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Réfer. : AL1708A
Auteur : Albert Poisson.
Titre : Théorie et symboles des alchimistes.
S/titre : Le Grand-Oeuvre.

Editeur : Chacornac. Paris.
Date éd. : 1891 .
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COLLECTION D'OUVRAGES RELATIFS aux S C I E N C E S H E R M E T I Q U E S --------------------------------------------------------
ALBERT POISSON T H E O R I E S & S Y M B O L E S
DES ALCHIMISTES LE GRAND-OEUVRE
Suivi d'un essai sur la bibliographie alchimique du XIXe siècle
OUVRAGE ORNE DE 15 PLANCHES, REPRESENTANT 42 FIGURES

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BIBLIOTHEQUE CHACORNAC 11, Quai Saint-Michel, PARIS 1891
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DE LA MEME COLLECTION : --------- L'OR ET LA TRANSMUTATION DES METAUX Par T. TIFFEREAU L'Alchimiste du XIXe siècle Précédé de: Paracelse et l'Alchimie au XVIe siècle
Par M. FRANCK, de l'Institut 1 vol. in-8. Reliure ancienne . . . . . . . 5 fr. --------- A BRULER Conte astral, par Jules LERMINA Préface de PAPUS, directeur de l'Initiation 1 vol. in-8. Reliure ancienne . . . . . . . 3 fr. --------- CINQ TRAITES D'ALCHIMIE DES PLUS GRANDS PHILOSOPHES PARACELSE, ALBERT LE GRAND, ROGER BACON, R. LULLE, ARNAULD DE VILLENEUVE Traduits du Latin en Français Par Albert POISSON 1 vol. in-8. Relié. Figures . . . . . . . . 5 fr. --------- EN PREPARATION A. POISSON Histoire générale de l'Alchimie depuis ses origines jusqu'à notre
temps
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INTRODUCTION

I
L'Alchimie est la science la plus nébuleuse que nous ait léguée le Moyen-Age. La Scolastique avec son argumentation
infiniment subtile, la Théologie avec sa
phraséologie ambiguë, l'Astrologie si vaste et si compliquée,
ne sont que jeux d'enfants, comparées à l'Alchimie.
Ouvrez un de ces vénérables traités hermétiques du quinzième ou du seizième siècle et lisez! Si vous n'avez
fait des études spéciales sur le sujet, si vous n'êtes déjà
initiés à la terminologie alchimique, si enfin vous n'avez
une certaine connaissance de la chimie inorganique, vous
fermerez bientôt le volume déçus et découragés.
Quelques-uns diront que ces allégories sont vides de sens, que ces symboles mystérieux sont des figures faites
à plaisir. Il est facile de dédaigner une chose que l'on
entend pas, mais ils sont peu nombreux ceux que la résistance
irrite et qui aiment la lutte. Ceux-là sont les
élus de la science, ils ont la persévérance qui est la première

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VI PREFACE --------------------------------------------------------

vertu du savant. Qu'un problème se présente à
eux, ils travailleront sans relâche à en trouver la solution:
l'illustre chimiste Dumas partant d'un fait, mit
dix ans pour découvrir la loi des substitutions!
Les traités hermétiques sont obscurs, il est vrai, mais sous cette obscurité se cache la lumière. Une fois la théorie
alchimique connue, possédant la clef des principaux
symboles, vous pourrez hardiment entreprendre la lecture
de Raymond Lulle, Paracelse, Bernard le Trévisan,
Flamel, Roger Bacon, Philalèthe. Ce qui vous paraissait
vide de sens, vous le trouverez logique, ces symboles
qui vous étonnaient, vous les lirez comme Mariette lisait
les hiéroglyphes, vous éprouverez un grand plaisir à
déchiffrer vous-même, à épeler pour ainsi dire cette langue
inconnue, à marcher pas à pas, mais sûrement vers
la lumière.


II
Comme bien d'autres sciences, l'alchimie est née dans l'antique Egypte. A l'origine la connaissance en était
réservée aux prêtres et aux initiés qui n'opéraient qu'avec
le plus grand mystère dans le silence des sanctuaires.
Vint la conquête romaine, les secrets isiaques passèrent
aux néo-platoniciens et aux gnostiques. C'est de cette époque

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PREFACE VII --------------------------------------------------------

(IIe et IIIe siècle de l'ère chrétienne) que date véritablement
l'Alchimie. C'est alors que furent écrits les
premiers traités alchimiques. Quelques-uns nous sont parvenus
sous les noms d'Ostanès, Pélage, le pseudo-Démocrite,
Synésius, Zosime, Hermès, l'Anonyme chrétien,
Cléopâtre. Ces traités ou l'art de faire de l'or se trouve à
côté de recettes métallurgiques et économiques ont été
étudiés et mis au jour par M. Berthelot dans son « Introduction
à l'étude de la Chimie » et surtout dans sa
« Collection des alchimistes grecs. » L'on peut constater
que dès lors l'Alchimie est constituée de toutes pièces,
ses théories traverseront les âges sans changer, jusqu'à
notre grand Lavoisier.
Puis les Barbares envahissent l'Europe, les sciences, les arts, les lettres sont morts en Occident. C'est en Orient
que nous les retrouvons entre les mains des Arabes. Leurs
chimistes, observateurs patients et opérateurs habiles,
accrurent le domaine de la science et la débarrassèrent de
ses éléments étrangers, magie, cabale et mysticisme. Le
plus célèbre d'entre eux est Geber, qui parle le premier de
l'acide azotique et de l'eau régale. Qu'il nous suffise de
citer à côté de lui quelques noms: Avicenne, Rhasès,
Alphidius, Calid, Morien, Avenzoar.
Avec les Arabes finissent les débuts de l'Alchimie, elle va désormais marcher à grands pas vers son apogée.
Dans l'Europe, débarrassé des terreurs de l'An Mil,
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VIII PREFACE --------------------------------------------------------

il y eut comme une sorte de Renaissance (Que l'on nous
pardonne cet anachronisme qui rend bien la chose). Les
Croisades avaient permis à l'Occident d'acquérir gloire et
science. Ce que les Croisés rapportèrent de plus précieux,
ce furent les oeuvres d'Aristote et les traités des alchimistes
Arabes.
La Philosophie prit un nouvel essor et l'alchimie compta en Europe ses premiers grands maîtres: Alain
de Lille, Albert-le-Grand, Roger Bacon, Saint-Thomas
d'Aquin, Raymond Lulle! La voie était désormais largement
ouverte, non seulement à l'Alchimie mais à toutes les
sciences de l'observation: Roger Bacon et Albert-le-
Grand n'avaient-ils pas substitué l'expérience à l'autorité
des anciens?
Les Alchimistes se multiplient surtout à la fin du XIVe et du XVe siècle, en Angleterre, Georges Riplée, Norton,
Bartholomée, en France, Bernard le Trévisan, le
célèbre Nicolas Flamel, en Allemagne Eck de Sultzbach,
Ulsted, Tritheim, Basile Valentin, Isaac le Hollandais.


III
Avec Basile Valentin nous entrons dans une ère nouvelle, l'Alchimie tend au mysticisme, elle s'allie de nouveau,

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PREFACE IX --------------------------------------------------------

comme dans son enfance avec la cabale et la magie,
en même temps la chimie proprement dite apparaît et peu
à peu se sépare de sa mère.
Le représentant le plus illustre de l'Alchimie au XVIe siècle est Paracelse. Jamais réformateur ne fut plus violent,
jamais homme n'eut d'amis aussi enthousiastes et
d'ennemis aussi acharnés. Un volume entier ne suffirait
pas à énumérer les oeuvres de ses disciples et les pamphlets
de ses détracteurs. Les plus connus des paracelsistes furent
Thurneysser, Croll, Dorn, Roch-le-Baillif, Bernard
Penot, Quercetanus et surtout Libavius. Les autres alchimistes
de cette époque n'appartenant à aucune école sont
le fameux Denys Zachaire, Blaise de Vigenère, Barnauld,
Grosparmy, Vicot, Gaston Claves ou Dulco,
Kelley, Sendivogius ou le Cosmopolite. On peut mettre
à côté d'eux Jean-Baptiste Porta, l'auteur bien connu de
la « Magie naturelle » et de la « Physionomie humaine
».
Au XVIIe siècle l'Alchimie est dans tout son éclat, des adeptes sillonnent l'Europe, démontrant la vérité de la
science d'Hermès par des transmutations réellement étonnantes.
Véritables apôtres, vivant pauvrement, se cachant
sous une misérable apparence, ils vont par les grandes
villes, ne s'adressent qu'aux savants; leur unique désir est
de démontrer la vérité de l'Alchimie par des faits. C'est
ainsi que Van Helmont, Bérigard de Pise, Crosset de la

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X PREFACE --------------------------------------------------------

Haumerie, Helvétius furent convertis à l'Alchimie. Le
résultat fut atteint, la soif de l'or s'empara du monde
entier, tous les couvents ont un laboratoire, les princes et
les rois en compagnie d'Alchimistes à gage travaillent au
grand-oeuvre, les médecins surtout et les pharmaciens
s'adonnent à l'hermétisme. En même temps paraît la
fameuse société des Rose-croix sur laquelle on ne sait
encore aujourd'hui rien de bien certain.
Les traités d'alchimie qui ont vu le jour au XVIIe siècle sont innombrables, mais il n'y a pas de grand
nom à citer, sauf Philalèthe, le président d'Espagnet et
Michel Mayer. Au second rang nous trouvons: Chartier,
Nuysement, Colleson, d'Atremont, Salmon, Hélias,
Barchusen, Planiscampi, Saint Romain, etc.


IV
Au XVIIIe siècle l'Alchimie est en pleine décadence, la chimie a progressé au contraire, elle s'est constituée en
science, les découvertes se succèdent, les faits s'entassent.
L'Alchimie a bien encore des partisans, mais ils se cachent
déjà pour travailler, on les regarde comme des
insensés. Il n'y a plus d'adeptes, on se contente de réimprimer
des traités anciens, ou de produire au jour des
compilations sans valeur aucune. Peu de noms à citer:

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PREFACE XI --------------------------------------------------------

Pernety, Respour, Lenglet Dufresnoy; auteur de l'histoire
de la philosophie hermétique, Libois, Saint-Germain.
L'histoire de l'Alchimie au XVIIIe siècle finit
avec deux charlatans, Cagliostro et Etteila.
Dans notre siècle l'Alchimie semble morte, ce n'est plus qu'une science curieuse, intéressante à connaître pour
l'histoire de la chimie. D'alchimistes attachés à l'antique
doctrine, nous n'en trouvons que deux Cyliani et
Cambriel. Quant à Tiffereau et à Louis Lucas c'est sur
la chimie moderne qu'ils s'appuient pour arriver aux
mêmes conclusions que les alchimistes proprement dits,
car chose curieuse, les dernières découvertes de la
science tendent à démontrer l'unité de la matière et par
conséquent la possibilité de la transmutation. Il est vrai
que Pythagore avait déjà dit positivement que la terre
tourne autour du soleil, et après deux mille ans d'erreur
Copernic rétablit cette vieille vérité!


V
Quelques mots maintenant sur ce livre. On s'est efforcé de le rendre aussi clair que possible, mais toutes choses
s'y enchaînant rigoureusement comme en une démonstration,
il est nécessaire de le lire avec attention et méthode.
Les gravures ont été reproduites par des procédés

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XII PREFACE --------------------------------------------------------

photolypiques, elles ne laissent donc rien à désirer pour
l'exactitude. Les nombreuses citations qui étaient indispensables
pour appuyer ce que nous avançons ont été
traduites fidèlement ou si elles étaient en vieux français
reproduites avec leur orthographe.
On trouvera à la fin du volume un dictionnaire résumant la signification des symboles hermétiques les plus
communs, une liste des auteurs cités dans ce volume et
un essai sur la bibliographie alchimique de notre siècle,
enfin une table analytique très détaillée.
Cet ouvrage continue une série d'études sur l'Alchimie, série que nous avons commencée par la publication
des Cinq traités d'Alchimie. Nous nous proposons de
livrer successivement: l'histoire de l'Alchimie depuis
l'antiquité jusqu'à nos jours, puis une étude sur les
laboratoires alchimiques, les instruments et les opérations
chimiques des Philosophes hermétiques.

A. POISSON.
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T H E O R I E S & S Y M B O L E S
DES ALCHIMISTES LE GRAND-OEUVRE --------------------------------------------------------

PREMIERE PARTIE -------
LES THEORIES -----
CHAPITRE I
DEFINITION DE L'ALCHIMIE. -- L'ALCHIMIE VULGAIRE ET
LA PHILOSOPHIE HERMETIQUE. -- SOUFFLEURS ET ADEPTES. -- LES BUTS DE L'ALCHIMIE: LE GRAND-OEUVRE L'HOMUNCULUS, L'ALKAEST, LA PALINGENESIE, LE SPIRITUS MUNDI, LA QUINTESSENCE, L'OR POTABLE.
Qu'est-ce que l'Alchimie? pour nous ce n'est guère qu'une science naturelle, mère de la Chimie. Mais les
Alchimistes eux-mêmes, comment définissaient-ils leur

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2 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

science. « L'Alchimie, dit Paracelse, est une science qui
apprend à changer les métaux d'une espèce en une autre
espèce. » (Le ciel des philosophes). C'est la définition
qu'en donnent la plupart des alchimistes, ainsi Denys
Zachaire, dans son « Opuscule de la philosophie naturelle
des métaux, » dit: « C'est une partie de Philosophie naturelle,
laquelle démontre la façon de parfaire les métaux
sur terre, imitant la Nature en ses opérations, au plus
près que lui est possible », Roger Bacon, esprit exact,
donne une définition plus précise: « L'Alchimie est la
science qui enseigne à préparer une certaine médecine ou
élixir, lequel étant projeté sur les métaux imparfaits leur
communique la perfection dans le moment même de la
projection ». (Miroir d'Alchimie.) De même « l'Argyropée
et la Chrysopée est l'art qui enseigne à donner à la
matière prochaine de l'or et de l'argent, la forme de ces
métaux « (G. Claves: Apologia Chrisopoeiae et Argyropoeiae).
Au XVIIIe siècle où la chimie brillait dans tout
son éclat, il fallut différencier les deux sciences, et voici
comment en parle dom Pernety: « La chimie vulgaire
est l'art de détruire les composés que la nature a formés,
et la chimie hermétique est l'art de travailler avec la
nature pour les perfectionner ». (Fables grecques et
égyptiennes).

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LES THEORIES 3 --------------------------------------------------------

Mais tous ces alchimistes n'ont envisagé que la haute Alchimie; il y avait en effet deux espèces d'alchimistes:
les souffleurs, gens dépourvus de théorie, travaillant à
l'aventure, ils cherchaient il est vrai la pierre philosophale,
mais empiriquement, entre temps, ils faisaient de
la chimie industrielle, fabriquant des savons, de fausses
pierres précieuses, des acides, des alliages, des couleurs;
ce sont eux qui donnèrent naissance aux chimistes;
ce sont eux qui vendaient pour de l'argent le secret
de faire de l'or, charlatans et filous, ils faisaient de la
fausse monnaie, plus d'un souffleur fut pendu au gibet
doré, supplice réservé à cette sorte d'imposteurs; les
philosophes hermétiques au contraire, dédaignant ces
travaux qu'ils flagellaient du nom de sophistications,
s'adonnaient à la recherche de la pierre philosophale
non par avarice mais pour l'amour de la science. Ils
avaient des théories spéciales qui ne leur permettaient
pas de s'écarter de certaines limites dans leurs recherches.
Ainsi, dans la préparation de la pierre philosophale, ils ne travaillaient que sur les métaux et généralement
sur les métaux précieux, tandis que les souffleurs faisaient
défiler dans leurs cornues les produits hétéroclites
du règne végétal, animal et minéral. Aussi les

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4 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

Philosophes persévèrent-ils dans la voie qu'ils se sont
tracée, leurs doctrines traversent intactes des siècles,
tandis que les souffleurs abandonnent peu à peu des
recherches coûteuses et très longues pour s'occuper
de choses prosaïques mais d'un bon rapport, peu à
peu la Chimie se constitue en science et se sépare de
l'Alchimie.
On ne peut mieux résumer la question qu'en citant un passage de la Physica subterranea, de Beccher.
« Les faux alchimistes ne cherchent qu'à faire de l'or, les vrais philosophes ne désirent que la science, les premiers
ne font que teintures, sophistications, inepties, les
autres s'enquièrent des principes des choses ».
Nous allons maintenant examiner les problèmes que les alchimistes se proposaient de résoudre. Le premier
et le principal consistait dans la préparation d'un composé,
nommé élixir, magistère, médecine, pierre philosophique
ou philosophale, doué de la propriété de transmuer
les métaux ordinaires en or ou en argent. On reconnaissait
deux élixirs, un blanc transmuant les métaux en
argent et un rouge les transmuant en or. Les alchimistes
grecs connaissaient cette distinction en deux élixirs, le
premier blanchissait les métaux, λευκωσις, le second les
jaunissait, ξανθωσις, (voir Berthelot: Origines de l'alchimie).

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LES THEORIES 5 --------------------------------------------------------

La pierre philosophale n'eut d'abord qu'un simple
pouvoir transmutatoire sur les métaux, mais plus tard les
philosophes hermétiques lui reconnurent une foule d'autres
propriétés: produire des pierres précieuses, du diamant,
guérir toutes les maladies, prolonger la vie humaine
au-delà des limites ordinaires, donner à celui qui la
possède la science infuse et le pouvoir de commander
aux puissances célestes, etc. On trouvera ce point, plus
développé dans la seconde partie de cet ouvrage.
Les premiers alchimistes n'avaient pour but que la transmutation des métaux, mais plus tard ils se proposèrent
plusieurs autres problèmes. Dans leur orgueil, ils
crurent pouvoir s'égaler à Dieu et créer de toutes
pièces des êtres animés. Déjà, suivant la légende, Albert
le Grand avait construit un automate en bois, un androïde
auquel il avait donné la vie par des conjurations
puissantes. Paracelse alla plus loin et prétendit créer un
être vivant en chair et en os, l'homunculus. On trouve
dans son traité: De natura rerum (Paracelsi opera omnia
medico chimico chirurgica, tome II) la manière de procéder.
Dans un récipient on place différents produits animaux
que nous ne nommerons pas et pour cause; les
influences favorables des planètes et une douce chaleur
sont nécessaires pour la réussite de l'opération. Bientôt

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6 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

une légère vapeur s'élève dans le récipient, elle prend
peu à peu la forme humaine, la petite créature s'agite,
elle parle, l'homunculus est né! Paracelse indique très
sérieusement le parti que l'on en peut tirer et la façon
de le nourrir.
Les alchimistes cherchaient encore l'alkaëst ou dissolvant universel. Ce liquide devait dissoudre tous les
corps qu'on y plongerait. Les uns crurent le voir dans
la potasse caustique, d'autres dans l'eau régale, Glauber
dans son sel admirable (sulfate de soude). Ils n'avaient
oublié qu'un point, c'est que l'alkaëst dissolvant tout,
aurait attaqué le vase qui le contenait. Mais comme il
n'y a d'hypothèse si fausse qui ne fasse découvrir quelque
vérité, en cherchant l'alkaëst les alchimistes trouvèrent
plusieurs corps nouveaux.
La Palingénésie, peut comme conception, être rapprochée de l'homunculus. Ce mot signifie résurrection,
c'était en effet une opération par laquelle on reconstituait
un arbuste, une fleur, avec ses seules cendres. Kircher
dans son Mundus subterraneus a indiqué la façon
de faire renaître une fleur de ses cendres.
Les alchimistes essayèrent aussi de recueillir le Spiritus mundi, l'esprit du monde. Cette substance répandue
dans l'air, saturée des influences planétaires possédait

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LES THEORIES 7 --------------------------------------------------------

une foule de propriétés merveilleuses, notamment
de dissoudre l'or. Ils la cherchaient dans la rosée, dans
le flos coeli ou nostoc, sorte de cryptogame, qui apparaît
après les grandes pluies: « La pluie de l'équinoxe me
sert d'instrument pour faire sortir de la terre le flos coeli
ou la manne universelle que je vais cueillir pour la faire
corrompre, afin d'en séparer miraculeusement une eau
qui est la vraie fontaine de Jouvence qui dissout l'or
radicalement » (de Respour: Rares expériences sur l'esprit
minéral).
Le problème de la Quintessence était plus rationnel, il s'agissait d'extraire de chaque corps les parties les
plus actives: le résultat immédiat fut le perfectionnement
des procédés distillatoires.
Enfin les alchimistes cherchaient l'or potable. Suivant eux, l'or étant un corps parfait, devait être un remède
énergique et communiquant à l'organisme une résistance
considérable à toute espèce de maladies. Les uns se
servaient d'une solution de chlorure d'or ainsi qu'on
peut le voir par le passage suivant: « Si on verse abondamment
de l'eau dans cette solution et qu'on y mette
de l'étain, du plomb, du fer ou du bismuth, l'or étant
précipité, a accoutumé de s'attacher au métal. Et aussitôt
que vous remuerez l'eau, l'or précipité qui ressemble

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8 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

à un limon trouble se rassemble dans l'eau », (Glauber:
La médecine universelle).
Mais généralement les empiriques vendaient fort cher sous le nom d'or potable, tout liquide offrant une belle
couleur jaune, notamment la solution de perchlorure de
fer.
Comme on le voit, les Alchimistes ne manquaient pas de sujets pour exercer leur patience; mais le plus grand
nombre délaissant les problèmes secondaires ne poursuivaient
que la réalisation du grand-oeuvre. La plupart
des traités hermétiques ne parlent que de la pierre philosophale,
aussi n'examinerons-nous que ce seul point,
sans plus nous occuper des problèmes de second ordre,
qui au reste n'apparaissent que fort tard dans l'histoire
de l'Alchimie, et qui furent soumis à une foule de variations,
chacun modifiant le problème ou lui donnant une
solution différente.

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LES THEORIES 9 --------------------------------------------------------

CHAPITRE II
LES THEORIES ALCHIMIQUES. -- UNITE DE LA MATIERE. --
LES TROIS PRINCIPES: SOUFRE, MERCURE, SEL OU ARSENIC. -- THEORIE D'ARTEPHIUS. -- LES QUATRE ELEMENTS.
L'on a souvent répété que les alchimistes travaillaient en aveugles, c'est une grave erreur, ils avaient des théories
très rationnelles qui émises par les philosophes grecs
du second siècle de l'ère chrétienne, se sont maintenues
à peu près sans altération jusqu'au XVIIIe siècle.
A la base de la théorie hermétique, on trouve une grande loi: l'Unité de la Matière. La Matière est une,
mais elle peut prendre diverses formes et sous ces formes
nouvelles se combiner à elle-même et produire de
nouveaux corps en nombre indéfini. Cette matière première
était encore appelée semence, chaos, substance
universelle. Sans entrer dans plus de détails, Basile Valentin
pose en principe l'unité de la matière. « Toutes
choses viennent d'une même semence, elles ont toutes
été à l'origine enfantées par la même mère » (Char de
triomphe de l'antimoine). Sendivogius, plus connu sous

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10 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

le nom de Cosmopolite, est plus explicite dans ses « Lettres
» « Les chrétiens, dit-il, veulent que Dieu ait
d'abord créé une certaine matière première... et que
de cette matière par voie de séparation, ayant été tirés
des corps simples, qui ayant ensuite été mêlés les uns
avec les autres, par voie de composition servirent à faire
ce que nous voyons... Il y a eu dans la création une
espèce de subordination, si bien que les êtres les plus
simples ont servi de principes pour la composition des
suivants et ceux-ci des autres. » Il résume enfin tout ce
qu'il vient de dire dans ces deux propositions « Savoir:
1° la production d'une matière première que rien
n'a précédé; 2° La division de cette matière en éléments
et enfin moyennant ces éléments la fabrique et la composition
des Mixtes » (Lettre XIme). Il entend par Mixte
toute espèce de corps composé.
D'Espagnet complète Sendivogius, en établissant l'indestructibilité de la matière, il ajoute qu'elle ne peut
que changer de forme. « .... Tout ce qui porte le
caractère de l'être ou de la substance ne peut plus le
quitter et par les lois de la nature, il ne lui est pas permis
de passer au non-être. C'est pourquoi Trismégiste
dit fort à propos, dans le Pimander que rien ne meurt
dans le monde, mais que toutes choses passent et changent

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LES THEORIES 11 --------------------------------------------------------

» (Enchiridion physicae restitutae). Naturellement
il admet l'existence d'une matière première. « Les Philosophes
ont cru, dit-il, qu'il y avait une certaine matière
première, antérieure aux éléments. » Cette hypothèse
ajoute-t-il se trouve déjà dans Aristote. Il examine
ensuite les qualités que les métaphysiciens ont attribuées
à la matière. Barlet nous renseigne sur ce point: « La
substance universelle est toute tout intérieurement sans
distinction de genre ou de sexe, c'est-à-dire grosse,
féconde et empreinte de toutes choses sensibles à l'advenir
» (Barlet: La théotechnie ergocosmique). Ce qui
revient à dire que la matière première ne contient aucun
corps en action et les représente tous en puissance.
Généralement l'on admettait que la matière première est
liquide, c'est une eau qui à l'origine du monde était le
chaos. « C'était la matière première contenant toutes
les formes en puissance... Ce corps uniforme était
aquatique et appelé par les Grecs ὔλη, dénotant par le
même mot l'eau et la matière ». (Lettre philosophique).
Plus loin il est dit que ce fut le feu qui joua le rôle
de mâle par rapport à la matière femelle, ainsi prirent
naissance tous les corps qui composent l'univers.
Comme on le voit l'hypothèse de la matière première
était la base même de l'Alchimie, partant de ce principe,

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12 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

il était rationnel d'admettre la transmutation des métaux.
La matière se différenciait d'abord en soufre et en
mercure, et ces deux principes s'unissant en diverses
proportions formaient tous les corps. « Tout se compose
de matières sulfureuses et mercurielles » dit l'Anonyme
chrétien, alchimiste grec.
Plus tard on ajouta un troisième principe le sel ou arsenic, mais sans lui donner autant d'importance qu'au
soufre et au mercure. Ces trois principes ne désignaient
en aucune façon des corps vulgaires. Ils représentaient
certaines qualités de la matière, ainsi le soufre dans un
métal, figure la couleur, la combustibilité, la propriété
d'attaquer les autres métaux, la dureté, au contraire le
mercure représente l'éclat, la volatilité, la fusibilité, la
malléabilité. Quant au sel c'était simplement un moyen
d'union entre le soufre et le mercure, comme l'esprit
vital entre le corps et l'âme.
Le sel, fut introduit comme principe ternaire, surtout par Basile Valentin, Khunrath, Paracelse, en un mot
par les alchimistes mystiques. Avant eux Roger Bacon
en avait bien parlé, mais incidemment sans lui attribuer
de qualités spéciales, sans s'en occuper beaucoup, au
contraire Paracelse s'emporte contre ses prédécesseurs
qui ne connaissaient pas le sel. « Ils ont cru, que le Mercure

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LES THEORIES 13 --------------------------------------------------------

et le Soufre étaient des principes de tous les métaux,
et ils n'ont pas mentionné même en songe le troisième
principe » (Le Trésor des trésors). Mais le sel est
fort peu important et même après Paracelse, nombre
d'alchimistes le passèrent sous silence.
Le Soufre, le Mercure et le Sel ne sont donc que des abstractions, commodes pour désigner un ensemble de
propriétés, un métal était-il jaune ou rouge, difficilement
fusible, on disait que le Soufre abondait en lui. Mais il
ne faut pas oublier que le Soufre, le Mercure et le Sel
dérivaient de la Matière première: « O merveille, le
Soufre, le Mercure et le Sel me font voir trois substances
en une seule matière » (Lumière sortant par soi-même
des Ténèbres: Marc-Antonio).
Eliminer dans un corps certaines propriétés, c'était séparer le Soufre ou le Mercure, par exemple rendre un
métal infusible en le transformant en chaux ou oxyde,
c'était avoir volatilisé son Mercure et extrait son Soufre.
Autre exemple, le Mercure ordinaire contient des métaux
étrangers qui restent dans la cornue quand on le distille,
cette partie fixe était considérée comme le Soufre du
Mercure vulgaire par les alchimistes; transformant le vif-
argent ou mercure en bichlorure, ils obtenaient ainsi un
corps complètement volatil et croyaient avoir extrait par

