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Réfer. : AL0201C
Auteur : Roger Bacon.
Titre : Miroir d'Alchimie.
S/titre : Speculum Alchimiae.

Editeur : Xxxxx. Xxxxx.
Date éd. : 18xx .
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PETIT TRAITE D'ALCHIMIE DE ROGER BACON INTITULE MIROIR D'ALCHIMIE
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Le présent traité se trouve en latin dans la Bibliotheca Chemica Mangeti, dans le Thesaurus Chimicus,
dans le tome II du Theatrum Chemicum, c'est d'après
ce texte qu'a été faite la présente traduction.
C'est un traité d'alchimie spéculative ou théorique. (A. P.)

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PREFACE.




Dans leurs écrits les Philosophes se sont exprimés de bien des manières différentes,
mais toujours énigmatiques. Ils nous ont légué
une science noble entre toutes, mais voilée
complètement pour nous par leur parole nuageuse,
entièrement cachée sous un voile impénétrables.
Et pourtant ils ont eu raison
d'agir ainsi. Aussi, je vous conjure d'exercer
avec persévérance votre esprit sur ces sept chapitres,
qui renferment l'art de transmuer les
métaux, sans avoir à vous inquiéter des écrits
des autres philosophes. Repassez souvent dans
votre esprit leur commencement, leur milieu,
leur fin, et vous y trouverez des inventions si
subtiles que votre âme en sera remplie de joie.

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CHAPITRE I
DEFINITIONS DE L'ALCHIMIE.
Dans quelques manuscrits anciens, on trouve de cet art plusieurs définitions desquelles il
importe que nous parlions ici. Hermès dit:
« L'Alchimie est la science immuable qui travaille
sur les corps à l'aide de la théorie et de
l'expérience, et qui, par une conjonction naturelle,
les transforme en une espèce supérieure
plus précieuse. Un autre philosophe a dit
« l'Alchimie enseigne à transmuer toute espèce
de métal en une autre, cela à l'aide d'une
Médecine particulière, ainsi qu'on peut le voir
par les nombreux écrits des Philosophes. »
C'est pourquoi je dis: « l'Alchimie est la science
qui enseigne à préparer une certaine Médecine
ou élixir, laquelle étant projetée sur les
métaux imparfaits, leur donne la perfection
dans le moment même de la projection.


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CHAPITRE II
DES PRINCIPES NATURELS ET DE LA GENERATION DES METAUX,
Je vais parler ici des principes naturels et de la génération des métaux. Notez d'abord que
les principes des métaux sont le Mercure et le
Soufre. Ces deux principes ont donné naissance
à tous les métaux et à tous les minéraux, dont
il existe pourtant un grand nombre d'espèces
différentes. Je dis de plus que la nature a toujours
eu pour but et s'efforce sans cesse d'arriver
à la perfection, à l'or. Mais par suite de
divers accidents qui entravent sa marche, naissent
les variétés métalliques, ainsi qu'il est
clairement exposé dans plusieurs philosophes.
Selon la pureté ou l'impureté des deux principes composants, c'est-à-dire du Soufre et du
Mercure, il se produit des métaux parfaits ou
imparfaits, l'or, l'argent, l'étain, le plomb, le
cuivre, le fer. Maintenant recueille pieusement
ces enseignements sur la nature des métaux,
sur leur pureté ou leur impureté, leur pauvreté
ou leur richesse en principes.
Nature de l'Or: l'Or est un corps parfait
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composé d'un Mercure pur, fixe, brillant, rouge
et d'un Soufre pur, fixe, rouge, non combustible.
L'Or est parfait.
Nature de l'Argent: c'est un corps pur, presque parfait, composé d'un Mercure pur,
presque fixe, brillant, blanc. Son Soufre a les
mêmes qualités. Il ne manque à l'Argent qu'un
peu plus de fixité, de couleur et de poids.
Nature de l'étain: c'est un corps pur, imparfait, composé d'un Mercure pur, fixe et volatil,
brillant, blanc à l'extérieur, rouge à l'intérieur.
Son Soufre a les mêmes qualités. Il
manque seulement à l'étain d'être un peu plus
cuit et digéré.
Nature du plomb: c'est un corps impur et imparfait, composé d'un Mercure impur, instable,
terrestre, pulvérulent, légèrement blanc
à l'extérieur, rouge à l'intérieur. Son Soufre est
semblable et de plus combustible. Il manque
au plomb, la pureté, la fixité, la couleur; il
n'est pas assez cuit.
Nature du cuivre: le cuivre est un métal impur et imparfait, composé d'un Mercure impur,
instable, terrestre, combustible, rouge,
sans éclat. De même pour son Soufre. Il manque
au cuivre, la fixité, la pureté, le poids. Il

