait de la terre et de l'eau,
sans que l'artiste y mette les mains.
Les 8 jours passés et lorsque vous verrez
que le rouge commencera à s'obscurcir,
vous changerez le feu et vous
mettrez un feu de cendre, sans laisser
refroidir votre matière, vous ouvrirez
de temps en temps votre vaisseau
lorsque vous verrez surnager sur la
superficie de l'eau une cendre noire
comme une terre subtile; vous la
cueillerez en manière qu'on cueille
la crème du lait. C'est la comparaison
qu'en donne Philalète, lorsqu'il dit
notre soleil en se coagulant en la façon
de fleurs et crème de lait et ce
@

83.

soufre doit surnager au dessus des
eaux en la façon d'une terre ou cendre
subtile. Cette terre subtile est
le soufre fixe et le corps mort qu'il
faut animer, en lui donnant son
âme étant enfermé dans son sépulcre,
signifiant par là, sa noirceur.

Arisleus très savant philosophe
nous décrit admirablement cette
opération dans sa 3ème énigme en ces
termes. C'est une racine qui se conserve
avec son suc vert remplit de force et de
sa propre humidité et convenable à la
nature solaire ; après cela on le met dans
le vaisseau où il se purifie, jusqu'à ce que
son esprit ou sa racine saline apparaisse
par la lotion liquide et teingeante
qu'il faut tout prendre avec le corps sans les
fèces et les parties grossières qui restent
par la teinture rouge qu'il tire de
cette racine, il enseigne la 1ère teinture
qu'il faut encore rectifier et clarifier
et de cette dernière qui est notre esprit.
@

84.

Il en faut séparer les fèces, et cette
séparation se fait, en exposant cette
teinture au soleil, ou à un feu semblable
à celui du soleil; puis il ajoute
qu'il est renfermé dans ce corps et
terre noire, une substance fusible
et pure qui ne se peut tirer qu'avec
beaucoup de travail et d'industrie.
Arnaud de Villeneuve, au chap. 4
décrit encore cette opération en ces
termes ; c'est pour lors que cette terre
noire est le corps de la matière étant
dissoute, prenez-la toute et mettez-la en digestion
en une chaleur tempérée, afin qu'elle se
putréfie et se digère plus facilement pendant
un mois philosophique, c'est-à-dire 30
jours, et faite-la cuire à un feu doux en
sorte que le tout s'évapore et se subtilise,
et il ajoute parce que la chaleur agissant
sur la 1ère humidité la noirceur, laquelle
noirceur est la tête du corbeau, mais le
principe de notre oeuvre est de dissoudre
notre pierre dans l'eau mercuriale.
@

85.

Or vous ne pouvez avoir cette eau mercuriale
que nous appelons la lunaire,
que par la séparation de cette
terre noire ; C'est pour lors que cette
terre noire est le corps du soleil et l'eau
est le corps de la lune. Il faut mettre à
part cette eau et cette terre noire qu'il
faut joindre par après comme nous
l'enseignerons au chapitre suivant, v.p.89
dit le Triomphe Hermétique page page 11
110. Vous avez pu remarquer que
dans les principales opérations de l'art,
ce sont toujours 2 choses qui en produisent
une, qui de ces 2 choses, l'une tient
lieu de mâle et l'autre de femelle,
l'une est le corps, l'autre est l'esprit ou
le mâle et sa femelle; le corps et l'esprit
ne sont autre choses que le corps et le
sang, et que ces 2 choses sont d'une
même nature et d'une espèce; de sorte
que la solution du corps dans son propre
sang est la solution du mâle par v.p.108
la femelle comme nous dirons ci-
après : ces paroles sont tirées de
@

86.

l'auteur de la Guerre des Chevaliers.
C'est ce que j'ai voulu vous marquer
parce qu'ils conviennent précisément
à ces opérations. Vous devez encore
connaître, comme dit le Triomphe
Hermétique, page 109 que l'intention
générale de notre art, est de purifier
exactement et de subtiliser une matière
d'elle-même, immonde et grossière
et que pour arriver à cette fin plusieurs
opérations sont requises qui
ne sont proprement qu'une même
opération diversement continuée.
Dans cette opération, ce n'est pas proprement
une séparation : mais plutôt
une conversion, comme le dit le
Triomphe Hermétique.
Cette opération est encore précisément
marquée dans le petit traité d'Aristote
qui se trouve dans l'Art aurifère
en ces termes, qu'il dit avoir
prit d'Avicenne.
@

87.

--------------------- quand vous verrez
paraître la noirceur sur la superficie v.p.81
de l'eau; recueillez-la adroitement et
soyez persuadé que votre pierre est dissoute
en partie; distillez-la toute par un
linge et ce qui restera, recuisez-la et réitérez
jusqu'à ce que le tout vienne en
noirceur au feu du 1er degré chaud et
humide; et si vous faite un feu plus
fort, la noirceur se convertira en rougeur,
ce qui prouve qu'elle sera brûlée.
C'est pourquoi si vous dirigez bien votre
feu selon l'art vous trouverez la tête
du corbeau qui est la noirceur.



Il faut prendre garde qu'à mesure
que se fait et se sépare cette cendre
noire, il faut avoir soin de la mettre
à part, puis remettre votre vaisseau
au B.M. et continuer ainsi jusques à
ce que le rouge n'en donne plus ce signe
que vous en aurez, est que l'eau deviendra
blanche.
@

88.

Après avoir desséché cette terre noire
mit à part par un feu lent, vous la
mettrez dans une cucurbite ou un
matras et vous réserverez dessus l'eau
blanche ou la lunaire ci-dessus décrite
et vous mettrez ces 2 substances au
feu de putréfaction pendant un mois
philosophique ainsi que dit Avicenne
rapporté dans le petit traité
d'Aristote. Prenez, dit-il, ce qui est dissout,
mettez le dans une cucurbite et
versez dessus la poudre noire que vous
avez ci-devant ramassée, enfermez-la
dans l'alambic que vous mettrez après
sur un feu lent pendant un mois philosophique
afin qu'il soit plus corrompu
et putréfié.
Chapitre 4ème
De la Conversion des éléments
et la Conjonction des deux luminaires,
la lune et le soleil.
Le temps de cette putréfaction étant
achevée, vous ajouterez sa chape et le
@

89.

récipient à la cucurbite, vous distillerez
par un feu très lent, de peur de
brûler les teintures, ce qui ferait changer
le corps noir en un rouge qui
serait le signe qu'il serait brûlé, ce
qu'il faut soigneusement éviter comme
nous avertit Aristote dans son petit
traité de la pierre des philosophes.
Fermez, dit-il votre vaisseau de peur
que ce que vous y aurez mit dedans
ne s'évente, et pendant 8 mois philosophique,
et faite le distiller doucement,
et prenez bien garde que vous
ne brûliez la teinture par un trop
grand feu. Rasis dit aussi que le secret
de cette opération consiste à préparer
subtilement et que si on brûle
la teinture, l'artiste n'en doit attendre
aucun bon effet.

Arnauld de Villeneuve chapitre 8
dit la même chose, et remettre le tout
en digestion, en cas que cela arrive
et recommencer les opérations.
@

90.

Il conseille de se servir pour cela du
feu de fumier, c'est-à-dire d'un feu
vaporeux et humide.
Pour faire cette opération comme il
faut, qui consiste à blanchir ce corbeau
qui s'appelle aussi ablution et
inhumation ; il faut distiller toute
l'eau au dit B. et vous trouverez une
terre noire au fond de la cucurbite
et après avoir distillé jusqu'à siccité,
vous l'arroserez doucement et l'imbiberez
de son eau distillée, puis dessécherez
; puis vous lui donnerez de nouveau
à boire de la même eau peu à
chaque fois. Car si vous faite autrement
et si vous mettiez trop d'eau, vous
éteindriez le feu de la dite terre ou
vous la dissoudriez trop promptement ;
vous lui ferez boire autant d'eau
qu'elle en pourra boire. Or par les
réitérées arrosements et distillations
la terre se blanchira. Avicenne dit
qu'à la 7ème distillation elle sera blanche
et claire comme cristal, ce qu'il entend
@

91.

par la 2ème opération qui suit celle-
ci. Car dans celle-la, elle est seulement
blanche, alors l'on tire le sel armoniac
ou le sel nitre du Cosmopolite avec
l'esprit lunaire pour extraire le
mercure des philosophes, comme
nous le dirons ci-après ; confondant
les 2 opérations ensemble. Continuez
donc doucement le feu et mettez un récipient
pour recevoir l'eau qui en sort,
car ce qui se distille le premier est l'eau
flegmatique qui n'est jamais pure, ensuite
le feu vient après avec l'air qui
est mêlé avec lui, les gardant ensemble
jusqu'à ce que vous la divisiez, et ce qui
reste au fond, c'est la terre brûlée et
sèche. Ainsi vous avez les 4 éléments
séparés en parties, mais qui ne sont pas
encore purifiés; le 1er élément qui sort
est l'eau pure, froide et humide de sa
nature, qu'il faut distiller 7 fois et
elle sera très belle et claire et blanche
comme cristal.
@

92.