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14 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

cette opération le Mercure-principe du Mercure-métal.
Nous ne pouvons quitter la question des trois principes sans mentionner la théorie d'Artéphius, alchimiste du
XIe siècle. Pour lui le Soufre représente dans les métaux
les propriétés visibles, le Mercure, les propriétés occultes
ou latentes. Dans tout corps il faut distinguer les
propriétés visibles: couleur, éclat, étendue, c'est le Soufre
qui représente cela; puis les propriétés occultes qui
ne se révèlent que par l'intervention d'une force extérieure:
fusibilité, malléabilité, volatilité etc., propriétés
dues au Mercure. Cette explication diffère peu de celle
donnée ci-dessus.
A côté du Soufre, du Mercure et du Sel, les alchimistes admettaient quatre éléments théoriques, la Terre,
l'Eau, l'Air et le Feu; ces mots étaient pris dans un sens
absolument différent du sens vulgaire. Dans la théorie
alchimique les quatre éléments pas plus que les trois
principes, ne représentent des corps particuliers, ce sont
de simples états de la matière, des modalités. L'Eau est
synonyme de liquide, la Terre c'est l'état solide, l'air
l'état gazeux, le Feu un état gazeux très subtil, tel que
celui d'un gaz dilaté par la chaleur. Les quatre éléments
représentent donc les états sous lesquels la matière se
présente à nous, on pouvait par suite dire logiquement

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LES THEORIES 15 --------------------------------------------------------

que les éléments composent tout l'Univers. Pour un
alchimiste tout liquide est une Eau, tout solide est Terre
en dernière analyse, toute vapeur est Air. C'est pour cela
que l'on trouve dans les anciens traités de physique que
l'eau ordinaire chauffée se change en Air. Ceci ne veut
pas dire que l'eau se transforme dans le mélange respirable
qui constitue l'atmosphère, mais bien que l'eau,
d'abord liquide se change en un fluide aériforme, en un
gaz comme on l'a dit plus tard.
Les Eléments représentaient non seulement des états physiques, mais par extension des qualités.
« Tout ce qui était de qualité chaude a été appelé par les anciens: feu; ce qui était sec et solide, terre; ce qui
était humide et fluide, eau; froid et subtil, air ». (Epître
d'Alexandre).
L'Eau se transformant en vapeur ainsi que tous les liquides quand on les chauffe, d'autre part les corps solides
étant généralement combustibles, des Philosophes
Hermétiques avaient cru devoir réduire le nombre des
Eléments à deux visibles, la Terre et l'Eau, renfermant
en eux les éléments invisibles, le Feu et l'Air. La terre
contient en soi le Feu, et l'Eau renferme l'air à l'état invisible.
Qu'une cause extérieure vienne à agir, le feu et l'air
se manifesteront. Rapprochons ceci de la théorie d'Artéphius

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16 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

mentionnée plus haut, la Terre correspondra au
Soufre, l'Eau au Mercure et réciproquement. En somme
les quatre éléments avec le Soufre et le Mercure représentaient
à peu près les mêmes modifications de la matière
première, destinées à composer le reste des corps.
Seulement le Soufre et le Mercure représentant des
qualités métalliques étaient plus spécialement réservés aux
Métaux et aux minéraux tandis que les quatre Eléments
s'appliquaient au règne végétal et animal. Quand un alchimiste
distillait un bois et obtenait un résidu fixe, une essence
ou huile, et des produits inflammables, il disait avoir
décomposé ce bois en Terre, Eau et Feu. Plus tard aux
quatre Eléments on en surajouta un cinquième, la Quintessence:
« L'on peut nommer les parties les plus solides
terre, les plus humides eau, les plus déliées et spirituelles
air, la chaleur naturelle, feu de la nature; et
les autres occultes et essentielles s'appellent fort à propos
des natures célestes et astrales ou Quintessence. »
(D'Espagnet: Enchiridion physicae restitutae.) Cette
quintessence correspondrait au Sel. L'on voit combien
les théories des alchimistes étaient cohérentes. Alors
qu'un Souffleur se perdait dans ce dédale, trois principes
quatre éléments, une Matière universelle, un Philosophe
conciliait facilement ces différences apparentes. Et

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LES THEORIES 17 --------------------------------------------------------

maintenant l'on comprendra comment il faut entendre
ces paroles du moine Hélias. « C'est avec les quatre
éléments que tout ce qui est en ce monde a été créé par
la toute-puissance de Dieu » (Hélias: Miroir d'Alchimie).
Ces théories existaient dès l'origine de l'Alchimie. Chez les Grecs l'alchimiste Synésius dans son Commentaire
sur le livre de Démocrite nous fait remarquer que
dans l'opération alchimique l'artiste ne crée rien, il modifie
la Matière, il change sa Forme. L'Anonyme Chrétien
que nous avons cité appartient à la même époque. Quant
aux quatre éléments ils étaient connus depuis longtemps.
Zosime donne à leur ensemble le nom de Tétrasomie ou
les Quatre Corps.
Voici sous forme de tableau le résumé de la Théorie alchimique générale.

pict

------- 3
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18 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

CHAPITRE III
LES SEPT METAUX. -- LEUR COMPOSITION. -- LEUR
GENESE. -- LE FEU CENTRAL. -- CYCLE DE FORMATION. -- INFLUENCES PLANETAIRES.
Les alchimistes travaillant surtout sur les Métaux, on comprend qu'ils se sont beaucoup étendus sur la genèse
et la composition des métaux. Ils en reconnaissaient sept
auxquels ils attribuaient le nom et le signe des sept planètes:
Or ou Soleil , Argent ou Lune , Mercure ,
Plomb ou Saturne , Etain ou Jupiter , Fer ou Mars ,
Cuivre ou Vénus . Ils les divisaient en métaux parfaits,
inaltérables, qui étaient l'or et l'argent et en métaux imparfaits,
se changeant en chaux, (oxydes) au feu ou à
l'air, facilement attaquables par les acides. « L'élément
feu corrompt les métaux imparfaits et les détruit. Ces
métaux sont au nombre de cinq . Les métaux
parfaits sont inaltérables dans le feu » (Paracelse: Le
Ciel des philosophes).
Voyons quelle est l'application de la théorie hermétique
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LES THEORIES 19 --------------------------------------------------------

aux métaux. D'abord les métaux doivent tous dériver
d'une même source: la Matière première. Les philosophes
hermétiques sont au reste unanimes sur ce
point. « Les métaux sont tous semblables dans leur
essence, ils ne diffèrent que par leur forme » (Albert le
Grand: De Alchimia). « Il n'y a qu'une seule matière première
des métaux, elle revêt différentes formes selon le
degré de cuisson, selon la force plus ou moins puissante
d'un certain agent naturel » (Arnauld de Villeneuve: Le
Chemin du chemin). Soit dit en passant la théorie est
absolument applicable aux minéraux. « Il n'y a qu'une
matière pour tous les métaux et les minéraux » (Basile
Valentin) et enfin: « La nature des pierres est la même
que celle des autres choses » (Le Cosmopolite).
Le passage d'Albert le Grand est on ne peut plus explicite: la matière une pour tout ce qui existe, dirait-on
aujourd'hui, se différencie d'elle-même par la forme,
c'est-à-dire que les atomes identiques entre eux, affectent
en se groupant diverses formes géométriques et de
là vient la différenciation entre les corps. En chimie,
l'allotropie justifie parfaitement cette manière de voir.
Il s'ensuit que le Soufre et le Mercure, principes secondaires (par opposition à la Matière, principe premier)
ne représentent qu'un ensemble de qualités: « Et ainsi

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20 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

tu peux voir clairement que le Soufre n'est pas une chose
à part hors de la substance du Mercure, et que ce n'est
pas Soufre vulgaire. Car si ainsi était, la Matière des
métaux ne serait point d'une nature homogène, ce qui
est contre le dire des philosophes » (Bernard le Trévisan:
Livre de la Philosophie naturelle des métaux). Dans
le même ouvrage, Bernard le Trévisan revient sur ce
sujet important: « Le Soufre n'est point une chose qui
soit divisée du vif-argent, ne séparée; mais est seulement
cette chaleur et sécheresse qui ne domine point à
la froideur et humidité du Mercure, lequel Soufre après
digéré, domine les deux autres qualités, c'est-à-dire,
froideur et moiteur et y imprime ses vertus. Et par ces
divers degrés de décoctions se font les diversités des
métaux » (Idem). Le Soufre, de nature chaude, est actif,
le Mercure de nature froide est passif: « Je dis: il y
a deux natures, l'une active, l'autre passive. Mon maître
me demanda quelles sont ces deux natures? Et je répondis:
l'une est de la nature du chaud, l'autre du froid.
Quelle est la nature du chaud? Le chaud est actif et le
froid passif » (Artéphius: Clavis majoris sapientiae).
Le Soufre ou le Mercure peuvent dominer dans la composition des métaux, en un mot certaines qualités
peuvent l'emporter sur d'autres. Quant au Sel, nous

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LES THEORIES 21 --------------------------------------------------------

avons déjà expliqué que ce principe inconnu aux premiers
alchimistes, n'eut même plus tard qu'une importance
restreinte malgré les Paracelsistes. Le Sel ou
Arsenic n'était que le lien qui unit les deux autres principes:
« Le Soufre, le Mercure et l'Arsenic sont les
principes composants des métaux. Le Soufre en est
le principe actif, le Mercure, le principe passif, l'Arsenic
est le lien qui les unit » (Roger Bacon: Breve breviarium
de dono dei.) Roger Bacon attachait lui-même si
peu d'importance au Sel, que dans un autre de ses ouvrages
il n'en fait pas mention comme principe composant.
« Notez, dit-il, que les principes des métaux sont le
Mercure et le Soufre. Ces deux principes ont donné
naissance à tous les métaux et à tous les minéraux dont
il existe pourtant un grand nombre d'espèces différentes
» (Miroir d'Alchimie).
Donc on peut dire que tous les métaux sont composés de Soufre et de Mercure, tous deux réductibles à la
matière première.

« Car tous métaux de Soufre sont Formés et Vif-Argent qu'ils ont Ce sont deux spermes des métaux. »
(NICOLAS FLAMEL: Sommaire). 3..
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22 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

Le Soufre est le père (principe actif) des métaux, disaient encore les Alchimistes, et le Mercure (principe
passif) est leur mère.

« Mercurius est Vif-Argent Qui a tout le gouvernement Des sept métaux, car c'est leur mère. »
(JEHAN DE LA FONTAINE: Fontaine des amoureux de science.
Nous ne nous occuperons que du Soufre et du Mercure et de leur rôle dans la Genèse des métaux. Ces
deux principes existent séparés dans le sein de la terre.
Le Soufre sous forme d'un corps solide, fixe, onctueux,
le Mercure sous forme de vapeur. « Le Soufre est la
graisse de la terre, épaissie dans les Mines par une
cuisson modérée, jusqu'à ce qu'elle durcisse, alors elle
constitue le Soufre » (Albert le Grand: De Alchimia.)
Attirés sans cesse l'un vers l'autre, les deux principes
se combinent en diverses proportions pour former
métaux et minéraux. Mais il y a encore d'autres circonstances
qui modifient l'affinité des deux principes: le
degré de cuisson, la pureté, les accidents divers. Les
Alchimistes admettaient en effet l'existence d'un feu
situé dans les entrailles de la terre, le mélange de Soufre

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LES THEORIES 23 --------------------------------------------------------

et de Mercure plus ou moins cuit et digéré, variait
par suite de propriétés: « On a observé que la nature
des métaux, telle que nous la connaissons, est d'être
engendrée par le Soufre et le Mercure. La différence
seule de cuisson et de digestion produit la variété
dans l'espèce métallique » (Albert le Grand: le Composé
des composés). Pour ce qui est de la pureté, nous
citerons le passage suivant: « Selon la pureté ou l'impureté
des principes composants, Soufre et Mercure,
il se produit des métaux parfaits ou imparfaits » (Roger
Bacon: Miroir d'Alchimie). Ceci nous amène à dire
que les métaux imparfaits naissent les premiers, ainsi
le fer se transforme en cuivre; puis se perfectionnant
le cuivre se change en plomb, ce dernier à son tour
devient étain, mercure, puis argent et enfin Or. Les
métaux parcourent une sorte de cycle: « Nous avons
en effet démontré clairement dans notre Traité des minéraux,
que la génération des métaux est circulaire; on
passe facilement de l'un à l'autre suivant un cercle.
Les métaux voisins ont des propriétés semblables; c'est
pour cela que l'argent se change facilement en or »
(Albert le Grand: le Composé des composés). Glauber
va plus loin, il émet l'opinion singulière que les métaux
une fois arrivés à l'état d'or, parcourent le cycle en

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24 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

sens inverse, devenant de plus en plus imparfaits jusqu'au
fer, pour remonter ensuite en perfection et ainsi
de suite indéfiniment. « Par la vertu et par la force des
Eléments, il s'engendre tous les jours de nouveaux
métaux et les vieux tout au contraire se corrompent en
même temps » (Glauber: l'Oeuvre minéral). Le mot
Elément est pris dans le sens de Force minéralisante.
L'Or qui est la perfection est donc le but constant de la nature; outre un degré insuffisant de cuisson ou l'impureté
du Soufre et du Mercure, divers accidents peuvent
entraver son action. « Je dis de plus que la Nature
a pour but et s'efforce sans cesse d'atteindre la perfection,
l'or. Mais par suite d'accidents qui entravent sa marche,
naissent les variétés métalliques » (Roger Bacon: Miroir
d'Alchimie). Un de ces accidents c'est que la minière
où se développent les métaux vienne à être ouverte.
« Par exemple si une Mine était éventrée, l'on y pourrait
trouver des métaux non encore achevez, et parce
que l'ouverture de la mine interromprait l'action de la
nature, ces métaux resteraient imparfaits et ne s'accompliraient
jamais, et toute la semence métallique contenue
en cette mine perdrait sa force et sa vertu » (Texte d'Alchimie).
Nous ne pouvons terminer ce chapitre sans parler
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LES THEORIES 25 --------------------------------------------------------

des influences planétaires qui intervenaient dans la genèse
métallique. Au moyen-âge on admettait une relation
absolue entre tout ce qui avait lieu sur la terre et les
Planètes. « Rien ne se produit, en la terre et en l'eau,
qui n'y soit semé du ciel. Le rapport permanent entre
ces deux grands corps pourrait être figuré par une pyramide
dont le sommet appuie sur le Soleil et la base sur
la Terre » (Blaise de Vigenère: Traité du feu et du sel).
De même « Sachez donc, ô mon fils et le plus cher de
mes enfants, que le Soleil, la Lune, et les étoiles jettent
perpétuellement leurs influences dans le centre de la
terre » (Valois: Oeuvres manuscrites). L'on a déjà vu plus
haut que les sept métaux étaient consacrés aux sept
planètes qui leur donnaient naissance. On confondait
planètes et métaux sous le même nom et le même signe.
Ces théories remontent à l'origine même de l'Alchimie.
Proclus, philosophe néo-platonicien du Vme siècle de
notre ère, dans son Commentaire sur le Timée de Platon
expose que « l'or naturel, l'argent et chacun des métaux
comme des autres substances, sont engendrés dans
la terre sous l'influence des divinités célestes et de leurs
effluves. Le Soleil produit l'or, la Lune l'argent, Saturne
le plomb et Mars le fer » (Voir Berthelot: Introduction
à l'étude de la chimie). On peut même remonter plus

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26 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

haut, chez les Perses les métaux étaient aussi consacrés
aux planètes, mais ils ne correspondaient pas aux mêmes
astres qu'au moyen âge, ainsi l'étain était consacré à
Vénus et le fer à Mercure.
Les Alchimistes reconnaissaient donc unanimement l'action des planètes sur les métaux, Paracelse va plus
loin et spécifie cette action. Selon lui chaque métal doit
sa naissance à la planète dont il porte le nom, les six
autres planètes unies chacune à deux constellations zodiacales
lui donnent diverses qualités. Ainsi « La Lune
doit à sa dureté et sa sonorité agréable. Elle doit
à et sa résistance à la fusion et sa malléabilité.
Enfin et lui donnent sa densité et un corps homogène,
etc. » (Paracelse: le Ciel des philosophes).
En résumé, métaux et minéraux, formés à la base, de la Matière première sont composés de Soufre et de Mercure.
Le degré de cuisson, la pureté variable des composants,
divers accidents, les influences planétaires causent
les différences qui séparent les métaux les uns des
autres.

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LES THEORIES 27 --------------------------------------------------------

CHAPITRE IV
L'ALCHIMIE MYSTIQUE. -- THEORIES FANTAISISTES. -- LA
CABALE ALCHIMIQUE. -- TRIPLE ADAPTATION DE LA THEORIE HERMETIQUE. -- LE SANCTUAIRE.
L'Alchimie chez les Grecs était, en raison même de son origine, mêlée à la magie et à la théurgie. Plus tard,
grâce aux philosophes arabes, cette science s'épura et
ce n'est qu'au XVe et au XVIe siècles qu'elle s'allia de nouveau
aux sciences occultes proprement dites.
Dès lors un grand nombre d'alchimistes demandèrent à la Cabale, à la Magie; à l'Astrologie, la clef du Grand-
Oeuvre. Paracelse n'admettait parmi ses disciples que
des gens versés dans l'astrologie, comme il l'affirme lui-
même: « Mais il me faut revenir à mon sujet pour satisfaire
mes disciples que je favorise volontiers quand ils
sont pourvus des lumières naturelles, quand ils connaissent
l'Astrologie et surtout quand ils sont habiles dans
la Philosophie qui nous apprend à connaître la matière
de tout » (Paracelse: Le Trésor des trésors).
Alors que ses prédécesseurs ou contemporains, Calid, Valois, Blaise de Vigenère admettaient simplement l'action

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28 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

des astres dans la génération des métaux, Paracelse
allait plus loin et prétendait calculer quand et comment les
planètes influaient sur les métaux. Suivant cette doctrine,
quelques alchimistes alliaient intimement l'astrologie à
l'hermétisme et ils ne commençaient jamais une opération
sans s'être assurés auparavant que les planètes
étaient favorables.
C'est encore à Paracelse que l'on doit d'avoir introduit des données cabalistiques dans l'Alchimie. Il a condensé
ses doctrines occultes dans son Traité de Philosophie
occulte et dans ses Archidoxes magiques.
Ceci nous amène à parler de la Cabale. Cette science consiste à décomposer les mots, à additionner la valeur
numérique des lettres et à en tirer selon des règles spéciales
toutes les déductions possibles. Ainsi le nombre
de l'or en hébreu est 209, c'est l'ornement du règne
minéral, il correspond à Jéhovah dans le monde des
esprits.
Hoeffer dans son Histoire de la chimie, a consacré quelques pages à la cabale appliquée aux métaux. L'Alchimie,
science d'observation, ne pouvait profiter en rien
de son alliance à la Cabale, science purement spéculative.
L'adjonction d'éléments étrangers ne devait que la rendre
plus obscure, aussi Paracelse eut-il tort sur ce point.

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LES THEORIES 29 --------------------------------------------------------

Avant lui B. Valentin avait fait quelques essais dans le
même sens, il décompose le mot Azoth de la façon suivante
« Azoth, commencement et fin, car il est A et O,
présent en tout lieu. Les philosophes m'ont orné du
nom d'Azoth, les latins A et Z, les Grecs α et ω, les hébreux
ח א aleph et thau, tous lesquels signifient et font
Azoth » (L'Azoth des philosophes.)
Après Paracelse on ne trouve guère que deux auteurs ayant traité spécialement de Cabale alchimique. Ce sont
Panthée, prêtre vénitien et Jean Dee, alchimiste et mathématicien
anglais. Panthée a écrit deux traités, l'un
est l'Ars et Theoria transmutationis metallicae, et l'autre:
Voarchadumia. On y trouve que le nombre de la génération
est 544, celui de la putréfaction 772, que le mercure
l'or et l'argent correspondent aux lettres hébraïques,
seth, he, vau, et autres rêveries semblables. Jean Dee
dans son traité: la Monade hiéroglyphique, a essayé
de constituer une cabale particulière à l'aide des symboles
alchimiques. Ainsi pour lui le symbole du mercure
représente la Lune , le Soleil et les quatre
éléments . De plus le signe du Soleil représente la
monade figurée par le point autour duquel le cercle symbolise
le Monde. Ce curieux traité se trouve imprimé
dans le second volume du Theatrum chimicum.

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30 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

Ces alchimistes et quelques autres tels que Khunrath Mayer, Blaise de Vigenère introduisirent dans la Science
une interprétation nouvelle de la théorie alchimique. Alors
que les sciences exactes et naturelles procèdent par induction
et déduction, les sciences occultes procèdent par
analogie; ils appliquèrent la méthode de l'analogie à l'alchimie.
Ainsi ils disaient: il y a trois mondes, le matériel
l'humain, le divin. Dans le monde humain, nous avons le
Soufre, le Mercure et le Sel, principes de toutes choses
et une Matière; dans le monde humain ou microcosme: le
corps, l'esprit et l'âme réunis en l'homme, dans le monde
divin trois personnes en un seul Dieu. « Ainsi est Trinité en
unité, et unité en Trinité, car là sont corps, esprit et âme.
Là est aussi Soufre, Mercure, Arsenic » (Bernard le
Trévisan: la Parole délaissée). Le Grand-Oeuvre a par
suite un triple but dans le monde matériel: la transmutation
des métaux pour les faire arriver à l'or, à la perfection;
dans le microcosme, le perfectionnement de l'homme
moral; dans le monde divin la contemplation de la
Divinité dans sa splendeur. D'après la seconde acception,
l'homme est l'Athanor philosophique où s'accomplit l'élaboration
des vertus, c'est dans ce sens selon les mystiques
qu'il faut entendre ces paroles: « Car l'Oeuvre est avec
vous et chez vous, de sorte que le trouvant en vous-même,

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LES THEORIES 31 --------------------------------------------------------

où il est continuellement, vous l'avez aussi toujours,
quelque part que vous soyez, sur terre et sur mer » (Hermès:
les Sept chapitres).
Les Alchimistes mystiques entendaient par Soufre, Mercure et Sel, la Matière, le Mouvement et la Force:
Le Mercure, principe passif et femelle, c'est la matière;
le Soufre principe actif et mâle, c'est la force, qui façonne
la matière et lui donne toute espèce de formes par le
moyen du mouvement qui est le Sel.
Le Sel, c'est le moyen terme, c'est le résultat de l'application de la force à la matière, symboliquement c'est
le nouvel être qui prend naissance par l'union du mâle
et de la femelle. Cette haute théorie ne semble pas en
contradiction avec la science actuelle. La chimie ne
répugne pas à l'hypothèse d'une Matière unique, hypothèse
admise depuis longtemps par la métaphysique
comme indispensable à l'explication du Monde. Le
savant anglais Crookes appelle cette Matière unique le
Protyle; dans sa théorie nos corps simples actuels ne
sont que des polymères du protyle. D'autre part il est
très juste que la Matière n'agit, n'a de propriétés particulières
que lorsqu'elle est en mouvement, tout mouvement
suppose chaleur; par suite à 273 degrés au-dessous
de zéro, au zéro calorique absolu les propriétés chimiques

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32 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

sont nulles, l'acide sulfurique est sans action sur
la potasse caustique; enfin l'unité de la Force s'impose
aussi aux physiciens. Quel est le savant qui fait aujourd'hui
une différence entre la cause du magnétisme, de la
chaleur, de l'électricité, de la lumière, du son; les fluides
n'existent plus, ils sont remplacés par des forces
réductibles les unes aux autres, ce qui différencie la
Force d'elle-même à nos yeux, c'est le nombre de vibrations
qu'elle imprime à tel ou tel corps et encore n'y a-
t-il pas de limite absolue, un corps vibrant ou en
mouvement ce qui est la même chose, produit d'abord
un son; que les vibrations deviennent plus nombreuses
le corps s'échauffe sensiblement et bientôt il se produit
des phénomènes lumineux. Où finit le Son, où commencent
la Chaleur et la Lumière? Il n'y a pas d'intervalle.
Natura non facit saltus. Il faut ajouter que les alchimistes n'avaient qu'entrevu cette haute théorie, l'état des sciences à leur
époque ne leur permettait pas de lui donner le développement
que nous lui avons donné. Pour eux, comme nous
l'avons démontré, la Matière était unique en principe;
ils l'appelaient Matière première ou Hyle; ils reconnaissaient
aussi une force universelle. Baudoin l'appelle

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LES THEORIES 33 --------------------------------------------------------

Magnétisme universel, Souffle Magnétique, pour les
mystiques la Force, c'est le Souffle de Dieu, principe
premier de la vie, du mouvement. Paracelse l'appelle
Archée. L'Archée, c'est la force, toujours active qui
en s'appliquant à la matière la met en mouvement, lui
donne une forme. Les termes Ares et Clissus ont dans
Paracelse à peu près le même sens.
Quant au mouvement, ils l'assimilaient au feu, qui est en effet l'image la plus parfaite de la matière actionnée
par la force.
Telle était la haute théorie alchimique que peu d'adeptes ont possédée; que l'on ne s'étonne pas de cette
admirable Synthèse; le raisonnement avait suffi ici aux
alchimistes comme il suffit jadis à Pythagore, à Démocrite
et à Platon pour s'élever à la conception des plus
hautes vérités.
Les alchimistes représentaient cette théorie par un triangle, symbole de l'équilibre absolu, au premier angle
le signe du Soufre, symbole de la Force; au second le
signe du Mercure, la Matière; au troisième le signe du
Sel, le Mouvement.
Pour terminer, voici le tableau analogique de la triple adaptation de la théorie alchimique.

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34 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

pict

Et pour résumer toute la théorie: la Matière, une dans son essence, se différencie d'elle-même par la
Forme, effet du Mouvement que lui communique la
Force.