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contient trop de couleur impure et de partie
terreuses incombustibles.
Nature du fer: le fer est un corps impur, imparfait, composé d'un Mercure impur, trop
fixe, contenant des parties terreuses combustibles,
blanc et rouge, mais sans éclat. Il lui
manque la fusibilité, la pureté, le poids; il contient
trop de Soufre fixe impur et de parties
terreuses combustibles.
Tout alchimiste doit tenir compte de ce qui précède.


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CHAPITRE III
D'OU L'ON DOIT RETIRER LA MATIERE PROCHAINE DE L'ELIXIR.
Dans ce qui précède on a suffisamment déterminé la genèse des métaux parfaits et imparfaits
.
Maintenant nous allons travailler à rendre pure et parfaite la matière imparfaite. Il ressort
des chapitres précédents que tous les métaux
sont composés de Mercure et de Soufre,
que l'impureté et l'imperfection des composants
se retrouve dans le composé; comme on
ne peut ajouter aux métaux que des substances
tirées d'eux-mêmes, il s'ensuit qu'aucune
matière étrangère ne peut nous servir, mais
que tous ce qui est composé des deux principes,
suffit pour perfectionner, et même transmuer
les métaux.
Il est très surprenant de voir des personnes, pourtant habiles, travailler sur les animaux,
lesquels constituent une matière très éloignée,
alors qu'elles ont sous la main une matière suffisamment
prochaine dans les minéraux. Il
n'est pas impossible qu'un Philosophe ait placé

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l'OEuvre dans ces matières éloignées, mais c'est
par allégorie qu'il l'aura fait.
Deux principes composent tous les métaux et rien ne peut s'attacher, s'unir aux métaux
ou les transformer, s'il n'est lui-même composé
des deux principes. C'est ainsi que le raisonnement
nous force à prendre pour Matière de
notre Pierre, le Mercure et le Soufre.
Le Mercure seul, le Soufre seul ne peuvent engendrer les métaux, mais par leur union,
ils donnent naissance aux divers métaux et à
de nombreux minéraux. Donc il est évident
que notre Pierre doit naître de ces deux principes.
Notre dernier secret est très précieux et très caché: sur quelle matière minérale, prochaine
entre toutes, doit-on directement opérer? Nous
sommes obligé de choisir avec soin. Supposons
d'abord que nous tirions notre matière des
végétaux: herbes, arbres et tout ce qui naît
de la terre. Il faudra en extraire le Mercure et
le Soufre par une longue cuisson, opérations
que nous repoussons, puisque la nature nous
offre du Mercure et du Soufre tout faits.
Si nous avions élu les animaux, il nous faudrait travailler sur le sang humain, cheveux,

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urine, excréments, oeufs de poule, enfin tout
ce que l'on peut tirer des animaux. Il nous
faudrait, là encore, extraire par la cuisson, le
Mercure et le Soufre. Nous récusons ces opérations
pour notre première raison. Si nous
avions choisi les minéraux mixtes, telles que
sont les diverses espèces de magnésies, marcassites,
tuties, couperoses ou vitriols, aluns,
borax, sels, etc., il faudrait mêmement en
extraire le Mercure et le Soufre par cuisson,
ce que nous repoussons pour les mêmes raisons
que ci-dessus. Si nous choisissions l'un
des sept esprits comme le Mercure seul, ou
le soufre seul, ou bien le Mercure et l'un des
deux soufres, ou bien le soufre-vif, ou l'orpiment
ou l'arsenic jaune, ou l'arsenic rouge,
nous ne pourrions les perfectionner, parce que
la nature ne perfectionne que le mélange déterminé
des deux principes. Nous ne pouvons
faire mieux que la nature, et il nous faudrait
extraire de ces corps le Soufre et le Mercure,
ce que nous repoussons comme ci-dessus.
Finalement, si nous prenions les deux principes eux-mêmes, il nous faudrait les mêler selon
une certaine proportion immuable, inconnue
à l'esprit humain, et ensuite les cuire jusqu'à