Il y a encore d'autres philosophes qui
mêlent ces deux opérations-la ensemble.
Arnauld de Villeneuve confond de
même ces 2 opérations; des deux
n'en faisant qu'une, lorsqu'il la
décrit en ces termes, que toutes les
terres et fèces qui viennent des séparations
des éléments et des principes, il
les faut joindre à la terre noire. Il
ajoute encore de l'eau qui a été distillée
7 fois, on doit la partager aussi
en 7 et les mettre l'une après l'autre
sur la terre, parce qu'elle est le mercure
des philosophes. Ainsi si on ne connaît
pas les principes de notre science, il
est facile de se tromper par la lecture
des livres de ces philosophes, parce
qu'ils joignent souvent différentes
opérations ensemble et qu'ils entremêlent
souvent de fausses, pour cacher
leurs sciences aux ignorants.
L'auteur du Combat des Chevaliers,
nous marque fort doctement et
@

93.

d'une manière palpable au livre du
Triomphe Hermétique, page 132
par ces mots. Après que le sage
a fait sortir de la pierre une
source d'eau vive qu'il a exprimé
le suc de la vigne des philosophes
et qu'il a fait leur vin [c'est la liqueur
qu'il a mit dans le creux du chêne,
dont il a tiré le vin]. Il doit remarquer
que dans cette substance
homogène qui paraît sous la forme
d'eau [c'est-à-dire lorsqu'elle est séparée
du noir.] Elle contient [néanmoins
en puissance] trois substances
différentes et 3 principes naturels
de tous les corps, sel, soufre, et mercure
qui contient l'esprit, l'âme et le corps.
C'est pourquoi on dit que notre
pierre a esprit, corps, et âme; et bien
qu'ils paraissent purs et parfaitement
unis ensemble ; il s'en faut beaucoup
qu'ils le soient encore, car lorsque par
@

94.

la distillation, nous tirons l'eau
qui est mêlée avec l'âme et l'esprit ; le
corps demeure au fond du vaisseau comme
une terre noire morte et féculente,
mais comme dit Pontanus, tout ce qu'il
y a de superflu, d'immonde et de féculent
reste au fond. Enfin toute la substance
du composé se perfectionne par
l'action de notre feu. Puis il ajoute
que les Enfants de la science ne doivent
pas ignorer que le feu et le soufre sont
cachés dans le centre de la terre, ou de
cette terre noire qu'il faut laver avec
son esprit, c'est-à-dire plus exactement
avec le corps lunaire qui est l'esprit
blanc avec son blanchissement pour en
extraire comme le même auteur
ajoute, le baume, le sel fixe qui est le
sang de notre pierre ; d'où se forme, comme
nous enseignons ci-après le mercure des
philosophes et le dissolvant des corps
parfaits du soleil et de la lune, tant pour
le blanc que pour le rouge. Ce qui est
@

95.

confirmé par Arnauld de Villeneuve v.p. 29 et
au chapitre 8. Cette eau qui a été distil- 70
lée 7 fois vous en mettrez une des sept
partie sur cette terre précieuse ou ce sel
fixe, parce qu'elle est le mercure des philosophes
et qui fait le mariage, et c'est
cette eau qui lave le laton. Et l'esprit qui
aura dissout le corps du soleil servira seulement
pour le rouge, se donnant bien de
garde de ne les pas confondre ensemble.
Ce qu'Arnauld de Villeneuve nous
donne à entendre dans le même endroit
cité. Vous agirez de la même manière
de l'eau rouge, comme vous avez fait de
l'eau blanche, parce que c'est la même
méthode qu'il faut observer et qui fait
le même effet, si ce n'est que cette eau
blanche sert pour faire le blanc, et la
rouge pour faire le rouge. Ne mêlez
donc pas ces deux eaux ensemble parce
que vous perdriez votre ouvrage et c'est
ainsi que vous serez sûr, en observant
ce que l'on vient de dire.

Vous avez par ces opérations la lune jointe
@

96.

au corps du soleil qui ne font qu'un corps;
laquelle terre est appelée des philosophes
de plusieurs noms, comme arsenic,
leur venin, leur terre feuillée parce
qu'elle est comme en feuille, de laquelle
se tire le sel fixe et le sel armoniac et le
mercure sublimé pour faire le mercure
des philosophes. Nous vous enseignerons
la manière de le faire au chapitre suivant,
en quoi consiste le grand secret de
cet art.
Chapitre 5ème
Du mercure des philosophes.
C'est ici le lieu de parler de cette eau
admirable dont les philosophes disent
tant de vertus, et qu'ils appellent
par excellence leur mercure dont ils
ont caché la composition, par une
infinités de termes seuls connus des
véritables philosophes, par des
allégories, des similitudes et par mille
noms empruntés, et sous des termes
@

97.

non seulement équivoques, mais
même opposés. Ce qui paraît une
contrariété étonnante à ceux qui
ne sont pas initiés dans nos mystères
philosophiques. Ce qui les obligent
d'en user ainsi, c'est que quand on
est une fois parvenu au moyen de
faire cette eau, le travail est
beaucoup moindre que les précédentes
opérations ; elle a néanmoins
encore quelques impuretés qu'il
faut séparer, et doit encore passer
par les degrés, avant qu'elle vienne
à sa perfection pour en faire le
parfait élixir.

Cette eau est la clef et le chef d'oeuvre
de la philosophie hermétique
puisque par elle, se commence, se
perfectionne, et s'achève enfin leur
grand oeuvre qu'ils appellent leur
pierre; et le grand Hermes n'en dit
les propriétés et les vertus qu'avec
@

98.

exclamation qu'il décrit, sans dire
un mot comme elle se fait et de ce
dont elle est tirée. [O bienheureuse
forme aqueuse, par ce qu'elle dissout
tous les éléments] il dit encore, les
éléments de la pierre ne peuvent être
dissous que par cette eau toute divine
par une digestion et putréfaction
proportionnée.
Artephius, Flamel, le Trévisan
et il ne s'en trouve presque pas un qui
n'aie supposé sa préparation, quoi
que la plus importante. Car c'est elle
qui fait la sublimation de la pierre
et la conversion des principes et des
éléments, ainsi que le marque l'auteur
v.p.64. des Combats des Chevaliers,
qui fait l'eau de la terre, l'air de l'eau
et le feu de l'air, par laquelle voie,
notre mercure peut être fait et
préparé.
Le Triomphe Hermétique page 130
dit que c'est dans elle qu'est contenu
@

99.

le feu sacré des sages qui par conséquent v.p. 29 et
est l'unique instrument qui puisse 30 et
opérer cette sublimation. Je vous ai encore la page
décrit ce feu, et je vous ai révélé ce 99 le chap 3. aussi.
puissant agent qui opère toutes les v.p. 67
merveilles de cet art : si vous ne l'avez
pas comprit, vous devez prier Dieu
qu'il vous éclaire. Car la connaissance
de ce secret, dit l'auteur du
Triomphe Hermétique, est plutôt
un dont du Ciel qu'une lumière acquise
par le raisonnement ; c'est par
le moyen de ce feu qui est renfermé
dans cette eau et notre mercure qu'elle
dissout, dit l'auteur du Triomphe
Hermétique, la pierre naturellement
et sans violence, et la fait résoudre
en eau dans la grande mer des
sages, par la dissolution qui se fait des
rayons du soleil et de la lune qui est la
vigne des sages, leur eau de vie rectifiée
et leur vinaigre très aigre.