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DEUXIEME PARTIE
LES SYMBOLES
CHAPITRE PREMIER
POURQUOI LES TRAITES D'ALCHIMIE SONT OBSCURS. --
MOYENS EMPLOYES PAR LES ALCHIMISTES POUR CELER LE GRAND-OEUVRE. -- SIGNES. -- SYMBOLES. -- NOMS MYTHOLOGIQUES. -- MOTS ETRANGERS. -- ANAGRAMMES. -- FABLES. -- ENIGMES. -- ALLEGORIES. -- CRYPTOGRAPHIE.
Les traités hermétiques sont obscurs pour le lecteur, d'abord parce que les théories alchimiques ne sont généralement
pas connues, ensuite et surtout parce que des
philosophes les ont rendus obscurs volontairement. Les
Maîtres, regardaient l'alchimie comme la plus précieuse
des sciences. « L'Alchimie est l'art des arts, c'est la science
par excellence! » s'écrie emphatiquement Calid dans le

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36 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

Livre des trois paroles. Une telle science ne devait selon
eux, n'être connue que du petit nombre. Faut-il les blâmer
d'avoir voulu réserver exclusivement pour eux la
science? Ceci nous semble aujourd'hui excessif, mais
dans l'antiquité qu'étaient-ce que les mystères, sinon la
transmission sous le sceau du serment, de quelques
secrets naturels, de quelques points peu connus de haute
philosophie. Au moyen-age les corporations de métiers
avaient des secrets pratiques qu'aucun membre ne se
serait avisé de divulguer. La préparation de certaines
couleurs constituait un héritage précieux que les
grands peintres ne léguaient qu'à leurs disciples les plus
chéris. Les savants n'hésitaient pas à vendre la solution
de problèmes embarrassants.
Les Philosophes hermétiques s'ils cachaient la science, ne la vendaient pas cependant; quand ils rencontraient
un homme digne d'être initié, ils le mettaient dans le droit
chemin sans jamais lui révéler tout. Il fallait que le disciple
travaillât à son tour pour trouver ce qui lui manquait.
C'est de cette façon qu'ils ont procédé dans leurs écrits,
I'un indique la matière du grand-oeuvre, l'autre le degré
du feu, celui-ci les couleurs qui apparaissent pendant les
opérations, celui-là le dispositif de l'Athanor ou fourneau
philosophique; mais il n'y a aucun exemple connu de

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LES SYMBOLES 37 --------------------------------------------------------

traité hermétique, parlant ouvertement à la fois de toutes
les parties du Grand-Oeuvre. Les alchimistes auraient
cru en agissant ainsi s'exposer aux châtiments célestes,
selon eux le révélateur aurait été frappé de mort subite.
« Je ne représenterai point, dit Flamel en parlant du livre
d'Abraham le Juif, ce qui était écrit en beau et très
intelligible latin en tous les autres feuillets écrits, car
Dieu me punirait » (Explication des Figures de Nicolas
Flamel).
Quant à ce qu'on a dit, que les Alchimistes écrivaient d'une façon obscure et symbolique pour se préserver des
accusations que des théologiens trop zélés auraient pu
porter contre eux, cela nous semble absolument faux,
attendu que rien ne prêtait plus le flanc à l'accusation de
magie, que les symboles et figures étranges qui encombrent
leurs traités. Roger Bacon, Albert le Grand, Arnauld
de Villeneuve, n'ont pas échappé à l'accusation
de magie. Et cependant les alchimistes étaient fort pieux,
on trouve à chaque instant dans leurs écrits des invocations
à Dieu, ils partageaient leur temps entre l'étude,
le travail et la prière. Quelques-uns prétendaient avoir
reçu de Dieu lui-même le secret de la Pierre des Philosophes!
Avant d'expliquer les symboles relatifs à chacune des 4.
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38 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

parties du Grand-Oeuvre, nous allons indiquer d'une
manière générale quels étaient les moyens employés par
les Alchimistes pour dérober aux profanes la science de
la Pierre bénite.
Et d'abord viennent les signes. Ils sont nés avec l'Alchimie. Ce sont les Grecs qui les employèrent les premiers.
Tenant eux-mêmes leur science de l'Egypte, on
voit que les signes alchimiques tirent leur origine directe
des hiéroglyphes. Le signe de l'eau employé par les alchimistes
n'est autre chose que l'hiéroglyphe de l'eau, et
ainsi de quelques autres, tels que les signes de l'Or et de
l'Argent (Voir Hoeffer: Histoire de la chimie, tome 1, et
Berthelot: Origines de l'Alchimie). Les signes alchimiques
sont très nombreux dans certains traités (ainsi
celui de Khunrath intitulé: Confessis de chao physico
chimicorum), où ils remplacent tous les noms de matières
chimiques et d'opérations, aussi importe-t-il de les connaître.
Dans cette intention, nous avons fait reproduire
les principaux signes alchimiques dans la planche ci-
jointe.
Les Symboles étaient aussi fortement employés, c'est ainsi que des oiseaux s'élevant figuraient la sublimation ou
un dégagement de vapeurs, que des oiseaux tombant à
terre figuraient au contraire la précipitation. Le Phénix

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LES SYMBOLES 39 --------------------------------------------------------

pict

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40 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

était le symbole de la Pierre parfaite, capable de transmuer
les métaux en or et en argent. Le corbeau symbolisait
la couleur noire que prend d'abord la Matière du
grand-oeuvre quand on la chauffe. Un livre hermétique
singulier: le Liber Mutus ou Livre sans parole, ne contient
en effet pas une ligne de texte, il se compose simplement
d'une suite de gravures symbolisant la marche
à suivre pour accomplir le Grand-Oeuvre.
Les Noms mythologiques étaient en grand honneur dans la nomenclature alchimique, Mars désigne le fer,
Vénus le cuivre, Apollon l'or. Diane, Hécate ou la
Lune l'argent, Saturne le plomb; la Toison d'Or c'est la
Pierre philosophale et Bacchus la matière de la pierre.
C'est encore là une tradition gréco-égyptienne; au moyen-
âge, on se servit seulement ou à peu près des noms mythologiques
des métaux, mais à partir de la fin du
XVIe siècle, leur usage prit une telle extension que le
bénédictin Dom Joseph Pernety dut écrire deux gros
volumes (Fables grecques et égyptiennes dévoilées) pour
expliquer leur sens et leur origine.
Aux noms mythologiques vinrent se joindre un grand nombre de mots étrangers, hébreux, grecs, arabes. En
raison même de l'origine de l'alchimie, on doit forcément
y trouver des mots grecs, en voici quelques-uns: hylé,

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LES SYMBOLES 41 --------------------------------------------------------

matière première; hypoclaptique, vase à séparer les
huiles essentielles; hydreloeum, émulsion d'huile et d'eau,
etc. Les mots arabes sont de beaucoup les plus nombreux,
quelques-uns tels que: élixir, alcool, alcali, borax,
sont venus jusqu'à nous; d'autre tombés dans l'oubli
se retrouvent dans les traités hermétiques tels: alcani,
étain, alafar; matras; alcahal, vinaigre; almizadir, airain
vert; zimax, vitriol vert, etc., etc. Quant aux noms hébreux,
on ne les rencontre guère que dans les traités des Alchimistes
cabalistes. Nous renvoyons pour tous ces mots
au Dictionnaire mytho-hermétique de Pernety et au
Lexicon chimicum de Johnson.
On comprend que déjà cette glossologie spéciale devait suffire souvent à écarter les profanes, mais les
Alchimistes usaient encore d'autres moyens pour celer le
Grand-Oeuvre.
Ainsi très souvent ils employaient l'Anagramme. A la fin du « Songe Verd », on trouve plusieurs anagrammes,
voici l'explication de deux d'entre eux: Seganissegède
signifie: Génie des sages, et Tripsarecopsem: esprit,
corps, âme.
Ils procédaient encore par énigmes. En voici une facile à résoudre. « Tout le monde connaît la pierre, et
je l'affirme par le Dieu vivant, tous peuvent avoir cette

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42 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

matière que j'ai nommée clairement dans le livre:
« vitrium », selon les ignorants, mais il faut y ajouter L
et O, la question est de savoir où il faut placer ces
lettres » (Hélias: Miroir d'alchimie).
Le mot de l'énigme est vitriol. Une curieuse énigme fort connue des alchimistes se trouve dans le troisième volume du Theatrum chimicum,
page 744, accompagnée d'un commentaire de dix pages
de Nicolas Barnauld. La voici: Aelia Loelia Crispis est
mon nom. Je ne suis ni homme, ni femme, ni hermaphrodite,
ni vierge, ni adolescente, ni vieille. Je ne suis ni
prostituée, ni vertueuse, mais tout cela ensemble. Je ne
suis morte ni de faim, ni par le fer, ni par le poison
mais par toutes ces choses à la fois. Je ne repose ni au
ciel, ni sur terre, ni dans l'eau, nais partout. Lucius
Agatho Priscius qui n'était ni mon mari, ni mon amant,
ni mon esclave, sans chagrin, sans joie, sans pleurs, m'a
fait élever, sachant et ne sachant pas pour qui, ce monument
qui n'est ni une pyramide, ni un sépulcre, mais
les deux. C'est ici un tombeau qui ne renferme pas de
cadavre; c'est un cadavre qui n'est pas renfermé en un
sépulcre. Le cadavre et le sépulcre ne font qu'un. »
Barnauld établit dans son commentaire qu'il s'agit de la
pierre des philosophes. Une autre énigme non moins

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LES SYMBOLES 43 --------------------------------------------------------

pict
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44 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


Explication de la Planche III.
Figure I (Tirée de l'Azoth des philosophes de B. Valentin). Les premières lettres de chaque mot étant réunies on trouve
Vitriol: Visitabis Interiora Terrae, Rectificando Invenies Occultum
Lapidem. On y voit de plus les signes des sept métaux:
l'Aigle, symbole du volatil et le Lion symbole du fixe.

Figure II (Tirée du Mundus Subterraneus du Père Kircher). Pour les 2 premières phrases concentriques, le procédé de lecture
est le même que dans la figure précédente, on trouve:
Sulphur Fixum. Pour la troisième phrase: Ergo Sic Tuos Lege
Omnes Sophos. Il faut partager la phrase en deux parties,
la première donne Est, la seconde lue en commençant par
Sophos, donne Sol. Le tout veut dire; Le Soufre fixe est le
Soleil. C'est-à-dire le Soufre ou principe fixe est synonyme de
Soleil ou Or (voir chapitre III).

Pour ces deux figures voir chapitre 1.
N. B. -- Toutes les figures se rapportent à la seconde partie de cet ouvrage: les Symboles. Il s'agira donc pour les renvois
des chapitres de cette seconde partie.

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LES SYMBOLES 45 --------------------------------------------------------

célèbre est la suivante, tirée des alchimistes grecs:
« J'ai neuf lettres et quatre syllabes, retiens-moi. --
Les trois premières ont chacune deux lettres. -- Les
autres ont le reste, il y a cinq consonnes. -- Connais-
moi et tu auras la Sagesse. » Le mot de l'énigme est,
paraît-il, ARSENICON.
Une autre forme d'énigme, l'acrostiche consistait à présenter une formule, où les premières lettres de chaque
mot réunies, formaient un mot que le Philosophe
hermétique ne voulait pas révéler directement. Nous
avons fait représenter deux de ces formules; la première
tirée des ouvrages de Basile Valentin donne le mot
vitriol: Visitabis Interiora Terrae, Rectificando Invenies
Occultum Lapidem. L'autre signifie Sulphur fixum, elle
ajoute comme complément: Sol est. Elle est tirée du
tome second du « Mundus subterraneus du P. Kircher.
Tous les moyens précédemment énumérés ne cachaient que des mots, nous allons voir maintenant comment les
alchimistes voilaient les idées.
Au premier rang se placent les fables tirées de la mythologie grecque ou latine, voire même égyptienne.
On ne les trouve guère que chez les alchimistes postérieurs
à la Renaissance. Non seulement on se servit des
mythes pour voiler le Grand-Oeuvre, mais admettant la

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46 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

réciproque, on s'efforça de prouver qu'Homère, Virgile,
Hésiode, Ovide avaient été des adeptes et avaient
enseigné la pratique de la Pierre dans leurs oeuvres.
Cette opinion extravagante est soeur de celle qui donnait
à Adam la connaissance de la Pierre. Pernety dans ses
Fables grecques et égyptiennes n'hésite pas à donner
l'explication hermétique de l'Iliade et de l'Odyssée.
Aucune fable n'échappe à sa fureur d'expliquer. Son
ouvrage est des plus curieux, mais sa lecture prolongée
est indigeste. Disons à la décharge de Pernety qu'il
avait été précédé dans cette voie par Libois (Encyclopédie
des dieux et des héros sortis des quatre éléments et
de leur quintessence, suivant la science hermétique, 2 vol.)
Les Alchimistes ont aussi employé de tout temps l'allégorie. Le Grec Zosime en a fait une assez typique, rapportée
par Hoeffer dans son Histoire de la chimie. En
voici une plus moderne où se trouvent indiquées les couleurs
de la Matière pendant le Grand-Oeuvre: noir, gris,
blanc, jaune, rouge. « Or, comme j'étais allé faire un
voyage, je me rencontrai entre deux montagnes, où j'admirai
un homme des champs, grave et modeste en son
maintien, vêtu d'un manteau gris, sur son chapeau un
cordon noir, autour de lui une écharpe blanche, ceint
d'une courroie jaune et botté de bottes rouges » (Cassette

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LES SYMBOLES 47 --------------------------------------------------------

du petit paysan, par Ph... Vr)... L'allégorie se continue
ainsi plusieurs pages. On trouvera plusieurs allégories
curieuses, notamment l'allégorie de Merlin, rapportées
soit dans Hoeffer, soit dans l'Alchimie et les
alchimistes de Figuier. Ces deux auteurs en donnent
des explications fort réjouissantes, notamment Hoeffer
qui voit dans l'allégorie de Merlin l'indication de l'analyse
chimique par voie sèche et par voie humide!
Il ne nous reste plus qu'à parler de la cryptographie, c'est-à-dire l'art d'écrire secrètement en employant des
signes inconnus ou détournés de leur signification primitive.
Les alchimistes employaient des alphabets, composés
tantôt de signes hermétiques )( a, b, c, Δ d,
e, f, etc., tantôt de lettres entremêlées de chiffres,
ainsi Mercure s'écrivait 729C592, borax B491X. Trithême
dans sa « Polygraphia » cite quelques alphabets
hermétiques composés de signes particuliers.
D'autres fois les alchimistes écrivaient à rebours: Zenerp al ereitam euq suov zevas, c'est-à-dire: prenez
la matière que vous savez. Ou bien ils ajoutaient au
corps des mots des lettres inutiles « l'azoth des philosophes
est leur mercure » devenait: M. l'azothi adoesp
uphiloqsophesa lesati pleururi imeracuret. D'autres supprimaient
au contraire des lettres, Paracelse tronque

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48 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

ainsi: « Aroma philosophorum et en fait: Aroph. D'Atremont
dans le « Tombeau de la pauvreté » va plus loin, il remplace des membres de phrases entiers par des mots
forgés à plaisir, ainsi: « La cinquième qualité est la
pureté et transparence de notre Sel afin qu'il pénètre
mieux et cela s'acquiert ongra netigilluk eude firseigli,
comme sera dit ci-après ». Heureusement qu'à la fin du
volume se trouve une clef ou traduction de ces termes
baroques; ceux ci-dessus cités signifient: « par la filtration
après la résolution en vinaigre distillé. »
Raymond Lulle affectionne un genre particulier de cryptographie, il désigne les principales opérations, les
produits, les appareils, par de simples lettres de l'alphabet.
Ainsi dans son « Compendium animae transmutationis
» on lit « Vois, ô mon fils, si tu prends F et que tu le
poses dans C et que tu mettes le tout en H tu as la première
figure FCH, etc. » F signifie les métaux, C une
eau acide qui dissout les métaux et H le feu du premier
degré.
Chaque alchimiste pouvait employer des moyens particuliers de cryptographie, cette étude détaillée est inutile
et nous entraînerait trop loin. Qu'il nous suffise d'avoir
parlé des plus communs.

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LES SYMBOLES 49 --------------------------------------------------------

pict 5
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50 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


Explication de la planche IV.
Figure I (Tirée du Liber singularis de Barchusen). L'Alchimiste en prières dans son Laboratoire, supplie Dieu avant de commencer
le Grand-Oeuvre, qu'il lui aplanisse les difficultés et
qu'il lui donne l'intelligence des ouvrages des Philosophes (voir
chapitre I).

Figure II (Tirée des Douze clefs de Sagesse de B. Valentin). Le Dragon symbolise la Matière première. Deux petits cercles
l'entourent l'un ses ailes, pour indiquer le Volatil, l'autre ses
pattes pour indiquer le Fixe. Les trois serpents et le triangle
représentent les trois principes. Le tout est renfermé dans l'oeuf
des Philosophes (Voir chapitre II).

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LES SYMBOLES 51 --------------------------------------------------------


CHAPITRE II
SYMBOLES DE LA THÉORIE ALCHIMIQUE. -- LA MATIERE,
LES TROIS PRINCIPES, LES QUATRE ELEMENTS, LES SEPT METAUX ET LEURS SYMBOLES.
On appelle pentacles des figures symboliques, composées des éléments les plus variés et qui résument
en elles seules toute une théorie. Un pentacle fait comprendre
d'un seul coup d'oeil et grave plus facilement
dans la mémoire ce qu'il serait difficile de retenir autrement.
C'est une formule brève et concise que l'on peut
développer à volonté. Les pentacles ne sont pas rares
dans les traités d'Alchimie. Les oeuvres de Basile Valentin:
Les douze clefs, et l'Azoth des philosophes, principalement,
en contiennent un grand nombre, de même
l'Amphitheatrum sapientiae aeternae de Khunrath. Les
« Elementa chimiae » de Barchusen, sont suivis d'un traité
de la Pierre philosophale où la suite des opérations est
exposée en soixante-dix-huit pentacles. Les quatre
grandes figures du Janitor Pansophus résument toute la
philosophie hermétique. Nous aurons l'occasion d'expliquer

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52 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

plusieurs de ces figures et nous ne le ferons que
brièvement, leur développement complet demandant parfois
plusieurs pages.
Nous allons examiner en ce chapitre les symboles ou pentacles par lesquels les Alchimistes résumaient leurs
théories.
Les Grecs figuraient la matière première par un serpent qui se mord la queue. C'est le serpent Ouroboros des
gnostiques. Au centre du cercle ainsi formé, ils écrivaient
la formule εν το παν: un le Tout. Cette figure se
trouve dans la Chrysopée de Cléopâtre (Berthelot:
Origines de l'Alchimie). Dans la suite l'unité de la matière
fut toujours ainsi figurée: un dragon ou un serpent
se mordant la queue. Quelquefois on se contentait de
formuler cette loi par un simple cercle.
Les trois principes avaient des signes spéciaux sauf le Mercure dont le signe désignait aussi l'argent vif ordinaire.
Le Soufre des philosophes était figuré par un triangle
souscrit de trois flèches ou d'une croix, le Sel par
un cercle traversé par une ligne; le Mercure par un cercle
surmonté du croissant lunaire et souscrit d'une
croix.
Les trois principes sont symbolisés dans les figures de Lambsprinck par trois personnages: le Père, le Fils et

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LES SYMBOLES 53 --------------------------------------------------------

pict
Les sept métaux. Les quatre éléments, les opérations et les couleurs
de l'oeuvre.
5.
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54 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


Explication de la planche V.
Cette figure se trouve en tête du Gloria mundi dans le Museum hermeticum. D'abord l'Initiateur et l'Initié, le vieillard et
le jeune homme. Puis la Matière universelle symbolisée par l'arbre
métallique portant les sept métaux, l'or et l'argent avec leurs
symboles ordinaires, les autres métaux simplement figurés par
des étoiles. On y voit aussi les éléments, la Terre symbolisée
par l'Homme et le Lion, le Feu symbolisé par le Dragon,
l'Eau par la mer, le dauphin et la Femme, l'Air par l'oiseau
placé près de la Femme. Les Sept petites figures accessoires
ont rapport aux opérations et aux couleurs. Le corbeau et le
crâne: Noir, mortification. Les deux corbeaux: distillation. Les
trois corbeaux: sublimation. Les deux oiseaux et la couronne:
couleur blanche, fin du petit magistère. Les deux oiseaux et l'arbre,
régime de Mars, les couleurs de l'arc en-ciel. La licorne et
le rosier, couleur rouge. Enfin l'enfant qui naît indique la fin de
l'Oeuvre, c'est le symbole de la Pierre parfaite (Voir chapitres
II, VI et VII.)

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LES SYMBOLES 55 --------------------------------------------------------

le Saint-Esprit. On les représentait aussi par trois serpents,
ou par un serpent à trois têtes pour indiquer qu'ils
n'avaient qu'une seule racine: la Matière. On les comparait
volontiers à la sainte Trinité, trois personnes en
un seul Dieu, trois principes en une seule matière.
Nous avons déjà vu que les principes étaient la plupart
du temps réduits à deux: Soufre et Mercure, on les
figurait alors par deux serpents formant cercle, l'un ailé
pour indiquer le Mercure, femelle et volatil, l'autre
sans ailes pour le Soufre, mâle et fixe.
Les quatre éléments avaient pour signe, l'Air un triangle à sommet supérieur, traversé par une ligne parallèle à
sa base, l'Eau prise dans le sens d'élément: un triangle
à sommet inférieur, le feu: un triangle à sommet
supérieur, la Terre: un triangle à sommet inférieur traversé
par une ligne parallèle à la base. Le pentacle résumant
les signes des quatre éléments est l'étoile à six
branches.
On trouve ces signes correspondant aux quatre éléments dans une figure du Viatorium spagyricum. Les
éléments étaient encore symbolisés: l'Air par un oiseau;
l'Eau par un navire, un poisson ou une vaste étendue
d'eau; le Feu par une salamandre, un dragon vomissant
des flammes, un flambeau allumé, la Terre par une montagne,

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56 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

un lion roi des animaux terrestres, ou un homme.
C'est ainsi qu'on les trouve représentés en tête du Gloria
mundi imprimé dans le Museum Hermeticum. L'arbre
qui occupe le centre de la figure représente l'or,
l'argent et les cinq autres métaux. Quant aux sept
figures plus petites enfermées dans des cercles, elles
symbolisent diverses opérations du Grand-Oeuvre (voir
chapitres VI et VII.) Enfin le carré était le pentacle
synthétique des quatre éléments.
Nous avons déjà parlé des signes des sept métaux, disons seulement à propos du signe du mercure que les
uns y ont vu la représentation du caducée, d'autres un
dieu égyptien à tête d'ibis surmontée du disque solaire
et de cornes, symboles de fertilité. Les Alchimistes
représentent souvent les métaux sous l'aspect de dieux
de l'Olympe, Saturne armé de sa faux c'est le plomb,
Mars, le casque en tête et la lance au poing c'est le fer;
Mercure, avec son caducée, ses ailes aux talons et à la
tête, c'est l'argent vif, etc. C'est ce que représente la
figure tirée du Viatorium spagyricum. Une gravure sur
bois de la Pretiosa margarita nous montre les métaux
sous forme de six jeunes gens à genoux aux pieds d'un
Roi sur son trône, qui est le septième métal, le plus parfait,
l'Or. Le texte nous apprend qu'ils demandent au

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LES SYMBOLES 57 --------------------------------------------------------

Roi un royaume pour chacun d'eux. Après divers épisodes,
symbolisant le Grand-Oeuvre, le Roi leur accorde
ce qu'ils demandent et une dernière figure les représente
couronnés, rois à leur tour, c'est-à-dire changés en
Or; mais ceci a plutôt trait au symbolisme du Grand-
Oeuvre que nous traitons complètement dans les chapitres
suivants.

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CHAPITRE III
THÉORIE GENERALE DU GRAND-OEUVRE. -- LA MATIERE
DU GRAND-OEUVRE. -- SOUFRE ET MERCURE. -- LEURS SYMBOLES. -- LES DRAGONS DE FLAMEL. -- LISTE DES SYNONYMES HERMETIQUES DU SOUFRE ET DU MERCURE.
Le Grand-Oeuvre ou préparation de la Pierre philosophale, était comme nous l'avons déjà dit, le but principal
des alchimistes, leurs traités ne roulent généralement
que sur ce seul sujet, aussi dans les chapitres qui vont
suivre, nous parlerons exclusivement du Grand-Oeuvre.
Mais avant de donner la clef des symboles hermétiques

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58 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

nous allons exposer en peu de mots la marche que suivaient
les Alchimistes pour la préparation de la pierre
philosophale, ensuite nous reprendrons chaque partie
séparément.
La matière du Grand-Oeuvre était l'Or et l'Argent, unis au Mercure et préparés d'une façon spéciale. L'Or était
pris comme riche en Soufre, l'Argent comme contenant
un Mercure très pur, quant au vif-argent il représentait
le Sel, moyen terme d'union. Ces trois corps préparés
selon certains procédés étaient enfermés dans un matras
de verre, l'oeuf philosophique, fermé avec soin. Le tout
était chauffé dans un fourneau nommé Athanor. Aussitôt
le feu allumé, le Grand-Oeuvre proprement dit commençait;
différents phénomènes se produisaient: cristallisations,
dégagement de vapeurs qui ensuite se condensaient,
etc., cela constituait les opérations. Au cours des dites opérations,
la Matière prenait diverses colorations, que l'on
nommait les Couleurs de l'oeuvre. Enfin la couleur
rouge annonçait la fin de l'oeuvre. On prenait la matière,
on lui communiquait une plus grande puissance de transmutation
à l'aide d'une opération nommée fermentation et
l'on avait enfin la Pierre philosophale.
Nous allons examiner la composition théorique de la Matière du Grand-Oeuvre. D'après la théorie alchimique,

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LES SYMBOLES 59 --------------------------------------------------------

pict
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60 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


Explication de la planche VI.
Figure I (tirée du Viatorium spagyricum de Jamsthaler). Symboles des quatre éléments, se reporter à la planche II qui donnera
la signification des triangles, signes des éléments (Voir
chapitre II).

Figure II (tirée de l'Azoth des philosophes, imprimé au tome II de la Bibliotheca chimica Mangeti). Les signes des sept métaux.
Au milieu Rebis, l'hermaphrodite chimique, homme et
femme, fixe et volatil, Soufre et Mercure. Le globe ailé, symbole
de la Matière, mise en mouvement par la Force, l'Archée.
Le Dragon, symbole de l'unité de la Matière. Le Triangle: les
trois principes. Le Carré et la Croix, les quatre éléments (Voir
chapitres II, III et IV).

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LES SYMBOLES 61 --------------------------------------------------------

il était rationnel que la Matière de la pierre des philosophes
fût composée de Soufre, de Mercure et de Sel. Ces
trois principes pris à l'état de pureté absolue, unis et
cuits selon les règles de l'Art devaient composer un
nouveau corps, qui sans être un métal par lui-même
pouvait communiquer la perfection métallique au vif-
argent, au plomb, à l'étain.
Les Alchimistes en parlant de la Matière de la Pierre l'envisageaient tantôt comme une, en se rapportant à
sa composition invariable, tantôt comme triple, en se
rapportant aux principes qui la formaient, tantôt ils l'appelaient
quadruple, remplaçant les principes par les
éléments. « C'est ainsi que notre Magistère est tiré d'un,
se fait avec un, et il se compose de quatre et trois sont
en un » (Arnauld de Villeneuve: le Chemin du chemin).
Un c'est la Matière de la pierre considérée dans son
ensemble, c'est aussi la Matière unique universelle.
Quatre: les quatre éléments; trois: Soufre, Mercure et
Sel. Les quatre éléments sont réductibles aux trois
principes, ce qui ressort d'un autre passage d'Arnauld
de Villeneuve: « Il existe une pierre composée de
quatre natures: le feu, l'air, l'eau et la terre. Le
Mercure est l'élément humide de la pierre, l'autre élément
est la Magnésie, qui ne se rencontre pas vulgairement

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62 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

» (Lettre au roi de Naples). Le Mercure
froid et humide représente l'eau et l'air, la Magnésie ou
Soufre, représente le feu et la terre, le chaud et le sec.
Ceci explique ce que disaient énigmatiquement les
Philosophes que la Matière de la pierre a trois angles
en sa substance (les trois principes), quatre angles en sa
vertu (les éléments), deux angles en sa matière (fixe et
volatil) un angle en sa racine (la matière universelle).
Cabalistiquement le nombre de la matière est 10, car
en traduisant en chiffres ce paragraphe on trouve 1 + 2
+ 3 + 4 = 10.
Ils disaient encore que la Matière est végétale, animale et minérale. Végétale parce qu'elle a un esprit,
minérale parce qu'elle a un corps et animale parce qu'elle
a une âme; nous retrouvons encore ici la trilogie:
Soufre, Mercure, Sel: « Ce Sel, ce Soufre, ce Mercure,
qui sont le corps, l'esprit et l'âme, sortent tous
trois du chaos où ils étaient en confusion ou plutôt de la
mer des philosophes », (Psautier d'Hermophile). Cette
mer des philosophes, ce chaos, désignent l'unité de la
Matière. Ce langage symbolique a ruiné bien des
souffleurs, au lieu de travailler sur les métaux, prenant
les paroles des philosophes à la lettre, ils passaient
leur vie à distiller des plantes, des urines, des excréments,

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LES SYMBOLES 63 --------------------------------------------------------

des cheveux, du lait, espérant trouver enfin la
Matière de la pierre des sages.
Un triangle ou un carré symbolisaient la Matière de la pierre, selon qu'on l'envisageait comme formée des
principes ou des éléments. Parfois ce triangle est
enfermé dans un carré, tel est le symbole qui se trouve
en tête de ce volume, il a été tiré du traité intitulé:
« Le Grand-Oeuvre dévoilé en faveur des enfants de lumière ».
La matière présentait donc la même composition
que les métaux: « Examine donc avec soin de
quoi est formé le métal. Je te dis en vérité qu'en cela
consiste tout l'oeuvre des sages » (Texte d'Alchymie).
Mais ainsi que nous l'avons vu un grand nombre de philosophes ont passé sous silence le Sel comme troisième
principe des métaux et ils ne se sont guère occupés
que du Soufre et du Mercure. Ils donnaient au
mélange de Soufre et de Mercure, préparés pour l'oeuvre,
le nom de Rebis. Philippe Rouillac donne à ce mot
l'étymologie suivante: « Voilà pourquoi les Philosophes
ont appelé la matière de leur bénite pierre: Rebis,
qui est un mot latin formé de Res et de Bis, qui est
autant à dire une chose deux, nous voulant induire à
chercher deux choses, qui ne sont pas deux, mais une
seule chose, qu'ils ont nommée Soufre et Mercure »

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64 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

(Abrégé du grand oeuvre par Ph. Rouillac, cordelier).
Le Soufre et le Mercure, principes mâle et femelle,
étaient symbolisés par un homme et une femme, ordinairement
un roi et une reine. C'est ainsi qu'ils sont représentés
dans le Grand Rosaire imprimé au tome II, page
243 de l'Artis Auriferae. C'est encore sous le symbole du
roi et de la reine qu'ils sont représentés au premier symbole
des douze clefs de Basile Valentin, page 393 du
Museum hermeticum.
L'union du roi et de la reine constituait le mariage philosophique. « Sois averti, mon fils, que notre oeuvre
est un mariage philosophique qui doit être composé de
mâle et de femelle » (Ph. Rouillac: Abrégé du grand
oeuvre). C'est à proprement parler après ce mariage ou
union, que la matière prenait le non de Rebis; on
symbolisait Rebis par un corps humain surmonté de
deux têtes, une d'homme, une de femme. Cet hermaphrodite
chimique est commun dans les traités hermétiques.
On le trouve notamment en tête du: De Alchimia
opuscula complura, puis dans le Viatorium spagyricum,
dans la traduction allemande du « Crede Mihi de Northon,
etc.
Dans les traités hermétiques manuscrits le roi est vêtu de rouge, et la reine de blanc, car le Soufre est

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LES SYMBOLES 65 --------------------------------------------------------

pict 6
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66 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


Explication de la planche VII
Figure I (Tirée du Viatorum spagyricum). Les sept métaux symbolisés par les divinités de l'Olympe païen, Apollon, Diane, Jupiter, Saturne, Mercure, Mars, Vénus
(Voir chapitre II).