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ce qu'ils soient coagulés en une masse
solide.
C'est pourquoi nous écartons l'idée de prendre les deux principes séparés, c'est-à-dire le
Soufre et le Mercure, parce que nous ignorons
leur proportion et que nous trouverons des
corps dans lesquels les deux principes sont
unis dans de justes proportions, coagulés et
conjoints selon les règles.
Cache bien ce secret: L'Or est un corps parfait et mâle sans superfluité ni pauvreté.
S'il perfectionnait les métaux imparfaits fondus
avec lui, ce serait l'élixir rouge. L'argent
aussi est un corps presque parfait et femelle,
et si par simple fusion, il rendait presque parfaits
les métaux imparfaits, ce serait l'élixir
blanc. Ce qui n'est pas et ce qui ne peut pas
être, parce que ces corps sont parfaits à un seul
degré. Si leur perfection était communicable
aux métaux imparfaits, ces derniers ne se perfectionneraient
pas et ce seraient les métaux
parfaits qui seraient souillés par le contact des
imparfaits. Mais s'ils étaient plus que parfaits,
au double, au quadruple, au centuple, etc., ils
pourraient alors perfectionner les imparfaits.
La nature opère toujours simplement, c'est
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pour cela que la perfection est simple en eux,
indivisible et non transmissible. Ils ne pourraient
entrer dans la composition de la Pierre,
au double, au quadruple, au centuple, etc., ils
réduiraient en effet en leurs éléments, la somme
de volatil dépassant la somme de fixe.
Et parce que l'or est un corps parfait composé d'un Mercure rouge, brillant, et d'un Soufre
semblable, nous ne le prendrons pas comme
matière de la Pierre pour l'élixir rouge;
car il est trop simplement parfait, sans perfection
subtile, il est trop bien cuit et digéré
naturellement et c'est à peine si nous pouvons
le travailler avec notre feu artificiel; de même
pour l'argent.
Quand la nature perfectionne quelque chose, elle ne sait cependant pas le purifier, le
parfaire intimement, parce qu'elle opère avec
simplicité. Si nous choisissions l'or et l'argent,
nous pourrions à grand peine trouver un feu
capable d'agir sur eux. Quoique nous connaissions
ce feu, nous ne pouvons cependant arriver
à la purification parfaite à cause de la puissance
de leurs liens et de leur harmonie naturelle;
aussi repoussons l'or pour l'élixir rouge,
l'argent pour l'élixir blanc. Nous trouverons

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un certain corps, composé de Mercure et de
Soufre suffisamment purs, sur lesquels la nature
aura peu travaillé.
Nous nous flattons de perfectionner un tel corps avec notre feu artificiel et la connaissance
de l'art. Nous le soumettrons à une cuisson
convenable, le purifiant, le colorant et le fixant
selon les règles de l'art. Il faut donc choisir
une matière qui contienne un Mercure pur,
clair, blanc et rouge, pas complètement parfait,
mélangé également, dans les proportions voulues
et selon les règles, avec un Soufre semblable
à lui. Cette matière doit être coagulée en
une masse solide et telle qu'à l'aide de notre
science et de notre prudence, nous puissions
parvenir à la purifier intimement, à la perfectionner
par notre feu, et à la rendre telle
qu'à la fin de l'OEuvre, elle soit des milliers de
mille fois plus pure et plus parfaite que les
corps ordinaires cuits par la chaleur naturelle.
Sois donc prudent; car si tu as exercé la subtilité et l'acuité de ton esprit sur ces chapitres
où je t'ai manifestement révélé la connaissance
de la Matière, tu possèdes maintenant
cette chose, ineffable et délectable, objet
de tous les désirs des Philosophes.