C'est donc la plus importante de toutes
@

100.

les opérations de notre pratique et
comme c'est le Dédale où le Disciple
de notre art demeure, infailliblement
sans en pouvoir trouver l'issue
heureuse. C'est pourquoi je m'étendrai
un peu plus que les philosophes
n'ont fait, qui ne parlent si confusément
de cette eau, que sans une inspiration
du Ciel, il n'est pas possible
de le comprendre.
Vous voyez par la, qu'il n'y a rien de si
rare et de si précieux que cette liqueur
qu'ils ont cachée sous mille noms différents,
les uns l'appellent leur eau
de vie, les eaux, l'eau de Diane, la grande
lunaire, l'eau d'argent-vif, notre
mercure, notre huile incombustible
qui au froid se congèle comme la glace
et se liquéfie à la chaleur comme le
beurre. Hermes l'appelle la terre
feuillée ou la terre des feuilles.
Car la matière dont elle est tirée, est
toute feuillée: en un mot la fontaine
@

101.

très claire dont le Comte de Trévisan
fait mention, et le Triomphe Hermétique
page 144. qu'elle est enfin le
grand Alkaest qui dissout radicalement
les métaux parfaits, elle est la
véritable eau permanente, qui après
les avoir dissout, elle s'unit inséparablement
à eux, et en augmente le poids
et la teinture.

Je m'assure que vous, qui êtes les
véritables enfants de la science :
vous recevrez une très grande satisfaction
de l'éclaircissement de ces
mystères cachés qui regardent la séparation
et la purification des principes
de notre mercure, dont je vous ai
touché au chapitre précédent la
préparation des plus grossières et de la
matière dont et d'où il prend son ori-
gine. Dans ce chapitre ici les éléments
sont plus spirituels et dégagés de la
matière ; je suivrais donc par ordre
tout ce qui regarde la purification de
@

102.

cette eau divine, et je suivrais par
ordre tout ce qui en dépend jusqu'à son
entière perfection, et j'y ajouterai
tout ce que les auteurs les plus fameux
ont dit plus précisément et très confusément.
Or, comme l'intention des sages est
de donner à l'or plus de perfection
qu'il n'a reçu par la nature, et lui
donner la vertu de se multiplier pour
en faire leur médecine universelle.
Sur ce principe il est évident que l'or
commun n'est point leur or, puisqu'il
est finit et qu'il ne peut acquérir une
plus grande perfection. C'est ce que dit
le Triomphe Hermétique dans le Dialogue
de la pierre avec l'or vulgaire;
l'or, dit-il, est un métal parfait lequel
à cause de sa perfection ne saurait
être poussé à un degré plus parfait.
De sorte que, de quelque manière que
l'on puisse travailler avec l'or, soit
qu'on sache extraire sa couleur et sa
@

103.

teinture, l'artiste n'en fera jamais
plus d'or et ne teindra jamais une plus
grande quantité de métal. Raymond
Lulle dit, ce qui doit être rendu meilleur,
ne doit pas être parfait ; parce
que dans ce qui est parfait, il n'y a rien
à changer et qu'on détruirait bien plutôt
sa nature.

Il y a, dit Geber dans la profondeur
de notre mercure, un soufre qui le
cuit et qui le digère. C'est ce soufre qui
est leur or vif qui donne la vie même
à l'or commun, qui fait végéter et
multiplier par le moyen de notre
eau, et qui forme et accomplit notre
grand oeuvre, qu'ils appellent communément
pierre philosophale.
Il faut remarquer en passant que
le terme de pierre, est prit en plusieurs
sens différents de l'oeuvre; ce qui fait
dire à Geber qu'il y a 3 pierres qui sont
les 3 médecines répondant aux 3 degrés
de perfection de l'oeuvre : de sorte que
@

104.

la pierre du 1er ordre est la matière des
philosophes parfaitement purifiée
et réduite en pure substance mercuriale.
La pierre du 2ème ordre est la même
matière cuite, digérée et fixée en
soufre incombustible. La pierre du
3ème ordre, est cette même matière
fermentée, multipliée et poussée à la
dernière perfection de teinture fixe
permanente et teingeante.
Pour connaître ce qu'entendent les
philosophes par leur or, il faut savoir
qu'il y a 3 sortes d'or. Le 1er est un
or astral qui est produit par la lumière
et les rayons du soleil dont son corps
est le centre ; C'est une substance ignée
et une continuelle émanation des
corpuscules solaires qui remplissent
tout l'univers et qui se mêlent dans
tous les mixtes. Le 2ème est un or élémentaire
et la plus pure partie du soufre
fixe renfermé dans le profond des éléments
et dont chaque mixte renferme un
@

105.

grain de ce précieux or qui est multiplié
par cet or astral dont il en est
l'aimant et qui forme l'or des philosophes
: lorsque cet or a été parfaitement
calciné et exalté, c'est-à-dire
réduit en un sel blanc comme la neige
pour lors il a une grande sympathie
avec cet or astral, d'où il est visiblement
l'aimant. Le 3ème est l'or métallique
et vulgaire qui est un corps sans
âme, qui ne saurait être vivifié que
par notre or vivant, ou par le moyen
de notre magistère.

De même pour connaître ce que les
philosophes entendent par leur mercure;
il faut savoir qu'il y en a de
3 espèces. Le 1er est une substance spirituelle,
aérienne, participant d'un peu
de soufre, il est de la nature de l'air
qui en est le véhicule. C'est pourquoi
il s'en va à la moindre chaleur, il communique
la vie et la force générative
aux choses sublunaire, il porte un feu
@

106.

fermentatif dans les semences : il y a
un philosophe qui le nomme vulcain
lunatique, par le 2ème ils entendent
une substance homogène
formée par l'union de 2 corps qui en
se détruisant l'un et l'autre, en agissant
l'un sur l'autre comme le mâle et
la femelle, ou comme corps et esprit
dont il en résulte une substance qui
a toutes les dispositions nécessaires
pour être procrée par l'art et par la
nature, de devenir de perfection en
perfection jusqu'au souverain degré.
La 3ème espèce est le mercure métallique
et commun qui peut devenir le mercure
des philosophes, quand il est joint
au seul et unique mercure des métaux
en forme de sperme cru et non encore
mûr. Car il renferme en lui la vertu
de teindre et de perfectionner les métaux,
parce qu'il était auparavant or et
argent en puissance, comme le dit le
Cosmopolite; il est appelé hermaphrodite,
@

107.

à cause qu'il contient dans
son propre ventre son mâle et sa
femelle, lequel étant digéré jusqu'à
une blancheur pure et fixe, devient
argent, étant poussé jusqu'à la rougeur,
et après il devient or.

Chapitre 6ème
De la séparation et purifica-
tion des principes de notre
mercure en général.

Je ne doute point que les véritables
Enfants de la science ne reçoivent une
grande satisfaction de l'éclaircissement
de ces mystères cachés. Cette séparation
et cette purification des principes qui
composent notre mercure, consiste
en général dans une parfaite dissolution
et sublimation du corps de la
lune dont il prend naissance, et par
l'union intime de l'âme avec son corps
dont l'esprit est l'unique lien qui
fait cette union et cette conjonction
@

108.

dont il en résulte une substance infiniment
plus noble que la première.
Je vous ai déjà enseigné les principales
opérations de notre divin art :
vous avez vu que ce sont toujours 2
v.p.85 choses qui en produisent une : que de
ces 2 choses l'une tient lieu de mâle
et l'autre de femelle, l'une est le corps
et l'autre est l'esprit; que le mâle et
cette femelle ne sont autre chose que le
corps et l'esprit, et selon l'expression
des philosophes particuliers, le corps est
le sang ou le menstrue. Vous avez encore
vu que ces 2 choses sont de même
v.p.81 82 nature et tirée d'une même racine,
la suite en sorte que la solution du corps dans
son propre sang que c'est la solution
du corps dans son propre sang ; c'est la
solution du corps qui est le corps blanc
ou de la lune que les philosophes appellent
l'or blanc ; c'est la solution du mâle
par la femelle, car le corps blanc contient
le rouge ou du corps par son esprit.
@

109.