Figure II (Tirée de la Margarita pretiosa). Le Roi figure l'Or, les enfants agenouillés à ses pieds figurent les six autres métaux. Ils implorent l'Or pour qu'il leur communique
sa perfection (Voir chapitre II).

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LES SYMBOLES 67 --------------------------------------------------------

rouge et le Mercure blanc. « C'est là notre Mercure
double, cette matière blanche en dehors, rouge en dedans
» (Texte d'Alchymie).
L'on figurait aussi le Soufre et le Mercure par les signes de l'or et de l'argent, cela indiquait que le Soufre
doit être tiré de l'or et le Mercure de l'argent. On
trouve les signes de l'or et de l'argent correspondant à
ceux du Soufre et du Mercure dans un des pentacles
du: « Liber singularis de Alchimia, de Barchusen. Ce
point sera développé dans le chapitre suivant.
Le Soufre étant fixe en son essence et le Mercure, volatil, les alchimistes représentaient le Soufre par le
lion, roi des animaux terrestres et le Mercure par l'aigle,
roi des oiseaux: « Le Mercure des philosophes est la
partie volatile de leur matière: le lion est la partie fixe,
l'aigle la partie volatile. Les philosophes ne parlent que
des combats de ces deux animaux » (Pernety: Fables
égyptiennes.) Par suite un aigle dévorant un lion signifiera
la volatilisation du fixe; inversement un lion terrassant
un aigle signifiera la fixation du Mercure par le
Soufre. Disons en passant que le mot aigle a dans Philalèthe
une signification différente de celle que nous
venons de donner, c'est pour lui le symbole de la sublimation
en tant qu'opération, ainsi sept aigles, signifie,

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68 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

sept sublimations (voir: Entrée ouverte au palais fermé
du roi.)
On employait encore dans le même sens le symbole de deux serpents dont l'un est ailé et l'autre sans ailes, le
serpent ailé c'est le principe volatil, le Mercure; le principe
fixe, Soufre, est représenté par le serpent sans
ailes. « Le Secret animal est représenté par un cercle
fait de deux serpents, l'un ailé, l'autre sans ailes, qui
signifient les deux esprits, fixe et volatil, unis ensemble. »
(Lebreton; Clefs de la philosophie spagyrique). Les
deux serpents sont tantôt unis, comme dans le caducée
de Mercure, tantôt séparés.
Dans les figures d'Abraham le Juif (1) se trouve représenté un serpent cloué sur une croix, ce qui alchimiquement
signifie que le volatil doit être fixé.
Les dragons ont absolument la même signification que les serpents. Le dragon sans ailes que l'on trouve dans
les figures d'Abraham le Juif et de Nicolas Flamel, c'est
le Soufre mâle et fixe, le dragon ailé, c'est le Mercure,


1. Comme nous aurons plusieurs fois à parler de ces figures dans différents chapitres et qu'on ne pouvait les séparer, nous
les avons fait placer en tête de l'ouvrage, avec celles de
Flamel.

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LES SYMBOLES 69 --------------------------------------------------------

pict 6.
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70 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


Explication de la planche VIII
Figure I. -- (Tirée d'une édition allemande du Crede Mihi de Northon). Rebis, l'hermaphrodite chimique, Soufre et Mercure,
couché dans un jardin entouré de murs qui symbolisent
le triple vaisseau: Athanor, bain de sable, oeuf philosophique.
Mercure a la même signification, placé près de Rebis il indique
que l'hermaphrodite est le Mercure des philosophes pris dans
le sens de Matière du Grand-Oeuvre (Voir chapitres III et IV).

Figure II. -- (Tirée du Viatorium spagyricum). Nous retrouvons Rebis. Le corbeau, symbole du noir, veut dire que le
Mariage philosophique, l'union du Soufre et du Mercure, du
mâle et de la femelle a lieu pendant la couleur noire. Les trois
serpents, symboles des trois principes. Le croissant et l'arbre
lunaire signifient qu'il s'agit ici de la Pierre blanche, du petit
magistère. Voir chapitres II, III et IV.

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LES SYMBOLES 71 --------------------------------------------------------

volatil et femelle. « Considérez ces deux dragons, car
ce sont les vrais principes de la philosophie des sages...
Celui qui est au-dessous sans ailes, c'est le fixe ou le
mâle, celui qui est au-dessus, c'est le volatil ou bien la
femelle noire et obscure qui va prendre la domination
pendant plusieurs mois. Le premier est appelé
Soufre ou bien calidité et siccité et le second Argent-
vif, ou frigidité et humidité. Ce sont le Soleil et la Lune
de source mercurielle et origine sulfureuse » (Le livre
de Nicolas Flamel). Les dragons de Flamel étaient célèbres
parmi les alchimistes et souvent cités: « Flamel
veut que ce soient deux dragons, dont un a des ailes et
l'autre n'en a point. Il les explique lui-même, l'un est
mâle, l'autre femelle, l'un est le fixe, l'autre le volatil,
l'un le Soufre, l'autre le Mercure, qui ne sont pas le
Soufre et le Mercure du vulgaire, mais ceux des philosophes
» (Filet d'Ariadne.)
Un seul dragon peut représenter les trois principes mais alors il a trois têtes: « La toison d'or est gardée
par un dragon à trois têtes, l'une c'est l'eau, la seconde
c'est la terre, la troisième c'est l'air. Ces trois têtes
doivent se réunir en une seule qui sera assez forte et
assez puissante pour dévorer tous les autres dragons »
(D'Espagnet: Arcanes de la philosophie d'Hermès).

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72 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

L'eau c'est le Mercure, la terre c'est le Soufre et l'air
c'est le Sel.
Trois serpents dans un calice, indiquent les trois corps composant la matière de la pierre, placés dans l'oeuf philosophique,
ce symbole accompagne généralement l'Hermaphrodite
chimique.
Pourquoi les alchimistes figuraient-ils le Soufre et le Mercure par des dragons? Flamel va nous répondre:
« La cause que je t'ai peint ces deux spermes en forme
de dragons, est parce que leur puanteur est très grande
comme celle des dragons » (Le livre de Flamel).
Nous avons parlé des principaux symboles du Soufre et du Mercure, il en existe une infinité d'autres que l'on
comprendra facilement si l'on se rappelle cette règle:
« Le Soufre étant fixe et mâle, le Mercure volatil et
femelle, on les représentera soit par des choses naturellement
contraires (fixe et volatil), soit par des animaux
de sexe différent (mâle et femelle). Dans les figures de
Lambsprinck, on les trouve sous forme de deux poissons,
puis d'un lion et d'une lionne et d'un cerf d'une
licorne, enfin de deux aigles. Le symbole le plus employé
est celui de deux chiens, le Soufre était appelé chien de
Corascène, et le Mercure, chienne d'Arménie: « Mon
fils, prends le chien mâle de la montagne de Corascène

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LES SYMBOLES 73 --------------------------------------------------------

et la chienne d'Arménie, joints-les ensemble et engendreront
» (Calid: Secrets d'Alquimie).
Le Soufre et le Mercure avaient un très grand nombre de synonymes, dont il est indispensable de connaître
les principaux.
Synonymes de Soufre: gomme, huile, soleil, fixité, pierre rouge, caillé, safran, pavot, laiton rouge, sec,
teinture, feu, esprit, agent, sang, homme rouge, terre
vive, Gabricius, roi, époux, dragon sans ailes, serpent
mâle, lion, chien de Corascène, airain brûlé, or philosophique,
etc.
Synonymes de Mercure: principe femelle, blanc, Beïa, lune, argent, or blanc, or cru, azoth, eau, lait,
couverture blanche, manne blanche, urine blanche,
froid, humidité, corps, matrice, femme blanche, habit
changeant, volatil, patient, lait virginal, plomb blanc,
verre, fleur blanche, fleur de sel, écorce, voile, venin,
alun, vitriol, air, vent, arc-en-ciel, nuée, etc.

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74 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


CHAPITRE IV
PRATIQUE DE LA MATIERE DU GRAND-OEUVRE. LES DEUX
VOIES. -- L'OR ET L'ARGENT. -- LEUR PURIFICATION. -- LA FONTAINE DES PHILOSOPHES. -- BAIN DU ROI ET DE LA REINE. -- DISSOLUTION DE L'OR ET DE L'ARGENT. -- LE PETIT MAGISTERE ET LE GRAND-OEUVRE.
Dans le chapitre précédent nous avons vu que les alchimistes prenaient le Soufre, le Mercure et le Sel
extraits des métaux comme matière de la pierre. Mais
ici ils pouvaient employer plusieurs méthodes qui toutes
les conduisaient au même but, c'est ainsi que certains
alchimistes prétendaient tirer la matière, de l'étain, du
plomb, du vitriol. Nous reviendrons sur ce point.
Quant à la marche générale du grand-oeuvre, les maîtres les plus illustres de l'hermétisme n'en reconnaissaient
qu'une seule : « Il n'y a qu'une pierre, une seule manière
d'opérer, un seul feu, une seule façon de cuire, pour parvenir
au blanc et au rouge, et tout se parfait en un seul
vaisseau » (Avicenne: Declaratio lapidis physici). Cependant
à partir du XVIIe siècle les alchimistes distinguèrent
deux voies, l'humide et la sèche. « Ils appellent voie humide,

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LES SYMBOLES 75 --------------------------------------------------------

l'opération suivante, le Soufre et le Mercure des
philosophes sont cuits à un feu modéré dans un vaisseau
fermé jusqu'à ce que la matière devienne noire, on augmente
le feu et elle devient blanche, enfin un feu plus
violent la teint en rouge.....; la voie sèche consiste à
prendre le Sel céleste, qui est le Mercure des philosophes,
à le mélanger avec un corps métallique terrestre
et à le mettre en un creuset, à feu nu, en quatre jours,
l'oeuvre est parfait. C'est ainsi qu'opérait l'artiste dont
Helvétius fait mention dans son: « Veau d'or » (Barchusen:
Liber singularis de Alchimia).
Mais cette voie sèche fut fort peu en honneur et nous ne connaissons aucun traité spécial sur ce sujet; aussi
nous ne nous occuperons que de la voie humide universellement
reconnue par les adeptes de tous les pays et de tous
les siècles.
Le Soufre, le Mercure et le Sel constituent la matière de la pierre, mais tous les corps renferment ces
trois principes. D'où les extraire plus spécialement?
C'est ici qu'erraient les Souffleurs, prenant à la lettre
les paroles des philosophes, ils ne savaient distinguer
le fait de son symbole. Le Soufre est appelé fleur rouge,
la matière de la pierre est encore dite végétale, arbre
métallique, les Souffleurs s'empressaient de piler des

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76 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

herbes, de recueillir des sucs, de distiller des fleurs;
ailleurs on appelait la matière de la pierre, sang, menstrue,
cheveux, chien, aigle, etc.; on dit aussi que la
matière est une chose vile, qu'on la trouve partout;
que de causes d'erreur! Généralement les souffleurs
malheureux s'étonnaient de n'avoir pas réussi et accusaient
tout, sauf leur ignorance et leur ineptie; ils faisaient
ainsi défiler dans leurs alambics les produits les
plus multiples et les plus bizarres. « Je fis amasser
morve, crachats, urine, matière fécale, de chacun une
livre, que je fis mélanger ensemble, et mettre dans un
alambic pour en tirer l'essence, laquelle étant toute
tirée, j'en fis un sel, que j'essayai en la transmutation
des métaux, mais en vain, je ne réussis pas » (de la
Martinière: Le chymique inconnu, ou l'Imposture de la
Pierre philosophale.)
Les philosophes hermétiques sont unanimes à dire que la matière doit être cherchée dans les métaux; car
le but du grand-oeuvre est de faire de l'or, l'or est un
métal, on doit donc s'adresser aux métaux: « Nature
prend ses ébats avec Nature et Nature contient nature,
et Nature sait surmonter Nature » (Texte d'Alchymie).
Cet axiome célèbre, qui mit Bernard le Trévisan
sur la voie, se retrouve dans les Physiques et mystiques

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LES SYMBOLES 77 --------------------------------------------------------

de Démocrite le mystagogue, alchimiste grec: « La
nature triomphe de la nature. » Les adeptes ne cessaient
de répéter cette formule sous toutes ses formes,
ainsi Arnauld de Villeneuve dans son: Flos florum, dit
la même chose. « L'homme n'engendre que des hommes,
le cheval ne produit que des chevaux, de même
aussi les métaux ne peuvent être produits que par leur
propre semence. » Voici une autre citation conçue dans
le même esprit. « Maintenant toi, mon fils, va trouver
l'Agriculteur et demande-lui quelle est la semence et
quelle est la moisson. Tu apprendras de lui que celui
qui sème du blé, moissonne du blé, que celui qui sème
de l'orge moissonne de l'orge. Ces choses mon fils te
conduiront à l'idée de la création et de la génération.
Rappelle-toi que l'homme engendre un homme, que le
lion engendre un lion et le chien un chien. C'est ainsi
que l'or produit de l'or, voilà tout le mystère » (Epître
d'Isis sur l'Art sacré; ms. grec; passage déjà cité par
Hoeffer). Donc la matière doit être tirée des métaux,
mais de quels métaux? des métaux parfaits, c'est-à-dire
de l'Or et de l'Argent, du Soleil et de la Lune.
« Le soleil est son père, la lune est sa mère » (Table
d'Emeraude d'Hermès). « La matière dont est
extraite la médecine souveraine des philosophes est tant

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78 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

seulement or très pur et argent très fin et notre vif argent
» (Bernard le Trévisan: La parole délaissée).
« L'Or, l'Argent et le Mercure constituent la matière
de la pierre, après qu'ils ont été préparés selon l'Art »
(Libavius: Paraphrasis Arnaldi).
Les passages indiquant l'or, l'argent et le mercure comme matière, sont innombrables: les précédents sont suffisamment
explicites, surtout celui de Libavius. En voici
un dernier très intéressant. « Mais je te le dis, travaille
avec le Mercure et ses semblables, tu n'y ajouteras surtout
rien d'étranger; sache cependant que l'or et l'argent
ne sont pas étrangers au mercure » (Saint Thomas d'Aquin:
Secrets d'Alchimie). Ce qui revient à dire: travaille
avec le mercure, l'or et l'argent.
Mais ces trois métaux ne constituaient que la matière éloignée de la pierre, la matière prochaine c'est le Soufre,
le Mercure et le Sel qui en sont tirés. De l'or on tire
le Soufre, de l'argent le Mercure, et du vif-argent vulgaire
le Sel. D'après les théoriciens de l'Alchimie (Roger
Bacon en particulier dans son Miroir d'Alchimie), l'or
contient un soufre -- principe très pur, fixe, rouge, non
combustible, et l'argent contient un Mercure -- principe
pur, volatil plus ou moins, brillant, blanc. Quant au Sel
il était fourni par le vif-argent. La matière de la pierre

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LES SYMBOLES 79 --------------------------------------------------------

consistait donc en corps extraits de l'or et l'argent. « Il
y a d'autres philosophes qui prétendent qu'on extrait la
pierre du Mercure non pas du vulgaire, mais de celui que
l'on peut tirer par le secours de l'Art, des métaux parfaits
comme le Soleil et la Lune » (Albert le Grand:
Concordance des philosophes sur le Grand-Oeuvre).
Il semble y avoir ici une légère contradiction avec ce que
nous avons dit plus haut, il n'en est rien, les philosophes
désignaient souvent sous le nom de Mercure des philosophes,
la matière de la pierre considérée dans son ensemble;
ainsi ce mot de Mercure a quatre acceptions différentes,
il peut désigner: 1° le métal, 2° le principe, 3° l'argent
préparé pour l'oeuvre, 4° la matière de la pierre.
C'est dans ce dernier sens qu'il faut l'entendre dans ce
passage;

« C'est le Mercure des Mercures « Et maintes gens mettent leurs cures « De le trouver pour leur affaire « car ce n'est Mercure vulgaire ».
(JEHAN DE LA FONTAINE: La fontaine des amoureux de science).

C'est au contraire dans le sens d'argent préparé pour l'oeuvre, de Mercure -- principe extrait de l'argent qu'on
en parle dans cette citation:

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80 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

« Crois-tu fixer l'Argent-vif « Celui qu'est volatil et vulgal « Et non celui dont je fais métal? « Pauvre homme tu t'abuses bien! « Par ce chemin ne feras rien « Si tu ne marches d'autres pas ».
(JEAN DE MEHUN: La complainte de nature à l'alchimiste errant).

Nous avons déjà dit que le Sel comme troisième principe est à peine mentionné par les anciens alchimistes,
aussi ne parlent-ils souvent que du Soufre et du Mercure,
or et argent, soleil et lune. Pour embarrasser le vulgaire
ils prenaient plaisir à prendre ces termes les uns pour
les autres. « Le Soleil est le père de tous les métaux, la
Lune est leur mère, quoique la Lune reçoive sa lumière
du Soleil. De ces deux planètes dépend le magistère tout
entier » (R. Lulle: la Clavicule). Dans la première
phrase, Soleil et Lune sont synonymes de Soufre et
Mercure, principes universels, dans la seconde, ils signifient
Soufre et Mercure, matière de l'oeuvre. Ces
quatre termes pouvaient donc être pris deux à deux
comme synonymes absolus.
Une figure de Barchusen représente le signe du Soufre correspondant à celui du Soleil, de l'or, et celui du

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LES SYMBOLES 81 --------------------------------------------------------

Mercure à celui de la Lune, de l'argent. Les symboles
du Soufre et du Mercure principes sont donc applicables
à ceux du Soufre et du Mercure, matière de la pierre,
à l'Or et à l'argent (Pour ces symboles, voir chapitres
II et III de cette seconde partie).
L'Or et l'argent préparés pour l'oeuvre s'appelaient or et argent des philosophes. Ils étaient d'abord purifiés,
c'est pourquoi Rhasès dit: « Le commencement de notre
oeuvre est sublimer » (Livre des lumières). Sublimer,
c'est-à-dire purifier. C'est ainsi que Grever dit: « L'or
du vulgaire est impur, souillé par la présence de métaux
étrangers, aigre, malade, et pour cela même stérile, de
même l'argent vulgaire. Au contraire, le Soleil et la
Lune des philosophes sont des plus purs, ils ne sont
contaminés par aucun mélange étranger, sains, vaillants,
plus abondants en semence génératrice » (Grever:
Secretum nobilissimum). En purifiant ces métaux on augmentait
leur perfection, et on leur donnait ainsi la faculté
de croître en perfection pendant le grand oeuvre.
« L'Or vulgaire n'est que simplement parfait par nature,
c'est-à-dire, n'a qu'autant de perfection qu'il lui en faut
pour être parfait, sans qu'il en puisse faire part aux
métaux imparfaits et partant si on veut que l'or vulgaire
introduise la forme d'Or vulgaire dedans les métaux
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82 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

imparfaits pour les parfaire, il est nécessaire que l'or
vulgaire soit rendu plus que parfait » (Colleson: Idée
parfaite de la philosophie Hermétique). C'est cet excès
de perfection que l'or et l'argent transmettaient aux
métaux vils pendant le phénomène de la transmutation.
On purifiait l'Or par la cémentation ou par l'antimoine et l'Argent par la coupellation, c'est-à-dire par le plomb:
« On demande si les corps parfaits ou luminaires doivent
être préparés avant de servir à l'oeuvre. Réponse:
l'or doit être purifié par cémentation et l'argent par
coupellation. Ensuite il faut les réduire en limaille ou
en feuilles semblables à celles dont se servent les peintres
» (Arnauld de Villeneuve: Quaestiones tam essentiales
quam accidentales ad Bonifacium octavum).
Tout ceci s'entend pour l'Or et l'argent monétaires ou du commerce, qui sont toujours alliés à des métaux
étrangers; on pouvait employer l'Or natif directement,
parce qu'il est suffisamment pur par lui-même: « On
trouve dans les entrailles de la terre de l'Or parfait, et
il s'en trouve parfois en petits morceaux et grains comme
du sable. Si tu en peux recouvrer de celui-là, tel qu'il se
trouve et sans être mélangé, il est assez pur; sinon il te
le faudra purger et purifier par l'Antimoine » (Philalèthe:
Entrée ouverte au palais fermé du roi).

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LES SYMBOLES 83 --------------------------------------------------------

pict
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84 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


Explication de la planche IX.
Figure I. -- (Tirée du Liber singularis de Barchusen). Elle indique que le Soufre et le Mercure des philosophes sont tirés
de l'Or et de l'Argent (Voir chapitre IV).

Figure II. -- (C'est le premier des douze pentacles accompagnant les douze clefs de sagesse de B. Valentin). Purification de
l'or, le Roi, par l'antimoine, le loup dans un creuset et de l'argent,
la Reine, par le plomb Saturne, dans une coupelle (Voir
chapitre IV).

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LES SYMBOLES 85 --------------------------------------------------------

Il y avait, avons-nous dit, deux manières de purifier l'or: » Passe l'or par le ciment royal ou par l'Antimoine
» (Ph. Rouillac: Abrégé du Grand-Oeuvre.) Le ciment
ou cément royal se composait, suivant Macquer
(Dictionnaire de chimie.) de quatorze parties de briques
pilées, une partie de vitriol vert calcinée ou rouge (c'était
par conséquent du sesquioxyde de fer ou colcothar),
et une partie de sel commun. On formait une pâte du
tout avec de l'eau ou de l'urine, et on le mettait dans un
creuset avec l'or, en superposant des couches d'or et
de cément alternativement. Pour la purification par l'antimoine
on se contentait de fondre l'or avec l'antimoine.
La coupellation de l'argent se faisait par les mêmes
procédés que les nôtres.
Pour désigner ces opérations les alchimistes employaient une foule de symboles. L'or et l'argent sont
généralement figurés par un roi vêtu de rouge et une
reine en blanc. « Le mâle est rouge, la femelle est blanche
» (Isaac le hollandais: Opera mineralia), l'or et l'argent
sont ainsi représentés dans le grand Rosaire. Leurs
habits désignent les matières étrangères, les impuretés
qui les souillent. La figure suivante du Rosaire les représente
nus, c'est-à-dire purifiés, débarrassés de leurs impuretés,
de leurs habits. Les alchimistes disaient encore
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86 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

que le roi et la reine s'étaient purifiés dans un bain:
« Mais avant de couronner la chasteté de leur amour et
de les admettre au lit conjugal, il faut les purger soigneusement
de tout péché tant originel qu'actuel.... Préparez-leur
donc un bain doux, dans lequel vous les laverez
chacun en particulier, car la femelle moins forte et moins
vigoureuse ne pourrait pas supporter l'acrimonie d'un
bain aussi violent que celui du mâle. Elle serait infailliblement
détruite. C'est avec le Stibium que vous préparerez
le bain du mâle.... Quant au bain de la femelle,
Saturne vous enseignera quel il doit être » (Huginus
a Barmâ: Le règne de Saturne changé en siècle d'or).
Nous trouvons ici désignée allégoriquement la purification
de l'or par l'antimoine (stibium, en latin) et de l'argent
par le plomb (Saturne). La purification était symbolisée
par une fontaine où le roi et la reine, le Soleil et la
Lune venaient se baigner, on trouve ce symbole dans les
figures d'Abraham le Juif et dans le Rosaire.
L'antimoine est symbolisé par un loup et le plomb par Saturne armé de sa faux. Ainsi dans la première des figures
de Basile Valentin (les 12 clefs de sagesse) qui a
trait à la purification, l'antimoine symbolisé par un loup
est placé du côté du roi, symbole du Soleil, ou or, l'opération
se fait en un creuset: le plomb symbolisé par Saturne

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LES SYMBOLES 87 --------------------------------------------------------

est placé du côté de la reine, lune ou argent, de
ce même côté est placée une coupelle. Quant aux trois
fleurs que tient la reine, elles indiquent que la purification
doit être répétée trois fois.
La première figure d'Abraham le Juif représentant Mercure poursuivi par Saturne a trait à la purification de
l'argent par le plomb. En effet, l'argent vulgaire coupellé
perd de son poids, à cause des métaux étrangers qu'il
contenait, dont les oxydes sont absorbés par les parois
de la coupelle. Les alchimistes voyant que dans cette
opération l'argent avait perdu de son poids primitif,
admettaient que ses parties volatiles s'étaient évaporées.
Saturne ou le plomb poursuit Mercure ou l'argent et
lui coupe les jambes, c'est-à-dire, le rend immobile, le
fixe, en un mot le rend inaltérable. C'est la véritable
fixation du Mercure sur laquelle tant de Souffleurs se
sont trompés.
L'or et l'argent purifiés constituaient la matière éloignée de la Pierre. Le Soufre extrait de l'or, le Mercure
extrait de l'argent, étaient la matière prochaine. Tous
les philosophes concordent sur ce dernier point « L'or
est le plus parfait de tous les métaux, c'est le père de
notre Pierre, et cependant ce n'en est pas la matière:
la matière de la pierre, c'est la semence contenue en

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88 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

l'Or » (Philalèthe: Fontaine de la philosophie chimique).
De même: « C'est pourquoi je vous conseille, ô mes
amis, de n'opérer sur le soleil et sur la lune qu'après
les avoir ramenés à leur matière qui est le Soufre et le
Mercure des philosophes » (R. Lulle: la Clavicule).
Huginus a Barma dit positivement « Le Soufre de l'Or
est le vrai Soufre des philosophes. »
La marche suivante était employée par les Alchimistes pour extraire le Soufre ou le Mercure de l'Or ou
de l'Argent: ils dissolvaient d'abord ces deux métaux,
suivant leur vieil axiome: Corpora non agunt nisi soluta.
Puis ils congelaient ces solutions, c'est-à-dire les faisaient
cristalliser; ils décomposaient ensuite par la chaleur
les sels ainsi obtenus, redissolvaient le résidu, or et
argent pulvérulent, et après divers traitements qui variaient
un peu d'un philosophe à l'autre, ils avaient
enfin le Soufre et le Mercure pour la pierre.
Quant au Sel, c'était généralement un sel de mercure volatil, tel que le bichlorure de mercure ou sublimé corrosif,
que les Alchimistes appelaient mercure sublimé.
Avant d'être transformé en sel, le mercure devait être
purifié par distillation.
Nous avons vu que les philosophes faisaient usage d'acides pour dissoudre l'or et l'argent. « En notre

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LES SYMBOLES 89 --------------------------------------------------------

pierre est caché tout le secret du magistère qui est le
soleil, la lune et l'eau-de-vie » (R. Lulle: Eclaircissement
du testament). Eau-de-vie désigne les liqueurs acides.
« Il faut premièrement que le corps soit dissous et
que les pores en soient ouverts, afin que la nature
puisse opérer » (Le Cosmopolite). C'est surtout cette
partie du Grand-Oeuvre que les Alchimistes ont tenue
secrète, c'était selon eux l'opération la plus difficile à
trouver.