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CHAPITRE IV
DE LA MANIERE DE REGLER LE FEU ET DE LE MAINTENIR.
Si tu n'as pas la tête trop dure, si ton esprit n'est pas enveloppé complètement du voile de
l'ignorance et de l'inintelligence, je puis croire
que dans les précédents chapitres tu as trouvé
la vraie Matière des Philosophes, matière de
la Pierre bénite des sages, sur laquelle l'Alchimie
va opérer dans le but de perfectionner les
corps imparfaits à l'aide de corps plus que parfaits.
La nature ne nous offrant que des corps
parfaits ou imparfaits, il nous faut rendre indéfiniment
parfaite par notre travail la Matière
nommée ci-dessus.
Si nous ignorons la manière d'opérer, quelle en est la cause, sinon que nous n'observons
pas comment la nature perfectionne chaque
jour les métaux? Ne voyons-nous pas que dans
les mines, les éléments grossiers se cuisent tellement
et s'épaississent si bien par la chaleur
constante existant dans les montagnes, qu'avec
le temps elle se transforme en Mercure? Que
la même chaleur, la même cuisson transforme

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les parties grasses de la terre en Soufre? Que
cette chaleur appliquée longtemps à ces deux
principes, engendre selon leur pureté ou leur
impureté, tous les métaux? Ne voyons-nous
pas que la nature produit et perfectionne tous
les métaux par la seule cuisson? O folie infinie,
qui donc, je vous le demande, qui donc
vous oblige à vouloir faire la même chose à
l'aide de régimes bizarres et fantastiques? C'est
pourquoi un Philosophe a dit: « Malheur à
vous qui voulez surpasser la nature et rendre
les métaux plus que parfaits par un nouveau
régime, fruit de votre entêtement insensé. Dieu
a donné à la nature des lois immuables, c'est-
à-dire, qu'elle doit agir par cuisson continue,
et vous insensés, vous la méprisez ou vous ne
savez pas l'imiter. » Il dit de même: « Le feu
et l'azoth doivent te suffire. » Et ailleurs: « La
chaleur perfectionne tout. » Et ailleurs: « Il
faut cuire, recuire et ne pas s'en fatiguer. » Et
en différents passages: « Que votre feu soit
calme et doux; qu'il se maintienne ainsi chaque
jour, toujours uniforme, sans faiblir, sinon
il s'ensuivra un grand dommage. -- Sois patient
et persévérant. -- Broye sept fois. --
Sache que tout notre magistère se fait d'une

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chose, la Pierre, d'une seule façon, en cuisant
et dans un seul vase. -- Le feu broye. --
L'OEuvre est semblable à la création de l'homme.
Dans l'enfance on le nourrit d'aliments légers,
puis quand ses os se sont affermis, la
nourriture devient plus fortifiante; de même
notre magistère est d'abord soumis à un feu
léger avec lequel il faut toujours agir pendant
la cuisson. Mais quoique nous parlions sans
cesse de feu modéré, nous sous-entendons
néanmoins que dans le régime de l'OEuvre il
faut l'augmenter peu à peu et par degré jusqu'à
la fin.


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CHAPITRE V
DU VAISSEAU ET DU FOURNEAU.
Nous venons de déterminer la manière d'opérer, nous allons maintenant parler du
vaisseau et du fourneau, dire comment et avec
quoi ils doivent être faits. Lorsque la nature
cuit les métaux dans les mines à l'aide du feu
naturel, elle ne peut y parvenir qu'en employant
un vaisseau propre à la cuisson. Nous
nous proposons d'imiter la nature dans le régime
du feu, imitons-la donc aussi pour le vaisseau.
Examinons l'endroit où s'élaborent les
métaux. Nous voyons d'abord manifestement
dans une mine, que sous la montagne il y a
du feu, produisant une chaleur égale, dont la
nature est de monter sans cesse. En s'élevant
elle dessèche et coagule l'eau épaisse et grossière,
contenue dans les entrailles de la terre,
et la transforme en Mercure. Les parties
onctueuses minérales de la terre sont cuites,
rassemblées dans les veines de la terre et coulant
à travers la montagne, elles engendrent le
Soufre. Comme on peut l'observer dans les
filons des mines, le Soufre né des parties