Or cette solution ne vous réussira pas
ainsi que le marque excellemment
l'auteur du Triomphe Hermétique
sans la conjonction de la femelle.
C'est, dit-il dans leurs embrassement
réciproques qu'ils se confondent et se
changent l'un dans l'autre. En vain
vous auriez, dit il, ouvert et sublimé
le corps de la pierre, c'est-à-dire la terre
blanche qui est la terre dont vous
avez tiré ce sel précieux : si vous ne
lui faisiez épouser la femme que la
nature lui a destiné ; elle est cet
esprit dont le corps ou ce sel tire sa
1ère origine. Ce sel précieux se dissout
comme la glace à la moindre chaleur
du feu. Or ce précieux sel qu'il appelle
corps se fait par la continuelle effusion
de son propre sang qui est son menstrue
naturel, avec lequel il s'unit si
étroitement et si intimement qu'ils
ne font qu'une seule et même substance.

C'est cette substance qui est la matière
@

110.

prochaine dont est formé le mercure
des philosophes, ainsi que nous le
dirons au chapitre suivant.
Tout le secret donc consiste, après
avoir lavé cette terre morte et noire
v.p.44 et 45 et coupé la tête du Corbeau, ainsi
que nous l'avons enseigné ; il ne faut
pas jeter cette terre, car le feu et le
soufre sont cachés dans cette terre
qu'il faut laver, dit l'auteur du
Triomphe Hermétique, avec son esprit
pour en extraire le Baume, le sel fixe
qui est le sang de notre pierre.
Laquelle opération ne s'accomplit
qu'après une digestion convenable
et par une lente distillation : c'est ce
qui est confirmé par Hermes, il faut
que par le moyen de l'âme aqueuse
que nous ayons la forme sulfureuse
ce qui se fait par notre vinaigre en
la mêlant avec ce dit vinaigre, car elle
s'y dissout en la composant et il devient
très clair et très souverain.
@

111.

Le Cosmopolite en a enseigné le moyen
en peu de mots, et il dit après avoir
purgé vos éléments, faite en sorte que
le feu et l'eau deviennent amis ; ce que
vous ferez ainsi, en versant sur sa
terre, l'esprit qui en a été tiré, et
l'auteur du Triomphe Hermétique
ajoute, page 134. ce que vous ferez en
abreuvant la terre de son eau, car il
faut que le corps soit dissout par l'eau
et que la terre soit pénétrée de son
humidité pour engendrer notre
fils du soleil qui est notre mercure.

Ce mercure est formé de l'union de
ces 2 substances dont l'un est l'esprit
et le sel est le corps. C'est le volatil et
le fixe joints ensemble qui sont néanmoins
de même nature et s'embrassent
comme mâle et la femelle et qui
s'élevant ensemble insensiblement,
paraissent au haut du vaisseau en
manière de sel cristallin qui se fond et se
réduit en eau de lui-même, et pour lors
@

112.

est aussi différente de la 1ère forme liquide ;
ainsi que le remarque le Triomphe
Hermétique, page 135. que
l'esprit de vin exactement rectifié et
acué de son sel, est différent du vin dont
il a été tiré. Hermes dit que c'est cette
eau dont nous avons plus de besoin
dans notre oeuvre et qui sort de cette
pierre, les philosophes cachent cette
opération en la mêlant avec les précédentes.
C'est pourquoi il faut que le
sage artiste y prenne garde, et je m'y
serais trompé moi-même, si je n'y
avais bien pris garde. L'auteur du
Triomphe Hermétique qui est le plus
clair sur ces opérations, joint celle
dont nous venons de parler avec celle
où l'on tire l'esprit blanc et l'esprit
rouge.
Le Triomphe décrit encore cette
opération en ces termes; si vous ne blanchissez
ces fèces féculentes et noires
pour en séparer le soufre blanc, le sel
armoniac des sages qui est leur chaste
Diane qui se lave dans le bain.
@

113.

Tout ce mystère n'est que l'extraction
du sel fixe dans lequel consiste toute
la force de notre mercure, l'eau qui
s'élève par distillation emporte
avec elle une partie de ce sel igné,
de sorte que l'infusion de l'eau sur le
corps réitérée plusieurs fois imprégnée,
engraisse et seconde notre
mercure et le rend propre à être
fixé, c'est-à-dire qu'il produit le mercure
et l'eau qui compose cette eau
sèche. C'est de ce sel que se forme le
mercure des philosophes, lorsqu'il est
joint avec l'eau sèche et humide
radicale des corps du soleil et de la
lune. C'est le sel nitre du Cosmopolite
qui se réduit en eau qui compose cet
admirable sel nitre qui étant joint
à l'humide radical, forme notre
mercure qui est appelé l'eau de nitre
[aqua salis nitri de terra nostra in qua
est unda vina]. Comme enseignent les
philosophes particulièrement dans le
chapitre suivant.
@

114.

Chapitre 7ème
De la composition du grand
Dissolvant et du mercure des
philosophes.
Puisque je ne parle qu'à vous
vrais disciples d'Hermes, je veux
vous révéler un secret que vous ne
trouverez point entièrement dans les
livres des philosophes; les uns se sont
contentés de dire que de leur liqueurs,
on en fait 2 mercures, ainsi que
le remarque le Triomphe Hermétique
page 141, l'un blanc et l'autre rouge
dont Flamel remarque particulièrement
l'usage disant qu'il faut se
servir du mercure citrin pour les
imbibitions au rouge; par conséquent
du mercure blanc, comme
disent d'autres philosophes le mercure
blanc est le bain de la lune, et le mercure
rouge est le bain du soleil. Le mercure
blanc est la lunaire et le mercure
rouge est le vinaigre très aigre, comme
@

115.

dit le Triomphe Hermétique.

Cette opération est précisément marquée
par l'auteur du Triomphe
Hermétique, page 14. nourrissez, dit-
il, ces 2 mercures d'une chair de
leurs espèces, le sang des innocents
égorgés, c'est-à-dire, les esprits des corps
sont le bain ou l'or et la lune se vont
baigner.

Le Cosmopolite dit la même chose
en d'autres termes, notre vieillard
engloutira l'or et l'argent et seront
tous les deux consommés après leur
mort. Le vieillard comme l'explique
le Triomphe Hermétique, est notre
mercure, puisqu'il est la 1ère matière
des métaux qui est l'eau sèche de
Geber et l'humide onctueux qui est
la matière prochaine de notre pierre
qui contient le soufre et le mercure
des sages tant le soufre blanc qui est
extrait du corps de la lune que le
@

116.

soufre qui renferme le corps rouge qui
contient tout ce qui est nécessaire à
l'oeuvre et qui est appelé le mercure
animé et le mercure double et
d'autres rebis qui ne perd jamais sa
vertu, étant enfermé dans une bouteille
de verre bien blanche, ainsi
que le dit le Triomphe Hermétique
page 144.
Vous voyez par là, le mérite de cette
précieuse liqueur à laquelle les
philosophes donnes mille différents
noms, elle est l'eau de vie des sages
l'eau de diane, la grande lunaire, elle
est notre mercure, notre huile incombustible
qui au froid se congèle et se
liquéfie à la chaleur. Hermes l'appelle
la terre des feuilles, c'est la fontaine
du Comte de Trévisan, c'est le grand
alkaest, dit le Triomphe, qui dissout
radicalement les métaux, elle est la
véritable eau permanente qui dissout
les corps parfaits et les unit inséparablement
à eux, et en augmente le poids et la
teinture.
@

117.