« Le plus rude travail, la peine tout entière « Est à parfaitement préparer la matière.
(AUGUREL: la Chrysopée).
La plupart des adeptes ont même passé sous silence cette partie de l'oeuvre, et ils commencent la description
du Grand-Oeuvre en supposant la préparation de la matière
connue. C'est ce que nous affirme au reste Colleson:
« Ils ne parlent que fort peu et encore très obscurément
de la première opération du Magistère hermétique
sans laquelle toutefois on ne peut rien faire en cette
science transmutatoire » (Idée parfaite de la philosophie
hermétique).
Cependant nous avons réussi à trouver quelques passages
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90 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

pour éclaircir cette question, il en résulte que l'or
était dissous dans l'eau régale et l'argent dans l'eau-forte
ou acide azotique, et quelquefois dans l'huile de vitriol
(acide sulfurique). Artéphius s'étend plus que tout autre
sur l'Eau ou acide employé pour dissoudre l'or, il l'appelle:
premier mercure, vinaigre des montagnes. « Cette
eau, dit-il, dissout partiellement tout ce qui peut être
fondu et liquéfie. C'est une eau pesante, visqueuse,
gluante.... Elle résout tous les corps en leur matière
première, c'est-à-dire en Soufre et en Argent vif. Si tu
mets dans cette eau, quelque métal que ce soit, en limaille
ou en lamines déliées, et que tu l'y laisses quelque
temps à une chaleur douce, le Métal se dissoudra tout
et il sera entièrement changé en une eau visqueuse....
Elle augmente de poids et de couleur le corps parfait »
(Artéphius: Traité secret de la pierre des philosophes).
Le dernier paragraphe est fort juste, le chlorure d'or
obtenu par l'action de l'eau régale sur l'or est jaune-brillant
et plus lourd naturellement que le métal employé.
L'auteur anonyme du Traité du Blanc et du Rouge, qui
parle très ouvertement du Grand-Oeuvre, opère sur les
sels obtenus par la dissolution préalable de l'Or et de
l'Argent. Voici sa recette de « l'Eau pour l'Or ». C'est
simplement l'eau régale. « Prends du vitriol de Hongrie

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LES SYMBOLES 91 --------------------------------------------------------

bleu, bien sec et du salpêtre, plus une livre de sel ammoniac.
Fais-en une eau-forte dans un vase de verre
bien luté, muni d'une chape de verre » (Traité du
Blanc et du Rouge). Enfin, Riplée entre dans les détails
de l'expérience. « Le corps étant préparé, verse dessus
de l'eau composée, pour qu'il soit recouvert d'une épaisseur
d'un demi-pouce. L'eau se mettra aussitôt à bouillir
sur les chaux du corps, sans aucun feu extérieur.
Le corps se dissoudra et on l'élèvera à la forme de glace
en desséchant le tout (Riplée: Moëlle d'Alchimie).
Elever la solution à la forme de glace c'est la faire cristalliser,
cette dernière opération s'appelait aussi congélation
ou coagulation; « Tu sauras que tout le magistère
ne consiste qu'en une dissolution et en une coagulation
», (Albert le Grand: Le livre des huit chapitres).
Les sels ainsi obtenus ne servaient pas directement à l'oeuvre: « Les sels n'ont aucune qualité transmutatoire,
ils servent seulement de clefs pour la préparation de la
Pierre » (Basile Valentin: Char de triomphe de l'Antimoine).
Mais ils subissaient diverses manipulations après
lesquelles ils étaient transformés en oxydes ou de nouveau
en sels.
On symbolisait les acides par des lions dévorant le Soleil ou la Lune. Toute figure représentant le Soleil

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92 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

ou la Lune, Apollon ou Diane, vaincus et dévorés par
un animal fort et courageux, tels le lion, l'aigle, le tigre,
etc., symbolise la dissolution des métaux précieux. Philalèthe,
dit: Avant de faire le dernier oeuvre, il faut
trouver une liqueur ou humidité dans laquelle l'or se
fonde comme la glace dans l'eau. » Cette eau acide, il
l'appelle Estomac d'autruche, de même que l'autruche
digère tout, de même ce liquide dissout tous les métaux.
Dans les figures que Flamel avait fait sculpter au cimetière des Innocents, la dissolution est représentée par
un dragon dévorant un homme qu'il a terrassé.
On figurait la matière préparée par un liquide enfermé dans une fiole comme dans la figure du titre de ce volume.
Enfin on la représentait par l'hermaphrodite chimique:
« Elle est hermaphrodite et elle donne accroissement
à toutes choses se mêlant indifféremment avec
elles, parce qu'elle tient renfermées en soi toutes les semences
du globe éthéré » (Venceslas Lavinius: Traité
du ciel terrestre). L'hermaphrodite était figuré par un
corps à deux têtes, il s'appelle Rebis et symbolise le
Soufre et le Mercure préparés pour l'oeuvre. « Richard
l'Anglais rend témoignage de moi disant, la première matière
de notre pierre s'appelle Rebis (deux fois chose),

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LES SYMBOLES 93 --------------------------------------------------------

c'est-à-dire une chose qui a reçu de la nature une double
propriété occulte qui lui fait donner le nom d'Hermaphrodite
» (Le triomphe hermétique).
Nous ne saurions faire mal en répétant ici ce que nous avons déjà dit que le Mercure des philosophes, quand
il est donné comme seule matière de l'oeuvre, désigne
l'ensemble des corps entrant dans la composition de
la matière. Pris dans ce sens ce n'est pas un corps
spécial, c'est le synonyme de matière de l'oeuvre, c'est
du reste ce qui ressort parfaitement du passage suivant
de Riplée: « Maintenant, mon fils, pour vous dire quelque
chose du Mercure des Philosophes, apprenez que
quand vous aurez mis votre eau-de-vie avec l'homme
rouge (qui est notre Magnésie) et avec la femme
blanche, qu'on appelle albifique, et qu'ils seront tous
conjoints ensemble, en sorte qu'ils ne fassent qu'un même
corps, c'est alors en vérité que vous aurez le Mercure
des philosophes » (Riplée: Traité du Mercure).
Nous terminerons ce chapitre par quelques mots sur le petit magistère et le Grand-Oeuvre ou grand Magistère.
Le petit oeuvre ou petit magistère se faisait avec le
Mercure (sels d'argents), mais la pierre philosophale
ainsi obtenue était blanche et ne transmuait les métaux
qu'en argent. Le Grand-Oeuvre se faisait avec un mélange

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94 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

de sels d'or et d'argent, avec le Soufre et le Mercure,
on obtenait la véritable pierre philosophale, rouge,
transmuant les métaux en or.
On représentait les deux pierres et les deux magistères par des arbres; l'un, l'arbre lunaire porte des lunes
en guise de fruit, c'est le petit oeuvre; l'autre, l'arbre
solaire porte des soleils, c'est le symbole du Grand-Oeuvre.
Cette distinction entre deux oeuvres est ancienne,
tous les Alchimistes la connaissaient. « Les philosophes
affirment expressément que l'or a d'abord passé par
l'état d'argent. Si donc quelqu'un voulait parfaire l'oeuvre
avec l'argent seul, il ne pourrait avancer au delà du
blanc, et il ne pourrait convertir les métaux imparfaits
qu'en argent, et jamais en or » (Vogel: De lapidis physici
conditionibus). Geber reconnaissait deux pierres philosophales
ou élixirs, puisqu'il dit: « La Lune fermentée
pour l'Elixir blanc se prépare en dissolvant la Lune
dans son eau corrosive » (Geber: Livre des fourneaux).
La marche des deux oeuvres était identique, sauf que le petit magistère s'arrêtait à l'apparition de la couleur
blanche, tandis que le grand magistère poursuivait jusqu'à
la couleur rouge: le Traité du blanc et du rouge
distingue aussi les deux oeuvres, après avoir parlé tout
au long du Grand-Oeuvre ou oeuvre au rouge, il se contente

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LES SYMBOLES 95 --------------------------------------------------------

pict
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96 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


Explication de la planche X.
Cette figure se trouve dans le Museum hermeticum. L'athanor et les principaux animaux symboliques de l'Hermétisme. Cet
athanor a une forme un peu fantaisiste, mais on y retrouve les
parties principales. La tour surmontée du dôme, le bain de sable
et l'oeuf philosophique. Le serpent enfermé dans l'oeuf représente
la matière de la pierre. Le lion est le symbole du fixe,
du Soufre, l'aigle symbole du volatil, du Mercure. Le serpent et
le dragon, symboles de la Matière. Le corbeau représente la
couleur noire, le cygne la couleur blanche, le paon les couleurs
de l'arc-en-ciel, enfin le phénix symbolise la couleur rouge.
(Voir chapitres II, V et VI.
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LES SYMBOLES 97 --------------------------------------------------------

de dire que pour le petit oeuvre, il suffit de répéter
les mêmes opérations en ne travaillant que sur l'argent
dissous dans son eau spéciale. Les philosophes
n'ont guère traité que du Grand-Oeuvre, aussi nous délaisserons
le petit magistère. Il est cependant bien entendu
que le fourneau, le vaisseau, le feu, les opérations, les
couleurs sont semblables dans les deux cas, mais le
Grand-Oeuvre est plus long, car après la couleur blanche,
fin du petit oeuvre, d'autres couleurs apparaissent dans
le grand. En somme, en parlant de l'un, nous parlerons
implicitement de l'autre.

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CHAPITRE V
L'OEUF PHILOSOPHIQUE ET SES SYMBOLES. -- LE SCEAU
D'HERMES. -- L'ATHANOR. -- LE FEU DES PHILOSOPHES. -- LES DEGRES.
La Matière de la pierre étant préparée, il s'agissait de lui donner par une cuisson ménagée la propriété de
transmuer les métaux. Pour cela on enfermait la matière
dans un petit ballon ou matras, décoré du nom d'oeuf
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98 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

philosophique; on plaçait le tout sur une écuelle pleine
de cendres ou de sable, et l'on chauffait selon certaines
règles dans une espèce de fourneau à réverbère, l'Athanor.
Les Alchimistes sont généralement assez explicites sur ces parties accessoires de l'oeuvre. Le matras dans
lequel on place la matière se nomme oeuf des philosophes,
c'est un ballon en verre assez résistant, quelquefois
il est en terre cuite, quelques-uns se servaient d'oeufs
philosophiques en métal, cuivre ou fer. Le ballon en
verre était l'oeuf philosophique le plus employé. « Le
vase de l'Art est l'oeuf des philosophes, qui est fait d'un
verre très pur, ayant le cou de longueur moyenne; il
faut que la partie supérieure du cou puisse être scellée
hermétiquement et que la capacité de l'oeuf soit telle
que la matière qu'on y met n'en remplisse que le
quart » (Huginus a Barma: le Règne de Saturne).
Roger Bacon se servait indifféremment d'un vaisseau de
verre ou de terre. « Le vaisseau doit être rond, avec un
petit col. Il doit être en verre ou en une terre aussi
résistante que le verre; on en fermera hermétiquement
l'orifice avec un couvercle et du bitume » (Roger
Bacon: Miroir d'Alchimie). Philalèthe insiste surtout
sur la fermeture et la capacité. « Aie un vaisseau de

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LES SYMBOLES 99 --------------------------------------------------------

verre fait en ovale, qui soit rond et assez grand pour
contenir une once d'eau distillée dans toute la capacité
de sa panse.... Il le faut sceller par haut avec cette précaution
qu'il n'y ait ni fente ni aucun trou, autrement
ton ouvrage serait perdu » (Philalèthe: Entrée ouverte
au palais fermé du roi).
On appelait ce vaisseau oeuf d'abord à cause de sa forme, ensuite parce que de lui comme d'un oeuf devait
sortir après incubation dans l'Athanor, la Pierre philosophale,
l'Enfant couronné et vêtu de la pourpre royale,
comme disaient les Alchimistes. C'est à peu près dans
ce sens que Rouillac donne l'étymologie de ce mot:
« Tout ainsi qu'un oeuf a tout ce qui lui est nécessaire
pour la génération du poulet, qu'il n'y faut rien ajouter
et qu'il n'y a rien de superflu qu'il faille ôter, de même
aussi, il faut enclore en notre oeuf tout ce qui est nécessaire
à la génération de la pierre » (Rouillac: Abrégé
du Grand-Oeuvre).
Dans les passages cités plus haut, on voit que les philosophes insistent beaucoup sur la fermeture complète
de l'oeuf, les uns comme Bacon employaient un couvercle
qu'ils fixaient avec un lut ou avec du bitume, mais la
plupart employaient le sceau d'Hermès. Le Filet d'Ariadne,
traité anonyme, nous donne des détails fort intéressants

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100 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

sur cette opération. Il donne trois manières de
sceller hermétiquement un ballon: 1°) on plaçait le col
sur un feu très ardent, mais en le séparant du feu par
une tuile percée en sorte que le verre ne se ramollissait
qu'en un point du col; quand le verre était ramolli, on
coupait le col à cet endroit avec une paire de ciseaux,
les bords coupés se soudaient, absolument comme quand
on coupe un tube de caoutchouc; 2°) on ramollissait le
col de la même façon puis on tordait le col en tirant légèrement,
et à la flamme d'une chandelle, on fondait l'extrémité
pointue de façon à produire une petite perle de
verre; 3°) on chauffait l'ouverture du ballon et un bouchon
de verre pouvant s'y adapter, on fermait le ballon
avec son bouchon et on coulait dessus du verre fondu.
Quelques alchimistes préféraient au simple ballon de verre un appareil formé de deux matras, le col de l'un
entrant dans le col de l'autre. « Il y a deux vaisseaux de
même forme, grandeur et quantité en haut, où le nez de
l'un entre dans le ventre de l'autre, afin que par l'action
de la chaleur ce qui est en l'une partie, monte dans la
tête du vaisseau et après par l'action de la froideur qu'il
descende dans le ventre » (Raymond Lulle: Eclaircissement
du testament). De même « Les uns se servent de
vaisseaux de verre ronds ou ovales. D'autres préfèrent

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LES SYMBOLES 101 --------------------------------------------------------

pict 8..
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102 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


Explication de la planche XI.
Figure I (Edition Allemande du Crede Mihi). L'oeuf philosophique double. Les deux oiseaux indiquent qu'une matière volatile s'est sublimée dans le ballon supérieur
(Voir chapitre V).

Figure II (Viatorium spagyricum). Le Roi et la reine Soufre et Mercure, enfermés dans le sépulcre philosophique. Le Squelette indique que nous sommes
pendant l'opération nommée mortification.
Le boiteux ou Vulcain, symbole du feu, indique que l'on doit chauffer l'oeuf philosophique (Voir chapitre V).

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LES SYMBOLES 103 --------------------------------------------------------

la forme d'aludel, ils prennent un vaisseau dont le col
court pénètre dans un autre vaisseau qui sert de couvercle,
on les lute (Libavius: De lapide philosophorum).
On les scellait, soit avec un lut résistant, soit en fondant le col du premier ballon sur le col du second. Cette disposition
offrait les avantages suivants: les vapeurs se
condensaient plus facilement au contact des parois froides
du ballon supérieur, puis la capacité intérieure étant
plus grande, l'appareil courait moins de risques d'éclater.
Les alchimistes donnaient différents noms à l'oeuf philosophique. Selon Flamel ils le nommaient: sphère, lion
vert, prison, sépulcre, fiole, cucurbite, maison du poulet,
chambre nuptiale. Les noms de sphère, fiole et de
cucurbite lui ont été donnés à cause de sa forme; l'expression
maison du poulet n'est qu'une périphrase:
chambre nuptiale, prison, sépulcre, sont des images très
compréhensibles, si l'on se rappelle que le Soufre et le
Mercure, matière de la pierre, étaient appelés homme
rouge, femme blanche; l'oeuf était une prison parce que
une fois que les époux philosophiques (le roi et la reine,
l'homme rouge et la femme blanche, Gabricius et Beïa)
y étaient entrés, ils y étaient détenus jusqu'à la fin de
l'oeuvre. Sépulcre: parce que les époux y mouraient,
après s'être unis, après leur mort naissait leur fils (la

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104 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

pierre philosophale), car toute génération procède de
putréfaction, la mort engendre la vie, selon une théorie
en vogue au moyen-âge (Voyez chapitre VII). Ce symbole
du sépulcre est assez fréquent pour désigner l'oeuf
philosophique: « Prends garde que la conjonction du
mari et de son épouse ne se fasse qu'après avoir ôté leurs
habits et ornements, tant du visage que de tout le reste
du corps afin qu'ils entrent dans le tombeau aussi nets
que quand ils sont venus au monde » (Basile Valentin:
Les douze clefs de sagesse.) C'est sous forme de tombeau
qu'il est symbolisé dans les figures qui accompagnent
le Rosaire dans « l'Artis auriferae quam chemiam vocant ».
Dans le Viatorium spagyricum, l'oeuf avec la matière
est figuré par un sépulcre de verre où sont renfermés le
roi et la reine.
L'oeuf est appelé chambre nuptiale, lit nuptial, parce que c'est en lui qu'avait lieu la conjonction du Soufre et
du Mercure, l'union du roi et de la reine. Dans le Songe
vert, il est parlé d'une maison de verre fermée complètement,
on y introduit les époux et l'on ferme la porte
avec la matière même dont la maison est composée.
L'oeuf était encore nommé matrice par analogie, parce que « La matrice de la femme après qu'elle a conçu, demeure
close et fermée, afin qu'il n'y entre aucun air

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LES SYMBOLES 105 --------------------------------------------------------

étrange et que le fruit ne se perde. Ainsi notre pierre
doit toujours demeurer close en son vaisseau » (Bernard
le Trévisan: la Parole délaissée) et aussi parce qu'on
y enferme les deux spermes minéraux: Soufre et Mercure
d'où doit naître la pierre des philosophes.
L'oeuf était enfin appelé ventre de la mère, mortier, crible. Crible parce que les vapeurs qui s'élèvent, après
s'être condensés, retombent goutte à goutte comme un
liquide passant à travers un crible.
L'oeuf rempli et fermé était placé dans une écuelle ou bassine contenant des cendres ou du sable fin. Hélias
dans son Miroir d'Alchimie recommande de placer l'oeuf
dans une coupelle contenant des cendres tassées, de
façon que les deux tiers supérieurs du ballon émergent
seuls. Quelques philosophes au lieu du bain de sable
employaient le bain-marie, qu'ils appelaient feu humide.
L'écuelle et l'oeuf étaient logés dans un fourneau spécial nommé Athanor, du mot grec αθανατος, immortel,
parce que le feu une fois allumé, devait brûler jusqu'à
la fin de l'Oeuvre. Certains alchimistes ont fait figurer
dans leurs oeuvres divers modèle d'Athanor: un des
plus curieux se trouve dans le « Bouquet chymique », de
Planiscampi. Il se compose de deux fourneaux accolés,
dans l'un des deux on fait du feu et les gaz provenant

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106 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

de la combustion, passant par un trou de communication,
vont échauffer l'autre fourneau. L'Athanor de Barchusen
est un fourneau ordinaire. Mais le véritable Athanor, celui
qui était connu des premiers alchimistes occidentaux:
Albert le Grand, Roger Bacon, Arnauld de Villeneuve,
est une sorte de fourneau à réverbère pouvant
se démonter en trois parties. La partie inférieure
contenait le feu, elle était percée de trous pour permettre
l'accès de l'air et présentait une porte. La partie
moyenne, cylindrique aussi, offrait trois saillies disposées,
selon un triangle, sur lesquelles reposait l'écuelle contenant
l'oeuf. Cette partie était percée selon un de ses
diamètres de deux trous opposés, fermés par des disques
de cristal, ce qui permettait d'observer ce qui se passait
dans l'oeuf. Enfin la partie supérieure, pleine, sphérique,
constituait un dôme ou réflecteur, réverbérant la
chaleur. Tel était l'Athanor généralement en usage. Les
dispositions principales demeuraient invariables et les
changements que les alchimistes y apportaient personnellement
n'avaient aucune importance. Ainsi on trouve
figuré dans le Liber mutus un athanor assez élégant en
forme de tour crénelée.
Le symbole du fourneau est un chêne creux, on le trouve ainsi représenté dans les figures d'Abraham le Juif.

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LES SYMBOLES 107 --------------------------------------------------------

On donnait à l'ensemble: fourneau, écuelle, oeuf philosophique, le nom de triple vaisseau. « Ce
vaisseau de terre est appelé par les philosophes triple
vaisseau car dans son milieu il y a une écuelle pleine
de cendres tièdes, dans lesquelles est posé l'oeuf philosophique
» (Le livre de Nicolas Flamel).
Les alchimistes, si jaloux de tout ce qui concernait le Grand-Oeuvre, n'ont eu garde d'être clairs sur le feu ou
les degrés de chaleur nécessaires pour l'oeuvre. La connaissance
de ces degrés était regardée par eux comme
l'une des clefs les plus importantes du Grand-Oeuvre
« Beaucoup d'alchimistes sont dans l'erreur, parce qu'ils
ne connaissent pas la disposition du feu qui est la clef
de l'oeuvre, car il dissout et coagule en même temps ce
qu'ils ne peuvent saisir, parce qu'ils sont aveuglés par
leur ignorance », (Raymond Lulle: Vade mecum seu de
tincturis compendium). En effet, la matière une fois préparée,
la cuisson seule pouvait la changer en pierre philosophale.
« Je ne vous commande que cuire, cuisez au
commencement, cuisez au milieu, cuisez à la fin, et ne
faites autre chose » (La Tourbe des philosophes).
Les alchimistes distinguaient plusieurs espèces de feu: le feu humide, c'est le bain-marie qui fournit une
température constante; le feu surnaturel ou artificiel

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108 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

désignait des acides, ceci vient de ce que les alchimistes
avaient remarqué que les acides produisent une élévation
de température dans leurs diverses réactions, et
aussi qu'ils ont sur les corps le même effet que le feu, ils
les désorganisent, détruisent rapidement leur aspect primitif.
Enfin le feu naturel, ordinaire.
En général, les alchimistes n'employaient ni charbon ni bois pour chauffer l'oeuf philosophique, il aurait fallu
une surveillance continuelle et il aurait été de plus à peu
près impossible d'obtenir une température constante.
Aussi Marc Antonio s'emporte-t-il contre les souffleurs
ignorants qui se servaient de charbons: « A quoi bon
ces flammes violentes, puisque les Sages n'usent point
de charbons ardents, ni de bois enflammés pour faire
l'oeuvre hermétique » (La lumière sortant par soi-même
des ténèbres). Les philosophes hermétiques employaient
une lampe à huile à mèche d'amiante, dont l'entretien
est facile et qui fournit une chaleur à peu près uniforme,
c'est là le feu qu'ils ont tant caché et dont quelques-uns
seulement parlent ouvertement.
Ils admettaient plusieurs degrés à leur feu, selon que l'oeuvre était plus ou moins avancé; ils parvenaient à
régler leur feu en augmentant le nombre des brins qui
composaient la mèche: « Fais d'abord un feu doux,

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LES SYMBOLES 109 --------------------------------------------------------

comme si tu n'avais que quatre fils à ta mèche, jusqu'à
ce que la matière commence à noircir. Puis augmente,
mets quatorze fils, la matière se lave, elle devient grise,
enfin mets vingt-quatre fils et tu auras la blancheur parfaite
» (Happelius, Aphorismi basiliani).
Le premier degré du feu, celui du commencement de l'oeuvre, équivalait environ à 60 ou 70 degrés centigrades:
« Faites votre feu à proportion qu'est la chaleur
dans les mois de juin et de juillet » (Dialogue de Marie
et d'Aros). Il ne faut pas oublier que c'est un égyptien
qui parle; au reste, le premier degré était encore appelé
feu d'Egypte, justement parce qu'il égale à peu près la
température estivale de l'Egypte. Quelques alchimistes
oubliant ce point ont indiqué pour le premier degré une
moyenne trop faible, tel Ph. Rouillac: « Observe surtout
le feu et ses degrés, que le premier soit fébrile,
c'est-à-dire, égal à la température du soleil au temps du
mois de février » (Abrégé du Grand-Oeuvre). On s'assurait
au premier degré que l'on avait atteint la température
voulue, en approchant la main de l'oeuf, on devait
pouvoir le toucher sans se brûler. « Tu ne laisseras jamais
le vaisseau s'échauffer trop, de façon que tu puisses
toujours le toucher avec la main nue sans te brûler.
Ceci durera tout le temps de la solution » (Riplée:
Traité des douze portes).

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110 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

Les autres degrés se trouvent facilement en doublant, triplant, etc., à peu près la température du premier degré.
Il y en avait quatre en tout. Le second oscille entre la
température d'ébullition de l'eau et de fusion du soufre
ordinaire, le troisième est un peu inférieur à la fusion de
l'étain et le quatrième à celle du plomb.
Les symboles du feu sont: les ciseaux, l'épée, la lance, la faux, le marteau, en un mot tous les instruments
pouvant produire une blessure: « Ouvre-lui donc les
entrailles avec une lame d'acier » dit le Texte d'Alchymie,
en parlant du minéral d'où s'extrait l'huile de vitriol.
Dans les figures d'Abraham le Juif, Saturne, armé
d'une faux, indique que l'on doit purifier l'argent par le
plomb à l'aide de la chaleur. Dans les figures de Basile
Valentin on voit également un chevalier qui combat avec
l'épée deux lions mâle et femelle, ce qui indique que
c'est par le feu qu'il faut fixer le volatil. Enfin nous retrouvons
aussi l'épée comme symboles du feu dans les
sculptures de Flamel au cimetière des Innocents.
Pour terminer voici selon Bernard le Trévisan les qualités que doit avoir le feu philosophique: « Faites un feu
vaporant, digérant, continuel, non violent, subtil, environné,
aéreux, clos, incomburant, altérant » (Bernard le
Trévisan: le Livre de la philosophie naturelle des métaux).

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LES SYMBOLES 111 --------------------------------------------------------

pict
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112 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


Explication de la planche XII.
Figure I (Margarita pretiosa). L'or matière de la Pierre est enfermé dans le sépulcre ou oeuf philosophique. Mais du temps qu'on l'y enfermait il a engendré
un fils, c'est-à-dire, il s'est produit un corps nouveau,
l'alchimiste ensevelit le père et le fils (Voir chapitre V).

Figure II et III (Liber singularis de Barchusen). Deux oeufs philosophiques scellés, renfermant la Matière de la Pierre, or et argent. Dans l'un il y a sublimation, ce qu'indique
l'oiseau qui s'élève. Dans l'autre, la matière sublimée s'est
précipitée ou condensée, ce qu'indique l'oiseau qui descend (Voir
chapitre VI).