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onctueuses de la terre rencontre le Mercure.
Alors a lieu la coagulation de l'eau métallique.
La chaleur continuant à agir dans la montagne,
les différents métaux apparaissent après un
temps très long. On observe dans les mines
une température constante, nous pouvons en
conclure que la montagne qui renferme des
mines est parfaitement close de tous côtés par
des rochers; car, si la chaleur pouvait s'échapper,
Jamais les métaux ne naîtraient.
Si donc nous voulons imiter la nature, il faut absolument que nous ayons un fourneau
semblable à une mine, non par sa grandeur,
mais par une disposition particulière, telle que
le feu placé dans le fond ne trouve pas d'issue
pour s'échapper quand il montera, en sorte que
la chaleur soit réverbérée sur le vase, clos avec
soin, qui renferme la matière de la Pierre.
Le vaisseau doit être rond, avec un petit col. Il doit être en verre ou en une terre aussi
résistante que le verre; on en fermera hermétiquement
l'orifice avec un couvercle et du bitume.
Dans les mines, le feu n'est pas en contact
immédiat avec la matière du Soufre et du
Mercure; celle-ci en est séparée par la terre
de la montagne. De même le feu ne doit pas

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être appliqué à nu au vaisseau qui contient la
Matière, mais il faut placer ce vaisseau dans
un autre vase fermé avec autant de soin que
lui, de telle sorte qu'une chaleur égale agisse
sur la Matière, en haut, en bas, partout où il
sera nécessaire. C'est pourquoi Aristote dit
dans la Lumière des lumières, que le Mercure
doit être cuit dans un triple vaisseau en verre
très dur, ou, ce qui vaut mieux, en terre possédant
la dureté du verre.


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CHAPITRE VI
DES COULEURS ACCIDENTELLES ET ESSENTIELLES QUI APPARAISSENT PENDANT L'OEUVRE.
Ayant élu la Matière de la Pierre, tu connais de plus la matière certaine d'opérer, tu sais à
l'aide de quel régime on fait apparaître les diverses
couleurs en cuisant la Pierre. Un Philosophe
a dit « Autant de couleurs, autant de
noms. Pour chaque couleur nouvelle apparaissant
dans l'OEuvre, les Alchimistes ont inventé
un nom différent. Ainsi à la première opération
de notre Pierre, on a donné le nom de putréfaction,
car notre Pierre est alors noire ».
« Lorsque tu auras trouvé la noirceur, dit un
autre Philosophe, sache que dans cette noirceur
se cache la blancheur, et il faut l'en extraire.
»
Après la putréfaction, la pierre rougit et on a dit là-dessus: « Souvent la pierre rougit, jaunit
et se liquéfie, puis se coagule avant la véritable
blancheur. Elle se dissout, se putréfie,
se coagule, se mortifie, se vivifie, se noircit, se

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blanchit, s'orne de rouge et de blanc, tout cela
par elle-même. »
Elle peut aussi verdir, car un philosophe a dit: « Cuis jusqu'à ce qu'un enfant vert apparaisse,
c'est l'âme de la pierre. » Un autre a
dit: « Sachez que c'est l'âme qui domine pendant
la verdeur. »
Il apparaît aussi avant la blancheur les couleurs du paon, un philosophe en parle en ces
termes: « Sachez que toutes les couleurs qui
existent dans l'Univers ou que l'on peut imaginer,
apparaissent avant la blancheur, ensuite
seulement vient la vraie blancheur. Le corps
sera cuit jusqu'à ce qu'il devienne brillant comme
les yeux des poissons et alors la pierre se
coagulera à la circonférence. »
« Lorsque tu verras la blancheur apparaître à la surface dans le vaisseau, dit un sage, sois
certain que sous cette blancheur se cache le
rouge; il te faut l'en extraire, cuis donc jusqu'à
ce que tout soit rouge. » Il y a enfin entre
le rouge et le blanc une certaine couleur cendrée,
de laquelle on a dit: « Après la blancheur,
tu ne peux plus te tromper, car en augmentant
le feu, tu arriveras à une couleur grisâtre.
» « Ne méprise pas la cendre, dit un