Philalète décrit cette opération un
peu autrement. Notre mercure, dit-il,
animé, quoi qu'épuré, n'est pas encore
coagulé, mais est encore volatil, il n'est
point encore parfait jusqu'à ce qu'il
ne laisse aucune fèces, ni résidence
dans le vaisseau; pour lors ce sel philosophique
s'appelle un soleil indigeste
qui n'est pas encore mûr. C'est leur
lune vive, c'est le véritable et premier
être de l'or, étant encore volatil et le
champ dans lequel le soleil est semé.
C'est pourquoi les 1ers philosophes dit-
il, par ce moyen, le fixe fut fait volatil
le dur rendu mol, le coagulé fut
dissout, c'est pourquoi ils mirent les
2 choses ensemble, les enfermèrent
dans un vaisseau de verre et les mirent
sur le feu, et en un autre endroit, il
dit encore, vous devez savoir que notre
oeuvre demande un véritable changement
de nature ; ce qui ne se peut faire
si la dernière union de 2 natures,
@

118.

c'est-à-dire du fixe et du volatil ne se
fait et ne peuvent finir qu'en forme
d'eau, car il ne se fait point d'union
des corps, mais c'est seulement un
broiement ; car il n'y a que les esprits
qui se pourront bien unir ensemble.
C'est pourquoi pour l'union de nos
mercures, il faut une eau métallique
homogène à laquelle on prépare la
voie par la calcination qui a précédé
et qui se fait auparavant par un
dessèchement qui est proprement une
dissolution ou réduction en atome
de l'eau avec la terre par le crible
de la nature, c'est-à-dire, et les atomes
de l'eau sont plus déliées et plus subtilisés
que l'eau ne requière et qu'il
n'est nécessaire, afin que la terre
reçoive le fermentatif de l'eau.
*Le Triomphe le dit encore plus positivement,*
*réduisez, dit-il, tout le*
*composé en eau, et faite une parfaite*
@

119.

*union du volatil et du fixe, l'eau qui*
*s'élève par distillation emporte avec*
*elle, une partie de ce sel igné, de sorte*
*que l'effusion de l'eau sur le corps*
*réitérée plusieurs fois, imprègne,*
*engraisse et féconde notre mercure*
*et le rend propre à être fixé qui est*
*le but et le terme du 2ème oeuvre.*

Cette opération quoique déjà assez ce qu'il
parfaite n'a pas encore acquis sa faut faire
dernière et parfaite dépuration ; après que
c'est pourquoi mettez-la dans un le soleil a
matras proportionné ; en sorte que été dissout
les 3 quarts d'icelui soit vides et du- par le mer-
quel le col doit avoir pour le moins cure.
8 pouces de hauteur. Cela fait, bouchez
l'orifice du matras et le mettez aux
cendres qui surpassent au moins la
matière d'un doigt ; en cet état vous
ferez circuler vos matières pendant
un mois philosophique, afin qu'elles
s'unissent bien ensemble et dans la
@

120.

conjonction de ces 2 substances, il
se fera un combat et vous apercevrez
dans ce vaisseau, monter et
descendre des fumées des nuées et des
brouillards qui procèdent du soufre
et de l'écume de ces 2 dragons qui
combattent et se dévorent l'un et l'autre,
jusqu'à ce que de ces deux, il ne
s'en fasse qu'une, alors le calme et
la sérénité paraît dans le vaisseau
et la mer des philosophes est toute
tranquille par la cessation des vents
et des orages que la fureur de nos 2
combattants y avait excité, et après
que la mer a tué le serpent python
qui voulait la dévorer.
Chermeze nous marque cette opération
en ces termes. Quand je verrais
toute la grosseur de l'eau se durcir
et que je le verrais sensiblement commencer
à devenir à cet état, alors je
me réjouirais. Pour lors je serais sûr
d'avoir trouvé ce que je cherchais.
@

121.

Etant en cet état, tirez l'eau du matras
sans brouiller le fond par inclination
ou par une languette de draps et la
------------ mettez dans une retorte
proportionnée pour la rectifier pour
la dernière fois à feu de sable par
degré ; que si toutefois il restait
quelques fèces dans la retorte, après
la distillation, il faudra cohober
et distiller tant de fois qu'il n'y reste
plus rien et que tout passe dans le
récipient. Alors vous aurez le mercure
parfait de l'or, vous en ferez
de même du mercure parfait de
la lune.

C'est la fin du 1er oeuvre que beaucoup
d'auteur confondent avec le
2ème, mêlant les opérations qui regardent
la 1ère ou passant la 1ère font de
la seconde leur première, ce qui
donne beaucoup d'embarras aux novices
et commençants.
@

122.

Enfin vous êtes présentement persuadé
que d'un sujet vil, nous en tirons
une précieuse liqueur formée d'un
esprit très subtil et le volatil et
d'une huile très fixe qui étant réunie
l'un à l'autre, s'embrassent pour ne se
quitter jamais ; ainsi le corps reprenant
son esprit, devient immortel
et glorieux comme lui.
Les sages nous ont exprimés tout
ceci par un serpent qui se mord la
queue et dont ils ont ornés le caducée
de mercure.
Flamel nous représente la même
chose par 2 dragons qui se dévorent
par ses figures hiéroglyphiques, ils
nous veulent faire entendre que
leur mercure est tiré de 2 substances
d'une même racine, l'une desquelles
est fixe et l'autre volatile, une corporelle
et l'autre spirituelle; quelques
philosophes l'appellent le lait
@

123.

de la vierge et l'enfant que l'on tire
du ventre de sa mère, l'esprit que
nous tirons, est le lait ou le fils de
cette vierge mère et le sel ou l'huile
fixe est la mère de ce même fils; et
d'autres disent qu'il faut que le fils
rentre dans le ventre de sa mère,
ce qui nous marque l'union et le mariage
philosophique de ces 2 subs-
tances. C'est pourquoi après avoir
tiré par l'esprit le sel fixe dont v.p.113
nous avons parlé et que nous les
avons suffisamment purifiés, nous les
unissons ensemble, afin que la conjonction
de ce corps avec cet esprit
étant faite, il en résulte le dissolvant
universel et le mercure des
philosophes.

Quant à son origine, je vous ai fais
remarquer au commencement de cet
ouvrage qu'elle venait du Ciel et des
influences des astres, que c'était un
@

124.

esprit qui descendait imperceptiblement
du ciel en terre et qu'il était
cet esprit universel qui régénère
dans les entrailles virginales de la
terre que les philosophes mettent
au jour et qu'ils font renaître ce
phoenix dans ses cendres. Nous avons
dit encore qu'il tire toute sa force et
sa vertu de cet esprit invisible que
l'air porte en son ventre pour en grossir
la terre qui est la femelle qui se
joint au soufre qui est le mâle; et du
concourt de ces deux substances, il en
résulte la semence prolifique, de laquelle
la terre est la matrice et l'aimant,
ainsi que le dit le grand Hermes
dans sa Table d'Emeraude qui fut
trouvée dans son sépulcre après le
déluge en la vallée d'Ebron, le soleil
en est le père, dit-il, et la lune la mère
et est portée par les vents dans le sein
de la terre, comme entre les bras maternels
de sa nourrice, pour s'y cacher à
@

125.

nos yeux jusqu'à ce que l'industrie
du sage le fasse paraître en le faisant
sortir par le secours du feu du
sujet où il est caché, ainsi que nous
l'avons enseigné.

C'est donc ce même esprit qui descend
d'en haut du Ciel dans le centre de la
terre où il commence à se coaguler
par la vertu de son sel hermaphrodite
qui est son aimant que les philosophes
appellent leur acier, parce
qu'il attire continuellement cet esprit
et le retient en le coagulant. C'est ce
sel imprégné de la vertu Céleste qu'il
faut tirer avec grande industrie,
comme dit Hermes. Vous séparerez
subtilement et adroitement la terre
du feu secret et avec grand esprit et doucement
de l'épais ; mais prenez garde
de ne pas étouffer le feu de cette terre
par les eaux du déluge. C'est ce Roi qui
descend du Ciel, c'est l'âme qu'il faut
rendre à son corps qui doit le ressusciter.
@

126.