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LES SYMBOLES 113 --------------------------------------------------------


CHAPITRE VI
LES OPERATIONS. -- CAUSES DES DIFFERENCES ENTRE LES
ALCHIMISTES AU SUJET DES OPERATIONS -- LA PUTREFACTION. -- LES REGIMES DE PHILALETHE. -- FERMENTATION -- PROJECTION. -- SYMBOLES DES OPERATIONS.
La matière étant enfermée dans l'oeuf philosophique et le feu allumé, les corps mis en présence réagissent aussitôt
les uns sur les autres. Il se produisait diverses actions
chimiques: précipitation, sublimation, dégagement
de gaz ou de vapeurs, cristallisation, etc., en même temps
la Matière changeait plusieurs fois de couleur. Dans ce
chapitre nous nous occuperons des phénomènes chimiques
nommés opérations par les alchimistes et dans le suivant
nous traiterons des couleurs.
Les alchimistes diffèrent notablement les uns des autres au sujet du nombre et de la dénomination des opérations.
Cela se conçoit, prenons un exemple: la matière
émet des vapeurs en devenant noire, puis les vapeurs
se condensent et retombent sous forme de liquide.
Un premier alchimiste ne considérant que l'ensemble du
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114 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

phénomène, lui donnera le nom de distillation, parce
qu'en effet dans toute distillation on trouve deux parties:
vaporisation, condensation. Un autre distinguant les
phases du phénomène, dira qu'il y a eu sublimation (vaporisation)
et précipitation (condensation), un dernier prenant
la couleur noire en considération ajoutera une troisième
phase: la putréfaction. Et pourtant tout cela ne
désignera qu'un seul et même phénomène.
Il en est de même pour toutes les autres opérations. Aussi constate-t-on de grandes différences d'un philosophe à l'autre. Tandis que Pernety établit douze opérations:
calcination, congélation, fixation, dissolution,
digestion, distillation, sublimation, séparation, incération,
fermentation, multiplication, projection, Bernard le
Trévisan n'en admet qu'une seule.
« Combien que les philosophes divisent le magistère en plusieurs opérations selon le degré des formes et de
leurs diversités, toutefois il n'y en a qu'une en la formation
de l'oeuf » (Bernard le Trévisan; De la nature
de l'oeuf). Mais c'est là une opinion légèrement paradoxale,
et les autres alchimistes analysent un peu plus.
Hélias compte sept opérations: sublimation, calcination
solution, ablution, cération, coagulation, fixation » et

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LES SYMBOLES 115 --------------------------------------------------------

Albert le Grand quatre: purification, lavage, réduction
fixation.
Ce qui ne contribue pas peu à embrouiller la question, c'est que les uns comptent les opérations depuis la préparation
de la Matière, tandis que les autres commencent
à compter seulement du moment où la Matière est
enfermée dans l'oeuf. Mais, en somme, on peut partager
le Grand Oeuvre en quatre parties: 1° Préparation de la
Matière; 2° Cuisson dans l'oeuf philosophique et apparition
des couleurs dans l'ordre voulu; 3° Opérations
ayant pour but de donner à la Pierre philosophale une
plus grande force, ce sont la fixation et la fermentation.
4° Enfin la transmutation à l'aide de la Pierre, des
métaux vils en or, et en argent, c'est la projection.
Toutes les opérations diverses qui ont lieu pendant le Grand-Oeuvre peuvent se ramener à une seule, la cuisson,
car tout se fait par le feu. C'est au reste ce que dit
Alain de Lille: « Les noms de décoction, commixtion,
mélange, sublimation, contrition, dessèchement, ignition,
déalbation, rubification et de quelqu'autre nom
qu'on puisse appeler l'opération, ce n'est qu'un seul
régime, qu'on nomme simplement contrition, décoction. »
Basile Valentin lui n'admet que deux opérations, la solution
et la coagulation c'est-à-dire des passages successifs

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116 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

de la Matière de l'état de repos à l'état de mouvement
« L'Esprit. Ignis et Azoth tibi sufficiunt. Albert: O céleste
parole, comment dois-je faire cela. L'esprit: Solve,
coagula, dissous et coagule » (Colloque de l'Esprit de
Mercure avec frère Albert).
Malgré cette grande diversité d'opinions, nous allons essayer de jeter quelque lumière dans ce chaos. La première
opération (la Matière étant préparée), est la conjonction
ou coït. C'est l'union du Soufre et du Mercure,
du mâle et de la femelle. On chauffe et la couleur noire
apparaît. C'est alors la putréfaction. Nous verrons
plus loin pourquoi l'on a donné le nom de putréfaction
à l'ensemble des phénomènes qui se produisent du temps
que la matière est noire. On a donné bien des noms
à la putréfaction. Voici ses principaux synonymes:
Mort, destruction, perdition, calcination, dénudation,
séparation, trituration, assation, extraction, commixtion,
liquéfaction, division, distillation, corruption, imprégnation.
A la suite de la putréfaction vient l'ablution. Cette opération consiste à faire apparaître la blancheur après
la noirceur, à laver pour ainsi dire la pierre, puisque de
noire elle devient blanche. Les philosophes ont symbolisé
l'ablution par la salamandre qui se purifie dans le

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LES SYMBOLES 117 --------------------------------------------------------

feu, par l'asbeste ou amiante que la flamme blanchit sans
la consumer. « Ablution n'est autre chose que l'abstraction
de la noirceur, tache, souillure et immondicité,
laquelle se fait par la continuation du second degré du
feu d'Egypte » (Rouillac: Abrégé du Grand-Oeuvre). L'ablution
est encore nommée: déalbation, abstersion,
résurrection.
Enfin vient la rubification, caractérisée par l'apparition de la couleur rouge indiquant que l'oeuvre est parfait.
A cette classification basée sur la succession des
couleurs on peut ramener toutes les opérations qu'ont
imaginées les alchimistes.
Philalèthe lui-même rattache les opérations aux couleurs, il ne leur donne pas de noms particuliers, il se
contente de les désigner par les noms des métaux, qui
servaient de symboles aux couleurs (Voyez le chapitre
VII). Voici le résumé de ce qu'il dit à ce sujet dans
« l'Entrée ouverte au Palais fermé du roi ». « 1° Régime
de Mercure: la matière passe par diverses couleurs,
s'arrête un peu au vert et finalement noircit. Il
dure cinquante jours. Des vapeurs colorées qui s'élèvent,
se condensent et retombent dans le fond sur la
matière solide. 2° Régime de Saturne. C'est la noirceur.
La matière est noire fondue, elle bout, d'autres fois elle
9..
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118 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

se solidifie. Ce régime dure quarante jours. 3° Régime
de Jupiter. Du noir au commencement du blanc. Vapeurs
et condensation. « Durant ce temps-là toutes
sortes de couleurs que l'on ne saurait imaginer paraîtront,
les pluies seront alors plus abondantes de jour
à autre et enfin, après toutes ces choses, qui sont très
agréables à voir, il parait au côté du vaisseau une
blancheur en façon de petits filaments ou comme des
cheveux ». Ce régime dure vingt et un jours. 4° Régime
de la Lune. C'est la blancheur parfaite; la
durée en est de trois semaines, la matière se solidifie et se
liquéfie alternativement plusieurs fois par jour. Elle est
enfin sous forme de petits grains blancs. 5° Régime de
Vénus. La matière passe du blanc au vert, bleu livide,
rouge-brun. Elle fond et se gonfle. Ceci dure quarante
jours. 6° Régime de Mars: La matière se dessèche,
elle est successivement orange et jaune brun, puis elle
présente les couleurs de l'iris, ceci dure quarante-cinq
jours. 7° Régime du Soleil: la matière passe de l'orangé
au rouge, elle émet des vapeurs rouges, puis s'affaisse,
devient humide, se dessèche, coule et se solidifie,
cela plusieurs fois en un jour, enfin elle se met en petits
grains rouges ».
Philalèthe ne parle ici ni de la fermentation ni de la
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LES SYMBOLES 119 --------------------------------------------------------

projection, il traite de ces deux opérations séparément.
Les régimes ne comprennent que les phénomènes qui
ont lieu dans l'oeuf philosophique.
La fermentation est l'opération qui suit l'apparition de la couleur rouge. Elle a pour but d'accroître la puissance
de la Pierre et de lui permettre de transmuer plus rapidement
les métaux. Généralement on brisait l'oeuf philosophique,
on recueillait la matière rouge, on la mêlait à
de l'or fondu, on obtenait une masse friable rouge, à
laquelle on faisait subir des traitements variant d'un philosophe
à l'autre; selon les Alchimistes, la Pierre allait
ainsi en augmentant, non seulement de quantité mais
encore de qualité, et cela indéfiniment, on comprend dès
lors l'exclamation enthousiaste de Raymond Lulle « Mare
tingerem, si mercurius esset! » La plupart des philosophes
opéraient ainsi que nous venons de le dire. « Si tu
veux te servir de la teinture physique pour transmuer,
tu en projetteras d'abord une livre sur mille de soleil
fondu. Alors seulement la médecine sera prête et propre
à faire disparaître la lèpre des métaux » (Paracelse:
Tinctura physicorum). Eck de Sultzbach décrit l'opération
avec soin « Prends deux marcs d'or pur, fonds-les en
un creuset, projettes-y un quart de livre de la médecine
susdite, elle sera immédiatement absorbée par l'or et

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120 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

ne fera plus qu'un avec lui; projettes-y de nouveau un
quart de livre de la médecine pour convertir tout l'or;
broie, puis expose à un feu violent et le tout se convertira
en une poudre rouge comme du minium. Projettes-
en une partie sur cent parties de Lune pure et tu obtiendras
un or excellent » (Eck de Sultzbach: Clavis philosophorum).
Quelques alchimistes suivaient une autre méthode pour la fermentation; ils prenaient la matière au rouge
et après l'avoir mêlée avec du mercure sublimé (bichlorure
de mercure) la faisaient digérer à une douce chaleur
dans un matras, mais le résultat obtenu était le
même.
La matière étant fermentée est dès lors apte à transmuer les métaux. L'opération par laquelle les métaux vils
étaient changés en or et en argent, était nommée projection.
Pour cela on prenait un métal, mercure, plomb,
étain, le premier était fortement chauffé sans atteindre
toutefois son point d'ébullition, les deux autres étaient
simplement fondus, puis dans le creuset où se trouvait le
métal chauffé on projetait un morceau de pierre philosophale
enveloppé dans de la cire. On laissait refroidir et
l'on trouvait un lingot d'or égal en poids au métal employé
selon les uns, moindre selon les autres, ce qui dépendait

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LES SYMBOLES 121 --------------------------------------------------------

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122 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


Explication de la planche XIII.
Ces deux figures sont tirées du Viatorium spagyricum. Figure I. -- Fin de la putréfaction, symbolisée par les squelettes et les corbeaux. Il se dégage des vapeurs qui se condensent,
la matière est très agitée, ce qu'indiquent les corbeaux
volant dans tous les sens (Voir chapitres VI et VII).

Figure II. -- Putréfaction symbolisée par le squelette, la sphère noire, le corbeau (Voir chapitres VI et VII).

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LES SYMBOLES 123 --------------------------------------------------------

de la qualité de l'élixir ou pierre philosophale
employé. L'enveloppe de cire était, paraît-il, indispensable,
car c'est pour avoir négligé cette précaution
qu'Helvétius manqua sa première projection ainsi qu'il
le raconte dans son « Veau d'Or ». Il ne réussit la seconde
qu'en enveloppant son fragment de pierre dans
une boulette de cire.
Nous allons maintenant examiner les symboles des principales opérations. La première ou conjonction était
symbolisée par le mariage du Soufre et du Mercure, du
roi et de la reine. Le pentacle de la Sixième clef de
Basile Valentin qui représente le Roi donnant l'anneau
nuptial à la Reine pendant qu'un évêque les bénit, symbolise
la conjonction. N'oublions pas que la conjonction
était aussi nommée mariage philosophique. Dans les
figures qui accompagnent le grand Rosaire (imprimé
dans l'Artis Auriferae) la conjonction est figurée plus
crûment par l'union charnelle du roi et de la reine.
La putréfaction était symbolisée par tout ce qui pouvait rappeler l'idée de mort ou de noirceur, cadavre,
squelette, corbeau, etc. C'est ainsi que dans le Viatorium
Spagiricum la putréfaction est symbolisée par un
squelette debout sur une sphère noire, il tient dans sa
main droite un corbeau. Le pentacle de la quatrième clef

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124 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

de Basile Valentin a le même sens, il représente un
squelette debout sur un catafalque.
La déalbation, opération qui suivait la putréfaction, était assimilée à la résurrection suivant la mort, comme
le blanc (symbole de la vie) vient dans l'oeuvre après le
noir (symbole de la mort).
Le huitième pentacle de Basile Valentin est relatif à cette opération. On peut le commenter ainsi dans son
double sens, mystique et alchimique: Toute vie procède
de corruption et de putréfaction. Le grain mis en
terre s'y corrompt (selon les idées en vogue au moyen-
âge), puis il renaît sous forme de blé. Notre corps mis en
terre s'y décompose, mais au jour du jugement il ressuscitera.
La matière mise dans l'oeuf meurt, elle se putréfie,
puis elle renaît, elle perd sa noirceur, elle blanchit,
elle est ressuscitée ». Deux hommes visent la cible,
l'un touche le but, il a saisi le sens du symbole, l'autre
ne l'atteint jamais; ce sont le fou et le sage du Tarot.
La déalbation était encore nommée ablution parce qu'il se faisait alors une distillation intérieure dans l'oeuf, à la
suite de laquelle la matière, lavée pour ainsi dire par
cette circulation continue de liquide, blanchissait. On la
trouve figurée dans ce sens, dans le Viatorium spagyri-

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LES SYMBOLES 125 --------------------------------------------------------

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126 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


Explication de la planche XII
Figure I. -- (Liber singularis de Barchusen). L'enfant enfermé dans l'oeuf symbolise la couleur rouge qui annonce la fin du Grand-oeuvre. (Voir chapitre VII).

Figure II. -- (C'est le pentacle de la VIe clef de B. Valentin). Conjonction, union ou mariage du Roi et de la Reine, Soufre
et Mercure, Or et Argent. Le Soleil et la Lune se rapportent au
roi et à la reine. Les appareils distillatoires et la pluie du
fond, indiquent que pendant l'opération de la conjonction, il se
passe des phénomènes d'émission de vapeur et de condensation.
Ceci a lieu pendant la couleur blanche symbolisée par le cygne.
Le prêtre, moyen d'union c'est le Sel. Voir chapitre VI.
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LES SYMBOLES 127 --------------------------------------------------------

cum: des squelettes sortent de leurs tombeaux, ils ressuscitent,
une foule d'oiseaux voltigent au-dessus, les
uns s'élèvent, les autres descendent, ce qui indique la distillation.
La distillation était parfois décomposée en deux temps ou opérations; 1° ascension des vapeurs ou sublimation,
symbolisée par un oiseau qui s'élève la tête dirigée
vers le haut de la figure; 2° condensation des vapeurs
en liquide: précipitation ou descension, symbolisée
par un oiseau qui descend, la tête dirigée vers le bas de
la figure. Dans le grand Rosaire, un enfant qui s'élance
dans les airs sortant du sépulcre où est enfermé l'hermaphrodite
chimique, figure la sublimation.
La fixation, opération finale pendant laquelle apparaît la couleur rouge, est figurée dans le Viatorium par un
enfant nouveau-né et dans Barchusen (Liber singularis
de Alchimia), par un jeune roi couronné enfermé dans
l'oeuf philosophique. Dans les figures de Lambsprinck
le père, le fils et l'Esprit régnant dans leur gloire ont la
même signification.

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128 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


CHAPITRE VII
LES COULEURS DE L'OEUVRE. -- CONCORDANCE DES
PHILOSOPHES. -- LES COULEURS PRINCIPALES ET LES COULEURS INTERMEDIAIRES. -- LE NOIR, PUTREFACTION, TETE DE CORBEAU. -- LA BLANCHEUR. -- L'IRIS. -- LE ROUGE.
Au cours du Grand-Oeuvre, la Matière changeait plusieurs fois de couleur. Ces couleurs apparaissaient les
unes après les autres dans un ordre invariable; leur succession
régulière indiquait que l'oeuvre était en bonne
voie. Les alchimistes grecs faisaient déjà mention des
couleurs de la matière pendant le Grand-Oeuvre. Ils en
reconnaissaient quatre qu'ils assimilaient aux quatre
points cardinaux. 1° Nord, melanosis, noir; 2° couchant.
leucosis, blanc; 3° midi, iosis, violet; 4° orient, jaune
ou rouge (Voyez Berthelot: Origines de l'Alchimie).
Depuis les Grecs, tous les alchimistes ont parlé des
couleurs, et ils ont toujours été d'accord entre eux sur
ce point. Leurs différences apparentes viennent de ce
que quelques-uns regardent comme importantes et citent
des couleurs que d'autres passent sous silence, mais ces

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LES SYMBOLES 129 --------------------------------------------------------

légères différences ne portent que sur des couleurs
secondaires.
On peut, en effet, diviser les couleurs de l'oeuvre en deux classes: 1°) les couleurs principales, au nombre de
trois, dont tous les alchimistes parlent, ce sont le noir,
le blanc et le rouge; 2°) les couleurs secondaires ou intermédiaires
qui servent de transition pour passer du
noir au blanc et du blanc au rouge. Ainsi avant le noir
il y a un mélange de couleurs assez confus; entre le noir
et le blanc se trouve le gris, entre le blanc et le rouge, le
vert et le bleu, les couleurs de l'arc-en-ciel ou du spectre
solaire, puis le jaune, l'orangé, et enfin le rouge.
Les couleurs principales se succèdent dans l'ordre suivant, noir, blanc, rouge: « C'est pourquoi les Philosophes
disent: Notre pierre a trois couleurs, elle est noire
au commencement, blanche au milieu, rouge à la fin. »
Albert le Grand: le Composé des composés). De même:
« Cet esprit comme un phénix renaissant de ses cendres,
se revêt d'un corps noir, blanc, rouge » (Préceptes du
père Abraham à son fils). Quelques philosophes ajoutaient
au nombre des couleurs principales le jaune ou orangé,
ou bien les couleurs de l'arc-en-ciel qu'ils nommaient
iris ou queue de paon, en sorte que le nombre des couleurs
principales se trouvait porté à quatre, ainsi « Les
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130 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

couleurs critiques sont au nombre de quatre, le noir, le
blanc, le citron et le rouge parfait. Quelques philosophes
leur ont donné le nom d'éléments », (Huginus a Barma:
La Pierre de touche). Mais ce nombre de quatre n'était
jamais dépassé; les couleurs intermédiaires entre le blanc
et le rouge avaient seules de l'importance; les alchimistes
parlent peu de celles qui précèdent le noir et qui
sont entre le noir et le blanc.
Les symboles des couleurs sont nombreux, et très importants à connaître. Ils ne portent que sur les trois ou
quatre couleurs principales. On les figure assez souvent
par quatre oiseaux, le corbeau représente le noir, le cygne
le blanc, le paon les couleurs de l'iris et le phénix
le rouge. On les trouve ainsi figurées dans le pentacle
qui accompagne la neuvième clef de Basile Valentin.
Parfois le phénix est remplacé par un roi portant le sceptre,
comme dans le Crede mihi de Northon (traduction
allemande, en tête du chapitre cinquième). On symbolisait
les couleurs par les quatre saisons, printemps,
été, automne, hiver (septième clef de Basile Valentin).
On désignait aussi allégoriquement les couleurs par les métaux, ainsi Saturne ou le plomb symbolise la noirceur,
l'argent ou Lune c'est la blancheur, le cuivre, la
rougeur, Mars ou le fer figure L'Iris. Theobald de Hoghelande

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LES SYMBOLES 131 --------------------------------------------------------

dans son « Traité des difficultés de l'Alchimie »
dit en parlant des énigmes des philosophes: « Au commencement
de la cuisson, quand la pierre est noire et presque
crue, on la nomme plomb, quand ayant perdu la
noirceur elle commence à blanchir, on l'appelle étain....;
on l'appelle or quand elle est arrivée au rouge parfait. »
Une note manuscrite que nous avons lue en marge de
la Somme de Geber dans la Bibliothèque des philosophes
chimiques, affirme la même chose: « La noirceur
est appelée plomb. Ce plomb se change naturellement en
argent; » C'est-à-dire après le noir vient le blanc. Plus
loin la même main a indiqué allégoriquement la succession
des trois couleurs, dans ces signes: « Blanchis donc
le plomb qui deviendra la lune, rougis la lune. »
Philalèthe s'est servi des noms des métaux pour désigner les couleurs, il parle de toutes les couleurs qui
apparaissent, principales et intermédiaires.
Voici ces « régimes » dont nous avons déjà parlé, mais au point de vue des opérations. 1° Régime de
Mercure, aussitôt le feu allumé pendant vingt jours,
apparaissent un grand nombre de couleurs, vers le trentième
jour le vert domine, et ce n'est qu'au quarantième
jour qu'apparaît la véritable noirceur. 2° Régime de
Saturne, c'est la couleur noire. 3° Régime de Jupiter, la

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132 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

matière revêt toutes les couleurs intermédiaires entre le
noir et le blanc. 4° Régime de la Lune, c'est la couleur
blanche. 5° Régime de Vénus où l'on voit le vert, le
bleu, le livide, le rouge foncé. 6° Régime de Mars
jaune orangé, puis les couleurs de l'iris et de la queue
du paon. 7° Régime du Soleil, c'est le rouge parfait.
On ne peut être plus clair; le lecteur comprendra dès lors facilement le passage suivant déjà cité par Hoeffer
qui n'y a rien entendu:

« Après vient Saturne le noir « Que Jupiter de son manoir « Issant, déboute de l'empire « Auquel la Lune aspire. « Aussi fait bien dame Vénus « Qui est l'airain, je n'en dis plus; « Sinon que Mars montant sur elle « Sera du fer l'âge mortel « Après lequel apparaîtra « Le Soleil quand il renaîtra ».
(LE GRAND OLYMPE, poème philosophique).
Les couleurs sont citées dans l'ordre voulu et portent les mêmes noms que dans Philalèthe. Terminons en

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LES SYMBOLES 133 --------------------------------------------------------

disant que les symboles des métaux s'appliquaient aux
couleurs quand on désignait les couleurs par les noms
des métaux.
On a aussi symbolisé les couleurs par des fruits; dans le passage suivant, il est question des couleurs intermédiaires
entre le blanc et le rouge et du rouge lui-
même. « Donnant ensuite le troisième degré du feu,
toutes sortes de fruits excellents vinrent à croître et à
pousser, comme des coings, des citrons et des oranges
agréables à voir, lesquelles se transmuèrent en peu de
temps en aimables pommes rouges » (Cassette du petit
paysan).
Bernard le Trévisan parle des couleurs sous forme allégorique. « Pour ce, il est dit que la chose dont le
chef est rouge, les pieds blancs et les yeux noirs, est
tout le magistère » (La parole délaissée), et ailleurs
« Donc, je lui demandai de quelle couleur le Roi
était? Et il me répondit qu'il était vêtu de drap d'or
au premier. Et puis il avait un pourpoint de velours noir
et la chemise blanche comme neige et la chair aussi sanguine
comme sang » (Bernard le Trévisan: le Livre de
la philosophie naturelle des métaux).
Enfin les couleurs étaient assimilées aux quatre éléments: « Quatre couleurs se manifestent dans l'oeuvre.
10..
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134 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

Noir: comme le charbon; blanc: comme la fleur du lys;
jaune: comme les pieds de l'oiseau dit émerillon; rouge:
comme le rubis. On appelle la noirceur: air, la blancheur:
terre, le jaune: eau et le rouge: feu » (David
Lagneau: Harmonia chimica).
Il faut ajouter que les alchimistes variaient dans l'application des noms des éléments aux couleurs, l'un appelait
la noirceur air, et un autre la nommait terre, aussi le
passage qui suit diffère notablement sous ce rapport du
précédent. « Au premier régime la pierre est noire, on
l'appelle Saturne, terre, et des noms de toutes choses
noires. Ensuite, quand elle blanchit, on la nomme eau- vive et des noms de toutes eaux, sels, terres blanches.
Puis quand elle jaunit et se sublime, on l'appelle air,
huile jaune et des noms de toutes choses volatiles. Enfin
quand elle rougit on la nomme ciel, soufre rouge, or, escarboucle
et des noms de toutes choses rouges précieuses,
tant minérales qu'animales et végétales » (Clangor
buccinae).
Nous allons maintenant étudier spécialement, les trois couleurs principales, noir, blanc et rouge. La première
qui apparaît est le noir, les alchimistes se sont beaucoup
étendus sur cette couleur parce que c'est elle qui indique
que l'oeuvre est dans la bonne voie: « La matière mise

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LES SYMBOLES 135 --------------------------------------------------------

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136 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


Explication de la planche XV.
Figure I. -- (Edition allemande du Crede Mihi). Le Roi et la Reine, Or, et Argent. Le Serpent à trois têtes, la Matière triune, une dans son essence, triple dans sa forme
Soufre, Sel et Mercure. Le corbeau, symbole du noir, le cygne
du blanc, le paon des couleurs de l'arc-en-ciel et le roi vêtu de
la pourpre, symbole du rouge (Voir chapitres II, IV et VII).

Figure II. -- (Pentacle de la neuvième clef de B. Valentin). L'homme rouge et la femme blanche, Fixe et Volatil, Soufre et Mercure. Les trois serpents les trois principes. Le corbeau:
couleur noire. Le cygne: couleur blanche. Le paon: couleur
de l'arc-en-ciel. Le phénix: couleur rouge (Voir chapitres
II, IV et VII).

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LES SYMBOLES 137 --------------------------------------------------------

en mouvement par une chaleur convenable commence à
devenir noire. Cette couleur est la clef et le commencement
de l'oeuvre. C'est en elle que toutes les autres couleurs,
la blanche, la jaune et la rouge sont comprises »
(Huginus a Barma: Le règne le Saturne).
Les philosophes hermétiques ont donné plusieurs noms au noir. « C'est la noirceur, signe de la putréfaction;
les philosophes l'ont appelé occident, ténèbres, éclipse,
lèpre, tête de corbeau, mort » (Filet d'Ariadne).
Mais son symbole principal était le corbeau. « Sachez aussi que le corbeau qui vole sans ailes dans la noirceur
de la nuit et dans la clarté du jour, est la tête ou le commencement
de l'art » (Hermès; Les sept chapitres). On
le nommait aussi tête de corbeau. « L'indice de cette
fécondation est cet Aleph ou commencement ténébreux
que les anciens ont appelé tête de corbeau » (Huginus
a Barma: Le règne de Saturne). D'après Rouillac (Abrégé
du Grand-Oeuvre) on a symbolisé le noir par le corbeau,
parce que, dit-il, les corbeaux naissent blancs et
leurs parents les abandonnent jusqu'à ce qu'ils aient
plumes noires comme eux, de même l'alchimiste doit
abandonner l'oeuvre si la noirceur n'apparaît pas. C'est
alors signe que l'oeuvre est manqué et qu'il faut recommencer.