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Philosophe, car avec l'aide de Dieu, elle se
liquéfiera. » Enfin apparaît le Roi couronné
du diadème rouge, SI DIEU LE PERMET.


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CHAPITRE VII
DE LA MANIERE DE FAIRE LA PROJECTION SUR LES METAUX IMPARFAITS.
Comme je l'avais promis, j'ai traité jusqu'à la fin notre Grand-OEuvre, Magistère béni,
préparation des élixirs blanc et rouge. Maintenant
nous allons parler de la manière de faire
la projection, complément de l'OEuvre, attendu
et désiré avec impatience. L'Elixir rouge, jaunit
à l'infini et transforme en or pur tous les
métaux. L'Elixir blanc blanchit à l'infini et
donne aux métaux la blancheur parfaite. Mais
il faut savoir qu'il y a des métaux plus éloignés
que d'autres de la perfection et, inversement
il y en a qui sont plus prochains. Quoique tous
les métaux soient également amenés à la perfection
par l'Elixir, ceux qui sont prochains,
deviennent parfaits plus rapidement, plus complètement,
plus intimement que les autres.
Lorsque nous aurons trouvé le métal le plus
prochain, nous écarterons tous les autres. J'ai
déjà dit quels sont les métaux prochains et
éloignés et lequel est le plus près de la perfection.
Si tu es suffisamment sage et intelligent,

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tu le trouveras, dans un précédent chapitre,
indiqué sans détour, déterminé avec certitude.
Il est hors de doute que celui qui a
exercé son esprit sur ce Miroir trouvera par
son travail la vraie Matière, et saura sur quel
corps il convient de faire la projection de l'Elixir
pour arriver à la perfection.
Nos précurseurs qui ont tout trouvé dans cet art par leur seule philosophie, nous montrent
suffisamment et sans allégorie, le droit
chemin, quand ils disent: « Nature contient
Nature, Nature se réjouit de Nature, Nature
domine Nature et se transforme dans les
autres Natures. » Le semblable se rapproche
du semblable, car la similitude est une cause
d'attraction; il y a des philosophes qui nous
ont transmis là-dessus un secret remarquable.
Sache que la nature se répand rapidement dans
son propre corps, alors qu'on ne peut l'unir
à un corps étranger. Ainsi l'âme pénètre rapidement
le corps qui lui appartient, mais c'est
en vain que tu voudrais la faire entrer dans un
autre corps.
La similitude est assez frappante; les corps, dans l'OEuvre, deviennent spirituels et réciproquement
les esprits deviennent corporels; le

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corps fixe est donc devenu spirituel. Or, comme
l'Elixir, rouge ou blanc, a été amené au
delà de ce que sa nature comportait, il n'est
donc pas étonnant qu'il ne soit pas miscible
aux métaux en fusion, quand on se contente
de l'y projeter. Il serait impossible ainsi de
transmuer mille parties pour une. Aussi je vais
vous livrer un grand et rare secret: il faut
mêler une partie d'Elixir avec mille du métal
le plus prochain, enfermer le tout dans un vaisseau
propre à l'opération, sceller hermétiquement
et mettre au fourneau à fixer. Chauffez
d'abord lentement, augmentez graduellement le
feu pendant trois jours jusqu'à union parfaite.
C'est l'ouvrage de trois jours. Tu peux recommencer
alors à projeter une partie de ce produit
sur mille de métal prochain, et il y aura
transmutation. Il te suffira pour cela d'un jour,
d'une heure, d'un moment. Louons donc notre
Dieu, toujours admirable, dans l'Eternité.


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