Ce sont ses paroles, c'est l'eau divine et
le Roi descendu du ciel qui rappelle
l'âme à son corps et qui derechef lui
rend la vie de mort qu'il était. Par la
vous voyez que cette quintessence
spirituelle et invisible est maintenant
rendue visible et corporelle. C'est ce
fils du lys qui renaît du ventre de
sa mère par distillation. C'est ce fils
aussi que l'industrieux artiste sait
tirer du ventre de sa mère et qui
après rend féconde sa mère, et par
ce moyen elle engendre des enfants
à l'infini. C'est pourquoi les sages
font dire au mercure, la mère qui
m'a engendré par moi a été engendré
et par ce fils spirituel, elle est
aussi sans cesse en état de régénérer
ce fils et le reproduire, vous avez
pour lors tous les éléments fixes et
dans leur repos propre à souffrir la
grande digestion, faute de ce, plusieurs
n'ayant pas fait cette paix et voulant
@

127.

commencer une longue digestion,
les éléments se sont divisés, raréfiés,
leur vaisseaux se sont cassés et ont
perdus tous leur ouvrage; quoiqu'ils
travaillassent sur la vraie
matière. Fin de cette oeuvre.
@

128.

@

129.

Table de ce qui est contenu
dans ce manuscrit qui peut
servir d'instruction en abrégé
Chapitre 1er.
-----------------------------------------------
L'Ecriture Ste compare la couleur
verte avec l'or . . . . . . . pages. 5
-----
Dieu a caché aux hommes la connaissance
de la matière . . . . . . 5
-----
La matière est unique dans son
principe et la nature agit dans les
mêmes principes . . . . . . . . . 5
-----
Les philosophes se sont servis de
deux différentes voies pour l'oeuvre
; la 1ère qui coûte beaucoup regarde
l'art, la 2ème regarde la nature
et qui est de peu de dépense . . . . 6
-----
Ces voies quoique différentes dans
leurs opérations &c . . . . . . 7
-----
Les philosophes disent que l'alchimie
en a trouvé encore d'autres
qu'ils rapportent pour exemples . . . 8
-----
La matière en général est ren-
@

130.

fermée dans des corps impurs . . . . 9
----------------------------------------------
Chapitre 2ème
------------------------------
La matière en particulier est
une humidité onctueuse, elle se
cache dans le centre des éléments, le
feu n'a aucun pouvoir sur elle . . . 10
-----
Remarque à faire sur la 12ème page . . 12
-----
Cette matière, quoique fixe, se vo-
latilise par les éléments . . . . . 11
-----
Cette matière renferme le feu
des sages . . . . . . . . . 13
-----
Le temps de la cueillir et de deux
spermes la matière du mercure
en est formée . . . . . . . . 13
-----
Le philosophe doit imiter la natu-
re que Dieu a formée pour le com-
merce du ciel et de la terre en imi-
tant Dieu dans la création du pict . . 14 . |14
-----
Le pphe tire de ces 2 luminaires
et de ces éléments toutes les terres-
tréités ; ils en font un composé ou
un élixir . . . . . . . . . 15
-----
Dieu donne cette science à qui il lui
plaît . 17
@

131.

Il n'est pas difficile à l'homme d'avoir
la pierre, mais il lui est impossible
de déterminer la matière page. 18
-----
La matière se trouve partout . . . . 20
-----
La dépense de l'oeuvre est modique et
le sujet de la matière est vil quoi (que)
précieux . . . . . . . . . . 21
----------------------------------------------
Chapitre 3ème
------------------------------
De la préparation des éléments et de
leur séparation en général . . . . 22
-----
On ne change rien de la matière et ce
qui paraît impur, on le change en
un plus pur, qui est le feu de Pon-
tanus. Remarque bien le reste . . . 23
-----
Espèce de séparation de substance da-
ns le 1er et le 2ème oeuvre . . . 25
-----
Dieu a tout créé par nombre, poids et
mesure . . . . . . . . . . 26
-----
Dans le 1er oeuvre, il y a quelque sépara-
tion, c'est la nature qui le fait et dans
la 2ème c'est l'artiste qui le sépare 27
-----
Les substances unies ensemble forment
une eau appelée argent-vif . . . . 28
-----
Cette eau est très cachée, son origine vi-
ent de l'air, il la faut prendre à
l'heure de sa naissance . . . . 29
@

132.

C'est l'eau et le feu des pphes, c'est dans
cette eau qu'ils introduisent leur
feu, lequel s'accorde avec l'eau et
qui est la clef de l'oeuvre . page. 30
-----------------------------------------------
Chapitre 4ème
------------------------------
Des éléments en particulier et de leurs
préparations . . . . . . . . 30
-----
La matière se trouve partout, mais
les pphes ont un sujet particulier . 30
-----
Il faut prendre le sujet dans le moment
et dans le lieu de sa naissance par
méditation . . . . . . . . . 32
-----
Il faut les dépouiller des corps impurs 32
-----
Il ne faut pas s'attacher aux paroles
mais au sens de la chose et à ce
qu'elle signifient . . . . . . 33
-----
Il ne faut pas s'attacher à l'extérieur
des principes, mais à leur intérieur ;
et joindre l'humide avec le sec, le
feu avec l'eau, le chaud avec le froid 34
-----
Ce travail ne passe pas les forces de
l'homme . . . . . . . . . . 35
-----------------------------------------------
Chapitre 5ème
------------------------------
Des opérations en général.
Il y a 12 opérations générales qui sont
@

133.

autant de clefs pour ouvrir les
portes du cabinet hermétique . . . 37
-----
La calcination de l'oeuvre ne se fait
pas par le feu, la matière se calcine
elle-même . . . . . . . . . 37
-----
La rubification est comprise sous la cal-
cination ; la trituration précède . . 38
-----
presque toujours la calcination ;
broyer la matière, c'est la nature
qui le fait et la met en poudre . . 38
-----
Cette trituration se fait, lorsque la
terre commence à se sublimer qui est
la 3ème préparation donnée au sujet . 39
-----
La dissolution est la réduction d'un cor-
ps en eau par réitérée lotion, toute
la matière se réduit en eau, c'est ce
feu qui se convertit en eau . . . 39
-----
C'est dans cette opération, que la pierre
se dissout elle-même, la main de l'ar-
tiste est nécessaire à cette dissolution 40
-----
Cette opération est la clef des 7 portes
la 1ère donne entrée à la 2ème, la 2ème la
donne à la 3ème, ainsi jusqu'à la 7ème 41
-----
cette dissolution précède la calcina-
tion qui est la plus essentielle de
l'oeuvre . . . . . . . . . 42
@

134.

La sublimation est une purification du
sujet qui rejette les impuretés mater-
nelles où le corps se crible et par ce mo-
yen, l'eau devenant plus subtile, elle
attire à elle l'âme du soleil . . . 43
-----
On a pas besoin de tant de vaisseaux, les
vaisseaux sont les éléments . . . . 43
-----
La distillation est souvent confondue par
le terme de sublimation . . . . . 43
remarquez le reste.
-----
L'esprit blanc et l'esprit solaire de notre
corps, qui sont les 2 premiers lumina-
ires, le mercure blanc et le mercure
rouge . . . . . . . . . . . 44
-----
L'inhumation est une opération essentiel-
le dans l'oeuvre ; c'est de rendre la ter-
re spirituelle et de spirituelle la ren-
dre corporelle, le volatil le rendre fixe
et rendre le fixe plus parfait . . . 44
-----
C'est par cette opération qu'on blanchit
le noir et qu'on coupe la tête au
corbeau . . . . . . . . . . 45
-----
Voir, par un feu continuel, une rosée
monter dans le vaisseau et une espèce
de brouillard qui retombent incessam-
ment nuit et jour . . . . . . . 45
-----
Le corps communique sa fixité à l'eau et
l'eau communique sa volatilité au corps 46
@

135.