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138 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

Tête de corbeau, corbeau, couleur noire, sont absolument synonymes chez les alchimistes. Flamel appelle le
noir: « tête de corbeau noire du noir très noir. »
Nous avons vu encore que Saturne est le symbole de la noirceur, et quand les philosophes disent: « Saturne
doit surmonter toutes les autres planètes »; cela signifie
que la couleur noire précède toutes les autres dans
l'oeuvre.
Le noir était l'indice de l'opération appelée putréfaction. On prenait souvent ces termes l'un pour l'autre.
En voici la raison, selon une théorie en vogue au moyen-
âge, rien ne peut naître sans putréfaction, la vie procède
de la mort. « Il n'est pas possible qu'il se fasse aucune
génération sans corruption » (Huginus a Barma: La
Pierre de touche).
On croyait que les mouches naissaient du limon corrompu, et Van Helmont assurait avoir vu de vieux linges
pourris donner naissance à des souris. Cette théorie
s'appliquait aux trois règnes de la nature; le commencement
de l'oeuvre devait donc être corruption et putréfaction,
après quoi la matière vivifiée évoluait et se perfectionnait
jusqu'au rouge. De plus la putréfaction est le
symbole de la mort d'où jaillira la vie. La mort c'est la
nuit, le noir, la vie c'est la lumière, le blanc, on comprend

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LES SYMBOLES 139 --------------------------------------------------------

donc pourquoi les alchimistes ont nommé le noir:
putréfaction.
« Ainsi à la première opération de notre Pierre on a donné le nom de putréfaction, car alors notre Pierre est
noire » (Roger Bacon: Miroir d'alchimie).
Le noir apparaît environ quarante jours après que l'on a commencé de chauffer l'oeuf philosophique: « Chauffez
modérément la solution philosophique dans un vaisseau
scellé hermétiquement pendant quarante jours, jusqu'à ce
qu'il se forme à la surface une matière noire, qui est la
tête du corbeau des philosophes » (Alain de Lille:
Dicta Alani de lapide philosophico).
Pendant la noirceur, selon Philalèthe et Flamel, il se manifeste une odeur forte que l'on peut sentir si pendant
cette partie de l'oeuvre le vaisseau vient à se rompre. »
Avant la Confection, la matière est très fétide, mais après
son odeur est agréable; c'est pourquoi le sage a dit:
Cette eau enlève son odeur au corps mort et inanimé
» (Morien: De transmutatione metallorum). L'eau
dont il est parlé ici est le liquide formé par la condensation
des vapeurs dans l'oeuf philosophique. En effet,
pendant le noir, il se dégage des vapeurs jaunes, rouges,
vertes (composés oxygénés du chlore, chlore, acide hypoazotique)
qui emplissent l'oeuf, ces gaz mélangés à de

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140 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

la vapeur d'eau se condensent et retombent sur la matière,
enfin il ne se dégage plus de gaz, la noirceur complète
arrive, tout est en repos.
Les Alchimistes ont beaucoup moins longuement traité de la couleur blanche. Après le noir vient le gris « La
couleur grise paraît ensuite la noire » (Note manuscrite
en marge de la Bibliothèque des philosophes chimiques).
Enfin le blanc apparaît mais par degrés.
« Le signe de la blancheur parfaite est un petit cercle très mince qui apparaît dans le vaisseau à la périphérie
de la matière, sa couleur tire sur l'orangé » (L'Echelle
des philosophes). Puis ce cercle grandissait, il émettait
de petits prolongements blancs, fins comme des cheveux
(d'où le nom quelquefois de: blancheur capillaire) convergents
vers le centre, ces prolongements se multipliant,
finalement toute la masse devenait blanche.
Flamel dans son livre dit que la blancheur est le symbole de la vie, le noir le symbole de la mort, et qu'il a
par suite représenté dans ses hiéroglyphes du cimetière
des Innocents, le corps, l'esprit et l'âme ou matière de
la pierre, comme des hommes et des femmes vêtus de
blanc, et ressuscitant d'entre les tombeaux, pour signifier
la blancheur vivificatrice qui vient après la mort, le
noir, la putréfaction.

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LES SYMBOLES 141 --------------------------------------------------------

Les philosophes ont donné plusieurs noms à la blancheur: nummus, ethelia, arena, boritis, corsufle, cambar,
albor oeris, duenech, ronderic, kukul, thabitris, ebisemeth,
ixir.
Enfin pour ce qui est des allégories et symboles de la blancheur, Pernety les résume parfaitement dans son
Dictionnaire mytho-hermétique. « Les philosophes disent
que lorsque la blancheur survient à la matière du Grand-
Oeuvre, la vie a vaincu la mort, que leur Roi est ressuscité,
que la terre et l'eau sont devenus air, que c'est le
régime de la Lune, que leur enfant est né, que le ciel
et la terre sont mariés, parce que la blancheur indique
l'union ou mariage du fixe et du volatil, du mâle et de
la femelle. »
Quant à la couleur rouge, les alchimistes en parlent peu; elle indique la fin heureuse de l'oeuvre. La matière se
dessèche complètement et se transforme en une poudre
d'un rouge éclatant, on chauffe plus fortement qu'on ne
l'a fait jusqu'alors, on brise l'oeuf et l'on a la Pierre philosophale.
« Lorsque la pierre parvenue au rouge commence
à se crevasser et à se gonfler, on la met calciner
au feu de réverbère où elle achève de se fixer complètement
et parfaitement » (Arnauld de Villeneuve: Novum lumen).

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142 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

Le symbole de l'oeuvre achevé est un triangle à sommet inférieur, dont la base est surmontée d'une croix.
On le trouve dans la 12me lame du Tarot.
Maintenant que le Grand-Oeuvre nous est connu dans sa pratique et dans ses symboles nous pouvons comprendre
les paroles suivantes qui auparavant nous eussent
semblé dénuées de sens, sinon risibles. « Eximiganus
dit: Mouillez, séchez, noircissez, blanchissez, pulvérisez
et rougissez, et vous avez tout le secret de l'Art en
ce peu de mots. Le premier est noir, le deuxième est
blanc, et le troisième est rouge, 80, 120, 280, deux les
font et ils sont faits 120. Gomme, lait, marbre, Lune,
280, Airain, fer, safran, sang, 80. Pêche, poivre, noix.
Si vous m'entendez, vous êtes bien heureux: sinon ne
cherchez plus rien, car tout est en mes paroles « (La Tourbe
des Philosophes). Mouillez, séchez, c'est la dissolution
et la cristallisation dans la préparation de la matière
(voir chapitre IV). Noircissez, blanchissez, rougissez,
indication des trois couleurs principales. Pulvérisez,
c'est-à-dire agissez par le feu, toute opération violente,
tout instrument pouvant produire blessure étant le symbole
du feu (voir chapitre V). Tout le reste est relatif
aux couleurs. Le premier est noir, etc., c'est-à-dire la
première opération est caractérisée par le noir, la seconde

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LES SYMBOLES 143 --------------------------------------------------------

par le blanc, la troisième par le rouge. Gomme, lait,
marbre, Lune, symboles du blanc. Airain, safran, fer,
sang, symboles du rouge. Pêche, poivre, noix, symboles
du noir et du gris. Les nombres 80, 120, 280 représentent
ces trois couleurs, et deux les font, c'est-à-dire le
Soufre et le Mercure seuls suffisent pour parfaire l'oeuvre
en passant successivement par les trois couleurs.
Fort heureusement les traités d'alchimie ne sont pas tous
aussi obscurs que la Tourbe des philosophes, et l'on arrivera
très facilement à les comprendre et à y démêler le
vrai du faux avec un peu de réflexion. A ceux qui voudraient
pénétrer plus avant dans l'étude de l'hermétisme
nous recommandons les traités d'Albert le Grand, Roger
Bacon, Bernard le Trévisan, d'Espagnet, Flamel, Huginus
a Barma, Khunrath, Raymond Lulle, Paracelse,
Philalèthe, Riplée, Sendivogius, Basile Valentin, Arnauld
de Villeneuve et Denis Zachaire, et parmi les traités
anonymes le Texte d'Alchymie et la Tourbe des
philosophes.

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144 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------


CHAPITRE VIII
LA PIERRE PHILOSOPHALE. -- ESSAI DE LA PIERRE. --
SES PROPRIETES. -- TRANSMUTATION DES MÉTAUX. -- ELIXIR DE LONGUE VIE. -- SES EFFETS SUR L'AME.
L'oeuvre étant parvenu au rouge, la matière ayant été fermentée, on avait la Pierre philosophale ou élixir
rouge ou grand magistère. Nous savons, en effet, que
l'on appelait élixir blanc, petit magistère, la matière parvenue
au blanc, mais ce petit magistère ne transmuait
les métaux qu'en argent, le grand magistère transmuait
en or et possédait en outre bien d'autres propriétés,
nous ne parlerons que de ce dernier.
La Pierre philosophale se présentait sous forme d'une poudre rouge éclatant, assez lourde. Cependant ces
caractères physiques ne suffisaient pas aux alchimistes;
pour s'assurer de la qualité, ils la projetaient sur une lame
de métal chauffée au rouge, la pierre devait fondre sans
répandre de fumée: « Prends une lame d'airain propre,
frotte-la et la polis, place dessus un peu de ta matière,
et place-la sur des charbons incandescents. Si la matière
se fond et s'étend sur la lame chaude, ta médecine

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LES SYMBOLES 145 --------------------------------------------------------

est parfaite; rends alors grâces à Dieu « (Isaac le Hollandais:
Opera mineralia). Grever dit à peu près la même
chose: « Prends de ta matière rouge un grain, place-
la sur une lame de fer ou de cuivre et chauffe fortement
jusqu'à ce que la lame blanchisse. Si alors il ne s'élève
aucune fumée, et que retirée du feu la matière n'ait rien
perdu ni en poids ni en volume, elle est de bonne qualité
» (Secretum nobilissimum). Calid ajoute quelques
détails: « Quand la pierre est parachevée on en met
une parcelle sur un fer rouge ou sur une plaque d'airain
ou d'argent fortement chauffée, si alors elle coule comme
de la cire, sans fumer, en adhérant fortement au métal,
elle est parfaite » (Livre des trois paroles).
L'heureux alchimiste qui possédait la Pierre philosophale prenait le nom d'adepte, il pouvait dès lors user
à son profit des propriétés merveilleuses de la Pierre.
Denis Zachaire dans son Opuscule de la philosophie
naturelle des métaux et Philalèthe dans l'Entrée ouverte
au palais fermé du roi, lui reconnaissent trois propriétés:
1° Transmuer les métaux en or et en argent. 2° Produire
des pierres précieuses. 3° Conserver la santé.
Les alchimistes grecs ne reconnaissaient à l'Elixir rouge que la propriété de transmuer les métaux, ce ne fut que
plus tard qu'on lui assigna une foule d'autres propriétés.
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146 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

Les alchimistes ne concordent pas sur le résultat des transmutations à l'aide de la Pierre. Selon les uns, on
n'obtenait qu'un petit lingot, une partie du métal seulement
était transformée en or, selon les autres tout le
métal était changé en une masse d'or du même poids.
« D'une once de cette poudre de projection, blanche
ou rouge, tu feras des Soleils en nombre infini et tu
transmueras en Lune tout espèce de métal sorti d'une
mine » (R. Lulle: la Clavicule), et « Tu projetteras
cette matière sur mille parties de mercure vulgaire et il
sera transmué en or fin » (Même ouvrage). Roger Bacon
affirme la même chose à la fin de son Miroir d'Alchimie.
Mais la Pierre pouvait avoir une vertu plus ou
moins grande selon qu'elle avait été fermentée plus ou
moins de fois: « En sorte qu'après une opération une partie
de l'Elixir change cent parties de n'importe quel
corps en Lune, après deux opérations: mille, après
trois: dix mille, après quatre: cent mille, après cinq: un
million, après six opérations des milliers de mille et
ainsi de suite à l'infini » (Albert le Grand: le Composé
des composés). Albert le Grand a été pourtant dépassé,
un alchimiste a prétendu que l'or produit par l'Art hermétique
était à son tour doué de la propriété de transmuer
les métaux en or!

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LES SYMBOLES 147 --------------------------------------------------------

La Pierre guérissait non seulement les métaux vils de leur lèpre, c'est-à-dire de leur infériorité, mais par analogie
elle guérissait l'homme de toute espèce de maladies
et d'infirmités; elle prolongeait même la vie, son
infusion dans l'alcool constituait l'Elixir de longue vie.
Artéphius prétend par son usage être arrivé à l'âge de
mille ans passés. Jean de Lasnioro insinue même qu'elle
ressuscite les morts: « Je vous le dis en vérité si un
homme à demi mort pouvait contempler la beauté et la
bonté de notre Pierre, toute espèce d'infirmité s'écarterait
de lui; fût-il même à l'agonie, il ressusciterait »
(Jean de Lasnioro: Tractatus aureus de lapide philosophico).
Quelques philosophes ont donné des détails sur
l'action thérapeutique de la Pierre philosophale. Selon
Arnauld de Villeneuve: « Elle conserve la santé, elle
accroît le courage; d'un vieillard elle fait un jeune
homme. Elle chasse toute âcreté, elle écarte le poison
du coeur, elle humecte les artères, fortifie les poumons,
purifie le sang et guérit les blessures. Si la maladie date
d'un mois, elle la guérit en un jour, si c'est d'un an, elle
guérit en douze jours, et si elle date de plusieurs années,
en un mois on est guéri » (le Rosaire). L'auteur anonyme
de l'Aurora consurgens, lui attribue des propriétés encore
plus spéciales: « Elle remet le vin gâté, aigre,....

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148 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

elle détruit les poils follets; elle fait disparaître complètement
les rides et les taches de rousseur, elle rend aux
femmes un visage juvénile; elle aide à la parturition;
sous forme d'emplâtre elle expulse le foetus mort; elle
fait uriner; elle excite et donne des forces pour l'acte
de Vénus; elle dissipe l'ivresse; elle rend la mémoire.... »
(Aurora consurgens).
Khunrath admet son influence non seulement sur le corps, mais encore sur l'esprit et sur l'âme. « Si l'on
administre la pierre à un malade, elle expulse toutes les
maladies tant de l'âme que du corps. Elle chasse la
lèpre, l'hydropisie, l'épilepsie, l'apoplexie, la surdité,
la cécité, la folie, l'orgueil et l'ignorance (H. Khunrath:
Confessio de chao physico chimicorum). De même
« Avec l'aide de Dieu tout-puissant, cette pierre vous
délivrera et vous garantira de maladies, si grandes
qu'elles soient; elle vous préservera de toutes tristesses
et afflictions et de tout ce qui pourrait vous nuire au corps
et à l'esprit » (Hermès: Les sept chapitres).
Non seulement elle guérissait le moral attaqué, mais encore elle augmentait l'intelligence et donnait même le
pouvoir de commander à la nature et de voir Dieu dans
sa gloire. « II me dit encore que si pendant neuf jours
consécutifs j'usais de neuf gouttes ou de neuf grains de

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LES SYMBOLES 149 --------------------------------------------------------

la Pierre, je serais doué d'une intelligence angélique: et
qu'il me semblerait être dans le Paradis » (Cassette du
petit paysan). Sperber va plus loin: « Enfin elle purifie
et illumine tellement le corps et l'âme que celui qui
la possède, voit comme en un miroir tous les mouvements
célestes des constellations et les influences des astres,
même sans regarder le firmament, les fenêtres fermées,
dans sa chambre » (Sperber: Isagoge de materia lapidis).
En un mot l'adepte peut contempler le monde invisible
fermé aux autres hommes.
Nous avons vu que la Pierre philosophale produisait des pierres précieuses, qu'elle réunissait plusieurs petites
perles en une seule, enfin dernière merveille: le « Clangôr
Buccinae » nous apprend qu'elle rend le verre malléable!
Nous voici arrivé à la fin de notre volume; nous pouvons affirmer que la personne qui l'aura lu avec attention
et qui aura retenu les principaux traits, est à même de
comprendre n'importe quel traité d'alchimie, si allégorique
qu'il soit. Ci-joint un pentacle de B. Valentin dont
nous laissons au lecteur à trouver la signification.
11..
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150 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

pict
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DICTIONNAIRE
DES SYMBOLES HERMETIQUES
Dans la seconde partie de cet ouvrage nous avons expliqué les symboles hermétiques, mais en prenant une
théorie et en lui rapportant ses symboles. Nous allons
maintenant faire l'inverse: prendre le symbole et dire à
quoi on peut le rapporter. L'un complète l'autre; on
pourra déchiffrer une figure alchimique à l'aide de ce
présent résumé, puis raisonner sur sa signification en se
rapportant aux différents chapitres de cette seconde partie.
Ange. -- Symbolise parfois la sublimation, ascension d'un principe volatil, comme dans les figures du Viatorium
spagyricum.
Aigle. -- Symbole de la volatilisation et aussi des acides employés dans l'oeuvre. Un aigle dévorant un lion signifie
la volatilisation du fixe par le volatil. Deux aigles se
combattant ont la même signification.
Animaux. -- Règle générale quand l'on trouve représentés deux animaux de même espèce et de sexe différent

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152 LES SYMBOLES --------------------------------------------------------

comme lion et lionne, chien et chienne, cela signifie
Soufre et Mercure préparés pour l'oeuvre, ou encore
fixe et volatil. Le mâle représente le fixe, le Soufre; la
femelle représente le volatil, le Mercure. Ces animaux
sont unis: conjonction (Figures de Lambsprinck), ils se
combattent: fixation du volatil, ou volatilisation du fixe,
(figures de B. Valentin).
2° Un animal terrestre en regard d'un animal aérien dans une même figure: fixe et volatil.
3° Les animaux peuvent enfin symboliser les quatre éléments Terre (lion, taureau), Air (aigle), Eau (baleine,
poissons), Feu (salamandre, dragon).
Apollon. -- Même signification que le soleil. Arbres. -- Un arbre portant des lunes signifie l'oeuvre lunaire, petit magistère; s'il porte des soleils c'est le
symbole du Grand-Oeuvre, oeuvre solaire. S'il porte les
signes des sept métaux, ou les signes du soleil, de la lune
et cinq étoiles, il représente la matière unique d'où naissent
tous les métaux.
Bain. -- Symbole: 1° de la dissolution de l'or et de l'argent; 2° de la purification de ces deux métaux.
Carré. -- Symbole des quatre éléments. Chaos. -- Symbole de l'unité de la Matière et quelquefois de la couleur noire et de la putréfaction.

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DICTIONNAIRE 153 --------------------------------------------------------

Chambre. -- Symbole de l'oeuf philosophique, quand le Roi et la Reine y sont renfermés.
Chien. -- Symbole du Soufre, de l'or. Le chien dévoré par un loup signifie la purification de l'or par l'antimoine.
Chien et chienne: fixe et volatil.
Circonférence. -- Unité de la matière, harmonie universelle. Corbeau. -- Symbole de la couleur noire et de la putréfaction. Couronne. -- Symbole de la royauté chimique, de la perfection métallique. Dans la Margarita pretiosa, les
six métaux sont d'abord représentés comme des esclaves,
nu-tête au pied du roi, de l'or, mais après leur
transmutation, ils ont une couronne sur la tête.
Cygne. -- Symbole de la blancheur. Diane. -- Même signification que la Lune. Dragon. -- Un dragon qui se mord la queue: unité de la matière. Un dragon dans les flammes: symbole du
feu. Plusieurs dragons se combattant indiquent la putréfaction.
Dragon sans ailes: le fixe; dragon ailé: le volatil.
Enfant. -- Revêtu d'un habit royal ou simplement couronné, c'est le symbole de la pierre philosophale, quelquefois
de la couleur rouge.

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154 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

Epée. -- Symbole du feu. Faux. -- Même signification que l'épée. Fleurs. -- En général représentent les couleurs du Grand-Oeuvre.
Fontaine. -- Trois fontaines représentent les trois principes. Fontaine où le roi et la reine viennent se baigner,
voir Bain.
Hermaphrodite. -- Soufre et le Mercure après la conjonction; porte souvent écrit sur lui le mot Rebis.
Homme et femme. -- Le Soufre et Mercure. Nus: or et argent impurs. Se mariant: conjonction; enfermés
dans un sépulcre le Soufre et le Mercure dans l'oeuf
philosophique.
Jupiter. -- Symbole de l'étain. Lion. -- Symbole du fixe, du Soufre, quand il est seul. S'il a des ailes, il représente le volatil, le Mercure. Le
lion représente encore le minéral (vitriol vert) d'où l'on
extrait l'huile de vitriol (l'acide sulfurique) qui servait
tant aux alchimistes. Le lion opposé à trois autres animaux,
représente la Terre. C'est enfin le symbole de la
pierre philosophale. La lionne est le symbole du volatil.
Lit. -- Symbole de l'oeuf philosophique. Loup. -- Symbole de l'Antimoine.
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DICTIONNAIRE 155 --------------------------------------------------------

Lune. -- Principe volatil, femelle, Mercure philosophique, argent préparé pour l'oeuvre.
Mariage. -- Symbole de la conjonction, union du Soufre et du Mercure, du roi et de la reine. Le prêtre qui
officie représente le Sel, moyen d'union entre les deux
autres principes.
Mars. -- Symbole du fer et de la couleur orangée. Mercure. -- Symbole de l'argent préparé pour l'oeuvre. Montagne. -- Fourneau des philosophes. Sommet de l'oeuf philosophique.
Neptune. -- Symbolise l'eau. Oiseaux. -- S'élevant dans le ciel, volatilisation, ascension, sublimation; redescendant vers la terre, précipitation,
condensation. Ces deux symboles réunis en une
même figure, distillation. Des oiseaux opposés à des animaux
terrestres signifient l'Air ou le principe volatil.
Phénix. -- Symbole de la couleur rouge. Pluie. -- Condensation, couleur blanche (albification). Roi et Reine. -- Voyez homme et femme. Rose. -- La couleur rouge. Une rose blanche opposée à une rose rouge: le fixe et le volatil, Soufre et Mercure.
Salamandre. -- Symbole du feu. Quelquefois signifie la couleur rouge ou la blanche.

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156 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

Saturne. -- Symbole du plomb. Figure aussi la couleur noire, la putréfaction.
Sépulcre. -- Oeuf philosophique. Squelette. -- Putréfaction, couleur noire. Serpent. -- En général même signification que le dragon. Trois serpents, les trois principes. Les deux serpents
du caducée signifient le Soufre et le Mercure. Serpent
ailé, principe volatil; sans ailes, principe fixe. Serpent
crucifié, fixation du volatil.
Soleil. -- Or ordinaire ou préparé pour l'oeuvre, Soufre philosophique.
Sphère. -- Unité de la matière. Triangle. -- Symbole des trois principes. Vénus. -- Symbole du cuivre. Vulcain. -- Symbole du feu; ordinairement représenté sous forme d'un homme boiteux.

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TABLE DES TRAITES
CITES DANS CET OUVRAGE.
Abraham. -- Préceptes et instructions du père Abraham à son fils contenant la vraie sagesse hermétique.
Abraham le Juif. -- Figures. Alain de Lille. -- Dicta Alani de lapide philosophico (Aphorismes sur la pierre philosophale).
Albert le Grand. -- 1° De alchimia (Traité d'Alchimie). 2° Concordantia philosophorum de lapide philosophico
(Concordance des philosophes). 3° Le Composé
des composés. 4° Liber octo capitulorum de lapide philosophorum
(Livre des huit chapitres).
Anonymes. 1° L'Anonyme chrétien. 2° Aurora consurgens (Le lever de l'Aurore). 3° Cassette du petit
paysan ou l'arche ouverte. 4° Clangor buccinae (L'éclat
de la trompette). 5° Scala philosophorum (L'Echelle des
philosophes). 6° Epître d'Alexandre. 7° Epître d'Isis sur
l'Art sacré. 8° Le filet d'Ariadne pour entrer avec sûreté
dans le labyrinthe de la philosophie hermétique.

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158 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

9° Gloria mundi (Gloire de l'univers). 10° Le Grand
Olympe ou philosophie poétique. 11° Janitor Pansophus.
12° Lettre philosophique. 13° Altus Mutus liber
(Le livre muet). 14° Psautier d'Hermophile. 15° Le
Songe Verd. 16° Le Texte d'Alchymie. 17° La Tourbe
des philosophes. 18° Traité philosophique du blanc et
du rouge. 19° Le triomphe hermétique. 20° Le Grand-
Oeuvre dévoilé en faveur des enfants de lumière.
Artéphius. 1° Clavis majoris sapientiae (Clef des hautes sciences). 2° Traité secret de la pierre philosophale.
D'Atremont. -- Le Tombeau de la pauvreté. Augurel. -- La Chrysopée. Avicenne. -- Declaratio lapidis physici (Révélation de la Pierre).
Roger Bacon. -- Breve breviarium de dono Dei (Court traité du don de Dieu). 2° Miroir d'Alchimie.
Barchusen. -- 1° Elementa chemiae (Eléments de chimie). 2° Liber singularis de Alchimiae (Curieux traité
d'Alchimie).
Barlet. -- La théotechnie ergocosmique. Beccher. -- Physica subterranea (Physique souterraine). Bernard le Trévisan. -- 1° De la nature de l'oeuf. 2° Le
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TABLE DES TRAITES 159 --------------------------------------------------------

livre de la philosophie naturelle des métaux. 3° La parole
délaissée.
Berthelot. -- 1° Introduction à l'étude de la chimie des anciens. 2° Les Origines de l'Alchimie.
Berthelot et Ruelle. -- Collection des Alchimistes grecs.
Calid. -- 1° Le livre des trois paroles. 2° Secret d'Alchimie. G. Clares. -- Apologia Chrysopoeiae et Argyropoeiae (Apologie de l'art de faire de l'or et de l'argent).
Cléopâtre. -- La Chrysopée. Collections. -- 1° De Alchimia opuscula complura (Recueil de divers opuscules alchimiques). 2° Auriferae
artis quam chemiam vocant (Recueil de traités de la
science nommée chimie). 3° Bibliothèque des philosophes
alchimiques. 4° Cinq traités d'alchimie. 5° Museum hermeticum
(Le Musée hermétique). 6° Theatrum chimicum
(Le théâtre chimique). 7° Bibliotheca chemica Mangeti
(Bibliothèque chimique de Manget).
Colleson. -- Idée parfaite de la philosophie hermétique. J. Dee. -- La Monade hiéroglyphique. Démocrite. -- Physiques et mystiques. Eck de Sultzbach. -- Clavis philosophorum (Clef philosophique).

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160 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

D'Espagnet. -- Arcanes de la philosophie d'Hermès. 2° Enchiridion physicae restituae (Enchiridion de la
physique rétablie).
Figuier. -- L'alchimie et les alchimistes. N. Flamel. -- 1° Explication des figures du cimetière des Innocents. 2° Le livre de Flamel. 3° Le sommaire.
Geber. -- 1° La somme de perfection. 2° Le livre des fourneaux.
Grever. -- Secretum nobilissimum (Le Secret très élevé).
Glauber. -- 1° L'oeuvre minéral. 2° La médecine universelle.
Happelius. -- Aphorismi basiliani. Hélias. -- Le Miroir d'alchimie. Helvétius. -- Vitulus aureus (Le veau d'or). Hermès. -- 1° La table d'Emeraude. 2° Les sept chapitres.
Hoeffer. -- Histoire de la chimie. Th. de Hoghelande. -- De difficultatibus alchimiae (Difficultés de l'Alchimie).
Huginus a Barma. -- 1° La pierre de touche. 2° Le règne de Saturne changé en siècle d'or.
Isaac le Hollandais. -- Opera mineralia (Oeuvres minérales).
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TABLE DES TRAITES 161 --------------------------------------------------------

Jamsthaler. -- Viatorium spagyricum (Le bagage spagyrique). Jean de Meung. -- Complainte de nature à l'alchimiste errant.
Jehan de la Fontaine. -- La fontaine des amoureux de science.
Johnson. -- Lexicon chimicum (Dictionnaire de chimie). Kircher. -- Mundus subterraneus (Le monde souterrain). Khunrath. -- 1° Amphitheatrum sapientiae aeternae (Amphithéâtre de la sagesse éternelle). 2° Confessio de
chao physico chimicorum (Confession du chaos des physico-chimistes).
Lacinius. -- Pretiosa margarita (La pierre précieuse). Lagneau. -- L'harmonie chimique. Lamsprinck. -- Libellus de lapide philosophico (Petit traité de la pierre philosophale).
J. de Lasnioro. -- Tractatus aureus de lapide philosophorum (Traité d'Or de la pierre des philosophes).
Lavinius Venceslas. -- Traité du ciel terrestre. Lebreton. -- Clefs de la philosophie spagyrique. Libavius. -- 1° De lapide philosophorum (Traité de la pierre). 2° Paraphrasis Arnaldi (Commentaires sur
Arn. de Villeneuve).
12
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162 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

Libois. -- Encyclopédie des dieux et des héros. R. Lulle. -- 1° La clavicule. 2° Compendium animae transmutationis (Résumé de l'esprit de la transmutation).
3° Elucidation du testament. 4° Vade mecum seu de tincturis
compendium (Vade mecum ou résumé des teintures).
Macquer. -- Dictionnaire de chimie. Marc Antonio. -- La lumière sortant par soi-même des ténèbres.
Marie la juive. -- Dialogue de Marie et d'Aros. De la Martinière. -- Le chymique inconnu. Morien. -- De transmutatione metallorum (Traité de la transmutation des métaux).
Northon. -- Crede Mihi (Crois-moi). Panthée. -- 1° Ars et theoria transmutationis metallicae (Théorie et pratique de la transmutation métallique).
2° Voarchadumia.
Paracelse. -- 1° Le ciel des philosophes; 2° De natura rerum (Traité de l'histoire naturelle ou de la nature des
choses); 3° Tinctura physicorum (Teinture des physiciens);
4° Le trésor des trésors.
Pernety. -- 1° Dictionnaire mytho-hermétique. 2° Fables grecques et égyptiennes dévoilées.
Planiscampi. -- Le bouquet chymique
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TABLE DES TRAITES 163 --------------------------------------------------------

Philalèthe. -- 1° L'entrée ouverte au palais fermé du roi. 2° La fontaine de la philosophie chimique.
Porta. -- 1° Magia naturalis (Magie naturelle), 2° Physiognomia humana (Physiognomie de l'homme).
De Respour. -- Rares expériences sur l'esprit minéral. Rhasès. -- Le livre des lumières. Riplée. -- 1° Moelle d'Alchimie. 2° Traité des douze portes. 3° Traité du mercure.
Ph. Rouillac. -- Abrégé du Grand-Oeuvre. Sendivogius. -- 1° Le cosmopolite ou la nouvelle lumière chimique. 2° Lettres.
Sperber. -- Isagoge de materia lapidis (Résumé sur la matière de la pierre).
Synésius. -- Commentaires sur le livre de Démocrite. St. Thomas d'Aquin. -- Secrets d'alchimie. Trithème. -- Polygraphia. Basile Valentin. -- 1° L'azoth des philosophes. 2° Char de triomphe de l'antimoine. 3° Colloque de
l'esprit de Mercure avec frère Albert. 4° Les douze clefs
de sagesse. 5° De naturalibus et supernaturalibus (Traité
des choses naturelles et surnaturelles).
N. Valois. -- Oeuvres.
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164 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

Blaise de Vigenère. -- Traité du feu et du sel. Arnauld de Villeneuve. -- 1° Le chemin du chemin. 2° Flos florum (La Fleur des Fleurs). 3° Lettre au roi
de Naples. 4° Novum lumen (Nouvelle lumière). 5° Rosarium
(Le rosaire). 6° Quaestiones tam essentiales
quam accidentales ad Bonifacium octavum (Questions sur
l'essence et l'accident, adressées au pape Boniface).
Vogel. -- De lapidis physici conditionibus (Des propriétés de la pierre philosophale).
D. Zachaire. -- Opuscule de la philosophie naturelle des métaux.

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BIBLIOGRAPHIE ALCHIMIQUE
DU XIX° SIÈCLE.
Nous avons fait entrer dans ce court exposé non seulement les traités purement hermétiques, mais encore
les ouvrages historiques, les biographies et les productions
littéraires qui ont paru depuis l'an 1800 sur ce
sujet, tant en France qu'en Allemagne et en Angleterre.

ANONYME. -- Légendes populaires: Nicolas Flamel.
Paris, brochure in-4°. BALZAC. -- La Recherche de l'absolu. Paris, 1 vol.
in-18. BARRETT. -- Lives of the alchemystical philosophers
with a catalogue of books in occult chemistry, Londres, 1815, 1 vol. in-8. BAUER. -- Chemie und Alchymie in Oesterreich bis zum
beginnenden XIX Jabrhundert. Vienne, 1883. 12..
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166 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

BERTHELOT. -- 1° Les Origines de l'Alchimie, 1 vol.
in-8. Paris, 1885; 1° Introduction à l'étude de la chimie des anciens et du moyen-âge. Paris, 1889, 1 vol. in-4. Nombreuses figures d'appareils, reproductions de textes par la phototypie. BERTHELOT ET RUELLE. -- Collection des anciens
alchimistes grecs. Texte et traduction. Paris 1887 à 1888, 3 vol. in-4 . Dans ces différents ouvrages, M. Berthelot a fait connaître une période de l'histoire de la chimie à peine indiquée avant lui et très obscure. E. BERTHET. -- Le dernier alchimiste.
CAMBRIEL. -- Cours de philosophie hermétique ou d'alchimie
en 12 leçons. Paris, 1843, in-8°. Planche. Ouvrage curieux et très rare. E. CHARLES. -- Roger Bacon. Sa vie, ses ouvrages,
ses doctrines. Paris, 1861, in-8. Rédigé surtout au point de vue philosophique. CRUVEILHIER. -- Paracelse, sa vie et sa doctrine. Gazette
médicale, 7 mai 1842. CYLIANI. -- Hermès dévoilé. Paris 1832. Brochure
rare. L'auteur prétend avoir opéré la transmutation des métaux par les procédés alchimiques ordinaires.
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BIBLIOGRAPHIE ALCHIMIQUE 167 --------------------------------------------------------

DELECLUZE. -- Raymond Lulle. Revue des Deux- Mondes, 15 novembre 1840. Article excellent sous bien des rapports, sauf un, l'auteur assure que Lulle, Bacon, etc., n'étaient pas des alchimistes, mais des chimistes! A. DUMAS. -- L'alchimiste, drame.
ESCODECA DE BOISSE. -- Les Alchimistes du XIXe siècle.
Epître à Nicolas Flamel. Brochure Paris, 1860. L. FIGUIER. -- 1° L'alchimie et les alchimistes. Paris,
1854, 1855, 1860, 1 vol. in-12. Exact pour tout ce qui est fait historique, mais l'auteur ignore complètement les théories hermétiques, et quand il cite, c'est pour se moquer de ce qu'il n'entend pas; 1° Vies des savants illustres. Paris, 1870 à 1875, 3 vol. in-8. Gravures et portraits. Nous ne citons que trois volumes: Moyen-âge, Renaissance, XVIe siècle, à cause des biographies intéressantes de: Geber, Avicenne, Albert le Grand, Roger Bacon, Raymond Lulle, Van Helmont, etc., relatives au sujet qui nous occupe. FRANCK. -- Paracelse et l'alchimie au XVIe siècle. Imprimé
en tête de l'Or et la transmutation de Tiffereau.
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168 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

F. HALM. -- Der Adept, trauerspiel.
VON HARLEFS. -- Jacob Böhme und die alchymisten.
Berlin, 1870. HOEFFER. -- Histoire de la Chimie depuis les temps les
plus reculés jusqu'à notre époque. Paris, 1842, 2 vol. in-8. -- Le premier volume et une partie du second traitent de l'alchimie. HOFFMANN. -- Berliner Alchimisten und Chemiker.
Berlin, 1882. HORTENSIUS FLAMEL. -- Résumé du magisme, des sciences
occultes et de la philosophie hermétique Paris, 1842, in-18. JACOB (bibliophile). -- Curiosités des sciences occultes.
Paris, 1885, 1 vol. in-12. La moitié du volume à peu près traite de l'alchimie. JACQUEMAR. -- La pierre philosophale et le phlogistique.
Paris 1876. Brochure in-8°. JEHAN DE LA FONTAINE. -- La Fontaine des amoureux
de science, poème hermétique du XV° siècle. Paris 1861. Assez rare. KOPP. -- Die alchemie in alterer ünd neuerer Zeit.
Heidelberg, 1886, 2 vol. in-8°. Travail consciencieux, plein de documents intéressants.
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BIBLIOGRAPHIE ALCHIMIQUE 169 --------------------------------------------------------

LEBRUN DE VIRLOY. -- Notice sur l'accroissement de la
matière métallique. Paris, 1888. Brochure in-12. LEWINSTEIN. -- Die alchemie und die alchemisten. Berlin,
1870. Brochure in-12. LOUIS LUCAS. -- 1° La chimie nouvelle. Paris, 1 vol.
in-12. Rare; 2° Le roman alchimique. Paris, 1857, 1 vol. in-12. Rare. MANDON. -- Van Helmont, biographie, histoire critique
de ses oeuvres. Bruxelles, 1868, in-4 . MARCUS DE VEZE. -- Alain de Lille. Numéro 10 de
l'Initiation. Juillet 1889. MASSON. -- Essai sur la vie, et les ouvrages de Van-
Helmont. Bruxelles, 1857, in-18. L. MENARD. -- Hermès Trismégistes Paris, in-8.
MICHEA. -- Studia auctoris. Traduction de l'autobiographie
de Van-Helmont. Gazette médicale, 1843. VON MURR. -- Literarischen Nachrichten zu der Geschichte
des Goldmachens, Braunschweig, 1844. NENTER. -- Bericht von der alchymie. Nuremberg 1827.
Brochure. PAPUS. -- La pierre philosophale, preuves irréfutables
de son existence. Paris, 1889. Brochure in-8°. Planche. L'auteur établit logiquement l'existence
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170 THEORIES ET SYMBOLES --------------------------------------------------------

de la Pierre par l'analyse de transmutations historiques. ALB. POISSON. -- Cinq traités d'alchimie des plus
grands philosophes. Paris, 1890 in-8. Figures. -- Traités d'Arnauld de Villeneuve, R. Lulle, Albert le Grand, Roger Bacon, Paracelse, traduits du latin. POUCHET. -- Albert le Grand et son époque. Paris
1843, in-8. RAGON. -- Orthodoxie maçonnique, suivie de l'initiation
hermétique. RHEINHART DE LIETCHY. -- Albert le Grand et saint
Thomas-d'Aquin, 1 vol. in-12. ROMMELAERE. -- Mémoire sur Van Helmont, présenté
à l'Académie de médecine de Belgique. Bruxelles, 1867. SCHMIEDER. -- Geschichte der Alchemie. Halle, 1832.
DE SAINT-GERMAIN. -- Conservation de l'homme
puisée dans la science hermétique. Brochure. SIGHART. -- Albert le Grand, sa vie et sa science.
Paris, 1862, in-12. Portrait. SOLITAIRE. -- Diana diaphana oder die Geschichte der Alchimisten
Imbecill Katzlein. Nordhausen, 1863. THOMSON. -- History of chemistry. Londres, 1830.

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BIBLIOGRAPHIE ALCHIMIQUE 171 --------------------------------------------------------

TIFFEREAU. -- 1° Les métaux sont des corps composés,
1855, in-12; 2° L'or et la transmutation des métaux, Paris, 1889, in-8; 3° Lettre aux sénateurs et aux députés sur la production artificielle de l'or. Paris, 1888. Brochure, in- 12. -- ouvrages très curieux de « l'Alchimiste du XIXe siècle ». DE VIRIVILLE. -- Notice sur quelques ouvrages attribués
à Nicolas Flamel.
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TABLE DES MATIERES -----------
INTRODUCTION
PREMIERE PARTIE. -- LES THEORIES.
Chapitre 1. -- Définition de l'alchimie. -- L'alchimie vulgaire
et la philosophie hermétique. -- Souffleurs et adeptes.
Les buts de l'alchimie le Grand-Oeuvre, l'Homunculus,
l'Alkaëst, la Palingénésie, le Spiritus mundi, la
Quintessence, l'Or potable.................... 1
Chapitre II. -- Les théories alchimiques. Unité de la matière.
Les trois principes: Soufre, Mercure, Sel ou Arsenic,
Théorie d'Artéphius. Les quatre éléments 9
Chapitre III. -- Les sept métaux. Leur composition. Leur
genèse. Le feu central. Cycle de formation. Influences
planétaires................................... 18
Chapitre IV. -- L'alchimie mystique. Théories fantaisistes.
La Cabale alchimique. Triple adaptation de la théorie
hermétique. Le sanctuaire..................... 27
DEUXIEME PARTIE. -- LES SYMBOLES.
Chapitre I. -- Pourquoi les traités d'alchimie sont obscurs.
Moyens employés par les alchimistes pour celer le
Grand-Oeuvre. Signet, Symboles. Noms mythologiques.
@

174 TABLE DES MATIERES --------------------------------------------------------

Mots étrangers. Anagrammes. Fables. Enigmes. Allégories.
Cryptographie......................... 35
Chapitre II. -- Symboles de la théorie alchimique. La matière,
les trois principes, les quatre éléments, les sept
métaux et leurs symboles...................... 51
Chapitre III. -- Théorie générale du Grand-Oeuvre. La
Matière du Grand Oeuvre. Soufre et Mercure. Leurs
symboles. Les dragons de Flamel. Liste des synonymes
hermétiques du Soufre et du Mercure........... 57
Chapitre IV. -- Pratique de la matière du Grand-Oeuvre.
Les deux voies. L'or et l'argent. Leur purification. La
fontaine des philosophes. Bain du roi et de la reine.
Dissolution de l'or et de l'argent. Le petit magistère
et le Grand-Oeuvre............................ 74
Chapitre V. -- L'oeuf philosophique et ses symboles. Le
sceau d'Hermès. L'Athanor. Le feu des philosophes.
Ses degrés.................................... 97
Chapitre VI. -- Les opérations. Causes des différences entre
les alchimistes au sujet des opérations. La putréfaction.
Les régimes de Philalèthe. Fermentation. Projection.
Symboles des opérations....................... 113
Chapitre VII. -- Les couleurs de l'oeuvre. Concordance des
philosophes. Les couleurs principales et les couleurs
intermédiaires. Le noir, putréfaction, tête de corbeau.
La blancheur. L'Iris. Le Rouge................ 128
Chapitre VIII. -- La Pierre philosophale. Essai de la Pierre.
Ses propriétés. Transmutation des métaux. L'Elixir de
longue vie. Ses effets sur l'âme.............. 144
@

TABLE DES MATIERES 175 --------------------------------------------------------

APPENDICE
Dictionnaire des Symboles hermétiques......... 151
Table des traités cités dans l'ouvrage........ 157
Bibliographie alchimique du XIXe siècle....... 165
Table générale des matières................... 173
Table analytique.............................. 177

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@
@



TABLE ANALYTIQUE DES MATIERES ---------
NOTA. -- La lettre i après un chiffre indique que le mot
se trouve dans la préface.

Ablution, 93, 116. Alphidius, 7 i.
Abraham le Juif (figures), 68, Anagrammes, 41.
86, 87, 106, 110. Ange, 151.
Acides, 88, 91. Azotique, 90. Animaux, 151.
Sulfurique, 90. Anonyme chrétien, 7 i, 17, 12.
Adepte, 145. Anonymes (traités).
Aigle, 67, 92, 151. Aurora consurgens, 147. Cassette
Air, 14, 55, 71. Cassette du petit paysan, 47, 133, 148.
Alafar, 41. Clangor buccinae, 134, 149.
Alain de Lille, 8 i. Dicta Alani, Epître d'Alexandre, 15.
115, 139. Epître d'Isis, 77.
Albert le Grand, 8 i, 5, De Filet d'Ariadne 71, 99, 137.
alchimia, 19, 22. Composé Gloria mundi, 56. Grand oeuvre dévoilé, 63.
des composés, 23, 29, 146. Grand Olympe, 132.
Concordance des philosophes, Janitor Pansophus, 51.
79. Les huit chapitres, Lettre philosophique, 11.
91. Liber mutus, 40, 106.
Alcahal, 41. Merlini Allegoria, 47.
Alcani, 41. Préceptes du père Abraham, 129.
Alchimie, définitions, 2, 3, Psautier d'Hermophile, 62.
Buts, 4 à 8. Scala philosophorum, 140.
Alchimistes grecs, 4, Songe verd, 41, 104.
Alkaëst, 6. Texte d'alchymie, 24, 63, 67, 76, 110.
Almizadir, 41. Tourbe des philosophes,
13
@

178 TABLE ANALYTIQUE --------------------------------------------------------

107, 142. Traité du blanc et Barlet: théothecnie, 11.
du rouge, 90. Barnauld, 9 i, 42.
Triomphe hermétique, 93. Bartholomée, 8 i.
Antimoine, 86, 87. Baudoin, 32.
Apollon, 40, 92, 152. Becher: physica subterranea,
Arbres, 152, lunaire et solaire, 4.
94. Bela, 73, 103.
Archée, 33. Bérigard de Pise 9 i.
Argent, 18, 73, 78, 81, 87, 88, Bernard de Trévisan, 6 i, 8 i,
97. 76. Le livre des métaux, 20,
Arsenic, 12. 110, 133. Parole délaissée,
Arthéphius, 14, 147. Clavis, 20. 30, 78, 105, 133. De la nature
Traité secret, 90. de l'oeuf, 114.
Athanor, 30, 58, 105 à 107. Berthelot: Introduction à l'étude
Atremont, 10 i. Tombeau de la de la Chimie, 7 i, 25.
pauvreté, 48. Origines de l'alchimie, 4,
Augurel. Chrysopée, 89. 38, 52, 128.
Avenzoar, 7 i. Berthelot et Ruelle: Collection
Avicenne, 7 i. des alchimistes grecs,
Declaratio lapidis, 74. 7 i.
Azoth, 73. Blancheur, 118, 140, 141.
Bacchus, 40. Cabale, 28, 29.
Bacon (Roger), 6 i, 8 i, 12, 99, Cagliostro, 11 i.
Miroir d'alchimie, 2, 21, 23, Calid, 7 i, 27. Livre des trois
24, 78, 98, 139, 146. Breve paroles, 36, 145. Secret d'alchimie,
breviarium, 21. 73.
Bain, 152, bain marie, 107, Cambriel, 11 i.
bain de sable, 105. Carré, 63, 67, 152.
Barchusen, 101, 106. Cémentation, 85.
Elementa chemiae, 51, 124. Cercle, 52, 153.
Liber de alchimia, 67, 75, 80. Chambre nuptiale, 104, 153.
@

TABLE ANALYTIQUE 179 --------------------------------------------------------

Chaos, 62, 152. Degrés du feu, 109, 110.
Chartier, 10 i. Démocrite, 6 i. Physiques et
Chaux 18, 91. mystiques, 77.
Chêne, 106. Diane, 40, 153.
Chien, 72, 73, 153. Distillation, 114, 127.
Claves, 9 i. Apologia, 21. Dorn, 6 i.
Cléopâtre, 7 i. Chrysopée, 52. Dragon, 5, 68, 71, 72, 153.
Collections Bibliothèque des Dumas (J.-B ), 6 i.
philosophes, 131, 140. De Eau, 14, 38, 55, Forte, 90.
Alchimia opuscula, 64. Artis Régale, 91, 96.
auriferae, 64, 104, 123. Theatrum Eck de Sultzbach, 8 i, Clavis,
chimicum, 42, 29. Museum 120.
hermeticum, 56, 64. Eléments. 14 à 17, 55, 56.
Colleson 10 i Idée parfaite, 82, 89. Elixir blanc et rouge, 94, 144.
Conjonction, 116, 123. De longue vie, 147.
Corbeau, 130, 137, 153. Enfant, 153.
Cosmopolite, 19, 89. Voyez Enigmes, 45 à 46.
aussi Sendivogius. Epée, 110, 153.
Couleurs, 58, 128 à 144. D'Espagnet, 10 i. Enchiridion,
Coupellation, 85. physicae, 11, 16. Arcanes, 71.
Couronne, 153. Estomac d'autruche, 92.
Croll, 9 i. Etain, 18.
Crooks, 31. Etteila, 11 i.
Crosset de la Haumerie, 9 i. Fables, 46.
Cryptographie, 47, 48. Faux, 110, 153.
Cuivre, 18. Femelle, 71, 116.
Cygne, 130, 153. Femme blanche, 73, 103.
Cyliani, 11 i. Fermentation, 58, 119, 146.
Déalbation, 124. Feu (élément), 14, 55. Feu de
Dee, 29. Monade hiéroglyphique, l'oeuvre, 107 à 110, Feu central,
29. 22. Feu d'Egypte, 109.
13.
@

180 TABLE ANALYTIQUE --------------------------------------------------------

Fer, 18. 137, 148. Table d'Emeraude,
Figuier: L'Alchimie, 47. 77.
Fixation du mercure, 87. Hoeffer: Histoire de la chimie,
Fixe, 72. 28, 38, 46, 77.
Flamel, 6 i, 8 i. Sommaire, Hogheland: De difficultatibus
21. Explication des figures, 131.
37. Figures, 68, 92, 110, 140. Homme rouge, 73, 103, 154.
Le Livre de Flamel, 71, Homunculus. 5.
107, 140. Huginus a Barma: Règne de
Fleurs, 154, Fleur rouge, 75. Saturne 86, 93, 137. Pierre
Fontaines, 154. de touche, 130, 138.
Fourneau, 105 à 107. Hydroeleum, 41.
Fruits, 133. Hylé, 32, 40.
Gabricius, 73, 103. Hypoclaptique, 41.
Geber, 7 i. Traité des fourneaux, Influences planétaires, 25.
94. Somme, 131. Iris, 130.
Glauber, 6. Médecine universelle, Isaac le hollandais, 8 i. Opera
8. Oeuvre minéral, mineralia, 85, 145.
24. Jamsthaler: Viatorium spagyricum,
Grand-Oeuvre, 58, 93, 97. 55, 56, 64, 104, 123, 124.
Grever: Secretum, 81, 145. Jaune, 129, 134.
Grosparmy, 9 i. Jehan de la Fontaine: Fontaine
Happellus: Aphorismi, 109. des amoureux de science,
Hécate, 40. 22, 79.
Helias, 113, Miroir d'alchimie, Jehan de Meung: Complainte
17, 42, 105. de nature, 80.
Van Helmont, 9 i, 138. Johnson: Lexicon, 41.
Helvétius, 9 i. Vitulus aureus, Jupiter, 18, 118, 154.
75, 123. Kelley, 9 i.
Hermaphrodite, 64, 92, 154. Kircher: Mundus subterraneus
Hermès, 7 i. Sept chapitres, 30, 6, 45.$
@

TABLE ANALYTIQUE 181 --------------------------------------------------------

Khunrath, 12, 40. Amphitheatrum Magnésie, 61, 93.
sapientiae, 51. Confessio Mâle, 55, 116.
de chao, 38, 148. Marc Antonio: lumière sortant
Lacinius: Margarita, 56. des ténèbres, 13, 108.
Lagneau: Harmonia, 134. Mariage, 155.
Lambsprinck, 52, 72, 127. Marie: Dialogue, 109.
Lampe, 108. Mars, 18, 40, 118, 155.
Lasnioro: Tractatus aureus Martinière: le chymique inconnu,
147. 76.
Lavinius: Ciel terrestre, Matière de la pierre, 61 à 64,
92. 74 à 97.
Lebreton: Clefs de la philosophie, Mayer, 10 i, 30.
68. Mer des philosophes, 62.
Lenglet Dufresnoy, 11 i. Mercure (principe), 12 à 14,
Libavius, 9 i. Paraphrasis, 78. 19 à 23, 31, 52, 55, 61, 62 à
De lapide, 103. 73, 80.
Libois, 11 i. Encyclopédie des Mercure (métal), 18, 78.
dieux, 46. Mercure des philosophes, 79,
Lion, 56, 67, 73, 92, 110, 154. 93.
Lion vert, 103. Mercure double, 67.
Lit, 104, 154. Mercure de l'argent, 78, 87.
Loup, 86, 154. Mercure (dieu), 56, 155.
R. Lulle, 6 i, 8 i, 119. Compendium, Métaux, 18 à 27.
48. Clavicule, 80, 88, Microcosme, 30.
146. Eclaircissement du testament, Montagne, 155.
89, 100. Vade mecum, Morien, 7 i. De transmutatione
107. 139.
Lune, 18, 77, 81, 118, 155. Mystères, 36.
L. Lucas, 11 i. Neptune, 155.
Macquer: Dictionnaire, 85. Noirceur, 117, 137 à 140.
Magistère (petit), 93, 94. Noms mythologiques, 40.
@

182 TABLE ANALYTIQUE --------------------------------------------------------

Northon, 8 i. Crede mihi, 64, 99, 117, 145. Fontaine, 88,
130. Philosophes hermétiques, 4.
Nostoc, 7. Pierre philosophale, 3, 58,
Nuysement, 10 i. 94, 144. Son essai, 144-145.
Oeuf philosophique, 98 à 104. Ses propriétés, 144 à 151.
Oiseaux, 38, 127, 155. Pierre végétale, minérale, animale,
Opérations, 113 à 127. 62.
Or, 18, 23, 24, 56, 58, 78, 81, Planiscampi, 10 i. Bouquet,
82, 87. 105.
Or potable, 7. Plomb, 18, 86, 131.
Orange, 129. Pluie, 155.
Ostanès, 7 i. Poisson: Cinq traités, 12 i.
Palingénésie, 6. Porta: Magie naturelle, 9 i.
Pentacles, 51. Physiognomia, 9 i.
Panthée: Ars et theoria, 29. Précipitation, 114.
Voarchadumia, 29. Principes des métaux, 19 à
Paon, 130. 23.
Paracelse, 6 i, 9 i, 12, 26, 47. Principes universels, 31 à 34.
Le ciel des philosophes, 2, Prison, 103.
18, 26. De natura rerum, 5. Proclus, 25.
Opera omnia, 5. Le Trésor Projection, 120.
des Trésors, 13, 27. Tinctura, Protyle, 31.
119. Philosophie occulte, 28. Putréfaction, 104, 116,123, 138.
Archidoxes magiques, 28. Quercetanus, 9 i.
Pélage, 7 i. Queue du paon, 129.
Penot, 9 i. Quintessence, 7.
Pernety, 11 i. Fables, 2, 40, Rebis, 63, 92, 64.
46, 67 Dictionnaire, 41, 141. Régimes du Philalèthe, 117 à
Phénix, 130, 155. 119, 131, 132.
Philalèthe, 6 i, 9 i. Entrée Respour, 11 i. Rares expériences,
ouverte au palais, 68, 92, 7.
@

TABLE ANALYTIQUE 183 --------------------------------------------------------

Rhasès, 7 i. Livre des lumières, Soufre de l'or, 78, 87.
81. Sperber: Isagoge, 149.
Richard l'anglais, 92. Sphère, 103, 156.
Riplée, 8 i. Moëlle, 91. Traité Spiritus mundi, 6.
du mercure, 93. Les douze Squelette, 156.
portes, 109. Sublimation, 67, 114, 127.
Roi, 56, 73, 85, 141, 155. Synésius, 7 i. Commentaires,
Rouge, 58, 141. 17.
Rouillac: abrégé du grand- Synonymes de Soufre, 73.
oeuvre, 63, 64, 85, 99, 109, Synonymes de Mercure, 73.
117. Terre, 14, 55.
Rose, 155. Tête de corbeau, 137.
Rose-Croix, 9 i. Tétrasomie, 17.
Rubification, 117. Thomas d'Aquin (St), 8 i. Secrets,
Salamandre, 55. 116, 155. 78.
Salmon, 10 i. Thurneisser, 9 i.
Saint-Germain, 11 i. Tiffereau, 11 i.
Saint-Romain, 10 i. Toison d'or, 40.
Saturne, 18, 86, 117, 156. Transmutation, 82, 115, 146.
Sceau d'Hermès, 99, 100. Triangle, 63, 156.
Sel, 12, 13, 21, 31, 52, 61 à 73, Tritheim, 8 i. Polygraphia,
78, 88. 47.
Sendivogius, 9 i. Lettres, 10. Ulsted, 8 i.
Sépulcre, 103, 156. Unité de la matière, 9 à 12.
Serpent, 52, 55, 71, 72, 156. Valentin (Basile), 8 i 12, 53.
Signes, 18, 38, 39. Char de triomphe, 9, 91.
Souffleurs, 3, 87, 75. De naturalibus, 19. L'Azoth,
Soleil, 18, 77, 81, 118, 156. 29, 51. Colloque, 116.
Soufre (principe), 12 à 14, 19 Les douze clefs, 51, 64, 86,
à 23, 31, 52, 53, 61 à 73, 104, 124, 130.
80. Valois, 27. Oeuvres, 25.
@

184 TABLE ANALYTIQUE --------------------------------------------------------

Vénus, 18, 40, 118, 156. Vogel: De lapide, 94.
Vicot, 9 i. Voies, 75, humide et sèche,
Villeneuve (Arnauld de), 37. 75.
Chemin du chemin, 19, 61. Volatil, 72.
Flos florum, 77. Lettre, 62. Vulcain, 156.
Rosaire, 64, 85, 104, 123. Zachaire, 9 i. Opuscule, 2,
124, 147. Quaestiones, 82, 145.
Novum lumen, 141. Zimax, 41.
Vigenère, 9 i, 27, 30. Traité du Zosime, 7 i, 17, 46.
feu, 25.

FIN
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Sign_Chimie

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