La lotion est de blanchir le corps noir par réi-
térée imbibition de son eau dont il a été tiré
pour la 1ère et 2ème oeuvre. . . . 46
mais pour la 3ème oeuvre, voyez pages 62.
les 7 portes pages 40 et 41 et 44.
-----
L'union des 2 mercures blanc et rouge qui
sont 2 substances pour faire le mer-
cure animé et le mercure citrin de la
1ère opération . . . . . . . . 47
-----
Cette opération se fait encore pour jo-
indre la lune au corps du soleil, c'est
l'union du mâle et de la femelle de
la dernière oeuvre de la 1ère partie . 48
-----
La putréfaction est la génération des
substances lunaires et solaires d'où
procèdent les luminaires. Ce sont les
petits corbeaux qui sortent de leurs
nids et qu'il faut empêcher qu'ils
n'y entrent . . . . . . . . . 48
-----
C'est le temps qu'il faut bien gouverner
le feu et ne pas laisser dessécher
la matière tout à fait et empêcher que
les petits corbeaux ne retournent dans
leurs nids qui sont des petits atomes. 49
-----
La coagulation, la fixation et la nutriti-
on regardent la 2ème partie de l'oeuvre
@

136.

qui est multiplication. voyez page
102.
-----------------------------------------------
Deuxième partie des opérations
en particulier nécessaires pour
la pratique 50
------------------------------
Se donner de garde comme les pphes
écrivent, car ils confondent et
mettent dans les opérations ; ce qui
doit être au commencement, ils le
mettent à la fin ; et la fin au comme-
ncement . . . . . . . . . . 52
-----
La pierre se fait de 2 sortes de façons . 53
-----
L'auteur de ce livre dit qu'il entend
parler de l'oeuvre des anciens et il
défend la lecture de certains ma-
nuscrits appelés procédés . . . . 53
-----
Il avertit qu'il ne dira pas les choses
de point en point ; qu'il ne se sert pas
de supposition ni de similitude,
mais de quelques expressions figu-
rées et de quelques petits voiles
aisé à développer . . . . . . . 55
-----
L'auteur divise l'ouvrage en 2 parties
la 1ère regarde la composition de la
pierre et sa perfection jusqu'à la
fermentation . . . . . . . . . 55
@

137.

la 2ème comprend toutes les opérations
qu'il est nécessaire de faire, pour la
2ème et dernière perfection de la
pierre. Remarque à faire sur cette
division . . . . . . . . . . 56
-----------------------------------------------
Chapitre 1er
De l'extraction de l'oeuvre.
------------------------------
Après avoir tiré la matière de la
minière; il faut nécessairement
faire une bonne provision de cette
eau, parce qu'elle contient beau-
coup de matière, mais peu d'esprit . 57
-----
remarquez les articles suivants.
Les réitérées ablutions sur la terre
de cette eau qui se change en un
lait onctueux, devient la vie de
la matière de la pierre . . . . . 58
-----
Cette eau renferme toutes les vertus du
ciel et de la terre, elle est le dissolvant
de la nature où le Roi et la Reine se
baignent . . . . . . . . . . 59
-----
Le temps de ramasser cette eau est au prin-
temps, aux 3 signes des Béliers, Taureaux
et Jumeaux . . . . . . . . . 60
-----
Cette eau est un aimant qui attire à elle
@

138.

toutes les influences du ciel, du soleil
de la lune et des astres, pour les com-
muniquer à la terre . . . . . . 61
-----
On ne peut avoir cette eau que par
le moyen de la terre . . . . . . 61
-----
Cette eau après plusieurs et réitérées
lotions sur la terre, la purifie et
la terre donne toute la vertu à l'eau
non pas à la 1ère mais à la 7ème lotion 62
-----------------------------------------------
Chapitre 2ème
De la séparation des éléments.
------------------------------
La nature se dépouille de toutes ses
impuretés par l'opération qui se
fait dans la séparation des élé-
ments, à cause de beaucoup de super-
fluités et de différentes natures qui
sont dans les principes, ce qui se fait
par la putréfaction . . . . . . 62
-----
Le grain de froment jeté dans la ter-
re qui s'y pourri, est rapporté pour
exemple . . . . . . . . . . 63
-----
C'est ce feu de fumier qu'il faut puri-
fier et introduire dans la matrice
qui est aqueux, aérien, ignée et ter-
restre . . . . . . . . . . 63
-----
Ce feu participe des 4 qualités du froid
@

139.

(...)
soufre aussi et il est un argent-vif 64
-----
Ce feu qui ne vient pas de la matière
achèvera tout l'ouvrage et perfec-
tionne ce qui est impur et imparfait,
qui fait apparaître les 3 couleurs,
le noir, le blanc et le rouge . . . 64
-----
Ce feu se trouve dans le fumier qui cor-
rompt, putréfie les semences et qui
donne la fécondité à la terre . . . 65
-----
Ce feu est cette eau qui sort de la fontaine
qui est dans un chêne creux, ce vieux
chêne creux c'est le vaisseau qui doit
être de chêne, dans lequel il faut
corrompre l'eau qu'il réserve . . . 66
-----
Il y a d'autres feux, voyez les pages
71 et 94.
-----
Le secret de l'opération de ce feu est de
savoir le temps fixe de cette putré-
faction . . . . . . . . . . 66
-----
On ne peut extraire les éléments ni les
principes, sans que la matière n'ait
été aussi corrompue auparavant. . . 66
-----
La putréfaction paraît bonne, quand
il se trouve dans ce feu aqueux
quelque acidité, une odeur de sépul-
cre . . . . . . . . . . . 67
@

140.

Philalethe dit qu'il faut que paraisse
sur la superficie de l'eau des petites
bouteilles semblables aux yeux de
poisson . . . . . . . . . . 67
-----
Cette eau qui est le feu secret et l'agent
qui bout et se fermente dans la putré-
faction . . . . . . . . . . 67
-----
Secret mystérieux des pphes caché
touchant le vaisseau . . . . . . 68
-----
faite bien vos remarques sur les
articles ci-devant et après.
-----
Le vaisseau qui enferme celui de la matière
doit être de bois de chêne . . . . 68
-----
Le vieux chêne est prit là, pour la ma-
tière universelle duquel il sort du
tronc, 2 fleurs, l'une blanche, l'autre
rouge, qui sont les 2 substance des-
quelles nous tirons notre feu . . . 69
------------------------------
De l'extraction des 2 luminaires
or et mercure, c'est-à-dire l'opé-
ration de ces 2 substances qu'ils
appellent vinaigre mercurial . . . 70
-----
Manière de faire le sel des pphes
par le moyen de l'opération ci-
dessus qui est appelé corps de la
lune qui sert pour l'ouvrage au
@

141.

blanc et à la composition du mercure
des pphes . . . . . . . . page. 63
-----
Joindre les 2 mercures blanc et rouge ensem-
ble appelés élixir, esprit. Ne vous arrê-
tez pas aux paroles des pphes, mais au sens
de leurs paroles . . . . . . . 74
-----
La distinction qu'il faut faire et savoir
connaître, des vrais opérations et des
fausses, et ne pas mettre une matière
pour l'autre . . . . . . . . 75
-----
L'auteur conseille de s'attacher plutôt
aux pphes qui ont peu écrits et aux
règles certaines de principes . 76 et 77
-----
Cet ouvrage peut être facilement fait
par les mains d'une femme . . . . 78
-----
On peut trouver la matière en une im-
pure et en une semaine. Dieu l'a
réservée pour les pauvres . . . . 78
-----
Les 2 voies sont véritables, néanmoins
celle des pauvres est la plus excellente.
L'une se fait en 7 mois et l'autre en
18 mois . . . . . . . . . . 78
-----
Prenez garde au change que les pphes
donnent dans le régime de l'une et
l'autre pratiques . . . . . . . 79
-----
@

142.

Chapitre 3ème
De l'extraction des corps des
2 luminaires soleil et lune.
------------------------------
Rien n'est si caché que l'opération de
l'extraction des 2 luminaires soleil
et lune, il est impossible de la de-
viner sans une inspiration di-
vine ou un ami qui vous le dise . . 80
-----
Ces opérations consistent à bien dis-
soudre et purifier la matière par
l'union de l'âme avec le corps, dont
l'esprit est l'unique lien qui opère
cette conjonction . . . . . . . 80
-----
La séparation du corps de la lune, de
celui du soleil qui est renfermé dans
la teinture rouge en y ajoutant 2
fois autant d'esprit blanc . . . . 81
-----
La séparation de la terre qui contient
le feu et l'air ; se fait en ôtant l'eau
de la terre . . . . . . . . . 82
-----
Une cendre noire qui est comme une ter-
re subtile qui nage sur la superficie
de l'eau, qu'il faut cueillir, qui est comme
la crème sur le lait, qui est un soufre
fixe, qui est aussi une racine avec son
suc remplit de force, que l'on purifie
@

143.

jusqu'à ce que son esprit de soi paraisse
page 81. et . . . . . . . . . 82
-----
Il faut encore rectifier et clarifier
la 1ère teinture ; et de la dernière qui
est l'esprit, en séparer les fèces . 83
-----
Quand la terre noire sera dissoute, il
la faut prendre, pour la faire digé-
rer, putréfier et la cuire jusqu'à ce
qu'elle se subtilise . . . . . . 84
-----
Cette terre ou pierre se dissout dans
l'eau mercuriale lunaire que l'on
ne peut avoir sans la séparer de la
terre noire . . . . . . . . . 85
-----
Dans les principales opérations, ce sont les 3
toujours 2 choses qui en produisent principes
une autre et qui de ces 2 choses, l'une
tient lieu de mâle et l'autre de femelle 85
-----
Cette opération n'est proprement qu'une
séparation . . . . . . . . . 86
-----
Si l'on pousse trop le feu du 1er degré
chaud, la noirceur se convertira en
rouge et sera brûlée . . . . . . 87
-----
Il faut continuer de mettre à part la
cendre noire, jusqu'à ce qu'il ne vienne
plus de rouge, qui arrivera quand l'eau
deviendra blanche . . . . . . . 87
@

144.

Enfermez dans un alambic à feu doux la
poudre noire, pour la faire corrom-
pre et putréfier. . . . . . . . 88
-----------------------------------------------
Chapitre 4ème
De la conversion des éléments et la
conjonction des 2 luminaires la
lune et le soleil . . . . . . . 88
-----
Il faut distiller, 8 mois durant à petit
feu, les teintures qui feraient chan-
ger le corps noir en un rouge brû-
. . . . . . . . . . . . 89
-----
Manière de faire distiller cette terre
noire avec son eau au B.M. pour la
blanchir . . . . . . . . . . 90
-----
On tire le sel de la terre qui sera blanc
après la 7ème distillation par la 2ème
opération, avec l'esprit lunaire
pour extraire le mercure des pphes . 91
-----
Le 1er élément qui sort est l'eau pure, froide
et humide qu'il faut distiller 7 fois. 91
-----
Gardez vous bien de ne pas mêler les
terres et les fèces, et l'eau de la 1ère
opération avec celle de la 2ème . . 92
-----
Remarques sur l'auteur du Combats
des chevaliers . . . . . . . . 93
-----
La liqueur qui sort du creux de chêne
qui est une substance homogène et qui
@

145.

paraît sous forme d'eau
parée du noir, elle contient 3 diffé-
rentes substances et 3 principes
naturels ; sel, soufre et mercure. . 93
-----
Le feu et le soufre sont cachés dans le
centre de la terre noire qu'il faut
laver pour en extraire le sel fixe
qui forme le mercure des pphes . . 94
-----
Cette eau qui a été distillée 7 fois ; il en
faut mettre une des 7 sur ce sel fixe 95
-----
et observer la même méthode que
l'on a fait pour l'eau rouge comme
vous avez fait de l'eau blanche . . 95
-----------------------------------------------
Chapitre 5ème
De la purification et séparation
des principes du mercure des
philosophes . . . . . . . . . 96
-----
Cette eau est la clef et le chef de l'oeu-
vre hermétique parce qu'elle le
commence et elle le finit . . . . 97
-----
Les pphes ont tous cachés la prépara-
tion de cette eau . . . . . . . 98
-----
Le Triomphe Hermétique dit que cette
eau est le feu sacré des sages et
l'unique instrument pour la sublima-. 99
tion.
@

146.

tion. (...)
feu et de l'eau, le chapitre de l'eau
est page 56.
-----
Si vous ne comprenez pas ces choses,
priez Dieu qu'il vous éclaire . . . 99
-----
C'est ce feu qui est renfermé dans cette
eau qui est notre mercure qu'elle dis-
sout la pierre naturellement et sans
violence . . . . . . . . . . 99
-----
Les différents noms que les pphes ont
donnés à cette eau si précieuse . . 100
-----
La vertu qu'il faut donner à l'or de ce
multiplier pour en faire la médecine
universelle . . . . . . . . . 102
-----
Le soufre vif de l'or qui donne la vie
même à l'or commun qui fait végé-
ter et multiplier . . . . . . . 103
-----
Le terme de la pierre est donne en plu-
sieurs sens différents, comme en 3
sortes d'ordre . . . . . . . . 104
3 sortes d'or des philosophes . . . 104
3 espèces de mercure . . . . . . 105
-----
Remarque à faire sur les 3 ordres de
la pierre, sur les 3 sortes d'or et sur
les 3 espèces de mercure.
-----------------------------------------------
Chapitre 6ème
De la séparation et purification.
@

147.

(...)
pphes, qui consiste dans une par-
faite dissolution et sublimation . . 107
-----
La solution du corps blanc ou de la
lune appelée or blanc. . . . . . 108
-----
La solution ne s'en peut faire sans
la conjonction de la femelle avec
le mâle qui est le sel précieux . . 109
-----
Ce précieux sel appelé corps se fait
par une continuelle effusion de
son propre sang qui est un mens-
true naturel . . . . . . . . 109
-----
Il ne faut pas jeter la terre morte dans
laquelle le feu et le soufre sont
cachés et qu'il faut laver . . . . 110
-----
Tachez d'avoir par le moyen de l'âme
aqueuse, la forme sulfureuse,
ce qui se fait par notre vinaigre. . 110
-----
Abreuver la terre de son eau et qu'-
elle soit pénétrée de son humidité
pour engendrer le mercure . . . . 111
-----
Le mercure est formé de l'union de
ces 2 substances dont l'un est l'es-
prit et le sel est le corps . . . 111
-----
Remarque à faire pour ne pas se
@

148.

(...)
car les pphes la cachent . . . . 112
Tout ce mystère n'est que l'extracti-
on du sel fixe qui produit le
mercure, et l'eau qui compose cette
eau sèche . . . . . . . . . . 113
-----------------------------------------------
Chapitre 7ème
------------------------------
La composition du grand dissolva-
nt et du mercure des pphes est
faite de leurs liqueurs, ils en font
2 mercures, le blanc pour le Bain
de la lune et le rouge pour le
bain du soleil . . . . . . . . 114
-----
Le Cosmopolite dit la même chose, en
disant notre vieillard engloutira
l'or et l'argent &c . . . . . . 115
-----
Plusieurs différents noms que les
pphes donnent à cette précieuse
liqueur . . . . . . . . . . 116
-----
Cette précieuse liqueur est le 1er être
de l'or. Le champ dans lequel le
soleil est semé, que le fixe fut fait
volatil &c . . . . . . . . . 117
-----
Il faut donc une eau métallique
homogène, à laquelle on prépare
la voie par la calcination qui a
@

149.

qui est proprement une réduction
en atome par le crible de la nature
. . . . . . . . . . . 118
-----
Ce qu'il faut faire après que le soleil
a été dissout par le mercure . . . 119
-----
Le combat des 2 dragons qui se dévo-
rent jusqu'à ce que de ces 2 il ne
s'en fasse plus qu'un . . . . . 120
-----
Chermeze dit qu'il faut voir la
grosseur de l'eau se durcir . . . 120
-----
pour se réjouir . . . . . . .
Prendre garde à la fin du 1er oeuvre
pour parfaire le mercure . . . . 121
-----
Le mercure est tiré de deux substa-
nces qui vient d'une seule et
unique racine, l'une est fixe
et l'autre volatile . . . . . . 122
-----
Beaucoup de noms donnés à ce mer-
cure . . . . . . . . . . . 123
-----
Après avoir tiré ces 2 substances
par le moyens du sel fixe, il en
résulte le dissolvant universel
et le mercure des pphes . . . . . 123
-----
@

150.

(...)
l'esprit invisible pour engros-
sir la terre qui est la femelle
qui se joint au mâle qui est le
soufre. Et du concours de ces 2
substances, il en vient la semence
prolifique . . . . . . . . . 124
-----
La Table d'Emeraude du grand
Hermes, qui fut trouvée dans
son sépulcre, dans la vallée
d'Ebron après le déluge . . . . . 124
-----
Ce même esprit descend du ciel
dans le centre de la terre ou
il commence à se coaguler par
la vertu de son sel hermaph-
rodite qui est son aimant . . . . 125
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Fin de la table
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pict

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